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mardi 25 juillet 2023

Comédie musicale sur Benito Quinquela Martín au Teatro de la Ribera [à l’affiche]

Photo tirée du spectacle Benito de la Boca
Service de presse du Teatro de la Ribera


Benito Quinquela Martín (1890-1977) était un peintre figuratif d’inspiration ouvriériste qui a vécu à La Boca, où il avait passé toute son enfance. Il était l’un des piliers du mouvement anarchiste au sein du monde artistique de Buenos Aires depuis les années 1930.

Sa maison, où il avait installé son atelier, face au vieux port industriel du Riachuelo, alors en pleine activité, est devenu un musée qui porte son nom et conserve une riche collection de ses œuvres qu’il a léguées à son quartier natal.

Tout à côté, se trouve le Teatro de la Ribera (de la berge), l’un des cinq établissements du Complexe théâtral public de la Ville autonome de Buenos Aires.

Depuis le mi-juillet, une comédie musicale est à l’affiche du Teatro de la Ribera en matinée : elle évoque la figure du peintre et son œuvre, tout à côté de Caminito, ce petit bout de la Boca que Quinquela avait conçu comme un pôle d’activité artistique populaire destiné aux habitants du quartier et devenu maintenant, hélas, l’une des pires attractions touristiques, 100 % artificielle et gros clichés, que compte la capitale argentine. Une trahison en bonne et due forme. Cet hommage théâtral est donc le bienvenu dans ce coin de ville que Quinquela aura tant aimé.


Service de presse du Teatro de la Ribera

Le spectacle est une création collective pluridisciplinaire qui rassemble danseurs, musiciens, chanteurs et comédiens sous la direction de scène de Lizzie Waisse, à qui l’on doit l’idée originale, et la direction musicale de Gustavo Mozzi, ancien directeur du Festival international de Tango de la Ville Autonome de Buenos Aires.

Le vrai Quinquela devant l'un de ses tableaux en 1965

Les représentations ont lieu du mercredi au vendredi à 15 h et les samedis et dimanches à 17 h.

Places entre 2 500 et 3 500 pesos. Prix réduit le mercredi à 2 000 pesos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin:

lire l’article de Página/12 aujourd’hui
lire l’article de La Nación le 12 juillet
lire la fiche du spectacle sur le site Internet du Complejo teatral de Buenos Aires

mardi 13 juillet 2021

Clarín propose un tour de La Boca avec Vicente Walter [Actu]

Photo Télam


Clarín propose aujourd’hui une ambitieuse promenade à travers le quartier de La Boca à la découverte des murales peints, parfois en bas relief, par le maçon et artiste Vicente Walter (1937-2002), né dans un autre quartier populaire, celui de Mataderos (le quartier des abattoirs).

Celui-ci a parsemé ses œuvres, au nombre d’environ 400, à travers les rues de son quartier, où il a entre autres rendu hommage à quelques unes de ses grandes figures, comme le peintre anarchiste et créateur du triangle de Caminito (avant que ça devienne l'actuel attrape-touristes), Benito Quinquela Martín (1890-1977).

Le quartier à l'époque où naissait le tango !
Photo Télam

Vicente Walter travaillait sur commande pour des rémunérations souvent dérisoires. On est impressionné autant par la qualité du travail que par le peu de notoriété de l’artiste. Clarín est allé demander ses avis éclairés au peintre Victor Fernández qui dirige depuis plusieurs années le Museo de Bellas Artes de la Boca Quinquela Martín. Fernández a connu Walter dans les vingt dernières années de sa vie. Les deux artistes ont été amis.

