Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
Le Dúo Palo Blanco, composé de
deux chanteuses de folklore, Laura Princic et Guadalupe González
Táboas, sort en ce moment un disque consacré à des œuvres jusque
là inconnues d’un grand compositeur de Salta, Gustavo Chuchi
Leguizamón (1917-2000).
Elles le présenteront le
vendredi 21 octobre, à 22 h 15, à Buenos Aires, à Santos
4040, Santos Dumont 4040.
Entrée : 1 500 $ ARG.
"Cuchi Leguizamón, l'univers intérieur", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Cuchi Inédito y Recóndito
(Cuchi inédit et secret) est un double album de vingt plages né
d’un travail universitaire réalisé à la UNSAM (université
nationale des arts et de la musique, à Buenos Aires) par le
guitariste qui accompagne les deux chanteuses : Roberto Almeida.
Les chansons ont été enregistrées avec de nombreux artistes
invités pendant cinq ans.
C’est donc un travail de longue
haleine que les musiciens présenteront la semaine prochaine dans le
quartier de la Chacarita. En espérant qu’il y aura du monde dans
la salle (en août dernier, j’ai été stupéfaite de constater
combien les Portègnes ont du mal à retourner au spectacle après la
crise du covid). Et en plus, vendredi prochain, c’est payant !
lire l’article
de Página/12,
qui a fait la une des pages culturelles du quotidien le 10 octobre
dernier lire la
présentation du spectacle
sur le site de réservation des spectacles, Alternativa Teatral
Ce buste est installé sur Avenida Corrientes à Buenos Aires
à l'entrée de Villa Crespo, le quartier natal de Pugliese
Sur la plaque du Parti Communiste Argentin, on lit :
"On dit qu'il avait un pacte avec le tango,
un pacte avec le peuple,
un pacte avec la vie"
Il y a vingt-cinq ans, à quelques mois de son
quatre-vingt-dixième anniversaire, disparaissait Osvaldo Pugliese
(19005-1995), l’un des grands maîtres de la Guardia Nueva, le
courant moderniste et polyphonique du tango apparu dans les années
1920 sous l’impulsion deJulio de Caro(1).
Une de Clarín le 26 juillet 1995, ornée d'une caricature
signée Hermenegildo Sábat, le grand dessinateur de presse de la rédaction
En haut à droite, l'attentat du RER B à la station Saint-Michel la veille
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Grand
compositeur, grand pianiste, militant communiste depuis 1936 par
solidarité envers la République espagnole menacée par un coup
d’État militaire soutenu par les régimes
fasciste et nazi, co-fondateur du syndicat
argentin des musiciens, fondateur d’un orchestre-coopérative qui
portait son nom et qui a laissé son empreinte indélébile
dans la musique de Buenos Aires, Osvaldo Pugliese est l’un de ces
maîtres dont se réclame aujourd’hui toute une génération de
musiciens, de vingt à cinquante ans,
qui sont le visage contemporain du tango et qui travaillent
eux aussi en coopérative pour se donner la
force collective de résister à la pression du système économique
dominant à cause duquel tant d’autres artistes, solistes
et groupes, sont contraints à concéder
des compromissions et
à trahir leurs convictions artistiques pour pouvoir manger.
Le "petit musée" de doña Lidia, dans l'appartement du couple
Elle m'avait autorisée à prendre quelques photos en août 2007
Osvaldo
Pugliese, c’est Recuerdo
(1924) et La Yumba
(1939), les deux morceaux qui
caractérisent le mieux son style. Ce
mélange subtil entre
la virilité du rythme et la douceur de la mélodie lui permit de
revitaliser, lors d’une tournée au Japon, une valse jusqu’à lui
abonnée aux interprétations sirupeuses, Desde
el Alma (du fond de l’âme), de
Rosita Melo (qui repose non loin de lui au cimetière de La
Chacarita, à Buenos Aires).
