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mercredi 26 mars 2025

S’en prendre à la mémoire encore et toujours, cette fois, contre Osvaldo Bayer [Actu]

Le titre se passe de traduction !
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Il y a deux ans, la gouverneure de la province de Santa Cruz, Alicia Kirchner, sœur du défunt président Néstor Kirchner et par conséquent belle-sœur de la vice-présidente alors en fonction, Cristina Kirchner, avait inauguré à une trentaine de kilomètres de l’entrée de la capitale provinciale, Río Gallegos, un monument en l’honneur de Osvaldo Bayer, un historien militant qui s’était fait connaître pour son travail sur le mouvement ouvrier en Patagonie et la répression acharnée dont il avait fait l’objet. Son œuvre majeure, Patagonia Rebelde, est devenue une référence sur le sujet.

L'inauguration du monument
On reconnaît clairement Alicia Kirchner sous l'œil gauche du visage


Osvaldo Bayer est décédé en 2018. Tout au long de sa vie, il a affiché ses convictions anarchistes qui ont sans aucun doute marqué son approche historique et il le revendiquait comme tous les historiens qui veulent secouer le discours convenu que tiennent leurs homologues de droite qui dominent encore largement la discipline et l’offre en librairie. En Argentine comme dans le reste de l’Amérique du Sud, l’histoire politique se complaît encore dans une historiographie dépassée, installée dans le paysage par les premiers historiens du pays, en particulier à Bartolomé Mitre (1821-1906) dont l’œuvre est considérée comme un récit incontestable du premier siècle de l’Argentine, un récit qui a été institutionnalisé par la mise en place de l’école obligatoire en 1883 et qui ne parle que des leaders politiques, reléguant le peuple au rang de décor conventionnel. Osvaldo Bayer faisait donc partie de ces trouble-fête qui ont passé leur temps à contester, en revendiquant leurs biais idéologiques, ce discours répétitif et faux, qui fait piètre figure dans le paysage international d’une histoire devenue pluridisciplinaire et fondée sur la critique des sources premières. En tant qu’anarchiste, en tant que citoyen engagé à gauche, en tant qu’historien qui donnait la parole aux prolétaires du pays, Osvaldo Bayer fait partie de ces intellectuels honnies que l’actuel gouvernement voue aux gémonies.

C’est ainsi qu’hier, au lendemain des commémorations liées à la dernière dictature militaire, les services de travaux publics en charge de la voirie nationale ont détruit le monument qui bordait une route. Ils ne l’ont pas démonté. Ils l’ont détruit. A la pelleteuse. Sans avertir ni les autorités locales, qui s’y seraient opposées puisque c’était leur initiative, ni l’artiste qui a réagi publiquement en dénonçant ce manque total de respect pour sa propriété intellectuelle et pour la signification de l’œuvre.


Sous le visage on lit une inscription en espagnol inclusif :
Bienvenue ! Vous entrez sur la terre de la Patagonie rebelle
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La mairie de Río Gallegos a annoncé qu’elle allait reconstituer le monument et le placer ailleurs sur le territoire communal.

Cette destruction agressive est si choquante que pour une fois, Página/12 n’est pas seul à dénoncer les faits. Clarín et La Nación les rapportent également, avec force photos à l’appui !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12, qui en fait sa une
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
Bien entendu, de très nombreux quotidiens locaux se font l’écho de l’affaire.

Ajout du 4 avril 2025 ;
lire cet article de Página/12 sur la pose d’une réplique du portrait détruit dans l’une des entrées de la UBA (Universidad de Buenos Aires)

lundi 14 août 2023

Quarante ans après le retour de la démocratie, la catastrophe n’est pas impossible [Actu]

"Octobre en feu", dit le gros titre
(en général, on pense "octobre en fleurs", puisque c'est le printemps)
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Hier se tenait la première phase des élections générales en Argentine, les PASO, système de sélection des candidats admis au premier tour, lequel se tiendra en octobre et auquel il suffit d’obtenir 45 % des voix pour être élu président de la Nation.

Les sondages accordaient autour de 20 % au candidat le plus éloigné de l’État de droit et de l’ordre constitutionnel, l’anarcho-libertaire bolsonaro-trumpien et nettement fascisant Javier Mileí. Depuis hier soir, il se trouve en tête du personnel politique argentin puisqu’il a recueilli 30 % des voix exprimées, dans un contexte d’absentéisme record. Seuls 68 % des électeurs se sont en effet déplacés dans un pays où le vote est pourtant obligatoire.

"La nuit du Lion", titre le quotidien des ultra-catholiques
Hier, ils avaient titré triomphalement : "Demain, ce sera un autre pays"
C'est bien un autre pays, mais je ne suis pas sûre
qu'ils puissent s'en réjouir
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Derrière Mileí et son effrayant programme dont la justice sociale, considérée comme une escroquerie, est bannie et la vente des organes largement permise, arrivent la droite libérale officiellement constitutionnelle, désormais représentée par Patricia Bullrich, qui veut libéraliser le port d’armes et mise sur une présomption d’innocence pour tout policier qui sort son arme et tue quelqu’un, et, en troisième place, Sergio Massa, l’actuel ministre de l’Économie, représentant le péronisme de gauche (ou de centre-gauche).

