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jeudi 16 juin 2022

La Fiesta Nacional del Poncho retrouve ses habitudes d’avant-covid [à l’affiche]

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Cette année, en juillet, San Fernando del Valle fêtera la 51e édition de sa Fiesta del Poncho, qui est aujourd’hui une fête nationale et même internationale (elle voit arriver des artistes, des exposants et des festivaliers des pays frontaliers). La première présentation de l’événement a eu lieu mardi dernier dans la capitale de la province de Catamarca, dans le cœur du nord-ouest argentin, et il y aura une seconde présentation la semaine prochaine à Buenos Aires, au Centro Cultural Kirchner (CCK), dans le centre historique de la capitale fédérale.

Le programme du premier soir
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Au programme de ce festival autour de l’art du tissage qui caractérise cette région depuis plusieurs siècles, des concerts, des bals, des conférences, des ateliers et des démonstrations techniques, des visites du musée consacré au poncho, des stands de dégustation de spécialités locales… Bref, tout ce qui peut faire un vrai festival dans un pays comme l’Argentine, en plein hiver, lorsque le nord, plus chaud, attire les touristes.

Une d'hier
En bas, l'annonce de la manifestation
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C’est la reprise du festival dans des conditions tout à fait normales après deux ans de pandémie.


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Ce matin, la version numérique de La Nación propose un passionnant reportage sur un atelier artisanal catamarquègne richement illustré. Cet atelier reproduit des ponchos historiques ayant appartenu aux grands héros de l’indépendance, dont le général José de San Martín (1778-1850).

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de La Unión (quotidien local)
lire la présentation officielle du ministère du tourisme de Catamarca
lire la présentation officielle du gouvernement de la province de Catamarca

Ajout du 26 juillet 2022 :
La fiesta del poncho a été une véritable réussite.

Pour en savoir plus :
lire cet article de Página/12

samedi 2 octobre 2021

Le tango du côté des Andes [Disques & Livres]


Noelia Díaz est une pianiste et une compositrice de Catamarca. Elle vient de sortir son premier disque de tango, intitulé Tango Norteño (tango du Nord), composé dans sa province natale et inspiré par les singularités de la région : ses reliefs, ses cactus et la présence de la culture quechua.

Ainsi donc voici donc un tango qui ne s’enracine pas dans les paysages urbains du Río de la Plata avec ses figures imposées par la tradition : réverbères, trottoirs, glycines, influences italiennes, françaises, allemandes et yiddish, cafés du coin de la rue et les rythmes qui vont avec. De quoi renouveler le genre. Ce que Noelia Díaz fait aussi en glissant dans ses morceaux quelques structures rythmiques propres au folklore du nord-ouest, tout en se défendant de verser dans la fusion entre les deux genres, une pratique musicale qui compte en Argentine de plus en plus d’adeptes.

La souffrance a sa part dans ce travail de création tanguera puisque le tout premier tango composé par Noelia Díaz fut un hommage à sa fille, Valentina, décédée toute petite, un morceau qu’elle put présenter à Daniel Binelli, l’un des bandonéonistes influents, lors d’une Fiesta del Poncho, le grand rendez-vous culturel et artistique de Catamarca.

Réussir à sortir ce disque ne fut pas de tout repos : il n’y a pas d’orchestre résident dans la province de Catamarca, l’une des plus pauvres d’Argentine, pas plus qu’on n’y trouve le moindre piano à queue. C’est Noelia Díaz qui a donc constitué autour d’elle un petit orchestre féminin.

Elle raconte l’aventure à un journaliste de la rédaction catamarquègne de Página/12.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

samedi 4 septembre 2021

Catamarca béatifie Fray Mamerto Esquiú [Actu]

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Aujourd’hui, une bonne partie de la province de Catamarca est en fête malgré les restrictions dues à la crise sanitaire : la capitale, San Fernando del Valle, et sa région célèbrent la béatification d’un important personnage local du 19e siècle, l’évêque franciscain, Fray Mamerto Esquiú (San José de Piedra Blanca, Catamarca, 1826 - Posta del Suncho, ibidem, 1883). Les célébrations ont lieu tout au long du week-end à San José de Piedra Blanca, à San Fernando del Valle et à Suncho dans la province. D’autres se tiennent à Córdoba, où il est enterré avec ses prédécesseurs et ses successeurs sur ce siège épiscopal très ancien de l’Argentine ainsi que dans l’église des Argentins à Rome et à Jérusalem, tous les lieux où il a vécu de grandes expériences spirituelles qui sont autant d’étapes dans sa vie. La cérémonie principale, aujourd'hui, était retransmise en direct sur la chaîne généraliste du service public national.

