Affichage des articles dont le libellé est Celeste Carballo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Celeste Carballo. Afficher tous les articles

lundi 27 juillet 2009

Les résultats des Premios Gardel 2009 [Disques & Livres]

Les Premios Gardel sont à l’Argentine ce que les Victoires de la Musique sont à la France. La semaine dernière, les résultats du vote final ont été annoncés, mais sous forme de communiqué et dont dans le cadre habituel d’une cérémonie en grande pompe. En effet, l’état d’urgence sanitaire sous lequel la capitale argentine est placée depuis le début du mois de juillet, pour organiser la lutte contre l’épidémie de grippe A, n’a pas permis d’organiser ce genre de soirée très fréquentée et en milieu fermé (on est en plein hiver, il est donc hors de question de faire cela en plein air, surtout de nuit).

Le grand vainqueur de cette édition est l’auteur-compositeur-interprète Luis Alberto Spinetta, un grand du rock argentin, qui remporte à lui tout seul 5 Gardels, dont le Gardel d’Or, la plus haute d’entre ces récompenses, lui qui d’ordinaire évite comme la peste ce genre de mondanité congratulatoire.
Découvrir Luis Alberto Spinetta à travers sa page My Space.

Dans le domaine de la variété, le très populaire (voire populiste et donc très contesté) Cacho Castaña reçoit un Prix spécial pour l’ensemble de son parcours.

Le musicien folkloriste León Gieco, dont je vous parlais récemment dans l’article n° 800, au sujet de l’émission qu’Ecos de la Voz a consacré à Anna Saeki (lire l’article), reçoit deux prix, celui du meilleur album conceptuel et la meilleure collection (en catalogue). Liliana Herrero, qui a aussi participé au disque de Anna Saeki, se voit elle aussi récompensée cette année.

Dans les catégories du tango, ce sont trois artistes fort peu conventionnels qui l’emportent : Celeste Carballo, une chanteuse de rock qui a sorti l’année dernière son premier disque de tango (lire l’article), Daniel Melingo qu’il n’est plus nécessaire de présenter en Europe (où il est sans doute mieux reconnu que dans son propre pays) et qui achève actuellement une tournée sur les côtes de France (lire l’article), et Rita Cortese, une actrice de cinéma. Plus classique, le Sexteto Mayor, classique d’entre les classiques, reçoit un Gardel et dans la catégorie électrotango, c’est le groupe Tanghetto qui arrive en tête de la sélection.

En tout, 183 artistes avaient été pré-sélectionnés dont des très grands que je suis très triste de ne pas retrouver dans le palmarès final. En espérant que les choix 2009 n’augure pas de la part des "professionnels de la profession" d’un virage dans le commercial ou le bizarroïde qui ferait causer pour causer. Lire l’article que j’avais consacré à la pré-sélection au mois d'avril dernier.

lundi 13 avril 2009

Raúl Garello sur la liste des prochains Premios Gardel a la Música [Disques & Livres

Jacquette du disque Pichuco Records

Les Prix Gardel sont à l'Argentine ce que les Victoires de la Musiques sont à la France. Un prix en un grand nombre de catégories remis par un jury de professionnels au nombre en l'occurrence de 1500 votants, en deux phases : la nomination (la phase dont le résultat vient d'être rendu public) et le vote final (avec un seul prix par catégorie). Les membres du jury (musiciens et journalistes) votent par Internet.

Sont nominés pour l'édition 2009 plusieurs artistes dont j'ai eu l'occasion de vous commenter les disques depuis la naissance de Barrio de Tango en juillet 2008.

Francisco Torné, le directeur et fondateur de Pichuco Records, vient de m'informer de l'inscription sur la liste finale du dernier disque en date du Maestro Raúl Garello, Tocata para sexteto (un clin d'oeil à Piazzolla, ce titre), un album de 12 pistes (uniquement de la composition de Raúl Garello), que Pichuco Records a sorti au début de l'année 2008. Tocata para Sexteto a été l'objet du tout premier article de la section Disques & Livres dans Barrio de Tango quand j'hésitais encore sur le titre à lui donner. Tous les morceaux chantés dans la partie originale de cet album (enregistré en 2007) sont de la plume de Horacio Ferrer. Les deux du bonus (des enregistrement de 1997 et 1996) sont l'un de Raimundo Rosales, l'autre de Alfredo de Robertis. Il s'agissait pour Raúl Garello de rendre hommage à leur interprète vocal, un chanteur qu'il a beaucoup aimé dirigé dans les concerts de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, feu Hernán Salinas (30 novembre 1958 - 21 novembre 2003, rongé par la maladie).
Voir ici les hommages que lui rendirent à cet moment-là Página/12 du 22 novembre 2003 et Clarín à la même date.

