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mardi 13 octobre 2020

Deux conférences sur les poètes du tango par Solange Bazely [ici]

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Solange Bazely propose à travers Zoom deux conférences sur les poètes du tango, en commençant au tout début (Angel Villoldo) et en allant jusqu’aux grands classiques que sont Homero Manzi et Enrique Cadícamo, pour n’en citer que deux.

Chaque conférence sera donnée à deux dates différentes.

Il faut s’inscrire à l’avance.

Droit d’inscription : 5 €.

© Denise Anne Clavilier

jeudi 28 mai 2020

La Universidad de San Andrés propose une conférence Zoom sur la poésie du tango [à l’affiche]


La Universidad de San Andrés, institution de formation supérieure, vient d’une fondation d’enseignement écossaise qui s’est installée dans toute l’Argentine. C’est une université privée présente sur quatre campus, dont trois dans la partie nord de Buenos Aires.

Cette université (UDESA) propose demain vendredi 29 mai 2020 à 17h (heure argentine) une table-ronde pluridisciplinaire sur les grands poètes du tango que furent Enrique Santos Discépolo, Cátulo Castillo, Enrique Cadícamo, José María Contursi et Eladia Blásquez : Tangos de a dos. Conversando con las letras.

C’est un professeur de philosophie qui coordonne le tout, José Luis Galimidi, et autour de la table échangeront une professeure d’arts plastiques, Lía Munilla, et un professeur d’histoire, Eduardo Zimmermann.

La manifestation est gratuite et sans inscription préalable.
Pour rejoindre la table-ronde, cliquez sur ce lien et faites le code 919 8970 8568.

Il est plus que recommandé d’avoir écouté auparavant trois grands classiques du répertoire : Cambalache, Como dos extraños et La última curda (1). Si vous n’en possédez pas les bons enregistrements, allez les écouter sur Todo Tango, le site encyclopédique argentin sur le Web (voir la Colonne de droite).



(1) Ces trois chefs-d’œuvre font partie du corpus que j’ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru en 2010 aux Éditions du Jasmin.

jeudi 12 mars 2020

Humour tanguero par temps de pandémie [Actu]

"Le monde, il lui manque un masque" [de chirurgien]

Página/12 ne perd que très rarement son sens de l'humour et ce matin, la rédaction détourne à la une une citation de Enrique Cadícamo (1900-1999), grand poète du tango, auteur de Al mundo le falta un tornillo (le monde, il lui manque une case) (1), décrivant les effets sociaux de la Grande Dépression de 1929 dans l’Argentine sous gouvernement putschiste en 1933 et enregistré par Carlos Gardel.

La rédaction de La Prensa a préféré faire dans le sensationnel

Écoutons le refrain de ce petit chef d’œuvre, qui n’a pas connu la gloire de Cambalache (Enrique Santos Discépolo) alors qu’il traite le même sujet avec autant de verve et d’humour (2).

Hoy se vive de prepo
y se duerme apurao.
Y la chiva hasta a Cristo
se la han afeitao…
Hoy se lleva a empeñar
al amigo más fiel,
nadie invita a morfar…
todo el mundo en el riel.
Al mundo le falta un tornillo
que venga un mecánico…
¿Pa' qué, che viejo?
Pa' ver si lo puede arreglar.
Enrique Cadícamo

Aujourd’hui, on vit de rapine
et on dort à crédit
et la barbe, on l’a rasée
même au Christ…
Aujourd’hui, on va mettre au clou
son meilleur ami.
Personne ne t’invite plus à bouffer.
Le monde entier part à vau-l'eau.
Le monde, il lui manque une case.
Faut appeler un dépanneur…
Et pourquoi faire, mon vieux ?
Ben ! pour voir s’il peut pas l’réparer.
Traduction © Denise Anne Clavilier

A écouter sur Todo Tango.

Clarín fait un choix plus raisonnable que La Prensa
mais assez flippant tout de même avec ce musée Reine Sofia
quasiment déserté par les visiteurs à Madrid
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L’Argentine et l’Uruguay sont atteints par le coronavirus et comme ici, les gouvernements prennent de nombreuses mesures pour ralentir la contagion interpersonnelle : restrictions d’accès au pays, annulation d’événements, mise en quarantaine obligatoire en Argentine pour toutes les personnes qui viennent de zones déjà infectées (c’est-à-dire à peu près tout ce qui n’est pas l’Amérique du Sud). En Argentine, les personnes qui rentrent d’une de ces zones et ne se conformeraient pas à une stricte réclusion à leur domicile encourent jusqu’à deux ans de prison pour un délit contre la sécurité publique. Par culture, les Argentins sont assez indisciplinés, mais maintenant ça ne rigole plus !
Les éditeurs envisagent d’annuler la Feria del Libro qui se tient tous les ans en avril et brasse beaucoup de monde, avec une grande promiscuité entre les visiteurs et les exposants qui se saluent par la traditionnelle et très chaleureuse accolade, même entre inconnus.
Comme en France, l’épiscopat argentin impose la communion à la main (ça va leur faire du bien, ça va moderniser un peu le rituel !) et suspend le geste de paix (qui passe par une poignée de main ou une étreinte).
En Uruguay, le tout nouveau ministre de la Santé vient de demander à ses compatriotes d’arrêter de partager le maté puisque tout le monde boit à la même bombilla. Un déchirement culturel et relationnel dans ce pays !
Il y a quelques jours, il y a eu un mort en Argentine, un monsieur de 64 ans qui revenait d’un séjour en France, et un musicien argentin établi en Espagne vient de succomber à Madrid...

Pour en savoir plus :
lire l’article de La Prensa sur la quarantaine obligatoire
lire l’article de Clarín sur la quarantaine



(1) Traduction littéraire : « au monde, il lui manque un tournevis ».
(2) Cambalache figure dans mon anthologie Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, Éditions du Jasmin, 2010.

mercredi 26 février 2014

YPF, Repsol et Cadícamo : un tango pétrolier [Actu]


YPF, l'entreprise nationalisée qui gère et exploite désormais pour le compte de l'Argentine les gisements pétroliers du sud du pays, vient de signer un accord avec son ancien actionnaire majoritaire, exproprié par le Gouvernement et le Congrès il y a bientôt deux ans, accord qui met fin au long contentieux qui opposait depuis lors les deux sociétés et les deux pays, car le gouvernement de Mariano Rajoy avait très mal réagi à la nationalisation décrétée par l'ancienne colonie de l'Espagne (1) (sur l'expropriation, voir mes articles du 17 avril 2012 et celui du 4 mai 2012).

Ce matin, c'est avec une citation de Enrique Cadícamo, extraite du célèbre tango Los Mareados, composé en 1942 par Juan Carlos Cobián, que Página/12 annonce la conclusion de l'accord : "Ce soir, tu vas passer dans mon passé", l'une des plus belles phrases que s'échangent les amants sur le point de se séparer.

¡Qué importa que se rían
y nos llamen los mareados!
Cada cual tiene sus penas
y nosotros las tenemos...
Esta noche beberemos
porque ya no volveremos
a vernos más...

