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mercredi 10 juin 2026

Un croco de 237 millions d’années [Actu]

Vue d'artiste de notre nouvelle sympathique peluche...


Les chercheurs du CONICET, le Centre national de recherche scientifique et technologique, viennent de découvrir dans la province de La Rioja, dans le nord-ouest du pays, sur les flancs des Andes, des fossiles appartenant à un lointain cousin de nos actuels crocodiles d’il y a 237 millions d’années. Cet animal a donc vécu avant nos amis les dinosaures.

Le reptile mesurait environ 6 mètres de long. Son crâne, qui constitue l’essentiel de la découverte, mesurait 60 cm de longueur et il était haut sur pattes : il marchait, il ne rampait pas (alors que nos crocodiles sont entre les deux moyens de locomotion terrestre).

Photo Conicet

La découverte fait l’objet d’un article scientifique en anglais, publié dans Papers in Paleontology (une revue de University of Michigan). Son contenu n’est accessible que sur abonnement (la lecture requiert donc un accès professionnel à une bibliothèque scientifique du CNRS ou d’une université). Seul un abstract (synthèse de présentation) est disponible en ligne.

Cette nouvelle découverte met à nouveau en évidence l’importance de financer le travail des scientifiques en Argentine, un financement que le gouvernement de Javier Milei refuse obstinément malgré tous les avantages que le pays peut en obtenir, notamment en termes de soft-power et d’échanges internationaux avec les chercheurs de tous les autres pays. Dans ce cadre, l’organisme vient de reprendre la diffusion d’un streaming sur les fonds marins, cette fois un peu plus au sud, sur le littoral atlantique argentin : il maintient ainsi l’intérêt et le soutien de l’opinion publique nationale.

Dans le domaine de la paléontologie, l’Argentine possède en Patagonie l’un des plus importants gisements de fossiles capables de témoigner des tous premiers vertébrés qui ont peuplé notre planète. C’est un précieux avantage non seulement sur le plan scientifique mais aussi sur celui du tourisme. Et le tourisme, c’est des recettes, du développement local et des devises. Il est stupéfiant que ce gouvernement qui ne juge de la valeur d’une chose qu’en fonction de sa rentabilité à court terme ne le comprenne pas !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 18 avril 2023

Zéro alcool au volant : le Sénat approuve la modification du code de la Route [Actu]

Un contrôle à Mar del Plata, le long de la mer


A la fin de la semaine dernière, le Sénat a approuvé une loi qui impose un taux d’alcoolémie nul dans toute l’Argentine et pour tous les conducteurs. Jusqu’à présent, seuls les chauffeurs professionnels y étaient tenus, notamment les chauffeurs de car de lignes commerciales (ce mode de transport ayant remplacé depuis les années 1990 le chemin de fer que Carlos Menem avait privatisé et fait disparaître dans un pays où le voyage en avion reste un luxe pour beaucoup).

Le code de la Route laissait encore les particuliers prendre le volant avec 0,5 % d’alcool dans les veines.

Le tableau lumineux du Sénat au moment du vote

Le vote a été surveillé et applaudi par des militants de la sécurité routière rassemblé dans la galerie du public. Comme la Chambre des Députés avait déjà approuvé cette mesure, la loi entre en vigueur.

Les tribunes lors du vote

Elle a aussitôt suscité le refus d’une province vinicole secondaire, La Rioja, au pied des Andes, qui refuse de l’appliquer sur son territoire de peur qu’elle ne porte ombrage à sa production de vin et… à son tourisme. Pour le moment, ni Mendoza ni San Juan ne se sont manifestées. Ce sont les deux provinces qui ont spécialisé leur économie agricole et touristique sur la production de vin et d’alcool et le développement de routes du vin, par ailleurs très intéressantes.

