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lundi 15 juin 2026

Adieu, Taty : les droits de l’Homme en deuil [Actu]

"Maintenant et pour toujours", dit le gros titre
sur cette photo récente de la disparue
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Fille d’un militaire qui fit carrière dans la cavalerie et se retira avec le grade de lieutenant-colonel, Lidia Estela Mercedes Miy Uranga, dite Taty, était née le 28 juin 1930. Elle vient de nous quitter à l’âge de 95 ans dans son sommeil, entourée des deux enfants qu’il lui restait, sa fille et l’un de ses deux fils, à l’Hôpital Italien, où elle avait été admise il y a trois semaines.

Taty Almeida était tout à la fois ce qu’on appelle en français familier « une sacrée bonne femme » (on ne la lui faisait pas !) et une adorable minuscule vieille dame qui vous donnait envie de la serrer dans vos bras... Jusqu’à son dernier jour, elle est restée une militante active des Droits de l’Homme, une résistante dans l’âme. Elle était la présidente de l’association Madres de Plaza de Mayo Línea Fundadora, celle des deux associations issues du mouvement des Mères [de disparus] de 1976 qui est inclusive, tolérante et sans option partisane autre que celle de la démocratie et de l’État de droit, même si Taty Almeida s’est montrée aux côtés de Cristina Kirchner, surtout à partir du moment où l’ancienne présidente a été en but à des manœuvres judiciaires et médiatiques déloyales destinées à la faire condamner coûte que coûte pour l’écarter des processus électoraux (où elle a toujours gardé des chances d’être élue).

Taty Almeida avait rejoint le mouvement des Mères de la Place de Mai parce qu’elle recherchait son fils qui est toujours porté disparu à ce jour. Elle avait bien entendu compris depuis longtemps qu’il était mort et elle n’aura hélas jamais pu le porter en terre.

Elevée dans une famille militaire, elle-même mariée avec un officier, dont elle a divorcé avant le coup d’État en 1970, elle était politiquement opposée au péronisme et cela n’a pas suffi à épargner sa famille sous le régime dictatorial de la Junte militaire de 1976-1983, dont la plupart des victimes appartenaient au vaste mouvement du péronisme, lequel se développe sous des formes multiples, qui va de la gauche révolutionnaire à la droite autoritaire en passant par la gauche de gouvernement dans le cadre démocratique (pour les effectifs les plus nombreux).

De profession, Taty Almeida (du nom de son mari et donc de ses enfants) était enseignante (comme l’était d’ailleurs aussi Estela de Carlotto, présidente de Abuelas de Plaza de Mayo). Son fils disparu, Alejandro, avait commencé sa vie professionnelle comme journaliste à la défunte agence de presse nationale Télam puis en 1974, il était entré à l’institut national de météorologie (que Milei est en train de détruire) tout en faisant parallèlement des études de médecine. Sans rien dire à sa mère, qu’il savait opposée à cette option, Alejandro Almeida avait rejoint un groupe révolutionnaire péroniste qui n’hésitait pas à utiliser la violence contre la dictature et, un jour, il a disparu le 17 juin 1974, neuf mois avant le coup d’État de Videla et consorts, sans doute victime de la Triple A, l’association argentine anti-communiste fondée par le couple Perón, Juan et Isabel qui lui succéda après le décès de son mari. Taty Almeida a frappé à toutes les portes des militaires qu’elle connaissait par son parcours familial et personnel. En vain. En 1976, elle s’est fait violence pour se rapprocher de l’association Madres de Plaza de Mayo qui l’a accueillie avec une empathie et une sororité qu’elle n’avait pas imaginées. Elle a alors connu une sorte de conversion politique. Abandonnant ses préjugés idéologiques, elle a rejoint la lutte pour les droits de l’Homme au sein de cette association alors unitaire.

En Argentine, le mot « gorila » (gorille en français) désigne les anti-péronistes. Avec un sourire, elle aimait dire d’elle-même qu’elle était une « gorille épilée » (ou rasée). Après la répression militaire, en 1983, l’horizon démocratique lui avait redonné de l’espoir jusqu’à l’élection de Javier Milei, qui porte en lui, avec ses alliés, la volonté de réhabiliter la Junte et son régime de répression sanglante.

