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vendredi 15 mai 2026

Hommage à Charly au-dessus de Zivals [Actu]

Photo agence Más Prensa
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La grande librairie-disquaire de Buenos Aires, Zivals, située au point stratégique qu’est l’intersection des avenues Corrientes et Callao, en plein cœur géographique de Buenos Aires, vient de dévoiler sur sa terrasse une gigantesque et magnifique œuvre murale en hommage au rockeur Charly García, qu’on appelle Charly tout court en Argentine, comme en France on dit « Johnny »…

Martín Ron posant devant l'œuvre encore
en cours de réalisation (photo Más Prensa)
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On doit cette œuvre à un artiste très reconnu, Martín Ron, à qui Buenos Aires a déjà confié des hommages muraux au Pape François et à Diego Maradona entre autres.

Zivals : l'intérieur de la librairie
Excellents souvenirs de longues heures passées dans ces rayons !

Le mural est toutefois en danger à assez brève échéance. En effet, la municipalité de Buenos Aires projette de creuser une nouvelle ligne de métro (ce qui ne serait pas un luxe pour une ville aussi étendue). Pour ce faire, elle va sans doute exproprier puis détruire la plupart des bâtiments qui se trouvent actuellement le long des avenues dans tout ce coin-là. Zivals pourrait bien tout simplement disparaître !

Photo Rodrigo Néspolo
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Sous avenida Corrientes, circule déjà une ligne de métro qui va d’est en ouest. La nouvelle ligne, de nord à sud, la couperait à angle droit ou presque. Il faudra donc qu’elle passe en-dessous ou au-dessus (en métro aérien) et pour ce faire, on ne peut pas éviter de tout démolir sur ce carrefour historique de la culture dans la capitale argentine...

Clarín a mis l'info en Une : tout en haut, à droite
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur le mural
lire l’article de La Nación sur les travaux projetés et les immeubles probablement condamnés à disparaître.

jeudi 30 avril 2026

Miguel Rep profite du 1er mai pour présenter son nouveau livre à la Feria del Libro [Disques & Livres]

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Le dessinateur de presse qui sévit tous les jours sur les pages de Página/12, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, Miguel Rep, qui est aussi artiste peintre, présentera demain vendredi 1er mai 2026, à 16h30, dans la Sala Victoria Ocampo, de la Feria del Libro, à Palermo, le livre qu’il vient de consacrer à un grand auteur-compositeur interprète du rock nacional argentin, Charly García, Charly Absoluto.

Ne bombardez pas Buenos Aires
Bombardez-moi
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L’ouvrage est publié chez Sudamericana, une filiale de Penguin, le géant de l’édition anglosaxone.

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Pour l’occasion, Miguel Rep sera rejoint par un autre grand du rock argentin, Fito Páez, qui considère Charly comme son mentor.

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Charly lui-même ne pourra pas être de la partie. Il est actuellement hospitalisé après une opération assez lourde et sa santé est assez précaire depuis plusieurs années. Il sera dans les pensées de tous les participants à cette présentation.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 aujourd'hui
lire l’article de Rolling Stone, l’édition hispanophone, du 27 avril 2026
lire la présentation du livre sur le site de l’éditeur, Penguin Libros.

Ajout du 2 mai 2026 :

lire le compte-rendu de la manifestation dans Página/12, qui en fait la Une de son supplément culturel quotidien

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lundi 25 octobre 2021

Un brin de Charlymania ne saurait nuire [Actu]

"Chansons inoxydables", proclame le gros titre
du supplément culturel quotidien de Página/12
En haut, Charly García
En bas, Fito Páez
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Pas moins de trois articles ce matin dans les pages de Página/12 et un supplémentaire sur le magazine El Planeta Urbano pour raconter et commenter les méga-concerts de samedi soir pour rendre hommage à Charly García.

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Le public argentin est d’autant plus ému de l’apparition de l’artiste sur scène avant-hier que ses problèmes de santé de ces dernières années ont affecté ses capacités vocales.

