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mercredi 30 septembre 2026

Leer y Comer : 17e salon à la Chacarita [à l’affiche]

Post Facebook : "Tu viens ?"
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Ce week-end, les 3 et 4 octobre après 12h, se tiendra le salon Leer y Comer (Lire et manger) qui rassemble des stands gastronomiques et des éditeurs.

"Tu vas trouver"
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Au menu : dédicaces d’auteurs, conférences, musique, avec des dégustations de toutes sortes non-stop.

Côté miam-miam...

Ce salon printanier se tient à ciel ouvert dans le quartier de Chacarita, dans l’ouest de Buenos Aires.

Côté signatures

L’entrée est libre et gratuite, bien entendu. Les livres et la nourriture, en revanche, non, mais l’idée reste très sympa.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 14 octobre 2022

Sortie d’un disque d’inédits de Cuchi Leguizamón [Disques & Livres]


Le Dúo Palo Blanco, composé de deux chanteuses de folklore, Laura Princic et Guadalupe González Táboas, sort en ce moment un disque consacré à des œuvres jusque là inconnues d’un grand compositeur de Salta, Gustavo Chuchi Leguizamón (1917-2000).

Elles le présenteront le vendredi 21 octobre, à 22 h 15, à Buenos Aires, à Santos 4040, Santos Dumont 4040.

Entrée : 1 500 $ ARG.

"Cuchi Leguizamón, l'univers intérieur", dit le gros titre
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Cuchi Inédito y Recóndito (Cuchi inédit et secret) est un double album de vingt plages né d’un travail universitaire réalisé à la UNSAM (université nationale des arts et de la musique, à Buenos Aires) par le guitariste qui accompagne les deux chanteuses : Roberto Almeida. Les chansons ont été enregistrées avec de nombreux artistes invités pendant cinq ans.

C’est donc un travail de longue haleine que les musiciens présenteront la semaine prochaine dans le quartier de la Chacarita. En espérant qu’il y aura du monde dans la salle (en août dernier, j’ai été stupéfaite de constater combien les Portègnes ont du mal à retourner au spectacle après la crise du covid). Et en plus, vendredi prochain, c’est payant !


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, qui a fait la une des pages culturelles du quotidien le 10 octobre dernier
lire la présentation du spectacle sur le site de réservation des spectacles, Alternativa Teatral

samedi 25 juillet 2020

Un quart de siècle sans Osvaldo Pugliese [Troesmas]

Ce buste est installé sur Avenida Corrientes à Buenos Aires
à l'entrée de Villa Crespo, le quartier natal de Pugliese
Sur la plaque du Parti Communiste Argentin, on lit :
"On dit qu'il avait un pacte avec le tango,
un pacte avec le peuple,
un pacte avec la vie"

Il y a vingt-cinq ans, à quelques mois de son quatre-vingt-dixième anniversaire, disparaissait Osvaldo Pugliese (19005-1995), l’un des grands maîtres de la Guardia Nueva, le courant moderniste et polyphonique du tango apparu dans les années 1920 sous l’impulsion de Julio de Caro (1).

Une de Clarín le 26 juillet 1995, ornée d'une caricature
signée Hermenegildo Sábat, le grand dessinateur de presse de la rédaction
En haut à droite, l'attentat du RER B à la station Saint-Michel la veille
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Grand compositeur, grand pianiste, militant communiste depuis 1936 par solidarité envers la République espagnole menacée par un coup d’État militaire soutenu par les régimes fasciste et nazi, co-fondateur du syndicat argentin des musiciens, fondateur d’un orchestre-coopérative qui portait son nom et qui a laissé son empreinte indélébile dans la musique de Buenos Aires, Osvaldo Pugliese est l’un de ces maîtres dont se réclame aujourd’hui toute une génération de musiciens, de vingt à cinquante ans, qui sont le visage contemporain du tango et qui travaillent eux aussi en coopérative pour se donner la force collective de résister à la pression du système économique dominant à cause duquel tant d’autres artistes, solistes et groupes, sont contraints à concéder des compromissions et à trahir leurs convictions artistiques pour pouvoir manger.