En avril dernier, devant ses enfants survivants et ses petits-enfants, la UBA (Universidad de Buenos Aires) l’avait faite Docteure honoris causa, ce qui l’avait émue aux larmes. Taty Almeida avait pris part aux célébrations du cinquantenaire du coup d’État de 1976 organisées par Página/12 et, dans ce cadre, en décembre dernier, elle avait accordé une interview au quotidien qui la republie aujourd’hui sur son site Internet (ici en vidéo).

Samedi, elle semblait aller mieux. Elle s’était même maquillée pour une séance de photo. La veille de sa mort, elle avait téléphoné à Página/12, comme elle le faisait très fréquemment, pour signaler une activité à venir des militants des droits de l’Homme. Pourtant hier matin, ses enfants ont pu constater qu’elle allait vraiment très mal. Elle s’est éteinte hier soir à 19h30.

Taty Almeida sera veillée aujourd’hui, de 14h à minuit puis demain de 8h à midi, à la Fédération des Ouvriers et Salariés Téléphoniques de la République Argentine (FOETRA), dans le quartier central de Balvanera, à Buenos Aires.

La famille a demandé qu’il n’y ait pas de fleurs. Un seul hommage est recevable : un don à Madres de Plaza de Mayo Línea Fundadora pour que celles-ci continuent la lutte dans le contexte très hostile développé par les actuels pouvoirs publics tant au niveau fédéral qu’à celui de la Ville autonome de Buenos Aires.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 25 mars 2026

Très grosse affluence pour le cinquantenaire du coup d’État [Actu]

"Plus que jamais" dit le gros titre
en reversant la formule habituelle des militants
contre la dictature : "Nunca más" (plus jamais)
Cette photo prise au-dessus de Plaza de Mayo
ne montre pas la grande banderole des disparus,
constituée des milliers de leurs visages,
qui traverse traditionnellement le cortège
En haut à gauche, le toit rouge doté d'une tour,
c'est le Cabildo, l'Hôtel de Ville colonial
où se sont tenus les grandes réunions révolutionnaires de 1810
en haut, à droite, le toit rouge au-dessus d'une colonade,
c'est la cathédrale de Buenos Aires
Dans le cercle vert, le pyramidion commémoratif
de la Révolution, datant de mai 1811
et tout en bas, la tribune provisoire
d'où les personnalités ont harangué la foule
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Hier, la Plaza de Mayo au cœur de la Buenos Aires historique était si pleine que les rues adjacentes peinaient à contenir la foule, même à plus de 100 mètres de la place elle-même. Les Unes des journaux le montrent d’ailleurs sans équivoque.

"Manifestation massive de l'opposition
pour rappeler les 50 ans du coup d'Etat", dit le gros titre
Sur cette photo, on voit la banderole des disparus
qui contourne le Pyramidion commémoratif de mai 1811
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De très nombreuses personnalités politiques se sont jointes aux manifestants tandis que le président et son gouvernement, sans se montrer, ont continué à jouer la carte de ce qu’ils appellent « la mémoire complète » qui met sur le même plan les victimes du terrorisme d’État (environ 30 000 morts et 500 enfants volés à leur famille) et les quelques personnalités, militaires et civils, qui servaient le régime dictatorial que la résistance populaire armée a assassinées, comme si les deux violences étaient les mêmes en moyens comme en nature.

Une autre vue de la place, avec la Casa Rosada au fond,
derrière le trou noir du podium des orateurs
On voit le long ruban de la "bandera de los desaparecidos",
la banderole des disparus
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa (qui n’a pas publié de Une ce matin sur son site Internet)
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

Ajout du 30 mars 2026 :
lire cet article de Página/12 où l'ancien juge Baltazar Garzón, grand défenseur de l’État de droit en Espagne et dans toute l’Amérique hispanique, analyse ce qu’il se passe en Argentine autour de ce cinquantenaire

Ajout du 31 mars 2026 :
lire cet article de Página/12 sur la déposition d’un témoin dans l’affaire dite des Cuadernos (les cahiers), l’actuel procès pour corruption contre Cristina Kirchner, lequel repose sur des preuves plus que contestables, comme l’a remarqué Baltazar Garzón. Du grand n’importe quoi pour le plaisir de la mettre en prison...

lundi 23 mars 2026

La maison d’une Madre de Plaza de Mayo devient un musée de la mémoire – Article n° 7800 [Actu]

Norita chez elle, sans son foulard de Madre de Plaza de Mayo


Nora Cortiñas, décédée le 25 mai 2024 à Castellar, dans la Province de Buenos Aires, avait perdu l’un de ses fils, Gustavo, disparu à 24 ans et que l’on n’a jamais retrouvé.