Trois points séparent ces trois courants de pensée mais si l’on calcule à partir des voix qui se sont portées sur chaque candidat et non plus famille politique par famille politique, l’ordre et les marges sont différents : Mileí arrive toujours en tête mais c’est Sergio Massa qui le suit avec 21 % des voix. Il précède donc Bullrich qui n’a obtenu que 17 % des suffrages.

"Milei a créé la surprise dans tout le pays
Bullrich a gagné chez Juntos por el Cambio"
(ensemble pour le changement)
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Reste à savoir comment va s’opérer le transfert des voix. Il n’est pas sûr que les 11 % qui, dans la droite libérale, ont voté hier pour Horacio Rodríguez Larreta, le chef de l’Exécutif municipal de Buenos Aires qui reçoit un camouflet électoral spectaculaire après avoir longtemps figuré comme le champion naturel et évident de son camp, acceptent tous comme un seul homme de voter pour la très droitière et très violente Patricia Bullrich tant les positions des deux concurrents sont incompatibles sur bien des points.

Il est possible aussi que des électeurs de Mileí, dont personne ne pensait qu’il arriverait en tête, se repentent devant les résultats effectifs et votent différemment au premier tour en octobre. Peut-être ne le feront-ils pas tous pour Bullrich tant il y avait de colère qui s’exprimait dans ce pré-scrutin sans effet décisif et considéré donc comme négligeable ou accessoire par bon nombre de citoyens argentins.

A gauche, eu égard aux enjeux imposés par cette double droite triomphante de cette nuit, il est probable que le report des voix qui sont allées à Juan Grabois, un syndicaliste qui représente une gauche façon « insoumise » avec un programme peu réaliste en Argentine mais indéniablement ambitieux sur le plan social, soit très large en octobre. Le candidat battu a lui-même montré l’exemple en allant rejoindre Sergio Massa, dès la fin de son propre discours, pour lui apporter sur le champ tout son soutien, comme il l’avait promis en se présentant contre lui au dernier moment. Or il a remporté 6 % des suffrages exprimés, ce qui nous donne un bloc de 27 %, soit un score assez peu éloigné de Mileí et dix points au-dessus de celui obtenu par Bullrich.

"Choc électoral : Milei gagne, Bullrich l'emporte sur Larreta
et le kirchnerisme arrive troisième"
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Et qu’en sera-t-il des abstentionnistes d’hier ? Iront-ils voter en octobre ?

Au niveau local, deux résultats secouent aussi le paysage local et national :

- le kirchnerisme, mouvement lancé par le défunt mari de l’actuelle vice-présidente Cristina Kirchner, perd le poste de gouverneur de la province de Santa Cruz qu’il détenait depuis plus de trente ans, depuis la toute première victoire électorale dudit Néstor Kichner, dont la sœur, Alicia Kirchner, occupe le siège depuis des temps immémoriaux et jusqu’à la toute prochaine prestation de serment du vainqueur d’hier, un syndicaliste de l’industrie pétrolière, dissident du kirchnerisme ;

- à La Plata, capitale de la province de Buenos Aires, en revanche, c’est le gouverneur kirchnériste qui devrait rempiler, Axel Kiciloff, dont les oreilles ont pourtant dû siffler ces derniers jours, à la suite de plusieurs faits divers particulièrement sordides qui ont fait mettre en doute sa politique de sécurité publique. Il vient pourtant d’engranger un très beau score. Depuis quatre ans, Kiciloff a mené une politique plutôt cohérente dans sa gigantesque province et il semble en avoir retiré les fruits électoraux hier. Ce qui met du baume au cœur de son camp, étrillé par ces résultats nationaux cauchemardesques.

Cette fin d’hiver et ce début de printemps promettent donc d’être très durs pour les Argentins qui ont en quelque sorte vécu hier soir leur 21 avril 2002, avec de surcroît un président sortant qui n’a pas pu se représenter, comme Hollande en 2017.

Le 10 décembre prochain, journée internationale des Droits de l’Homme, l’Argentine doit célébrer les quarante ans du retour de la démocratie. Ce sera aussi le jour où le nouveau chef d’État prêtera serment.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 8 août 2022

Cristina récuse ses juges après une une de Página/12 [Actu]

"Des amis, nous avons toujours été des amis", dit le gros titre
Une d'hier
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Hier, à la une (ci-dessus), Página/12 apportait la preuve photographique d’une collusion de longue date entre le procureur qui porte actuellement l’accusation contre Cristina Kirchner dans le dossier des travaux publics à Santa Cruz et le juge du siège qui dirige les débats et aura à se prononcer dans les jours qui viennent sur sa culpabilité ou son innocence et dans le premier cas sur la peine dont écoperait la vice-présidente qu’une large partie de la droite veut voir derrière les barreaux le plus tôt possible.

