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dimanche 3 juin 2018

Diego Schissi reprend les classiques de Mariano Mores à La Boca [à l'affiche]


Ce soir, dimanche 3 juin 2018, à 19h, le pianiste et compositeur de jazz et de tango Diego Schissi, accompagné par son quintette, présentera son nouveau disque, Tanguera, à la Usina del Arte, le grand complexe musical et théâtral que la Ville de Buenos Aires a ouvert, il y a quelques années, dans le quartier de La Boca, rue Agustín R. Caffarena n° 1.

Ce nouveau disque est consacré au répertoire composé paa Mariano Mores, disparu il y a peu. Au programme, de grands classiques comme Taquito Militar, Cafetín de Buenos Aires, Uno, En esta tarde gris, Cuartito azul, etc.
L'album a été enregistré en public au cours de trois concerts que le groupe a donnés l'année dernière dans ce même lieu.

Diego Schissi a invité pour l'occasion des chanteuses comme Lidia Borda, Viviana Scarlassa, Nadia Larcher et Michaela Vita qui prêteront leurs voix aux textes magnifiques de Cátulo Castillo et Enrique Santos Discépolo (1).


La soirée est gratuite. Distribution de deux places par personne et en main propre, au guichet de la salle, deux heures avant le début de la représentation (2).

Pour aller plus loin :




(1) Plusieurs de ces chansons sont traduites dans mon anthologie bilingue Barrio de Tango, publiée aux Editions du Jasmin et disponible en commande dans toutes les bonnes librairies.
(2) C'est le côté très incommode du système de la gratuité mis en place par le Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires. Tout semble être fait pour privilégier les gens qui ont du temps à perdre. Cela permet de fait, à dessein ou non, d'empêcher le public vraiment populaire d'accéder à ces manifestations et parfois d'en écarter aussi la classe moyenne de tous les employés de bureau qui ne peuvent pas se libérer à temps, en semaine, sur leurs heures de travail.



Ajout du 31 août 2018 :
lire cet article de Página/12 sur les présentations qui continuent à Buenos Aires

jeudi 14 avril 2016

Le tango à nouveau en deuil : Mariano Mores n'est plus [Actu]

Quelle envie de pleurer, s'exclame Página/12 à la une de ses pages culturelles
en citant José María Contursi ( En esta tarde gris)

Uno et Cafetín de Buenos Aires, sur des textes de Enrique Santos Discépolo, En esta tarde gris et Gricel sur des letras de José María Contursi (1), Taquito militar, milonga joyeuse, voyouse et légère comme une plume,  dont les premières notes vous donneront une irrésistible envie de danser (2), tels sont quelques uns des classiques du répertoire que l'on doit à ce compositeur et pianiste qui voulait donner à la musique populaire une ampleur symphonique, grâce à ses arrangements et ses orchestrations, le premier et le seul musicien avant Astor Piazzolla qui ait eu cette audace : le Maestro Mariano Mores était né à Buenos Aires le 18 février 1918, il venait d'avoir 98 ans. Il est décédé très tôt hier matin dans la capitale argentine et toute la nuit, il a été veillé, suprême honneur pour un musicien populaire, dans le prestigieux Teatro Colón, l'Opéra de Buenos Aires.

Clarín lui consacre une grosse manchette sous la bande titre
en bas, la photo est pour Cristina Kirchner à sa sortie du tribunal
où elle a refusé de répondre aux questions du juge tout en remettant des conclusions écrites
et en demandant la récusation du juge pour partialité et incompétence.
Finalement, elle n'a été ni inculpée in incarcérée à l'issue de son audition...
Cliquez sur l'image pour lire les textes

Enfant prodige, il avait composé ses premiers morceaux à l'âge de 14 ans. Plus tard, il prit pour nom de scène le patronyme de son épouse, Mirna Mores. Il a joué dans l'orchestre de Francisco Canaro avant de fonder le sien propre et de faire une carrière brillante et éclectique qui lui a valu bien des critiques de tous côtés. Au cinéma, il a joué les jeunes premiers et il est même monté sur les planches comme comédien. L'heure venue, la télévision s'est régalée, en noir et blanc et en couleurs... L'homme avait côtoyé Juan Domingo Perón dont il était un ami personnel, comme Enrique Santos Discépolo, dont il avait mis en musique de véritables chefs d'œuvre.

La Nación consacre elle aussi une belle manchette au disparu
tout en mettant en vedette Cristina et son discours enflammé à ses partisans
après son audition par le juge Bonadio (la bête noire des kirchneristes)
Cliquez sur l'image pour lire les textes

Sur le plan personnel, il lui a fallu surmonter l'immense chagrin que lui avait causé la mort de son fils Nito. Il lui restait sa fille et les deux petits-enfants qu'elle lui avait donnés. Sa petite-fille est une figure de la jet-set télévisuelle, une vedette peu discrète du petit écran très présente dans les colonnes mondaines des journaux et des magazines. Son petit-fils, Gabriel Mores, est chanteur.

Le journal de Córdoba, La Voz del Interior, met aussi Mores en manchette
et Cristina en vedette

Mariano Mores avait arrêté sa carrière scénique en 2011.

L'une des plus grosses manchettes, on la trouve ici,
dans El Litoral, le quotidien de Entre Ríos, Corrientes et Misiones
Et là, Cristina est bien en vedette mais de dos et à contre-jour.
Ce qui n'empêche nullement de la reconnaître...

Dès que la nouvelle a été connue hier, les sites des journaux se sont couverts d'hommage et ce matin, tous les journaux lui ont trouvé une place sur leur unes, les titres nationaux comme les quotidiens provinciaux. C'est une véritable mémoire du tango et de la musique populaire surtout urbaine qui s'en va...