La une de Clarín est un coup de Jarnac !
Certes, Charly est là mais il est contesté
("Retour de Charly : doit-il continuer à chanter ?")
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Comme Charly est de gauche et qu’on est en pleine campagne électorale, la presse de droite est beaucoup plus réservée à son sujet. Dans Clarín, on trouve bien un article mais son sujet laisse pantois : les festivités mondaines et les invraisemblables tenues vestimentaires des invités à la fête mondaine organisée toute la nuit dans un luxueux grand hôtel de Buenos Aires. Une petite pique contre la « gauche-caviar » du monde artistique portègne ? Peut-être. Mais il peut s’agir aussi, plus simplement, de la traditionnelle et malsaine curiosité pour la vie des « people » propre à ce quotidien tabloïd.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

dimanche 24 octobre 2021

Invité surprise hier au CCK : Charly lui-même s’est joint à la fête et Fito aussi [à l’affiche]

La joie du public à l'entrée de Charly sur scène
Où l'on s'aperçoit que les gestes barrières sont peu à peu oubliés là-bas aussi
(D'où cette légère recrudescence des cas que l'on observe depuis quelques jours ?)
Photo Martin Bonetto


Hier, il n’était pas prévu que Charly García participe à la grande soirée que le CCK avait organisée pour ses soixante-dix ans tandis qu’on attendait Fito Páez au Teatro Colón et non au CCK.

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Ce fut donc une surprise considérable lorsque sur la scène du CCK, les spectateurs virent apparaître la silhouette toute de blanc vêtue du chanteur rock dont l’anniversaire les réunissait tous dans cette immense salle de la Ballena Azul…

Charly toujours
Tout en haut, à gauche : le biopic sur Maradona
En gros titre  : du rififi en Patagonie
(où certains Mapuches continuent à réclamer leurs terres),
ce qui empoisonnent le gouvernement au milieu de la campagne
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De même, son confrère et ami Fito Páez vint sur cette scène se joindre à la fête et lui rendre un hommage qui n’a échappé à personne.

La plupart des journaux raconte l’épisode ce matin, souvent à la une imprimée, et sur leurs sites Internet, on peut visionner la soirée ou des extraits de celle-ci.

En haut, au centre :Maradona et le biopic à venir
à droite : Charly et son anniversaire aau CCK
En gros titre : "Tous pour quelques uns"
Le gros oligarque dans sa voiture de course : "Que le meilleur gagne"
Le quotidien dénonce les trois géants de l'industrie alimentaire argentins
qui refusent de jouer le jeu du gel des prix pour des produits de première nécessité
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Bref, une fête réussie et inoubliable pour ceux qui ont eu la chance de pouvoir retirer des billets. A voir et à revoir sur les différentes chaînes en ligne et autre Youtube.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación, qui se rattrape ce matin en mettant Charly en une et en vedette.

samedi 23 octobre 2021

Joyeux anniversaire, Charly García ! [à l’affiche]


Aujourd’hui, l’auteur-compositeur interprète et multi-instrumentiste Charly García a 70 ans. Le musicien est l’un des quatre pionniers du rock argentin. Dans son pays, c’est plus qu’une immense vedette. C’est un emblème vivant !

Une du supplément culturel quotidien de Pagina/12
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La fête est donc à son sommet tout ce week-end, avec un méga-concert toute la journée au CCK, grâce à une centaine d’artistes participants, et un récital de Fito Páez (1) rien moins qu’au Teatro Colón, hors programmation de la saison 2021. Toutes les places ont déjà été distribuées. On a vu une file d’attente en lacets sur l’ensemble du parvis du CCK de fans espérant pouvoir retirer des places pour aujourd’hui.


TV Pública ne sera pas en reste : elle retransmettra l’un des concerts de ce soir en direct à 20 h.

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La pandémie a équipé l’Argentine d’une multitude de nouveaux canaux en ligne et beaucoup de ces manifestations seront donc diffusées en direct sur des plateformes comme Contar, Vivamoscultura, multiples chaînes Youtube et tous les réseaux sociaux.

Le clin d'oeil de Rudy et Daniel Paz ce matin à la une de Pagina/12
Garcia, merci !
Le petit bonhomme, c'est Daniel Paz lui-même

Tous les journaux participent aux festivités. Tous publient aujourd’hui plusieurs articles consacrés au rocker. Par ailleurs, mise à part La Nación, Charly García a sa place sur toutes les unes ! La Nación se rachète toutefois sur son site Internet en offrant un magnifique article qui résume cette longue et brillante carrière en 70 chansons mémorables, dont l’internaute peut écouter un certain nombre à travers des enregistrements qui ont marqué l’histoire de la musique populaire argentine et sud-américaine.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus :



(1) Fito Páez est l’un de ces autres pionniers du genre, avec Litto Nebbia et le regretté Luis Alberto Spinetta.

mercredi 29 septembre 2021

Un printemps pour Charly [à l’affiche]

Capture d'écran de la plateforme de Buenos Aires


Le 23 octobre prochain, Charly García aura soixante-dix ans et la municipalité de Buenos Aires, sa ville natale, a décidé de lui consacrer tout le mois.

