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vendredi 9 avril 2010

Grippe A : saison 2 [Actu]

Le premier cas de grippe A a été diagnostiqué ces jours-ci en Argentine. La situation là-bas se présente un peu mieux que l'année dernière, lorsque l'épidémie avait frappé les pays de l'hémisphère sud de manière brutale et sans préparation excessive.

L'année dernière, toute la vie économique, sociale et culturelle du pays avait été paralysé pendant plus d'un mois, en juin et juillet, alors que plusieurs Provinces s'étaient déclarées en état d'urgence sanitaire, avec suspension généralisée des classes et des centres de loisirs, fermeture de nombreux théâtres, désertion des cafés et restaurants, fuite à toutes jambes des touristes, engorgement des hôpitaux, puisqu'en Argentine la médecine hospitalière est gratuite, contrairement à la médecine de ville, libérale et qui coûte cher dans un pays où il n'y a pas de système de remboursement des soins ni des consultations chez le médecin.

Heureusement, cette année, le vaccin est arrivé. La vaccination a d'ailleurs commencé dans les hôpitaux, pour les malades à risques uniquement pour l'instant, et pour tout le monde dans les cabinets médicaux privés. Mais il se murmure déjà que le Ministère de l'Education pourrait avancer la date des vacances scolaires d'hiver, qui se situent d'habitude en juillet, mais pourraient commencer en juin. Sans doute un souvenir du cauchemar de l'année dernière, car il semble bien que ce virus ne nécessite pas qu'on s'affole à ce point, surtout maintenant qu'on a un vaccin dont il semble qu'il soit raisonnablement efficace.

Qui vivra verra...

Pour lire mes articles sur la crise provoquée l'année dernière par la grippe A, cliquez sur le mot-clé grippe A dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus : ce clic vous ouvrira l'ensemble des articles que j'avais consacrés à ce phénomène et à ses conséquences dans la vie publique et artistique essentiellement à Buenos Aires.

jeudi 26 novembre 2009

Mise en place d’une nouvelle prime d’allocation familiale au 1er décembre [Actu]

La création d’une nouvelle prime d’allocation familiale, destinée aux familles les plus défavorisées, totalement privées d’aides sociales, avait été annoncée par le Gouvernement argentin en octobre de cette année. Son montant et sa répartition ont fait l’objet d’une communication officielle en début de semaine.

Cette nouvelle allocation ira aux familles dont les parents sont sans emploi (donc sans couverture sociale), employés de maison (cette catégorie de travailleurs n’est pas affiliée au régime général rendu obligatoire au début de cette année), payés en dessous du minimum légal ou salariés au noir (on estime à plus de 40% de la population active les salariés non déclarés par leur employeur). La prime est une somme fixe, mensuelle, versée pour chaque enfant à charge au foyer et limitée à 5 enfants mineurs. Son montant représentera une moyenne de 366 $ (peso argentin) par famille au cours du premier mois de versement, c’est-à-dire à partir du 1er décembre. Puis le montant global des versements augmentera au fur et à mesure que les personnes remplissant les conditions ouvrant droit à cette prime se feront recenser par les services de sécurité sociale.
Dans un premier temps, au 1er décembre, le nombre d’enfants bénéficiaires s’élèvera à 2,7 millions, dont 49% ne sont aujourd’hui couverts par aucun système de protection sociale. Les 51% restant ont intégré le Plan Familias (leurs parents touchent 44 $ par enfant à charge) pour 1 million d’entre eux et les 356 000 autres bénéficient de plans sociaux ponctuels du Ministère du Travail. A terme, le nombre d’enfants couverts par la nouvelle mesure devrait s’élever à 5 millions (voir les chiffres de l’Argentine, dans la partie médiane de la Colonne de droite, dans la rubrique Buenos Aires : Infos pratiques).

Le Gouvernement espère que cette aide publique permettra à une bonne partie de la classe populaire d’élever son revenu net au-dessus du seuil de pauvreté, voire, pour les plus démunis, de sortir de l’indigence. Une pauvreté grandissante dans ce pays, dans lequel la crise économique internationale provoque peu à peu un cercle vicieux de montée du chômage, les gens qui n’étaient pas sur le marché de l’emploi se mettant à chercher un travail pour compenser par ailleurs une perte de revenu familial (baisse de salaire ou perte d’emploi d’un des contributeurs) alors que d’autres personnes, qui viennent de perdre leur travail, viennent grossir les rangs des chômeurs.

Depuis octobre, les parents qui remplissent les conditions d’attribution de l’allocation se sont présentés peu à peu dans les centres de sécurité sociale au fur et à mesure que l’information s’est répandue. Mais certains ne sont toujours pas inscrits, beaucoup d’entre eux pour une raison très simple : il faut d’abord qu’ils se fassent faire une carte d’identité, grâce à laquelle ils pourront recevoir le livret d’allocation qu’ils devront présenter avec leur pièce d’identité au guichet de la banque qui leur sera assignée pour pouvoir toucher leur argent. En Argentine, dans le bas de l’échelle sociale, beaucoup de gens, n’ont tout simplement pas de pièce d’identité. Et puis, pour certains d’entre eux, il va aussi falloir dépasser la peur, l’ignorance et le manque d’habitude (aller à un guichet de la sécurité sociale, franchir le seuil d’une agence bancaire, manipuler un livret...).

Il y a quelques jours, déjà, le Gouvernement avait relevé le salaire minimum des employés de maison (voir mon article à ce sujet), qui est distinct du salaire minimum des salariés travaillant en entreprise. Celui des ouvriers agricoles est lui aussi différent, ils intègre un autre système et ont recours à un autre régime de couverture sociale.

Aujourd’hui, le Gouvernement a annoncé deux autres mesures qui vont améliorer un tout petit peu le pouvoir d’achat des plus pauvres :

L’attribution d’une prime de Noël pour les retraités pauvres, ceux qui touchent la rente minimum de 827,2 $ par mois jusqu’à ceux qui touchent 1500 $ par mois. La prime, versée en une seule fois à la fin du mois de décembre, ira de 200 pesos pour les retraites touchant entre 1401 et 1500 $ par mois jusqu’à 325 pour ceux qui touchent entre 827,2 et 1000 $ mensuels. Cette prime concerne 90% des 5,5 millions de retraités pensionnés du pays (il existe aussi des personnes âgées qui ne touchent pas de retraite). Sur le sujet des retraités, lire mes articles de l’année dernière sur AFPJ, un système de retraite de base par capitalisation aboli depuis un an et remplacé par un régime de répartition devenu obligatoire (sauf catégories de travailleurs exclus, comme les employés de maison et les ouvriers agricoles).

La baisse de 30% du prix de vente au consommateur final sur 600 médicaments, les plus couramment utilisés contre les affections les plus fréquentes. Cette baisse, négociée avec les laboratoires pharmaceutiques, entre normalement en application dès à présent dans toutes les pharmacies et restera valable jusqu’au 1er juillet prochain. Par ailleurs, les autorisations de fabrication du vaccin contre la grippe A seront accordées à partir du 29 décembre 2009. La Présidente espère aboutir à la fabrication de 8 millions de doses pour l’hiver prochain (en juin 2010). Avec 8 millions de doses, on ne vaccine cependant qu’une petite partie de la population totale.

Pour aller plus loin :
Lire l’article de Página/12 du 24 novembre sur le lancement de la nouvelle allocation familiale.
Lire l’article de Página/12 du 24 novembre sur l’augmentation du taux de chômage et de sous-emploi (temps partiel subi) au 3ème trimestre 2009
Lire l’article de Página/12 du 26 novembre sur la prime de Noël pour les retraités.
Lire l’article de Clarín du 25 novembre sur le même sujet.
Lire l’article de Página/12 du 26 novembre sur la baisse du prix des médicaments.

vendredi 18 septembre 2009

Grippe A : l'Argentine tient sa revanche mais c'est une victoire à la Pyrrhus [Actu]

En août dernier, à Buenos Aires, j'ai entendu tout le monde me dire pis que pendre de la campagne d'alerte gouvernementale menée autour de la grippe A tant au niveau du Gouvernement central qu'au niveau de la Ville de Buenos Aires elle-même. Au quotidien, mes interlocuteurs à Buenos Aires avaient le sentiment d'avoir vécu un hiver normal, sans plus ni moins de malades que d'ordinaire, et personne ne comprenait vraiment le caractère radical des mesures prises par les pouvoirs publics (voir mes articles relatifs à la grippe A en Argentine, en cliquant sur le mot-clé dans la rubrique Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus). Il est vrai que la quasi-totalité de mes interlocuteurs à Buenos Aires sont des artistes et que les artistes ont été, avec les commerçants de proximité, les premières victimes colatérales des mesures en question : suspension de la saison théâtrale, fermeture des centres culturels, raréfaction du public à peu près partout, y compris dans les restaurants et les cafés. La situation n'était donc pas rose pour eux. J'ai même entendu dire que le Brésil avait mené une campagne particulièrement mal intentionnée pour détourner ses ressortissants (et peut-être les autres touristes étrangers intéressés par l'Amérique du Sud) d'aller passer les vacances d'hiver en Argentine. Si les rumeurs alarmistes (mais ce qui s'appelle alarmistes) qui ont couru au Brésil visaient bien ce but, il semble hélas qu'il ait été atteint. Les touristes brésiliens étaient apparemment beaucoup moins nombreux à Buenos Aires, au mois d'août en tout cas et à ce que j'ai pu en voir, qu'ils ne l'étaient lors de mes précédents séjours.