Avec des responsables politiques et économiques dans le genre de La Rioja, on n’est pas sortis de l’auberge.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín (vendredi dernier)
lire l’article de La Nación (vendredi dernier)
lire l’article d’aujourd’hui de Página/12 édition de La Rioja

Ajout du 19 avril 2023 :
lire l’article de La Nación sur les difficultés techniques et procédurales pour mettre en place la nouvelle mesure sur tout le territoire fédéral

samedi 27 avril 2019

Béatification de Mgr Enrique Angelelli et de ses compagnons à La Rioja [Actu]

Marionnette géante du nouveau bienheureux dans le site de la célébration de ce matin
Photo Natalia Díaz pour Télam

Quelques mois après l’instauration de la dernière dictature militaire, l’évêque de La Rioja, Mgr Enrique Angelelli, et ses trois compagnons, dont un prêtre français et un catéchiste, ont trouvé la mort dans des circonstances plus que suspectes. Angelelli lui-même a eu un accident de voiture dont les causes n’ont jamais été sérieusement étudiées par la justice. Le prélat et ses compagnons étaient profondément engagés auprès des pauvres, alors (toujours) très nombreux dans cette province reculée et exclusivement rurale.

Il y a quelque mois, le pape François a approuvé la béatification de ces quatre vénérables serviteurs de Dieu, puisque tel était leur titre jusqu’à ce matin, au premier stade de la procédure de canonisation. Ils ne pouvaient jusqu’à présent faire l’objet que d’une prière privée. Ils peuvent maintenant être vénérés lors de célébrations publiques dans leur diocèse et dans tous les diocèses du monde : la cérémonie de béatification s'est tenue à La Rioja au milieu des montagnes, en plein air, et dans une atmosphère populaire et ludique. Le pape y fera allusion demain midi, depuis la fenêtre du palais apostolique, à la fin du Regina Coeli.

Le bienheureux Enrique Angelelli (à gauche)
Il était né en 1923. Il est mort, plutôt jeune, en 1976

C’est la première fois que des catholiques qui ont lutté contre cette dictature, qui piétinait les principes démocratiques et la justice sociale, sont élevés aux autels pour l’édification des fidèles. Grande fête pour l’Église argentine, avec une forte implication de la Conférence Épiscopale, elle-même présidée par des évêques dotés d’une profonde conscience sociale. Grande fête à gauche. En revanche, la droite a tendance à faire la grimace, à commencer par La Prensa et son lectorat, qui n’a pas hésité à faire paraître ces derniers mois des articles injurieux contre la mémoire de Mgr Angelelli, traité de « suppôt du communisme », à qui une fraction réactionnaire de l’Église et du spectre politique a dénié la qualité de martyr de la foi et de la charité, ne voyant rien de suspect dans ces disparitions qu’ils attribuent parfois à des règlements de compte entre séditieux… Ignoble !

Présentation des nouveaux bienheureux à la page 7
de L'Osservatore Romano, daté du 28 avril 2019
(en italien, la langue quotidienne au Vatican)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 (qui se réjouit de cette béatification, malgré l’inculture religieuse de sa rédaction très largement athée)
lire l’article de La Nación (dépêche Télam)

lundi 11 juin 2018

Un évêque assassiné sous la dictature devient martyr de la foi [Actu]

Illustration AICA
de gauche à droite : W. Pedernera, E. Angelelli, G. Longueville, C. Murias


Monseigneur Enrique Angelelli, évêque de Córdoba puis de La Rioja, né en 1923 et mort le 4 août 1976, quelques mois après le putsch de Videla en mars de la même année, sera bientôt béatifié. Le pape François a en effet signé, il y a quelques jours, le décret qui reconnaît le martyr du prélat et de trois de ses collaborateurs, le professe franciscain argentin Carlos Murias et l'abbé français Gabriel Longueville (prêtre fidei donum, envoyé en Argentine par le diocèse de Viviers, dans l'Ardèche), alors curé de la paroisse de Chamical, dans le diocèse argentin de La Rioja, ainsi que le laïc Wenceslao Pedernera.

L'info est traité dans la colonne de droite, avec la photo noir et blanc
La photo principale représente les obsèques de la sœur de la reine des Pays-Bas
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Ils ont tous été assassinés par la junte pour leur fidélité au Christ, à la dignité humaine et leur choix préférentiel pour les pauvres. Après la canonisation de Monseigneur Oscar Romero, assassiné au Salvador, c'est la deuxième fois que François reconnaît la sainteté de victimes d'un dictature militaire des années 1970, qui prétendait défendre le catholicisme contre de supposés communistes, qui n'étaient autre que des citoyens qui cherchaient à développer des politiques de redistribution qui déplaisaient aux oligarchies locales et aux Etats-Unis.