Le "petit musée" de doña Lidia, dans l'appartement du couple
Elle m'avait autorisée à prendre quelques photos en août 2007

Osvaldo Pugliese, c’est Recuerdo (1924) et La Yumba (1939), les deux morceaux qui caractérisent le mieux son style. Ce mélange subtil entre la virilité du rythme et la douceur de la mélodie lui permit de revitaliser, lors d’une tournée au Japon, une valse jusqu’à lui abonnée aux interprétations sirupeuses, Desde el Alma (du fond de l’âme), de Rosita Melo (qui repose non loin de lui au cimetière de La Chacarita, à Buenos Aires).
Autre caractéristique de sa musique : la finale tanguera classique à deux notes (le fameux chan chan final, traduisez « tsoin tsoin ») s’est chez lui progressivement réduite à une seule note, la première, suivie d’un presque silence qui est encore de la musique.

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Deux quotidiens lui rendent hommage ce matin : Página/12 et La Nación, qui va jusqu’à mettre son hommage en manchette au-dessus de la une.

Les deux journaux ont battu le rappel des experts et des anciens musiciens de Pugliese pour rendre compte de la profusion de l’œuvre et de la complexité du souvenir qu’il a laissé, puisque cet athée convaincu (et tolérant) est devenu San Pugliese, que de nombreux Argentins invoquent contre le mauvais sort ou la simple malchance et que la plupart des musiciens considèrent comme leur saint protecteur (2). Nombreux sont en effet les artistes à l’invoquer par trois fois avant d’entrer en scène. Et même si doña Lidia, sa veuve, en a ri lorsqu’elle a appris qu’on avait ainsi canonisé son défunt époux, c’est bel et bien elle qui a tenu à m’offrir l’une des deux images pieuses que je possède et elle m’a raconté à cette occasion des témoignages que lui avaient confiés plusieurs personnes persuadées d’avoir été exaucées après être venues prier sur la tombe du Maestro !


La prière qui figure au dos de l’image rappelle bien entendu les prières pleine d’humour potache de l’Église maradonienne (voir mon article du 9 février 2009) :

"Protégenos de todo aquel que no escucha. Ampáranos de la mufa de los que insisten con la patita de pollo nacional. Ayúdanos a entrar en la armonía e ilumínanos para que no sea la desgracia la única acción cooperativa. Llévanos con tu misterio hacia una pasión que nos parta los huesos y no nos deje en silencio mirando un bandoneón sobre una silla".

Protège-nous de tout ce qui est sourd. Sois notre abri contre le mauvais sort de ceux qui insistent [pour faire usage] de la patte de poulet nationale. Aide-nous à entrer en harmonie et sois notre lumière afin que le malheur ne soit pas la seule action coopérative. Entraîne-nous dans ton mystère vers une passion qui nous déchire et ne nous laisse pas regarder en silence un bandonéon sur une chaise. (3)
Traduction © Denise Anne Clavilier

Bien entendu, l’envergure artistique du compositeur fait qu’il est amplement présent dans l’anthologie que j’ai publiée en 2010 : Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Éditions du Jasmin).

Cimetière de La Chacarita (Buenos Aires), carré des grands artistes populaires
Le monument, qui date de juillet 1996, a été bâti grâce à une souscription publique.
Son luxe inouï dit fort bien la popularité dont jouissait le musicien

Pour en savoir plus :
lire le témoignage du dernier chanteur de son orchestre, Abel Córdoba, dans Página/12
sur Todo Tango, vous trouverez un vaste choix d’enregistrements, de partitions et de concerts filmés et disponibles sur Youtube. Un délice pour mélomanes.