Et puis les chiffres officiels sont tombés : le Brésil, dont l'équipe nationale de foot avait menacé de ne pas venir disputer un match à Buenos Aires pour cause de pandémie en juillet, est en fait le pays où l'on compterait le plus grand nombre de morts de la grippe A, en nombre absolu. 899 morts au Brésil, contre 593 aux Etats-Unis et 514 en Argentine. Clarín en profite pour faire un article au ton subtilement narquois tout en reconnaissant qu'établi selon le taux de mortalité, ce triste palmarés change du tout au tout. En fait, le Brésil arrive alors en 5ème position mondiale. Et tout ça pour une maladie qui ne fait ni plus ni moins de dégâts que la grippe saisonnière, laquelle en fait beaucoup sans qu'on en dise jamais rien en temps ordinaire.

Les chiffres de l'aéroport d'Ezeiza au moins de juillet montre les effets cumulés de la crise économique internationale et de la grippe A sur le tourisme international en Argentine : 38,7 % de touristes étrangers en moins qu'en juillet 2008. Et les touristes qui sont venus se sont serrés la ceinture : ils ont dépensé 43,5% de moins que l'année dernière. Sur la totalité de l'année déjà écoulée (7 mois), le nombre de visiteurs a chuté de 17% et leurs dépenses de 26%. Ces chiffres proviennent de l'enquête de tourisme internationale que conduit l'INDEC, le très contesté institut des statistiques nationales argentin. Selon cette même enquête, en juillet, le nombre d'Argentins partis à l'étranger a augmenté de 11,4% par rapport au même mois de 2008 mais eux aussi ont réduit leur budget (-10% par rapport à juillet de l'année dernière).
C
es chiffres confirment l'inversion de tendance notée dès cet été, sur les chiffres de janvier et de février dont je vous avais parlé en leur temps (cf. mes articles de janvier à mars sous la rubrique Economie, en cliquant sur ce raccourci dans la Colonne de droite par exemple, ou en cliquant sur le même raccourci dans les mots-clés de la rubrique Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus).

Il se trouve qu'il faut écouter l'INDEC, même si ses détracteurs sont très nombreux : en Argentine, tout ce qui est officiel est de toutes manière suspect par principe et parfois tout à fait à tort, en tout cas maintenant. L'institut n'est donc peut-être pas aussi peu fiable qu'on le dit. Depuis le début de l'année, l'INDEC avance des chiffres très rassurants sur le ralentissement de l'inflation et mon expérience de consommatrice dans Buenos Aires en ce mois d'août 2009 m'a clairement montré que tel est bien le cas pour l'habillement, l'alimentation et les produits culturels (places de concert, disques, livres...). Les exemples concrets que j'ai donnés à mes interlocuteurs les ont le plus souvent laissés bouche-bée : tous ont l'impression que cette année tout est beaucoup plus cher que l'année dernière. Et en fait, pas tant que ça...
Au début de l'année, lorsque les indices de l'INDEC ont commencé à montrer ce ralentissement spectaculaire de l'inflation, j'avais moi-même signalé dans les entrées de ce blog que ces chiffres étaient publiés en période électorale et que le calendrier politique pouvait avoir une influence dessus. Mais sur place, j'ai constaté la simple réalité portègne (attention : ce qui se passe à Buenos Aires ne reflète pas la totalité de la situation dans le reste du pays).

Pour aller plus loin :
Lire l'article de Clarín sur les effets de la double crise sur le tourisme et l'autre sur les chiffres de la grippe A.

mardi 4 août 2009

Rentrée des classes en toute tranquillité [Actu]

La rentrée des classes s’est passée sans problème majeur hier, 3 août, dans toutes les Provinces qui avaient fixé le retour en classe à ce jour, dont la Ville Autonome de Buenos Aires et la Province de Buenos Aires. On a même pu signaler un faible taux d’absentéisme (ou un fort taux de présentéisme), indice que la psychose de la grippe A a bel et bien régressé dans le pays.
Juste avant l’arrêt des classes, de nombreux parents avaient tout simplement retiré leurs enfants de l’école en toute illégalité et souvent sans aucune raison, puisqu'ils l'avaient fait même lorsqu’il n’y avait aucun cas de contagion dans l’établissement fréquenté par les enfants...

Voilà peut-être une crise qui passe. Souhaitons-le pour l’Argentine, qui n’avait pas besoin de ça en cette période de crise économique mondiale.

lundi 3 août 2009

Rentrée des classes après les vacances d’hiver [Actu]

La rentrée des classes a eu lieu dans toutes les Provinces argentines ce matin, après des vacances scolaires d’hiver exceptionnellement longues puisque l’arrêt des cours a été anticipé de 15 bons jours pour limiter la diffusion du virus de la grippe A. Les "vacances" ont donc duré tout le mois de juillet. Cependant, seules deux Provinces envisagent de prolonger le quadimestre qui commence à due proportion. Dans la plupart des régions, l'année scolaire se terminera comme d'habitude quelques jours avant Noël (vers la mi-decembre).
La rentrée d’aujourd’hui concerne neuf millions d’élèves. Les cours reprennent aussi normalement dans les conservatoires et les centres sportifs. Et à la Academia Nacional del Tango itou qui suit le calendrier du Ministère de l’Education Nationale, son instance de tutelle.

Le Ministère de l’Education a édité à l’intention des enseignants un manuel de bonnes pratiques pour leur permettre de faire face, sans crainte inutile et contreproductive, au risque de contagion et les pouvoirs publics, nationaux et locaux, ont beaucoup insisté pour que cette rentrée se réalise dans le calme et la tranquillité tant du côté des parents que du côté des organisations professionnelles des maîtres, toujours promptes à ruer dans les brancards.

La rentrée est placée sous l’autorité d’un nouveau ministre, Alberto Sileoni, un homme qui a l’oreille des syndicats et sait négocier avec eux, doublé d’un solide peroniste appartenant à une tendance conduite, à l’intérieur du Parti Justicialiste, par le Sénateur Daniel Filmus, grande référence en Argentine en matière de politique scolaire et culturelle et qui apporte tout son soutien au Gouvernement actuel. L’ancien ministre, Juan Carlos Tedesco, qui fut un haut responsable de l’UNESCO à Genève dans les années 90 puis à Buenos Aires jusqu’en 2002, s’était vu proposé ce ministère par l’ancien Président Néstor Kirchner à la fin de son dernier mandat à l’UNESCO. Tout naturellement, l’actuelle présidente, femme du précédent, Cristina Fernández de Kirchner, l’avait maintenu à ce poste en prenant ses fonctions en décembre 2007. Mais les mauvais résultats des élections législatives du 28 juin dernier auront eu raison de la carrière politique de Tedesco. Il a dû démissionner il y a une quinzaine de jours dans le cadre d’un remaniement gouvernemental à rebondissements quelque peu feuilletonesque.

Juan Carlos Tedesco va prendre en main un bureau national de planification stratégique en matière d’éducation, qui mènera, à l’échelle de l’Argentine, une réflexion et émettra des recommendations similaires à celles qu’il conduisait et émettait à l’UNESCO, mais cette instance nationale reste à construire de A à Z. L’enjeu est de taille cependant. Le système éducatif en Argentine, surtout le système public, souffre de bien des maux : grèves à répétition de la part des professeurs, fort absentéisme des élèves (1) et taux de redoublement préoccupant par rapport aux normes internationales.

(1) trop souvent du fait des parents, qui font travailler les enfants plutôt que de les envoyer à l’école, parfois sans nécessité économique absolue. J’ai été très frappée l’année dernière, en août, de l’augmentation du nombre de loupiots faisant la manche dans le métro à Buenos Aires, en pleine journée, à l’heure où les autres enfants de leur âge (6-12 ans) sont de toute évidence à l’école. En Argentine, l’école est obligatoire de 6 à 14 ans depuis 1883, selon une loi impulsée par Juan Domingo Sarmiento, qui a établi une école publique, gratuite et laïque capable maintenant d’accueillir tous les enfants, indépendamment de leur niveau social ou de leur appartenance confessionnelle. Aujourd’hui, l’organisation matérielle des écoles est de la responsabilité des Provinces, tenues d’appliquer une loi nationale, ce qui ne va pas tous les jours sans mal. Voir le Vade mecum historique dans la rubrique Petites chronologies, en partie médiane de la Colonne de droite.

samedi 25 juillet 2009

La fête à San Pantaleón [Coutumes]

Ce sera lundi 27 juillet dans le quartier de Mataderos : San Pantaleón est son saint patron. Et comme on est généreux à Mataderos, comme dans tous les quartiers pauvres de la capitale argentine, on célèbre San Pantaleón tous les 27 du mois. Et ça marche donc aussi en février... La chapelle du saint, qu'on appelle la "vieille chapelle", est assez récente : elle a été bâtie en 1950 pour abriter une image pieuse apportée de Borgo en Italie... en 1942 (en pleine guerre !), par une association de dévôts. Aujourd'hui, cette première chapelle est incrustée dans un sanctuaire plus vaste, construit en 1980.

La San Pantaleón est un pélerinage de demande et d'action de grâce dont la thématique est principalement reliée à la santé. On demande des guérisons, on demande le maintien en bonne santé et on remercie des grâces reçues dans ce domaine. En pleine épidémie de grippe A, alors que la situation s'améliorer peu à peu mais régulièrement aux dires des pouvoirs publics, gageons que le saint aura fort à faire la semaine prochaine.