Un peu moins voyeuse, La Prensa traite l'info en manchette
en haut à gauche
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Carlos Murias et Gabriel Longueville ont été enlevés puis abattus le 18 juillet 1976 et Wenceslao Pedernera, responsable d'un mouvement catholique rural, fut assassiné, chez lui, devant sa famille, le 25 juillet, afin de terroriser toute la contrée. C'est alors qu'il revenait de Chamical, que Monseigneur Angelelli a été tué dans un accident de voiture provoqué par des militaires qui l'ont achevé avant de maquiller la scène, d'une façon si grossière qu'à peu près personne n'y a jamais cru. Ces assassins ont été condamnés en 2014 à la prison à perpétuité.

El Independiente a préféré un simple gros titre
réservant la photo principale à la visite dans la Province
de l'ancien président uruguayen Pepe Mujica
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le Saint Père a téléphoné personnellement à l'actuel évêque de La Rioja, pour lui communiquer la bonne nouvelle, qui est comme un cadeau de nomination, puisque Monseigneur Marcelo Colombo a été nommé archevêque de Mendoza, le 22 mai dernier, un diocèse qu'il devrait donc rejoindre d'ici quelques semaines. La cause en béatification de Monseigneur Angelelli avait été ouverte par l'un de ses prédécesseurs, Monseigneur Rodríguez, en 2010.

La quadruple béatification sera proclamée à La Rioja, dans environ un an sans doute. C'est en général le temps dont on a besoin pour organiser une telle célébration.

Pour en savoir plus :
lire le communiqué de Vatican News en espagnol, avec la version audio à écouter et à télécharger (excellente méthode pour apprendre à parler la langue)

mercredi 17 mai 2017

Le road-movie docu du Bicentenaire sur TV Pública [à l'affiche]


Depuis le 5 avril, TV Pública diffuse tous les mercredis soirs un documentaire de reconstitution de la Traversée des Andes, dont l'Argentine et le Chili fêtent cette année le bicentenaire (voir mes articles sous le mot-clé Cruce).

Le documentaire est une coproduction internationale qui implique l'UNESCO, où l'ambassadeur argentin, Rodolfo Terragno, est un académicien de l'Instituto Nacional Sanmartiniano, passionné par le personnage du général San Martín, Google Argentina, qui a fourni les moyens de cartographie informatique, la Direction nationale des Droits de l'Homme (ministère de la Justice), la Direction de Droit International humanitaire (ministère de la Défense) et le groupe Télévision publique Argentine (ministère du système fédéral de médias et contenus publics). On peut regretter l'absence de participation chilienne. Après tout, l'affaire concerne aussi (rien qu'un peu) le Chili.

Photo du tournage (TV Pública)

Sous le titre Motivados por la Historia (motivés par l'histoire), la série se compose de huit épisodes de moyen métrage (25-30 minutes), bien faits à ce que j'ai pu en voir, autour d'un fil rouge : quatre jeunes gens de la région de Cuyo, représentant chacun l'une des provinces argentines protagonistes de cette traversée légendaire, Mendoza, San Juan, San Luis et La Rioja, accompagnés par un professeur d'histoire (éducation secondaire), lui-même écrivain et chargé de rédiger le journal de l'expédition. Au fur et à mesure qu'avance notre petit corps expéditionnaire, il plante à chaque étape importante de la Traversée une signalétique, les emblemas azules (symboles bleus) qui proclament que cette Route Sanmartinienne est un site culturel protégé par l'UNESCO en cas de conflit armé (1).

Photo du tournage

Au sein d'une équipe de tournage de 40 personnes, nos jeunes gens ont passé une bonne partie de leurs vacances d'été à crapahuter, à pied et à cheval, en février, à travers une chaîne montagneuse connue pour son caractère inhospitalier. Ils ont connu bien des difficultés physiques, entre chaleur du jour et froid de la nuit, raréfaction de l'oxygène en altitude et diverses menues blessures. Ils n'ont pas eu à engager le combat une fois arrivés au Chili, eux, au moins.

