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jeudi 14 mai 2026

Chat andin aperçu au sud de Mendoza ! [Actu]

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Le chat andin (gato andino) est un animal très rare, que les zoologues ne voient que de manière exceptionnelle.

Il y a deux jours, on a aperçu un individu splendide sur le territoire de Malargüe, à la pointe sud de la province de Mendoza, là commence la Patagonie. La population totale des chats andins est estimée à un peu plus de 1200 individus. C’est très peu pour que l’espèce survive en bonne santé.


L’Argentine abrite ainsi plusieurs espèces fragiles qu’elle protège, notamment dans la famille des félins, comme l’ocelot argentin, le jaguar et le puma. C’est la branche argentine de la Wildlife Conservation Society qui a réalisé l’observation cette semaine et en a livré quelques images sur son site internet, photos reprises par quelques titres de presse.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’entrefilet de Los Andes, quotidien local de Mendoza
lire l’article de la WCS Argentina sur son site Internet

vendredi 20 mars 2026

Décès de l’œnologue français qui avait conseillé les caves argentines les plus ambitieuses [Actu]


Michel Rolland (ci-dessus), qui vient de mourir à 78 ans en Argentine où il avait fini par se fixer, était un œnologue français très réputé. Dans les années 2000, il avait travaillé à donner du prestige à quelques riches caves argentines, surtout dans la province de Mendoza, en « francisant » leurs vins. Ce qui ne fut pas sans susciter des polémiques un peu partout dans les provinces vinicoles en Argentine. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui je romps avec ma tradition de ne faire qu’un seul article au décès d’une personnalité.

Michel Rolland avait fini par acheter des terres à Mendoza, il y avait planté un vignoble qu’il exploitait lui-même et il y avait fait construire une cave sous la forme d’un bâtiment immense, un bloc massif et arrogant, assez peu respectueux des magnifiques paysages de la province et tournant le dos au marché local. Cette cave conduit en effet une politique de haut de gamme du dernier chic comme on en voit aussi en France, dans le Bordelais et en Bourgogne, comme une mode de luxe qui est en train de ravager la Provence, laquelle risque maintenant de tomber dans la mono-production de rosé, le tout à destination de l’exportation (la destination visée, c’était les États-Unis, un plan quelque peu mis à mal depuis un an par Trump). La seule différence avec l’Argentine, c’est que là-bas, cette tendance se développe sans aucune racine locale, comme plaquée artificiellement sur ce sol de plus en plus affectée par le changement climatique (sécheresses à répétition en particulier).

La presse de droite lui rend hommage dès aujourd’hui. Pour ce secteur de la société, c’est un grand monsieur qui disparaît puisqu’il aurait donné ses lettres de noblesse à la production vinicole nationale et en particulier au cépage emblématique de l’Argentine, le malbec, importé au 19e siècle de la région de Pau… Cette stratégie vinicole est un peu comme la cuisine aristocratique anglaise qui s’efforce d’imiter les recettes françaises. C’est snob et pas très authentique mais ça rapporte !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 24 mai 2022

L’AOP reconnue en Europe et en Tunisie bénéficiera bientôt à des produits de Mendoza [Actu]

Gabriel Guardia, le patron de Laur, travaille avec des grands chefs
pour mettre en valeur ses grandes huiles d'olive


Laur est un producteur oléicole de la province de Mendoza qui a obtenu un excellent classement il y a quelques mois dans un concours international : c’était une réussite inédite pour l’Argentine. Pour la première fois de l’histoire du pays, une huile d’olive issue de son terroir se retrouvait parmi les 10 meilleures de sa catégorie dans une sélection couvrant le monde entier.