Photo Télam

Clarín est aussi allé rencontrer d’autres habitants du quartier qui on connu Walter. Une vingtaine d’entre eux se sont constitués en collectif pour faire reconnaître officiellement cette œuvre, la faire déclarer d’intérêt culturel par la Legislatura et obtenir sa restauration et son entretien dans des conditions à la hauteur du talent du peintre-sculpteur. Ce projet est bien avancé, il a déjà franchi deux étapes, le 10 décembre et le 20 avril. Il est soutenu par une députée de l’opposition municipale, Mariu Belli (Frente de Todos, l’alliance du président Alberto Fernández). Et c’est Clarín qui l’écrit.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 5 mars 2018

La Boca en fête pour Quinquela Martín [à l'affiche]

Une des affiches sur la promenade le long du Riachuelo,
avec le décor du vieux port à l'horizon
Communication officielle du Museo de Bellas Artes Quinquela Martín

Ce week-end, le quartier de La Boca fêtait le souvenir de son plus grand peintre, Quinquela Martín, dont on dit volontiers qu'il est (toujours) l'âme de cet ancien port industriel sur le Riachuelo, un affluent du Río de la Plata. Il aurait maintenant 128 ans. Il a légué à son quartier natal une grande collection de ses œuvres qui forme le fonds permanent du Museo de Bellas Artes de la Boca Benito Quinquela Martín, un musée municipal des plus intéressants.

C'est d'ailleurs de ce musée qu'est partie l'initiative de remplir les rues du quartier d'animations et de propositions diverses, en ces derniers jours avant la rentrée scolaire qui se produit aujourd'hui, dans les écoles dont le personnel enseignant n'est pas, comme d'habitude, en grève pour protester contre les gouvernements provinciaux qui refusent de s'asseoir à la table de négociation annuelle pour revaloriser correctement les salaires.

Pour aller plus loin :

vendredi 3 novembre 2017

La Nuit au Quinquela Martín [à l'affiche]

Crépuscule, huile sur toile de Quinquela Martín
un peintre qui a immortalisé les activités du port industriel de Buenos Aires
diffusée par le musée à l'occasion de cette Noche de los Museos

A un jet de pierre de Caminito, ce décor de théâtre vulgaire où le secteur touristique emmène ses troupeaux en balade au port de La Boca, il y a un musée des beaux arts qui vaut le détour : le Museo de Bellas Artes de la Boca Benito Quinquela Martín, consacré à l'œuvre picturale de ce dernier, l'un des plus grands peintres populaires de l'Argentine du XXème siècle.

Ce musée installé dans la maison-atelier de l'artiste et riche de la collection que ce dernier y a laissé en héritage à son quartier participera demain, samedi 4 novembre 2017, à la Noche de los Museos, de 20h à 3h du matin.

Entrée gratuite pour admirer les expositions permanentes et temporaires et spectacles.

A 20h, l'Ensemble Alas para volar, de Casa Rafael
A 21h30, le duo Luna-Tobaldi, composé du guitariste Agustín Luna et du bandonéoniste, chanteur et compositeur Luciano Tobaldi, qui s'est produit cet été dans plusieurs festivals de tango en Europe (et notamment en France)

A 22h30 : tango-danse. Le directeur du musée, qui est un artiste peintre lui-même, est aussi un excellent DJ de milonga...

samedi 31 octobre 2015

Le Quinquela Martín inaugure ses salles rénovées [à l'affiche]


Le Museo de Bellas Artes de La Boca Benito Quinquela Martín présentera cette nuit ses salles rénovées, celle consacrées aux figures de proue et la belle terrasse avec sa collection de sculptures du XXème siècle.

En photo, la façade du musée.

Au lieu de visiter ce monstre de vulgarité qu'est Caminito, allez donc découvrir le grand peintre anarchiste du quartier, Benito Quinquela Martín (1890-1977), un parfait contemporain de Carlos Gardel, l'un des grands animateurs de la vie culturelle et intellectuelle de la Buenos Aires ouvrière des années 30 à sa mort.

Entrée libre et gratuite, ce soir, 31 octobre 2015, de 20h à 3h du matin.

