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vendredi 22 mai 2026

Les Prix Tango 21e siècle ont été remis hier [à l’affiche]

Tous les artistes primés cette année
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Hier, à Hasta Trilce, une salle qui accueille souvent des soirées de musique populaire à Buenos Aires, la seconde cérémonie des Premios Tango Siglo XXI s’est tenue en présence de la chanteuse Amelita Baltar, ancienne compagne et muse de Astor Piazzolla, créatrice de Balada para un loco et autre Chiquilín de Bachín, sur des textes du génial et regretté Horacio Ferrer. A 85 ans et avec une trajectoire artistique bien à elle, elle a reçu un hommage spécial pour l’ensemble de sa carrière (Félicitations, Madame !)(1)

Amelita Baltar hier à Hasta Trilce
(Il ne doit pas faire chaud en ce moment à Buenos Aires)

La crème du tango contemporain était réunie là, dont plusieurs de mes amis dont vous entendez moins parler dans ce blog depuis que Javier Milei est arrivé aux affaires et qu’il détruit systématiquement les conditions de développement d’une vie culturelle et artistique populaire qui tienne la route sur le plan économique.

Parmi eux, le chanteur Cucuza Castiello (sur la photo d’ensemble, c’est le chauve habillé en noir, au premier rang, à gauche).

Cucuza hier

Ces prix permettent aux « professionnels de la profession » de ne pas dépendre uniquement des institutions bien établies et d’accompagner l’évolution des métiers au plus près des aventures artistiques actuelles en couvrant l’ensemble du genre, ce qui n’est pas toujours le cas des prix traditionnels.

La liste des catégories est longue, puisqu’elle couvre toute l’expression tanguera, compositeurs, musiciens, chanteurs, orchestres, danseurs, etc. Les listes des récompensés est trop longue pour que je la répète ici mais La Nación a intégré à son compte-rendu sur son site toutes les vidéos de la soirée. Vous pouvez donc en profiter presque comme si vous y étiez !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Tiempo Ar, un journal digital
consulter l’article de La Nación et régalez-vous !

vendredi 26 février 2021

Le centenaire de Piazzolla au Teatro Colón [à l’affiche]


Le 11 mars prochain, l’Argentine fêtera le centenaire de la naissance de Astor Piazzolla à Mar del Plata.

Du 5 au 20 mars, tous les soirs à 20 h, avec une jauge draconienne et un protocole sévère (distances physiques, masques, prise de température, présentation d’une pièce d’identité en cours de validité et d’une attestation sur l’honneur concernant l’état de santé du spectateur téléchargeable sur le site du théâtre, etc.), le Teatro Colón propose des concerts avec de nombreux grands musiciens et formations prestigieuses : le groupe Escalandrum, fondé et dirigé par Pipi Piazzolla, le petit-fils du maître, programmé le 11 mars au soir, la Orquesta-Escuela de Tango Emilio Balcarce sous la direction de Víctor Lavallén pour un concert, avec le contrebassiste fondateur Ignacio Varchausky pour le second, l’orchestre symphonique résident, le Quinteto Astor Piazzolla, la Orquesta Filarmónica de Buenos Aires avec Daniel Binelli au bandonéon, les chanteurs Susana Rinaldi, Amelita Baltar, Teresa Parodi et Jesús Hidalgo, pour n’en citer que quelques uns.

Les prix sont très élevés, conformes à ceux d’un opéra national : ils vont de 4 375 pesos pour des places sans visibilité à 7 500 pesos pour les meilleurs emplacements.

Cette série de concerts constitue l’ouverture de la saison 2021 de ce théâtre, le plus prestigieux du pays. Elle résulte d’un partenariat entre le Colón et la Fundación Piazzolla.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajouts du 6 mars 2021:
lire cet article de Clarín sur la première du cycle et la réouverture du théâtre avec galerie de photos

Une de Clarín le 6 mars 2021

Ajout du 7 mars 2021 :
lire cet article de Pagina/12 sur la réouverture du théâtre et l'hommage à Piazzolla

jeudi 24 octobre 2019

Amelita Baltar revient sur scène [à l’affiche]


La grande chanteuse Amelita Baltar nous avait fait très peur au début du mois de septembre lorsqu’elle a été hospitalisée d’urgence à cause d’un accident cérébral qui ressemblait à un AVC mais n’en était pas un. Quelques jours plus tard, elle refaisait une apparition publique dans l’émission d’une célèbre animatrice de télévision, Mirtha Legrand.