C’est à présent une autre timbale que cet artisan huilier ambitieux et adepte de la qualité artisanale est en train de décrocher grâce à un important travail réalisé au niveau de la province auprès des pouvoirs publics nationaux. Il sera l’un des producteurs autorisés à apposer sur ses bouteilles le label de qualité que le ministère national de l’Agriculture et de la Pêche argentin s’apprête à accorder à Mendoza pour quelques uns de ses plus prestigieux produits : l’appellation d’origine protégée dont l’Argentine a obtenu qu’elle soit reconnue sur les marchés européen (UE) et tunisien.

Encore une fois, Laur va réaliser une première et ce, à l’échelle du continent : jamais jusqu’à présent une huile d’olive latino-américaine n’avait eu droit d’arborer ce label qui permet de mieux valoriser la marchandise auprès du consommateur final.

Laur a déjà obtenu une distinction nationale : celle de la Marca País qui récompense les produits de haut de gamme qui font honneur à l’Argentine. L’huile Laur met en effet en valeur une variété locale typique, l’olive Arauco, que la maison assemble avec des variétés qui poussent aussi de ce côté-ci de l’Atlantique, comme la Picual et la Arbequina, bien connues des gastronomes amateurs de produits du terroir espagnol.

D’ici quelques mois, il va donc falloir aiguiser notre regard lorsque nous irons faire nos courses dans une épicerie fine ouverte sur le monde. L’huile Laur se trouvera sans doute dans ses rayons. La remise du label à la province de Mendoza devrait intervenir d’ici trente jours. Ensuite il faudra déployer l’opération (et ça va prendre un peu de temps) puis assurer la vente à l’étranger (ce qui fera encore couler un peu de sueur sur les fronts de nos amis argentins).

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire cet article de La Nación paru hier sur le site Internet dans la rubrique Campo.

mardi 7 décembre 2021

Un concours international consacre un producteur d’huile d’olive argentin [Actu]

Photo du service marketing de Laur


Le 1er décembre dernier, le producteur Laur de Maipú, en province de Mendoza, a eu l’heureuse surprise de retrouver son nom en haut du palmarès mondial des entreprises productrices d’huile d’olive, réalisé par l’association internationale EVOO.

C’est la première fois qu’un producteur dans ce domaine obtient une telle distinction.

Gamme des produits Laur
(Photo service marketing de Laur)
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Inutile de vous dire que la maison primée n’a pas boudé son plaisir et la presse de la bourgeoisie d’affaires lui a fait écho, comme il se doit.

Laur produit des huiles de prestige pas vraiment accessible au commun des mortels en Argentine mais le haut artisanat est souvent à ce prix. Ses nectars sont vendus dans des bouteilles qui empruntent les codes marketing des grands alcools français.

Une propriété de caractère dans le paysage mendocin
(photo service marketing de Laur)
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Si l’on regarde le classement EVOO par pays (sur 100), l’Argentine décroche une plus qu’honorable 8e place.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :
lire l’article de Clarín

lire l’article de La Nación
lire l’article de Los Andes, le quotidien de Mendoza appartenant au groupe Clarín
lire le communiqué de Laur
lire le communiqué de EVOO

jeudi 30 septembre 2021

Hommage à Quino à Mendoza [Actu]

Autoportrait de Quino en train de dessiner Mafalda
sous les yeux de celle-ci


Un an après la mort de l’enfant du pays, la Province et la ville de Mendoza rendent hommage au dessinateur Quino, le père de Mafalda.

De grandes fresques murales à l’air libre sont dévoilées à l’occasion de cet anniversaire. Elles sont les œuvres tantôt individuelles tantôt collectives d’artistes personnellement liés à Quino. Parmi eux, Miguel Rep, que vous connaissez, si vous lisez régulièrement Barrio de Tango, pour ses dessins de presse dans les colonnes de Página/12.