Les six premiers épisodes déjà diffusés à l'antenne sont disponibles en ligne, uniquement en VO (ni sous-titres ni doublage, accrochez-vous !). Ils ont de quoi vous en mettre plein les mirettes : splendeur des paysages grandioses et miracle de la technologie vidéo assistée. Les explications didactiques viennent en plus.

Photo du tournage

Google Street Views et Wikipedia sont partenaires de l'aventure et propose du contenu complémentaire tandis que l'Universidad Nacional de Cuyo, à Mendoza, a développé une appli, qui peut être téléchargée sur ordinateur fixe et appareils mobiles.

L'ouverture du premier épisode a été tourné à Paris, à l'UNESCO, et offre une courte interview de Rodolfo Terragno, dans son petit bureau qu'il a décoré de reproductions des célèbres lithographies que les batailles de Chacabuco (1817) et Maipú (1818) ont inspirées au peintre Théodore Géricault (resté à Paris mais emballé par ce qu'il lisait dans Le Constitutionnel et Le Journal des Débats) (2).
D'ici deux semaines, les deux épisodes restants seront eux aussi en ligne pour une forme de replay gratuit, à l'argentine, de la série au complet.

Pour en savoir plus :
consulter la page de l'émission sur le site Internet de TV Pública.



(1) Ce qui ne manque pas d'être un peu étrange à une époque où les deux pays frontaliers déploient tant d'efforts pour faire vivre les organisations internationales pacifiques que sont le Mercosur (côté économique) et l'UNASUR (côté politique), ce qui met fin à l'hostilité qui a existé entre eux mais qui est bel et bien dépassée aujourd'hui.
(2) En 1817, Le Journal des Débats était plutôt hostile aux "insurgents de l'Amérique australe", tandis que Le Constitutionnel, journal libéral, inscrit dans l'opposition à la politique de Louis XVIII, tenait un discours plus admiratif, plus proche de la presse britannique. Ces deux lithographies sont très connues en Amérique du Sud. Elles sont inconnues en France.

vendredi 16 octobre 2015

Le rocker prend le Qhapaq Ñan [à l'affiche]

Campaña de comunicación turistica para ver en Canal Encuentro antes de opinar sobre su calidad... A mí me parece un poco raro!

Gustavo Santaolalla à la une des pages culturelles de Página/12 sur fond andin

Ce soir, la télévision publique argentine propose le premier épisode d'un documentaire à visée touristique en quatre partie qui n'est autre qu'un parcours produit par le musicien Gustavo Santaolalla, à la demande du Gouvernement, le long du Qhapaq Ñan, le Chemin royal de l'Inca, qui traverse sept provinces argentines : Mendoza, San Juan, La Rioja, Catamarca, Salta et Jujuy, du sud au nord.

La série est une co-production Canal Encuentro, Ministère du Tourisme, Conseil Fédéral du Tourisme, sous la responsabilité de Santaolalla, qui apparaît à l'écran en vedette médiatique. La réalisation a été confiée à Andrés Nicolás Cuervo. Sans surprise, la musique du film est signée Santaolalla. La diffusion se fera le vendredi à 21h sur Canal Encuentro et une rediffusion de l'épisode est programmée le mardi à 19h30 sur TV Pública. Le format est le moyen métrage typique de Canal Encuentro qui limite chaque documentaire à 25 ou 26 minutes.
Il est probable que d'ici peu, les épisodes seront disponibles en vidéo à la demande sur le site Internet de Canal Encuentro, la chaîne culturelle du groupe public.