Charly García est un des très grands noms du rock à texte argentin.

Le ministère portègne de la Culture propose donc plusieurs opérations : exposition photo, concours musical (on peut écrire et enregistrer une chanson pour l’artiste), des présentations de livres qui lui sont consacrés et un concert surprise le 23.

Les concours sont ouverts jusqu’au 28 octobre et tout le monde peut participer à travers la plateforme culturelle du ministère.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
consulter le site spécial installé sur la plateforme du gouvernement de Buenos Aires.

mercredi 5 octobre 2016

Octobre avec Charly García au CCK [à l'affiche]

Le 23 août dernier, Rolling Stone, le magazine de rock du groupe La Nación,
avait consacré sa une à Charly

Le mois d'octobre est celui de l'anniversaire de naissance d'un grand du rock argentin, Charly García. Il aura 65 ans le 23 octobre prochain. A partir de demain et jusqu'au 23, le programme musical du Centro Cultural Kirchner (CCK) se met aux couleurs de l'artiste aussi remuant que populaire, dont la santé délicate inquiète régulièrement ses fans : de nombreux musiciens viendront lui rendre hommage en reprenant ses grands succès jusqu'à la soirée finale où tous se retrouveront pour une grande fête avec la participation de Charly lui-même.

A chaque concert, c'est tout le contenu d'un des albums du musicien (en soliste ou avec son groupe initial, Sui Generis) qui sera interprété dans des arrangements libres, au goût des deux artistes invités pour l'occasion.


Jeudi 6 octobre, ce sera Confesiones de invierno (confessions d'hiver), avec Javier Maldonado et Alfonso Barbieri
Vendredi 7 octobre, ce sera Peperina, avec Darío Jalfin accompagné par Los Alquimistas ainsi que Melina Moguilevsky (la femme qui a inspiré l'album est décédée il y a peu, Charly García lui a rendu hommage dans son blog, en espagnol bien entendu)
Jeudi 13 octobre, ce sera Yendo de la cama al living (en allant du lit au salon), avec le Tatadios Cuarteto et Florencia Ruiz
Vendredi 14 octobre, ce sera Piano Bar, avec Lucio Mantel et Rosal

Entrée libre et gratuite mais tout est déjà épuisé pour les concerts de cette semaine.
Pour les autres, il faut réserver en ligne à partir du mardi précédent à midi. Les réservations sont limitées à deux places par personnes et à deux spectacles ou événements. Il faut ensuite se rendre sur place pour retirer les tickets.

Pour en savoir plus :
lire la présentation du cycle sur le site Internet du CCK
consulter le blog de Charly García

Ajout du 6 octobre 2016 :
lire l'article de Rolling Stone (La Nación) daté d'hier

mercredi 16 décembre 2015

Quand Charly García obtient la tête d'un responsable au ministère de la Sécurité [Actu]


Le chanteur de rock Charly García, une grande vedette en Argentine (à juste raison, l'homme a beaucoup de talent) vient de publier une lettre au vitriol adressée à Hernán Lombardi, nouveau ministre des Médias Publics, et ex-ministre de la Culture et du Tourisme du Gouvernement portègne, avec lequel ce chanteur au look beatnik a été en désaccord permanent depuis huit ans, même s'il se défend d'être kirchneriste (mais on l'a beaucoup vu aux côtés de la Présidente lors de fêtes emblématiques d'investiture ou de 25 Mai) (1).

Dans son texte, ce lecteur occasionnel de Página/12, qui n'a jamais eu la langue dans sa poche, s'offusque de voir arriver au ministère de la Sécurité nationale un sous-secrétaire d'Etat (2) au passé sulfureux : sous la dictature, l'homme, alors très jeune, tenait une chronique dans un périodique catholico-réactionnaire pro-Etats-Unis, où il a signé des phrases ignobles contre la Révolution Française et le caractère subversif et anti-chrétien du rock'n roll, dans le pire style fondamentaliste nord-américain, inculte et bas de plafond. Dans l'un de ses articles, le jeune homme avait attaqué nommément Charly García et Luis Alberto Spinetta, disparu il y a deux ans.

Il a aussitôt disparu de l'organigramme en cours d'élaboration du nouveau ministère, dirigé par Patricia Bullrich, une militante PRO dont le moins que l'on puise dire est qu'elle n'est pas connue pour son sens des nuances.