Autre
caractéristique de sa musique : la finale tanguera classique à
deux notes (le fameux chan chan
final, traduisez « tsoin tsoin ») s’est chez lui
progressivement réduite à une seule note, la première, suivie d’un
presque silence
qui est encore de
la musique.
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Deux
quotidiens lui rendent hommage ce matin : Página/12
et La Nación,
qui va jusqu’à mettre son hommage en manchette au-dessus de la
une.
Les
deux journaux ont battu le rappel des experts et des anciens
musiciens de Pugliese pour rendre compte de la profusion de l’œuvre
et de la complexité du souvenir qu’il a laissé, puisque cet athée
convaincu (et tolérant) est devenu San Pugliese, que de nombreux
Argentins invoquent contre le mauvais sort ou la simple malchance et
que la plupart des musiciens considèrent comme leur saint protecteur
(2).
Nombreux sont en effet les
artistes à l’invoquer par trois fois avant d’entrer en scène.
Et même si doña Lidia, sa veuve, en a ri lorsqu’elle a appris qu’on
avait ainsi canonisé son défunt époux,
c’est bel et bien elle qui a tenu à
m’offrir l’une des deux images pieuses
que je possède et elle m’a raconté à cette occasion des
témoignages que lui avaient confiés plusieurs personnes persuadées
d’avoir été exaucées après être venues prier sur la tombe du
Maestro !
La
prière qui figure au dos de l’image rappelle bien entendu les
prières pleine d’humour potache de
l’Église maradonienne
(voir mon article du 9 février 2009) :
"Protégenos
de todo aquel que no
escucha. Ampáranos de la mufa de los que insisten con la patita de
pollo nacional. Ayúdanos a entrar en la armonía e ilumínanos para
que no sea la desgracia la única acción cooperativa. Llévanos con
tu misterio hacia una pasión que nos parta los huesos y no nos deje
en silencio mirando un bandoneón sobre una silla".
Protège-nous
de tout ce qui est sourd. Sois
notre abri
contre le mauvais sort de ceux qui insistent [pour faire usage] de la
patte de poulet nationale. Aide-nous à entrer en
harmonie
et sois
notre lumièreafin
que
le malheur ne soit pas la seule action coopérative. Entraîne-nous
dans ton mystère vers une passion qui nous déchire et ne nous
laisse pas regarder en
silence un
bandonéon sur une chaise. (3)
Bien
entendu, l’envergure
artistique du compositeur
fait qu’il est amplement présent dans l’anthologie que j’ai
publiée en 2010 : Barrio
de Tango, recueil bilingue de tangos argentins
(Éditions du Jasmin).
Cimetière de La Chacarita (Buenos Aires), carré des grands artistes populaires
Le monument, qui date de juillet 1996, a été bâti grâce à une souscription publique.
Son luxe inouï dit fort bien la popularité dont jouissait le musicien
sur
Todo Tango, vous trouverez un vaste choix d’enregistrements, de
partitions et de concerts filmés et disponibles
sur Youtube. Un délice pour mélomanes.
(1)
C’est ce qui, au sens historique, fait de Osvaldo Pugliese le
deuxième créateur de cette réinvention du genre qui correspond au
moment où les musiciens professionnels s’en sont emparés.
(2)
Ce syncrétisme est un phénomène attesté partout en Argentine où
des pratiques religieuses précolombiennes ou des événement
historiques locaux sont christianisées en dehors de l’Église
catholique comme on peut le voir avec le Gauchito Gil, la Defunta
Correaet
donc,
au cœur même d’une mégalopole comme
Buenos Aires,
San Pugliese.
(3)
Ce texte suit le rythme du Notre Père en espagnol et fait allusion
tant à des us et coutumes locaux (la patte de poulet à
laquelle on attribue les mêmes pouvoirs que
notre patte de lapin) qu’à sa musique si reconnaissable et évoque
la scène du concert avant l’entrée des musiciens.
Le président (chemise blanche à droite, avec l'enfant) pose avec quelques convives
et l'un des prêtres de la paroisse
La première dame se trouve au centre, avec la longue robe blanche.