Demain, vendredi 25 octobre 2019, à 22h (ouverture des portes pour le repas, 20h30 – la consommation est obligatoire), elle se produira au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575.

Entrée (hors consommation) avec réservation : 450 $ pour 1 personne ou prix réduit pour 2 entrées conjointes 500 $ ARG.
Sans réservation : 500 $ ARG ou 550 pour deux entrées conjointes.

mercredi 4 avril 2018

Amelita Baltar et José Angel Trelles au Torquato Tasso demain soir [à l'affiche]



Les chanteurs Amelita Baltar et José Angel Trelles se partageront demain soir, jeudi 5 avril 2018, à 22h, la scène du Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo.

Les deux artistes partagent l'expérience piazzollienne, à deux époques différentes de la carrière du compositeur et chef d'orchestre. Ils ont d'ailleurs baptisé leur spectacle Rencontre Piazzolla. Amelita Baltar est la créatrice des chansons de la fin des années 1860 et du début des années 1970, tout ce répertoire aujourd'hui classique composé en duo par Astor Piazzolla et Horacio Ferrer. Jose Angel Trelles est, quant à lui, le dernier chanteur de l'orchestre fondé et dirigé par le Maestro, à la fin des années 1980 (Piazzolla est mort en 1992, après deux ans de maladie).

Entrée : 350 $ ARG avec réservation préalable (ou 400 $ le soir même, au guichet, s'il reste de la place).

Les portes s'ouvrent comme d'habitude à 20h30.
Consommation obligatoire.
Restauration familiale à la carte.

mercredi 2 août 2017

Le programme du Festival et du Mundial de Tango est avancé [à l'affiche]

La Ville de Buenos Aires a révélé le programme du Festival de Tango qui commencera plus tôt que d'habitude. Il se déroulera du 10 au 23 août, alors qu'il était fixé depuis une dizaine d'années à la seconde quinzaine d'août. Comment voulez-vous qu'avec une annonce aussi proche de l'événement les agences de voyage internationales prennent en considération cette manifestation ? C'est impossible puisqu'il faut qu'elles posent leurs dates près d'une année à l'avance pour obtenir des prix acceptables pour leurs clients européens ou nord-américains. Sans parler des Japonnais !

Un hommage particulier à Astor Pïazzolla est prévu à l'occasion des vingt-cinq ans de sa disparition. Un autre hommage sera rendu à Raúl Garello, disparu à la fin de l'année dernière. Le chanteur Raúl Lavié fêtera son quatre-vingtième anniversaire et Amelita Baltar ses cinquante-cinq ans de carrière.

Autre héros de cette édition : Aníbal Troilo dont on célèbre en ce moment-ci les 80 ans de la fondation du premier orchestre. C'est Osvaldo Piro et son orchestre qui en seront chargés pendant le concert d'ouverture.

Plus de deux cents activités gratuites de toutes sortes, cours, ateliers, concerts, démonstrations, conférences, etc. sont proposées. Le festival rayonnera à partir de son foyer désormais traditionnel, la Usina del Arte, à La Boca. Les Bares Notables participent cette année à la programmation.

Parmi les artistes invités, Cucuza Castiello, Patricia Barone et Javier González, Guillermo Fernández, El Quinteto Negro La Boca, Nicolás Ledesma, Daniel Melingo, Sandra Luna, Noelia Moncada et Daniel Binelli, pour n'en citer que quelques uns.

Côté danse, le Mundial de Tango a déjà lancé ses épreuves éliminatoires. La compétition définitive commencera le 14 août et le différentes finales auront lieu les 22 et 23 au Luna Park (comme d'habitude).

Pour en savoir plus :
consulter les pages Internet sur le site Festivales Buenos Aires et la page Facebook, où il n'y a même pas d'affiche pour le festival. Il n'y en a que pour le Mundial. Une communication pour gogos de touristes qui ne connaîtront jamais autre chose que la danse puisqu'on ne le propose que cela ! Lamentable.

jeudi 20 juillet 2017

Le festival de Tango de La Falda retransmis à la télé [à l'affiche]


Demain, s'ouvre le festival de Tango de La Falda, dans la province de Córdoba, avec ses trois soirées de concert festifs. C'est le festival de tango le plus ancien dans le pays.