Página/12 raconte l'histoire du côté de Charly García et de sa colère homérique, en fixant les choses dans une sorte de passé immuable qui n'existe nulle part. Depuis quarante ans qu'a eu lieu ce triste coup d'Etat de Videla, tout le monde a eu le temps d'évoluer y compris Charly García...

Dans sa lettre, Charly a écrit qu'il méritait des excuses parce qu'il avait lutté contre la dictature. Et c'est fait. La Nación publie ce matin un article consacré aux excuses que l'ancien éditorialiste a aussitôt adressées, publiquement, au chanteur.

Mûri par les années et la vie, l'auteur déclare avoir honte aujourd'hui d'avoir écrit des choses qu'il ne pense plus et dont il voudrait pouvoir ne plus se souvenir (3). L'article de Página/12 ne fait nulle mention de ces excuses et conclut sur le refus irrévocable de García de participer si peu que ce soit aux politiques culturelles qui seront menées par ce Gouvernement. Comme je l'écrivais plus tôt, une bonne partie de la gauche argentine ne peut pas envisager la conciliation comme mode d'action politique et ne parvient à se situer que dans une culture de l'affrontement et du rapport de force.

Il y a une semaine devant le Congrès, Mauricio Macri avait dit qu'il pourrait être amené à commettre des erreurs en agissant et qu'il s'efforcerait de les corriger. Dont acte.
Il faut voir maintenant comment il va réagir face à l'avalanche contradictoire de critiques et de soutiens que son décret de nominations de deux juristes à la Cour Suprême a déclenchée dans le pays.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Clarín sur cette polémique ouverte par Charly García, qui se répercute bien au-delà de Buenos Aires
lire l'article de Los Andes (Mendoza)


(1) Ceci dit, les artistes sont les artistes. Si on les paye pour venir chanter, jouer ou danser lors d'une fête, pourquoi diraient-ils non ? Etre sur scène fait partie du métier. Johnny Hallyday a souvent chanté à la Fête de l'Huma, ça n'en fait pas pour autant un communiste convaincu.
(2) Dans un organigramme ministériel français, c'est plus l'équivalent d'un Directeur que d'un sous-secrétaire d'Etat, à ceci près que dans l'administration publique en France, les postes sont tenus par des fonctionnaires professionnels et non pas par des politiques nommés à cet effet comme c'est le cas ici. Quelques jours avant l'investiture du nouveau Président, on commençait à parler de professionnaliser la gestion de l'Etat pour corriger ces pratiques en créant des corps de fonctionnaires comme il en existe en Europe et comme ils font sans doute profondément défaut en Argentine.
(3) Et c'est une maladresse de langage parce que du côté de la militance péroniste et droits de l'Homme, dont fait partie l'artiste, l'oubli est assimilé à du négationnisme. Ce qui est lié, c'est la mémoire, la justice et la vérité. L'homme est à droite, c'est clair, et il a gardé des repères intellectuels et sémantiques de droite, ce qui n'empêche pas qu'il se soit ouvert l'esprit. Or à droite, ce sacro-saint trio de gauche qu'est mémoire, justice et vérité est ressenti comme un appel à la vengeance, comme une guerre civile larvée, comme une épuration avec toute la violence physique et verbale qu'on lui a connue, en France et en Belgique, à la Libération. Et il est vrai que le doute est semé par le slogan de Madres de Plaza de Mayo, Ni perdón ni olvido (qu'on peut traduire soit par "ni pardon, ni oubli" soit par "ni grâce, ni oubli", on pourrait presque traduire par "Sans merci", c'est une devise très violente), et par les difficultés qu'ont eues ces organismes pour comprendre ce que disait le magistère de l'Eglise catholique quand il parlait de pardon et de réconciliation, ce qui était immédiatement interprété, jusqu'à il y a peu, comme un appel à l'impunité (lire mon article du 7 novembre 2015 à ce propos).

mercredi 25 mars 2015

Hier, Tecnópolis a fêté la démocratie avec des chansons interdites [à l'affiche]

Hier, les organisations des droits de l'Homme fêtaient la démocratie pour continuer à lutter contre les effets pervers du coup d'Etat de Videla, le 24 mars 1976.

