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jeudi 6 mars 2025

Une Une qui cite Cambalache de Discépolo [Actu]

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Página/12 analyse ainsi une nouvelle interview factice que Mileí a accordée lundi pour tenter de se disculper dans le scandale de l’escroquerie à la monnaie cryptée : « Tu verras, tout ça c’est mensonges et compagnie » Verás que todo es mentira.

Vignette de Miguel Rep, parue hier dans Página/12
Les frontières de l'Argentine sont une chaîne humaine de sans-abri
Une image que n'aurait pas renié Discépolo
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Une citation du refrain de Cambalache (1), le chef d’œuvre de Enrique Santos Discépolo, auteur et compositeur anarchiste et presque nihiliste avant de plonger dans la militance péroniste, qui a créé une bonne partie du répertoire du tango-canción de la première moitié du 20e siècle. Dans Cambalache, Discépolo décrit le chaos moral et social dans lequel la société argentine a sombré pendant la Grande Dépression.

Comment-en-est-on-arrivé-làland
Dessin de Miguel Rep pour Página/12 lundi dernier
Une question qui vaut aussi pour la majorité des citoyens des Etats-Unis
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Le scandale suit son chemin : des instructions pénales sont ouvertes en Argentine et aux États-Unis qui pourraient l’impliquer comme instigateur ou complice de l’escroquerie qui a ruiné de très nombreux épargnants.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12



(1) Cambalache fait partie des chansons que j’ai traduites dans mon ouvrage intitulé Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru aux Editions du Jasmin et disponible en commande dans toutes les bonnes librairies et sur le site de l’éditeur.

vendredi 14 juin 2024

Página/12 cite Discépolo pour dénoncer le gouvernement et ses modes de répression [Actu]

"Tu verras : tout ça c'est des mensonges", dit le gros titre
sur cette image d'un manifestant maîtrisé par la police fédérale
Ce vers est tiré de Cambalache,
le grand succès de Enrique Santos Discépolo,
qui dans les années 1930 dénonçait déjà les violences étatiques
pendant la Grande Dépression qui fut aussi l'époque du premier
gouvernement putschiste depuis l'adoption de la Constitution
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Avant-hier, une manifestation de l’opposition devant le Congrès a tourné à l’émeute : on a vu des personnes masquées jeter sur la police des projectiles, notamment des bouteilles en verre, et d’autres renverser une voiture de presse et l’incendier. Le reste de la manifestation s’est passé comme d’habitude en Argentine : pas vraiment de violence mais beaucoup de papiers gras sur la chaussée, des cris, des slogans et le vacarme des tambours de marche, sans oublier la forêt de banderoles des syndicats et des associations de militances sociales comme Barrio de Pie (quartier debout).

Qui étaient les violents ? C’est assez difficile à dire. On peut bien sûr penser à d’authentiques manifestants, type Gilets jaunes. On peut aussi soupçonner des provocateurs ou des black-blocks ou autres perturbateurs internationaux. Toujours est-il qu’hier la presse de droite dénonçait l’opposition kirchneriste sans aucune preuve à cette distance des événements et que le gouvernement se félicitait du bon comportement de la police, qui a pourtant arrêté à tour de bras sans hésiter à tabasser tout ce qui passait à sa portée. La police argentine a une longue tradition de violence sur la voie publique, qui s’appuie sur des décennies de gouvernements putschistes dont quarante années de démocratie ne l’ont pas encore guérie (et ce n’est pas maintenant que ça va changer).

Le président Mileí s’est même félicité que les forces de l’ordre aient pu empêcher un coup d’État (sic) organisé par des « terroristes », n’hésitant pas à suggérer un rapprochement entre les scènes effarantes du 6 janvier 2021 à Washington et ce qu’il s’est passé avant-hier à Buenos Aires alors que le Sénat s’apprêtait à accepter, grâce à la voix de départage de la vice-présidente, la loi dite de Bases qui pourrait s’en prendre aux fondations de l’État argentin si les députés votent dans le même sens en deuxième lecture.