Fray Mamerto Esquiú s’est donné tout entier dans sa vocation franciscain au point qu’il n’en a jamais quitté l’habit, même après avoir été consacré évêque. Il s’engagea profondément dans le rétablissement de la paix civile en Argentine (il a vécu presque toute sa vie pendant la guerre civile entre les partisans d’un pays centralisé et ceux qui voulaient des institutions fédérales).

L'unique daguerréotype que nous ayons


Il s’engagea même sur le terrain strictement politique en se faisant élire comme député dans sa province. Il a laissé un travail précieux de législateur. Ceci ne l’empêcha pas d’être choisi comme évêque de Buenos Aires en 1870, une charge dont il se retira au bout de quelques mois, s’en estimant indigne, puis comme évêque de Córdoba, mission qu’il accepta en 1880, l’année où prirent fin les combats entre ses compatriotes des deux bords. Auparavant, il s’était fait connaître comme enseignant et jouissant d’une réputation méritée de grand orateur.

L'image principale montre la messe d'hier
dans la cathédrale de San Fernando del Valle
présidée par le légat du pape
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L’histoire nationale a retenu de lui plusieurs de ses sermons, dont celui du 9 juillet 1853, dans lequel il invita les Catamarquègnes et les habitants des autres provinces à adopter, reconnaître et respecter la Constitution nationale rédigée la même année sous la direction du juriste et diplomate Juan Bautista Alberdi (Tucumán, 1810 – Neuilly-sur-Seine, 1884), qui faisait de la République argentine un pays fédéral afin de refermer enfin les plaies de trente ans de guerre civile. Moyennent quelques modernisations ici et là, cette constitution est toujours en vigueur. L’ensemble des prêches du nouveau bienheureux prononcés de 1853 à 1854 furent publiés de son vivant sur ordre du gouverneur de Catamarca pour l’édification des fidèles et des citoyens.

Le religieux put se rendre à Rome puis il fit un pèlerinage en Terre Sainte, chose rare pour un Sud-Américain à l’époque. Le Saint-Père lui accorda une audience et sut le convaincre d’accepter l’épiscopat.

Maison natale de Fray Mamerto Esquiu
(photo Ministère du Tourisme de Catamarca)


Sa maison natale a été conservée. Elle est maintenant protégée par une construction plus grande et elle se visite (hors restrictions covid bien entendu). Elle est l’un des atouts touristiques et culturels d’une province par ailleurs très pauvre, assez peu peuplée mais qui a pourtant joué un grand rôle, surtout culturel, tout au long de la période coloniale.

La cause en béatification de Fray Mamerto Esquiú avait été ouverte en 1926, pour le centenaire de sa naissance. Le pape François a accepté le premier miracle l’année dernière. La béatification devait avoir lieu en mai 2021. La crise sanitaire l’a fait reporter jusqu’à ce jour.

Fray Mamerto Esquiú est le quatrième Argentin porté sur les autels, après le bienheureux Ceferino Namuncurá (1886-1905), un Mapuche de Patagonie immigré à Buenos Aires pour y être scolarisé (et acculturé juste après la conquête de la Patagonie par les armes notamment contre la chefferie tenue par son grand-père puis son père) et mort de tuberculose à Rome, première de ces béatifications nationales il y a une dizaine d’années, le saint Cura Brochero (1840-1914), de Córdoba, le tout premier d’entre eux à avoir porté la nationalité argentine qui a été créée en 1811, avant même l’indépendance juridique (1), et la bienheureuse Mamá Antula (1730-1799) (2) qui, née à Santiago del Estero, province voisine de Catamarca, s’installa dans la Buenos Aires coloniale pour y relancer les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola (juste après l’expulsion des jésuites) contre toutes les consignes administratives que les autorités coloniales avaient reçues de Madrid. Son principal disciple portègne, l’abbé don Manuel Maximiliano Alberti, devint l’un des membres de la Primera Junta, le premier gouvernement révolutionnaire installé le 25 mai 1810.

Ces quatre bienheureux et saint proviennent tous de l’Intérieur de l’Argentine et trois d’entre eux sont issus de provinces considérées aujourd’hui comme particulièrement périphériques et délaissées (Río Negro, Santiago del Estero, Catamarca).