Les deux magistrats sont en effet membres de la même équipe de football amateur, laquelle s’est rassemblé et a joué plus d’une fois dans le jardin d’une des propriétés privées de Mauricio Macri qui, alors président de la Nation, agissait comme hôte invitant envers ses amis juges.

En découvrant l’article du quotidien de gauche, Cristina Kirchner a aussitôt fait savoir urbi et orbi qu’elle avait donné instruction à son avocat d’entamer une démarche officielle pour récuser le procureur et le président des audiences.

Ce qui, dans les journaux d’opposition (droite), a déclenché ce matin une avalanche d’articles et d’éditoriaux pour répéter que la Justice dispose d’une grande quantité de preuves de la corruption de cette justiciable un peu spéciale. Il n’en reste pas moins que la photo apportée publiquement par Página/12 pèse lourd dans le dossier et que tous les journalistes doivent en convenir.

"La délinquance en bande, c'est la leur", dit le gros titre
en citant la vice-présidente
Une de ce matin
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L’avenir nous dira si le recours de la vice-présidente changera ou non le cours du procès. Il devrait en être ainsi : l’affaire devrait passer à d’autres magistrats mais on est en Argentine où, on l’a récemment vu avec une mesure qui a protégé Mauricio Macri malgré des preuves très lourdes contre lui, la Justice n’est pas toujours à l’abri de la partialité politique et idéologique.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajouts du 13 août 2022 :
Cristina n’aura pas obtenu que ses juges lâchent l’affaire. Et
Página/12, en continuant ses enquêtes, a découvert un nouvel élément de preuve sur la partialité des magistrats : cette fois, il s’agit d’un procureur qui s’est rendu à plusieurs reprises à la direction du renseignement au moment même où, sous la présidence Macri, les procès commençaient à pleuvoir sur l’ancienne présidente. Le journal comme elle-même en tirent la conclusion qu’il allait prendre ses ordres ou qu’il complotait avec les services dont on sait qu’ils ont été utilisés par Macri au moins dans l’affaire des écoutes illégales contre les ayant-droit des sous-mariniers du ARA San Juan qui a disparu en mission. Cristina se lance donc dans une seconde récusation d’un procureur qui a tout aussi peu de chances d’aboutir. Elle pourra toujours se servir de ces démarches devant la cour d’Appel si elle est condamnée (comme c’est probable).
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 sur les visites du procureur aux services de renseignement
lire l’article de Página/12 sur la seconde récusation d’un magistrat
lire l’article de Clarín sur le refus de la Cour de faire récuser les juges (la Cour estime en effet que les éléments trouvés par Página/12, des parties de foot amicales disputées dans la propriété privée du chef de l’État, adversaire politique de la prévenue, font partie « des relations professionnelles normales » – quelle étrange conception du métier de magistrat !)
lire l’article de La Nación sur le même sujet.

mardi 2 août 2022

Sévère réquisitoire du parquet contre Cristina et feu son mari [Actu]

En gros titre : "Une image vaut plus que mille mots"
En haut : "Beaucoup de mousse et pas de preuves"
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C’est une affaire complexe et sordide à plaisir de corruption et de prévarication en tous genres, avec force arrangements en douce entre amis sur des appels d’offre pipés, qui fait le fond de ce procès, le plus sérieux de tous ceux auxquels doit faire face Cristina Kirchner, actuelle vice-présidente (deuxième personnage de l’État) et, en remontant le temps, ancienne présidente et même ancienne Première dame et sénatrice pour la province de Santa Cruz, en Patagonie.

Ce qui est en cause, ce sont des travaux publics de construction routière dans la province pétrolifère de Santa Cruz, dont était originaire Néstor Kirchner, qui est décédé et contre lequel l’action judiciaire est donc éteinte depuis plus de 10 ans.

En haut, en jaune : "Geste de soutien"
En bas, le procureur hier pendant son réquisitoire
par visioconférence
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L’heure est au réquisitoire du parquet, réquisitoire que Cristina Kirchner, principale prévenue dans cette affaire, a écouté en visioconférence depuis son bureau du Sénat, dans le décor institutionnel qui s’y attache, avec drapeau national derrière elle.

Et le procureur n’y est pas allé de mainmorte : il a fait une description détaillée du système qu’il accuse les époux d’avoir mis en place pour ratisser large au bénéfice de leurs poches et de celles de quelques proches. Preuve qu’on arrive là à des accusations qui tiennent la route : les quotidiens leur consacrent ce matin de nombreuses pages en détaillant tous les arguments du magistrat. Il n’y avait pas moyen de déployer cette quantité d’articles avec les autres procès intentés à la vice-présidente, qui semblent tous reposer sur des procès d’intention, des raccourcis et des raisonnements faussés par l’esprit partisan et dont certains paraissent actuellement tombés en panne sèche au milieu du désert.