La maison hier, vue du patio où le public a fait la fête

Hier, sa maison, à Castellar, est devenue un musée et un espace culturel consacré à la mémoire des événements de 1976-1983, grâce au fond d’archives constitué par Norita tout au long de sa vie, et à toutes les luttes pour les droits de l’homme auxquels elle avait consacré sa vie.


Interview sur une radio locale des initiatrices du projet

Une association militante locale, qui porte le nom de la fastueuse demeure de maître à l’architecture du 17e siècle français qui servit de centre clandestin de détention et de torture à Castellar, la Asociación Seré, a conçu ce projet en lien avec la famille de la disparue. La Legislatura de la Province soutient ce projet devenu réalité.

Dans le couloir qui relie la rue et le patio

La date n’avait pas été choisie au hasard. Hier aurait été le 96e anniversaire de Norita Cortinas et demain sera le 50e anniversaire du coup d’État qui l’a précipitée dans sa militance et la recherche, en vain, du corps de son fils.

Une belle fête, chaleureuse et militante, s’est tenue dans le patio de la maison en présence de plusieurs membres de la famille, du Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel et du public venu partager des convictions et des chansons.


Le témoignage de la vitalité des droits de l’homme dans ce pays qui pourtant menace de glisser à court ou moyen terme dans un régime autoritaire, voire dictatorial.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Diario Zona Norte, un journal local

mercredi 4 mars 2026

Les militants des droits de l’homme demandent justice pour Cristina [Actu]


Hier, dans une annexe de la Chambre des Députés, les associations des droits de l’homme accompagnées par Adolfo Pérez Esquivel, le prix Nobel de la Paix argentin, ont tenu une conférence de presse pour réclamer que justice soit rendue à Cristina Kirchner, qui subit depuis plusieurs mois une lourde peine d’incarcération à domicile sous bracelet électronique, avec des conditions qui ne cessent de s’alourdir au point que l’ex-présidente n’a même plus le droit de sortir sur la terrasse de son appartement portègne (alors qu’on est encore en été), qu’elle n’a droit à la visite que de quatre personnes par semaine pour deux rencontres de deux heures maximum chacune alors que d’autres condamnés, à des peines beaucoup plus lourdes (réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’humanité) ont maintenant droit à une détention à domicile, sans bracelet et sans restrictions ni pour sortir ni pour recevoir du monde.

Les militants ont montré des documents prouvant que les sbires de la dictature militaire désormais revenus à la maison se la coulent douce, avec fête d’anniversaire en toute liberté et en tout cynisme.

Ils ont répété qu’il y avait là deux poids deux mesures, d’autant qu’ils estiment que l’ancienne présidente constitutionnelle, élue à deux reprises lors d’élections libres, est innocente des méfaits pour lesquels elle a été condamnée, ce qui est exact puisqu’elle l’a été sous le prétexte qu’en tant que chef d’État, elle aurait dû savoir tout ce que faisait l’ensemble des personnes composant la structure hiérarchique dépendant de son autorité, ce qui est humainement insoutenable et qui prouve que la Justice n’a pas trouvé contre elle de faits véritablement incriminants puisque sa condamnation repose sur des agissements dont ses subordonnés se sont rendus coupables et non pas elle.

Cette conférence de presse faisait suite aux insultes et aux menaces dont Javier Mileí a parsemé, dimanche soir, son très long discours d’ouverture de la session parlementaire (le président argentin a tout fait pour égaler en durée et en chaos le discours sur l’état de l’Union de Trump, son modèle).

Bien sûr, seul Página/12 a rendu compte de cette conférence de presse.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 31 mars 2025

Le gouvernement argentin coupe le budget de la ex-ESMA [Actu]

"La Esma dans le viseur", dit le gros titre
sur cette photo emblématique de ce qui fut le pavillon d'honneur
de l'école supérieure de mécanique de la Marine
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Depuis le le retour de la démocratie en Argentine, le 10 décembre 1983, la politique des droits de l’homme et par conséquent celle de la mémoire des crimes contre l’humanité commis par la dictature militaire des années 1976-1983 est une politique d’État. La justice, l’éducation, la culture, la recherche, la diplomatie argentines participaient toutes de cette politique nationale jusqu’à la prise de fonction de Mileí, le 10 décembre 2023.