Le disque concourt sous la rubrique du Meilleur album d'orchestre (Raúl Garello joue avec son Sextuor).

Francisco Torné est le coordinateur de la représentation de Buenos Aires aux rencontres des Sommets Mondiaux du Tango (dont la 8ème édition vient d'avoir lieu à Bariloche) et il est également le directeur du site officiel consacré à Aníbal Troilo, dit Pichuco, qui n'était autre que son grand-père (lui et ses frères et soeurs qui animent le site autant que le label sont les petits-enfants de Zita Calahi de Troilo, l'amour de toute la vie de Pichuco, qui lui survécut de plusieurs années... Pichuco est mort très jeune à à peine 61 ans, le 18 mai 1975). Voir le site dans la rubrique Troesmas, en partie inférieure de la Colonne de droite.


Autres disques nominés : celui de Celeste Carballo, une chanteuse de rock qui vient de sortir son premier album de tango (elle est présente dans deux rubriques), celui de Lidia Borda (Ramito de Cedrón), celui de Daniel Melingo (Maldito Tango, récemment arrivé jusqu'aux rives du Río de la Plata), celui de Rodolfo Mederos (Soledad), celui de Leopoldo Federico (Mi fueye querido) et celui de Guillermo Fernández (De gitanos y tangueros), tous les 4 nominés dans la catégorie du meilleur artiste masculin de tango (et vous voyez que la catégorie mélange des instrumentistes et des chanteurs).

Dans la même catégorie que le disque de Raúl Garello (meilleur album d'orchestre), concourt également le 5ème CD de El Arranque, Nuevos.

Le disque de Me darás Mil hijos, Aire, concourt dans la rubrique du Meilleur album de rock-pop alternatif.

Dans la catégorie du meilleur CD instrumental-fusión, l'album du partenaire de Litto Nebbia, César Franov (l'un des membres de son groupe).

La liste complète des nominés sur le site de la CAPIF, Premios Gardel a la Música.

mercredi 29 octobre 2008

Incursion dans le tango de Celeste Carballo [à l’affiche]

Photo de Celeste Carballo chantant du tango en 2006 (extraite de son site)


CC (comme on la surnomme volontiers) est une célèbre (et très estimable) chanteuse de rock qui vient de se convertir au tango (vous assistez presque à la métamorphose en direct). Son premier disque dans le genre, Celos, rempli de compositions personnelles (elle est auteure-compositrice-interprète), sort en cette fin d’année.

Elle a trouvé son chemin de Damas tanguero alors qu’elle partageait la scène avec Daniel Melingo, invitée par lui dans son tour de chant quelques semaines durant. Soudain le son du bandonéon l’a touchée au vif et réveillée des émotions musicales et artistiques de son enfance dans une famille de Villa Devoto. A 12 ans, à peine plus âgée que son héros, elle faisait pleurer tout le monde à la table familiale en entonnant Chiquilín de Bachín, la célèbre (et splendide) valse d’Astor Piazzolla et Horacio Ferrer créée en 1969 par Amelita Baltar, l’idole de ses jeunes années...

Elle fait longtemps du rock underground avant de sortir son tout premier disque en 1982, l’avant-dernière année de la Dictature Militaire.