Página/12, qui soutient les manifestants, apporte ce matin quelques informations intéressantes : parmi les personnes arrêtées pour fait de violence en bande organisée, outrage à agents des forces de l’ordre et autres délits de sédition, il y a des marchands de sandwiches, une des grandes traditions des manifs argentines. Comme on marche beaucoup et qu’on reste ensuite toute la journée sur la place, il faut bien se sustenter. Le lieu où les manifestants se regroupent est donc plein de barbecues où de petits marchands ambulants font cuire, dans des conditions d’hygiène médiocrement engageantes, des saucisses qu’ils vendent dans un morceau de pain et d’autres qui proposent des sodas ou du café. Bien évidemment, il est assez facile de s’en prendre à eux : ils ne quittent guère leur échoppe de fortune et un policier a vite fait de leur mettre le grapin dessus.

La vignette du jour par Miguel Rep, dans Página/12
Grande banderole : "on en a vu d'autres et on s'en est tiré"
Les deux petites : enfin, jusqu'à présent
Traduction © Denise Anne Clavilier
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Comme les chefs d’inculpation retenus par le parquet sont exorbitants et les peines encourues redoutables (plusieurs années de prison ferme), la rédaction de Página/12 pose l’hypothèse qu’il y a probablement là une stratégie du gouvernement pour semer la panique parmi les opposants et les dissuader désormais de descendre dans la rue pour contester sa politique. Les journalistes envisagent aussi que la violence ait été intentionnelle afin d’éviter que l’image d’une manifestation fournie et tranquille fasse à nouveau la une de la presse à l’étranger, comme ce fut le cas il y a quelques semaines au lendemain des manifestations en faveur du système universitaire public.

Cette semaine, le président entreprend en effet sa septième tournée internationale : il a participé comme invité spécial de la présidente du Conseil italien au G7 dans les Pouilles et il prendre demain toute sa part au Sommet pour la Paix qui se tient ce week-end à l’initiative de la présidence ukrainienne en Suisse, tout en laissant à la maison sa ministre des Affaires étrangères (elle semble risquer une prompte disgrâce elle aussi : le turn-over des ministres est impressionnant depuis le 10 décembre dernier).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 21 novembre 2023

Espèce en voie d’extinction, TV Pública diffuse la série Mordisquito [à l’affiche]

Premier épisode, aujourd'hui à 23h30
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Hier, le président élu a annoncé qu’il mettrait en œuvre son programme et qu’il le ferait d’un coup, sans mesure intermédiaire destinée à atténuer le choc et à permettre à tout le monde de s’adapter. Si le Congrès lui en laisse la possibilité (ce que sa nouvelle composition rend peu probable, d’autant que l’élu d’avant-hier ne veut pas d’une coalition de gouvernement), il commencera par privatiser YPF, la société publique centenaire qui exploite les gisements de pétrole en Patagonie et commercialise en Argentine les produits raffinés qui en sont issus (ça a déjà été fait dans les années 1990 au grand bonheur du pétrolier Repsol qui rapatriait tous les bénéfices en Espagne, comme au bon vieux temps des colonies). Les seconds sur la liste des condamnés sont les médias nationaux : l’agence de presse Telam et le groupe audiovisuel que forment TV Pública et Radio Nacional.