Hoy vas a entrar en mi pasado
en el pasado de mi vida
Enrique Cadícamo

Qu'importe qu'on rie
et qu'on nous appelle les naufragés (2)
Chaque a ses chagrins
et nous avons les nôtres...
Cette nuit, nous boirons
parce que plus jamais
nous ne nous reverrons.

Ce soir (3), tu vas passer dans mon passé
dans le passé de ma vie
(traduction Denise Anne Clavilier)

Et pendant que je rédige cet article plusieurs heures avant de le publier, j'écoute en direct sur la place Saint-Pierre de Rome la fin de l'audience générale : pendant que le Pape salue les dignitaires de l'Eglise présents sur la place, les musiques militaires, italienne et vaticane, jouent pour faire patienter les pèlerins. En ce moment, surmontant le bruissement de cette foule en liesse (malgré un ciel plutôt menaçant), on reconnaît distinctement la mélodie de Por una cabeza (4)... Arrangement tout en cuivres et en percussion, qui nous prouve que les gendarmes adaptent leur répertoire à la personnalité du Souverain Pontife (qui ne s'est jamais caché d'aimer le tango).

Pour aller plus loin :
lire l'article économique de Página/12 si les aventures pétrolifères vous passionnent.
Si, aux hydrocarbures et à leurs querelles pécuniaires, vous préférez la musique, alors rendez-vous sur Todo Tango, pour lire et écouter Los Mareados (et en cherchant bien, vous trouverez aussi Por una cabeza dans cette vaste musicothèque qui fait référence pour le tango dans le monde entier).


(1) Il faut voir comment ABC, le quotidien de la droite post-franquiste espagnole, parle de Cristina de Kirchner. Propos vulgaires, violents, injurieux. On se croirait revenu deux cents ans en arrière pendant la guerre d'indépendance !
(2) En fait, être mareado, c'est avoir mal au cœur, avoir le mal de mer. Mais c'est intraduisible en l'état dans un tel contexte.
(3) Textuellement hoy, c'est aujourd'hui, mais ce long mot de trois syllabes casserait le rythme du vers.
(4) De Gardel et Le Pera

jeudi 17 novembre 2011

Inauguration du Paseo Enrique Cadícamo [Troesma]

Mardi 22 novembre 2011 à 19h, aura lieu l'inauguration du Paseo Enrique Cadícamo, une promenade en l'honneur d'un des plus grands poètes du tango, né en 1900 à General Rodríguez (à côté de Luján) et mort en 1999 à Buenos Aires, à l'angle entre la Diagonal Norte et la rue piétonne Carabelas, en plein centre ville.

Le maître de cérémonie sera l'essayiste et grand collectionneur Oscar del Priore.

Atilio Stampone, pianiste, compositeur et actuel Président de la SADAIC, prendra la parole.

On attend une participation spéciale du Cuarteto El Amanecer et celle de huits chanteurs : le grand artiste qu'est Litto Nebbia, qui a sauvé de nombreuses oeuvres du poète de l'oubli dans son travail de producteur discographique, avec la publication de plusieurs disques et DVD sur le sujet, Jesús Hidalgo, Marcelo Tommasi, Lucrecia Merico, Hugo del Carril junior (le fils du grand chanteur et acteur homonyme), Néstor Fabián, Rodolfo Lemos, et surtout la fille du poète elle-même, Mónica Cadícamo, qui n'a pas fait une grande carrière d'interprète et qui sait pourtant chanter les classiques paternels d'une des manières les plus émouvantes et les plus sobres qu'il m'ait été donné d'entendre....

Bien entendu, le public peut se rendre à l'événement de manière libre et gratuite. Il est probable que la manifestation sera reportée en cas de pluie...

jeudi 15 juillet 2010

Parution d’une anthologie argentine de poésie nationale pour le Bicentenaire [Disques & Livres]


Ce soir à la Biblioteca Nacional, dans la rue Agüero, aura lieu la présentation d’une monumentale anthologie de poésie argentine intitulée 200 años de poesía argentina et constituée par Jorge Monteleone (éditions Alfaguara). En 970 pages, cet énorme travail présente 218 poètes, hommes et femmes, depuis les auteurs de l’hymne national, écrit en 1812, jusqu’à aujourd’hui (le poète le plus jeune est né en 1959).

Chose importante et qui constitue peut-être une première dans un ouvrage répondant à ce genre de circonstance historique : les artistes de tango et les poètes du lunfardo ont leur place dans le volume, à côté de poètes dits cultos (appartenant à la grande littérature), comme Leopoldo Lugones (1874-1938), un véritable contempteur du tango, Victoria Ocampo (1890-1979) et José Luis Borges (1899-1986), qu’on reconnaît en haut à gauche sur la Une du supplément culturel de Página/12 d’aujourd’hui (en illustration), lui qui n’a pas vraiment été favorable au tango même s’il a daigné en écrire une poignée avec Aníbal Troilo d’une part et Astor Piazzolla d’autre part (1).

Parmi les poètes populaires présents dans cette somme historique :

- les trois fondateurs de la poésie nationale que furent José Hernández (1834-1886), l’auteur des deux épopées en octosyllabes que sont Martín Fierro et La Vuelta de Martín Fierro, Almafuerte, de son vrai nom Pedro Bonifacio Palacios (1854-1917), le poète autodidacte de la Province de Buenos Aires qu’on apprend par cœur à l’école, et Evaristo Carriego (1883-1912), le poète de Palermo qui inspira si fort tant Jorge Luis Borges que Homero Manzi ;

- des poètes de tango comme Pascual Contursi (l’auteur, entre autres, de Mi noche triste et de la première letra de La Cumparsita), Celedonio Flores, Enrique Cadícamo, Enrique Santos Discépolo, Homero Manzi… (2)

- des poètes de lunfardo, comme Carlos de la Púa ou Raúl González Tuñón.

Atahualpa Yupanqui (en bas à gauche sur la Une) est là aussi, le grand créateur du folklore argentin au 20ème siècle, María Elena Walsh également, connue pour son travail au théâtre, dans la chanson enfantine et la chanson populaire tout public et enfin Juan Gelman (en haut à droite, sur la Une), un poète marxiste qui est aussi chroniqueur à Página/12.

C’est donc une belle soirée patriotique et littéraire qui se prépare pour ce soir à 19h à la Biblioteca Nacional.

Pour aller plus loin :

(1) De Jorge Luis Borges, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin (mai 2010) présente deux morceaux du disque enregistré en 1965 avec Edmundo Rivero et Astor Piazzolla : le très célèbre Jacinto Chiclana et Alguien le dice al tango, et une milonga écrite en 1968 avec Aníbal Troilo, admirablement bien chantée entre autre par Susana Rinaldi : Milonga de Manuel Flores, qui raconte les derniers moments d’un condamné à mort va être fusillé à l’aube.
(2) Tous les cinq font naturellement partie des 76 auteurs traduits dans Barrio de Tango, le livre, chacun d’entre eux pour plusieurs textes (23 pour le seul Homero Manzi, dont on célébrait le centenaire de la naissance lorsque je bâtissais cette anthologie bilingue, écrite en majeure partie au long de l’année 2007).

samedi 26 juin 2010

Pour philatélistes : la nouvelle chronique de Luis Alposta dans Noticia Buena [Troesma]

Comme vous avez pu le lire dans l'un des articles que j'ai publiés jeudi 24 juin, pour les 75 ans de la disparition de Carlos Gardel, Luis Alposta a fourni le motif du timbre que la Ville de Buenos Aires vient d'éditer à l'occasion de cet anniversaire.