Les fêtes patronales commenceront donc le 27 juillet, lundi, et s'achèveront le 3 août. Le 27 et le 2, des processions sont prévues dans le quartier, qui est celui des abattoirs.

La Paroisse San Pantaleón (1) se trouve rue Monte au numéro 6865 (les habitués de Barrio de Tango voient tout de suite à ce numéro qu'on est bien loin du centre ville...).

(1) C'était le saint patron du grand-père paternel de Astor Piazzolla, Pantaleón Piazzolla, un Italien du sud qui avait exercé avant son immigration en Argentine, à Mar del Plata, l'humble métier de pêcheur. C'est à ce grand-père que le compositeur doit ce second prénom guère plus fréquent que le premier y compris en Argentine...

vendredi 17 juillet 2009

Un documentaire sur l’attentat de l’AMIA 15 ans plus tard [Actu]

AMIA la causa est un documentaire en forme d’enquête sur ce qui s’est passé il y a 15 ans au n° 633 de la rue Pasteur à Buenos Aires, à 9h53 du matin : une bombe très puissante a explosé devant le siège social de la Asociación Mutual Israelita Argentina (AMIA), faisant 85 morts et 300 blessés, très majoritairement juifs, parmi le personnel de l’institution, les adhérents qui étaient de passage et les passants qui allaient et venaient dans cette rue, à quelques mètres de l’avenue Corrientes.

A ce jour, cela reste le plus important attentat sur le sol argentin et le plus terrible attentat antisémite qui ait été perpétré depuis la création de l’Etat d’Israël et l’apparition du conflit du Moyen-Orient.

Le monument aux victimes de l'AMIA, sur Plaza Lavalle, à Buenos Aires, près de la Grande Synagogue

L’enquête est toujours en court, elle n’a jamais abouti à la désignation des véritables coupables. Depuis quelques mois, l’ancien président de la République Carlos Menem est poursuivi pour avoir entravé l’enquête et protégé, pendant son mandat présidentiel, deux hommes suspectés d’être les poseurs de bombes et dont les origines géographiques sont les mêmes que les siennes, les deux hommes descendant eux aussi d’immigrants syrio-libanais (lire mon article du 17 novembre). Et l’Ambassade d’Israël accuse l’Iran d’avoir été le commanditaire de l’attentat.

Ce soir, ce documentaire passera sur la chaîne privée (donc payante) History Channel à 22h30 puis demain, à 22h, sur la chaîne publique et gratuite, Canal 7.
Demain aussi, la chaîne Encuentro (qui co-produit le téléfilm San Martín el cruce de los Andes, dont je parle dans un autre article publié aujourd’hui) diffusera quant à elle à 20h le documentaire El tercero en camino (le troisième se prépare), un long-métrage sorti pendant le Festival du Cinéma juif argentin de Buenos Aires, en novembre dernier (lire mon article sous le lien).

Demain est Día de duelo nacional (jour de deuil national), comme tous les 18 juillet depuis plusieurs années. Les mesures contre l’expansion de l’épidémie de grippe A font que la plupart des cérémonies du souvenir organisées habituellement ce jour par l’AMIA et différentes autres institutions juives, civiques ou anti-racistes, n’auront pas lieu, à l’exception d’un rassemblement qui se tiendra esquina Pasteur et Corrientes strictement encadré par la Police et avec certaines mesures sanitaires...

Pour en savoir plus, lire l’article de Clarín sur les documentaires et l’article de Página/12 sur l’anniversaire privé de cérémonie.

Retour de la Peña du vendredi soir à Taconeando [à l’affiche]

Ce rendez-vous de tango, où l’on peut chanter, danser, bavarder et se retrouveren toute simplicité au cours d’une soirée organisée par Alicia Pometti, Mabel Simoncini et Graciela Raffa, reprend le 24 juillet prochain au 1er étage de Taconeando, célèbre tanguería de la rue Balcarce dans le quartier de San Telmo.

La soirée débutera avec des cours de tango à partir de 21h30.
Le rendez-vous a été suspendu trois semaines pour cause de prévention de grippe A, comme cela a été le cas de très nombreuses activités sociales dans tout Buenos Aires.

Pour en savoir plus :
lire mon article de présentation de cette soirée hebdomadaire, lorsqu’elle avait été lancée au début de l’année...

mercredi 15 juillet 2009

Réouverture des théâtres privés demain dans toute l'Argentine [Actu]

La AAET (Asociación Argentina de Empresarios Teatrales), qui fédère la majorité des salles de spectacle privées, a annoncé lundi qu’en accord avec les autorités sanitaires elle comptait réouvrir ses salles, le 16 juillet à partir de 15h (heure de la réouverture des guichets). L’annonce en sera faite officiellement au théâtre Maipo, à Buenos Aires, demain à 13h (pour en savoir plus, lire l’article de Página/12 du 13 juillet).

La programmation devrait donc reprendre comme prévu antérieurement, sous réserve que les autorités sanitaires maintiennent le feu vert.

En ce qui concerne le Complexe théâtral de Buenos Aires, qui dépend du Ministère de la Culture de la Ville, une de ses salles a déjà annoncé sa réouverture. Il s’agit du Teatro San Martín, sur Corrientes, qui devrait réouvrir samedi prochain. En revanche, le Teatro Cervantes, qui dépend du Secrétariat d’Etat à la Culture au niveau national, ne réouvrira ses portes que le 3 août, avec la reprise générale, notamment celle des écoles, après la trêve hivernale. On estime en effet qu’en août, avec l’allongement de la durée du jour et l’augmentation progressive des températures, le plus gros du flux épidémique sera passé et que les activités pourront reprendre normalement.

Dans l’ensemble, la situation s’apaise peu à peu. On voit baisser le nombre de consultations dans les hôpitaux, en revanche les Argentins recourent davantage aux centres de soins spécialisés qui ont été ouverts un peu partout dans le pays. La maladie continue à infecter de nouveaux patients et aussi hélas à provoquer des décès chez des personnes au tableau clinique particulier. L’Argentine est de ce point de vue l’un des pays les plus sinistrés, puisqu’elle a maintenant dépassé le nombre de décès enregistrés au Mexique où le virus semble être apparu en avril dernier (donc au printemps, alors qu’on est en plein hiver dans l’hémisphère sud) mais les statistiques argentines restent inférieures à celles des Etats-Unis, le pays où la mortalité de la grippe A est la plus forte (et pourtant on est en plein été, dans l’hémisphère nord et dans un des pays les plus développés de la planète).

On observe aussi un grand désordre dans l’information diffusée et des contradictions béantes entre les campagnes officielles qui déconseillent systématiquement toute automédication et les publicités tous azimuts de l’industrie pharmaceutique qui vantent à tout va le pouvoir de ses super-produits contre la maladie. Il faut donc aux gens une capacité de discernement et donc un savoir qui est loin d’être la norme majoritaire dans le pays et ce matraquage de messages contradictoires entre eux augmente le risque de mauvaises pratiques chez les plus fragiles socialement. Les pouvoirs publics n’ont pas été en mesure ou n’ont pas pensé à intervenir pour réglementer l’univers de la publicité. Il est vrai que l’Argentine vit sous un régime très libéral en la matière, à la manière des Etats-Unis qui le lui ont imposé dans les années 60, 70 et 80 (1).

Désormais, les tests de virologie AH1N1 ne sont plus pratiqués que sur les malades qui présentent des risques particuliers. Les autres patients sont traités en fonction de leurs symptômes, que ceux-ci soient ceux de la grippe saisonnière ou ceux de la grippe A, et ceux-là guérissent vite comme on le voit aussi en Europe. En revanche, on ne peut pas savoir avec exactitude lequel des deux virus les gens, en bonne santé par ailleurs, ont pu contracter.

Les Provinces et la Ville de Buenos Aires qui ont été placées en état d’urgence sanitaire la semaine dernière y demeurent car l’état d’urgence permet d’organiser le système de santé public en fonction des priorités de l’heure, en l’occurrence en retardant tous les actes médicaux et chirurgicaux non urgents pour mettre le maximum des ressources et des infrastructures disponibles au service des malades infectieux ou en réglementant les activités collectives, notamment celles concernant les enfants.

Visuel diffusé par le CCC

Ce soir, face au Teatro San Martín, le Centro Cultural de la Cooperación, qui ne dépend que de lui-même, reprend son cycle Tango de Miércoles, avec le spectacle de Juan Vattuone, qui avait été annulé il y a une semaine. On prend les mêmes et on recommence, avec un décalage d’une semaine (lire mon article de la semaine dernière).

(1) Il n’est pour s’en convaincre que d’observer à Buenos Aires l’incroyable fouillis de panneaux publicitaires de toutes tailles jusque dans les lieux les plus symboliques de la ville : à tous les carrefours des avenues est-ouest avec l’avenida 9 de Julio, notamment autour de l’Obélisque et au croisement avec Avenida de Mayo, et jusque sur Plaza del Congreso, Plaza de Mayo étant quant à elle relativement épargnée.

jeudi 9 juillet 2009

En ce jour de Fête Nationale, début d’embellie sur le front de la grippe A [Actu]

Mauricio Macri, le Chef du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, a annoncé le début de l’amélioration de la situation sanitaire relative, qui est d’après lui bien meilleure qu’il y a une semaine, lorsqu’il a placé la capitale sous état d’urgence sanitaire. Depuis, les écoles et tous les centres d’activités collectives pour les enfants et les jeunes ont été fermés, des consignes de comportement ont été diffusées parmi la population et la frayeur servant de pédagogue, de plus en plus de gens ont accepté de les suivre.