Près de Daniel Melingo, Celeste Carballo reçoit une véritable révélation -c’est elle qui le raconte au journaliste de Página/12 qui l’interviewe dans le supplément dominical ЯADAR- et aussitôt elle se met à écrire et à composer des tangos : 14 morceaux en une semaine. "Cela a été un maelstrom tanguero, une découverte. Comme quand tu viens tout juste d’apprendre à faire du vélo, tu ne t’arrêtes pas d’en faire toute la journée. Cela a été une explosion, comme le Big-Bang. J’ai découvert que notre génération (1) n’avait rien dit avec le tango et qu’elle avait beaucoup à dire. Alors il n’y a pas eu une direction thématique mais plutôt une explosion dans tous les sens."
En 2006, Celeste Carballo participe à une série de shows au Centro Cultural Torcuato Tasso, à San Telmo, où des artistes non tangueros furent invités à se confronter à ce genre. Méconnaissable, la chanteuse survitaminée chante posément et avec gravité. Quelqu’un qui est venu écouter et voir la chanteuse de rock punk qu’il aime lui crie depuis la salle : "Mais souriiiiiis !. C’est sûr qu’ils étaient surpris, raconte-t-elle. C’est qu’ils étaient face à quelqu’un d’autre. Une personne qui ne prenait pas les choses à la légère, mais pas du tout, qui montrait un autre visage. Et à ce moment-là, j’ai fait une tête encore pire... Je n’étais pas venue là pour sourire. Le tango, ce n’est pas de la souffrance, mais ce n’est pas de la rigolade le tango, le tango porte sur la vie un regard profond. Je ne suis pas là à chanter l’été, la guitare à la main à côté d’un feu de camp."

Le disque, intitulé Celos (Jalousie), emprunte son titre à un tango de Gotán Project qu’elle y a repris. Edité par BMV Producciones, il est disponible dans le commerce depuis le 2 septembre. Il se compose de plusieurs tangos écrits et composés par elle, Camino real (chemin réel/royal), Qué suerte que viniste (quelle chance que tu sois venu), notamment pendant cette semaine de création bigbanesque, Buenos Aires no tiene la culpa (c’est pas la faute à Buenos Aires), mis en musique par le Maestro José Colángello qui a choisi lui-même ce texte d’elle et quelques grands classiques dont la reprise n’est pas sans péril, comme le très élégiaque El día que me quieras (Carlos Gardel et Alfredo Le Pera) ou le visionnaire et halluciné Preludio para el año 3001 (Astor Piazzolla et Horacio Ferrer, autre morceau créé par Amelita Baltar)...

Le site de Celeste Carballo, Cecewebsite comme elle le surnomme elle-même, ne manque ni de piquant ni d’originalité ni de sens commercial. Elle y expose clairement que son nouveau disque n’est pas une tocade pour épouser l’air du temps ("je ne me suis pas déguisée en tanguera", affirme-t-elle sur la colonne droite de l’écran). Vous pouvez écouter sa musique et sa voix dans la colonne de droite, sur Radiocece (elle y a déposé en écoute libre 4 morceaux correspondant à 4 genres différents de son répertoire) ou dans son espace de téléchargement (vous pouvez y récupérer quelques morceaux en Mp3 et les emporter avec vous dans votre balladeur)... Et vous pouvez même acheter directement ses trois derniers disques... La chanteuse est aussi présente sur My Space.

Dans l’article qu’il lui consacrait dimanche dernier, Página/12 dit d’elle qu’elle a une voix légère comme une plume et une attitude (nous parlerions peut-être plutôt de positionnement) aussi lourd(e) que le plomb. A vous de juger sur pièce...

Celeste Carballo chantera au Teatro Ateneo (Paraguay 918) le 1er novembre à 23h30 pour un show de tango où elle présentera ce nouveau disque.

(1) Elle exagère un peu, CC, en disant ça. Elle est née en 1956 et il y a à Buenos Aires et ailleurs un bon paquets d’artistes tangueros, auteurs, compositeurs, interprètes (sans oublier les artistes plastiques), trentenaires, quarantenaires et cinquantenaires, qui disent ce qu’ils ont à dire et avec talent, en prime ! La rupture entre les générations n’est pas si réelle que ce que l’on se plait à rabâcher. Les ruptures qui ont existé, c’est d’une part une rupture dans le mode de diffusion, notamment commercial, des productions d’après Piazzolla et d’autre part la disparition des grands orchestres de tango qui servirent pendant très longtemps d’école et de lieux de transmission pour les musiciens de tango à un moment où il n’y avait pas d’école, de conservatoire, de liceo superior del tango, toute chose à quoi plusieurs institutions ont à présent remedié (l’école de musique de Avellaneda ou de Morón, les différents orchestres-écoles, les activités pédagogiques de la Academia nacional del Tango, etc...). Mais la création, elle, ne s’est jamais vraiment tarie, en dépit des efforts déployés en ce sens dans les années 70.