Comme
les anges de la Nativité se sont rendus auprès des bergers qui
gardaient les troupeaux aux alentours de Bethléem, évitant
soigneusement les palais d'Hérode à Jérusalem ou Césarée, et autres lieux de pouvoir liés à la puissance
coloniale de Tibère, le président Alberto Fernández
s'est rendu hier soir au réveillon paroissial de San Cayetano, dans
le quartier ultra-prolétaire de Liniers, tout à l'ouest de la
capitale argentine, l'un de plus éloignés qui soient du
centre-ville qui, à Buenos Aires, se trouve à... l'est !
Il
était accompagné de sa compagne, l'actrice et désormais première
dame Fabiola Yáñez, et du chef de gouvernement, Santiago Cafiero.
Le président dans les allées du sanctuaire haranguant la foule des convives
Visite
présidentielle impromptue qui a donné lieu à un surcroît de
liesse parmi les paroissiens et de nombreux selfies, sans compter un
certain nombre de photos souvenirs qui ont été utilisées par la
communication politique de la Casa Rosada.
Quelques
instants avant de partir pour Liniers, dans ses vœux de Noël
diffusés sur son compte Twitter, le président argentin avait appelé
ses compatriotes à tendre la main à ceux qui souffrent alors que
les mesures fiscales qui renchérissent les séjours à l'étranger
(1) font grincer des dents.
Le sanctuaire n'a pas été choisi au hasard parmi les quartiers qui souffrent de la misère à Buenos Aires : San Cayetano (saint Gaëtan pour les francophones) est en effet le saint patron des travailleurs modestes, ceux qui comptent sur leur travail pour obtenir leur pain.... On le prie, surtout le 7 août, pour obtenir du travail et trouver du pain pour nourrir sa famille.
Les
sites Internet des grands quotidiens en ont parlé.
Quelques uns des supporters de Chacarita qui ont organisé le réveillon de solidarité
Au
même moment, quoique avec un moindre retentissement médiatique, un
certain nombre de club de quartier ont organisé pour leurs membres
ou pour des gens moins favorisés du quartier des festins de plein
air sous le ciel d'été. Tel fut le cas du Club Atlético Chacarita
Juniors qui offrait hier un grand asado et des paniers de spécialités
de saison aux habitants vulnérables de leur quartier...
Lire
l'article de Clarín sur le repas de fête offert par Chacarita
Juniors Ajout du 26 décembre 2019 La Prensa a fait sa une d'aujourd'hui avec ce réveillon particulier du chef de l'Etat.
Cliquez sur l'image pour une haute résolution
(1)
Il s'agit d'une taxe de 30% qui s'applique désormais aux retraits
d'argent en devise étrangère et donc aux achats par carte bancaire
ou de crédit effectués hors des frontières. Taxe qui vise à
éviter de vider les réserves nationales en dollars et en euros et à
obliger les Argentins à privilégier le marché intérieur pour
s'équiper, notamment de biens technologiques qu'ils n'ont que trop
tendance à aller acheter en dehors des frontières, notamment au
Chili, ce qui participe à faire s'effondrer la demande intérieure
et par conséquent l'intégralité du marché de l'offre et de la
demande, provoquant des fermetures d'entreprise et du chômage à
grande échelle.
En cette année gardelienne, la Noche
de los Museos rend hommage, dans plusieurs institutions de Buenos
Aires, au Zorzal Criollo, né il y a 125 ans et mort il y a 80 ans.
C'est ce soir, samedi 31 octobre 2015.
Entrée libre et gratuite partout dans la limite des places
disponibles.