Découvrez ce musée et ses chefs-d'œuvre grâce à sa page Facebook.

mercredi 28 octobre 2009

Cucuza et Moscato changent de quartier ce vendredi [à l’affiche]

Le vendredi soir, le chanteur Cucuza et le guitariste Moscato nous ont habitués (dès les premiers billets de ce blog) à leur concert hebdomadaire à El Faro, café-restaurant installé sur la frontière entre le quartier de Villa Urquiza, où habite Cucuza, et celui de Villa Puyerredón, où Cucuza n’habite pas (se reporter à tous mes articles sur la série de concerts El Tango vuelve al Barrio ou ETvaB). Mais ce vendredi (30 octobre) à 21h30, c’est à la Boca, au Malevaje Arte Club, avenue Garibaldi 1670 (à 200 mètres de Caminito, précise l’annonce) que le duo se produira. Entrée à 15 $.

Ils étaient déjà au Malevaje Arte Club vendredi dernier, comme invités du Cuarteto Típico Catenacho (voir mon article à ce sujet).


Ci-dessous, je vous livre (en version bilingue, comme d’habitude) l’annonce, toujours bien tournée et drôle, lancée par Cucuza à sa liste de diffusion :

Cantor y Guitarrista van a seguir haciendo/presentando lo que vienen presentando/haciendo desde hace 2 años en aquel Bar de "Villa Urquizadón", lo que pronto darán a luz en forma de disco, disco EN VIVO Tangos "tradicionales" y las comillas quieren decir que esos Tangos no serán los increíbles y tan cantados "Pasional" o " Sur" precisamente, sino que escarvando un poquito más llegarán hasta "Viejas alegrias", "Barrio viejo", "El adios", "Farolito de papel", "Olvido" entre otros miles... Tan simple, honesto, directo y sanguineo como un Cantor y un Guitarrista haciendo esos Tangos...
No nos vengan con que es lejos, que es fin de mes y esa gilada (si vivimos en fin de mes desde principio de mes...!) Los esperamos en ese lugar increíble que es "El Malevaje Tango Club"...
(Hernán Cucuza Castiello)

Chanteur et Guitariste continuent d’interpréter/présenter ce qu’ils présentent/interprètent depuis maintenant 2 ans dans ce fameux Bar de "Villa Urquizadón", ce que bientôt ils mettront au jour sous forme de disque. De disque EN PUBLIC (1). Des tangos "traditionnels" et les guillemets veulent dire que ces Tangos ne seront pas exclusivement (2) les fantastiques et si souvent chantés Pasional ou Sur mais en grattant un petit peu plus, on arrivera jusqu’à Viejas alegrias, Barrio viejo, El adiós, Farolito de papel (3), Olvido parmi des milliers d’autres... Aussi simple, aussi honnête, aussi direct et aussi bouillant qu’un Chanteur et un Guitariste interpétant ces Tangos...
Et ne venez pas nous dire que c’est loin
(4), qu’on est à la fin du mois et toutes ces âneries (de toute façon, la fin du mois, c’est dès le premier !). Nous vous attendons dans cet endroit fantastique qu’est le Malevaje Tango Club... (5)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Voilà, le tango à Buenos Aires, c’est ça !