Au même moment, le Ministre de la Santé de la Province de Buenos Aires annonçait de son côté que les consultations à l’hôpital avaient diminué de 50%. Lundi, pour la première fois depuis 30 jours, il y a eu des lits disponibles à nouveau dans des services hospitaliers critiques (notamment pédiatrie et soins intensifs).

Ce n’est pas la fin de l’épidémie pour autant mais c’est un premier signe d’apaisement alors que les études révèlent que la peur d’être infecté a atteint à présent des sommets dans la population. Entre 70 et 80% des Argentins craignent en effet de contracter la grippe A alors qu’ils n’étaient même pas 23% il y a deux mois. Une immense majorité de la population, plus de 80%, croit que les pouvoirs publics ont caché des informations, ce qui est une signature des psychoses collectives : on croit alors facilement au complot et à la méchanceté des puissants dans des schémas psycologiquement très régressifs. Encore plus si tout cela se passe en même temps qu’une campagne électorale dont les résultats ne sont pas favorables au Gouvernement en place. Ceci dit, seules 40% des personnes déclarent avoir rencontré des difficultés pour se procurer des solutions alcoolisées de désinfection et des masques et seulement 13,6% des personnes interrogées déclarent connaître personnellement une personne qui a été infectée par le virus A H1N1 alors que le nouveau ministre de la santé fédéral estime qu’il y a eu jusqu’à présent plus de 100 000 malades (sur une population totale de 40 millions d’habitants).
Juan Manzur, le ministre de la Santé, a fait le point logistique de la situation avec les présidents de groupe du Sénat (qui appartiennent encore à l'ancienne mandature, qui se terminera en décembre 2009) : avec eux, il a parlé doses d’antiviraux et modalités de distribution, par les hôpitaux conformément aux instructions de l’OMS, la meilleure façon en cas de psychose collective d’éviter la pénurie du fait de l’achat préventif par les bien portants angoissés.

Pour aller plus loin :
Lire l’article de Clarín sur l’amélioration de la situation
Lire l’article de Página/12 sur la peur de la contagion
Lire l’article de Página/12 sur la réunion du Ministre de la Santé et des présidents de groupe au Sénat.

Pour consulter l'ensemble des articles relatifs à la grippe A et à ses conséquences, cliquer sur le mot-clé dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

mercredi 8 juillet 2009

La Ciudad del Tango bascule temporairement en mode virtuel [à l’affiche]

Comme la Ciudad del Tango a interrompu hier sa série de spectacles du Tango de Miércoles, Walter Alegre, le coordinateur de ce département du CCC, a décidé de renvoyer tous les abonnés à la newsletter de la Ciudad vers le blog du département. Je vous en transmets donc l’adresse à mon tour : vous pourrez y découvrir, en VO, l’activité tanguera de ce Centre Culturel un peu particulier, archi-politisé (à gauche toute et même à gauches toutes) et très intéressant pour qui veut découvrir un tango plutôt original et passablement éloigné, dans ses styles et ses modalités de vie, des diktats de la mode et du commercial. Le tout à la bonne franquette, avec une organisation pas vraiment au cordeau et tellement chaleureuse.
Le message de Walter s’intitule Tango con barbijo (tango avec un masque de chirurgien) et le texte est à l’avenant. Je vous le livre :
Para que los fanáticos de Tango de Miércoles no sufran síndromes de abstinencias por estas suspensiones virulentas les enviamos nuestro blog.
Allí podrán ver videos, leer artículos, escuchar radio y descargar los dos discos de las temporadas 2007 y 2008 con sus carátulas correspondientes.
(Walter Alegre, Ciudad del Tango, CCC)
Pour que vous, les fanatiques de Tango de Miércoles ne souffriez d’aucun manque à cause de ces annulations virulentes, nous nous envoyons notre blog.
Vous pourrez y voir des vidéos, y lire des articles, y écouter la radio
(1) et télécharger les deux disques (2) des saisons 2007 et 2008 avec leurs affiches respectives.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
Pour visiter le blog de la Ciudad del Tango, cliquez ici.
(1) Il s’agit de Fractura Expuesta. Voir les articles de Barrio de Tango qui sont consacrés à cette émission hebdomadaire et podcastable en cliquant sur ce lien ou en cliquant sur le raccourci Radio, dans la rubrique Tangoscope de la Colonne de droite (ce sera encore plus complet par Tangoscope).
(2) Il s’agit de disques reprenant un extrait de chacun des spectacles de tango qui ont eu lieu à la Sala Osvaldo Pugliese dans le cadre de la série Tango de Miércoles.

mardi 7 juillet 2009

Drôle de fête sur pont de têtes nationales [Actu]

Extrait de la une de Página/12


Si seulement la contrepèterie avait le pouvoir magique de faire s’évanouir les vieilles peurs ataviques que nous avons tous devant les maladies...


L’épidémie de grippe A en Argentine fait en ce moment plus de mal au moral qu’à autre chose (révérence gardée envers les personnes endeuillées dont des proches, à la santé fragile, n’ont pas survécu à l’attaque de ce nouveau virus).


L’épidémie a déjà eu la peau d’une ministre de la Santé au niveau fédéral.


Elle a fait fermer les écoles, les conservatoires, les gymnases et autres clubs sportifs en plein hiver.


Elle vient de contraindre les théâtres à baisser le rideau pour ne pas jouer devant des salles aux 2/3 vides.


Elle a mis en échec le projet d’animation culturelle La Semana de Boedo, qui devrait avoir lieu en ce moment, dans ce quartier si tanguero du sud de Buenos Aires.


Elle va mettre à mal et réduire de manière spectaculaire les festivités annuelles du 9 juillet, qui est la deuxième fête nationale argentine, celle où ce pays, dont la capitale a été fondée deux fois à 50 ans d’intervalle au 16ème siècle, célèbre sa deuxième déclaration d’indépendance, celle qui fut faite par le Congrès de Tucumán en 1816, et comme ça vous aurez au moins appris un truc : c’est la raison pour laquelle il existe un terminus de ligne de métro à Buenos Aires qui porte ce nom incompréhensible (Congreso de Tucumán).


Cela vous fera toujours un sujet de conversation si jamais vous vous retrouvez en tête à tête avec A H1N1 cet automne ou cet hiver, dans l’hémisphère sud ou dans l’hémisphère nord. Tant qu’à l’héberger quelques jours chez vous, autant prévoir de quoi occuper son attention pendant que le Tamiflu se chargera de l’envoyer, ni vu ni connu, ad patres...


Des bruits circulent à Buenos Aires selon lesquels le Gouvernement national ou le Gouvernement de la Ville ferait du 10 juillet un jour exceptionnellement férié, pour faire un pont et donc un long week-end, dans l’espoir de limiter la reprise de la circulation des personnes dans les transports en commun, dans les bureaux et sur tous les autres lieux de travail. On verra bien.


Le lendemain, 11 juillet, c’est le Día Nacional del Bandoneón. Ce n’est pas un jour férié (de toute façon, cette année, ça tombe un samedi !) mais c’est bien une fête qui se célèbre à l’échelle nationale (un peu comme la Fête de la Musique en Europe)... Ce sera même le premier Día Nacional del Bandoneón pour ce petit blog d’actualité du tango argentin en français qui soufflera bravement sa première bougie le 19 juillet. Eh bien, c’est raté.


L’Argentine fêtera l’anniversaire de Aníbal Troilo (puisque c’est surtout et aussi son anniversaire de naissance) calfeutrée chez soi, autour d’un feu de cheminée (quand il y en a une dans la maison), à se réchauffer les mains grâce à une rueda de mate (1) familiale avec des disques... Mais des disques de Troilo himself du coup...


Francisco Torné, qui est le patron de Pichuco Records et qui veille avec son frère et sa soeur sur l’héritage artistique laissé par Pichuco, leur grand-père d’adoption et de coeur, m’a signalé que toutes les manifestations qu’ils avaient prévus étaient annulées les unes derrière les autres et que leur travail actuel consistait essentiellement à prévenir la presse de ce qui n’allait pas se passer le 11 juillet... Une vraie désolation !!!! Consolons-nous en nous disant que ce sera mieux, l’année prochaine...


Dimanche dernier, à la une de Página/12, Daniel Paz a croqué ce couple tronqué...
Elle : mon vieux, si on allait se promener au nouveau centre commercial (2). Lui : mais mon amour... On pourrait attraper la grippe ? Elle : tu as raison. Lui : Merci, virus !
(Traduction Denise Anne Clavilier)




(1) la rueda de mate : la tournée du mate. Le mate se boit dans un petit récipient, qui s’appelle le mate et qui est originellement une coloquinte évidée et séchée. Le mate peut-être en bois, en terre cuite, en céramique, en corne, en cuir, en presque tout ce que vous voulez du moment que c’est étanche. La matière dépend beaucoup des régions. Elle dépend aussi du niveau de prix que les gens peuvent accepter pour l’achat d’un ustensile de la vie de tous les jours. Une rueda de mate est une cérémonie de l’amitié, de la conviviale. Le mate y passe d’un convive à l’autre, chacun avalant en quelques gorgées, aspirées à travers une pipette généralement en métal, la bombilla, le breuvage brûlant et amer, une infusion obtenue à partir de la feuille séchée et hachée d’un arbuste autochtone d’Amérique du Sud, appartenant à la même famille que le houx. Et un petit coup d’eau chaude sur la yerba mate entassée dans la coloquinte et passe à ton voisin... tout le monde boit au même mate et à la même bombilla. Ca se trouve, même ça, il va falloir y renoncer. Il faut dire que la rueda del mate, quand on porte un masque de chirurgien couvrant la bouche et le nez...
Plus sérieusement, la rueda del mate, c’est un des trucs les plus authentiquement conviviaux et simples que je connaisse et, en plus, au coeur de l’hiver, ça tient chaud. Pour les Portègnes, parce que nous les Européens du nord, franchement, l’hiver portègne, on en a vues d’autres !
(2) La construction de centres commerciaux est une des plaies de l’urbanisation argentine. Sur le plan architectural, cela peut être un cauchemar. Et qui plus est, ces shoppings nuisent considérablement aux commerces ordinaires (boutiques, supérettes, supermarchés) qui, là-bas comme ici, assurent le commerce de proximité et du quotidien qui fait en partie que la rue et le quartier sont vivants.