Aujourd'hui, Luis publie une nouvelle chronique dans sa page Mosaicos Porteños qu'il tient tous les quinze jours sur le site du journaliste Marcelo Villegas, Noticia Buena : cette nouvelle chronique, il la consacre à la toute première série de timbres qui ait rendu hommage en Argentine à Carlos Gardel. Il s'agissait d'une initiative du tanguero japonais Joji Kanematzu et qu'avec le chanteur-compositeur Edmundo Rivero et le poète et compositeur Enrique Cadícamo, Luis appuya en Argentine à partir de juin 1984 lorsque le pays préparait les célébrations marquant les 50 ans de la mort du Zorzal Criollo. Une année 1985 qui vit aussi la pose du très beau mural fileteado que le Maestro León Untroib a peint pour la station de métro Carlos Gardel, au pied du bâtiment de l'Abasto.

Les trois tangueros Argentins et leur ami japonais présentèrent donc un dossier à la Commission Nationale d'expertise pour l'Emission de timbres commémoratifs, laquelle finit par accepter l'idée et émit en effet trois timbres, dont les motifs furent dessinés respectivement par les fileteadores Severi et Arce, qui exercent toujours, le caricaturiste de presse uruguayen Hermenegildo Sabát, qui vit à Buenos Aires depuis de nombreuses années et travaille à la rédaction de Clarín, et Alonso qui représenta un Gardel tel que le virent les Parisiens au début des années 20, déguisé en gaucho d'opérette (c'était la grande mode de l'exotisme facile et Gardel s'y prêta le temps de se faire connaître).

La chronique de Luis raconte donc cette histoire avec l'érudition discrète dont il fait preuve à chacune de ces petites vignettes que je vous invite à découvrir sur le site, dans une langue très simple, vraiment facile à lire dans le texte.

En illustration audio de cette vignette (vous savez qu'il y a toujours un document audio en bas de la page, un document que Luis tire de sa collection personnelle à la richesse et la variété inimaginables), vous entendrez Carlos Gardel chanter Anclao en París, un tango que lui écrivit Enrique Cadícamo à la demande du compositeur et guitariste Guillermo Barbieri qui a signé la partition. Bien entendu, Anclao en París fait partie de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, éd. du Jasmin, mai 2010 (page 284).

Un mot encore sur Joji Kamenatzu (en transcription argentine,Yoyi Kamenatz) : grand admirateur de la chanteuse et compositrice Rosita Quiroga, à qui il écrivit un jour son admiration dans un espagnol parfait, il fut, par l'intermédiaire de la chanteuse, qui fut une patiente et une amie de Luis, un ami personnel de ce dernier. Ils se sont connus au Japon lors du premier voyage que Luis fit dans l'archipel. Joji Kamenatzu vécut ses dernières années, en se partageant entre le Japon et Buenos Aires, où il est décédé, comme il l'avait souhaité, et où il est enterré. C'est en très grande partie grâce à son aide que Luis a écrit son passionnant essai historiographique, El Tango en Japón, qui reste aujourd'hui l'unique ouvrage sur l'histoire du genre dans l'archipel nippon (ed. Corregidor, Buenos Aires, 1987). La plaque commémorative qu'ils ont tous les quatre posée sur la tombe de Carlos Gardel, le 24 juin 1985, je l'ai prise en photo en août 2007 et elle illustre l'une des pages de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, déjà cité, tout comme l'autre photo, que vous trouverez sur la page de Noticia Buena de cette quinzaine, celle qui représente Joji Kamenatzu, Luis, Enrique Cadícamo et Edmundo Rivero, que Luis m'a gracieusement autorisée à reproduire dans mon ouvrage (1).



(1) la photo de groupe, qui en fait n'est pas exactement celle que Luis a choisie pour Noticia Buena mais une autre qui a été prise lors de la même séance de pose près de la tombe de Gardel, à quelques secondes d'intervalle, se trouve à la page 288 du bouquin (dans l'esquina intitulée La traversée du siècle et consacrée à la notice biographique d'un poète, je vous laisse deviner lequel. Franchement, ce n'est pas difficile).
La photo de la plaque commémorative, qui a été apposée sur le côté latéral de la tombe, sur le piédestal de la statue, se trouve à la page 297, dans une esquina qui s'intitule Simple escale technique et dont la clé du titre vous sera suggérée par l'article que j'ai consacré jeudi à la mort de Carlos Gardel, Alfredo Le Pera, son parolier et scénariste privilégié, Guillermo Barbieri et Angel Riverol, deux de ses guitaristes, dans un accident au sol sur un aérodrome colombien. La clé complète du titre est fournie par l'esquina elle-même dans le bouquin (vous ne croyez pas qu'en plus, je vais vous la livrer comme ça !).
Malheureusement, il y a sur cette page et celle qui lui fait face un petit défaut de fabrication. Allez savoir pourquoi, il manque les numéros de page. Mais la page d'avant et la page d'après sont, elles, numérotées. Aucun risque donc de vous perdre dans les 384 pages du livre ni dans le disque Melopea de 22 pistes qui l'accompagne et dont vous avez la description à la page 350 (la table des matières vous permettra d'ailleurs de la retrouver).

mardi 18 mai 2010

Nouvelle fiche thématique sur le site de Gisela et Rodrigo [Troesmas]

Gisela Passi et Rodrigo Rufino par l’ami Philippe Fassier (que je salue)

Depuis le début de cette année 2010, j’ai avec Rodrigo Rufino et Gisela Passi un partenariat qui nous permet à trois d’animer sur leur site, dans la rubrique Ecouter, une série pédagogique sur les thématiques du répertoire du tango, en huit fiches distinctes, illustrées à chaque fois de 3 exemples de tango (vals ou milonga), en version bilingue.

Cette semaine, Gisela et Rodrigo ont mis en ligne la fiche n° 3 qui porte sur le sort des femmes et vous proposent Los cosos de al lao, de José Canet y Marcos Larrosa, Madame Yvonne, de Eduardo Pereyra et Enrique Cadícamo (grand poète dont nous avons déjà présenté Tres Esquinas avec la fiche 2, sur Buenos Aires) et Margot, de Carlos Gardel et José Razzano pour la musique, et Celedonio Flores pour le texte, un tango historique, qui date de 1919 : c’est le premier tango écrit par Celedonio Esteban Flores. En fait, il l’avait écrit comme un poème pour un concours de poésie organisé par le journal Crítica (voir mon article du 11 mai 2010 sur Crítica et son successeur, Crítica de la Argentina), que lisait assiduement Carlos Gardel, à cause de la qualité de ses pronostics hippiques. Gardel était un parieur invétéré ! Ainsi donc, un jour, découvrit-il Por la pinta (pour avoir fière allure), d’un jeune poète inconnu. Le poème lui plut. Cela faisait alors à peine deux ans que el Morocho del Abasto (le beau brun de l’Abasto) s’était converti en chanteur de tango, lorsque Pascual Contursi lui avait apporté la letra de Mi noche triste sur une musique de Samuel Castriota (voir mon article sur Les grandes dates du tango argentin, dans la rubrique Petites chronologies, dans la partie médiane de la Colonne de droite) et il était à la recherche de bons textes pour construire un répertoire qu’il voulait solide (et qui fut fondateur pour le genre). Il adopta ainsi Por la pinta, commença, avec son ami et partenaire de duo, José Razzano, à le mettre en musique, commanda le studio d’enregistrement et au dernier moment, se souvint qu’il lui fallait prévenir l’auteur. Il convoqua alors Celedonio Flores au studio et lui conseilla vivement de changer le titre. Comme le poète hésitait, surpris de tout ce qui lui arrivait et ne voyant pas l’utilité d’un tel changement, Gardel reprit la situation en main, baptisa le tango Margot et l’enregistra dans la foulée.