Présentation issue de la documentation Canal Encuentro
A gauche la carte du parcours touristique montré dans le film
Au centre, un texte de Gustavo Santaolalla
Cliquez sur l'image pour lire le texte

Gustavo Santaolalla est un artiste bien en cour auprès de l'actuel gouvernement national argentin. Il s'est distingué, au niveau international, avec sa plongée au milieu des vieux tangueros de Café de los Maestros, où il a mis en scène une vision passablement nostalgique du tango, qui ignore complètement la « nouvelle vague » du genre, cette movida actuelle qui tourne autour des quinquagénaires et des formations de trentenaires, parfois même de musiciens plus jeunes encore. Gustavo Santaolalla est d'abord un musicien de rock. Il n'a que très peu de compétences historiques sur le sujet auquel il s'attaque avec cette série documentaire, un sujet difficile d'accès et sur lequel les universitaires eux-mêmes tâtonnent tant la documentation nous manque sur la civilisation de l'Inca. Alors quand il prétend avoir fait ce chemin à la manière des chasquis, il faut prendre cette déclaration avec prudence. Les chasquis étaient en effet ces messagers, à moins qu'ils n'aient été des chamans, dont les fonctions semblent avoir été de relier, grâce à cette grande route religieuse, administrative et commerciale, les populations établies dans le nord, en Colombie, aux Huarpes installés le long du Río Mendoza, dans l'actuelle province argentine homonyme, et assujettis à l'Empereur nordique longtemps avant l'arrivée des Espagnols dans ces terres.

Un vestige du Qhapaq Ñan le long de la route internationale reliant Mendoza à Santiago
J'ai pris la photo le 31 août dernier, dans la Cordillère, sur l'une des routes sanmartiniennes
Dans la vallée de Uspallata empruntée par l'avant-garde, sous les ordres de Gregorio de Las Heras
A l'arrière-fond, le Río Mendoza et la falaise qui court presque tout du long
Pour mesurer l'ampleur du décor, cliquez sur l'image et repérez le pont du vieux chemin de fer?

Il n'est donc pas dit que le documentaire, dont l'annonce est orchestré par la communication gouvernementale, soit aussi passionnant que ce qu'il en est dit. Mais il a le mérite d'exister et le producteur délégué celui d'avancer clairement son objectif : promouvoir le tourisme le long de cette route, récemment inscrite au patrimoine de l'UNESCO où sa candidature avait été porté par les six pays traversés, Argentine, Chili, Pérou, Bolivie, Equateur et Colombie (voir mon article du 22 juin 2014 à ce sujet).

Pour en savoir plus :
Ce matin, Página/12 publie une interview de l'artiste, qui ne me passionne pas personnellement (mais que ça ne vous empêche pas de vous faire votre idée personnelle). Pour ma part, j'attends de voir le "produit fini" pour me prononcer. Et peut-être retournerai-je alors à cette interview.
Hier, l'agence de presse nationale Télam publiait elle aussi une dépêche à ce sujet.
La série documentaire dispose d'une page Facebook et d'une présentation sur le site Internet de Canal Encuentro.

Le Qhapaq Ñan dispose d'un site Internet propre, d'une page Facebook plurinationale ainsi que d'une présentation sur le site Internet de l'office national du Tourisme argentin, Argentina Travel.

mercredi 11 mars 2015

L'accident de Villa Castelli fait toujours la une des journaux de La Rioja [Actu]


Après une première journée où la presse considérait l'accident de Villa Castelli (1) comme un simple fait divers très spectaculaire mais sans mettre l'accent sur la personnalité de quelques unes des victimes, inconnues en Argentine, les journalistes ont pris conscience au fur et à mesure que le temps passait de l'émotion suscitée en France par cet événement en voyant se mettre en branle depuis Buenos Aires tous les correspondants des journaux français, l'arrivée d'envoyés spéciaux qui accourent de Paris et celle d'une impressionnante délégation consulaire et diplomatique sans parler de Twitter qui s'est mis à parler de La Rioja comme jamais il n'en est question sur le réseau international...


Tant et si bien qu'aujourd'hui, l'une des quotidiens de La Rioja, El Independiente, consacre une dizaine d'articles à l'enquête, aux victimes, aux familles et aux démarches diplomatiques auprès du Gouverneur de cette province agricole, bien connue en Argentine pour ses sécheresses à répétition et sa tradition viticole (comme la région homonyme en Espagne). Sur place, l'opposition, qui ne recule devant aucun moyen, pas même les plus ignobles, profite de l'accident pour mettre en cause le gouvernement provincial qui a déclaré un deuil de deux jours.