Cette année, ces spectacles seront retransmis par la télévision locale, Antena 3, et au niveau national par TV Pública en direct (il y a actuellement cinq heures de décalage horaire, à 20h à Córdoba, il est 1h du matin à Paris, Bruxelles ou Genève...

Les soirées se tiennent à l'auditorium municipal Carlos Gardel et c'est l'animateur télévisuel Silvio Soldán, un Michel Drucker métissé de Guy Lux, qui tiendra le rôle de Monsieur Loyal.

Des beaux noms au programme : les chanteurs Amelita Baltar, Adriana Varela, Raúl Lavie et Ariel Ardit, la Orquesta de Tango de la Ville de Buenos Aires et la Orquesta Provincial de Córdoba, le guitariste Esteban Morgado, le bandonéoniste Osvaldo Piro, et j'en passe.

Pour en savoir plus :
consulter le site Internet de la manifestation et la page Facebook de la ville.

jeudi 1 juin 2017

Le Sexteto Mayor invite au Torquato Tasso [à l'affiche]


Chaque vendredi du mois de juin, le Sexteto Mayor se produira à 22h au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo. L'ensemble jouera avec un chanteur invité.

Demain 2 juin 2017, c'est Cucuza Castiello qui inaugure cette série dominée par Amelita Baltar, qui partagera les autres soirées du mois.

Entrée : 300 $ ARG (avec réservation à l'avance).
La place sera portée à 350 $ ARG si vous l'achetez le soir même au guichet de la salle.


Le centre ouvre ses portes à 20h30, pour le repas ou une simple consommation. En cas d'affluence, les tables sont partagées entre inconnus.

Pour en savoir plus :

lundi 5 décembre 2016

Une semaine entière sous le signe du tango au CCK [à l'affiche]


Le Centro Cultural Kirchner (CCK), qui dépend du ministère des médias et contenus publics au niveau national, propose tout au long de la semaine, de demain mardi jusqu'à dimanche 11 décembre 2016, un large programme de concerts instrumentaux, de récitals de chanteurs et chanteuses (Amelita Baltar, María Graña et Raúl Lavié, excusez du peu), cours de danse et grande milonga de clôture le 11 à partir de 18h.

Comme toujours, il faut retenir ses places à l'avance, dans des conditions qui ne sont guère commodes pour les gens soumis à des horaires de bureau, ce qui est la majorité de la population à Buenos Aires.

Dimanche marquera la date traditionnelle du Día nacional del Tango et, malgré l'organisation déplorable des réservations, c'est une bonne chose qu'un centre culturel national de cette taille et de ce prestige s'associe amplement aux célébrations. Ce n'était pas vraiment le cas sous les gouvernements de Néstor et Cristina Kirchner.

Pour connaître l'intégralité du programme, consulter le site Internet du CCK.

Ce matin, Página/12 commente l'événement dans un article court où la rédaction a réussi à glisser des critiques de la politique économique du gouvernement. Ce n'est pas que ce soit faux (les milongas ont été fortement impactées par l'augmentation soudaine de l'énergie) (1) mais ça ne leur arracherait pas ni plume ni la rotative de reconnaître que l'initiative du CCK va plutôt dans le bon sens !


Il est probable que je ne pourrai pas publier les mardi et mercredi 6 et 7 décembre. Pendant ces deux jours, je suis en réunion à la Société des Gens de Lettres.
Donc pas de mise à jour de Barrio de Tango,
sauf événement majeur lié à l'actualité argentine ou uruguayenne.



(1) En fait, l'énergie (électricité et gaz) était fortement subventionnée, tout comme l'eau. On pouvait arriver à une facture de 50 ou 60 $ ARG (moins de 5 €) pour deux mois pour un particulier. Et il n'y a pas de différence de tarification entre particuliers et entreprises. Ce qui explique l'emploi disproportionné de l'électricité ou du gaz (il faut voir les Argentins mettre et remettre la bouilloire sur le feu pour se servir l'eau chaude du mate au lieu d'employer une bouteille thermos comme font les Uruguayens ou comme nous-mêmes le ferions en Europe pour le même usage) et le gâchis de l'eau. A Buenos Aires en particulier, il y a des fuites d'eau partout et tout le temps, des robinets qui gouttent dans la cuisine comme dans la salle de bain, des chasses d'eau qui ne se remplissent jamais, etc.

jeudi 20 octobre 2016

Amelita Baltar ce soir à San Telmo et demain à Quilmes [à l'affiche]


Ce soir, jeud 20 octobre 2016 à 22h, Amelita Baltar partage la scène du Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo, avec une autre grande chanteuse de tango, María Graña. Les deux artistes reprendront leur tour de chant la semaine prochaine, le 27 octobre.