(1) J’ai consacré un article en août à la soirée d’enregistrement de ce disque. Malheureusement, l’occasion a été gâchée par la présence d’un ivrogne très bruyant et qui avait plutôt le vin méchant. Cucuza et Moscato ont donc dû répéter l’opération le vendredi suivant, en faisant revenir à El Faro ceux de leurs invités qui pouvaient encore se libérer, parce que l’enregistrement était difficilement exploitable (on y entendait à peu près sur tous les morceaux les braillement de Miguelito). Cucuza m’a expliqué que la deuxième soirée s’était mieux passée. Miguelito était bien là encore une fois mais pas seul et ses amis l’ont empêché de perturber les artistes comme il l’avait fait la première fois. Le disque est en cours de montage et de mixage. Il sortira donc bien, malgré l’incident qui a dérangé les musiciens plus que les spectateurs.
(2) precisamente traduit par exclusivement. Comme quoi, le langage parlé, la langue de tous les jours se caractérise par son manque de précision et ses approximations. Et toute la difficulté de la traduction ici, c’est de trouver précisément l’approximation qui rendra le plus justement possible la nuance de la langue originelle. En français, l’expression "pas précisément" signifie "tout à fait à l’inverse", "tout au contraire". Ce qui n’est pas du tout la pensée de Cucuza. Ne serait-ce que parce qu’il sait mieux que personne que Pasional et Sur ne sont pas au même niveau dans le classement des tangos inscrits au répertoire de tout le monde.
(3) Farolito de papel, de Teófilo Lespés pour la musique et Francisco García Giménez pour les paroles, est sans doute l’un des tangos préférés du répertoire de Cucuza.
(4) La Boca est un quartier totalement excentré de Buenos Aires, tout au sud, coincé entre le Río de la Plata à l’est et le Riachuelo à l’ouest. C’est probablement le lieu de la fondation de la toute première Buenos Aires, par Pedro de Mendoza en 1536 (
voir mon article sur la fondation de Buenos Aires). La plupart des spectateurs habituels du vendredi soir à El Faro habitent au nord-ouest de Buenos Aires, du côté de Villa Urquiza et de Villa Pueyrredón, c’est un public d’habitués qui viennent là en voisins pour la majorité d’entre eux. Regardez une carte de Buenos Aires, vous allez constater que pour eux, La Boca, c’est le bout du monde !
(5) Ce n’est pas pour rien que cette salle installée là où elle est installée porte ce nom : Malevaje est un tango composé par Juan de Dios Filiberto et écrit par Enrique Santos Discépolo en 1928, alors que tous les deux partageaient les mêmes idéaux anarchistes. Juan de Dios Filiberto est le local de l’étape : il est né (le 8 mars 1885), il a vécu toute sa vie et il est mort à La Boca le 11 novembre 1967... Dès 1932, il a élu définitivement domicile dans une maison de la rue Magallanes, au n° 1140, dont la façade a été peinte par son ami et voisin boquense, Benito Quinquela Martín, dont la maison, aujourd’hui un musée, est voisine de Caminito, autre tango de Juan de Dios Filiberto (avec des paroles de Gabino Coria Peñalosa). Cette maison de la rue Manganalles a été récupérée par la Ville de Buenos Aires en 2007qui l’a inscrite à son Patrimoine culturel. Juan de Dios Filiberto est aussi le fondateur de la Orquesta Nacional de Música Argentina Juan de Dios Filiberto, un nom qui lui a été accordé bien longtemps après la mort de son fondateur.

samedi 15 novembre 2008

Noche de los Museos : autour de Benito Quinquela Martín [à l’affiche]

Une oeuvre de Quinquela, collection du Museo de Artes del Tigre (Province de Buenos Aires)

La Noche de los Museos (nuit des musées) est une nocturne spéciale au cours de laquelle la quasi-totalité des 135 musées qu’on dénombre à Buenos Aires ouvriront leurs portes au public, gratuitement, le 15 novembre à partir de 19h et au moins jusqu’à minuit et pour beaucoup d’entre eux bien plus tard encore.

Benito Quinquela Martín est l'un des plus grands peintres argentins, pays qui en compte pourtant un bon paquet, et il est essentiellement le peintre du quartier de La Boca. Il est donc normal qu'en cette nuit des musées, le quartier se revête de ses couleurs...

Museo Casa Taller Celia Chevalier, Irala 1162. Le musée présente une collection d'objets et d'images relatifs à Benito Quinquela Martín (1890-1977) et à son ami, le compositeur et pianiste tout aussi boquense et anarchiste que lui, Juan de Dios Filiberto (1885-1964) à qui l'on doit le célèbrissime Caminito (Petit sentier) de 1926 (passé à toutes les sauces mais toujours vivant !) ou Quejas de bandoneón (Plaintes d'un bandonéon) de 1918, immortalisé par une interprétation hors pair de Pichuco, Aníbal Troilo.