Par la suite, Celedonio Flores écrivit encore 19 autres tangos pour ou avec Gardel, dont des merveilles comme Si se salva el pibe ou Mano a mano, que j’ai traduits dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, à l’inverse des trois que vous trouverez sur la page Ecouter du site de Gisela et Rodrigo : ceux-là sont des traductions exclusives pour leur site.

Margot est le premier tango de ce poète à paraître sur la page Ecouter, où vous avez déjà lu des letras de Homero Manzi, Enrique Cadícamo, Homero Expósito, Cátulo Castillo et Enrique Santos Discépolo, troesmas entre les troesmas s’il en est (1).

Autre grand classique à ne pas manquer sur cet épisode n° 3 : la version éminemment célèbre de Los cosos de al lao, chantée par Roberto Goyeneche, accompagné par l’orchestre de Néstor Marconi, choisie par Rodrigo, grand spécialiste de la discothèque tango. Une merveille à vous tirer des larmes !

Pour consulter la rubrique Ecouter, cliquez sur le lien.
Pour en savoir plus sur Rodrigo et Gisela, visitez le reste de leur site (dont vous trouverez aussi le lien permanent dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! de la partie basse de la Colonne de droite) et, sur ce blog, cliquez sur leur double prénom, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus : vous accéderez ainsi à l’ensemble des articles que j’ai consacrés à ces excellents et très recherchés professeurs de tango, à qui vous pouvez faire confiance pour l’authenticité du style enseigné et la sécurité musculo-squelettique de leur pédagogie (avec eux, aucun risque de lombalgie et ce n’est pas si fréquent).

(1) troesma : maestro en verlan. Les Portègnes adorent utiliser le verlan. Ils le font d’une manière beaucoup plus naturelle et spontanée que les Francophones.

samedi 20 mars 2010

Nouvel épisode sur les thématiques du tango sur le site de Gisela Passi et Rodrigo Rufino [Troesmas]

Capture d'écran du site de Rodrigo Rufino et Gisela Passi

Hier, Gisela et Rodrigo ont mis en ligne le 2ème épisode de ma présentation analytique des thématiques qu'on rencontre dans le répertoire du tango. Ce deuxième épisode est consacré à la ville de Buenos Aires qui habite le tango et réciproquement.

Les trois letras qui illustrent l'épisode sont trois oeuvres de trois grands poètes et trois compositeurs éminents. Elles figurent sur le site en version bilingue, espagnol-français :

Cafetín de Buenos Aires est l'un des tangos les plus désespérés de Enrique Santos Discépolo (1901-1951), un champion dans le genre (musique de Mariano Mores, un pianiste nonagénaire qui continue à se produire de temps en temps sur les scènes de la capitale argentine). C'est aussi le tango le plus célèbre des trois, un des emblèmes de Buenos Aires ;

Milonga del Mayoral est une oeuvre souriante, et même drôle, de Cátulo Castillo (1906-1975), avec une bonne dose de cocoliche, le sabir moitié espagnol et moitié italien que causaient les immigrants jusque dans les années 40 (musique de Aníbal Troilo) ;

Tres Esquinas est un tango de Enrique Cadícamo (1900-1999) sur la vie quotidienne dans le faubourg (musique de Ángel d'Agostino et Alfredo Attadía). Tres esquinas est l'un des tangos que Rodrigo et Gisela utilisent assez souvent pendant leurs cours.
Les deux autres titres sont plus rares.

Les deux tangos et la milonga peuvent être écoutés sur le site, grâce à des choix effectués par Rodrigo.

Bien entendu, par respecter du droit d'éditeur et d'auteur aussi, ces trois traductions sont des exclusivités du site de Rodrigo et Gisela et ne figurent pas dans mon recueil à paraître prochainement aux Editions du Jasmin, et qui porte le même titre que ce blog.

Pour lire les traductions sur le site de Gisela et Rodrigo, cliquez sur le lien. Il vous conduit vers la page Ecouter de leur site.

Pour en savoir plus sur ces deux professeurs de tango, tous deux argentins et même portègnes pour être plus précise, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Le lien vers la page d'accueil de leur site se trouve dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! dans la partie inférieure de la Colonne de droite.

jeudi 18 mars 2010

Qu’est-ce qu’on vous sert aujourd’hui ? un petit vers de Cadícamo ou du Le Pera ? [Troesmas]

Le quotidien champion de la citation tanguera, le très à gauche et très portègne Página/12, fait très fort ce matin. Dans le billet d’opinion politique de Mario Wainfeld, la rédaction a titré en citant un vers de Enrique Cadícamo, "La historia vuelve a repetirse" (l’histoire se répète encore une fois). Sous ce titre, se trouve l’analyse de la nouvelle bataille parlementaire qui se tient en ce moment dans ces deux Chambres du Congreso Nacional où il n’y a plus de majorité absolue et où les alliances se font et se défont en fonction des projets de loi et des tactiques partisanes en vue de l’élection présidentielle prévue en octobre 2011.

L’autre citation, on la lit à la dernière page du journal, la contratapa, confiée aujourd’hui au poète et chroniqueur Juan Gelman, qui appartient à la rédaction permanente de Página/12 et qui, lui, utilise pour son titre un fragment de Amores de estudiante, une valse très célèbre de Carlos Gardel et Alfredo Le Pera (1) : "flores de un día son" (ce sont fleurs d’un jour). Cette citation sert de titre à une réflexion sur l’impuissance de Barack Obama à réformer l’administration fédérale des Etats-Unis, qui continue à considérer comme secrets de nombreux documents de gestion courante alors que le Président voudrait rendre plus transparents les processus de décision fédéraux et mettre plus facilement à disposition du citoyen lambda les dits documents de travail gouvernemental, comme la Constitution le prévoit explicitement alors que la bureaucratie (pourtant légère et toujours éphèmère aux Etats-Unis) a peu à peu pris l’habitude de tout opacifier pour travailler tranquille en ayant à rendre le moins de compte possible au moins de personnes imaginables.

Pour ceux que l’analyse politique contenue dans les deux articles intéresse, voici les liens grâce auxquels vous pouvez les consulter :
Billet d’opinion de Mario Wainfeld, sur les procédures parlementaires en cours au Congrès argentin,
Contratapa de Juan Gelman, sur les difficultés d’Obama à plier l’appareil d’Etat à sa politique de transparence.