(1) C’est ce qui, au sens historique, fait de Osvaldo Pugliese le deuxième créateur de cette réinvention du genre qui correspond au moment où les musiciens professionnels s’en sont emparés.
(2) Ce syncrétisme est un phénomène attesté partout en Argentine où des pratiques religieuses précolombiennes ou des événement historiques locaux sont christianisées en dehors de l’Église catholique comme on peut le voir avec le Gauchito Gil, la Defunta Correa et donc, au cœur même d’une mégalopole comme Buenos Aires, San Pugliese.
(3) Ce texte suit le rythme du Notre Père en espagnol et fait allusion tant à des us et coutumes locaux (la patte de poulet à laquelle on attribue les mêmes pouvoirs que notre patte de lapin) qu’à sa musique si reconnaissable et évoque la scène du concert avant l’entrée des musiciens.

mercredi 25 décembre 2019

Alberto préfère les bergers à Hérode ou Tibère [Actu]

Le président (chemise blanche à droite, avec l'enfant) pose avec quelques convives
et l'un des prêtres de la paroisse
La première dame se trouve au centre, avec la longue robe blanche.

Comme les anges de la Nativité se sont rendus auprès des bergers qui gardaient les troupeaux aux alentours de Bethléem, évitant soigneusement les palais d'Hérode à Jérusalem ou Césarée, et autres lieux de pouvoir liés à la puissance coloniale de Tibère, le président Alberto Fernández s'est rendu hier soir au réveillon paroissial de San Cayetano, dans le quartier ultra-prolétaire de Liniers, tout à l'ouest de la capitale argentine, l'un de plus éloignés qui soient du centre-ville qui, à Buenos Aires, se trouve à... l'est !

Il était accompagné de sa compagne, l'actrice et désormais première dame Fabiola Yáñez, et du chef de gouvernement, Santiago Cafiero.

Le président dans les allées du sanctuaire haranguant la foule des convives

Visite présidentielle impromptue qui a donné lieu à un surcroît de liesse parmi les paroissiens et de nombreux selfies, sans compter un certain nombre de photos souvenirs qui ont été utilisées par la communication politique de la Casa Rosada.

Quelques instants avant de partir pour Liniers, dans ses vœux de Noël diffusés sur son compte Twitter, le président argentin avait appelé ses compatriotes à tendre la main à ceux qui souffrent alors que les mesures fiscales qui renchérissent les séjours à l'étranger (1) font grincer des dents.

Le sanctuaire n'a pas été choisi au hasard parmi les quartiers qui souffrent de la misère à Buenos Aires : San Cayetano (saint Gaëtan pour les francophones) est en effet le saint patron des travailleurs modestes, ceux qui comptent sur leur travail pour obtenir leur pain.... On le prie, surtout le 7 août, pour obtenir du travail et trouver du pain pour nourrir sa famille.

Les sites Internet des grands quotidiens en ont parlé.

Quelques uns des supporters de Chacarita qui ont organisé le réveillon de solidarité

Au même moment, quoique avec un moindre retentissement médiatique, un certain nombre de club de quartier ont organisé pour leurs membres ou pour des gens moins favorisés du quartier des festins de plein air sous le ciel d'été. Tel fut le cas du Club Atlético Chacarita Juniors qui offrait hier un grand asado et des paniers de spécialités de saison aux habitants vulnérables de leur quartier...


Pour aller plus loin :
Lire l'article de Clarín sur le repas de fête offert par Chacarita Juniors

Ajout du 26 décembre 2019

La Prensa a fait sa une d'aujourd'hui avec ce réveillon particulier du chef de l'Etat.


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(1) Il s'agit d'une taxe de 30% qui s'applique désormais aux retraits d'argent en devise étrangère et donc aux achats par carte bancaire ou de crédit effectués hors des frontières. Taxe qui vise à éviter de vider les réserves nationales en dollars et en euros et à obliger les Argentins à privilégier le marché intérieur pour s'équiper, notamment de biens technologiques qu'ils n'ont que trop tendance à aller acheter en dehors des frontières, notamment au Chili, ce qui participe à faire s'effondrer la demande intérieure et par conséquent l'intégralité du marché de l'offre et de la demande, provoquant des fermetures d'entreprise et du chômage à grande échelle.

samedi 31 octobre 2015

Gardel à tous les coins de rue [à l'affiche]

En cette année gardelienne, la Noche de los Museos rend hommage, dans plusieurs institutions de Buenos Aires, au Zorzal Criollo, né il y a 125 ans et mort il y a 80 ans.