On ne compte pas moins de six
expositions à visiter :
Les origines du tango-canción (tango à texte) au
CETBA, Agrelo 3231, à Balvanera : documents et photos sur les
débuts du genre incarné alors par Carlos Gardel
Trois expositions différentes au Museo
Casa Carlos Gardel, l'une sur la voix chantée dans toutes ses
dimensions, lyriques et populaires, au temps de Gardel, une autre sur
les caricatures de Gardel par le dessinateur de presse Hermenegildo
Sabát, la dernière sur la vie et l'œuvre de Gardel grâce aux
collections très complètes d'objets et de documents écrits de ce
musée situé rue Jean Jaurès 735, à l'Abasto
Au Museo Anconetani del acordeón,
Guevara 492, à Chacarita, des photographies de l'accordéoniste de
Carlos Gardel lorsque celui-ci séjournait à New York.
Au Museo de la Ciudad, Defensa 219-223,
à Monserrat, une exposition sur la vie et les partenariats
artistiques du Zorzal
Et à Recoleta, à la Pinacothèque du
Ministère de l'Education nationale, une exposition sur l'artiste à
Paris, où il conquit le public avec son répertoire de tango dans
lequel il intercalait quelques chansons française (rue Pizzurno n°
935).
Côté spectacles :
On aura le duo Lautaro Mazza et Abel
Pirotti pour chanter à trois moments de la nuit les mélodies les
plus fameuses de Carlos Gardel (chant et piano), à 20h30, 21h30 et
22h30 puis le chanteur Antonio Seoane accompagné à la guitare par
les frères Faggiano qui interpréteront un répertoire de valses,
milongas et tangos contemporains du maître des lieux, dans le patio
du Museo Casa Carlos Gardel à 23h30, 00h30 et 01h30.
Les mêmes Antonio Seoane y Hermanos
Faggiano seront également à 21h30 à Puerto Madero, à
l'ex-Brasserie Munich, qui abrite maintenant la direction municipale
des musées, avenida de los Italianos 851.
On aura enfin, à partir de minuit, une
soirée de musique à Nuñez, au Museo Archivo Tecno-educativo
Lorenzo Raggio, Avenida del Libertador 8651, pour l'anniversaire de la mort de Gardel et de la création de Cambalache,
un tango emblématique de Enrique Santos Discépolo.
A cela s'ajoute la danse, à 22h30, à
la Casa de Cultura, avenida de Mayo 575, le siège du ministère de
la Culture à Montserrat, à deux pas de Plaza de Mayo : un
hommage monté par les élèves de niveau avancé du cours de danse
dispensé sur place tout au long de l'année.
Si donc vous ne trouvez pas votre
bonheur dans tout ça, c'est que vous êtes vraiment difficile !
La
Ville Autonome de Buenos Aires rendra un hommage officiel à Carlos
Gardel, le 24 juin, de 14h à 20h, en s'appuyant sur le Centro de
Estudios Gardelianos, le Museo Casa Carlos Gardel et la Legislatura.
Visa d'entrée au Venezuela le 23 avril 1935 lors de la dernière tournée de Carlos Gardel
Vous voyez qu'il faut alors avoir été vacciné et avoir un casier vierge pour entrer au Venezuela
qui enregistre l'appartenance racial des étrangers qui pénètrent sur son sol
Premier
rendez-vous au cimetière de la Chacarita, sur la tombe de l'artiste
à 14h, avec un discours de José Blotta (Centro de Estudios
Gardelianos)
Puis
rendez-vous à 17h au Museo Casa Carlos Gardel, avec une courte
conférence de Julián Barsky, auteur d'une biographie contestée et
contestable de l'artiste. La conférence s'intitulé Carlos Gardel,
un viajero (Carlos Gardel un voyageur).
A
17h40, des projections et un concert de guitare aux soins de Jorge
Kohan
A
19h, lancement d'un disque de circonstance du chanteur Marcelo
Ezquiaga, Morocho, entouré d'artistes invités : le disque rassemble plusieurs musiciens de rock qui rendent hommage au Morocho del Abasto (ou Morocho Argentino, il avait les deux surnoms, entre autres nombreux sobriquets).
A
la Legislatura, on se réunira au Salón Presidente Perón pour un
concert de la chanteuse María José Mentana à 18h (1), suivi d'une
conférence du directeur (ou ex-directeur semble-t-il) de la musique
au Ministère de la culture portègne, Diego Mario Rivarola,
intitulée Gardel en el Mundo.