Pour le reste des lecteurs de Barrio de Tango, je préfère concentrer mes efforts sur nos deux grands poètes, nos deux Troesmas de service (2), tous deux nés en 1900, et qui auront marqué à jamais le cadre dans lequel le tango se déploie aujourd’hui et se reconnaît comme tel....

La historia vuelve a repetirse,
mi muñequita dulce y rubia,
el mismo amor... la misma lluvia...
el mismo, el mismo loco afán...
Enrique Cadícamo, Por la vuelta, 1937 (musique de José Tinelli)

L’histoire se répète à nouveau,
Ma tendre et blonde petite poupée,
Le même amour... la même pluie...
La même, toujours la même folle passion
...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Por la vuelta raconte les retrouvailles infiniment tristes d’un couple d’anciens amants, aux blessures apaisées par le temps, un jour de pluie, au hasard d’un cabaret (un détail qui se laisse deviner par le fait qu’ils boivent du champagne dans des coupes en baccarat). Lui, qui parle à la première personne, est sans doute là en client, elle est une demi-mondaine ou, plus vraisemblablement encore, une milonguera employée par l’établissement, et la fin du tango révèle qu’elle ne se voit plus aucun avenir.

Después, quizás mordiendo un llanto,
quédate siempre, me dijiste,
afuera es noche y llueve tanto...,
y comenzaste a llorar.
Enrique Cadícamo
Après, peut-être en étouffant un sanglot,
Reste ici toujours, m’as-tu dit,
Dehors il fait nuit et il pleut tellement...
Et tu as commencé à pleurer
.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

La valse de Gardel et Le Pera est, elle aussi, nostalgique mais elle est loin d’être aussi désespérée. Elle raconte, dans un développement thématique très classique, l’inconstance sentimentale de n’importe quel étudiant de n’importe où dans le monde. Le lien avec la réalité sociale proprement portègne a été défait, comme très souvent dans les letras écrites par Le Pera pour Gardel. L’objectif était alors de toucher un public international, peu au fait des réalités locales si spécifiques à Buenos Aires et au Río de la Plata. Ce virage pris par Gardel en 1932 et tout à fait manifeste en 1934 lui avait valu une volée de bois vert de la part de Homero Manzi, autre grand poète du tango qui militait au contraire pour dégager à travers l’art, la musique, la poésie et jusqu’au cinéma, une identité irréductiblement argentine (cf. mon article du 22 septembre 2009 sur le film qui vient de sortir sur la vie de Manzi). Cet article qu’il avait écrit sous l’empire de cette passion patriotique, Homero Manzi le regretta lorsque la tragédie de Medellín le 24 juin 1935 arracha à jamais à Buenos Aires et au pays et Gardel et Le Pera (2).

Hoy un juramento,
mañana una traición,
amores de estudiante
flores de un día son.
Alfredo Le Pera, 1934 (musique Carlos Gardel)

Aujourd’hui, un serment,
Demain, une trahison
Les amours d’étudiant
Ne fleurissent qu’un jour
.
(Traduction © Denise Anne Clavilier, Editions du Jasmin)

Bien évidemment, il faut écouter ces deux pièces maîtresses du répertoire. Les voici grâce à Todo Tango :
Por la vuelta, chanté par Jorge Omar avec l'orchestre de Francisco Lomuto, l'année de la création.
Amores de estudiante, chanté par Carlos Gardel, avec l'orchestre de Terig Tucci, l'année de la création.

Pour en savoir plus sur Enrique Cadícamo et Alfredo Le Pera à travers Barrio de Tango (ce site), cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, ou dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la section Toujours là. Dans cette section, vous trouverez aussi un raccourci sur Homero Manzi.
Pour en savoir plus sur l’actualité en Argentine, cliquez sur le mot clé Actu, sur le nom du journal (dans le bloc Pour chercher). Pour en savoir plus sur l’actualité politique en Argentine, cliquez sur ce lien (le mot-clé à pister dans mes articles est gob argentin). Pour en savoir plus sur l’actualité politique dans la ville de Buenos Aires, cliquez sur ce lien (le mot-clé à pister dans mes articles est GCBA, anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires).
Pour en savoir plus sur mon livre, à paraître aux Ed. du Jasmin,, cliquez sur ce lien qui fera remonter l'ensemble des articles qui lui sont consacrés (sauf celui sur la souscription en cours à cette heure).
Pour acheter le livre à son prix de lancement, cliquez sur ce lien. Il vous donne accès à l’article sur l’opération de souscription qui s’étend jusqu’au 30 mars 2010.

(1) Por la vuelta, dont est extrait le titre du billet de Mario Wainfeld, a donné son titre, La historia vuelve a repetirse, à l’un des plus beaux documentaires que j’ai jamais vus sur le poète Enrique Cadícamo. Comme on peut s’y attendre, ce documentaire a été monté par Litto Nebbia et produit par Melopea, à un moment où Litto Nebbia s’attachait à recueillir et structurer le siècle de tango vivant qu’était Cadícamo, avec tout son talent et toutes ses oeuvres qui n’avaient pas toutes encore été créées ni enregistrées. Dans ce DVD, vous entendrez Litto Nebbia chantant lui-même Por la vuelta, et Adriana Varela (qui a sorti à Melopea un album entier d’inédits du poète, du vivant de celui-ci), et Mónica Cadícamo, la fille unique de Enrique et Nelly. Une chanteuse merveilleuse (à découvrir) et une interprète particulièrement fine du répertoire paternel...
Amores de estudiante fait partie de mon recueil bilingue, Barrio de Tango, à paraître courant avril 2010 aux Editions du Jasmin. La traduction que je cite dans cet article est donc tirée du livre. Cette valse figure dans le disque Melopea qui accompagne le livre dans une interprétation du chanteur Horacio Deval.
(2) troesma : Maestro en verlan. Les Portègnes adorent verlaniser leur vocabulaire. Et ils ont dans ce domaine l’imagination fertile.
(3) Gardel et Le Pera sont tous les deux morts dans un accident d’avion, au sol, sur l’aérodrome de Medellín, en Colombie, le 24 juin 1935, en début d’après-midi, pour ce qui ne devait être qu’une escale technique destinée à ravitailler leur avion en carburant pour poursuivre le vol qui les conduisait de Bogotá à Cali. La veille, à Bogotá, Gardel avait donné ce qui fut son dernier concert et que la Voz de la Victor, une radio qui couvrait toute l’Amérique du Sud, avait retransmis en direct
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lundi 15 mars 2010

Un CD de 22 pistes avec un livret de 380 pages pour 20 € au lieu de 24,90 : à saisir [Disques & Livres]

Le label indépendant argentin Melopea s’est associé à la maison d’édition indépendante française du Jasmin pour diffuser, en Europe francophone, un CD de 22 pistes qu’accompagne un petit livret de seulement 380 pages en format 16x24, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins.

Je plaisante, c’est l’inverse, bien sûr mais le partenariat entre le Jasmin et Melopea est bien réel et très sérieux. L’ouvrage sera effectivement édité aux Editions du Jasmin et distribué avec un disque de 22 pistes, conçu et proposé par Melopea. L’ensemble est actuellement en souscription jusqu’à la fin du mois de mars 2010 au prix de 20 € (au lieu de 24,90 €, prix public en librairie à compter de la mi-avril, dans un mois environ).