Tango de Miércoles : arrêt pour 15 jours [à l’affiche]

Demain, c’était Juan Vattuone qui devait se produire au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, sur la Avenida Corrientes, juste en face du Teatro San Martín. Je vous en avais touché deux mots lorsque cet auteur-compositeur-interprète est allé partager la soirée de Cucuza et Dipi Kvitko au Bar el Faro, au mois de juin (lire l’article). Juan Vattuone présente son plus récent disque, Escucháme una cosa (écoute moi un truc), mais, l'info vient de m'arriver il y a quelques minutes par mail, le CCC a décidé d'annuler ses spectacles pour les 15 prochains jours.
En illustration de cet article, je publie donc pour info l’affiche du mois. Les deux prochains spectacles sont d'ores et déjà supprimés et pour le reste, on y verra plus clair vers le 21 juillet (cliquez sur l'affiche pour la lire en meilleure résolution).

Dans le contexte actuel, rien n’est garanti de tout ce que je vous ai annoncé et qui reste à venir, puisque le public se fait rare dans les salles de spectacle et qu’un concert de tango devant deux tondus et trois pelés, ça n’a rien d’emballant. Tant qu’à faire, profitez donc de cette basse saison à contretemps pour lire tous les articles de Barrio de Tango que vous n’avez encore jamais eu le temps de lire vraiment, et allez écouter toutes les émissions hebdomadaires de Tango City Tour et de Fractura Expuesta (qui restent téléchargeables, sans date limite sur les sites) que vous n’aviez encore pas eu le temps d’aller consulter et faites un tour dans la Colonne de droite (vous avez un paquet de sites de tango à découvrir).

Les liens avec Tango City Tour et Fractura Expuesta se trouvent dans la rubrique Ecouter, dans la partie inférieure de la Colonne de droite.

Fermeture des théâtres pour cause de grippe [Actu]

La une de Página/12 d'aujourd'hui

Dans toute l’Argentine, les théâtres ont décidé aujourd'hui, dans leur très grande majorité, de fermer de quelques jours à quelques semaines, au plus profond de l’hiver, alors même que l’épidémie de maladies infectieuses respiratoires (grippes, rhumes, bronchites et angines) atteint son point culminant. Ce sont les organisations professionnelles du théâtre privé qui ont pris cette décision et elles ont été suivies, ou précédées, par la plupart des théâtres publics, nationaux, municipaux ou provinciaux.

Ainsi, à Buenos Aires, le Teatro Cervantes est fermé jusqu’au 3 août, date de la reprise prévue pour les écoles dans la Capitale, le Complexe théâtral de Buenos Aires est fermé (soit 5 théâtres dont Alvear, San Martín, tous deux sur Corrientes, Ribera à La Boca, Regio). Les centres culturels dépendant du Ministère de la Culture du Gouvernement de la Ville de Buenos Aires ferment eux aussi (parmi eux, le CC Recoleta et le CC Torcuato Tasso pour n’en citer que deux très connus).

La Aadet (Asocación Argentina de Empresarios Teatrales) annonce la fermeture des théâtres adhérents pour des raisons qui sont plus artistiques que sanitaires : les spectacles ont besoin du public pour être des spectacles vivants et comme le public a déserté les salles, les salles préfèrent fermer. La Aadet représente 107 salles dans tout le pays. Ces salles resteront fermées jusqu’au 16 juillet.
Le CCC vient lui aussi d'annoncer la suspension de ses activités théâtrales pour 15 jours (voir l'autre article de ce jour, sur le programme de juillet du CCC).

Les cinémas emboîtent le pas, pour les mêmes raisons. A quoi sert de projeter un film pour une salle plus qu’à moitié vide... Les grandes sorties qui étaient programmées pour juillet sont donc repoussées à une date ultérieure. Parmi elles, celles de plusieurs films étrangers, comme l’Attaque du métro 123 (en Argentine, Rescate del metro 123) (1), de Tony Scott avec Denzel Washington et John Travolta, Katyn de Andrzei Wajda et même Home de Yann Arthus-Bertrand qui attendra des jours meilleurs.

L’NCAA (Insituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales) ferme lui aussi ses différents centres à travers le pays et le réseau des salles Gaumont aussi.

Ce week-end, les principaux théâtres de Buenos Aires n’ont même pas réussi à jouer ne serait-ce qu’au tiers de leur capacité. Vendredi dernier, Daniel Melingo pensait encore pouvoir chanter le 10 à NA Ateneo (voir mon article à ce sujet) mais il est à craindre que même ce spectacle, pour lequel le chanteur a coupé en deux sa tournée en Europe, ne soit lui aussi emporté par la vague, qui est aussi une manoeuvre de sauvegarde économique pour la plupart des salles concernées...
Pour en savoir plus :
Lire l’article de ce jour sur le site de Página/12.

Mieux que le Tamiflu et surtout beaucoup moins cher, l’humour portègne [Actu]

Image tirée du site du quotidien

Ce que j’aime bien dans Página/12, c’est qu’ils ont toujours le mot ou le dessin pour rire et en ce moment, on en a bien besoin.
La situation clinique en Argentine (grippe A) n’est en fait pas véritablement dramatique, encore que personne ne puisse prendre à la légère l’angoisse de certaines personnes plus sensibles que d’autres aux psychoses collectives ou le fait que les plus pauvres soient plus exposés que les autres aux infections virales et microbiennes, parce qu’ils ont moins accès au savoir, à l’équilibre alimentaire qui renforce le système immunitaire et même à certaines mesures d’hygiène qui sont pour eux hors de prix (comme les masques ou les solutions alcoolisées vendues en pharmacie pour se désinfecter les mains).
Comme m’a écrit hier, off the record, of course, un chroniqueur d’un grand quotidien de Buenos Aires dont j’apprécie la plume, c’est toujours comme ça en Amérique Latine, avec ou sans la grippe A. C’est toujours les plus pauvres qui trinquent le plus et les premiers.

En fait, la grippe A fait les mêmes ravages cliniques, ni plus ni moins, que la grippe saisonnière. Les deux différences sont 1) le silence assourdissant qui entoure les victimes de la grippe saisonnière dans tous les pays alors que les statistiques de la grippe A font la une des journaux et des sites Internet dans le monde entier, 2) la particularité qui fait des enfants le principal vecteur de la transmission du nouveau virus, en tout cas selon ce qu’il est possible à tout un chacun de constater autour de soi.

Après viennent les autres ravages, les ravages économiques, avec l’annulation des voyages touristiques et donc le manque à gagner en terme de devises étrangères, la fermeture par précaution de nombreux lieux publics (théâtres, cinémas, milongas, cours collectifs, stades, gymnases, clubs de quartier), la désorganisation familiale parce que les enfants doivent être gardés à la maison et ne peuvent ni aller à l’école ni se rendre à leurs activités normales en période de vacances scolaires de loisirs, de sport, de culture, de foot sauvage dans le terrain vague ou le jardin public d’à côté, plus le lot habituel en hiver d’arrêts-maladie dans les entreprises.

Sur la une du supplément satirique de Página/12, le titre général triture une expression toute faite où les planètes représentent les idées, les désirs, les rêves que chacun d’entre nous porte en soi. C’est donc à peu près intraduisible mais ça donnerait quelque chose comme : "Tu éternues et après tu en vois 36 chandelles". L’affiche, faisant allusion aux précautions à prendre pour les adultes comme pour les enfants, recommande de porter le masque chirurgical de protection ("Mets-le, mets-le-lui"). Et dans la bulle, on lit "C’est formidable ce que les choses changent !" (traductions Denise Anne Clavilier)
Pour en rire un peu plus :
vous pouvez vous reporter à l’éditorial de Página/12 qui accompagne ce dessin (en espagnol dans le texte).

samedi 4 juillet 2009

Des nouvelles en direct de Buenos Aires [actu]

Les outils statistiques dont je dispose sur ce blog me permettent de constater qu'en ce moment il est beaucoup consulté sur le thème de la grippe A. Visiblement, le sujet préoccupe les Français et les Européens puisque beaucoup d'entre vous qui arrivent par ce sujet n'aurait sans doute jamais ouvert ce blog sans cela et les Argentins, eux, consultent les articles qui portent sur le tango (ou la politique)...

Il se trouve qu'hier j'ai appelé plusieurs de mes amis à Buenos Aires. Ayant reçu dans la nuit précédente quelques mails de personnes que je sentais découragées mais où je ne voyais aucune peur transparaître, j'ai voulu entendre de mes oreilles la voix de quelques amis que j'espérais pouvoir trouver chez eux dans l'après-midi de vendredi. Il ressort de ces conversations que la situation est beaucoup moins grave que ce que les medias en disent, ici comme là-bas, et en particulier à la télévision dont le besoin d'images spectaculaires, ici comme là-bas, déforme le rendu de la réalité.