Un exposition de tableaux intitulée Buenos Aires 1952 (le commentaire du programme officiel dit : "images de la ville qui provoquent la nostalgie chez les adultes et la surprise chez les jeunes").
Des visites guidées de la maison, située dans un conventillo construit avant 1870 (1), toutes les 30 minutes, de 19h à 2h du matin, une conférence sur La Boca et ses artistes par le poète Alberto Mosquera Montaña à 20h, le Grupo Musical Boquense pour un concert de chansons de vieilles comparsas et de thèmes populaires (2) à 21h et de 21 à 2h du matin musique et bal.

Museo de Bellas Artes al Aire libre Caminito (plus connu sous son nom de Caminito) : cette ruelle qui fut aménagée dans les années 1950 par Benito Quinquela Martín à la demande du propriétaire foncier qui possédait tout le coin avait pour objectif de devenir un lieu d'expression artistique populaire pour les habitants de la zone. Hélas, c'est aujourd'hui l'un des plus vulgaires bazars à touristes qu'il m'est été donné de voir de toute ma vie. Caminito accueille ce soir une Feria de artístas plásticos boquenses. Croisons les doigts pour que ce ne soit pas la énième mocheté de cet attrape-nigaud à touristes du monde entier !

Museo Maguncia (Papel grabado y estampa), Avenida Pedro de Mendoza 1855 : à vingt mètres de la maison habitée par Quinquela Martín, une exposition d'hommage au grand Maître, avec des gravures (grabados), des dessins et des céramiques. Les oeuvres exposées sont de Antonio Oriana, Guillermo Hennekens et Alejandro Volij. De 20h à 1h30, ateliers de démonstration toutes les 30 minutes avec des expériences pratiques sur les techniques de papier et de gravure.

Museo de Bellas Artes de la Boca Benito Quinquela Martín, Avenida Pedro de Mendoza 1835. Magnifique musée installé dans ce qui fut la maison du peintre. Au dernier étage son appartement et son atelier attenant, avec un vue superbe sur le port de La Boca, sur la terrasse une exposition de sculpture. Dans les différents étages, des expositions permanentes ou temporaires consacrées à l'oeuvre de Quinquela et à celles de très nombreux maîtres du quartier. Plein de visites guidées thématiques...

Je ne veux pas finir ce chapitre sans vous dire que Benito Quinquela Martín a inspiré beaucoup de musiciens et de poètes de tango. Parce qu'il a fait partie du monde du tango. Parce qu'il a toujours eu une conscience politique et sociale forte dont la donation de ce musée témoigne fort bien. Parce que son style, ses couleurs, ses thémes sont apparentés à l'univers que le tango chante.
La poètesse Sara Melul, actuellement de passage en Europe et que les Franciliens pourront rencontrer au Smoke, rue Delambre à Paris, le 22 novembre, de 17h30 à 19h30, lors d'une rencontre informelle autour d'un verre ou d'un café (tertulia), voire d'un dîner, a dédié un très beau tango à Benito Quinquela Martín dans le disque Tangos para Grandes. Cela s'appelle Gruas (Grues, celles du port de La Boca), la musique est de Marcelo Saraceni et c'est le chanteur Roberto Guiet qui prête sa voix à cet hommage. Vous pourrez donc venir parler avec Sara non seulement tango et littérature, danse et lunfardo mais aussi peinture et Quinquela (toutes les informations sur cette Tertulia ici).

On se quitte avec Quejas de Bandoneón de Juan de Dios Filiberto dans l'enregistrement qu'en fit Aníbal Troilo en 1958...

(1) à Buenos Aires, il ne reste plus beaucoup de bâtiments debout datant de cette époque)
(2) la comparsa, c'est un groupe de gens qui défilent et jouent de la musique dans toutes les fêtes à défilé existant dans la région du Río de La Plata. Au premier rang de ces fêtes à défilé, le Carnaval, la période festive et variable qui précède immédiatement le Carême et est désormais fixée aux 3 dernières semaines de février à Buenos Aires. Mais aussi les processions d'Epiphanie (le 6 janvier), certaines fêtes de quartier, des célébrations du saint patron local, les fêtes nationales comme celles qui ont lieu en juillet pour l'anniversaire de l'indépendance à Montevideo par exemple. Le tango La Cumparsita (la petite comparsa) a été composé pour la Comparsa de l'union des étudiants d'Uruguay pour le Carnaval de 1913 à Montevideo. Les Comparsas sont des groupes fixes d'année en année. On appartient à la comparsa de son quartier, de sa rue, de son état socio-professionnel, de son école, de sa fraternité, de son cercle...

