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vendredi 8 juin 2018

En juin, Gabriel Soria reprend ses conférences au CETBA [à l'affiche]


Chaque vendredi de ce mois de juin, le président de la Academia Nacional del Tango  Gabriel Soria, reprend ses conférences au Centre de formation du Tango de Buenos Aires (CETBA) sur le thème du cinéma. Ce collectionneur méthodique fait profiter à son public de documents exceptionnels et d'une connaissance plus que fine de son sujet, soutenue par un travail rigoureux.

Ce soir, on parlera de Hugo del Carril, chanteur, compositeur, comédien et réalisateur des années 1940 et 1950. Il a connu une sévère traversée du dHugo del ésert après septembre 1955, à la suite du renversement de Perón, pour lequel il avait milité sans compter. Puis ce sera le tour de deux autres chanteurs qui ont marqué l'histoire du genre, Alberto Castillo et Roberto Goyeneche.

mercredi 10 novembre 2010

La dernière conférence 2010 sur Politique et Tango au CCC ce soir [à l'affiche]

Affiche diffusée par La Ciudad del Tango. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Après une conférence sur le pianiste et compositeur Osvaldo Pugliese, saint communiste (voir mon article du 19 octobre 2010), et une autre sur le poète et cinéaste Homero Manzi, grand militant radical notamment pendant la dictature de la Década infame (1930-1943) (voir mon article du 27 septembre 2010), voici une troisième volet sur le chanteur, compositeur, acteur et cinéaste Hugo del Carril, un péroniste fervent qui fut mis à l'index (comme la chanteuse et compositrice Nelly Omar, elle même très proche de Homero Manzi) après le renversement du président constitutionnel Domingo Perón en septembre 1955.

A Hugo del Carril, on doit quelques très beaux films du cinéma argentin des années 40. On doit aussi La Marcha Peronista, qui est l'hymne de tous les mouvements péronistes à commencer par le Partido Justicialista, dont est issue l'actuelle Présidente Cristina Fernández de Kirchner, et la musique par excellence du 17 octobre, la fête de la loyauté. C'est lui qui a incarné José Betinotti dans le film que Homero Manzi, scénariste et cinéaste, a consacré à la figure mythique du dernier payador (1878-1915), El último payador.

Hugo del Carril a laissé dans le monde artistique et singulièrement dans le monde du tango le souvenir d'un parfait gentleman, d'un homme d'une infinie courtoisie et d'une immense dignité. Son nom a été donné à un concours qui récompense des musiciens et des chanteurs tous les ans. Il rejoint aujourd'hui la rubrique Vecinos del Barrio (section Toujours là), dans la partie haute de la Colonne de droite de ce blog.

Le conférencier, toujours le même, Silvano Lanzieri abordera l'engagement social de Hugo del Carril, ses convictions, la censure qu'il a subie, la prison et les persécutions dont il a été victime dans les époques anti-péronistes qui suivirent le gouvernement de Perón (1946-1955). La conférence sera illustrée de vidéos.

Entrée libre et gratuite ce soir, mercredi 10 novembre 2010, à 10h, en salle Lacks au 3ème étage, Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, Corrientes 1543.

Pour aller un peu plus loin :
visiter la note consacrée à cette conférence dans le blog de la Ciudad del Tango (département Tango du CCC).

lundi 6 septembre 2010

Ce soir, plenario consacré à Hugo Del Carril [à l'affiche]

Un article rapide avant de prendre l'avion du retour. La moindre des politesses envers la Academia Nacional del Tango qui vient, jeudi dernier, de m'accueillir comme membre correspondant sur Paris...

Le prochain plenario, lundi 6 septembre, à 19h30 comme toujours, dans le Salon de los Angelitos Horacio Ferrer, comme d'habitude, entrée libre et gratuite pour ne pas changer, sera consacré à rendre hommage au chanteur, compositeur, acteur et réalisateur que fut Hugo del Carril.

Son fils, Hugo del Carril junior, sera là pour parler de son père avec Horacio Ferrer, que je n'aurais probablement pas eu l'occasion de rencontrer cette année (nous avons eu contretemps sur contretemps à chaque rendez-vous ! Il y a des années comme ça...).

Le tango rituel de la soirée sera El Porteñito de Villoldo, Polito et Pesce, dans un enregistrement qu'en fit Hugo del Carril (père).

La soirée comportera la projection d'extraits de films où l'acteur a joué et l'audition de plusieurs enregistrements du chanteur.

L'espace artistique sera réservé à des exhibitions de tango en styles salon et milonguero (allez-y pour connaître la différence) par Danitza Maldonado et Hernán Lazart.

Un Plenario que je ne pourrai pas apprécier. A la même heure, je suis condamnée à attendre mon embarquement à Ezeiza où il n'y a pas grand-chose à faire comme dans n'importe quel aéroport du monde.

samedi 15 novembre 2008

Noche de los Museos : idiosyncrasies argentines [à l’affiche]

La Noche de los Museos (nuit des musées) est une nocturne spéciale au cours de laquelle la quasi-totalité des 135 musées qu’on dénombre à Buenos Aires ouvriront leurs portes au public, gratuitement, le 15 novembre à partir de 19h et au moins jusqu’à minuit et pour beaucoup d’entre eux bien plus tard encore.