Rappellez-vous, on avait observé le même phénomène en avril au sujet du Mexique, quand les voyageurs de retour à Roissy, à Zaventem ou à Cointrin, regardaient bouche-bée la meute journalistique qui leur tendait des micros, parce qu'au Mexique l'alarme n'était pas de mise.

Les Portègnes comme les habitants de la Province de Buenos Aires ont reçu des indications sur les comportements à avoir et les gestes à faire lors de la mise en place de l'état d'urgence sanitaire en début de semaine (lire l'article à ce sujet).

Beaucoup de gens, au moins à un certain niveau d'éducation et de culture, se sont munis de masques et de flacons de solutions alcoolisées qui leur permettent de se laver les mains fréquemment. Dans les milongas, des distributeurs de solutions antisceptiques sont disposés sur les tables pour permettre aux danseurs de se désinfecter les mains à chaque cortina (le nom de la pause qui sépare deux séries de 4 tangos et permet le changement de partenaire). Les tables, de part et d'autre de la piste, ont souvent aussi été plus espacées. Et cela ne fait pas perdre de clients puisque, de toute façon, ils sont moins nombreux. Certaines milongas sont à moitié désertes. Un certain nombre de cinémas ont annoncé qu'ils ne vendaient plus à chaque séance que la moitié des places disponibles pour permettre aux spectateurs de n'occuper qu'un siège sur deux. Quelques cours de tango (danse), pour les adultes, ont été suspendus pendant la durée des vacances d'hier et ne reprendront qu'au début août. L'ensemble des cours délivrés aux enfants sont suspendus par l'état d'urgence lui-même. Plusieurs spectacles sont aussi parfois annulés sur décision de leurs propres organisateurs, parfois très tard, quelques heures avant l'heure prévue pour le début : Pepe Kokubu a finalement envoyé jeudi soir un mail à tout son réseau pour annoncer l'annulation de son récital prévu hier (que j'avais annoncé et qui reste annoncé dans cet article de Barrio de Tango) et les activités même du Club Europeo (un cercle d'hommes d'affaires) reprendront à une date ultérieure, lorsque l'état d'urgence sanitaire sera levé ; la chanteuse Alicia Pometti a fait de même pour la soirée qu'elle anime toutes les nuits de vendredi à samedi avec Mabel Simoncini et Graciela Siman au premier étage de Taconeando (voir l'article de mars sur cette soirée hebdomadaire) ; Marina Baigorria, la chanteuse de La Biyuya, vient de nous annoncer l'annulation de leur deux shows de ce soir et demain (lire l'article d'hier qui annonçait le show de demain). La Semaine de Boedo, qui devait animer ce quartier tout au long de la semaine prochaine, n'aura finalement pas lieu. Alorsa devait venir y chanter mais l'initiateur du projet, Idelfonso Pereyra, a jugé que c'était prendre une trop grande responsabilité que de maintenir ce festival au moment le plus fort des épidémies diverses et variées qui courent en ce moment. A chaque fois, il s'agit d'une mesure de précaution.
Il est probable que les festivités du 9 juillet (fête nationale célébrant la deuxième déclaration d'indépendance, celle de 1816) seront réduites, cette année, à leur plus simple expression. Il en va de même pour les manifestations qui doivent marquer le Día Nacional del Bandonéon, le 11 juillet. Et la tenue du Festival de Tango de La Falda dans 10 jours pourrait aussi dépendre de l'évolution de la crise.

Sur le strict plan clinique, la situation est loin d'être dramatique, m'a dit Luis Alposta, un poète bien connu des lecteurs habituels de Barrio de Tango doublé d'un médecin, même si elle doit être abordée avec sérieux et professionnalisme par les autorités sanitaires et politiques. Il existe dans les médias une exploitation malsaine de la situation et on y fait appel à des personnalités assez peu responsables, comme tel ponte de la faculté qui déclare que le masque n'est d'aucune efficacité pour lutter contre la maladie. Comme m'a dit Luis, on se demande alors pourquoi un chirurgien se couvre systématiquement le visage avant une intervention sur un malade... Forts de ce genre de déclaration, de nombreux Portègnes refusent de porter un masque lorsqu'ils se trouvent dans les lieux publics (métro, bus, rue, centre commercial...). Et pourtant, dans certaines pharmacies, on manque parfois de masques. Les gens les achètent mais reculent le moment de l'utiliser. Il est vrai que le goût des Argentins pour l'élégance est proverbiale. Peut-être aussi certains distributeurs profitent-ils de la situation pour augmenter les prix. Un patient de Luis s'est vu proposer dans une officine en ville un masque à 10 $ pièce. Un prix invraisemblable. Imaginez-vous, avec les niveaux de prix existant ici en Europe, un pharmacien vendant ce même masque à 10 € l'unité et vous aurez une idée de l'indécence du prix de ce praticien indélicat. Comme quoi, il y a des gens malhonnêtes dans tous les métiers.

Il est probable que le changement de ministre de la santé intervenu au début de la semaine (lire l'article) permettra de mettre fin à certains dysfonctionnements des pratiques préventives. Le comportement du public général semble montrer que les messages utiles et compréhensibles n'ont pas atteint toutes les couches de la population. Sans doute ont-ils été trop tardifs pour toucher la société en profondeur. Et si les journalistes de télévision ou de radio ajoutent à la psychose en diffusant des déclarations ineptes, cette situation se comprend.

Dans ce genre de crise, les journalistes devraient s'interdire les déclarations scientifiquement contestables alors qu'en période ordinaire, on peut se permettre de laisser dire des bêtises, à condition d'avoir les moyens de les critiquer. Il y aura toujours une partie de la population qui n'entendra pas la critique et ne retiendra que la bêtise mais c'est le prix à payer en démocratie. Or quand la santé des personnes fragiles est ainsi mise en danger par la propagation d'un virus contre lequel elles ne peuvent pas avoir de défense immunitaire, la déontologie devrait parler très fort à l'oreille des professionnels des moyens de communication...

Si vous vous apprêtez à partir pour l'Argentine,
laissez donc parler votre bon sens.

De deux choses l'une :
Ou votre état de santé vous range dans cette petite minorité de personnes qui courent un risque particulier que la grippe A soit méchante pour eux et vous le savez donc déjà, pour autant que vous soyez régulièrement suivi par un médecin. Dans ce cas, renoncez à votre voyage pour le moment ou reportez-le si vous le pouvez au mois d'août, le plus tard que vous pourrez dans la saison. Attention aux enfants et aux adolescents : ils semblent plus sensibles que les adultes à l'infection de la grippe A, en Argentine comme en Europe. Pour les voyages en famille, juillet n'est donc peut-être pas le meilleur des mois.

Ou vous êtes en bonne santé, sans problème chronique ni ponctuel affectant vos défenses immunitaires, et dans ce cas, vous pouvez partir dès maintenant. Mais en respectant scrupuleusement les précautions les plus élémentaires. Commencez par vous renseigner sur les site du Ministère des Affaires étrangères ou du Ministère de la Santé de votre pays. LA plupart présente des informations sur les crises sanitaires. Celui du Quai d'Orsay est bien fait et son exhaustivité et sa fiabilité sont reconnues un peu partout dans le monde. Et si vous parlez espagnol, consultez aussi le site du Ministère de la Santé argentin et le site de la Ville de Buenos Aires ou celui du Ministère de la Santé de la Province de Buenos Aires (en fonction de votre lieu de destination).

Ensuite, munissez-vous de flacons de solution alcoolisée (bagages de soute) et de lingettes imprégnées d'alcool (bagage de cabine). Procurez-vous ici des masques de chirurgien que vous n'utiliserez qu'en cas de symptômes grippaux (toux, écoulement nasal, fièvre, courbatures). Cela tranquillisera votre entourage, à l'hôtel, dans l'hostel, dans l'immeuble, dans le métro, dans le taxi, dans la rue... Et allez aussitôt consulter un médecin (un médecin de ville, un médecin dans un dispensaire ou dans un hôpital et si vous ne pouvez atteindre aucune infrastructure médicale par vous-même, le numéro à faire pour les urgences est le 103 - à n'utiliser qu'avec parcimonie et pour des urgences vitales, par pour un nez qui coule). Ne pratiquez aucune auto-médication à moins que votre médecin traitant ne vous ait lui-même indiqué la marche à suivre.

Et ne prenez pas d'aspirine (même pour calmer la douleur des courbatures). Il semble que l'aspirine puisse avoir un effet sur le virus mais pas dans le bon sens : il est possible que la prise de ce médicament favorise certaines formes graves de la maladie, voire provoque certaines complications grippales. L'aspirine ne doit évidemment pas être confondue avec un simple antalgique. L'aspirine, la vraie, a un effet antalgique et un effet anti-inflammatoire. Et même si vous restez de ce côté-ci de l'Atlantique, soyez prudent : évitez les traitements de longue durée à l'aspirine, ils pourraient vous fragiliser à l'arrivée du virus, qui arrivera en force pour nous à l'automne.