Nueva Rioja consacre aussi beaucoup de pages et toute la une de ce jour à l'accident et ses suites judiciaires et internationales.

Pour aller plus loin :
consulter le site Web de El Independiente
consulter le site Web de Nueva Rioja


(1) Cette bourgade isolée porte le nom d'un des leaders populaire de la Révolution de Mai, Juan José Antonio Castelli (1764-1812), un juriste qui participa à la Primera Junta, celle qui fut installée le 25 mai 1810 lorsque la vice-royauté fut définitivement écartée. Il était si intransigeant qu'il s'offrit à se rendre à Córdoba en juin 1810 pour commander le peloton d'exécution qui devait fusiller l'ex-vice-roi (1807-1809), Santiago de Liniers, qui avait pris la tête d'une tentative de contre-révolution et qu'il fit mettre à mort malgré son glorieux passé de défenseur de Buenos Aires face aux attaques britanniques en 1806 et 1807.

mardi 10 mars 2015

Pour Página/12, TF1 est une télé norvégienne qui fait jouer des Français [Actu]

L'un des deux grands titres de la Province de La Rioja

Il est probable que pour un quotidien qui a autant de respect pour la France que Página/12, une émission aussi dingue que celle-là ne peut pas être destiné au public hexagonal... Il est vrai aussi que la société de production avait acheté le concept à une société homologue d'un pays scandinave (j'hésite entre la Suède et la Norvège)...

Les confusions sont pires dans El Independiente, le quotidien de la Province de La Rioja, qui préfère parler de télévision européenne, pour éviter de se prendre le stylo dans le tapis.

L'autre quotidien local, intitulé La Rioja, ne consacre qu'un article à l'accident, relégué dans les pages intérieures (rien en une).


Les trois sportifs que l'Hexagone pleure avec émotion depuis le réveil ce matin sont totalement inconnus en Argentine, à tel point que notre Florence Arthaud nationale est parfois oubliée dans les titres des différents quotidiens. Il est vrai que les Argentins ne forment pas une nation de grands marins au long cours.

Bref, on ne peut certes pas dire que l'accident n'a suscité que de l'indifférence mais il est traité, malgré tout le voyeurisme habituel au genre, comme un fait divers parmi tant d'autres. Après tout, il s'agit aussi d'une équipe télévisuelle qui est venue travailler dans la région parce qu'il s'agit d'un lieu de tournage bon marché (par exemple pour louer un hélicoptère ou trouver du logement sur place) et les Argentins se sentent fort peu solidaires de ce genre de visiteurs. Le traitement est donc le même que celui que la presse réserve au Dakar. Le lieu où a eu lieu l'accident avait d'ailleurs été découvert par les télévisions françaises pendant une édition du rallye automobile.


La Prensa, qui est le dernier titre à avoir publié son article en ligne, est aussi le journal qui relaye le mieux l'importance de l'événement en France, tandis que La Nación doit l'exactitude de ses informations concernant nos compatriotes défunts à sa lecture du site Internet... du Monde !

Pour aller plus loin :
dans la presse locale
lire l'article de une de El Diario de la Rioja
lire l'article sur les victimes dans le même quotidien
lire l'article sur l'enquête judiciaire qui a commencé sur place (magistrats argentins)
lire l'article sur le pilote mendocin de celui des deux hélicoptères accidentés qui appartenait à la Province de La Rioja
lire l'entrefilet sur les condoléances présentées par le Gouverneur de La Rioja
lire l'entrefilet de La Rioja, qui traite l'affaire dans ses pages internationales (cela en dit long sur le manque d'intérêt du journal pour cet accident intervenu dans la Province. Exactement comme lorsqu'un concurrent du Dakar trouve la mort dans la course...)

dans la presse nationale
lire l'article de Página/12 sur l'accident
lire l'article de Página/12 sur les trois sportifs décédés
lire l'article de La Nación sur le "reality francés"
lire l'article de La Nación sur les sportifs décédés (Florence Arthaud n'est pas mentionnée dans le titre)