Presque aussitôt en poste, le nouveau président a interdit aux diplomates de faire la moindre référence à ces programmes, comme à ceux d’inclusion, de lutte contre la discrimination, contre les maladies infectieuses (notamment la politique de lutte contre le covid) et sur le changement climatique, puis il a engagé une stratégie d’intimidation à l’endroit des associations militantes, des syndicats et de toutes les institutions participant de l’une ou l’autre de ces politiques. Il franchit en ce moment une nouvelle étape en supprimant les budgets nationaux qui faisaient vivre les centres culturels consacrés à la défense des droits de l’homme dans une vaste cité thématique installée, au lendemain du retour à la démocratie, dans une enceinte qui avait appartenu aux forces armées qui y avaient installé un centre de détention, de torture et d’exécutions extrajudiciaires qui a fonctionné pendant toute la durée de la dictature.

Ce budget fédéral démocratique finançait notamment les salaires des personnels travaillant dans les centres culturels, dont celui du ministère de la Justice, le Centro Cultural Haroldo Conti, déjà fermé il y a quelques semaines. C’est désormais le sort qui attend les autres pavillons, avec tous leurs programmes de spectacles, d’expositions, de conférences, de colloques et d’ateliers pour les adultes et les enfants. Des activités gratuites ou à prix très abordables.

C’est Trump sur Río de la Plata. A l’œuvre, la même logique néofasciste et la même utilisation orwellienne du mot « liberté » pour désigner son contraire.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12


Ajout du 4 avril 2025 :
lire cet article de Clarín

jeudi 13 février 2025

Un récital à la ex-ESMA censuré [Actu]

"Tout ça, c'est une saloperie de m..; d'un fils de p..."
Ce gros titre reprend une expression publiée par l'artiste
quand il a dû annoncer sur ses réseaux sociaux
l'annulation de son concert.
En haut, le retrait de la bâche consacré à Néstor Kirchner
(que l'on reconnaît encore très bien à droite)
En bas, les abords de la ex-Esma en état de siège
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Hier, le gouvernement argentin a interdit la tenue d’un concert où un jeune chanteur underground de 18 ans, Milo J, devait présenter en avant-première son premier disque, intitulé 166, du numéro de la ligne de bus qui dessert sa ville de Morón dans la banlieue populaire de Buenos Aires. Le populo allait chanter au cœur des beaux quartiers de la capitale fédérale.

Qui plus est, le jeune auteur-compositeur-interprète, au look peu conventionnel, se veut solidaire de la lutte de Madres de Plaza de Mayo, dont les adhérentes sont réputées non sans raison kirchneristes (la gauche péroniste que Mileí s’efforce de rayer de la carte politique argentine). Le récital devait se tenir devant le centre culturel animé par cette association dans l’un des pavillons de l’ancienne école de la marine nationale, qui a fait place aujourd’hui à une vaste cité tout entière consacrée aux liens entre la culture, les arts et les droits de l’homme.

Il était prévu que le récital, gratuit, se tiennent à guichets fermés puisque 20 000 personnes avaient déjà réservé leur place.


Le chanteur pose, l'année dernière,
devant un bus de la ligne 166
affichant fièrement sa destination

Le ministère de la Justice, sous l’autorité duquel, en sa qualité de gardien du droit, est placé l’ex-ESMA, a prétendu que le concert comportait des risques grave de troubles à l’ordre public et, au dernier moment, il a interdit la manifestation, où il ne fait certes aucun doute que la foule des participants aurait profité du rassemblement pour exprimer bruyamment son opposition à toute la politique en vigueur dans tous les domaines (culturel, économique, social, scientifique, éducatif, sanitaire, etc.). Ce n’était pas une raison pour interdire l’accès du public à l’ex-ESMA à grands renforts de forces de sécurité armées jusqu’aux dents, comme pour réprimer une émeute en cours. Pas plus que ce n’était un motif pour détruire, sur le lieu du concert, une bâche géante qui supportait une photo emblématique du retour à la démocratie, celle où l’on voit, au début des années 2000, le défunt président Néstor Kirchner assister au décrochage du portrait du dictateur putschiste Rafael Videla dans la galerie des présidents à la Casa Rosada.