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article d’Infobae qui interviewe un historien spécialisé, Mario Daniel Vera
lire la dépêche de AICA (l’agence de presse catholique argentine)
lire l’article en espagnol de Vatican News (je n’ai rien trouvé en français)
dans la presse locale :
lire l’article principal de El Ancasti
lire l’article principal de La Unión Digital, qui ne paraît pas le week-end et présentait donc hier un a-côté des célébrations : le manteau spécial dont on a vêtu la célèbre Vierge de San Fernando del Valle à cette occasion
lire l’article principal de El Esquiú (le nom du religieux a en effet été donné à l’une des communes de la province)
visiter le site Internet de la béatification




(1) José Gabriel del Rosario Brochero (de son vrai nom) a été béatifié en 2013, ce fut l’une des toutes premières décisions du pape fraîchement élu. Il a été canonisé trois ans plus tard.

(2) C’était une contemporaine aînée de Manuel Belgrano (1770-1820) dont elle fut sans aucun doute l’un des maîtres de spiritualité.

samedi 26 juin 2021

Catamarca mise sur son patrimoine archéologique incaïque [Actu]

Un détail de la muraille en pierres sèches


La province de Catamarca, dans le nord-ouest de l’Argentine, va mettre en valeur le chemin royal de l’Inca (le Qapaq Ñan) qui la traverse et qui a été inscrit en juin 2014 au patrimoine culturel de l’Humanité par l’Unesco ainsi que les ruines d’une forteresse incaïque aux murs de pierres sèches, le Pucará de Aconquija.

La province vient en effet de recevoir une donation de 365 hectares sur lesquels se trouve un joyau archéologique. Elle va donc pouvoir créer un parc provincial et en faire un atout touristique pour développer l’activité sur son territoire, l’un des plus pauvres de l’Argentine.

Une vue plus générale

Au milieu de cette semaine, La Unión de Catamarca, un quotidien qui paraît du lundi au vendredi, a consacré une demi-page intérieure à ce nouveau projet du gouvernement local.

Comme les photos le montrent, le lieu s’annonce déjà magnifique, avec ces vestiges de murailles d’une antique forteresse amérindienne (dénommée pucará en quechua) et ce qu’il reste de la route qui traversait le sud du sous-continent et reliait, avant la conquête espagnole, à l’époque des Incas qui régnaient au Pérou, le sud de l’actuelle province de Mendoza (San Rafael) à Lima en passant par la Bolivie, le nord du Chili et la Colombie.

Extrait de La Unión de Catamarca
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En 2014, six pays de la région s’étaient unis pour défendre le dossier au comité Patrimoine de l’Unesco. Avec succès.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12 aujourd’hui
lire l’article de La Unión mis en ligne le 22 juin dernier.

jeudi 24 juin 2021

La Fiesta del Poncho en ligne pour sa cinquantième édition [à l’affiche]

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Cette année, la province de Catamarca aura sa Fiesta del Poncho en dépit de la crise sanitaire. Tout se passera en ligne, du 25 au 31 juillet 2021, à travers les réseaux sociaux du Ministère de la Culture et du Tourisme de la province ainsi que de la chaîne publique de télévision locale.

Cette année, la Fiesta del Poncho fêtera sa cinquantième édition et rassemblera plusieurs anniversaires : le bicentenaire de la province qui s’est autoproclamée au début de la guerre civile qui a suivi l’indépendance (1820-1880), celui de la naissance de son grand homme, Felipe Varela, héros fédéral de la guerre civile, et les dix ans de la création du drapeau provincial.

Drapeau de Catamarca

Catamarca est l’une des plus modestes provinces du nord-ouest. Elle ne compte que 400 000 habitants environ et ses chambres législatives totalisent à elles deux une dizaine de parlementaires. La Fiesta del Poncho est donc un rendez-vous majeur pour son attraction culturelle et touristique en ce mois de juillet qui correspond aussi aux vacances scolaires d’hiver.


Le farouche Felipe Varela, entouré de quelques uns de ses lieutenants
C'est l'homme assis et habillé de couleurs claires
Comme quoi, la guerre civile en Argentine
ressemblait beaucoup à celle des Etats-Unis

L’affiche du festival a été confiée à un artiste local, Fabián Martinena, qui a déjà dessiné le drapeau de la province comme il avait fait celui de la capitale, San Fernando de Catamarca, six ans plus tôt.

La présentation toute simple de la manifestation hier à San Fermando
(photo Gouvernement de Catamarca)

La province vient de lancer un appel à propositions pour animer la semaine de festival. Les candidats sont invités à inscrire leurs projets dans l’une des rubriques du festival : musique, danse et humour. En mode présentiel, le festival propose aussi des stands d’artisanat (qui sont le cœur de la manifestation) et des stands gastronomiques.