Les portes s'ouvrent comme d'habitude à 20h45, pour le dîner avant le spectacle (consommation obligatoire).

Droit au spectacle : 270 $ ARG avec réservation à l'avance ou 300 $ARG à la caisse le jour même.

Et demain, vendredi 21 octobre 2016, à 21h, Amelita Baltar sera à Quilmes, dans la banlieue sud de la capitale argentine, pour le dernier vendredi de ces trois jours de festival de tango, les 7, 14 et 21 octobre. La soirée musicale se termine par un dîner gratuit de pâtes fraîches, une des grandes spécialités argentines dont la cuisine est très marquée par la forte immigration en provenance d'Italie.

jeudi 7 juillet 2016

Amelita Baltar parle de Piazzolla à La Nación [à l'affiche]


C'est brut de décoffrage que je vous donne l'information : l'abondante actualité du jour et mon programme tout aussi chargé, à quelques jours de mon départ pour l'Argentine, où m'attend une bonne série de conférences et autres rencontres, ne m'ont pas encore permis d'écouter intégralement cet entretien mais connaissant Amelita Baltar et la qualité de ces Conversaciones con La Nación, je n'hésite pas un seul instant à vous recommander d'aller l'écouter, avant de vous consacrer sur le match France-Allemagne de ce soir !

Dans l'interview vidéo, la chanteuse parle aussi d'elle-même et de son parcours artistique. Elle existe par son propre travail, tout chez elle ne dépend pas de sa vie partagée avec Piazzolla, loin de là !

samedi 9 avril 2016

Grande rentrée de Amelita Baltar demain au Vinilo [à l'affiche]


En fait, Amelita Baltar a fit sa rentrée le 3 avril, alors que mon agenda ne me permettait pas d'en rendre compte. Et elle reprend le même récital demain, dimanche 10 avril 2016, à 21, au Vinilo Club, Goritti 3780, dans le quartier de Palermo. Son récital s'intitule De mil amores et reprend certains grands classiques de son répertoire, les éternels chefs-d'œuvres signés Astor Piazzolla et Horacio Ferrer mais aussi son répertoire plus récent, avec de la bossa nova (elle vient de sortir un disque qui mêle Vinicius et Piazzolla), du folklore et du boléro, entre autres rythmes...

Un patchwork de son art, elle que Astor Piazzolla alla chercher dans le folklore en 1968 pour créer l'opéra tango María de Buenos Aires qu'il venait de composer sur un livret de Horacio Ferrer.

Prix des places : 250 $ ARG. C'est peu dire que ça les vaut largement ! Et la réservation en ligne est possible sur le site Internet de la salle de spectacle.

La chanteuse est accompagnée de son pianiste fétiche, Aldo Saralegui, avec lequel elle travaille depuis de nombreuses années.

Page de Clarín produite par la page Facebook du Café Vinilo

Depuis un peu plus d'un an, elle anime sur les ondes de La 2 por 4, la radio tout tango de Buenos Aires, une émission intitulée Nuevo Rumbo, en référence à son avant-dernier disque, qui porte le même titre.

Pour aller plus loin :
lire l'interview publiée dans Clarín le 2 avril dernier
écouter -et le cas échéant télécharger- l'interview accordée à Leonardo Liberman, sur RAE (Conexión Español, sur la station internationale de Radio Nacional)
lire la présentation du spectacle sur le site du Café Vinilo (on peut écouter et voir la chanteuse interpréter Balada para un loco (1), dans une émission de Canal Encuentro, petite vidéo intégrée à la page Web du café).



(1) Balada para un loco fait partie des 231 œuvres traduites dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publiés en 2010 aux Editions du Jasmin (avec un disque en cadeau).

lundi 9 novembre 2015

Barone et González de nouveau à Buenos Aires entre amis [à l'affiche]


La chanteuse Patricia Barone et le guitariste et compositeur Javier González seront à nouveau à Buenos Aires ce samedi 14 novembre 2015, à 21h, au Teatro Hasta Trilce, dans le quartier de Balvanera.