A
19h15, le président du Centro de Estudios Gardelianos, Enrique
Espina Rawson, conclura les manifestations par une autre conférence,
intitulée Gardel Asignatura pendiente (Gardel, un domaine qui reste
à explorer).
Un
programme peu ambitieux, peu attractif, passablement pédant et
mondain, il faut bien le dire, et très opportuniste avec la
promotion de ce disque... Que c'est bas !
Carlos Gardel sur le pas de sa porte dans les années 30
La porte de ce qui est aujourd'hui le Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurés 733
Le
Museo Histórico Nacional, qui dépend du ministère de la Culture
national, aura fait beaucoup plus digne, il n'y a pas de doute à ce
propos. Et la Academia Nacional del Tango ce soir aussi avec un programme festif et projeté vers l'avenir et vers l'action... Ajout du 24 juin 2015 : lire à cet égard l'entrefilet publié aujourd'hui à Montevideo par El País. au sujet de ce disque, auquel a collaboré un chanteur et multi-instrumentiste uruguayen, Martín Buscaglía. lire l'article de Rolling Stones, le supplément rock de La Nación sur ce nouveau disque. Vous pourrez vous faire votre idée de cet album en écoutant l'original de Por una cabeza de et par Gardel (un youtube embedded comme on dit en français), avec cette voix somptueuse inscrite au patrimoine culturel de l'Humanité à l'UNESCO, puis la version (désastreuse à mon goût, y compris et surtout sur le plan vocal) du même morceau par le rockeur argentin Kevin Johansen.
(1)
La seule participante véritablement digne de l'événement.
Cliquez sur l'affiche pour une résolution optimale
Demain,
jeudi 19 mars 2015, la chanteuse Jacqueline Sigaut lance chez elle, dans son joli patio de
Palermo, ses propres soirées baptisées Les Jeudis Tango chez Jac (à
prononcer à la française, sans jota), avec cours de tango-danse
suivi d'une pratique, avec un bar modeste, de 21h à minuit, le tout
animé par Viviana Parra. Pour y participer, il faut prendre contact par mail avec l'hôtesse (ces informations figurent sur l'affiche).
Et
le lendemain, elle chantera à la soirée Subito Tanguísimo, à
Santos 4040, son adresse dans la rue Santos Dumont, dans le quartier
de Chacarita (près du Parque de los Andes et de l'avenue
Corrientes).
La soirée commence à 21h et se termine à minuit,
selon le système habituel à Buenos Aires : dîner avec concert
fréquenté par les Portègnes (à ne pas confondre avec les
cena-shows pour touristes dans quelques établissements qui ne
fonctionnent que pour ce public).
La
salle Santos 4040 dispose d'une page Facebook que vous pouvez
consulter.
Pour
en savoir plus sur la chanteuse, cliquez sur son nom dans le bloc
Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Après
un dimanche sans programme préétabli où vous pourrez visiter des
musts touristiques comme la Feria de Mataderos (artisanat et traditions rurales) ou la Feria de San
Telmo (grand marché à l'air libre tout au long de la rue Defensa), où vous pourrez aussi aller danser si vous le souhaitez à la
milonga del Indio, à l'air libre dans le quartier de San Telmo, si
elle résiste encore et toujours au promoteur, où vous pourrez enfin
visiter tel ou tel musée que nous n'avons pas pu mettre au programme
faute de temps (il faudrait plus d'un mois pour faire le tour de tout
ce qui peut nous intéresser à Buenos Aires, et encore ! Il
faudrait encore faire des choix cornéliens!), nous consacrerons
notre lundi 5 mai 2014 à Carlos Gardel, dans le cadre de ce voyage
culturel à Buenos Aires que j'accompagnerai sous l'égide de
l'agence de tourisme équitable et solidaire Human Trip, installée à
Aix-en-Provence.