La liste des artistes du concert

A Tecnópolis, vaste parc d'attraction consacré aux sciences dures et à la technologie (comme le Futuroscope de Poitiers), en bordure de la General Paz, qui sépare Buenos Aires de la Province homonyme, tout le long de la ceinture ouest, s'est déroulée la seconde journée de la parole, autour de la liberté d'expression, intitulée Encuentro de la Palabra (rencontre de la parole). Une manifestation organisée par le ministère de la Culture national, dont Tecnópolis dépend directement, et qui s'est tenue en présence de la ministre, artiste elle-même très engagée dans la lutte pour la démocratie, Teresa Parodi. Après des tables-rondes et des ateliers pour petits et grands, la journée s'est achevée sur un concert où ont été interprétées des chansons, argentines ou étrangères, que le Comité Fédéral de la Radiodiffusion avait interdites d'antenne sous la dictature.

Parmi les censurés, on trouve Charly García et Luis Alberto Spinetta, rockeurs argentins, Alfredo Zitarrosa, auteur-compositeur interprète uruguayen (pour Adagio a mi país), Cacho Castaña, chanteur de variété argentin, Serge Gainsbourg, auteur-compositeur interprète français (pour Je t'aime moi non plus) et autres absurdités du même genre... La censure fonctionnait sur un mode de lecture fasciste de la culture, attribuant des vertus subversives à des textes parfaitement inoffensifs.

Le récital a remporté un franc succès comme l'ensemble de cette journée.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 (sur le concert)
lire la dépêche de Télam (sur la journée)
lire l'article de Diarioshow, avec vidéos incorporées de certaines des chansons concernées
lire la présentation sur le site Internet du Ministère de la Culture.

jeudi 6 novembre 2014

Hommage de la TV Pública à feu Gustavo Cerati [à l'affiche]

Dans les locaux de la Télévision publique argentine, hier
Le rocker argentin Gustavo Cerati est décédé le 4 septembre dernier, après quatre années de coma suite à un accident. Son corps a été veillé à la Legislatura Porteña, comme je vous en avais informés lors d'une de mes Chroniques de Buenos Aires. Des milliers de personnes lui ont alors fait leurs adieux.

Mardi dernier, la TV Pública a enregistré une émission spéciale en son honneur qui sera diffusée le 22 novembre prochain, avec la participation de l'auteur-compositeur interprète Charly García et d'autres grands noms de la musique populaire et surtout du rock nacional. C'est le tout jeune Ministère de la Culture national qui organisait l'événement et qui proposera cet hommage pour la Fête de la Musique, fixée par la Ley de Música, votée il y a juste deux ans, au 22 novembre pour toute l'Argentine.

Página/12 consacre à l'émission un article entier de ses pages culturelles. La Nación fait de même.

Pour en savoir plus,
lisez la dépêche de l'agence Télam, qui incorpore photos, vidéos et reportage audio
L'artiste disposait aussi d'une page Facebook alimentée par ses ayant-droits.

samedi 11 mai 2013

Il y a deux cents ans aujourd'hui, chez Mariquita Sánchez [Bicentenaire]

L'hymne avec le texte, sur quelques vues de paysages argentins

A quelques jours près, la date n'est pas tout à fait sûre mais le lieu, en revanche, l'est. C'est bien dans la belle maison de María (Mariquita) Sánchez que ça s'est passé, il y a deux cents ans, aujourd'hui, demain ou après-demain, peu importe.
Pour la première fois, on jouait sans doute sur un pianoforte (ou peut-être un clavecin, bien qu'on ait conservé le pianoforte de la dame) ce qu'on appela tout d'abord la Marcha Patriótica, puis Canción Patriótica de las Provincias Unidas et enfin Himno Nacional Argentino.

Entête de la Gazette de Buenos Aires, édition du lendemain

Mariquita Sánchez était une jeune femme de la meilleure société de Buenos Aires. Son mari, le señor Thompson, était le capitaine du port. Des années plus tard, veuve, elle allait épouser en secondes noces un Français, sans doute à Paris, et repartir dans sa ville natale puisqu'il venait d'y être nommé consul par le Roi des Français, Louis-Philippe. Dans la correspondance de San Martín, on constate que ce dernier a beaucoup fréquenté le ménage pendant que lui-même résidait à Paris et il est resté en contact épistolaire avec eux après leur départ pour la Buenos Aires de Juan Manuel de Rosas.