Et si vous partez en Argentine, surtout n'attendez pas d'être là-bas pour acheter ces fournitures même si elles sont moins chères sur place. Il y a des économies de bouts de chandelle dont il vaut mieux s'abstenir. Là-bas, vous pourriez tomber sur des officines en rupture de stock et vous participeriez, vous le touriste, à la psychose collective dont il faut au contraire se distancier. Et puis pensez que vous aurez du mal à vous faire comprendre d'un pharmacien argentin si vous toussez, si vous êtes assommé par la fièvre, si vous parlez du nez. Il n'est pas dit que le praticien comprendra votre anglais, encore moins votre français et même pas votre espagnol si vous ne parlez pas couramment cette langue.

Faites la même chose si vous partez en août. Le plus gros de l'épidémie sera passé, la chaleur reviendra (il fait 15-17° au début août à Buenos Aires même) mais vous pourrez tout de même attraper une grippe, un rhume, une angine ou une bronchite et ce n'est pas la peine d'affoler les gens autour de vous avec une quinte de toux. En août aussi, ayez des masques à votre disposition et de quoi vous décontaminer souvent les mains. Et les vacances se passeront très bien.

Et comme Luis Alposta ne perd jamais son sens de l'humour ni sa curiosité intellectuelle, aussitôt le combiné reposé, il m'a envoyé par mail un avant-goût de son prochain billet sur Noticia Buena (lire les articles au sujet de Noticia Buena) : ce sera un entrefilet sur le tango et la grippe, surtout celle qui frappa la France et l'Europe au lendemain de la première guerre mondiale, quand on ne savait même pas encore que la maladie était due à un virus, et qui fit aussi des victimes nombreuses dans l'hémisphère sud six mois plus tard. Voilà la couverture d'une partition d'un tango qui fut composé sur ce thème. Vous remarquerez que le titre est écrit à la française (grippe avec deux p, en Argetine on dit gripe ou influenza, selon la terminologie anglo-saxone), que le tango est qualifié de "contagieux" et qu'il est dédié (tout en haut) à l'Assistance Publique...

Cadeau du Dr. Alposta... Je vous donnerai le texte de la chronique en son temps.

Couverture de la partition (collection personnelle de Luis Alposta)

mercredi 1 juillet 2009

Etat d’urgence sanitaire à Buenos Aires et La Plata [Actu]

Une Une en forme de pied de nez à la psychose


1er juillet 2009 : 17 Provinces argentines ferment ou vont fermer les établissements scolaires en avance sur les dates de vacances d’hiver. Cinq Provinces ou juridictions fédérées ont déclaré l’état d’urgence, qui n’est pas un état d’alerte mais une forme de Plan OrSec, un protocole qui permet de prendre des mesures inhabituelles pour faire face à une situation exceptionnelle.
Les Provinces en état d’urgence sont la Ville de Buenos Aires, la Province de Buenos Aires, la Province du Chaco, la Province de Río Negro et la Province de Corrientes.
Ce plan d’urgence se traduit dans les faits par la fermeture des établissements scolaires, où ne se maintiendra que la distribution de repas chauds pour les écoliers. Dans de nombreux cas, les familles devront venir chercher le repas des enfants. Dans d’autres cas, seule la cantine (el comedor) ouvrira à l’heure du déjeuner pour délivrer ce service, qui aide de nombreuses familles du sud à vivre. Il se traduit aussi par une réorganisation au niveau du système de santé et une gestion des stocks de médicaments pour que tous les malades disposent de ce dont ils auront besoin au moment voulu. Pour le moment et malgré la pression de certains inquiets, il n’est pas question de fermer les magasins, ni les centres commerciaux, ni les lieux de spectacles, ni les restaurants.

A Buenos Aires et dans la Province homonyme, les enfants arrêtent la classe à partir de lundi 6 juillet. Dans quelques provinces, l’école a cessé dès le 1er juillet ou le 30 juin. Les cours reprendront le 4 août. On estime en effet que les 3 premières semaine de juillet, les plus froides de l’année, correspondront au pic des maladies respiratoires infectieuses qui sévissent actuellement : grippe saisonnière, grippe A et bronchiolite.

A Buenos Aires, c’est Mauricio Macri lui-même qui a fait l’annonce par une conférence de presse où les questions angoissées n’ont pas manqué. Pour tenter de ramener un peu de raison dans cette réaction excessive, Mauricio Macri a insisté sur la responsabilité de chacun : les parents sont priés de garder les enfants à la maison et de ne pas considérer les deux semaines de suspension des classes comme des vacances (donc pas de promenade, pas de partie de foot avec les copains, pas de goûter d’enfants...). Quant aux adultes qui présentent des symptômes, les pouvoirs publics attendent qu’ils restent chez eux et évitent de se rendre dans les magasins, les cinémas, les théâtres, les restaurants, pour que ceux-ci puissent rester ouverts, une condition indispensable à la santé économique du pays, lui aussi atteint par la crise mondiale même si c’est en proportion moindre que les pays européens ou nord-américains.

Au niveau national, le Ministre de l’Education, Juan Carlos Tedesco, envisage de prolonger le deuxième semestre d’école de deux semaines, pour compenser les deux semaines de fermeture décrétées par la majorité des Provinces, en particulier en supprimant certains jours fériés.

Concrètement, j’ai déjà reçu moi-même sur ma boîte mail plusieurs avis de report de spectacles au mois d’août, les organisateurs préférant cette solution au risque d’une salle moins remplie qu’escompté.

Côté anecdote, trois ministres portègnes sont eux-mêmes malades et gardent la chambre. Dans Buenos Aires, on voit maintenant couramment des gens qui circulent un masque sur la bouche comme en avril au Mexique. Cette sage précaution a néanmoins un effet dévastateur sur la psychologie collective et l’on assiste à la résurgence de grandes peurs ataviques, démesurées, et qu’un médecin, le Docteur Mónica Müller, tente de décrypter puis de démonter tout en rappelant à l'ordre et à la raison ses confrères médecins pour qu'ils ne participent pas à augmenter la panique. Un très tonique éditorial de Página/12, daté du 1er juillet 2009, sous le titre Le virus de la peur.
Pour en savoir plus :
Lire l’article de Clarín sur le décret d’état d’urgence
Lire l’article de Página/12 sur le même sujet.
Lire l’éditorial de Mónica Müller dans Página/12 du 1er juillet.
L’ensemble des articles de Barrio de Tango sur la grippe A est accessible sous le mot-clé Grippe A dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, sous le titre de l’article.

mardi 30 juin 2009

Le virus AH1N1 fait une victime : la Ministre de la Santé démissionne [Actu]

La Ministre de la Santé d’Argentine, Graciela Ocaña, sur laquelle couraient de nombreuses rumeurs de démission depuis plusieurs semaines à Buenos Aires, a finalement renoncé à son portefeuille au lendemain des élections législatives au cours desquelles la majorité actuelle a été dépassée en nombre de voix par l’opposition libérale. La ministre avait déjà présenté sa démission en mai à la Présidente qui l’avait refusée.
Graciela Ocaña avait beaucoup choqué l’électorat de gauche à sa prise de fonction en décembre 2007 en déclarant que la question de l’avortement (formellement illégal en Argentine) ne relevait pas selon elle de la politique de santé publique mais de la politique pénale. Coup sur coup, elle a dû affronter une épidémie de dengue qui a créé une vraie psychose sur la fin de l’été (en mars et en avril) puis l’arrivée sur le sol argentin du virus de la grippe A qui provoque une nouvelle psychose et des difficultés d’organisation : fermeture pendant 14 jours des écoles puis seulement des classes où un cas a été détecté et engorgement des services hospitaliers pris d’assaut par des patients plus paniqués que grippés. Il est sûr qu’en période électorale, cette situation tombait bien mal...

Graciela Ocaña est remplacée par un médecin, Juan Luis Manzur, qui prendra ses fonctions demain.

Juan Luis Manzur était jusqu’à ce jour Vice-Gouverneur de la Province de Tucumán. Auparavant, il avait tenu le portefeuille de la santé au niveau de sa Province. Il est reconnu pour son efficacité puisqu’il était parvenu à faire baisser la mortalité infantile. C’est donc un professionnel confirmé : chirurgien, puis praticien de santé publique et médecin légiste, il a été sollicité par de nombreux hommes politiques avant d’accepter le ministère de la Santé de Tucumán. A 40 ans, c’est un homme qui a encore une belle carrière à construire. Sa nomination est saluée par les personnalités auprès desquelles il a déjà travaillé et dont il garde l’appui.

En Argentine, la grippe A, qui touche dans la population en bonne santé essentiellement des enfants en milieu scolaire, comme en Europe, et se révèle alors bénigne, a cependant déjà causé la mort de 28 personnes, toutes de santé fragile, ce dont un Gouvernement ne peut s’enorgueillir puisqu’il montre un défaut d’organisation qui prive de la protection qui leur est due un certain nombre de personnes à risques. Le choix d’un professionnel aguerri et peu susceptible d’être contesté semble donc une réponse adaptée à la situation.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 et celui de Clarín, deux quotidiens dont la rédaction est ancrée à gauche (donc solidaires du Gouvernement actuel).

mardi 16 juin 2009

La grippe, c’est de saison [Actu]

La grippe A fait beaucoup causer en Argentine et c’est normal : la maladie, bien qu’elle ressemble beaucoup, avec ses symptômes plutôt bénins, à la grippe saisonnière, semble très contagieuse. A ce jour, il y a 733 cas avérés dans tout le pays (sur une population de 40 millions de personnes, dont un quart vit dans le Gran Buenos Aires : pour l’instant, alors que l’automne va faire place à l’hiver, on ne peut donc pas parler d’épidémie du siècle). La majorité des cas est diagnostiquée chez les jeunes et en milieu collectif : l’école. A ce jour, 48 établissements scolaires sont fermés temporairement pour éviter la propagation du virus aux camarades des enfants affectés. En Argentine, la classe de l’enfant ou des enfants grippés est fermée pour 14 jours. En France, on vient de voir à Toulouse que l’établissement scolaire atteint (10 collégiens malades) avait été fermé pour 3 jours (de lundi à mercredi). Dans l’un et l’autre pays, dans l’hémisphère sud comme dans l’hémisphère nord, les malades se rétablissent bien et plutôt vite.