Il
nous aura fallu parcourir tout ce chemin historique pour apprécier à
sa juste valeur l'œuvre de cet artiste, né en France le 11 décembre
1890 et mort accidentellement à Medellín en Colombie le 24 juin
1935. Sa voix a été inscrit au Patrimoine immatériel de
l'Humanité, comme l'est aussi le tango, ce genre typique des villes
du Río de la Plata dont il a été le plus grand ambassadeur de 1924
à sa mort, à la fin de sa plus longue tournée mondiale.
Nous
passerons donc la journée en sa compagnie (car il est encore très
vivant aujourd'hui dans sa ville de Buenos Aires), visitant tout à
tour le quartier de l'Abasto où il a grandi et qu'il n'a
pratiquement jamais déserté, où il avait acheté une maison,
transformée depuis une quinzaine d'années en un musée dont je vous
parle assez souvent dans ce blog (le Museo Casa Carlos Gardel), le
cimetière de la Chacarita où une souscription nationale lui a élevé
un monument qui ne manque ni de charme ni d'élégance...
Nous
prendrons un cours de danse dans le patio du musée (pour ceux qui le
souhaitent bien entendu). Il est prévu qu'il s'agisse d'un cours
d'initiation mais si toutefois, il y avait parmi nous des danseurs
chevronnés, qu'ils soient sans crainte : les professeurs les
repéreront de suite et se feront un plaisir d'adapter le contenu du
cours à leurs capacités techniques. Et puis n'oublions pas de
rester humbles : même les plus calés peuvent tirer profit d'un
cours débutant lorsqu'il est donné avec talent et authenticité...
Nous
déjeunerons aussi comme Carlitos dans le décor typiquement portègne
du Café de los Angelitos, où il avait l'habitude de souper après
ses propres récitals. D'un puchero ou d'une pizza, selon la saison.
La nuit, ce café n'était pas particulièrement bien fréquenté. On
murmure même qu'il doit son nom aux gus qui, très tard dans la
nuit, venaient s'y taper la cloche et qui n'étaient pas précisément
des enfants de chœur. Ce serait les policiers du quartier qui
l'auraient donc surnommé, par antiphrase, le café des Angelots,
rapport à la canaille qu'on y trouvait un peu trop souvent à leur
goût. Une autre version, moins croustillante, veut que
l'établissement doive son nom aux deux chérubins en bas-relief qui
en égaient la devanture à la mode italienne. Vous pouvez adopter
une version ou l'autre selon qu'il vous plaira.
Le
soir, le Café de los Angelitos devient, au premier étage, un
cena-show pour touristes, avec des spectacles très chers que les
Portègnes ne voient jamais et n'aiment guère. Ce ne sera pas notre
heure (en tout cas, ce n'est pas prévu dans le programme).
Nous
finirons cette journée consacrée au mythe immortel en revenant à
notre point de départ, le Museo Casa Carlos Gardel où nous
visiterons les deux expositions, la permanente dans les trois pièces
du rez-de-chaussée et la temporaire qui occupe les murs du patio,
inondé par la voix du Zorzal Criollo. C'est dans ce patio et cette
pièce adjacente que tous les mercredis où il se trouvait à Buenos
Aires, le grand artiste répétait avec ses musiciens et la porte
était ouverte au voisinage ouvrier, qui pouvait ainsi profiter de
son talent, sans bourse délier. C'est là aussi qu'il inventa
Silencio, ce tango consacré aux mères de France qui avaient perdu
leurs enfants pendant la Grande Guerre, comme c'était le cas de sa
propre grand-mère, et avec lequel il fit chavirer le cœur des
Parisiens en 1932.
Museo Casa Carlos Gardel, exposition permanente,
la salle de séjour, le long de la rue Jean Jaurès
A
18h30, nous prendrons place dans le patio pour écouter le concert du
lundi, ce cycle intitulé Mis tardes con Gardel, dont je vous parle
toutes les semaines d'avril à décembre et dont vous pouvez
retrouver le fil en cliquant sur le nom du musée dans le bloc Pour
chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Vers
21h, le groupe aura quartier libre, pour rentrer à l'hôtel, dîner
en ville, aller danser ou tout ce dont vous pouvez rêver dans la
nuit portègne.