De retour d'Espagne, le couple viendra clore une saison marquante dans son parcours avec son groupe et trois invités de choix : la chanteuse Amelita Baltar, le saxophoniste Bernardo Baraj et le violoniste Ramiro Gallo.

Entrée : 120 $ ARG. Et cela va bigrement valoir le coup !
La salle est aussi un bar. Prévoyez donc des consommations.

Barone et González ont sorti un nouveau disque cette année : Complicidad, pour fêter la longévité de leur partenariat artistique.

La salle, qui dispose d'un site Internet et d'une page Facebook, bénéficie du soutien du Ministère national de la Culture et soutient à fond tous les programmes culturels et sociétaux du gouvernement sortant.

dimanche 7 juin 2015

Amelita Baltar rendra hommage à Horacio Ferrer demain à Montevideo [à l'affiche]


Dans ce mois qui marque le quatre-vingt-deuxième anniversaire de la naissance du regretté Horacio Ferrer à Montevideo, son interprète historique, Amelita Baltar, qui créa toutes les chansons du duo Ferrer-Piazzolla de la première moitié des années 1970, lui rendra hommage au Teatro Solis, lundi 8 juin 2015, à 19h30. C'est tout le mois de juin qui verra fleurir les tributs à la mémoire d'un grand artiste et d'un grand bâtisseur de l'univers du tango, la culture populaire des grandes villes du Río de la Plata.

Et le Teatro Solis est le grand théâtre de la capitale uruguayenne. C'est donc un hommage à la hauteur du disparu qui se prépare, avec l'orchestre philharmonique national et divers artistes invités, dont Alberto Magnone.

* * *

Pour ma part, à Toulouse, le 28 juin, pour l'anniversaire de la fondation de la Academia Nacional del Tango de la República Argentina, je reviendrai sur ce trio créatif que formèrent Astor Piazzolla, Horacio Ferrer et leur commune interprète Amelita Baltar en proposant un atelier littéraire sur deux de leurs plus belles chansons : Chiquilín de Bachín et La última grela.

lundi 22 décembre 2014

"Je renaîtrai en l'an 3001" : adieu au Maestro Horacio Ferrer [Troesma]

Il y a des jours, ils sont rares, où le mate amargo a un goût salé de larmes et où la plume pèse une tonne, même s'il faut écrire dans ce blog encore et toujours sur la culture populaire du Río de la Plata qui m'est si chère. Ce 22 décembre 2014 est l'un de ceux-là.

Horacio Ferrer photographié dans son bureau de la Academia
Pour une fois, Página/12 a loupé son titre, en utilisant un tango qui n'est pas de lui

Dans la nuit, décalage horaire oblige, nous avons appris une nouvelle triste et qu'en mon for intérieur, je redoutais sans oser y croire depuis un certain temps : le Maestro Horacio Ferrer nous a quittés, hier, dans l'après-midi, le jour du solstice d'été, à la moitié du gué entre son 81e et son 82e anniversaire.
Nous tâcherons de nous consoler en pensant à son Preludio para el año 3001 où il nous avait promis, avec la puissante musique de Astor Piazzolla, le plus connu à l'étranger de ses partenaires artistiques, de "renaître, un autre soir de juin, avec cette envie formidable d'aimer et de vivre, je renaîtrai, c'est le destin, nous serons en l'an 3001 et ce sera un dimanche d'automne sur la place San Martín [...]. Je porterai à la boutonnière un œillet d'une autre planète, parce que si personne n'est rené, moi, je pourrai le faire ! Ma Buenos Aires du XXXème siècle, tu verras ! Je renaîtrai, je renaîtrai, je renaîtrai !" (1)

Renaceré en Buenos Aires en otra tarde de junio
con estas ganas tremendas de querer y de vivir
Renaceré fatalmente, será el año tres mil uno
y habrá un domingo de otoño por la plaza San Martín
[...]
Traeré un clavel de otro planeta en el ojal,
porque si nadie ha renacido, ¡yo podré!
Mi Buenos Aires, siglo treinta, ya verás:
¡Renaceré, renaceré, renaceré!
Horacio Ferrer (Montevideo, 2 juin 1933 – Buenos Aires, 21 décembre 2014)

Ce matin, toute la presse, à Buenos Aires où il vivait et où il est mort et à Montevideo, où il était né, lui rend hommage. La nouvelle est à la une des quatre principaux quotidiens argentins et sur au moins trois des principaux quotidiens uruguayens.