Sur ces 733 cas avérés en Argentine depuis l’apparition de la maladie en avril dernier, 4 personnes se trouvaient ce matin hospitalisées en soins intensifs.

Un nourrisson, une petite fille née avant terme il y a trois mois, a succombé au virus hier dans un hôpital du Gran Buenos Aires, selon l’annonce que la Ministre de la Santé a faite officiellement en conférence de presse. Ce bébé, né avec un petit poids, souffrait, comme la plupart des prématurés, de problèmes pulmonaires et respiratoires sévères. On sait bien que dans ce cas, la moindre infection virale ou bactérienne peut être fatale.
C’était tôt ce matin le seul décès provoqué par la maladie en Argentine. Mais dans la journée, le décès d’un jeune homme de 28 ans a été à nouveau annoncé par le Ministre de la Santé de la Province de Buenos Aires, Claudio Zin. Un jeune homme en état de santé fragile, puisqu’il avait un système immunitaire défaillant après une greffe de moelle osseuse il y a 9 ans. Le jeune homme est décédé dans un hôpital de La Plata. Il était l’un des 4 patients placés en soins intensifs.

Dans l’ensemble du monde, la grippe A semble, pour le moment, ni plus ni moins dangereuse que la grippe saisonnière, laquelle, on l’ignore trop souvent, fait elle-même des morts tous les ans, le plus souvent par effet secondaire (infection virale sur un organisme déjà fragilisé par d’autres problèmes de santé).

Le Gouvernement argentin envisage le cas échéant d’adapter ses procédures sanitaires pour soulager son système de santé, surencombré par des demandes de patients paniqués mais nullement grippés (ni de grippe A ni de grippe saisonnière). Le Ministre de l’Education nationale, Juan Carlos Tedesco, a annoncé ce matin que désormais une classe ne serait fermée que si deux élèves étaient malades et non plus seulement un seul. Il faut, dit-il, prendre le problème au sérieux mais ne pas dramatiser. On s’orienterait par ailleurs vers la suppression du test viral systématique comme on le fait aujourd’hui (1) et vers la prescription de soins adaptés, en fonction des symptômes, de leur nature et de leur gravité. Ce qui pourrait avoir sur la population des effets opposés : calmer l’inquiétude chez ceux qui font confiance au Gouvernement et renforcer la psychose chez les autres, plus méfiants vis à vis de tout ce qui est politique (et Dieu sait si les Argentins peuvent avoir mauvaise opinion de leur gouvernement, quel qu’il soit, surtout les plus âgés, qui ont connu et souffert des 50 ans de situation politique exécrable que le pays a subie entre 1930 et 1983). De plus, on se trouve à la fin d’une campagne électorale acharnée : les Argentins votent dimanche 28 juin pour renouveler leurs deux chambres fédérales (et à Buenos Aires, on renouvelle aussi en prime la moitié de la Legislatura). Dans cette campagne, les coups volent de plus en plus bas...

En savoir plus :
Lire l’article de Clarín édition du 14 juin
Lire l’article de Página/12, édition du 15 juin
Lire l’article de Clarín sur la mort du bébé prématuré (édition de ce jour) et l’article sur les nouveaux critères de fermeture de classe.
Lire l’article de Página/12 sur la mort du bébé et la situation générale.
Lire l’article de Clarín sur le décès intervenu à La Plata.


(1) Les tests systématiques engorgent les laboratoires et coûtent très cher à la collectivité dans un pays où le secteur hospitalier public est gratuit pour les patients. Et comme la médecine de ville est réputée très chère, les Argentins ont tendance à s’adresser très facilement à l’hôpital. Le Gouvernement vient d’annoncer qu’il budgétait la somme de 60 millions de pesos ($) pour faire face à la maladie (achat d’anti-viraux et autres traitements). Lire à ce propos l’entrefilet de ce jour publié par Clarín.

lundi 8 juin 2009

Plan anti-grippe A en Argentine [actu]

Le Gouvernement argentin vient d’arrêter le plan définitif pour lutter contre les risques de contagion de la grippe A alors que s'annonce l’hiver austral.

Les cas de contamination avérée en Argentine s’élèvent actuellement à environ 300 cas suspects et 174 cas avérés à Buenos Aires et dans le Gran Buenos Aires. C’est peu par rapport à l’ensemble de la population et à la saison (sans compter le brusque refroidissement du temps ces derniers jours) et c’est géographiquement très circoncit, ce qui facilite la lutte contre le risque de contagion.

90% de ces cas de grippe A ont en effet été diagnostiqués à Buenos Aires et dans sa très proche banlieue, surtout dans le nord, et parmi les enfants scolarisés. C'est à Buenos Aires intra-muros que la densité de la population est la plus forte du pays mais sur un habitat majoritairement de maisons individuelles. C’est peut-être cette densité qui explique la circulation du virus dans un périmètre passablement restreint.

Les jeunes malades (entre 6 et 15 ans pour la plupart) ont été dûment hospitalisés (le réseau hospitalier portègne est assez dense lui aussi) et sont retournés à l’école une fois guéris. Il n’y a encore eu aucun mort des suites de la grippe A en Argentine, alors que, il faut le rappeler car nous avons tendance à l’oublier, la grippe saisonnière tue tous les ans, dans tous les pays du monde, y compris les plus avancés sur les plans technologique et médical.

Le Gouvernement argentin a donc décidé que lorsqu’un cas de grippe A serait diagnostiqué dans une classe, la classe serait fermée pour deux semaines (mais non pas tout l’établissement, comme cela se faisait il y a encore trois semaines), que tous les élèves seraient suivis médicalement et bénéficieraient d’un suivi pédagogique via Internet, avec enseignement à distance, la capitale argentine étant remarquablement bien équipée au niveau collectif de ce point de vue (en plus, la zone affectée est la zone riche et la plupart des établissements atteints sont des écoles privées très chic et très chères). Quant aux enfants qui rentrent de voyage avec des symptômes grippaux, ils sont invités à rester chez eux, le temps que le diagnostic soit effectué (ce qui peut prendre plusieurs jours). Ils disposent eux aussi d’un suivi pédagogique à distance pour ne pas prendre de retard sur le reste de leur classe et le temps d’absence ne pénalisera ni l’enfant ni ses parents (l’école est obligatoire en Argentine et officiellement, ne pas envoyer un gamin à l’école est un délit).

Dans la population, la psychose semble modérée. On constate certes que les pharmacies vendent beaucoup de masques de protection et que de nombreux services d'urgence ou beaucoup de médecins de ville sont débordés par l'afflux de patients atteints de toutes sortes de symptômes, dont la plupart ne sont pas du tout grippés. On a repéré que certains parents s'abstenaient d'envoyer leurs enfants à l’école au cas où... même lorsqu'aucun cas n’est déclaré dans l’établissement. On a entendu ce week-end beaucoup de rumeurs selon lesquelles les vacances d’hiver, traditionnellement placées en juillet, allaient être avancées. Mais le premier ministre (Jefe de Gabinete), Sergio Massa, dans sa conférence de presse samedi, les a fermement démenties en expliquant que les deux droits des enfants, à la santé et à l’éducation, étaient aussi inaliénables l’un que l’autre et que par conséquent l’école continuait. Il s'exprimait d'une voix particulièrement posée, avec un débit très serein qui en imposait. La presse a aussitôt embrayé avec beaucoup de responsabilité, en s’abstenant d’exploiter l’angoisse éventuelle du lectorat. Bref, la vie continue.

En Amérique du Sud, la grippe A n’a jusqu’à ce jour fait que 2 morts. Cela s’est passé au Chili. Le premier malade n’avait pas été correctement diagnostiqué et avait été soigné pour une autre maladie. Le second a succombé aux suites d’autres affections, son état de santé déjà assez détérioré du fait de son obésité pathologique et des problèmes cardiaques y afférant ayant été fragilisé encore un peu plus par la grippe.

La situation sanitaire n'est donc pas particulièrement alarmante et le système médical en place, notamment en Argentine, a les capacités de faire face au phénomène tel qu’il se présente pour le moment.

Dans l'ensemble, l’Argentine et l’Uruguay disposent de systèmes de santé publique d’une grande efficacité, malgré un manque de moyens chronique qui rappelle fort les situations connues en France ou en Angleterre. En Argentine, la néonatalogie et la chirurgie pédiatrique sont des disciplines de pointe au point que les hôpitaux attirent des patients des pays environnants. La chirurgie réparatrice est très développée. La psychiatrie est particulièrement performante, malgré, comme toujours, ce manque de moyens dont se plaignent régulièrement les personnels de santé. Le système hospitalier public est gratuit pour les patients.

Quant à la chirurgie esthétique, qui n’est pas du ressort du système sanitaire, elle attire, en Argentine comme au Brésil, des clients du monde entier, y compris de l’hémisphère nord, très tout heureux d’aller se faire refaire le nez ou les seins à prix cassés.