mercredi 15 octobre 2008

Exposition de Quinquela Martín [à l’affiche]

Incendio en La Boca, Quinquela, site de Clarin

Au Musée de l’Université du 3 Février (Museo de la Universidad del Tres de Febrero), est inaugurée aujourd’hui une exposition d’oeuvres peu connues du Maestro Benito Quinquela Martín (1890-1976) et de nombreuses pièces de sa propre collection de peinture.

Enfant trouvé, élevé tout d’abord par le Patronage de l’Enfance, orphelinat tenu par les Filles de la Charité, rue Monte de Oca, dans le quartier de Nueva Pompeya, puis adopté par un charbonnier italien, Manuel Chinchella, et sa femme, une Indienne illetrée que son fils adorait, le peintre fut d’abord un petit apprenti charbonnier transportant sur son dos les sacs de 60 kg de charbon du port de La Boca jusqu’aux maisons des particuliers où il fallait livrer le combustible. Adolescent, il prend des cours de peinture la nuit. Jeune adulte, il est un peintre qui aura du mal à se faire reconnaître et accepté par la bonne société à cause de son extraction populaire suspecte (pour avoir été ainsi abandonné à la naissance, à cette époque-là, il est plus que probable que sa mère biologique était une fille de joie) et pour ses idées nettement marquées par l’anarchisme argentin, ce mélange de tradition payadoresque (telle qu’on la trouve dans la geste populaire et rurale de Martín Fierro) et de théorie bakouniste apportée par les militants ouvriers fuyant les persécutions politiques en Europe.

Dans l’histoire intellectuelle et artistique de son temps, il a eu une grande influence. Grand ami de Armando Discépolo, il a bien connu le poète et compositeur Enrique Santos Discépolo, de 11 ans son cadet, dont il a indéniablement participé à former le goût et la sensibilité. Il a fondé et animé, pour ne pas dire dirigé, la Peña del Tortoni (1926-1943), ce cercle d’artistes, de journalistes et d’intellectuels à la recherche de l’identité culturelle du pays et de la ville et qui se réunissaient toutes les semaines au sous-sol du Gran Café Tortoni de la avenida de Mayo (c’est aujourd’hui la Bodega del Tortoni, elle accueille des concerts et des shows de tango).

Il peignit surtout le port de La Boca et son activité industrielle, le peuple des travailleurs, des pêcheurs, des marins, des dockers. Il fut l’inspirateur de Caminito, cette ruelle de La Boca dont il voulait faire un musée populaire à ciel ouvert (et qui est hélas devenu un coin à touristes hideux et vulgaire comme il y en a peu au monde). C’est lui qui a offert au quartier les terrains où sont aujourd’hui bâtis le Teatro de la Ribera, el Jardín de Infantes, la Escuela-Museo Pedro de Mendoza.

Il constitua une collection de peintres argentins, dont une partie est exposée au Musée de l’Université (UNTREF). Cette collection, il en fit don au quartier de La Boca et elle est exposée de nos jours, avec le leg de 90 de ses propres oeuvres, dans ce qui est le Museo de Bellas Artes de La Boca, à deux pas du Teatro de la Ribera. Cet immeuble avait été sa maison. Au dernier étage, on peut visiter ce qui fut son atelier. Les fenêtres plongent sur le port de La Boca. Sur la terrasse, une exposition permanente de sculptures dont des oeuvres magnifiques d’artistes inconnus chez nous...

Londres, Paris, New-York ont dans leurs musées quelques uns de ses tableaux que l’Ambassadeur d’Argentine en France dans les années 20, le futur Président de la République Marcelo T. de Alvear, contribua à faire connaître hors des frontières. Un grand peintre et un grand bonhomme...