Evita
Au Museo Evita, Lafinur 2988 : trois expositions. L’exposition permanente sur la vie de María Eva Duarte de Perón, décédée à 32 ans en 1952 d’un cancer de l’utérus et grande égérie du féminisme et des luttes sociales en Argentine. Une exposition intitulée Iglesias Brickles y una mirada particular sobre Eva Perón (Iglesias Brickles et son regard particulier sur Eva Perón) présente des gravures et des peintures sur bois. La troisième exposition s’appelle 60 años de la Fundación Eva Perón, cette fondation qui permit de construire foyers, hôpitaux, dispensaires, jardins d'enfants etc...
Il est prévu des visites guidées du musée toutes les 90 minutes, deux concerts, un spectacle de théâtre et deux projections cinématographiques : La Cabalgata del Circo, avec Libertad Lamarque, chanteuse et actrice mexicano-argentine, Hugo del Carril, chanteur et compositeur de tango mais aussi acteur et réalisateur de cinéma (politiquement fort engagé dans le mouvement péroniste) et... María Eva Duarte bien sûr. Evita était actrice, comédienne de radio et de cabaret avant de se marier avec Perón. C’est d’ailleurs comme comédienne très populaire à la radio qu’elle le rencontra en 1943, au Luna Park, dans une soirée de bienfaisance au bénéfice des victimes d’un tremblement de terre. Il représentait le Gouvernement de fait issu du coup d'Etat de juin 43 comme Secretario del Trabajo (le Secrétaire d'Etat au Travail, un portefeuille ministériel créé pour lui et qu'il a si fortemetn marqué de son empreinte). La Cabalgata del Circo passera à 20h. A 1h du matin, on projettera La Pródiga, un autre long métrage dont Eva Duarte était l’unique vedette.

Inmigración
Au Museo Conventillo histórico El Rincón de Lucía à La Boca (Del Valle Iberlucea 1196). Installé dans un conventillo typique de la Boca, construit en 1876, au tout début de la grande vague migratoire qui culminera dans les années 1880, ce musée retrace l'histoire de l'immigration dans le quartier portuaire de La Boca (qui occupe l'angle entre le Riachuelo qui ceinture Buenos Aires au sud et le Río de la Plata, qui délimite la ville à l'est, à l'embouchure du premier dans le second).
Toutes les 30 minutes, parcours guidé à travers cette histoire.
A 21h, une conférence-débat sur Immigration et tango à la Boca, par Norberto Pagano et Carlos Monzani.
Au Museo judío de Buenos Aires Dr. Salvador Kibrick, sur la plaza Lavalle (Libertad 769) et à la Grande Synagogue (juste à côté) : visite guidée, parcours de présentation de la Torah, de ses origines et de son contenu (1) et de la musique liturgique en continu depuis 21h30 jusqu'à minuit et demi à la Grande Synagogue (appelée Templo Mayor). L'immigration juive, principalement en provenance des pays de l'est de l'Europe (Empire russe, Pologne, pays baltes) a joué un rôle très important dans la genèse du tango. La musique ashkenaze avait elle aussi la caractéristique d'être celle d'un peuple opprimé et sans droit à la parole. Le violon tanguero doit beaucoup au violoneux des fêtes juives du yiddishland.

La mala vida
Autre importante source artistique du tango naissant dans les années 1880 : les voyous et autres petits voleurs vivant d'expédients dans une ville où la vie était encore plus difficile qu'aujourd'hui.
Au Museo Penitenciario Argentino Antonio Ballvé, Humberto Primero 378 (dans le quartier de San Telmo) : deux expositions, l'une, permanente, composée d'objets provenant des différents ateliers pénitentiaires du pays et fabriqués par les détenus et les bagnards au long des décennies, archives photographiques, modèles réduits permettant de prendre conscience de ce qu'a été le monde carcéral de la jeune Argentine et la nature de la répression pénale qui s'y exerçait, l'autre consacrée à l'oeuvre réalisée par les différentes congrégations religieuses en faveur des condamnés et de leur réinsertion sociale pour autant que cela était possible (Compagnie de Jésus entre 1734 et 1767, après quoi les Jésuites ont été expulsés des terres du Roi d'Espagne parce que leur travail s'avérait par trop subversif pour le système colonial en place dans toute l'Amérique Latine, les Bethlémitaines entre 1795 et 1821 et la congrégation Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur qui oeuvra de 1890 à 1974).
Cette seconde exposition, intitulé Y pasaron haciendo el bien (et ils passèrent en faisant le bien), est accompagnée d'une conférence de Gustavo Gonçalves.
Le tango sera présent, avec le jazz et la marche (musique de carnaval et de fête) à travers un concert de la Fanfare de l'Ecole Pénitentiaire à 22h puis, en plein air, dans la cour de ce qui fut la prison de San Telmo, à 23h30 il y aura un show de tango (musique et danse) s'il ne pleut pas.
A 20h, dans cette même cours, un spectacle de danse folklorique sera proposé sur une idée du Professeur Dario Abranovich (quand je parlais d'apports culturels en provenance du Yiddishland !).