L'équipe du tournage au grand complet
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Ce que TV Pública va diffuser ce soir est donc l’une des toutes dernières productions que nous pourrons apprécier du service public argentin. Il s’agit d’une série de quatre épisodes d’un peu moins d’une heure chacun qui raconte, sur un mode romancé, les derniers mois de Enrique Santos Discépolo (1900-1951), le poète et compositeur génial de tangos comme Uno, Cafetín de Buenos Aires, Cambalache ou Chorra (1). Anarchiste convaincu toute sa vie, le poète finit, une dizaine d’années avant sa mort, par se laisser convaincre, comme presque tout le secteur tanguero de son époque (2), par le projet souverainiste et social de Juan Domingo Perón dont il servit la campagne électorale pour son deuxième mandat, en 1951. Dans ce cadre, il écrivit une série de conversations imaginaires avec un opposant dont on n’entend jamais les arguments et qu’il surnomme Mordisquito (ce qui sonne un peu comme « Mais c’est qu’il me mordrait ! »). Ces sketches, qui n’ont pas pris une ride, il les interpréta lui-même à la radio à laquelle seuls les partisans de Perón avaient alors accès pendant la campagne (3).

Les quatre interprètes principaux dans le décor
Au mur on reconnaît les portraits du couple présidentiel, Evita et Perón
(Je pense que le bas filé au premier plan a échappé au regard du service de presse)
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Mordisquito, a mí no me la vas a contar (Mordisquito, tu ne vas pas me la faire à moi !) est donc un travail éminemment péroniste, avec une reconstitution très fidèle des décors des années 1940-1950, et on n’est pas prêt d’en revoir de sitôt tant que le dingue occupera la Casa Rosada (4). Ce ne sont pas les médias privés qui iront dans ce sens. Si le groupe Octubre résiste économiquement à la tempête qui s’annonce, il sera bientôt le seul à s’y consacrer.

"Soutiens la sélection sur TV Pública", dit le gros titre
Aujourd'hui, à partir de 19h30
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En première partie de soirée, la chaîne diffusera le match entre la Scaloneta et la Seleçao, qui se jouera au stade de Maracana, au Brésil. Tant qu’elle est encore en vie, TV Pública a en effet les droits de retransmission des matches de l’équipe nationale.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire la présentation sur le site Internet de TV Pública
visiter la section de Todo Tango sur Enrique Santos Discépolo, pour découvrir l’ampleur du personnage.
Sur le sort des médias publics argentins :
lire l’article de La Prensa

Ajout du 29 novembre 2023 :
lire cet article de La Nación




(1) Une dizaine de ses textes, soit autant de classiques du répertoire, sont disponibles en version bilingue dans l’anthologie que j’ai publiée aux Éditions du Jasmin, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins.

(2) On exclura de cette vague Osvaldo Pugliese qui resta toujours fidèle au parti communiste, lequel était hautement suspect aux yeux de Perón puisque suspecté non sans raison de recevoir ses ordres du Kremlin.
(3) Napoléon III faisait la même chose : seuls les candidats dits officiels, les siens, avaient le droit de tenir des réunions politiques. Sous De Gaulle et Pompidou, la France gardait encore bien des traits du Second Empire.
(4) Façon de parler car Mileí a fait savoir hier qu’il vivrait et travaillerait à Olivos, dans la résidence présidentielle de campagne, devenue la résidence habituelle du chef de l’État sous les Kirchner mari et femme, et qu’il ne mettrait pas les pieds à la Casa Rosada. Cela vaut peut-être mieux pour lui : cela lui évitera d’entendre, sur Plaza de Mayo, les cris des manifestants qui ne tarderont pas, avec autant d’insultes qu’il en a dites au cours de ses campagnes électorales, à lui exprimer leur mécontentement, dès la rentrée de mars et même peut-être avant, dès qu’ils auront constaté tout ce qu’ils ont perdu en l’ayant élu !

jeudi 12 mai 2022

Un one-man-show pour ressusciter Enrique Santos Discépolo [à l’affiche]


Enrique Santos Discépolo (1901-1951) s’est fait connaître comme poète et compositeur de nombreux tangos inscrits aujourd’hui au répertoire, comme Cambalache, Uno, Cafetín de Buenos Aires, Chorra, Victoria… (1) Il fut aussi un acteur de cinéma et un comédien de théâtre, aux côtés de son frère aîné, Armando Discépolo, un géant de l'histoire théâtrale argentine.