"Néstor et Cristina ont installé un extraordinaire
générateur de corruption", dit le gros titre
en citant le procureur
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L’attitude politique très peu responsable que la dame a déployée depuis plusieurs mois pour mettre le président Alberto Fernández en difficulté et en quasi-incapacité de gouverner n’est peut être pas pour rien dans le désir des journaux d’opposition de se jeter sur elle et de la déchirer à belles dents avec les propos du magistrat en espérant que cette étape du procès signera la fin de sa carrière politique, sans parler du souhait de beaucoup de personnes à droite de la voir derrière les barreaux, et ce depuis qu’elle a prêté serment pour la première fois comme présidente de la Nation (1).

Cristina Kirchner semble néanmoins, jusque là au moins, résister à la tempête : après l’interruption des débats judiciaires, elle a reçu dans ce bureau du Sénat le nouveau super-ministre de l’Économie, Sergio Massa, dont on ne sait pas encore s’il travaillera pour elle ou pour lui-même (certains indices et la bonne vieille logique politique font pencher la balance en faveur de la seconde interprétation). En ferme admiratrice de Poutine qu’elle est, Cristina l’a reçu à la mode du Kremlin en mettant entre elle et lui une très longue table (en bois, pas en marbre) où leur inégalité apparente était manifestée par les dossiers qu’elle avait posés devant elle, comme une examinatrice devant un candidat à un examen, tandis que lui n’avait même pas un papier pour se donner une contenance. Il est probable que l’outrance de cette mise en scène serve davantage Massa, ancien président de la Chambre des députés et super-ministre sur le point d’entrer en fonction en prêtant serment dans les mains du chef de l’État, que l’actuelle présidente du Sénat.

Cristina Kirchner a installé un "extraordinaire
générateur de corruption", dit le procureur,
proclame le gros titre
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Le procureur a repris ce matin le fil de son réquisitoire. Il était retransmis en direct par plusieurs chaînes d’info en continue et par les sites Web des principaux quotidiens.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, le quotidien qui s’attarde le moins sur cette actualité
lire l’article principal de La Prensa
lire l’article principal de Clarín

Ajout du 3 août 2022 :
A la une, Página/12 réduit aujourd’hui en pièces la démonstration faite par le parquet au cours des réquisitoires des deux derniers jours.
Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12



(1) Cette femme a un don singulier de susciter une haine inouïe chez ses adversaires et chez ses partisans un amour et une admiration qui tournent parfois à l’idolâtrie.

vendredi 29 avril 2022

Sur le front du dino, nouvelle découverte spectaculaire en Patagonie [Actu]

Vue d'artiste
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Au fin fond de la province de Santa Cruz, tout au sud de la Patagonie, une équipe de 40 scientifiques provenant d’Argentine et du Japon vient de mettre au jour le fossile d’un très gros dinosaure carnivore d’il y a 70 millions d’années.

Mauro Arranciaga Rolando, un boursier du Conicet
posant avec une vertèbre du monstre
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L’animal, classé parmi les megaraptors, mesurait 10 mètres de long. Au bout de ses « petits bras musclés », il portait d’énormes griffes longues de 35 centimètres. Cela donne une petite idée de la bestiole qu’un artiste a représenté pour les besoins de la communication du Musée Argentin de Sciences Naturelles (MACN) Bernardino Rivadavia, à Buenos Aires, le musée du CONICET (1) spécialisé en la matière.

Le chantier des fouilles
(photo MACN Bernardino Rivadavia, Conicet)
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La Patagonie, riche en fossiles du Crétacée, va sans doute bientôt convertir cette particularité en un atout touristique de première dimension !

Le camp des scientifiques
Photo MACN Conicet
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La découverte a été relayée par Clarín et La Nación à grand renfort de photos, toutes plus belles les unes que les autres.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :



(1) Centre national de recherche scientifique et technologique

samedi 19 janvier 2019

Grand circuit culturel en Argentine avec Odeia et... moi [ABT]

Jeudi dernier, lors d’une longue et chaleureuse après-midi de présentation aux clients et prospects dans une très belle et très vaste crypte de l’église Saint Ferdinand, à Paris, l’agence de voyage Odeia (Paris, 17e) a publié sa proposition 2019 d’un grand circuit en Argentine que j’aurai l’honneur d’accompagner, du 7 au 24 novembre prochain, et que j’ai enrichi pour en faire un parcours original, conforme à l’esprit de l’agence.

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Jusqu’au mois de juin, j’aurai l’occasion de vous en présenter les différentes facettes, l’une après l’autre : histoire, gastronomie, beaux-arts, musique, merveilles de la nature.