A Mendoza, Los Andes montre lui aussi Mariano Mores en train de répondre aux ovations
Quant à la photo de Cristina, c'est un cliché pris en bas de chez elle
alors qu'elle sortait sous la pluie pour se rendre au tribunal
(cela fait une semaine qu'il pleut ou qu'il crachine à Buenos Aires)
Elle protège ses cheveux, tout en arborant un sourire courageux, un rien provocateur...

Pour en savoir plus :
lire l'article de Clarín (qui date d'hier)
lire l'article de La Prensa (qui n'a pas enrichi non plus la nécrologie publiée hier)

Pour écouter sa musique, il faut se reporter à l'encyclopédie tanguera en ligne Todo Tango, qui lui a consacré, au fil des années, un grand dossier avec interviews, articles divers, partitions, enregistrements audio et vidéo. Todo Tango a d'ailleurs réagi avec célérité en modifiant dès hier cette fiche pour y ajouter la date du décès : 13 avril 2016.



(1) En esta tarde gris, auquel Página/12 emprunte son gros titre, fait partie des letras que j'ai présentées et traduites dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en 2010 aux Editions du Jasmin.
(2) Taquito Militar : on pourrait traduire par "Claquement de talon". Il s'agit en fait d'une mode au début du XXe siècle : les hommes des faubourgs chaussaient volontiers des bottes de la cavalerie militaire, avec leur petit talon caractéristique (comme les bottes de cow-boy de western), qu'il faisait claquer dans les rues pour effaroucher le bourgeois en roulant des mécaniques...

samedi 8 août 2015

Du 10 au 27 août, festival y mundial de Tango à Buenos Aires [à l'affiche]

Lundi prochain, 10 août 2015, s'ouvre en avant-première le festival de Tango de la Ville de Buenos Aires toujours confondu avec le Mundial de tango, la compétition de danse qui attire à elle toute seule des danseurs du monde entier dans toutes les milongas de la ville où se jouent les épreuves éliminatoires.

Le festival commencera avec une grande soirée musicale qui rendra hommage au pianiste et compositeur Mariano Mores au Teatro Colón dès lundi soir, soirée qui sera suivie plus tard d'un hommage à Leopoldo Federico à la Usina del Arte, à La Boca.

Le programme sera publié prochainement sur le site Internet des festivals de Buenos Aires.

Personnellement, cette année, j'aurai peu d'occasions de rendre compte de cette manifestation, ayant moi-même un agenda chargé en conférences et autres rencontres que je donnerai dans la capitale argentine et sa banlieue. Le dernier jour du festival, je ne serai déjà même plus à Buenos Aires mais, de l'autre côté du pays, à Mendoza, dans les vignes et les oliveraies au pied des Andes, où je dois donner une première conférence dans la très proche banlieue, à Godoy Cruz, en compagnie de l'historienne locale, Fabiana Mastrangelo. Mon programme mendocin est en cours de finalisation.

Ajout du 12 août 2015 :
lire la critique parue ce jour dans Página/12 sur le concert d'ouverture du festival

samedi 20 mars 2010

Nouvel épisode sur les thématiques du tango sur le site de Gisela Passi et Rodrigo Rufino [Troesmas]

Capture d'écran du site de Rodrigo Rufino et Gisela Passi

Hier, Gisela et Rodrigo ont mis en ligne le 2ème épisode de ma présentation analytique des thématiques qu'on rencontre dans le répertoire du tango. Ce deuxième épisode est consacré à la ville de Buenos Aires qui habite le tango et réciproquement.

Les trois letras qui illustrent l'épisode sont trois oeuvres de trois grands poètes et trois compositeurs éminents. Elles figurent sur le site en version bilingue, espagnol-français :

Cafetín de Buenos Aires est l'un des tangos les plus désespérés de Enrique Santos Discépolo (1901-1951), un champion dans le genre (musique de Mariano Mores, un pianiste nonagénaire qui continue à se produire de temps en temps sur les scènes de la capitale argentine). C'est aussi le tango le plus célèbre des trois, un des emblèmes de Buenos Aires ;

Milonga del Mayoral est une oeuvre souriante, et même drôle, de Cátulo Castillo (1906-1975), avec une bonne dose de cocoliche, le sabir moitié espagnol et moitié italien que causaient les immigrants jusque dans les années 40 (musique de Aníbal Troilo) ;

Tres Esquinas est un tango de Enrique Cadícamo (1900-1999) sur la vie quotidienne dans le faubourg (musique de Ángel d'Agostino et Alfredo Attadía). Tres esquinas est l'un des tangos que Rodrigo et Gisela utilisent assez souvent pendant leurs cours.
Les deux autres titres sont plus rares.

Les deux tangos et la milonga peuvent être écoutés sur le site, grâce à des choix effectués par Rodrigo.

Bien entendu, par respecter du droit d'éditeur et d'auteur aussi, ces trois traductions sont des exclusivités du site de Rodrigo et Gisela et ne figurent pas dans mon recueil à paraître prochainement aux Editions du Jasmin, et qui porte le même titre que ce blog.

Pour lire les traductions sur le site de Gisela et Rodrigo, cliquez sur le lien. Il vous conduit vers la page Ecouter de leur site.

Pour en savoir plus sur ces deux professeurs de tango, tous deux argentins et même portègnes pour être plus précise, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Le lien vers la page d'accueil de leur site se trouve dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! dans la partie inférieure de la Colonne de droite.