Cet anarchiste désespéré, cet écorché vif se laissa séduire très tôt par le projet politique enthousiaste puis les réussites souverainistes de Juan Domingo Perón, dès que le général est apparu dans le paysage politique argentin avec le coup d’État de 1940 qui mit fin à une décennie de gouvernement anticonstitutionnel et pro-fasciste et parvint à maintenir la neutralité argentine pendant le conflit mondial contre les États-Unis qui faisaient pression pour entraîner dans la guerre l’ensemble du continent. L’autoritarisme et le militarisme avec lesquels Perón gouvernait semblent ne pas l’avoir affecté, ce qui bien évidemment est une énigme dans la vie de Discépolo, jusque là libertaire farouche.

En 1951, Perón se lança dans une nouvelle campagne électorale pour obtenir un second mandat présidentiel et Discépolo, complètement acquis à sa cause et entré dans le cercle amical du couple présidentiel, offrit son aide. A la radio, il monta une série de monologues qui restent des grands classiques du genre autant que des morceaux de bravoure du folklore péroniste. Une série de sketches demeurés dans les mémoires sous le titre de Mordiquisto, du nom du personnage anti-péroniste contre les arguments duquel Discépolo se bataillait sans que (stratégie de campagne géniale) l’on n’entende jamais ce que disait ce contradicteur imaginaire (2).

Extrait du spectacle

C’est de cette série de monologues que s’est inspiré Daniel Casablanca pour un one-man-show mis en scène par sa femme, Guadalupe Bervih, et que l’acteur reprend en ce moment sur la scène, Espacio Experimental Leónidas Barletta, Diagonal Norte 943 (3), une extension du CCC Floreal Gorini. Pour la circonstance, il s’est fait un nez à la Cyrano par fidélité à l’apparence physique du personnage historique qu’il incarne.

Discepolín, fanátino arlequín se joue le dimanche à 17 h.

Prix des places : 1 200 $ ARG (un prix raisonnable, eu égard à l’inflation)

Página/12 ne pouvait qu’aimer l’idée et l’hommage. Le quotidien publie une longue interview du comédien ce matin dans son supplément culturel quotidien.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :



(1) Certains d’entre eux sont présentés en version bilingue dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que vous pouvez commander dans toutes les bonnes librairies francophones ou acheter directement en ligne sur le site des Éditions du Jasmin (France).

(2) Je soupçonne Jean-Luc Mélenchon, qui maîtrise bien entendu l’espagnol, de connaître ce grand classique. Il en a parfois les accents (et la causticité) et suit souvent la même tactique pour contrer les arguments de ses adversaires tout en les caricaturant.
(3) Il y a six mois environ, le CCC a repris cette salle de spectacle proche de l’Obélisque et l’a rebaptisée. C’était auparavant le Teatro del Pueblo.

mardi 14 décembre 2021

Discépolo à la une de Caras y Caretas 70 ans après sa mort [Troesmas]

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L’auteur-compositeur Enrique Santos Discépolo, qui est décédé il y a soixante-dix ans, à l’âge de 50 ans, remplit le nouveau numéro du mensuel culturel du groupe Octubre, Caras y Caretas. Un homme mérité à un grand créateur du tango avec des titres comme Cafetín de Buenos Aires, Uno, Cambalache, Chorra, Victoria, et tant d’autres classiques du répertoire.

Acteur de formation, grâce à son frère aîné, Armando Discépolo, un grand homme du théâtre, le père du grotesque argentin que Enrique a déployé d’abord sur scène puis dans le tango, musicien d’oreille (il ne maîtrisait pas l’écriture musicale) grâce à leur père, un contrebassiste italien qui avait appartenu à l’orchestre de l’opéra de Naples avant d’immigrer à Buenos Aires, E. S. Discépolo est l’un des plus grands poètes de tango et l’un des fondateurs du tango-canción avec des morceaux où alternent le désespoir le plus noir, à la limite du nihilisme, et l’humour le plus féroce.