Au programme de ce périple de 18 jours, au départ de Paris (Roissy Charles de Gaulle / vol direct Air France) :
  • trois jours non consécutifs à Buenos Aires, le premier consacré à la découverte de l’histoire nationale, avec ces deux géants que furent les généraux José de San Martín (1778-1850) et Manuel Belgrano (1770-1820), tous deux pères de la patrie, le second aux beaux-arts avec la visite de trois musées (1) et le dernier au tango, dont la diversité des dimensions structure la culture de cette mégalopole trois fois plus grande que Paris ;
  • trois jours dans la province de Misiones au nord-est du pays, avec la visite de deux sites inscrits au patrimoine de l’Unesco -les inévitables chutes d’eau d’Iguazú et les ruines de la mission jésuite San Ignacio Miní-, un petit bout de chemin sur la Ruta de la Yerba Mate (RYM) avec un arrêt dans une plantation pour y découvrir les secrets de cette infusion nationale qui allie la tradition guaranie et l’acculturation de la Compagnie de Jésus, et, enfin, une soirée autour du chamamé, la musique locale qui constitue le vecteur culturel de toute la région, en Argentine et au-delà (Uruguay, sud du Brésil et Paraguay) ;
  • cinq jours dans le Nord-Ouest et plus précisément dans les provinces de Salta et de Jujuy, à la découverte des beautés naturelles des Andes, dont ce Mont des Sept Couleurs, un site inscrit lui aussi au patrimoine de l’Humanité et actuellement au centre d’une guerre picrocholine (2), de l’architecture ancienne (superbe basilique San Francisco de Salta, par exemple), des vestiges d’une citadelle inca, du vin d’altitude, de la musique locale (la chacarera, en tout premier lieu, avec son instrument emblématique, le charango) et des faits historiques qui ont marqué la région : la conquête espagnole qui est venue du Pérou au 16e siècle, apportant avec elle le baroque européen qui s’est très vite mêlé à la culture précolombienne, et cet épisode de la guerre d’indépendance que l’histoire a surnommé la Guerra Gaucha, à la tête de laquelle se trouvait Miguel Martín Güemes (1785-1821), le gouverneur révolutionnaire de Salta ;
  • et enfin trois jours en Patagonie, dans les provinces de Tierra del Fuego, dont la capitale est Ushuaía, et de Santa Cruz, où se trouve le Lago Argentino et ses glaciers, dont le formidable Perito Moreno, un ensemble qui constitue la plus grande étendue d’eau douce du monde, avec son musée de glaciologie ultramoderne. La spécialité culinaire de cette région, très récemment annexée à la République argentine (3), est l’agneau de Patagonie. Les Argentins disent qu’il est supérieur à celui de nos prés-salés… On goûtera et on verra bien si la comparaison se soutient !

A tout cela s’ajoute des journées de voyage aérien d’une région à l’autre, que je n’ai pas incluses dans les paragraphes précédents.

Sur place, nous serons logés dans des hôtels haut de gamme (de toute façon, il n’y a pas d’autres standards d’hôtellerie acceptables en Argentine) et nous serons accompagnés, à chaque étape, par un guide local qui me complétera. C’est du grand luxe ! D’autres guides prendront le relais dans les parcs naturels nationaux où les visites doivent obligatoirement être accompagnées par un membre du personnel, préservation de la nature oblige.

Odeia (filiale de Wagran Voyages) reçoit dès à présent les inscriptions, par courrier ou en ligne (www.odeia.fr). Le groupe devra se composer d’au moins 15 personnes et restera, quoi qu’il en soit, de taille raisonnable (20 personnes environ). Sinon, ce n’est plus un groupe, c’est un troupeau et on ne savoure ni ne retient rien...



(1) En Argentine, les musées sont beaucoup plus modestes en taille que nos grands musées européens, de type Louvre, National Gallery, Prado, Offices, Ermitage ou Rijksmuseum. Les musées argentins sont tous des musées spécialisés. Ce n’est donc pas une prouesse que d’en parcourir trois dans une seule journée. Qui plus est, ils exposent des grands artistes nationaux dont nous ne possédons pas d’œuvres.
(2) Voir mes articles du 27 décembre 2018 et du 16 janvier 2019.
(3) Longtemps ignorée et presque inexplorée, la Patagonie a été rattachée à la République argentine dans les années 1860, grâce à une expédition militaire sans scrupule qui a mis en œuvre un véritable génocide contre le peuple mapuche. La politique de peuplement est venue au bout de nombreuses années. L’un de ses vecteurs a été le terrible bagne de Ushuaía (1901-1947), dont il ne reste plus que le pénitencier en étoile, aujourd’hui transformé en musée historique et maritime. L’autre a été l’exploitation pétrolifère , qui n’est pas la plus équitable des activités économiques. La Patagonie a connu encore d’autres malheurs qui l’ont marquée au fer rouge : la répression sanglante des ouvriers anarchistes de Santa Cruz en 1920 et 1921 (peu après cette Semaine Tragique dont, il y a peu, on célébrait le centenaire – voir mon article du 7 janvier), puis le nid de criminels hitlériens qui s’est formé à San Carlos de Bariloche, dans une autre province, et qui s’est dispersé lorsque les chasseurs de nazis sont allés les débusquer au milieu de leurs chalets bavaro-alpins planqués dans les Andes, et enfin le massacre des prisonniers politiques de Trelew, en 1972, quelques années avant le sinistre coup d’État de Rafael Videla, en mars 1976. Cette Patagonie au passé traumatique n’a donc pas encore de musique emblématique. Qui plus est, elle est la moins peuplée de toutes les régions d’Argentine.

mardi 20 mars 2018

Avec Odeia, partez en Argentine. C'est moi qui vous accompagne ! [ici]


Comme tous les ans à la fin de l'été austral (nous y sommes), je reprends le rythme ordinaire de ce blog avec de nouvelles propositions autour de l'Argentine et de sa culture. Pendant la pause estivale, j'ai travaillé sur mon prochain livre qui a bien avancé, sur de nouvelles conférences, dont une que j'ai donnée le samedi 10 mars à Gretz-Armainvilliers, et sur de nouveaux circuits de tourisme culturel.