Il y a quelques jours, je vous annonçais que je consacrerai dans ce blog un article au contenu de ce CD, après avoir dédié une page au livre lui-même le 6 janvier et une autre à la présentation de la table des matières stricto-sensu (et donc la structure du projet) le 8 mars.

Ainsi donc, au moment de la conception du livre, j’avais souhaité que l’ouvrage soit accompagné d’un disque, parce qu’il m’était difficile de concevoir un livre sur le tango dont la musique eût été absente, parce que, pour moi, mon travail n’avait de sens que s’il permettait au public de comprendre ce qu’il écoute quand il écoute du tango. Donc il fallait aussi pouvoir écouter.

Facsimilé de la page 350 consacrée au disque Melopea
Cliquez sur l'image pour lire le texte

Il y a deux ans, j’ai donc contacté Litto Nebbia, artiste majeur de la musique populaire argentine dont je vous ai parlé à plusieurs reprises dans ce blog, en particulier en septembre 2009, lorsqu’il a donné ses premiers concerts en France (voir mes articles sur ce temps fort de l’Agenda de Barrio de Tango). Litto Nebbia est aussi le patron de Melopea, une maison de disques qu’il a fondée à Buenos Aires en novembre 1988 (voir mon article sur les 20 ans de Melopea). Il a eu la gentillesse de me recevoir dans ses locaux, dans la petite cuisine familiale, dans ce qui fut de fait la maison de sa mère, comme il le raconte sur le site de Melopea (lire la version en français, traduite par mes soins, en cliquant sur le lien, le site se trouvant lui-même parmi les liens de la partie basse de la Colonne de droite). Je lui ai montré et commenté le manuscrit et je lui ai exposé mon idée. Je crois qu’elle l’a emballé. Quand je suis rentrée de mon séjour à Buenos Aires, par mail, nous avons conçu (enfin, lui surtout, moi j'ai joué les mouches du coche) un disque qui rassemble des extraits éminents de l’impressionnant catalogue de Melopea, fort peu diffusé en Europe francophone mais bien présent en Espagne, des morceaux qui sont autant d’interprétations marquantes d’une vingtaine de pièces présentées dans le corps de mon recueil.

Et comme, depuis un peu plus de vingt ans, Melopea a enregistré et commercialisé à peu près tout le gratin artistique du tango contemporain (et pas seulement du tango mais aussi du rock, du jazz, du foclore, de la musique uruguayenne...), nous avions l’embarras du choix. Ainsi donc, vous trouverez dans ce CD, inséparable du livre (1), 20 morceaux en version chantée, un morceau en version instrumentale, par un interprète prestigieux, le grand violoniste Antonio Agri, et un tango instrumental de Litto Nebbia, qui a voulu construire ce disque comme il construit chacun de ses disques, avec un début, le tango Barrio de Tango, interprété par le compositeur lui-même, Aníbal Troilo, son orchestre et sa dernière chanteuse en titre, Nelly Vázquez, et une fin.
Litto, qui est lui-même avant tout un chanteur, aime bien les disques qui se concluent discrètement et sereinement par un morceau instrumental. En l’occurrence, il s’agit de Los Nocturnos, où il tient lui-même la partie piano et synthétiseur, en duo avec le bandonéoniste Carlos Buono.

Le tango interprété au violon par le regretté Antonio Agri, c’est Como dos extraños, de Pedro Laurenz pour la musique et José María Contursi pour les paroles.

Me acobardó la soledad
y el miedo enorme de morir lejos de ti...
José María Contursi

La solitude m’a effrayé
Et la peur immense de mourir loin de toi…

(Traduction © Denise Anne Clavilier - Editions du Jasmin)

Le quotidien Página/12 s’était servi du titre de ce tango hyper-connu en juillet 2008 pour un gros titre politique, sur la mésentente entre Cristina Fernández de Kirchner et son vice président, Julio Cobos, ce que j’avais commenté dans l’un des tout premiers articles de ce blog (lire mon article du 31 juillet 2008).

Dans ce disque, j’ai souhaité que vous puissiez entendre les voix de quelques uns des grands maestros dont je vous brosse le portrait dans les esquinas du livre (au sujet des esquinas, voir mon article sur la table des matières). Pour qu’ils cessent de n’être que de vagues noms interchangeables sur le dos d’un CD et qu’ils deviennent pour vous ce qu’ils sont pour les Argentins : des compagnons du quotidien, des personnes bien réelles dont on peut ressentir la présence inouïe et la proximité chaleureuse et fraternelle, à tous les coins de rue dans Buenos Aires.

Ainsi vous entendrez, au début de l’album (piste 02), Balada para un loco récitée par le poète lui-même, Horacio Ferrer, dont tous les fidèles lecteurs de ce blog savent qu’il est aussi le formidable président-fondateur de la Academia Nacional del Tango. Cette piste appartient à l’album Vida y obra de Horacio Ferrer, enregistré en 1991 (pour le 5ème centenaire de la découverte de l'Amérique, en 1992). Horacio Ferrer y est accompagné au piano par Osvaldo Tarantino. Et de ce même album, vous retrouverez aussi, à la fin du CD, Horacio Ferrer récitant et chantant avec María Graña en public Chiquilín de Bachín (piste n° 19). C'est une prise du début 1992, avec Juanjo Domínguez à la guitare et Julio Esbrez au bandonéon, dans un spectacle intitulé Graña con Ferrer, donné au Konzert Café del Paseo de la Plaza à Buenos Aires.. Ainsi Horacio Ferrer (à tout seigneur, tout honneur) et les deux morceaux majeurs de son oeuvre tanguera, les deux morceaux qui figurent dans le top 50 du répertoire et qui portent sa signature et celle de Piazzolla, ouvre et conclut le disque.

Vous entendrez Naranjo en flor, chanté par son compositeur, Virgilio Expósito, qui s’accompagne au piano dans un arrangement personnel qui semble bien improvisé (a la parilla, comme ils disent là-bas) : Virgilio Expósito n’était pas un chanteur, il s’en faut de beaucoup. C’était un excellent pianiste et son interprétation est aussi surprenante qu’émouvante, sans doute précisément parce qu’il n’était pas chanteur et qu’il nous donne donc à écouter un Naranjo en flor intimiste et brisé, comme si nous étions chez lui, le mate passant de mains en mains, dans le silence d’amis qui écoutent un ami, ce qu’un vrai chanteur, soucieux de sa professionnalité, aurait rendu plus brillant et plus fluide, au détriment de la densité d’un texte qui confine au tragique, une letra du frère aîné, Homero Expósito, avec lequel Virgilio a signé de très nombreux chefs d’oeuvre. Le morceau appartient à une compilation de deux CD par laquelle Litto Nebbia a rendu hommage au maître, avec lequel il a lui-même travaillé dans un trio dont le troisième membre était le bandonéoniste et compositeur Néstor Marconi : Virgilio Expósito, cancionística y melódico.