Il a fourni à Carlos Gardel plusieurs de ses succès internationaux. Son ami, le poète Homero Manzi, l'auteur de Barrio de Tango, lui a dédié un autre grand tango du répertoire : Discepolín.

Le magazine retrace la trajectoire de l’artiste et l’empreinte dont il a marqué à jamais le tango.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de tête sur le site Internet de Caras y Caretas.

mercredi 22 juillet 2020

Página/12 sort le grand jeu contre l’épidémie et les autres journaux sonnent le tocsin [Actu]

"Attention ! crie le gros-titre
Prenez vos précautions, il se promène en liberté"

L’épidémie dessine actuellement une courbe exponentielle dont la forme spectaculaire n’est que trop bien connue en Europe, où elle est intervenue suite au retard que nous avons pris à nous confiner. Officiellement, en Argentine, le confinement a été décrété dès que les premiers patients sont morts. On pouvait donc espérer des résultats moins tragiques.

Courbe des décès au niveau national
Source : La Nación
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Sans doute le confinement est-il peu efficace dans un pays où les bidonvilles sont nombreux et où une bonne partie de la population la plus modeste ne peut pas faire le sacrifice de son travail à cause du grand nombre d’indépendants et de la trop grande fréquence du travail salarié au noir.

Toujours est-il que les chiffres font froid dans le dos. Ce sont la ville Buenos Aires et surtout la province homonyme qui sont à l’origine du phénomène : dans la capitale, nettement plus riche en moyenne que sa banlieue, le nombre de cas diagnostiqués double en 27 jours mais dans la Province, où se concentrent toutes les difficultés sociales, surtout dans l’ouest et le sud, ce délai baisse à 17,5. A elle seule, la province de Buenos Aires rassemble 3.477 cas diagnostiqués sur un total national de 5.344. Sur une population totale d’environ 46 millions d’habitants, les chiffres des morts et des personnes contaminées restent toutefois très inférieurs aux taux observés en Europe.

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Deux jours après le retour en phase 3 du déconfinement, qui autorise les habitants de Buenos Aires à faire du footing un jour sur deux selon le numéro de leur pièce d’identité, les numéros pairs un jour, les impairs le lendemain, comme en circulation alternée en France, Página/12 sort donc les gros moyens pour convaincre son lectorat de faire attention : un dessin de Miguel Rep qui se passe presque de traduction et entièrement de commentaire et une une, qui use à nouveau de l’arme de l’humour en détournant un vers célèbre qui conclut un grand classique du tango, Chorra (voleuse), composé et écrit par Enrique Santos Discépolo et créé par Carlos Gardel, qui l’interprétait avec un humour féroce (à écouter ici dans un enregistrement de 1928).

A gauche : C'est bon, tu l'as, ton masque...
Au centre : T'inquiète ! Cours.
Traduction © Denise Anne Clavilier
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La rédaction de Página/12 s’est contenté de mettre au masculin (le virus) cette phrase originellement au féminin (la voleuse, élevée par une famille d’escrocs, dont se plaint un pauvre boucher qu’elle a séduit avant de le réduire à la misère en dépensant sans compter l’argent de toute une vie de labeur) (1).

Pour aller plus loin :
voir les tableaux publiés par La Nación sur la situation de chaque province, dont quelques unes n’ont toujours aucun mort à déplorer.

Ajouts du 24 juillet 2020 :
lire cet article de La Prensa sur l'analyse de la montée de l'épidémie par le ministre de la Santé, lui-même médecin... Il y a trop de réunions privées, notamment des repas communs (asados) et des "apéritifs" (mateadas). Il en appelle à la responsabilité individuelle de chacun ;
lire l'article de La Nación sur les prévisions erronées du ministre de la Santé qui, en février, ne croyait pas que la pandémie toucherait l'Amérique du Sud.