C'est ce soir, samedi 31 octobre 2015. Entrée libre et gratuite partout dans la limite des places disponibles.

On ne compte pas moins de six expositions à visiter :
  • Les origines du tango-canción (tango à texte) au CETBA, Agrelo 3231, à Balvanera : documents et photos sur les débuts du genre incarné alors par Carlos Gardel
  • Trois expositions différentes au Museo Casa Carlos Gardel, l'une sur la voix chantée dans toutes ses dimensions, lyriques et populaires, au temps de Gardel, une autre sur les caricatures de Gardel par le dessinateur de presse Hermenegildo Sabát, la dernière sur la vie et l'œuvre de Gardel grâce aux collections très complètes d'objets et de documents écrits de ce musée situé rue Jean Jaurès 735, à l'Abasto
  • Au Museo Anconetani del acordeón, Guevara 492, à Chacarita, des photographies de l'accordéoniste de Carlos Gardel lorsque celui-ci séjournait à New York.
  • Au Museo de la Ciudad, Defensa 219-223, à Monserrat, une exposition sur la vie et les partenariats artistiques du Zorzal
  • Et à Recoleta, à la Pinacothèque du Ministère de l'Education nationale, une exposition sur l'artiste à Paris, où il conquit le public avec son répertoire de tango dans lequel il intercalait quelques chansons française (rue Pizzurno n° 935).


Côté spectacles :
  • On aura le duo Lautaro Mazza et Abel Pirotti pour chanter à trois moments de la nuit les mélodies les plus fameuses de Carlos Gardel (chant et piano), à 20h30, 21h30 et 22h30 puis le chanteur Antonio Seoane accompagné à la guitare par les frères Faggiano qui interpréteront un répertoire de valses, milongas et tangos contemporains du maître des lieux, dans le patio du Museo Casa Carlos Gardel à 23h30, 00h30 et 01h30.
  • Les mêmes Antonio Seoane y Hermanos Faggiano seront également à 21h30 à Puerto Madero, à l'ex-Brasserie Munich, qui abrite maintenant la direction municipale des musées, avenida de los Italianos 851.
  • On aura enfin, à partir de minuit, une soirée de musique à Nuñez, au Museo Archivo Tecno-educativo Lorenzo Raggio, Avenida del Libertador 8651, pour l'anniversaire de la mort de Gardel et de la création de Cambalache, un tango emblématique de Enrique Santos Discépolo.


A cela s'ajoute la danse, à 22h30, à la Casa de Cultura, avenida de Mayo 575, le siège du ministère de la Culture à Montserrat, à deux pas de Plaza de Mayo : un hommage monté par les élèves de niveau avancé du cours de danse dispensé sur place tout au long de l'année.

Si donc vous ne trouvez pas votre bonheur dans tout ça, c'est que vous êtes vraiment difficile !

Pour plus de détails :
consultez le programme complet sur le site du Ministère de la Culture et connectez-vous à la page Facebook de la manifestation.

lundi 22 juin 2015

L'hommage officiel à Gardel le 24 juin [à l'affiche]

La Ville Autonome de Buenos Aires rendra un hommage officiel à Carlos Gardel, le 24 juin, de 14h à 20h, en s'appuyant sur le Centro de Estudios Gardelianos, le Museo Casa Carlos Gardel et la Legislatura.

Visa d'entrée au Venezuela le 23 avril 1935 lors de la dernière tournée de Carlos Gardel
Vous voyez qu'il faut alors avoir été vacciné et avoir un casier vierge pour entrer au Venezuela
qui enregistre l'appartenance racial des étrangers qui pénètrent sur son sol

Premier rendez-vous au cimetière de la Chacarita, sur la tombe de l'artiste à 14h, avec un discours de José Blotta (Centro de Estudios Gardelianos)

Puis rendez-vous à 17h au Museo Casa Carlos Gardel, avec une courte conférence de Julián Barsky, auteur d'une biographie contestée et contestable de l'artiste. La conférence s'intitulé Carlos Gardel, un viajero (Carlos Gardel un voyageur).
A 17h40, des projections et un concert de guitare aux soins de Jorge Kohan
A 19h, lancement d'un disque de circonstance du chanteur Marcelo Ezquiaga, Morocho, entouré d'artistes invités : le disque rassemble plusieurs musiciens de rock qui rendent hommage au Morocho del Abasto (ou Morocho Argentino, il avait les deux surnoms, entre autres nombreux sobriquets).