Au Museo de la Policía Federal Argentina, San Martin 353 (quartier de San Nicolás), l'exposition permanente est ouverte et des visites guidées thématiques sont proposées :
20h : Uniforme, armes et contrôles des bonnes moeurs entre 1821 et 1900
22h : Délits et crimes au 20ème siècle (1900 à 1980) : crime de sang, proto-histoire de l'usage de drogues à Buenos Aires, vol, escroquerie et racket en tout genre
Minuit : Policiers de roman et de laboratoire : de la fiction à la police scientifique, criminologie dans la littérature policière avec la présence d'écrivains du roman noir invités.
C'est dans ce milieu hors la loi qu'est né le lunfardo, ce parler populaire dont le tango se nourrit depuis qu'un Pascual Contursi lui a donné sa toute première dimension poétique. C'est aussi le milieu d'où ont jailli les premiers lieux de tango : cabarets, bordels et autres tripots clandestins où s'est épanouie une vie nocturne qui devint très vite aussi une vie artistique d'une rare richesse. Aujourd'hui le monde culturel de la nuit s'est tout à fait séparé du milieu et des malfrats et ce depuis la fin des années 50 mais un Carlos Gardel l'a côtoyé toute sa vie et de nombreux et très grands musiciens ont été employés par des patrons de cabarets qui n'étaient pas des enfants de choeur !

Du côté institutionnel
Museo Casa Rosada, Hipólito Yrigoyen 219 (tout près de la Plaza de Mayo, bien sûr). Au milieu des souvenirs des présidents de la République et des grandes gloires militaires de la Nation, le Musée de la Résidence officielle propose à 19h30 un concert de musique traditionnelle... japonaise (Choeur de l'Association universitaire Nikkei), à 21h30 un concert de musique classique et de musique populaire et ) 21h30 puis à 23j30 un spectacle de tango.

A la Legislatura de la Ciudad de Buenos Aires (Parlement de la Ville autonome) : plein, plein, plein de concerts de toutes sortes de musique dont je retiens ici le cours de tango qui sera donné à 21h et le concert de tango que donnera en soliste le bandonéoniste Julio Coviello.

Et en plus
Au Museo Argentino del Titere (musée argentin de la marionnette), toute une nuit avec la grande manipulatrice argentine Sarah Bianchi avec tout plein de spectacles de marionnettes à fils, à gaine et à doigts, avec à 23h et à 1h du matin un tour de chant de Lucrecia Merico avec les pantins de Sarah Bianchi (voir à ce sujet mon article sur Lucrecia du 17 octobre dernier).

(1) Torah (dénomination hébreue) ou Pentateuque (dénomination grecque) : les 5 premiers livres de la Bible, à savoir la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome.

lundi 20 octobre 2008

Inscriptions aux Prix Hugo del Carril [actu]

Jusqu’à mercredi, 23 octobre, les artistes de tango qui ne vivent pas de leur art peuvent s’inscrirent au concours Hugo del Carril, qui pour la première fois cette année comptera deux catégories pour la danse (tango salón et tango fantasía) et une autre pour les ensembles instrumentaux (de 2 à 4 et 5 musiciens). Ce concours organisé par la Direction Générale de la Musique de la Ville de Buenos Aires offre aux artistes primés des contrats ponctuels d’un an avec la Orquesta de Tango de Ciudad de Buenos Aires.

Ce concours révèle des compositeurs, des auteurs-compositeurs-interprètes, des letristas, des chanteurs et chanteuses, des instrumentistes et désormais des danseurs. Dans les trois premières disciplines, il n’y a pas de limite d’âge. Mais les chanteurs et les danseurs doivent avoir entre 16 et 40 ans pour pouvoir concourir.

Ce concours porte le nom d’un artiste remarquable, qui a laissé le souvenir d’un parfait gentleman et qui fut tout à la fois un chanteur, un acteur, un compositeur, un réalisateur et un citoyen profondément engagé (dans le péroniste), ce qui lui valut de sales périodes à chaque fois qu’un gouvernement soutenu par les Etats-Unis et donc viscéralement anti-péroniste est arrivé aux affaires. Il est le compositeur de la Marcha Peronista qui est toujours jouée dans la plupart des cérémonies du Partido Justicialista (mais qu’ à la grande surprise de tous les observateurs, on n’entendit pas lors de la prise de fonction de l’actuelle Présidente, le 10 décembre dernier). Hugo del Carril a aussi été le José Betinotti du film écrit et dirigé par Homero Manzi, El último payador (en 1948). C’est pour lui qu’Homero Manzi écrivit son texte de Desde el alma (sur la partition légendaire de Rosita Melo). Une belle voix bien timbrée, qu’on peut entendre ici...