Vous pourrez écouter enfin la voix du poète Enrique Cadícamo, bavardant avec Litto Nebbia, vers 1995, dans le studio de Melopea, pendant l’enregistrement d’un des disques et DVD que Litto a produits avec et sur le Maestro. Cette petite conversation, qui constitue une courte piste d’environ une minute, j’en ferai prochainement une transcription que je vous donnerai, sur ce blog, en version bilingue (comme d’habitude), probablement dans un mois, pour fêter la sortie en librairie de cet ouvrage, qui m’aura pris (ou donné) quelque 3 ans de recherche et de rédaction. Enrique Cadícamo y parle d’une facette peu connue de sa carrière : son aventure secrète comme compositeur sous le pseudonyme de Rosendo Luna (2).

Litto Nebbia, c’est aussi l’artiste-producteur qui a remis Roberto Goyeneche dans le circuit discographique lorsque l’état de santé de ce grand chanteur s’était si fort dégradé qu’il en avait presque perdu sa voix et que tous les producteurs et directeurs de salle le considéraient comme fini. Roberto Goyeneche vivait dans son quartier natal de Saavedra, tout près du quartier de Villa Urquiza, où Melopea a établi son studio d’enregistrement et c’est donc en voisin qu’il venait au studio. Litto Nebbia a d’ailleurs gracieusement cédé aux Editions du Jasmin pour les besoins de Barrio de Tango une photo d’une de ces séances d’enregistrement dans le Studio du Nouveau Monde (Estudio del Nuevo Mundo, comme le connaissent tous les bons musiciens argentins) (3). Goyeneche, el Polaco, a ainsi sorti plusieurs disques sous ce label, les derniers et sans doute les plus émouvants d’une discographie abondante, parce qu’à cette période-là de sa carrière, son talent était sublimé et tout entier concentré dans ses qualités d’interprète.

Roberto Goyeneche était entré dans l’orchestre de Troilo en 1956. Il y est resté jusqu’en 1964. A son arrivée, Troilo lui avait donné cette indication qui devait le guider toute sa vie : "toi, ton rôle c’est de raconter l’histoire au public. Pour ce qui est de chanter, l’orchestre s’en occupe". Cette phrase de Pichuco, c’est la clé de l’art du Polaco Goyeneche, cet art que vous apprécierez dans Garúa et La última curda, deux tangos de Troilo, l’un sur une letra de Cadícamo, l’autre sur une letra de Cátulo Castillo, tous deux chantées en public. El Polaco Goyeneche dispose dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, d’une esquina pour lui tout seul, comme Cadícamo, comme Ferrer, comme Troilo, comme Homero Expósito (avec un ou deux paragraphes pour le petit frère, Virgilio)... Victor Hugo Morales, grand journaliste uruguayen et grand animateur radiophonique d’émissions hautement culturelles en Argentine, a dit de Roberto Goyeneche qu’il était Gardel : El Polaco es Gardel. Autrement dit en français, Polaco est Gardel, Polaco est la perfection incarnée, selon le sens de nom propre ou d’adjectif que vous donnez au vocable Gardel.
Sur ce double sens de Gardel, lire mon article sur les voeux 2009 de Luis Alposta, où cet autre poète joue sur l’ambiguïté avec un plaisir non dissimulé (4).

Dans la catégorie des grands interprètes historiques, le disque recèle, entre autres joyitas (petits bijoux), l’un des derniers enregistrements de Tito Reyes, qui fut le dernier chanteur de l’orchestre de Troilo (en voix d’homme). Il nous chante Volver, l’un de derniers tangos du tandem Gardel et Le Pera, écrit et composé en 1935, quelques mois avant leur mort simultanée à Medellín. Il y a une belle histoire d’amitié entre Tito Reyes et Litto Nebbia. Cette inclusion dans cette compilation destinée au public européen, c’est donc un hommage à l’artiste, disparu il y a quelques années à peine, mais aussi à l’ami et au compagnon de création. Reyes et Nebbia ont signé ensemble plusieurs tangos, l’un faisant le texte, l’autre la musique. Autre joyita : les deux morceaux chantés par Horacio Deval, un chanteur de l’époque d’or, qui avait entamé sa carrière dans l’orchestre de Miguel Caló, et est qui est décédé lui aussi il y a quelques années en 2004, à Miami. On l’avait baptisé "l’Imitateur de Gardel", c’est vous dire s’il comptait parmi les bons.
De lui, vous entendrez María, un Troilo - Cátulo Castillo, et Amores de estudiante, de Gardel - Le Pera, où il est accompagné par rien moins que le guitariste Ubaldo de Lio et son groupe (ça, c’est une doble joyita : Deval et De Lio !).

Autre joyita enfin : un tango interprété par l’orchestre de Juan Canaro, le célébrissime Caminito, de Juan de Dios Filiberto et Gabino Coria Peñalosa, chanté par María de la Fuente, grande chanteuse de l’époque d’or, elle aussi, que Gabiel Soria et Cecilia Orrillo ont fait remonter en scène en 2008, aux Festivals de La Falda et de Buenos Aires et que j’ai eu la chance de voir, à Harrods (rue Florida), en août 2008, dans ce spectacle que Gabriel et Cecilia avaient baptisé El retorno de las cancionistas (lire à ce sujet mon article du 23 août 2008)
Le disque comporte aussi des morceaux inattendus parce qu’ils sont très peu connus sous nos latitudes, avec des interprètes qui gagnent eux aussi à être découverts, à commencer par Litto Nebbia, très célèbre en Amérique du Sud et inconnu en francophonie, chanteur au style très typiquement argentin, une esthétique dont on ignore l’existence par chez nous et qu’ont cultivée des grands chanteurs comme Ignacio Corsini, un contemporain de Gardel dont la réputation n’a jamais atteint la rive est de l’Atlantique. Litto Nebbia chante deux tangos : un grand classique, Fuimos, de José Dames et Homero Manzi, dans un arrangement personnel, pour voix et synthétiseur, extrait d'un spectacle en hommage posthume à Goyeneche (album Tributo al Polaco) et sa propre Canción para Pichuco, qu’il a écrite pour un album de Tito Reyes, Vuelve el tango.

Vous trouverez aussi De mi barrio, vieux tango des années 1920, écrit et composé par Roberto Goyheneche, l’oncle paternel du Polaco Goyeneche, dans une interprétation de mes amis Mariel Martínez et Alejandro Picciano, qui viennent de rentrer à Madrid, après une nouvelle tournée en Argentine où ils ont présenté leur deuxième album, Perfume de Tango (lire mon article sur la présentation à Buenos Aires il y a quelques jours). Le tango est extrait de leur premier album, intitulé lui aussi De mi Barrio, qu’ils étaient venus présenter à Paris en novembre 2008 (lire mon article de Retour sur image à ce propos).