Couverture du 1er mars 2024
Le sous-titre sous le nom dit :
"la vertigineuse ascension du nouvel enfant terrible
de la musique argentine"
Cela en dit assez long sur l'avenir probable de ce garçon
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C’est bel et bien une censure politique sur un spectacle, une persécution visant l’artiste ainsi que les associations de victimes de la dictature militaire, que Mileí s’efforce de faire taire et de discréditer afin sans doute de réhabiliter à terme les criminels de ce gouvernement anticonstitutionnel (1976-1983). Ce matin, l’affaire fait beaucoup de bruit dans la presse quotidienne, à gauche bien entendu (Página/12 en fait sa une), mais aussi à droite. L’année dernière, le 1er mars, Milo J avait eu l’honneur de la couverture de Rolling Stones dont l’édition argentine appartient au groupe La Nación, le journal des élites économiques du pays.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación, qui ne fait pas figurer l’info à la Une
lire l’article de Rolling Stones Argentina

vendredi 31 mai 2024

L’Argentine des droits de l’homme pleure Nora Cortiñas [Actu]

"L'éclair qui ne disparaît pas", dit le gros titre
sur cette photo d'archive :
un défilé du 24 mars il y a plusieurs années
Nora Cortiñas est encore debout, sur ses jambes
Il y a quelque temps qu'elle était en fauteuil roulant
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Nora Cortiñas avait 94 ans. Cette psychologue de formation avait perdu son fils aîné pendant la Dictature militaire de 1976 et avait alors fondé l’association des Mères de la Place de Mai (Madres de Plaza de Mayo). Elle était la présidente de Madres de Plaza de Mayo Línea Fundadora, celle des deux associations issues de la scission du mouvement pendant la démocratie qui fait le plus consensus (celle qui a conservé la dénomination originelle divise beaucoup la société argentine à cause des prises de position politique et idéologique très clivantes de son ancienne présidente).

Nora Cortiñas n’a jamais su ce qu’était devenu son fils. On n’a jamais à ce jour retrouvé ses traces ni dans les archives ni physiquement.

Ce matin, toute la presse lui rend hommage avec décence. Página/12 consacre une grande part de son édition du jour à la disparition de cette figure solaire d’une militante de tous les droits des personnes (elle avait pris fait et cause pour la légalisation de l’avortement). Sur Whatsapp, je reçois des statuts de plusieurs de mes contacts argentins qui publient des photos d’elle.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


P. S. : Comme d’ordinaire dans ce blog lorsqu’il y a un deuil significatif dans la vie culturelle du pays, je ne publierai rien d’autre aujourd’hui. Les autres faits qui méritent qu’on s’y arrête feront l’objet d’articles que je mettrai en ligne demain.

mercredi 24 avril 2024

Sortie d’un documentaire sur Taty Almeida [à l’affiche]

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Ce soir, mercredi 24 avril 2024, à 19h, dans l’auditorium d’une université publique populaire, la UMET, à Buenos Aires (à la même adresse que la salle du Centro Cultural Caras y Caretas, dan sle quartier de San Nicolás), première projection d’un documentaire qui fait le portrait d’une des plus sympathiques militantes de l’association Madres de Plaza de Mayo Línea Fundadora, la plus ouverte du point de vue politique et idéologique des deux organismes auxquels ont donné naissance les manifestations historiques des mères sur Plaza de Mayo pendant la dictature de 1976-1983.

Entrée libre et gratuite.

Taty Almeida était hier dans la rue, assise, eu égard à son grand âge, sur l’estrade installée sur Plaza de Mayo, pour participer à sa façon, comme elle l’avait promis publiquement, à la manifestation en faveur du système universitaire public et gratuit.

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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 5 avril 2024

Le Festival Tango ECuHNi envers et contre tout [à l’affiche]



Demain, le Centre culturel ECuNHi (Espacio Cultural Nuestros Hijos, espace culturel nos enfants), animé par l’association Madres de Plaza de Mayo, lance une nouvelle édition de son festival de tango, qui dure une petite demi-journée…

Au programme, récitals, ateliers, cours de danse, rencontre avec les artistes.

Entrée libre et gratuite, dans le campus de l’ex-ESMA devenue un campus des droits de l’homme. Un pied-de-nez au président qui ne supporte par l’existence de ce type d’institution.

Comme d’habitude, seul Página/12 en parle.

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
visiter la page Facebook de la manifestation.

lundi 25 mars 2024

Grande manifestation des droits de l’homme hier [Actu]

"Nous avons 30.000 raisons de défendre la patrie",
dit le gros titre reprenant le slogan des manifestants
On voit ici la Plaza de Mayo archi-pleine,
jusque dans les rues adjacentes et la percée de Avenida de Mayo
(dans l'axe principal)
Le ruban qui contourne ce qu'on appelle la Pyramide de Mai
reprend les photos de tous les disparus sous la Dictature
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Hier, l’Argentine commémorait le 48e anniversaire du coup d’État de Videla et consorts qui a ouvert sept ans de la pire dictature subie par ce pays qui en a connu plusieurs.