Son corps repose en ce moment à la Legislatura de Buenos Aires, à quelques centaines de mètres du Palacio Carlos Gardel, pour une veillée qui durera jusqu'à 15h, aujourd'hui (heure de Buenos Aires), après quoi ses obsèques devraient avoir lieu au cimetière de la Chacarita, où il rejoindra tant et tant d'amis, compositeurs et letristas, aussi poètes que lui, dont l'absence accumulée avec les années lui était si lourde. Il sera incinéré et ses cendres dispersées sur le Río de la Plata, dont il rêvait de renaître.

Né à Montevideo, d'une mère argentine et d'un père uruguayen, il se sentait profondément fils du Río de la Plata, il portait les deux nationalités avec une égale fierté et une égale loyauté, il appartenait aux deux capitales tout ensemble. Je l'avais vu pour la dernière fois peu après ses quatre-vingts ans, en août 2013, dans son bureau présidentiel de la Academia. Il avait survécu à un accident vasculaire cérébral qui l'avait mené au bord de la tombe et l'avait admirablement surmonté, mais un an après, l'hiver dernier, je n'ai pas pu le voir. Il fallait alors qu'il se ménage, il n'était là pour personne et puis, centenaire de Pichuco oblige, il avait de temps en temps repris le chemin de son bureau au-dessus de Avenida de Mayo. Ces derniers mois cependant, j'avais remarqué qu'il n'assistait même plus aux Plenarios de la Academia. Sachant l'énergie avec laquelle il s'investissait dans cette institution qu'il avait fondée en 1990 et qui était un peu (beaucoup) son enfant, je m'étais bien douté que sa santé lui jouait de méchants tours. Depuis que le 11 décembre, j'avais constaté le silence de l'ANT pendant le Día Nacional del Tango, je craignais chaque jour de trouver ce genre de une dans ma revue de presse matinale...

C'est très dur de prendre congé d'un grand artiste, d'un grand poète, d'un immense esprit. Ce l'est plus encore lorsque vous avez eu l'immense privilège de tisser des relations personnelles avec lui et qu'une grande affection vous lie, avec plein de souvenirs, de plaisanteries partagées, de discussions passionnées, d'encouragements reçus, surtout quand il y a de surcroît un océan et un équateur entre vous et la chapelle ardente, avec tant et tant d'amis à vous qui s'y recueillent. C'est très dur d'entendre à nouveau cette voix dans des vidéos ou sur des enregistrements personnels. C'est très dur de relire ce poème pourtant magnifique.

Horacio Ferrer en scène très récemment (après 2010, sans l'ombre d'un doute)

Il renaîtra, c'est certain, encore que je ne sois pas trop sûre de la date, parce qu'à peu près à cette même époque du trio Piazzolla-Baltar-Ferrer, il s'était trompé sur la saison et l'heure en décrivant sa propre mort dans Balada para mi muerte, merveilleux poème là encore, dans une langue fluide (ce qui est rare chez ce poète heurté, fulgurant, adepte des jeux de mots et des néologismes obscurs pour certains et difficiles à traduire dans n'importe quelle langue), des vers que je n'avais jamais osé intégrer dans aucune des sélections de ses œuvres qu'avec son autorisation j'ai publiées en France, redoutant qu'autour de lui on n'y vît un mauvais présage (les superstitions populaires ne sont pas un vain mot à Buenos Aires) :

Moriré en Buenos Aires, será de madrugada
guardaré mansamente las cosas de vivir
mi pequeña poesía de adioses y de balas
mi tabaco, mi tango, mi puñado de esplín.

Me pondré por los ombros de abrigo toda el alba
mi penúltimo whisky quedará sin beber
llegará tangamente mi muerte enamorada
yo estaré muerto, en punto, cuando sean las seis,
cuando sean las seis, ¡cuando sean las seis!
Horacio Ferrer (2)

Je mourrai à Buenos Aires, ce sera au petit matin,
je mettrai gentiment au gnouf les affaires de vie
ma petite poésie d'adieux et de petit plomb,
mon tabac, mon tango et ma poignée de spleen.

Pour manteau, je jetterai sur mes épaules l'aube entière
mon avant-dernier whisky restera là sans que j'y touche
ma mort viendra  tanguément, en amoureuse,
je serai mort pile quand six heures sonneront
quand six heures sonneront, quand six heures sonneront.
(Traduction © Denise Anne Clavilier) (1)

Tous ceux qui le souhaitent peuvent aller regarder les hommages dans la presse rioplantense. Vous disposez comme d'habitude d'un traducteur en ligne, Reverso, dans la partie basse de la Colonne de droite.
Et pour lire les articles le concernant dans Barrio de Tango, il suffit de cliquer sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, en dessous du titre.