Le 11 mai 1813, ou le 13 ou le 14, il est plus que probable que le colonel des Grenadiers à Cheval qu'il était alors, tout auréolé de la gloire de son éclatante victoire contre les coloniaux à San Lorenzo (voir mon article du 3 février dernier sur le sujet), était à cette tertulia historique, avec sa jeune épouse, Remedios de Escalada (voir mon article du 19 septembre 2012), une bonne partie de la famille de celle-ci comme tous les patriciens patriotes présents alors dans la capitale. Carlos María de Alvear devait en être qui présidait encore pour deux mois l'Assemblée de l'An XIII (Asamblea del Año XIII) dont, le 31 janvier dernier, on fêtait le bicentenaire de la réunion.

C'était en effet à la demande de cette toute première assemblée législative élue sur le territoire du Río de la Plata que la chanson avait été composée dans le cadre d'un concours lancé en mars de la même année. C'est au compositeur espagnol Blas Perera (le fait mérite d'être relevé car on ignore souvent que les Péninsulaires ont pris part à la révolution en Amérique), et au poète Vicente López y Planes que l'on doit ce monument immatériel du patrimoine argentin. Vicente López y Planes, un avocat qui était maintenant membre de l'Assemblée, avait écrit son texte un an auparavant, à la demande du Cabildo de Buenos Aires lui-même chargé par le Triumvirat encore au pouvoir de faire composer une marche de la Patrie qui devait être chantée dans toutes sortes d'occasions publiques pour affermir les cœurs des révolutionnaires, au théâtre et dans les écoles. En effet, l'heure était grave, l'Espagne était tombée aux mains de Napoléon, dont on craignait qu'il ne vienne s'emparer de ces terres, et la ville de Montevideo fomentait la contre-révolution et ravageait le littoral le long du fleuve Paraná.


Un superbe arrangement folklorisant
une initiative du Ministère de l'Education Nationale argentin, pour le bicentenaire

Depuis ce jour inaugural du 11 mai 1813, texte et partition ont connu bien des remaniements. Aujourd'hui, l'hymne national argentin ne comporte plus qu'un couplet et son refrain et obéit à un décret entré en vigueur en 1944 (gouvernement du GOU). Le texte original était beaucoup plus long : neuf couplets et un refrain de quatre vers que le temps n'a pas modifié (pour le texte actuel, reportez-vous à mon article du 1er février 2013).

Sean eternos los laureles
que supimos conseguir:
coronados de gloria vivamos,
o juremos con gloria morir.

Qu'ils soient éternels, les lauriers
que nous sûmes obtenir :
couronnés de gloire, vivons
ou jurons de mourir avec gloire.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

¡Oíd, mortales!, el grito sagrado:
¡libertad!, ¡libertad!, ¡libertad!
Oíd el ruido de rotas cadenas
ved en trono a la noble igualdad.
Se levanta a la faz de la Tierra
una nueva y gloriosa Nación
coronada su sien de laureles
y a sus plantas rendido un león.

Oyez mortels la clameur sacrée :
Liberté ! Liberté ! Liberté !
Oyez le bruit des chaînes rompues
Voyez le trône offert à la noble égalité.
Se lève à la face de la Terre
une nouvelle et glorieuse Nation
la tempe couronnée de lauriers
et à ses pieds un lion vaincu.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

De los nuevos campeones los rostros
Marte mismo parece animar
la grandeza se anida en sus pechos
a su marcha todo hacen temblar.
Se conmueven del Inca las tumbas
y en sus huesos revive el ardor
lo que ve renovando a sus hijos
de la Patria el antiguo esplendor.

Des nouveaux champions les visages
Mars lui-même semble animer
la grandeur fait son nid en leur sein
en leur marche, ils font tout trembler.
Les tombes de l'Inca (1) s'émeuvent
et dans leurs os revit l'ardeur
ce qui voit rénover pour ses fils
de la Patrie l'antique splendeur.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pero sierras y muros se sienten
retumbar con horrible fragor
todo el país se conturba por gritos
de venganza, de guerra y furor.
En los fieros tiranos la envidia
escupió su pestífera hiel.
Su estandarte sangriento levantan
provocando a la lid más cruel.

Mais montagnes et murs se sentent
retentir d'un terrible fracas
tout le pays est secoué de clameurs
de vengeance, de guerre et de fureur.
Sur les féroces tyrans l'envie
a craché son fiel pestiféré.
Ils lèvent leur étendard sanglant (2)
appelant au plus cruel combat.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

¿No los veis sobre México y Quito
arrojarse con saña tenaz,
y cuál lloran bañados en sangre
Potosí, Cochabamba y La Paz?
¿No los veis sobre el triste Caracas
luto y llanto y muerte esparcir?
¿No los veis devorando cual fieras
todo pueblo que logran rendir?