La manifestation à La Plata avec cette jeune femme
figurant la "Liberté" coiffé du bonnet phrygien rouge
telle qu'elle est figurée à Buenos Aires au sommet
de la Pyramide de Mai, un monument érigé
le 25 mai 1811 pour le premier anniversaire de la Révolution
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Les militants de l’opposition et des droits de l’homme ont défilé dans les rues de toutes les grandes villes dans des manifestations géantes comme on en avait peu vues en quarante ans de démocratie.

"Deux sons de cloche", préfère titrer La Prensa
pour éviter de prendre parti
On y voit la Plaza de Mayo de l'autre côté.
La Casa Rosada est tout au fond
En dessous : la foule en deuil à Moscou
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De son côté, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux à faire en ce jour particulier que de publier une vidéo ignoble qui met en scène trois ténors du négationnisme des crimes contre l’humanité de la Junte et remet donc en cause, d’une manière particulièrement vicieuse et perverse, les chiffres officiels des victimes de la dictature, soit trente mille adultes disparus et environ quatre cents enfants de moins de cinq ans volés à leurs familles opposantes au régime.

"Le gouvernement a nié les 30.000 disparus
et il a rouvert la polémique", dit le gros titre
sur cette photo de Plaza de Mayo en plongée
avec la statue de la Liberté en haut de la Pyramide
(en fait un pyramidion à la romaine)
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Les journaux de droite (La Prensa, Clarín, La Nación) hésitent entre d’un côté la dénonciation de la démarche scandaleuse du gouvernement, dont ils constatent qu’il fait tout pour semer les germes d’une guerre civile dans le pays, et de l’autre leur combat traditionnel contre ces commémorations d’une époque que la droite préférerait ensevelir dans l’oubli, pour faire comme s’il ne s’était rien passé, prétendant refermer sans bruit la parenthèse afin que tout le monde reprenne sa vie sans jamais parler de rien. L’attitude « secret de famille »… Devant l’affrontement spectaculaire entre les militants du souvenir dans la rue et ce gouvernement délibérément provocateur retranché dans la Casa Rosada protégée hier comme un bunker, ces quotidiens voient bien que quelque chose ne tourne pas rond. Ou plus exactement que le pays est en train de filer un très mauvais cocon sous la présidence de cet homme au comportement fasciste.

"Pour l'anniversaire du coup d'Etat,
le gouvernement plaide pour une mémoire complète"
dit le gros titre sur une vue en plongée
de Plaza de Mayo.
Au premier plan, en bas à droite, le Cabildo
où se sont produits les événements fondateurs du 25 mai 1810
De l'autre côté, la Casa Rosada dont on voit
qu'elle est protégée de la foule qui ne peut l'approcher
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Favorable à la commémoration, à la recherche de la vérité historique et politique et à la condamnation pénale à la suite de procès légaux contre les responsables politiques, militaires et policiers des crimes du régime, Página/12 est quant à lui vent debout contre ce gouvernement, lequel ne prend plus aucune précaution ne serait-ce que pour faire au moins semblant de dissimuler son caractère agressif, anti-social et anti-démocratique.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa sur les prises de positions des organisations des droits de l’homme
lire l’article de La Prensa sur la vidéo gouvernementale
lire l’article principal de Clarín
lire le seul article de La Nación disponible en ligne sur les manifestations d’hier.

vendredi 22 mars 2024

Les artistes et les militants des Droits de l’homme préparent le 24 mars [à l’affiche]

"Maintenant plus que jamais", dit le gros titre
du supplément culturel de Página/12
sur une image de manifestation dans le parc
de la ex-ESMA, ancienne école de la marine
devenue sous Néstor Kirchner un complexe culturel
placé sous le parrainage de l'UNESCO
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Le 24 mars est traditionnellement un jour férié qui commémore le coup d’État militaire de Videla et consorts en 1976. Un jour pour célébrer le souvenir (des victimes et de la terreur d’Etat), la vérité (historique et juridique) et la justice (qu’il faut faire contre les bourreaux).

Cette année, la date tombe un dimanche et qui plus est le dimanche des Rameaux qui ouvre la Semaine sainte dans la religion chrétienne.