Extrait de La Unión de Catamarca
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© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (édition de Catamarca)
lire le communiqué officiel du ministère de la Culture et du Tourisme de Catamarca

mardi 18 mai 2021

En Argentine, les courbes menacent la fête nationale [Actu]

L'incidence sur les deux dernières semaines
Infographie La Nación
(capture d'écran)
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Après de légers signes d’amélioration il y a dix jours en province de Buenos Aires, les chiffres sont à nouveau à la hausse dans plusieurs régions : à Buenos Aires intra-muros, dans sa banlieue, plus largement dans la province homonyme mais aussi à Córdoba, à Río Negro, à Catamarca, à Chaco, à Entre Ríos, à Formosa, à La Pampa et à San Juan. La carte d’incidence montre un Cône Bleu devenu tout rouge (1).

Données totales depuis mars 2020
De gauche à droite
Nombre de personnes touchées, nombre de personnes symptomatiques,
nombre de patients guéris; nombre de décès
Capture d'écran La Nación
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Hier, le nombre de morts a à nouveau dépassé le chiffre symbolique de 500. Quant aux cas dépistés, on en comptait hier 28 680, ce qui est très élevé pour un pays de 44 millions d’habitants.

"Vers une fermeture totale pour un temps plus délimité"
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Devant cette catastrophe pourtant prévisible, Horacio Rodríguez Larreta, qui tenait tant à maintenir ouvertes les écoles malgré une décision contraire au niveau fédéral, est en train d’envisager de les fermer. Il était temps.

Le gouvernement fédéral lui aussi laisse fuiter qu’il va prendre de nouvelles mesures de restrictions qui devraient être annoncées vendredi. Autrement dit, c’est raté cette année encore pour la fête nationale qui se tiendra mardi prochain, le 25 mai. Le pont accordé en début d’année a même déjà été annulé à la fin de la semaine dernière pour éviter de trop amples déplacements pendant le week-end prolongé.

Et pendant ce temps-là, les doses de vaccins atterrissent les unes derrière les autres à l’aéroport international de Buenos Aires : Sputnik V, Sinopharm et depuis peu Astra Zeneca mais les difficultés sont les mêmes qu’ailleurs sur la planète. Les quantités ne suffisent pas à compenser la vitesse de propagation du virus.

"On cherche à freiner l'augmentation des cas
par des mesures plus dures auxquelles la Ville s'associerait"
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Presque tous les journaux ce matin détaillent la situation en trois articles : l’un porte sur les hésitations du chef de gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, un autre sur les mesures envisagées par le président, le troisième fait le point sur les chiffres.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

A la Casa Rosada :
A Buenos Aires (ville autonome)
Les chiffres :
lire l’article de La Nación



(1) Le Cône Bleu, c’est l’Argentine. Comme on dit l’Hexagone pour désigner la France.

lundi 3 août 2020

Émission en ligne pour fêter la Pachamama [à l’affiche]

Capture d'écran (chaîne You Tube du Folklore Club)

Un nombre considérable de musiciens de tout le nord de l’Argentine, est et ouest confondus, se sont réunis pour enregistrer une émission de télévision, grâce au soutien de la Fundación Atahualpa Yupanqui (du nom d’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprète du folklore argentin), puis la mettre en ligne, gratuitement et pour le monde entier, sur la chaîne You Tube de Folklore Club.

Il s’agit d’une réalisation très professionnelle, un long-métrage d’un peu plus d’une heure et demie qui rassemble interviews et prestations musicales et permet de vivre la fête « comme si vous y étiez ». Les artistes y exposent leur vécu et ce que signifie pour eux cet intense rendez-vous de la vie culturelle et cultuelle de la grande région septentrionale, qui est aussi le berceau d’une bonne partie de la tradition rurale argentine.

La manifestation est aussi une prise de parole politique contre toutes les activités qui dégradent l’environnement de ces régions : mines à ciel ouvert ultra-polluantes, incendies volontaires de la forêt subtropicale sous prétexte de dégager du terrain agricole, utilisation massive de produits phytosanitaires chimiques qui font grimper en flèche le taux de cancer et autres maladies dans les populations humaines qui vivent à proximité des gigantesques champs de soja transgénique avec lequel les riches propriétaires terriens se font des fortunes insolentes en dollars US.