Miguel Rep travaillant sur son mur hommage
(photo Orlando Pelichotti, pour Los Andes)

A cette occasion aussi, Radio Nacional rebaptise son antenne locale (qui s’appelait jusqu’à ce jour Radio Libertador, en hommage à San Martín) (1) devient ce soir Radio Nacional Mendoza Quino. Drôle de conception de l’histoire du pays…

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de Los Andes (quotidien local du groupe Clarín)
regarder l’album photo proposé par Los Andes



(1) José de San Martín (1778-1850) est le premier gouverneur de la province de Cuyo dont celle de Mendoza est issue. Il y a vécu pendant environ trois ans, avec son épouse, et sa fille y est née en 1816, quelques jours après la déclaration d’indépendance. Deux cents ans plus tard, il est encore très présent dans les rues de la capitale comme dans l’ensemble de la province qu’il a marqué de son empreinte. Au niveau national, il est considéré comme le Père de la Patrie. Il repose pour l’éternité dans une chapelle de la cathédrale de Buenos Aires. Son autre titre, donné à l’antenne locale de Radio Nacional, était donc légitime. Plus légitime, soyons honnêtes, que le nouveau nom qui est certes celui d’un grand artiste mais qui n’a pas joué un rôle comparable pour le pays ! J’ignore ce que l’institution va faire de son ancien nom.

jeudi 26 novembre 2020

Quelques unes de l’Intérieur [Actu]

"C'est le plus grand qui est parti",
dit la une de El Litoral (édition de Corrientes)

Une du supplément spécial de El Zonda
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Peu de quotidiens locaux argentins disposent d’un site Internet complet. La plupart d’entre eux ne proposent plus depuis plusieurs années ou plusieurs mois leur une en ligne.

"Maradona est devenu une légende", dit le gros titre
sur une photo d'une peinture murale à Mendoza
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D’autres n’offrent pas aujourd’hui les titres de leur une papier, sans doute pour laisser place au direct ininterrompu depuis la Casa Rosada.

"Ad10s", jeu de mot (Adiós et "D10s", surnom de Maradona)
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On peut néanmoins lire quelques articles qui seront probablement maintenus en ligne plusieurs jours, eu égard à l’importance de l’événement.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Los Andes, à Mendoza
lire l’article de El Litoral, à Corrientes
lire l’article de La Voz del Interior, de Córdoba
lire le supplément spécial de El Zonda, de San Juan

jeudi 1 octobre 2020

Mafalda est orpheline [Actu]

Toute la une occupée par un dessin de Rep
qui se passe de traduction

Quino (diminutif de Joaquín, son prénom) avait 88 ans. Hier matin, il est mort dans un hôpital de Mendoza, où il avait été admis il y a quelques jours après un AVC.


Tous les journaux mainstream partagent leur une
entre la disparition de Quino et le nouveau taux de pauvreté
(ce que je commenterai demain).
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La nouvelle est si touchante qu’elle a même été répercutée dans notre Europe qui a su apprécier les albums de Mafalda, écolière perspicace et insolente de San Telmo pendant la Guerre froide dans une Argentine écrasée par une censure très sévère qui étouffait la presse et l’édition. Dans ces conditions difficiles, Mafalda fait preuve d’une vision très critique du monde dans lequel elle vit, une vision qui appartient à la même veine que celle des poètes du tango qui ont créé le répertoire littéraire du genre dans des circonstances historiques similaires.


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Quino était né à Mendoza en 1932. Il y sera incinéré aujourd’hui, conformément à sa volonté. Dans les années 1960 et 1970, il s’était établi à Buenos Aires, dans le quartier sud de San Telmo, ce qui fait que Mafalda y habite elle aussi, faisant du quartier un lieu emblématique de la classe moyenne, ce qu’il est resté jusqu’à aujourd’hui, malgré les assauts d’un tourisme qui tend, comme partout et tout le temps, à le dénaturer.


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Depuis hier, les hommages pleuvent dans la presse argentine.

Tous les quotidiens consacrent de nombreux articles au grand artiste disparu.