A la Legislatura, on se réunira au Salón Presidente Perón pour un concert de la chanteuse María José Mentana à 18h (1), suivi d'une conférence du directeur (ou ex-directeur semble-t-il) de la musique au Ministère de la culture portègne, Diego Mario Rivarola, intitulée Gardel en el Mundo.
A 19h15, le président du Centro de Estudios Gardelianos, Enrique Espina Rawson, conclura les manifestations par une autre conférence, intitulée Gardel Asignatura pendiente (Gardel, un domaine qui reste à explorer).

Un programme peu ambitieux, peu attractif, passablement pédant et mondain, il faut bien le dire, et très opportuniste avec la promotion de ce disque... Que c'est bas !

Carlos Gardel sur le pas de sa porte dans les années 30
La porte de ce qui est aujourd'hui le Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurés 733

Le Museo Histórico Nacional, qui dépend du ministère de la Culture national, aura fait beaucoup plus digne, il n'y a pas de doute à ce propos. Et la Academia Nacional del Tango ce soir aussi avec un programme festif et projeté vers l'avenir et vers l'action...

Ajout du 24 juin 2015 :
lire à cet égard l'entrefilet publié aujourd'hui à Montevideo par El País. au sujet de ce disque, auquel a collaboré un chanteur et multi-instrumentiste uruguayen, Martín Buscaglía.

lire l'article de Rolling Stones, le supplément rock de La Nación sur ce nouveau disque. Vous pourrez vous faire votre idée de cet album en écoutant l'original de Por una cabeza de et par Gardel (un youtube embedded comme on dit en français), avec cette voix somptueuse inscrite au patrimoine culturel de l'Humanité à l'UNESCO, puis la version (désastreuse à  mon goût, y compris et surtout sur le plan vocal) du même morceau par le rockeur argentin Kevin Johansen.



(1) La seule participante véritablement digne de l'événement.

mercredi 18 mars 2015

Week-end intense pour Jacqueline Sigaut [à l'affiche]

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Demain, jeudi 19 mars 2015, la chanteuse Jacqueline Sigaut lance chez elle, dans son joli patio de Palermo, ses propres soirées baptisées Les Jeudis Tango chez Jac (à prononcer à la française, sans jota), avec cours de tango-danse suivi d'une pratique, avec un bar modeste, de 21h à minuit, le tout animé par Viviana Parra.
Pour y participer, il faut prendre contact par mail avec l'hôtesse (ces informations figurent sur l'affiche).

Et le lendemain, elle chantera à la soirée Subito Tanguísimo, à Santos 4040, son adresse dans la rue Santos Dumont, dans le quartier de Chacarita (près du Parque de los Andes et de l'avenue Corrientes).
La soirée commence à 21h et se termine à minuit, selon le système habituel à Buenos Aires : dîner avec concert fréquenté par les Portègnes (à ne pas confondre avec les cena-shows pour touristes dans quelques établissements qui ne fonctionnent que pour ce public).

La salle Santos 4040 dispose d'une page Facebook que vous pouvez consulter.