L'avenue Corrientes est à deux cuadras du musée,
cette avenue dont on dit qu'elle ne dort jamais, l'artère des
théâtres, des musées, des cinémas, des cafés et de quelques
librairies aux horaires extensibles.
*
* *
Pendant
tout le séjour, nous serons au Monserrat Apart Hotel, qui propose
des chambres équipées d'une kitchenette, où il est donc permis de
prendre un repas sur le pouce. Ce mode d'hébergement permet
d'équilibrer le budget et le régime alimentaire de chacun (c'est
nettement moins cher et beaucoup plus sain que de prendre tous ses
repas au restaurant car cela évite les commissions léonines des
intermédiaires en tout genre. Et Dieu sait s'ils sont gourmands !).
Le matin, l'hôtel propose un petit-déjeuner sous forme d'un buffet
international avec quelques spécialités argentines.
Vous
pouvez consulter le site Internet de cet hôtel, les informations
reflètent la réalité de l'établissement.
Le
Monserrat Apart Hotel dispose aussi d'une page Facebook.
Le
programme complet du séjour est disponible en format imprimable sur
mon site Internet et en lecture en ligne sur le site de l'agence
Human Trip, qui est à votre disposition pour répondre à toutes vos
questions (conditions de vente, modalités de paiement et
d'inscription et toutes les autres questions techniques).
Ce
séjour comporte plusieurs soirées libres, notamment à l'intention
des danseurs de tango qui souhaitent profiter des milongas portègnes.
Vous
pouvez retrouver Human Trip sur certains salons du tourisme, un peu
partout en France.
Le
12 avril dans l'après-midi, je donnerai une causerie sur les atouts
culturels de Buenos Aires dans le cadre de mon partenariat avec cette
agence au salon ABM, Espace Reuilly, à Paris dans le 12e
arrondissement.
*
* *
Grâce
à son correspondant sur place, Human Trip peut vous proposer des
extensions vers d'autres destinations, tant en Argentine que dans les
pays limitrophes, à l'intérieur des dates prévues (vous pouvez
sauter des étapes de notre séjour si vous le souhaitez), soit avant
l'arrivée du groupe, le 25 avril, soit après son départ le 7 mai.
L'agence
est à votre service pour vous construire un programme sur mesure.
Vous
pouvez également visiter la page Internet du musée sur le Portail
des musées municipaux de Buenos Aires et vous connecter à sa page Facebook (pour l'heure, c'est les vacances d'été).
Vous
pouvez aussi aller jeter un coup d'œil au site Internet du Café de los Angelitos, qui malheureusement ne parle que du cena show (c'est
d'un kitch !).
Ce
café historique a réouvert ses portes en juin 2007 après un long
abandon, après qu'un dramatique incendie l'avait ravagé il y a de
nombreuses années. Quelques tables de l'ancien café ont été
préservées et garnissent aujourd'hui le patio du Museo Casa Carlos
Gardel. Mais il faut éviter de les toucher (l'incendie les a rendues
très fragiles).
Que
dire de Nelly Omar qui vient de nous quitter à l'âge vénérable de
102 ans ? Qu'elle était la cantora nacional, la Gardel en
Pollera (la Gardel en jupons), qu'elle a traversé des tempêtes
politiques en gardant toujours le cap de ses convictions, qu'elle
était profondément patriote et généreuse, qu'elle avait un talent
fou, qu'elle a chanté sur scène jusqu'à ses 101 ans (une fois par
an seulement les dernières années, mais au Luna Park!), qu'elle a
inspiré le poète Homero Manzi, dont elle a été la maîtresse
cachée, et qui lui a dédié en secret Fuimos et Malena ?