Página/12 ne pouvait pas manquer une telle initiative et lui consacre un bel article dans ses pages culturelles de ce jour.

Sur la page You Tube, les organisateurs ont publié les coordonnées du compte bancaire sur lequel les téléspectateurs peuvent faire un don en pesos argentins. Citer la devise nationale est une autre façon de resserrer les liens de la communauté culturelle qui se reconnaît dans cette démarche et dans cette fête populaire. Cela a tout de même meilleure allure que de quémander des dons en dollars ou en euros !

Pour aller plus loin :
visiter la chaîne You Tube du Folklore Club.

samedi 27 février 2016

Première Rencontre nationale de musique pour les enfants [à l'affiche]

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Depuis 1997, le collectif Momusi (Movimiento para la música para niños y niñas) organisait à Buenos Aires une série d'activités pour promouvoir la musique auprès des enfants. Ce travail de longue haleine, d'artistes et d'enseignants pleins de passion et de courage, aboutit pour la première fois cette année à une manifestation qui va se dérouler à partir d'aujourd'hui et pendant les quelques semaines de la rentrée scolaire à Buenos Aires mais aussi dans plusieurs provinces du pays ainsi que dans de simples villes de ces mêmes provinces. Ce sera donc la première Rencontre nationale de musique pour les enfants.

Concerts, cours et ateliers gratuits seront animés par des musiciens professionnels, parfois de véritables vedettes, avec des programmes locaux qui obéissent chacun aux particularités de la province ou de la ville.

Le programme d'aujourd'hui dans la ville de Buenos Aires

Página/12 et La Nación s'en font l'écho dans la presse nationale. Il existe une répercussion certaine mais inégale dans la presse régionale.

Le collectif est présent sur Facebook et s'en donne à cœur joie depuis quelques jours.

Pour aller plus loin :
se connecter sur la page Facebook de Momusi.

vendredi 16 octobre 2015

Le rocker prend le Qhapaq Ñan [à l'affiche]

Campaña de comunicación turistica para ver en Canal Encuentro antes de opinar sobre su calidad... A mí me parece un poco raro!

Gustavo Santaolalla à la une des pages culturelles de Página/12 sur fond andin

Ce soir, la télévision publique argentine propose le premier épisode d'un documentaire à visée touristique en quatre partie qui n'est autre qu'un parcours produit par le musicien Gustavo Santaolalla, à la demande du Gouvernement, le long du Qhapaq Ñan, le Chemin royal de l'Inca, qui traverse sept provinces argentines : Mendoza, San Juan, La Rioja, Catamarca, Salta et Jujuy, du sud au nord.

La série est une co-production Canal Encuentro, Ministère du Tourisme, Conseil Fédéral du Tourisme, sous la responsabilité de Santaolalla, qui apparaît à l'écran en vedette médiatique. La réalisation a été confiée à Andrés Nicolás Cuervo. Sans surprise, la musique du film est signée Santaolalla. La diffusion se fera le vendredi à 21h sur Canal Encuentro et une rediffusion de l'épisode est programmée le mardi à 19h30 sur TV Pública. Le format est le moyen métrage typique de Canal Encuentro qui limite chaque documentaire à 25 ou 26 minutes.
Il est probable que d'ici peu, les épisodes seront disponibles en vidéo à la demande sur le site Internet de Canal Encuentro, la chaîne culturelle du groupe public.

Présentation issue de la documentation Canal Encuentro
A gauche la carte du parcours touristique montré dans le film
Au centre, un texte de Gustavo Santaolalla
Cliquez sur l'image pour lire le texte

Gustavo Santaolalla est un artiste bien en cour auprès de l'actuel gouvernement national argentin. Il s'est distingué, au niveau international, avec sa plongée au milieu des vieux tangueros de Café de los Maestros, où il a mis en scène une vision passablement nostalgique du tango, qui ignore complètement la « nouvelle vague » du genre, cette movida actuelle qui tourne autour des quinquagénaires et des formations de trentenaires, parfois même de musiciens plus jeunes encore. Gustavo Santaolalla est d'abord un musicien de rock. Il n'a que très peu de compétences historiques sur le sujet auquel il s'attaque avec cette série documentaire, un sujet difficile d'accès et sur lequel les universitaires eux-mêmes tâtonnent tant la documentation nous manque sur la civilisation de l'Inca. Alors quand il prétend avoir fait ce chemin à la manière des chasquis, il faut prendre cette déclaration avec prudence. Les chasquis étaient en effet ces messagers, à moins qu'ils n'aient été des chamans, dont les fonctions semblent avoir été de relier, grâce à cette grande route religieuse, administrative et commerciale, les populations établies dans le nord, en Colombie, aux Huarpes installés le long du Río Mendoza, dans l'actuelle province argentine homonyme, et assujettis à l'Empereur nordique longtemps avant l'arrivée des Espagnols dans ces terres.