Parmi les hommages les plus poignants, ceux de Miguel Rep, qui se considère comme un disciple du maître et voyait en lui un second père. Ce matin, sa vignette du jour pour Página/12 est un rectangle blanc, sans même une signature. Même Clarín publie un article à l’émotion qu’exprime le dessinateur du journal ennemi !


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Par décision du gouvernement, ce jour est un jour de deuil national pour toute l’Argentine.

Pour aller plus loin :

sur les sites Internet des quotidiens hier :
lire l’article principal de Página/12 qui publie l’entretien entre Quino et Miguel Rep lorsque le premier a fêté ses quatre-vingts ans
lire l’article de Página/12 sur les quinze phrases de Mafalda que le quotidien de gauche considère comme toujours d’actualité
lire l’article de Clarín sur l’hommage rendu par Miguel Rep

dans les éditions de ce jour
lire l’entrefilet de Página/12 sur les premières cases où apparaît Mafalda en 1964 (le producteur et animateur radiophonique et télévisuel Nolo Correa m’a raconté hier soir qu’il avait été l’un des tout premiers à voir ces dessins puisque Quino et lui se croisaient alors à la rédaction du même journal)
lire l’article principal de Los Andes, l’un des deux principaux quotidiens de Mendoza
lire le décret officiel qui fait de ce 1er octobre un jour de deuil national.

Ajout du 3 octobre 2020 :
L'humoriste Rudy vient de publier sur le site Internet de Página/12 une réflexion personnelle sur "ce qui est urgent et ce qui est important, où il cite une vignette de Mafalda qui s'interroge sur le devoir de "chercher les racines de ce qui est national".

samedi 8 août 2020

Un 7 août spectral dans toute l’Argentine [Actu]

La messe solennelle d'hier dans l'église San Cayetano de Buenos Aires,
exceptionnellement vide (photo Guilermo Rodriguez Adami)
Au-dessus des piliers, les drapeaux de tous les pays d'Amérique hispanique.
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Hier, partout en Argentine (1), les différents sanctuaires dédiés à San Cayetano ont été fermés pour éviter le rassemblement des fidèles, les plus intrépides desquels se sont tout de même déplacés de nuit ou de jour pour venir dire une petite prière devant des grilles ou des portes closes, souvent gardées par des forces de police.

Le sanctuaire de Buenos Aires hier matin (photo Guillermo Rodriguez Adami)
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A Buenos Aires, l’archevêque-primat, le cardinal Mario Poli, est allé célébrer la messe à Liniers, comme il en a l’habitude, mais cette fois-ci devant des bancs vides avec ici et là quelques invités triés sur le volet (soignants, personnels de sécurité, employés du sanctuaire, représentants d’organismes de soutien social comme il y en a beaucoup dans cette zone de Buenos Aires).

Alberto Fernandez assistant à la messe solennelle présidée par le cardinal Poli
Le plus intéressant est le décor derrière lui.
On reconnaît une grande silhouette du saint en noir et blanc derrière sa tête
sur sa gauche, des images pieuses, dont le portrait du père Mujica, assassiné par la dictature,
et sur l'étagère supérieure, une maquette d'un avion Aerolineas Argentinas,
la compagnie nationale
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Le président Alberto Fernández a tenu à assister à la retransmission (2) de cette messe et a tenu à le faire savoir. Il a ensuite reçu en audience via Zoom des représentants du secteur social. D’ordinaire, le chef d’État ne se mêle pas de cette fête dont la signification est exclusivement religieuse, sans aucune dimension régalienne. Or c’était le premier 7 août de son mandat. Après avoir (brillamment) réglé le problème de la restructuration de la dette extérieure et annoncé un ambitieux programme de construction de prisons pour lutter contre la délinquance et le crime et améliorer quelque peu les conditions de détention des détenus, il fallait sans doute qu’il s'adresse à son électorat et qu'il revienne vers l'objectif essentiel de son programme de gouvernement : améliorer le sort des plus vulnérables et de la classe moyenne, deux secteurs sociaux qui ont été rudement impactés par quatre ans de politique ultra-libérale et d'argent jetés par les fenêtres aux plus riches du pays.