El Puerto y el Trabajo (le port et le travail), toile de Benito Quinquela Martín
sur le thème du port de La Boca, son quartier natal

Barrio de Tango fait donc (enfin) sa rentrée australe sous les auspices de l'agence de voyage Odeia, spécialiste à Paris du voyage organisé à haute valeur ajoutée. L'enseigne vient de faire appel à moi pour accompagner un voyage de 18 jours en Argentine au mois de novembre 2018, c'est-à-dire au printemps en hémisphère sud.

Ce circuit nous emmènera dans plusieurs lieux emblématiques :
  • la capitale fédérale, Buenos Aires, qui sera notre fil rouge puisque, dans cet immense pays, il faut toujours repasser par la capitale pour aller où que ce soit par la voie aérienne. Cette ville regorge de monuments historiques (surtout dans le centre, autour de Plaza de Mayo, dans les quartiers de Monserrat, San Nicolás et San Telmo), de musées modestes en taille mais riches en patrimoine inconnu chez nous, d'espaces verts, de tanguerías (salles de musique) et de véritables institutions gastronomiques ;
  • le Noreste, que l'on appelle aussi Litoral, en l'occurrence la province de Misiones, à la frontière du Paraguay et du Brésil, avec les inévitables chutes d'Iguazú et, ce qui est beaucoup plus rare et combien bien plus précieux, les vestiges d'une des villes fondées par les jésuites au début du XVIIe siècle, là où les bons pères ont permis aux Guaranis (1) de vivre en toute liberté, dans une fusion culturelle entre l'Europe et l'Amérique précolombienne, pendant cent cinquante ans, jusqu'à l'expulsion de la Compagnie de Jésus en 1767 – le Litoral est aussi le royaume de la yerba mate, du dulce de leche (confiture de lait), une invention des jésuites si l'on en croit la légende, et du chipá (sorte de gougère, à base de farine de maïs ou de manioc, avec du fromage et du jus d'orange), que l'on devrait aussi aux héritiers de saint Ignace de Loyola. Sans oublier le chamamé, la musique et la danse qui unissent le nord de l'Argentine et de l'Uruguay, l'extrême-sud du Brésil et tout le Paraguay ;
  • le Noroeste, en l'occurrence la province andine de Salta, où s'illustrèrent, pendant la guerre d'indépendance, le général Manuel Belgrano (1770-1820) et le gouverneur local, Martín Miguel de Güemes (1785-1821), chef de la Guerra Gaucha, la guerre des partisans contre les troupes coloniales envoyées par Lima pour combattre la Révolution. Egalement au menu dans cette province en forme de croissant : vestiges archéologiques du passé précolombien, œnotourisme d'altitude sur la Ruta del Vino de Salta, empanada salteña (2), tamales et savoureuses petites pommes de terre andines, le tout arrosé de folklore musical contemporain, autour de la chacarera ;
  • la Patagonie et ses provinces les plus australes, Tierra del Fuego (en France, nous en connaissons surtout le nom de la capitale, Ushuaia, grâce à un animateur de télévision devenu ministre de l'écologie ! Notre culture télévisuelle fait de nous les seuls Européens à vouloir nous y rendre) et Santa Cruz, où se trouvent les glaciers les plus célèbres du pays, dont le fameux Perito Moreno, le parc naturel national Los Glaciares et son musée, ultra-moderne, consacré à la glaciologie et aux enjeux planétaires que sont les réserves d'eau douce et le réchauffement climatique. Mais Ushuaia, ce fut aussi le plus terrible des bagnes (1904-1947), abondamment utilisé contre les anarchistes en 1910, à l'époque du Centenaire, et, pendant la Década Infame (3),contre les opposants de la toute première dictature anticonstitutionnelle (1930-1940). Aujourd'hui, il a été transformé en musée. Beaucoup d'infrastructures de ce petit archipel qui s'avance à la pointe du continent ont été construites par les bagnards, pour permettre à quelques pionniers d'aller explorer le cercle polaire antarctique (4). Un tango rend hommage à leur souvenir. Il s'intitule El penado 14 (le matricule 14) et fait partie du corpus que j'ai traduit et commenté dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Editions du Jasmin). Je vous propose de l'écouter sous ce lien, grâce à Todo Tango ; c'est un enregistrement de son créateur, Agustín Magaldi, un chanteur représentatif de l'esthétique portègne des années 1930.