Devant la disparition des financements publics des institutions culturelles, les associations et le secteur culturel s’organisent pour proposer des activités aussi diversifiées que possible dans les centres culturels et certains musées. Aujourd’hui, seul Página/12 en fait part à ses lecteurs.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 5 décembre 2023

Un documentaire sur Taty Almeida pour les 40 ans de la démocratie [à l’affiche]

Taty Almeida devant les photos des trente-mille disparus
pendant la dictature militaire de 1976-1983


Taty Almeida est une figure emblématique de l’association Madres de Plaza de Mayo Línea Fundadora, issue de la scission de l’association originale Madres de Plaza de Mayo. C’est un groupe très politisé et partisan qui a conservé le nom le plus connu dans le monde.

Taty Almeida est issue d’une famille d’officiers, ce qui n’est pas le plus fréquent parmi les militantes de la cause. Elle est née à Mendoza en 1930, elle a fait des études pour être enseignante et elle a exercé le métier pendant quelques années. Le 17 juin 1975, son fils Alejandro a disparu. Un an avant le coup d’État de Videla et consorts, c’était en effet une organisation fondée par Isabel Perón, la dernière femme de Perón, la Triple A (alliance anticommuniste argentine) qui faisait régner la terreur parmi les militants des droits de l’homme et de l’État de droit. Ce n’est que quelques années après le putsch militaire que Taty Almeida a rejoint les rangs de Madres, l’organisation des mères qui exigeaient de savoir ce qu’il était advenu de leurs enfants disparus.

Le 10 décembre prochain, l’Argentine, ou du moins une partie d’entre elles, va marquer le quarantième anniversaire du retour de la démocratie, le jour même où un président qui n’en est pas vraiment un partisan acharné prêtera serment au Congrès.

A l’occasion de ce qui devait être de grandes festivités, un cinéaste, Claudio de Sautu, avait préparé un documentaire pour faire le portrait de cette femme exceptionnelle à base d’archives dans lesquelles elle s’exprime et d’interviews notamment de ses deux enfants vivants, Jorge et Fabiana.

Le documentaire vient d’être présenté lors d’une projection très discrète à la Casa de las Madres à Buenos Aires devant un public trié sur le volet. On ne peut pas dire que dehors règne le respect pour la lutte de ces femmes désormais très âgées et régulièrement insultées et menacées par des nervi de la droite et de l’extrême-droite argentine qui en ce moment se sentent pousser des ailes.

Comme de bien entendu, Página/12 est le seul quotidien d’envergure nationale qui en parle aujourd’hui.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 31 mai 2023

La vérité sort devant la justice quarante-cinq ans plus tard [Actu]


En 1978, une jeune femme enceinte et déjà maire d’un petit garçon, Eduardo, de deux ans disparaissait, enlevée par les sbires du régime putschiste. Un peu plus tard, elle a été fusillée dans une exécution extra-judiciaire comme il y en avait tant sous la dictature militaire, connue aujourd’hui sous le nom de « Masacre de la calle Belén » (le massacre de la rue de Bethléém). Son corps a été détruit par le feu pour qu’il ne reste pas une seule trace du crime. Son compagnon a été assassiné au cours du même massacre.

Le petit Eduardo est devenu un cacique de la branche du péronisme qui est actuellement au pouvoir. A gauche, il est même un présidentiable potentiel assez connu pour ne pas être ridicule (de là à être éligible, c’est autre chose dans le contexte actuel, très défavorable aux sortants). Il est actuellement ministre de l’Intérieur du gouvernement fédéral. Il est surtout connu par son surnom plutôt que par son prénom. Il s’appelle Wado de Pedro. Sa maman s’appelait Lucila Révora. Ce matin, sa photo fait la une de Página/12 (qui, au comble de la contradiction, continue de soutenir Poutine au nom de la lutte contre l’impérialisme et en faisant silence sur les crimes contre l’humanité qui se commettent de nos jours en Ukraine – et ailleurs sous l’autorité du dictateur kagébiste).

Dans l’article, le journal met côte à côté la photo en noir et blanc de la maman et celle, en couleurs, du ministre presque cinquantenaire que l’on connaît aujourd’hui : la ressemblance est frappante. Elle est donc aussi très émouvante.

Wado de Pedro a appris le sort réservé à sa mère grâce à l’audition d’un ancien gendarme dans un procès contre les crimes de la dictature. L’homme, qui a participé à la commission des faits, répondait aux magistrats à travers une connexion Zoom.