La petite régie de la télévision du sanctuaire pendant la retransmission
dans un bas-côté de la nef (photo Daniel Jayo)
Derrière les techniciens, on aperçoit l'un des caméramen de l'équipe de tournage.
Tout est en place : les gens portent des masques mais ils ont leur maté à portée de main
avec les thermos d'eau chaude sur la desserte à côté d'eux
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C’était d’autant plus vrai que l’Argentine doit célébrer demain en huit la fête des enfants (Día del Niño), un dimanche où les gamins sont comblés de cadeaux (lors de grandes réunions familiales où les embrassades sont toujours au rendez-vous, qui plus est en milieu confiné puisque c’est l’hiver.)

Un magasin de jouets hier à Buenos Aires (photo Fernando de la Orden)
Le magasin ne semble pas s'être équipé de vitres en plexiglass comme en Europe
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Dans ces conditions, les magasins de jouets subissent eux aussi une terrible chute de leurs ventes à l’une de leurs meilleures dates de l’année avec les jours qui précédent l’Épiphanie.

Comme si souvent depuis plusieurs mois, La Prensa
a choisi un gros titre qui attaque le gouvernement :
"San Cayetano en prison !"
En haut et pour une fois, le journal ne peut pas marquer de désaccord :
"Alberto : Ceux qui enfreignent la loi doivent purger leur peine",
allusion à la construction de nouvelles prisons
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Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12 sur l’étrange célébration d’hier
lire l’article de Página/12 sur l’homélie du cardinal Poli qui a relevé le scandale de la pauvreté des enfants (environ 7 millions de gamins vivant sous le seuil de la pauvreté)
lire l’article de La Prensa sur les propos du cardinal
lire l’article de Clarín sur la fête et la participation du président
regarder la galerie de photos proposée par Clarín sur son site Internet
lire l’article de La Nación sur les propos du primat d’Argentine
lire l’article de La Nación sur la situation à Mendoza
Sur la fête à Godoy Cruz



(1) Sauf à Godoy Cruz, une ville limitrophe de Mendoza, où, malgré les consignes de l’archevêque, la paroisse San Cayetano a ouvert ses portes et célébré quatre messes publiques tout au long de la journée. D’après les journaux mendocins, ce ne fut pas malgré tout la grande affluence habituelle que l’on aurait pu craindre. Dans cette province qui affiche 2.000 cas positifs et un taux de 65 % d’occupation des lits dans les unités de soins intensifs du Gran Mendoza, déplore 48 morts, compte 47 personnes touchées et aujourd’hui rétablies et 24 salariés de supermarché récemment infectés par le covid-19, la population s’est montrée prudente.
(2) L'archidiocèse de Buenos Aires dispose de sa propre chaîne de télévision, accessible plus facilement par Internet que par le câble. Elle a été mise en place par l’archevêque précédent, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, plus connu maintenant comme pape.

jeudi 28 mai 2020

Dailymotion - deuxième vidéo en ligne : San Martín – con ojos franceses [ici]

Pour voir la vidéo, cliquez sur ce lien
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Para mirar el video, hacer clic en este link
Visiten mi canal Dailymotion

Aujourd’hui, sur ma chaîne Dailymotion j'ai publié une deuxième vidéo, cette fois-ci en espagnol (légendes et son). Il s’agit d’une des premières interviews que j’ai données au sujet de ma biographie du général José de San Martín (1778-1850). C’était à Buenos Aires, dans le studio de RAE, la station internationale de Radio Nacional Argentina, avec le journaliste Darío Burzstyn.