Hier
matin, c'est une légende qui a quitté ce monde, une légende en
poncho rouge de Salta, elle qui était née au fin fond de la
Province de Buenos Aires, en pleine pampa.
Nelly Omar, au Luna Park, le jour de ses cent ans Elle chante La Descamisada, une hymne folclorique péroniste
Son
corps a été veillé de 19h à minuit dans les locaux de la Sadaic,
la société des auteurs et compositeurs argentins. Et c'est dans le
caveau de cette institution, au cimetière de la Chacarita, qu'elle
sera mise en terre aujourd'hui, entre 9h et 10h, heure de Buenos
Aires. Elle y reposera avec Homero Manzi et Enrique Santos Discépolo
et tant d'autres qu'elle a connus et dont elle a partagé la
militance, les espoirs, les triomphes et les revers.
Péroniste,
elle l'était "jusqu'à la moelle", disait-elle, et "le
jour où il y aura des gens mieux que Perón et Evita, on en
reparlera".
Après la chute de Perón, dont elle admirait la politique
souverainiste (anti-impérialiste) et sociale, elle a connu une
traversée du désert de dix-sept ans. Interdite d'antenne, de scène,
de disque, de cinéma, proscrite, surveillée par la police qui lui a
dérobé jusqu'à ses souvenirs personnels d'Evita. Et puis à
nouveau pendant la Dictature militaire. Mais jamais elle n'a voulu
quitté le sol argentin. Elle aimait trop son pays.
La voix de Nelly Omar dans Barrio de Tango, de Homero Manzi et Aníbal Troilo
Ces
dernières années, elle avait connu des problèmes de santé dus au
grand âge et plusieurs hospitalisations. Ces derniers mois, elle ne
pouvait plus jouer de la guitare. Pour chanter, elle avait besoin que
des musiciens viennent, chez elle, dans son appartement de Palermo,
pour l'accompagner. Quand cela ne tienne, elle avait toute sa tête
et toute sa voix.
Au-delà
de la chanteuse fabuleuse qu'elle a été, Nelly Omar a aussi été
compositrice et auteur. On lui doit de très jolies choses...
Elle
avait dit qu'elle était née pour chanter. Et elle voulait un
enterrement en chanson et en musique. Espérons que la Sadaic saura
lui offrir ce dernier hommage.
Desde el alma, sans doute un texte inspiré à Homero Manzi par leur passion tumultueuse.
Le bandeau violet fait allusion à Carlos Gardel auquel on la comparait.
Cada día canta mejor est un proverbe dédié à Gardel
après sa mort tragique en 1935
("il chante mieux de jour en jour")
Pour
en savoir plus en français :
cliquez
sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search,
ci-dessus.
Pour
aller plus loin en parcourant la presse argentine de ce matin :
lire
l'article de Clarín, qui renvoie lui-même à sa dernière interview, en mars de cette année, quand elle envisageait de donner
un nouveau récital en septembre, le jour de ses 102 ans
Le
journaliste de Radio Nacional, Leonardo Liberman, grand spécialiste
de la musique en tout genre, rend hommage à la grande artiste sur
son blog, El mirador nocturno.
Il est plus que probable que pour l'occasion Radio Nacional et Canal 7 ou Canal Encuentro (pour la télévision) vont ressortir les archives à l'antenne si ce n'est déjà fait et il est possible qu'ils en mettent plusieurs à disposition sur leurs sites respectifs.
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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Blogs et sites culturels : Walter Alegre, militant de la culture (BsAs) Pablo Vignali, photographe à Montevideo Melografías, sur l'actualité de la musique argentine(BsAs)
Radios généralistes : NCI, culture pan-ibéroaméricaine (Madrid) RFI Radio France Internationale en français RFI Radio France Internationale en espagnol Canal Académie (radio de l'Institut de France)
Dictionnaires et traducteurs en ligne : ATLIF-Université de Caen (dictionnaire de français) CISCO-Université de Caen (synonymes français) RAE Real Academia Española (dictionnaire d’espagnol)