(1) Chorra fait partie du répertoire que j’ai présenté, dans le texte et en traduction, dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié aux Éditions du Jasmin.

jeudi 28 mai 2020

La Universidad de San Andrés propose une conférence Zoom sur la poésie du tango [à l’affiche]


La Universidad de San Andrés, institution de formation supérieure, vient d’une fondation d’enseignement écossaise qui s’est installée dans toute l’Argentine. C’est une université privée présente sur quatre campus, dont trois dans la partie nord de Buenos Aires.

Cette université (UDESA) propose demain vendredi 29 mai 2020 à 17h (heure argentine) une table-ronde pluridisciplinaire sur les grands poètes du tango que furent Enrique Santos Discépolo, Cátulo Castillo, Enrique Cadícamo, José María Contursi et Eladia Blásquez : Tangos de a dos. Conversando con las letras.

C’est un professeur de philosophie qui coordonne le tout, José Luis Galimidi, et autour de la table échangeront une professeure d’arts plastiques, Lía Munilla, et un professeur d’histoire, Eduardo Zimmermann.

La manifestation est gratuite et sans inscription préalable.
Pour rejoindre la table-ronde, cliquez sur ce lien et faites le code 919 8970 8568.

Il est plus que recommandé d’avoir écouté auparavant trois grands classiques du répertoire : Cambalache, Como dos extraños et La última curda (1). Si vous n’en possédez pas les bons enregistrements, allez les écouter sur Todo Tango, le site encyclopédique argentin sur le Web (voir la Colonne de droite).



(1) Ces trois chefs-d’œuvre font partie du corpus que j’ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru en 2010 aux Éditions du Jasmin.

mercredi 13 mai 2020

Un salut amical sur les ondes de la AM 750 [à l’affiche]

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Hier, mon ami Walter Alegre, coordinateur de la Ciudad del Tango au CCC Floreal Gorini, m’a adressé un salut radiophonique dans la chronique qu’il tient dans l’émission Que vuelvan las ideas (pour le retour des idées) en révélant la façon plus qu’hétérodoxe dont j’ai croisé sur mon chemin le général San Martín et la genèse de sa première biographie en français : San Martín, à rebours des conquistadors, paru aux Éditions du Jasmin.

En bon lecteur de ce blog, Walter reprend mon article sur 5 mai sur San Martín à Cadix en 1804 et présente l’histoire du texte original de Cambalache, le grand tango emblématique des années 1930 que nous devons au génie poétique et musical d’un artiste tourmenté, Enrique Santos Discopolo (1901-1951).


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Quand j’ai sorti la biographie de Belgrano en février dernier, Walter m’a envoyé un mail : « Et dire que tout ça a commencé grâce à Cambalache ! ». Je lui avais raconté l’anecdote à notre première rencontre seulement et celle-ci remonte à 2007 ! J’ai été surprise qu’il s’en ait gardé le souvenir et visiblement, si, l’anecdote l’a marqué !


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Bien entendu, sa chronique est en espagnol. Je vous laisse l’écouter sous ce lien. Elle s’achève sur une interprétation de Cambalache par Tita Merello, la grande interprète du tango canyengue, qui chante le texte exact, des vers qui ont beaucoup souffert au long des décennies de la censure et de l’ignorance de l’histoire d’un bon nombre d’interprètes, un texte qui fait bien entendu parti de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, mon tout premier livre qui m’avait permis de faire la connaissance de Walter Alegre, le 17 août 2007, dans son bureau du Centro Cultural de la Cooperación (CCC). Tout était donc écrit depuis longtemps ! (1)