Ne les voyez-vous pas sur Mexico et Quito
se jeter avec une haine acharnée
et comme pleurent, baignant dans leur sang,
Potosí, Cochabamba et La Paz ? (3)
Ne les voyez-vous pas sur le triste Caracas (4)
le deuil, les larmes et la mort répandre ?
Ne les voyez-vous pas dévorant comme des fauves
tout peuple qu'ils ont pu vaincre ?
(Traduction Denise Anne Clavilier)

A vosotros se atreve, argentinos
el orgullo del vil invasor.
Vuestros campos ya pisa contando
tantas glorias hollar vencedor.
Mas los bravos que unidos juraron
su feliz libertad sostener,
a estos tigres sedientos de sangre
fuertes pechos sabrán oponer.

Contre vous, Argentins (5), s'aventure
l'orgueil du vil envahisseur.
Il foule déjà vos champs comptant
marcher vainqueur sur tant de gloires.
Mais les braves qui unis jurèrent
de soutenir leur heureuse liberté
à ces tigres assoiffés de sang
des cœurs forts sauront opposer.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

El valiente argentino a las armas
corre ardiendo con brío y valor,
el clarín de la guerra, cual trueno,
en los campos del Sud resonó.
Buenos Aires se pone a la frente
de los pueblos de la ínclita Unión,
y con brazos robustos desgarran
al ibérico altivo león.

Le vaillant Argentin aux armes
court, résolu et brûlant de courage,
le buccin (6) guerrier, tel un tonnerre,
a résonné dans les champs du Sud.
Buenos Aires se met à la tête
des peuples de l'Union illustre
et de ses bras robustes elle déchire
le hautain lion ibérique.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

San José, San Lorenzo, Suipacha.
Ambas Piedras, Salta y Tucumán,
la colonia y las mismas murallas
del tirano en la Banda Oriental,
son letreros eternos que dicen:
aquí el brazo argentino triunfó,
aquí el fiero opresor de la Patria
su cerviz orgullosa dobló.

San José, San Lorenzo, Suipacha.
Ambas Piedras, Salta y Tucumán (7)
La colonie et les murailles mêmes
du tyran de la Bande Orientale (8)
sont des enseignes éternelles qui disent :
Ici, le bras argentin triompha
ici, le féroce oppresseur de la Patrie
son nuque orgueilleuse inclina.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

La victoria al guerrero argentino
con sus alas brillantes cubrió,
y azorado a su vista el tirano
con infamia a la fuga se dio;
sus banderas, sus armas se rinden
por trofeos a la Libertad,
y sobre alas de gloria alza el Pueblo
trono digno a su gran Majestad.

La victoire de ses ailes brillantes
le guerrier argentin couvrit
et terrifié à sa vue le tyran
prit la fuite en infâme.
Ses drapeaux, ses armes se rendent
en trophées pour la Liberté
et sur les ailes de la gloire le Peuple élève
un trône qui sied à sa grande Majesté.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Desde un polo hasta el otro resuena
de la fama el sonoro clarín,
y de América el nombre enseñando
les repite: ¡Mortales, oíd!
Ya su trono dignísimo abrieron
las Provincias Unidas del Sud!
Y los libres del mundo responden:
¡Al gran Pueblo Argentino, salud!

D'un pôle à l'autre, résonne
de la renommée le sonore buccin
et de l'Amérique montrant le nom
il leur répète : Mortels oyez !
Et son trône très digne inaugurent
les Provinces Unies du Sud !
Et les hommes libres du monde répondent :
Au grand peuple argentin, salut !
(Traduction Denise Anne Clavilier) (9)



La version rock arrangée et chantée par Charly García,, en public en 2013
(ajouts du 15 mars 2014)