Pour en savoir plus sur la chanteuse, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

vendredi 17 janvier 2014

Un lundi chez Carlos Gardel, grâce au Roman national argentin, voyage culturel, solidaire et humain [Human Trip]

Un portrait de Carlos Gardel dans une rue, Abasto
Après un dimanche sans programme préétabli où vous pourrez visiter des musts touristiques comme la Feria de Mataderos (artisanat et traditions rurales) ou la Feria de San Telmo (grand marché à l'air libre tout au long de la rue Defensa), où vous pourrez aussi aller danser si vous le souhaitez à la milonga del Indio, à l'air libre dans le quartier de San Telmo, si elle résiste encore et toujours au promoteur, où vous pourrez enfin visiter tel ou tel musée que nous n'avons pas pu mettre au programme faute de temps (il faudrait plus d'un mois pour faire le tour de tout ce qui peut nous intéresser à Buenos Aires, et encore ! Il faudrait encore faire des choix cornéliens!), nous consacrerons notre lundi 5 mai 2014 à Carlos Gardel, dans le cadre de ce voyage culturel à Buenos Aires que j'accompagnerai sous l'égide de l'agence de tourisme équitable et solidaire Human Trip, installée à Aix-en-Provence.

Il nous aura fallu parcourir tout ce chemin historique pour apprécier à sa juste valeur l'œuvre de cet artiste, né en France le 11 décembre 1890 et mort accidentellement à Medellín en Colombie le 24 juin 1935. Sa voix a été inscrit au Patrimoine immatériel de l'Humanité, comme l'est aussi le tango, ce genre typique des villes du Río de la Plata dont il a été le plus grand ambassadeur de 1924 à sa mort, à la fin de sa plus longue tournée mondiale.




Nous passerons donc la journée en sa compagnie (car il est encore très vivant aujourd'hui dans sa ville de Buenos Aires), visitant tout à tour le quartier de l'Abasto où il a grandi et qu'il n'a pratiquement jamais déserté, où il avait acheté une maison, transformée depuis une quinzaine d'années en un musée dont je vous parle assez souvent dans ce blog (le Museo Casa Carlos Gardel), le cimetière de la Chacarita où une souscription nationale lui a élevé un monument qui ne manque ni de charme ni d'élégance...
Nous prendrons un cours de danse dans le patio du musée (pour ceux qui le souhaitent bien entendu). Il est prévu qu'il s'agisse d'un cours d'initiation mais si toutefois, il y avait parmi nous des danseurs chevronnés, qu'ils soient sans crainte : les professeurs les repéreront de suite et se feront un plaisir d'adapter le contenu du cours à leurs capacités techniques. Et puis n'oublions pas de rester humbles : même les plus calés peuvent tirer profit d'un cours débutant lorsqu'il est donné avec talent et authenticité...




Nous déjeunerons aussi comme Carlitos dans le décor typiquement portègne du Café de los Angelitos, où il avait l'habitude de souper après ses propres récitals. D'un puchero ou d'une pizza, selon la saison. La nuit, ce café n'était pas particulièrement bien fréquenté. On murmure même qu'il doit son nom aux gus qui, très tard dans la nuit, venaient s'y taper la cloche et qui n'étaient pas précisément des enfants de chœur. Ce serait les policiers du quartier qui l'auraient donc surnommé, par antiphrase, le café des Angelots, rapport à la canaille qu'on y trouvait un peu trop souvent à leur goût. Une autre version, moins croustillante, veut que l'établissement doive son nom aux deux chérubins en bas-relief qui en égaient la devanture à la mode italienne. Vous pouvez adopter une version ou l'autre selon qu'il vous plaira.

Le soir, le Café de los Angelitos devient, au premier étage, un cena-show pour touristes, avec des spectacles très chers que les Portègnes ne voient jamais et n'aiment guère. Ce ne sera pas notre heure (en tout cas, ce n'est pas prévu dans le programme).
Nous finirons cette journée consacrée au mythe immortel en revenant à notre point de départ, le Museo Casa Carlos Gardel où nous visiterons les deux expositions, la permanente dans les trois pièces du rez-de-chaussée et la temporaire qui occupe les murs du patio, inondé par la voix du Zorzal Criollo. C'est dans ce patio et cette pièce adjacente que tous les mercredis où il se trouvait à Buenos Aires, le grand artiste répétait avec ses musiciens et la porte était ouverte au voisinage ouvrier, qui pouvait ainsi profiter de son talent, sans bourse délier. C'est là aussi qu'il inventa Silencio, ce tango consacré aux mères de France qui avaient perdu leurs enfants pendant la Grande Guerre, comme c'était le cas de sa propre grand-mère, et avec lequel il fit chavirer le cœur des Parisiens en 1932.