Petit clin d’oeil artistique et familial de la part de Litto Nebbia : l’introduction dans le disque d’une version de La luz de un fósforo, chantée par Mirta Deluca, fille de Libertad Lamarque (voir mes articles sur la chanteuse et actrice Libertad Lamarque), et maman d’Alejandra Deluca, qui est la femme de Litto, une dame adorable, hyper-dynamique et amoureuse de notre langue.
Enfin, toujours dans la catégorie des raretés, un tango impertinent et subversif par les temps qui courent et qui l’était déjà en pleine période menémiste en Argentine (ultra-libéralisme hyper-boursier), un tango de Raúl Garello et Horacio Ferrer, chanté par le regretté Gustavo Nocetti : La Guita (comprenez les sous, le fric, l’oseille....). Je vous laisse le plaisir de découvrir à la page 124 du livre ce tango plutôt décoiffant qui fait partie d’un album enregistré lui aussi en 1992 et celui d’en découvrir la version chantée sur la plage 6 du disque. L’album s’appelle Homenaje a Woddy Allen, Horacio Ferrer - Raúl Garello, il est placé tout entier sous la direction du compositeur. Il se présente sous une jacquette, conçue autour d’un portrait de Woody Allen dû au pinceau de Lulú Michelli, la femme de Horacio Ferrer, et dessinée par le fileteardor Jorge Muscia, qui signe aussi la couverture de Barrio de Tango, que vous voyez en Colonne de droite et que je vous commente dans mon article du 6 janvier 2010.
Gustavo Nocetti était un très grand chanteur uruguayen. Il a été pendant de nombreuses années un ami très proche de Horacio Ferrer, qui a écrit pour lui plusieurs letras qui ont eu des compositeurs divers et variés, dont Raúl Garello à plusieurs reprises. Dans le spectacle de clôture du festival de tango de Buenos Aires en août dernier, Gustavo Nocetti avait été rendu présent dans l’hommage, grâce à des archives télévisées, projetées sur la scène du teatro Avenida (lire mon article sur ce spectacle, De Buenos Aires a Horacio Ferrer, poeta). Gustavo Nocetti était né le 6 novembre 1959 à Montevideo et il est décédé, le 30 décembre 2002, sur un boulevard du Buceo, le quartier du port de plaisance de la capitale uruguayenne.

Dans le tout premier article de ce blog où je mentionne le disque, le 26 février, je vous parlais aussi, entre autres raretés, de cette valse, Gota de lluvia, de Felix Lipseker et Homero Manzi, rarement portée au disque et chantée ici à deux voix, par Raúl Danés et Carlos Farias. Je la mentionne donc pour mémoire.

Enfin pour vous faire une idée encore plus précise de la structure de l’album, cliquez sur le facsimilé de la page 380 de mon livre. Je me suis efforcée de créer cette fois-ci un fichier jpg un peu plus lisible que la table des matières, pour une version papier. Ceci dit, une version parfaitement lisible pour l'impression exigerait un poids en pixels beaucoup trop lourd pour le blog, déjà très chargée en images. Donc la meilleure façon de lire cette page proprement imprimée sur papier, c’est encore d’acheter le livre. Il faut bien que ça serve à quelque chose que l’imprimeur (et l’éditeur) se décarcassent, pour parler comme une célèbre marque d’épices et d’aromates...

Si vous souhaitez bénéficier du prix de lancement de 20 € (soit une réduction de 20% du prix de vente en librairie), vous pouvez participer à la souscription jusqu’au 30 mars prochain (5). Pour cela, reportez-vous à mon article du 26 février. Vous pouvez y télécharger le bon de souscription. Ou demandez-moi par mail de vous l’envoyer en format pdf si vous voulez l'obtenir dans une définition imprimée parfaite (6).

Et pour les lecteurs qui font tout juste connaissance avec ce blog, voici quelques indications sur la meilleure façon d'y naviguer : en haut, sous le titre de chaque article, vous disposez de mots-clés dans un bloc intitulé Pour chercher, para buscar, to search. Chaque clic trie les articles déjà parus à la date où vous lisez cette page et que j'ai attachés au thème choisi.

Pour élargir votre choix, vous disposez dans le haut de la Colonne de droite de raccourcis disposés en plusieurs rubriques de plus en plus précises qui vous conduisent tous à l'intérieur de ce blog qui compte à ce jour un peu plus de 1210 articles publiés (depuis le 19 juillet 2008).
Dans la partie médiane de la Colonne de droite, diverses informations pratiques et linguistiques. Et dans la partie inférieure, vous disposez de nombreux liens à des sites externes, comme les sites et pages internet de plusieurs artistes dont j'ai déjà souvent parlé dans ce site, des boutiques en ligne, des institutions liées au tango à Buenos Aires ou ailleurs, des professeurs de danse ici et là-bas, des sites pour écouter du tango en streaming, en podcast ou à la demande, des organes de presse pour l'actualité en Argentine et en Uruguay.

Les librairies où trouver le livre (ajout du 10 juin 2010).

(1) et dont la propriété morale et le copyright restent entièrement acquis à Melopea. Tous droits réservés au label argentin pour tous pays. Les droits du livre, quant à eux, sont réservés pour tous pays aux Editions du Jasmin.
(2) Barrio de Tango (le livre) contient un tango écrit et composé par Enrique Cadícamo, Adiós Chantecler, avec lequel il salua à sa disparition le célèbre cabaret El Chantecler, de la esquina Corrientes y Paraná, où Juan D’Arienzo avait connu la plupart de ses succès entre 1936 et 1958, date de la fermeture de l’établissement.
(3) Luis Alposta est le postfacier de Barrio de Tango. Lire à ce propos
mon article du 6 janvier 2010 où je commente la postface et la couverture, en plus du projet littéraire qui structure l’ensemble de l’ouvrage.
(4) Un autre label, Pichuco Records, m’a cédé quant à lui une photo de Raúl Garello et Horacio Ferrer en pleine séance de travail, crayon en mains. Cette photo de deux Maestrazos (maestros d’entre les maestros) du disques illustre un autre morceau, une milonga complètement loufoque, éditée par Pichuco Records, la maison de disque fondée par Francisco Torné, qui gère, avec son frère et sa soeur, l’héritage du grand-père par alliance, Aníbal Troilo (ils sont les petits-enfants de Zita Calahi de Troilo, l’épouse de Pichuco). Tout ça pour vous dire que Melopea, qui a sans doute le catalogue de qualité de musique le plus étendu et le plus variés de tous les labels indépendants argentins, laisse aussi vivre d’autres maisons, d’excellente qualité elles aussi, et tout aussi mal distribuées hélas de ce côté-ci de l’Atlantique. Dans la rubrique Les commerçants del Barrio de Tango, en partie basse de la Colonne de droite, j’ai disposé d’un lien vers Melopea et vers Tangostore, la boutique en ligne du grand disquaire Zivals de Buenos Aires, un site de confiance pour autant que vous respectiez les consignes habituelles pour la sécurité de toute transaction en ligne. Tous les disques de Melopea et de Pichuco Records y sont référencés. Pas toujours disponibles en permanence mais à coup sûr référencés.
(5) Les chèques ne seront encaissés par les éditions du Jasmin qu’à l’arrivée sur le sol français des disques, pour un envoi du livre et du disque à votre adresse, sans doute à la mi-avril. On va laisser passer les fêtes de Pâques, d’autant que c’est un des rares longs week-ends de cette année où les jours fériés à date fixe tombent presque tous le samedi ou le dimanche. Mauvaise pioche !
(6) Vous pouvez m’écrire sans crainte, je ne conserve en fichier que les adresses mails des abonnés à la Gazette ou la Gacetilla de Barrio de Tango (la newsletter mensuelle du site) et je ne vends les adresses à personne. Comme vous avez pu le constater, Barrio de Tango est un site libre de toute pollution publicitaire. Je n’y fais pas non plus de publi-reportage. Cela fait du bien, un peu de gratuité dans la vie, non ?