Cette vidéo présente plusieurs témoignages de l’attachement des Cuyains (1) à la figure du "Gran Capitán", le monument au Peuple de San Luis pendant l’Indépendance, situé à Juana Koslay, à quelques kilomètres de la capitale de la province de San Luis, que j’ai eu l’honneur de visiter avec son architecte, Hugo Larramendi, et diverses photos prises dans la province voisine de Mendoza.

Il y en aura d’autres, des interviews en espagnol conduites par Leonardo Libermann (en espagnol) et par Magdalena Arnoux (en français). Pour l’heure et d’ici le 3 juin, je vais tâcher de préparer un petit quelque chose belgranien puisque l'on entre le mois prochain dans le cœur du calendrier de cette année d’anniversaire : 250 ans de la naissance de Manuel Belgrano le 3 et 200 ans de sa mort le 20.

Pour voir la vidéo, cliquez sur ce lien.




(1) Les habitants de la région de Cuyo, l’ancienne province gouvernée par San Martín de 1814 à 1816, aujourd’hui divisée en trois : Mendoza, San Juan au nord et San Luis à l’est.

lundi 27 avril 2020

Un concours littéraire en hommage à Manuel Belgrano [Bicentenaire]


Cette année devait être un gigantesque hommage au général Manuel Belgrano (1770-1820), premier intellectuel ayant pensé l’Argentine comme un pays en soi, créateur du drapeau national et l’un des fondateurs de l’armée de la nation naissante, avec deux grandes victoires qui ont marqué durablement le territoire, Tucumán le 24 septembre 1812 et Salta le 20 février 1813. Cela commençait bien. En février, lorsque l’Instituto Nacional Belgraniano a rouvert après les vacances d’été, les initiatives venaient de partout et le bureau croulait sous le travail et puis ce maudit virus a atteint l’Argentine et tout l’Amérique du Sud, contraignant le gouvernement à décréter le confinement général le 20 mars. Et tous les projets sont tombés à l’eau.

C’est donc une initiative particulièrement heureuse que propose la ville de Godoy Cruz, dans la banlieue de Mendoza, la ville dont San Martín, l’autre père de la patrie, avait fait sa capitale quand il était gouverneur de la province de Cuyo (1814-1816) : un concours littéraire sur le thème de "Belgrano aujourd’hui".

Le concours est ouvert jusqu’au 29 mai 2020 pour tous les habitants majeurs de la province de Mendoza.

L’affiche conclut : « Reste à la maison pour écrire ».

jeudi 9 avril 2020

Pour sourire avec San Martín quand Mendoza vendange et que l’on fête Pessah et la Cène [Humour]

C’est une anecdote assez célèbre parmi les sanmartiniens argentins. Nous la devons à un ami intime du général José de San Martín, Manuel de Olazabal (1800-1873), jeune officier qu’il considérait comme son fils, depuis qu'il l'avait vu arriver comme cadet au sein de son régiment des Grenadiers à cheval, la plus fameuse de ses formations militaires en Amérique du Sud. Le jeune homme avait épousé la meilleure amie mendocine de Remedios de Escalada, l'épouse de San Martín.

Monument Regreso a la Patria de Luis Perlotti
(un grand sculpteur argentin du 20e siècle)
à Tunuyán (Province de Mendoza)
Le groupe central représente la rencontre, à cet endroit précis,
entre San Martín, monté sur son mulet, et Olazabal, venu l'accueillir,
en janvier 1823, à son retour du Chili

Nous sommes en 1823 à Mendoza. San Martín vient de rentrer du Chili après avoir libéré le Pérou qui l’a titré Fondateur de sa liberté. Il vit sous le toit d’une amie, doña Josefa Huidobro (1), le temps que sa maison de campagne, sa chacra, soit remise en état pour qu’il s’y installe, tandis que la guerre civile fait rage dans tout ce qui est aujourd’hui l’Argentine. Olazabal lui sert alors d’officier d’ordonnance. Quarante ans plus tard, il se souvient :

Durante su permanencia en Mendoza, llegó allí desde Chile, y de transito para Buenos Aires, un señor Mosquera, colombiano, y D. Antonio Arcos, antiguo Jefe de Ingenieros en el ejército de los Andes.
Uno de los muchos días que comía con el general, lo halle en su dormitorio con una pequeña imprenta sobre la mesa y cuatro botellas de vino, timbrando unos papelitos como los que traen los licores. En el momento que entré, me preguntó:
- ¿A que no adivina usted lo qué estoy haciendo?
- No señor, le respondí.