Il y a quelques temps, le ministre s’était rapproché d’un collectif qui permet aux enfants des criminels de la dictature qui renient le régime militaire de leurs parents de rencontrer les victimes de ce régime : cette institution milite pour une réconciliation à la sud-africaine, dans une démarche de vérité de la part des bourreaux ou de leurs descendants. En complément de son article de tête sur Lucila Révora, Página/12 a donc choisi de publier l’interview d’un des membres du collectif, Analía Kalinec.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur les déclarations de l’ancien gendarme
lire l’interview de Analía Kalinec, fille d’un sbire de la dictature.

vendredi 24 mars 2023

Comme tous les 24 mars, l’Argentine se souvient : Nunca más [Actu]

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Tout en bas : "Face à face avec Joe Biden" :
le président Fernández vient de partir pour un sommet
des Amériques où il doit avoir un entretien particulier avec
son homologue des Etats-Unis


En Argentine, le 24 mars est un jour férié consacré au souvenir du dernier coup d’État militaire intervenu le 24 mars 1976 et à toutes ses victimes : Nunca más – Pus jamais ça !

"La culture n'est pas amnésique", dit le gros titre
sur les photos des disparus de la Dictature
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La presse de droite en fait à peine mention. Quelques articles pour indiquer les lieux où les manifestations officielles et les défilés militants auront lieu. C’est tout. Les unes sont consacrées à la victoire de la Scaloneta, nouveau surnom de l’équipe nationale de foot, dans un match amical qui a permis aux supporters de fêter une fois encore la troisième étoile de leurs champions. La droite prend ce jour pour des vacances comme les autres et cette année, chic, ça tombe un vendredi, ça fait donc un long week-end.

"Nous aimons tellement Nora" dit le gros titre
de ce supplément féministe
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En revanche, c’est la presque intégralité de son édition de ce jour que Página/12 consacre à la question des Droits de l’Homme et à l’histoire du coup d’État comme à celle des associations militantes de victimes de la répression. Les unes nationale et locales y font référence. Celles de plusieurs suppléments thématiques aussi !

"La Province a eu son Hitler", dit le gros titre
En rouge au-dessus : Rapport spécial sur la dictature à l'école
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Le plus choquant dans tout cela, c’est que, depuis que la CPI a émis l’ordre d’arrestation contre Poutine et sa blonde commissaire aux droits des enfants, ce journal, si prompt à relayer (à juste titre) toutes les informations concernant la recherche des enfants volés à leur famille sous la Dictature, prend fait et cause contre l’Ukraine et pour Poutine au sujet des enfants volés par l’ennemi, déportés en Russie et adoptés là-bas sous des identités falsifiées rendues possibles par un décret tout ce qu’il y a de plus officiel du président de la Fédération de Russie ! Au moins, la Junte avait-elle conscience de commettre un crime. Elle a tout manigancé en secret ! A longueur d’articles et d’éditoriaux, Página/12 parle à ce sujet de « soi-disant crimes », exactement comme le fit en son temps cette même Dictature que la rédaction honnit ce matin.


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Au mois d’août lorsque j’étais à Buenos Aires, j’ai été sidérée par l’hostilité à l’Ukraine et le mépris abyssal que beaucoup de mes amis de gauche professaient contre le président Zelensky dont ils ne savent finalement que fort peu de choses et la plupart du temps, en plus, ce sont des choses fausses. Et ils ne manifestaient aucune curiosité pour sortir de leurs croyances, toutes moulées par la propagande russe qui agit avec la force d’une secte. Désolant !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article du supplément quotidien Cultura & Espectáculos sur le programme culturel de la journée sur ce thème
lire l’article de Las 12, le supplément féministe hebdomadaire, sur les souvenirs de Nora Cortiñas, militante des droits de l’Homme, féministe, militante de la dépénalisation de l’avortement et elle n’est plus de prime jeunesse !
lire l’article de l’édition de La Plata, Buenos Aires (pour la province homonyme), consacré à un responsable de la Police d’il y a 47 ans, comparé à Hitler (mais la même comparaison rapportée à Poutine fait ricaner les mêmes journalistes)
lire l’article de l’édition de Rosario où l’ancien président bolivien, Evo Morales, doit participer aux manifestations locales (un président qui a voulu se représenter alors qu’il n’en avait pas le droit constitutionnel, mais cela ne dérange personne à Página/12, tout au contraire !)