En Argentine :
l'articlede Clarín, qui ajoute un hommage signé Amelita Baltar et un autre de Daniel Pipi Piazzolla. Hernán Lombardi joue aussi les amis éplorés (à ma connaissance, il n'était pas un intime du poète, même les relations institutionnelles entraînaient qu'ils se soient connus personnellement aussi mais là, il manque d'élégance, notre ministre portègne de la culture)
l'articlede La Nación, qui publie aussi quatre notes annexes sur le sujet
l'entrefilet de La Prensa (la nouvelle n'apparaît pas sur la une imprimée)
la dépêche de Télam, qui s'illustre d'une vidéo de 3 mn 35 (une interview à l'occasion de ses 81 ans, en juin dernier, filmée à la Academia Nacional del Tango)
la vidéo de Canal Encuentro, diffusée sur le site de Télam : 3 minutes 15 sur la naissance de Balada para un loco, le célèbre tango écrit avec Piazzolla et qui a fait le tour du monde depuis ce concours de la chanson 1969 où il a obtenu une modeste seconde place, qu fait rire tout le monde maintenant.

En Uruguay :
El País met la nouvelle sur sa une imprimée, en manchette, en haut à gauche, mais la traite en version digitale dans les nouvelles liées au divertissement et au spectacle (¡Qué falta de respeto!, comme il aurait dit si on avait ça à quelqu'un d'autre que lui),
La República la met aussi sur sa une, en bas à droite.


(1) Traduction originale © Denise Anne Clavilier. Comme tout ce qui est publié sur Barrio de Tango, la citation est possible à condition qu'elle soit exacte et que l'emprunteur mentionne loyalement la source et l'auteur. Merci.
(2) Ce texte est antérieur à la rencontre avec Lulú Michelli, "la femme dont [il] était l'homme parce qu'[il] ne l'avait pas achetée" (il refusait de dire ma femme) et avec laquelle il vivait depuis une trentaine d'années. Certaines des images et figures de cette ballade étaient devenues inconcevables depuis la rencontre avec Lulú. Je pense bien à elle en ce jour douloureux.

mercredi 16 juillet 2014

Festival de La Falda ce week-end [à l'affiche]


Ce week-end, du 18 au 20 juillet 2014, comme tous les ans à la même époque, la ville de La Falda déploie son festival à l'ombre des sierras pampaneas de la Province de Córdoba.

A l'affiche de ces trois jours de gala nocturne, des artistes de dimension nationale et même internationale pour certains comme les chanteurs Amelita Baltar, Ariel Ardit, Raúl Lavié, María José Demare, José Angel Trelles, Adriana Valera et même Omar Mollo (un récent transfuge du rock), les musiciens Julián Hermida, Osvaldo Piro, Lito Vitale, Esteban Morgado et Juan Carlos Baglieto (tous deux à la fois guitaristes et chanteurs).

Cliquez sur les images pour lire les textes

Plusieurs compagnies de danse sont également invités, ainsi que l'orchestre corbobais de musique urbaine (traduisez tango, jazz et rock, par opposition au folclore qui appartient en propre aux zones rurales du pays).

Pour en savoir plus sur le plus ancien de ces festivals d'hiver, visitez son site Internet.

jeudi 3 avril 2014

Amelita Baltar, tous les vendredis d'avril à Notorious [à l'affiche]


La chanteuse Amelita Baltar revient à Notorious, une belle salle de Recoleta, avec un récital au titre bien portègne, à prendre au second degré, comme d'habitude lorsque Buenos Aires se hausse du col : Astor et Vinicius : deux géants et moi.

Deux musiciens (1) qui ont particulièrement compté dans la vie et la carrière musicale de l'artiste. A ne pas manquer si vous vous trouvez à Buenos Aires.

Amelita Baltar chantera tous les vendredi de ce mois d'avril 2014, à 21h30, à Notorious, Callao 966.

Entrée : 140 $ (ARG).


(1) Astor Piazzolla, qui fut son mari, et Vinicius de Moraes.

vendredi 21 février 2014

Amelita Baltar de retour demain soir à Clásica y Moderna [à l'affiche]

L'affiche du bar-librairie de Callao dit tout ce qu'il faut savoir !