Museo Casa Carlos Gardel, exposition permanente,
la salle de séjour, le long de la rue Jean Jaurès

A 18h30, nous prendrons place dans le patio pour écouter le concert du lundi, ce cycle intitulé Mis tardes con Gardel, dont je vous parle toutes les semaines d'avril à décembre et dont vous pouvez retrouver le fil en cliquant sur le nom du musée dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Vers 21h, le groupe aura quartier libre, pour rentrer à l'hôtel, dîner en ville, aller danser ou tout ce dont vous pouvez rêver dans la nuit portègne.
L'avenue Corrientes est à deux cuadras du musée, cette avenue dont on dit qu'elle ne dort jamais, l'artère des théâtres, des musées, des cinémas, des cafés et de quelques librairies aux horaires extensibles.

* * *

Pendant tout le séjour, nous serons au Monserrat Apart Hotel, qui propose des chambres équipées d'une kitchenette, où il est donc permis de prendre un repas sur le pouce. Ce mode d'hébergement permet d'équilibrer le budget et le régime alimentaire de chacun (c'est nettement moins cher et beaucoup plus sain que de prendre tous ses repas au restaurant car cela évite les commissions léonines des intermédiaires en tout genre. Et Dieu sait s'ils sont gourmands !). Le matin, l'hôtel propose un petit-déjeuner sous forme d'un buffet international avec quelques spécialités argentines.
Vous pouvez consulter le site Internet de cet hôtel, les informations reflètent la réalité de l'établissement.
Le Monserrat Apart Hotel dispose aussi d'une page Facebook.

Le programme complet du séjour est disponible en format imprimable sur mon site Internet et en lecture en ligne sur le site de l'agence Human Trip, qui est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions (conditions de vente, modalités de paiement et d'inscription et toutes les autres questions techniques).
Ce séjour comporte plusieurs soirées libres, notamment à l'intention des danseurs de tango qui souhaitent profiter des milongas portègnes.
Vous pouvez retrouver Human Trip sur certains salons du tourisme, un peu partout en France.
Le 12 avril dans l'après-midi, je donnerai une causerie sur les atouts culturels de Buenos Aires dans le cadre de mon partenariat avec cette agence au salon ABM, Espace Reuilly, à Paris dans le 12e arrondissement.

* * *

Grâce à son correspondant sur place, Human Trip peut vous proposer des extensions vers d'autres destinations, tant en Argentine que dans les pays limitrophes, à l'intérieur des dates prévues (vous pouvez sauter des étapes de notre séjour si vous le souhaitez), soit avant l'arrivée du groupe, le 25 avril, soit après son départ le 7 mai.

L'agence est à votre service
pour vous construire un programme sur mesure.
Contactez-la par mail (info@humantrip.fr)
ou par téléphone (04 86 11 01 71).

* * *

Pour en savoir plus sur le contenu de cette journée :
cliquez sur le nom de Carlos Gardel dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search
ou sur celui du Museo Casa Carlos Gardel
Voir également mon article intitulé Promenade dans la Buenos Aires de Carlos Gardel, qui date de 2009.
Vous pouvez également visiter la page Internet du musée sur le Portail des musées municipaux de Buenos Aires et vous connecter à sa page Facebook (pour l'heure, c'est les vacances d'été).
Vous pouvez aussi aller jeter un coup d'œil au site Internet du Café de los Angelitos, qui malheureusement ne parle que du cena show (c'est d'un kitch !).
Ce café historique a réouvert ses portes en juin 2007 après un long abandon, après qu'un dramatique incendie l'avait ravagé il y a de nombreuses années. Quelques tables de l'ancien café ont été préservées et garnissent aujourd'hui le patio du Museo Casa Carlos Gardel. Mais il faut éviter de les toucher (l'incendie les a rendues très fragiles).

samedi 21 décembre 2013

Pour toujours Malena : Nelly Omar chantait le tango comme personne [Actu]