Un vestige du Qhapaq Ñan le long de la route internationale reliant Mendoza à Santiago
J'ai pris la photo le 31 août dernier, dans la Cordillère, sur l'une des routes sanmartiniennes
Dans la vallée de Uspallata empruntée par l'avant-garde, sous les ordres de Gregorio de Las Heras
A l'arrière-fond, le Río Mendoza et la falaise qui court presque tout du long
Pour mesurer l'ampleur du décor, cliquez sur l'image et repérez le pont du vieux chemin de fer?

Il n'est donc pas dit que le documentaire, dont l'annonce est orchestré par la communication gouvernementale, soit aussi passionnant que ce qu'il en est dit. Mais il a le mérite d'exister et le producteur délégué celui d'avancer clairement son objectif : promouvoir le tourisme le long de cette route, récemment inscrite au patrimoine de l'UNESCO où sa candidature avait été porté par les six pays traversés, Argentine, Chili, Pérou, Bolivie, Equateur et Colombie (voir mon article du 22 juin 2014 à ce sujet).

Pour en savoir plus :
Ce matin, Página/12 publie une interview de l'artiste, qui ne me passionne pas personnellement (mais que ça ne vous empêche pas de vous faire votre idée personnelle). Pour ma part, j'attends de voir le "produit fini" pour me prononcer. Et peut-être retournerai-je alors à cette interview.
Hier, l'agence de presse nationale Télam publiait elle aussi une dépêche à ce sujet.
La série documentaire dispose d'une page Facebook et d'une présentation sur le site Internet de Canal Encuentro.

Le Qhapaq Ñan dispose d'un site Internet propre, d'une page Facebook plurinationale ainsi que d'une présentation sur le site Internet de l'office national du Tourisme argentin, Argentina Travel.

vendredi 10 juillet 2015

A Catarmarca, on fête le poncho [à l'affiche]


Hier soir, la capitale catamarquègne, San Fernando del Valle, a donné le coup d'envoi de sa 45ème Fiesta del Poncho, dans le parc des expositions à 4 km du centre-ville. Le poncho est sans doute l'apport le plus marquant et le plus répandu des Amérindiens du Nord-Ouest (pour utiliser un toponymie argentine) à l'ensemble du pays, comme le mate l'est pour les ethnies qui vivaient dans le Nord-Est.

Cette fête rassemble environ 750 exposants, des artisans pour la plupart, mais ne fabriquant pas seulement des ponchos : il y a de tout, tannerie, filage de laine et de coton, vannerie, coutellerie, fabrication artisanale de mates et de couvre-chefs traditionnels, bref tout ce qui va avec le poncho dans les régions rurales de cette partie de l'Amérique du Sud.

Les exposants viennent de tout le pays et même des pays voisins et l'événement propose un riche programme d'animations en tout genre : gastronomie, musique, danse et activités artisanales manuelles.

Mercredi soir, était élue la Reine du Poncho, Agustina Barrot, une jeune femme de 22 ans née dans le département de Santa Rosa, et hier l'inauguration officielle, avec couronnement de la Reina del Poncho 2015, a été l'occasion d'un nouveau concert d'un groupe de folklore très connu (à esthétique commerciale), Los Nocheros.

Avec une photo de la nouvelle Reine du Poncho, couronnée hier

La Feria démarre sur un long week-end, avec le jour férié du 9 de Julio, fête de l'Indépendance, et elle se prolongera jusqu'au 19 juillet. Les spectacles sont payants, de 100 à 70 $ ARG, selon la catégorie de places.

Cette Feria attire près d'un demi-million de visiteurs tous les ans à San Fernando del Valle. Autant de personnes qui font marcher le tourisme de la région au cœur de l'hiver, au moment des petites vacances scolaires qui partagent l'année en deux quadrimestres.

Pour aller plus loin :
se connecter à la page Facebook de la Fiesta
lire l'article de El Ancastí, le journal local
lire l'article de La Gaceta de Tucumán, une province voisine.
On trouve aussi des articles dans les journaux d'autres provinces, parfois très éloignées, comme celles du Litoral (Corrientes, Misiones, Entre Ríos).