Cette salle du sud de Recoleta est la salle de prédilection de la chanteuse qui, demain 22 février à 21h, sera accompagnée au piano par Aldo Saralegui. A ne pas louper si vous êtes à Buenos Aires. En plus, Clásica y Moderna est vraiment un lieu à voir et à fréquenter.

Ci-dessous, un classique de chez classique... Balada para un loco, avec le texte original, écrit en 1969 pour voix de femme (la sienne) par Horacio Ferrer, aussi fou que son personnage principal.



mardi 31 décembre 2013

Amelita Baltar de retour à Clásica y Moderna [à l'affiche]


La chanteuse Amelita Baltar commencera l'année samedi prochain, le 4 janvier, avec une soirée dans son quartier (Recoleta, dont je vous parlais dans un article tout récent à propos de séjour culturel) et dans son avenue de prédilection, à Clásica y Moderna, Callao 892, pour interpréter comme d'ordinaire un répertoire avec plein de Piazzolla-Ferrer, les désormais classiques qu'elle a créés dans les années 1970.

Elle sera accompagnée au piano par Aldo Saralegui.

La salle du restaurant à l'heure du service

Il est vivement conseillé de réserver à l'avance.
L'établissement s'est doté il y a peu d'un service de réservation en ligne.

Ce concert aura lieu tous les samedis de ce mois de janvier 2014.

mardi 8 octobre 2013

El nuevo rumbo : Amelita Baltar à Notorious [Retour sur Images]

En attendant Amelita...
Ses musiciens jouent quelques notes d'ouverture.

En août dernier, la chanteuse Amelita Baltar continuait de présenter son nouveau disque, très différent des précédents, d'où le titre, El nuevo rumbo qu'on pourrait traduire en français par "le nouveau cap", à Notorious, un restaurant-concert de Recoleta, spécialisé dans le jazz et le rock bien plus que dans le tango. Et justement Amelita Baltar, avec ce disque, s'en va explorer de nouvelles pistes avec des morceaux originaux, travaillés avec quelques grands du rock argentin, et de nouveaux arrangements très audacieux de ses classiques (les grands Piazzolla-Ferrer qui ont bâti sa carrière dans les années 1970).



Elle a eu la gentillesse de m'inviter (1) un samedi soir et j'ai donc pris quelques photos pour mes lecteurs.




Je vous en ai parlé à plusieurs reprises depuis le mois d'octobre 2012, quand le disque est sorti. Pour accéder à ces articles, cliquez sur le nom de l'artiste dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, qui permet de faire remonter toutes les entrées du blog la concernant.



(1) N'y voyez pas un simple échange d'amabilités mondaines. Elle a vraiment été très gentille avec ce geste et à d'autres moments de la soirée.

vendredi 16 août 2013

Festival de Tango de Buenos Aires ; c'est reparti pour un tour ! [à l'affiche]

Le festival de tango de Buenos Aires s'est ouvert le 14 août au soir avec une grande fête autour du Sexteto Mayor et de ses 40 ans d'existence. Le siège central de la manifestation est toujours, pour la troisième année consécutive, au Centre municipal des Expositions, à Recoleta, avec sa piste de danse, son espace de concert sans solution de continuité et tout autour les différents stands des exposants, parmi lesquels, au milieu des chaussures et des robes chatoyantes, on trouve les livres de l'éditeur Corregidor, les propositions de Troilo.co.ar et dj label Pichuco Records pour le centenaire, l'année prochaine, de Pichuco et celles de l'association des danseurs, professeurs et chorégraphes de tango argentin...



Après cette superbe entrée en matière, on a eu droit, hier, 15 août, à un magnifique concert de Amelita Baltar, qui offre un répertoire revu et corrigé avec un courage artistique peu commun après une carrière comme la sienne. J'en parle sur ma Page Facebook dont je vais beaucoup utiliser les ressources simples pendant la durée de ce festival au programme d'une grande richesse.
Ce soir, c'est le chanteur Horacio Molina que j'aurai le plaisir d'applaudir, après un rendez-vous de travail avec les ayant-droits de Troilo qui préparent donc actuellement le centenaire du grand-père, centenaire où Paris devra proposer quelque chose (on va voir quoi).

Plus d'info sur le programme du festival en cliquant ici
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