Que dire de Nelly Omar qui vient de nous quitter à l'âge vénérable de 102 ans ? Qu'elle était la cantora nacional, la Gardel en Pollera (la Gardel en jupons), qu'elle a traversé des tempêtes politiques en gardant toujours le cap de ses convictions, qu'elle était profondément patriote et généreuse, qu'elle avait un talent fou, qu'elle a chanté sur scène jusqu'à ses 101 ans (une fois par an seulement les dernières années, mais au Luna Park!), qu'elle a inspiré le poète Homero Manzi, dont elle a été la maîtresse cachée, et qui lui a dédié en secret Fuimos et Malena ?

Hier matin, c'est une légende qui a quitté ce monde, une légende en poncho rouge de Salta, elle qui était née au fin fond de la Province de Buenos Aires, en pleine pampa.

Nelly Omar, au Luna Park, le jour de ses cent ans
Elle chante La Descamisada, une hymne folclorique péroniste

Son corps a été veillé de 19h à minuit dans les locaux de la Sadaic, la société des auteurs et compositeurs argentins. Et c'est dans le caveau de cette institution, au cimetière de la Chacarita, qu'elle sera mise en terre aujourd'hui, entre 9h et 10h, heure de Buenos Aires. Elle y reposera avec Homero Manzi et Enrique Santos Discépolo et tant d'autres qu'elle a connus et dont elle a partagé la militance, les espoirs, les triomphes et les revers.

Péroniste, elle l'était "jusqu'à la moelle", disait-elle, et "le jour où il y aura des gens mieux que Perón et Evita, on en reparlera". Après la chute de Perón, dont elle admirait la politique souverainiste (anti-impérialiste) et sociale, elle a connu une traversée du désert de dix-sept ans. Interdite d'antenne, de scène, de disque, de cinéma, proscrite, surveillée par la police qui lui a dérobé jusqu'à ses souvenirs personnels d'Evita. Et puis à nouveau pendant la Dictature militaire. Mais jamais elle n'a voulu quitté le sol argentin. Elle aimait trop son pays.

La voix de Nelly Omar dans Barrio de Tango, de Homero Manzi et Aníbal Troilo

Ces dernières années, elle avait connu des problèmes de santé dus au grand âge et plusieurs hospitalisations. Ces derniers mois, elle ne pouvait plus jouer de la guitare. Pour chanter, elle avait besoin que des musiciens viennent, chez elle, dans son appartement de Palermo, pour l'accompagner. Quand cela ne tienne, elle avait toute sa tête et toute sa voix.

Au-delà de la chanteuse fabuleuse qu'elle a été, Nelly Omar a aussi été compositrice et auteur. On lui doit de très jolies choses...

Elle avait dit qu'elle était née pour chanter. Et elle voulait un enterrement en chanson et en musique. Espérons que la Sadaic saura lui offrir ce dernier hommage.

Desde el alma, sans doute un texte inspiré à Homero Manzi
par leur passion tumultueuse.
Le bandeau violet fait allusion à Carlos Gardel auquel on la comparait.
Cada día canta mejor est un proverbe dédié à Gardel
après sa mort tragique en 1935
("il chante mieux de jour en jour")

Pour en savoir plus en français :
cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Pour aller plus loin en parcourant la presse argentine de ce matin :
lire l'article de Página/12 qui lui a dédié la première de ses pages culturelles
lire l'article de Clarín, qui renvoie lui-même à sa dernière interview, en mars de cette année, quand elle envisageait de donner un nouveau récital en septembre, le jour de ses 102 ans
La Nación n'a pas daigné traiter l'événement.

Le journaliste de Radio Nacional, Leonardo Liberman, grand spécialiste de la musique en tout genre, rend hommage à la grande artiste sur son blog, El mirador nocturno.
Il est plus que probable que pour l'occasion Radio Nacional et Canal 7 ou Canal Encuentro (pour la télévision) vont ressortir les archives à l'antenne si ce n'est déjà fait et il est possible qu'ils en mettent plusieurs à disposition sur leurs sites respectifs.