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(1) Le 17 août, en Argentine, c’est le Día de San Martín, l’anniversaire du "passage du grand homme à l’immortalité" (en français, l’anniversaire de sa mort). A l’époque, c’était un jour férié fixe (maintenant c’est une fête mobile, systématiquement reportée au lundi le plus proche pour constituer un long week-end). Nous étions seuls dans ce grand bâtiment, avec le gardien qui a eu bien du mal à me croire quand je me suis présentée à l’accueil en disant que j’avais rendez-vous !

vendredi 16 novembre 2018

Deux reprises de Enrique à San Telmo [à l'affiche]


Le musicien et écrivain Luis Longhi rend en ce moment hommage à Enrique Santos Discépolo (1901-1951), à travers une nouvelle pièce de théâtre évocatrice : elle s'intitule sobrement Enrique et présente le maître du tango et du théâtre des années 40 dans l'éventail de ses talents. Enrique Santos Discépolo était poète, compositeur, comédien de théâtre et réalisateur de cinéma.

Le spectacle se tient demain soir, samedi 17 novembre 2018, à 20h30, au centre Caras y Caretas, Venezuela 330, à Montserrat (1). Autre représentation : le 24 novembre à la même heure et au même endroit.

Entrée : 200 $ (tarif raisonnable).

Luis Longhi et Nicolás Cucaro sont seuls en scène pour faire revivre un personnage haut en couleurs,  écorché vif, anarchiste désespéré converti en péroniste passionné et mort en 1951, à la veille de Noël, un an et demi après son ami, le poète Homero Manzi, qui lui avait rendu hommage quelques mois plus tôt avec un tango immortel : Discepolín (2).


En avril, Página/12 avait rendu compte de la pièce, qui se présentait alors dans sa version originale avec plus de monde en scène.

Luis Longhi va bientôt reprendre une autre de ses pièces tangueras, Marío Cardenás, autour de la figure d'une vieille gloire fictive du tango qui ferait son retour médiatique après une carrière triomphale dans les années 60 et 70.

Pour en savoir plus :



(1) Il s'agit de l'autre salle de spectacle du groupe Octubre.
(2) Discepolín et une dizaine de tangos de Discépolo font partie du corpus de textes que j'ai traduits dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru aux Editons du Jasmin.

jeudi 26 juillet 2018

Luis Longhi ressuscite un autre grand du tango : Discépolo [à l'affiche]

L'équipe du spectacle

Tous les dimanche à 18h, Luis Longhi, compositeur, auteur et comédien, rend hommage à Enrique Santos Discépolo, dans un spectacle d'une heure, intitulé Discépolo, un grotesco musical, au Teatro La Comedia, Rodríguez Peña 1062. L'auteur-compositeur auquel on doit des chefs-d'œuvre du répertoire tanguero comme Cambalache, Cafetín de Buenos Aires, Victoria ou Uno, y est représenté dans une loge de théâtre (il fut comédien et acteur de cinéma), au soir de sa mort et il évoque avec son assistant les temps forts de sa vie.

Il s'agit d'une reprise d'un spectacle lancé à l'automne.

Prix des places : 300 $ ARG (tarif normal)
Les retraités et les étudiants ont droit à un tarif réduit (200 $).

Ce matin, La Prensa publie une assez longue interview de Luis Longhi, une interview qu'on aurait plus volontiers attendue dans les colonnes de Página/12, étant donné que Discépolo représente la gauche la plus radicale (d'abord anarchiste, il vire péroniste dans les dix dernières années de sa courte vie).

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook de la salle de spectacle.

lundi 6 février 2017

Réédition d'une biographie de Enrique Santos Discépolo [Disques & Livres]

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Página/12 a publié hier, dans son supplément dominical Radar, qui fait cette semaine sa une sur Juan Tata Cedrón, un article sur la réédition de la biographie de Sergio Pujol, excellent historien de la musique, avait consacrée en 1997 à l'auteur-compositeur, comédien et cinéaste Enrique Santos Discépolo, à qui l'on doit des chef d'œuvres du répertoire du tango comme Uno, Esta noche me emborracho, Confesión, Cafetín de Buenos Aires, Victoria, etc. (1)

Pour en savoir plus sur cette réédition, lire l'article de Página/12.