Pour ce circuit, vous devrez emporter des vêtements légers et bien couvrants pour Iguazú (il y a des moustiques, comme dans toutes les grandes forêts subtropicales) et des vêtements chauds, puisqu'une grande fraîcheur, pour ne pas dire plus, règne perpétuellement sur le lac du Parque Nacional Los Glaciaires où nous ferons une jolie croisière au milieu des murailles de glace parmi les plus impressionnantes du monde.

Couverture de la partition originale de El Penado 14

Un programme, décrit jour par jour, est disponible sur le site Web de l'agence. Il va évoluer, sans modification du prix. Avec Odeia, je travaille en effet à l'enrichir en contenu culturel pour varier les plaisirs et les découvertes. Je vous en ai donné un aperçu plus haut, en résumant les atouts des principales étapes du parcours. Ces enrichissements, qui reposent sur mes propositions, mes connaissances, mes contacts sur place et ma passion de longue date pour ce pays, prendront la forme de visites non encore mentionnées dans des quelques haut-lieux historiques, des musées des beaux-arts (en Argentine, ils sont petits mais ils regorgent d'œuvres qui ne voyagent jamais), avec des arrêts gastronomiques précis et des spectacles authentiques, au milieu des Argentins, comme Barrio de Tango en a le secret !
Nous nous trouverons en Argentine le 20 novembre. C'est un jour férié qui rappelle la résistance nationale au blocus anglo-français, lorsque Louis-Philippe, en plein accord avec le gouvernement de la reine Victoria, prétendait imposer la liberté pour les Européens de naviguer sur les fleuves pour y faire du commerce, sans acquittement des droits de douane décidés par le gouverneur de la Province de Buenos Aires ! (5). Ce sera une expérience à vivre et qui pourra susciter quelques sourires amusés chez les Argentins s'ils découvrent notre nationalité. Nous jouerons le jeu. Ce sera aussi l'occasion ou jamais de déguster le locro, le plat traditionnel des fêtes patriotiques.

Pour découvrir une recette d'empanada, n'hésitez pas à regarder l'émission
Cocineros Argentinos, un rendez-vous quotidien de TV Pública
Ici, photo La Salteña, qui propose aussi une recette

A chacune de nos étapes, nous serons accueillis par un guide local, parlant français (quel luxe !), et avec qui je partagerai le plaisir de vous révéler les secrets du pays, de ses usages, de son histoire, de sa musique, de ses artistes. Nous descendrons dans des hôtels trois ou quatre étoiles. Nous serons reçus dans une estancia où nous découvrirons le travail agricole d'une exploitation ovine et le rituel d'un véritable asado argentin (l'agneau de Patagonie est très réputé, les Argentins prétendent même qu'il est supérieur à notre agneau de pré-salé. Nous en serons juges !).

Les fidèles lecteurs de Barrio de Tango savent que je dispose sur place d'un carnet d'adresses plutôt épais et que je connais les pièges à éviter (ceux que le secteur touristique local s'efforce de nous refiler à toute force mais je sais lutter contre cette tendance à tout standardiser). Je m'attelle actuellement à vous préparer des rencontres privilégiées et exclusives. Grâce à mes contacts parmi les artistes, les historiens et les guides, dont certains parlent notre langue, Odeia vous emmène hors des sentiers battus, dans l'Argentine des Argentins, loin des attractions passe-partout où l'on ne croise que des touristes. Vous rentrerez à la maison avec des souvenirs inoubliables, en ayant pu approcher une réalité argentine plus authentique que celle des cartes postales ordinaires.

Ruta del Vino dans la province de Salta
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Pour les internautes qui découvrent mon blog aujourd'hui, rien n'est perdu. Prenez le temps d'explorer le contenu de Barrio de Tango – il contient plus de 5 500 articles. Disposés en tête de chacun d'eux, des mots-clés sont là pour vous orienter dans les différents thèmes que j'aborde depuis juillet 2008. Vous pouvez aussi utiliser les liens internes que vous trouverez dans la Colonne de Droite (partie supérieure) ainsi que le lien externe vers mon site Internet (qui présente l'ensemble de mes activités). Les mots-clés toponymiques, Salta, Misiones, Santa Cruz, Tierra del Fuego et Monserrat, vous permettent de voir remonter tous les articles sur ce qu'il se passe dans ces provinces, cette ville ou ce quartier.

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Circuit en Argentine
avec un guide local francophone à chaque étape et une conférencière-accompagnatrice
Mardi 6 novembre – Vendredi 23 novembre 2018
18 jours / 15 nuits
Aller-retour en vol direct Paris-Buenos Aires
Vols intérieurs et transferts aéroports
Autocar Grand Tourisme tout au long du séjour
5 975€ TTC par personne
(sur la base de 15 participants payants, en chambre double)

Pour toute inscription avant le 15 juin 2018,
l'agence propose une réduction de 70 € par participant.