Pendant son séjour à Mendoza, arriva du Chili pour passer à Buenos Aires un certain monsieur Mosquera, de Colombie, et don Antonio Arcos, ancien chef du génie de l’armée des Andes (2).
Un de ces nombreux jours où je prenais mon repas avec le général, je le trouvais dans sa chambre avec une petite presse sur la table et quatre bouteilles de vin, en train d’imprimer des petits papiers comme ceux que portent les liqueurs. Au moment où je suis entré, il m’a demandé :
- Petite devinette : que suis-je en train de faire, à votre avis ?
- Je ne sais pas, monsieur.
(Traduction @ Denise Anne Clavilier)

- Pues vea usted: Cuando invadimos a Chile en 1817, dejé en mi chacra unas cincuenta botellas de vino moscatel, de uno riquísimo que me había regalado D. José Godoy. Por supuesto que lo que menos recordaba era esto, pero ahora ha días, D. Pedro Alvíncula Moyano, que, como usted sabe, corre con la chacra, me trajo una docena de estas botellas (refiriéndose al depósito que su honradez le había conservado). Hoy tendré a la mesa a Mosquera, Arcos y a Vd., y a los postres pediré estas botellas y usted verá lo que somos los americanos, que en todo damos la preferencia al extranjero. A estas botellas de vino de Málaga, les he puesto de Mendoza, y a las de aquí, de Málaga.

- Eh bien, voyez vous-même. Quand nous avons pris possession du Chili en 1817, j’ai laissé dans ma maison de campagne quelque cinquante bouteilles de vin de Moscatel (3), un vin excellent que m’avait offert don José Godoy. Evidemment, je n’en avais plus le moindre souvenir mais il y a maintenant quelques jours, don Pedro Alvincula Moyano, qui, comme vous le savez, est le régisseur de ma chacra (4), m’a apporté une douzaine de ces bouteilles [il se référait ici au dépôt que sa droiture lui avait conservé]. Aujourd’hui, à table j’aurai Mosquera, Arcos et vous et au dessert, je demanderai ces bouteilles et vous verrez comme nous sommes, nous les Américains, qui en tout donnons la préférence à ce qui est étranger. A ces bouteilles de Málaga, j’ai mis des étiquettes de Mendoza et à celles d’ici, des étiquettes de Málaga.
(Traduction @ Denise Anne Clavilier)

Efectivamente, después de la comida, San Martín pidió los vinos diciendo: “Vamos a ver si están Vds. conformes conmigo sobre la supremacía de mi Mendocino”. Se sirvió primero el de Málaga con el rótulo Mendoza. Los convidados, dijeron a lo más, que era un rico vino pero que le faltaba fragancia. En seguida, se llenaron nuevas copas con el del letrero Málaga, pero que era de Mendoza. Al momento prorrumpieron los dos diciendo: - ¡Oh! hay una inmensa diferencia, esto es exquisito, no hay punto de comparación.
El general soltó la risa, y les lanzó: - Ustedes son unos pillos que se alucinan con el timbre, y en seguida les contó la trampa que había hecho.