Deux autres biographies du même artiste peuvent être conseillées : celle de Norberto Galasso, Discépolo y su época, Corregidor, 1995 et celle de Horacio Ferrer et Luis Sierra, Discepolín, Poeta del hombre que está solo y espera, Editorial Sudamericana, 2004.

Pour découvrir Discépolo et son apport au tango, vous pouvez visiter les pages qui lui sont consacrées dans l'encyclopédie argentine spécialisée en ligne Todo Tango.



(1) Plusieurs de ces titres sont présentés en version bilingue dans Barrio de Tango, mon anthologie parue en mai 2010 aux Editions du Jasmin.

lundi 20 juin 2016

Discépolo à l'honneur au CCC [à l'affiche]


Mercredi 22 juin 2016, à 22h, le cycle de soirées Tango de Miércoles sera consacrée à la poésie de Enrique Santos Discépolo (1901-1951), l'auteur génial de Chorra, Victoria, Uno, Cambalache ou Cafetín de Buenos Aires (1), une poésie torturée, déchirée, fulgurante et désespérée mais particulièrement cocasse en même temps, avec un vrai sens du théâtre et du gag à l'âge du burlesque (c'est normal, Discépolo était lui-même comédien et acteur de cinéma).

La soirée, confiée au poète Eugenio Mandrini, membre de la Academia Nacional del Tango, tournera autour de Discépolo, le désespoir et Dieu.

Côté musique : les invités sont le duo Luna-Tobaldi et le bandonéoniste Osvaldo Barrios.

La soirée prend place dans le cadre d'un festival de poésie latino-américaine organisé par le CCC Floreal Gorini, avenida Corrientes 1543.

Entrée libre (mais il faut retirer votre billet une heure avant le début du spectacle).



(1) Vous trouverez en version originale et en traduction en français les textes de Chorra, Cambalache et Victoria dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin et que je signerai samedi prochain dans le cloître du Lycée Henri-IV, au salon du livre des Editeurs indépendants du Quartier Latin. Ces trois textes ne sont pas les seuls de cet auteur dans cette anthologie mais il est difficile de les citer tous...

dimanche 28 février 2016

Luis Longhi, les oiseaux et Gardel : une reprise au CCC [à l'affiche]


Luis Longhi, acteur, écrivain, bandonéoniste et animateur de l'émission de radio Demoliendo Tangos (1) a repris la semaine dernière, au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, Corrientes 1543, son spectacle co-signé avec le metteur en scène et musicien, Sebastián Irigo.

Il s'agit d'une évocation de quelques grands noms fondateurs dans l'histoire du tango, comme Carlos Gardel et Enrique Santos Discépolo, auxquels se mêle le souvenir de Perón, grand amateur du genre devant l'Eternel, et celui de l'écrivain exilé à Paris, Julio Cortázar : Todos los pájaros que me saludan tienen la sonrisa de Gardel (tous les oiseaux qui me saluent ont le sourire de Gardel).

Ce n'est qu'aujourd'hui que l'annonce en est faite sur le site du Centro Cultural de la Cooperación qui accueille cette reprise dans la Sala Osvaldo Pugliese, sans doute la faute aux vacances dont l'Argentine s'extirpe ce week-end...

Le spectacle dure 55 minutos. Il se donne tous les dimanches à 20h30 jusqu'au 10 avril 2016.

Entrée : 150 $ ARG au guichet du CCC.

Pour aller plus loin :
consulter la page consacrée au spectacle sur le site Internet du CCC
consulter la page Facebook de l'émission de radio.



(1) Demoliendo tangos est aussi le nom du duo qu'il forme avec Federico Mizrahi. Mizrahi est aussi de l'aventure radiophonique avec l'auteur-compositeur interprète Guillermo Fernández.