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Afin que le groupe soit souple et propice aux échanges conviviaux, il doit conserver une taille humaine. Le nombre de places est donc limité mais il en reste encore. Vous pouvez donc toujours vous inscrire. Faites-le auprès d'Odeia après avoir pris connaissance des conditions commerciales sur le site Web. Vous y trouverez un descriptif qui prend en compte toutes les étapes et un formulaire d'inscription.
L'équipe d'Odeia se tient à votre disposition pour toute information supplémentaire. Si vous ne connaissez pas encore cette agence, allez la découvrir sur son site Internet, en toute tranquillité, depuis votre salon. Odeia est une société du groupe Wagram Voyages, avec une équipe dynamique, composée de professionnels multilingues très courtois. Je l'ai constaté de mes propres yeux.

Cliquez sur la carte pour vous repérer en haute résolution

Pour préparer d'ores et déjà votre voyage, n'hésitez pas à découvrir mon propre tour d'Argentine dans mon dernier livre, Contes animaliers d'Argentine, paru aux Editions du Jasmin : le Litoral, le Noroeste et la Patagonie en font partie. C'est Salta qui ouvre le recueil avec une histoire... d'empanada, de renard et de tatou.
Sur le temps fort que fut la guerre d'indépendance, j'ai publié plusieurs articles dans ce blog (sous le mot-clé Bicentenaire) et j'ai écrit deux ouvrages sur le général José de San Martín (1778-1850), avec lequel tant Manuel Belgrano que Martín Güemes ont su collaborer entre 1814 et 1820.
Mon prochain livre, qui doit paraître aux Editions de La Bisquine, portera sur d'autres épisodes de cette même époque fondatrice, que nous découvrirons ensemble, sur Plaza de Mayo et dans le quartier de Monserrat, à Buenos Aires, puis à Salta.
Et pour une première approche de la ville de Buenos Aires, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins a été conçu comme une balade urbaine, dans l'histoire, les quartiers, les coutumes de cette vaste cité de 3 millions d'habitants. Parce que le tango, c'est la musique et la poésie par excellence de cette ville. C'en est même l'âme, le génie, le duende, comme disent ses habitants.



(1) A la même époque, les populations aborigènes étaient réduites au servage partout sur les terres du roi d'Espagne, sauf dans les réductions ou missions concédées à des ordres religieux (les franciscains au nord du continent, les jésuites au sud). Les jésuites avaient donc obtenu un privilège royal pour ces terres situées au Paraguay et tout autour. Les laïcs d'origine européenne n'avaient pas le droit d'y pénétrer (sous peine d'excommunication). De petites républiques agraires utopiques purent ainsi s'y développer et leur prospérité participa au projet du roi de se débarrasser de la Compagnie de Jésus. Ces vestiges des missions jésuites ont été inscrits au Patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO.
(2) Il s'agit d'un chausson farci à la viande, si bien identifié à cette province qu'un industriel n'a pas hésité à emprunter l'adjectif "Salteña" pour en faire un nom de marque de pâte à empanada prête à l'emploi (d'excellente qualité d'ailleurs). La recette de Salta a beau varier d'une famille à l'autre, elle n'en donne pas moins lieu, en Argentine, à des disputes picrocholines sur les ingrédients, les modalités de préparation et d'assaisonnement, comme c'est le cas en France quand nous parlons gratin dauphinois ou gratin savoyard dans les Alpes ou galette et crêpes en Pays Gallo (à l'intention de mes lecteurs sud-américains, le Pays Gallo est en Bretagne)
(3) Sur la Década Infame (1930-1940), reportez-vous à mon article intitulé Vademecum historique, dont vous trouverez le lien dans la partie centrale de la Colonne de Droite.
(4) L'une de ces frégates d'exploration, la ARA Corbeta Uruguay, a été désarmée et transformée en musée national. Elle est maintenant amarrée définitivement dans le port de Buenos Aires, dans le quartier de Puerto Madero. Nous la visiterons si vous le souhaitez.
(5) Le 20 novembre 1845, a eu lieu la bataille fluviale de Vuelta de Obligado sur le Río Paraná. Techniquement, il s'agit d'une victoire française. Mais une victoire à la Pyrrhus. En effet, les Argentins avaient tenté d'empêcher la flottille étrangère de remonter le fleuve mais, après bien des efforts et des échanges d'artillerie nourris, les navires étaient parvenus à passer. Au prix de graves avaries qu'aucun des équipages ne parvint à faire réparer. Pas plus qu'ils n'arrivèrent à écouler leur cargaison puisque les Argentins boycottèrent ces produits impérialistes. Ce fut donc une défaite politique, commerciale et diplomatique retentissante pour les puissances européennes (qui avaient sans doute espéré profiter des divisions causées par la guerre civile en Argentine) et une victoire de même nature pour la Confédération Argentine, qui était parvenue à reconstituer une certaine unité à cette occasion. Il s'ensuivit à Paris un rude débat parlementaire qui dura plusieurs années. Ce n'est que très récemment, sous le mandat de Cristina Kirchner, que cette date est devenue fériée, dans le but de développer le tourisme intérieur et de compenser, par une journée non travaillée mais payée, le petit nombre de jours de congés légaux auxquels ont droit les salariés déclarés (pour ceux, très nombreux, qui sont embauchés au noir, c'est une autre histoire !)