(1) Trois ans plus tard, lors de la réunion de la Constituante, qu'on appelle aussi le Congrès de Tucumán, une partie des révolutionnaires indépendantistes, parmi lesquels Manuel Belgrano et José de San Martín, plaidaient pour l'instauration d'une monarchie constitutionnelle et parlementaire à l'anglaise, dont le modèle avait désormais conquis toute l'Europe fidèle aux idéaux de 1789 (en 1815-1816, la Grande-Bretagne apparaissait comme le seul pays qui avait été capable de conserver ses institutions pendant toute la période révolutionnaire sans avoir jamais eu besoin de réprimer une seule émeute intérieure), et ils voulaient placer sur ce trône un descendant du dernier Inca, dont la famille s'était vu octroyer un haut rang nobiliaire dans l'empire colonial. Le courant rivadavien, proche du modèle anglo-saxon des Etats-Unis et d'une certaine Angleterre, attaché à une conception passablement raciste de la société, fit habilement échouer ce projet , soutenu par les deux généraux les plus prestigieux de la Révolution et qui avait la faveur d'une partie importante des classes sociales modestes, les plus nombreuses. Hélas pour elles, elles n'étaient pas représentées en tant que telles au Congrès (élu par un corps électoral composé des seuls propriétaires fonciers). Si on en croit le degré d'élaboration de ce texte, l'idée soutenue par Belgrano et San Martín venait d'assez loin dans la genèse révolutionnaire sud-américaine qui s'est conçue très tôt comme l'opposé de l'œuvre destructrice et aliénante des conquistadors. L'Assemblée de l'An XIII venait d'ailleurs d'abolir le servage des Indiens et de proclamer l'extinction de l'esclavage (mais non pas son abolition immédiate, économiquement impossible alors).
(2) J'ai lu ça quelque part. La Marseillaise avait déjà fait le tour de l'Occident ! Regardez la suite du texte. Il est émouvant pour un Français.
(3) Villes et régions du Haut-Pérou d'alors et aujourd'hui en Bolivie. Le Haut-Pérou avait été versé dans l'escarcelle du tout nouveau Vice-Royaume du Río de la Plata lorsque le roi Carlos III en avait décidé la fondation pour donner à la nouvelle région quelques ressources minières et intellectuelles dont le reste de son territoire était fort dépourvu. Les combats étaient rudes alors dans ce qu'on appelait le Nord. Les armées patriotes étaient placées sous les ordres de Manuel Belgrano, qui remportait des victoires comme celle de Salta dont on vient de célébrer les deux cents ans mais cette série de succès allait bientôt prendre fin, obligeant les autorités à envoyer San Martín à Tucumán pour y rétablir la situation militaire.
(4) Bolívar n'a pas connu que des succès militaires, loin de là.
(5) Ce gentilé a précédé de très nombreuses années le choix définitif du nom du pays qui va peu à peu se fixer dans les années 1840 dans le langage de tous les jours, y compris en Europe où on le voit s'imposer progressivement dans la presse contre l'antique Buenos Aires, puis dans la dénomination officielle en 1853 seulement lorsque la Constitution parlera de République Argentine.
(6) C'est moi qui prends la liberté de traduire clarín par buccin et non par clairon comme on s'y attend. Il me semble que le terme de buccin, qui se réfère à l'armée de la Rome antique, est préférable, le terme de clairon en français traînant derrière lui des relents d'antimilitarisme et de blagues de bidasse au registre mal assorti avec celui de ces vers historiques.
(7) López y Planes a dû modifier son texte initial. Il cite ici des victoires révolutionnaires très récentes, San Lorenzo (3 février) et Salta (20 février). Pauvre San Martín qui a horreur qu'on lui tresse des lauriers et qui doit se mettre ça entre les deux oreilles ! Comment fait-il quand plus tard, notamment à Santiago, dans les jours qui ont suivi sa victoire de Chacabuco, il a lui-même chanté ce texte en conclusion d'une grande soirée patriotique à laquelle ont assisté tous ses officiers et une foule de patriotes chiliens ?
(8) Actuel Uruguay, où les contre-révolutionnaires s'étaient regroupés autour d'un nouveau vice-roi qui n'est donc pas même reconnu comme le dernier vice-roi par les livres d'histoire.
(9) A l'occasion de ce bicentenaire, le jeudi 16 mai 2013 à 20h, à la Maison de l'Argentine à la Cité Internationale Universitaire de Paris (M° Cité Universitaire), le musicologue Esteban Buch, installé en France, animera une table-ronde en langue espagnole avec trois résidents de la Maison autour de son ouvrage sur l'histoire musicale de cet hymne, depuis sa création jusqu'à la version de Charly García, que j'ai moi-même découverte en août dernier : elle ouvrait la soirée des 75 ans de Radio Nacional à laquelle la directrice de cette institution m'avait fait l'honneur de m'inviter. A dresser les cheveux sur la tête mais l'auditoire n'a tout de même pas osé se lancer dans le play-back sur un enregistrement (une version trop difficile à reproduire pour le grand public sans doute). L'entrée à la Maison de l'Argentine sera libre et gratuite (attention : il n'y aura pas de traduction simultanée).