Effectivement, après le repas, San Martín demanda les vins en disant : « Nous allons voir si vous êtes d’accord avec moi sur la suprématie de mon Mendoza. » On servit d’abord le Málaga avec l’étiquette Mendoza. Les convives dirent qu’il fallait bien reconnaître que c’était un bon vin mais qu’il lui manquait du bouquet. Aussitôt, on remplit de nouveaux verres avec le vin étiqueté Málaga mais qui était de Mendoza. Sur le champ, les deux hommes s’exclamèrent : « Oh, il y a une immense différence, celui-ci est exquis, il n’y a pas de point de comparaison. »
Le général éclata de rire et leur lança : « Vous ne manquez pas de culot, vous. L’étiquette vous fait divaguer ». Et il leur raconta aussitôt le piège qu’il leur avait tendu.
(Traduction @ Denise Anne Clavilier)

Les mémoires du colonel Olazabal, titrée Episodios de la Guerra de Independencia, ont été rééditées par l’Instituto Nacional Sanmartiniano en 1942 (avant la nationalisation de l’institut, dans ses toutes premières années d’existence).



(1) Il ne s’agit pas d’une maîtresse, comme certains auteurs l’affirment sans preuve, mais d’une patriote qui a beaucoup fait pour la cause de l’indépendance. C’est à cette riche patricienne que San Martín confiera ses armes au moment de quitter Mendoza pour Buenos Aires à la fin de cette même année et c’est chez elle aussi que sa fille Mercedes viendra les rechercher en 1833 pour les lui rapporter à Paris trois ans plus tard. Ces mêmes armes qui ont été léguées à l’Argentine par la petite-fille, Josefa Balcarce San Martín, à la fin de sa longue vie, dans les années 1920, et qui sont aujourd’hui réparties entre le Museo Histórico Nacional, à San Telmo, et le Museo del Regimiento de Granaderos a Caballo, à Palermo, tous les deux à Buenos Aires.
(2) L’armée des Andes est celle constituée par San Martín à Mendoza, San Juan et San Luis de 1814 à 1816 pour traverser la cordillère et libérer le Chili en janvier-février 1817.
(3) Célèbre vin espagnol produit à partir du cépage homonyme. Le raisin moscatel peut donner un vin sec très aromatique et un vin liquoreux. Il est probable qu’ici il s’agit de la version liquoreuse si les pratiques de table ne sont pas très éloignées des nôtres. Ce qui nous permet de tirer de la suite du récit une information fort intéressante sur le savoir-faire des vignerons mendocins dès cette époque : ils produisaient eux aussi des vins liquoreux, ce qui est normal puisqu’ils faisaient sûrement le vin de messe, dont la bouteille doit pouvoir rester ouverte pendant plusieurs jours sans que le vin tourne, et ils étaient déjà de qualité.
A Mendoza, la viticulture a beaucoup évolué dans la deuxième moitié du 19e siècle, lorsque de nouveaux cépages ont été importés depuis l’Europe, surtout depuis la France, comme le célèbre Malbec qui est l’emblème des vins argentins, et que les différentes régions composant l’Argentine se sont peu à peu spécialisées : vigne et maraîchage à Mendoza, vigne à San Juan, blé et élevage bovin à Buenos Aires et Santa Fe, yerba mate et agrumes à Corrientes, yerba mate et goyave à Misiones, maïs et pommes de terre à Salta et Jujuy, élevage ovin dans les provinces du sud de la Patagonie, etc.
(4) Cette incise montre le cours du temps. Il est fort peu probable que San Martín ait rappelé ce détail puisque Olazabal faisait la navette entre la chacra et la maison de Josefa Huidobro où résidait San Martín. Il savait donc parfaitement qui était cet homme mais quarante ans plus tard, il a besoin d’informer son lecteur et il le fait à l’ancienne, en complétant la citation plutôt qu’en faisant une note en bas de page, comme l’homme né en 1800 qu’il est.
Alvincula Moyano est resté le régisseur de la chacra de Mendoza jusqu’à sa mort, intervenue pendant que San Martín vivait en exil à Paris. Il nous reste une partie de leur correspondance et j’en ai présenté une lettre dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, publié aux Éditions du Jasmin.