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mercredi 21 décembre 2022

La folie, toute la folie, rien que la folie ! [Actu]

Le grand échangeur de l'autoroute du 25 de Mayo
qui permet l'entrée dans Buenos Aires et débouche dans Avenida 9 de Julio
La ville est vue du sud au nord
Au premier plan, les flèches de Notre-Dame de Nueva Pompeya
Photo agence Chine Nouvelle
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Selon les observateurs, plus de 4 millions de personnes se sont agglutinées tout au long du parcours qui devaient mener les champions du monde de football du domaine fédéral jusqu’au centre de Buenos Aires, au pied de l’Obélisque, où ils n’ont pas pu arriver.

Le dessin de Miguel Rep hier dans Página/12
"Adieu VAR.
Adieu pronostics.
Gueule de bois générale !"
Traduction © Denise Anne Clavilier
C'était donc prophétique.
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L’autoroute conduisant à la capitale argentine était entièrement occupé par des supporters à pied et passablement excités.

"Rendez au peuple ce qui est au peuple", dit le gros titre
de cette une qui reste la moins spectaculaire de la matinée
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L’itinéraire a été jalonné d’incidents, certains très graves comme celui de cet homme tombé d’un des ponts qui traversent l’autoroute alors que le bus passait en-dessous.

"Une réception historique", dit le gros titre
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Le bilan des dégâts matériels, surtout à proximité de l’Obélisque, est considérable : le monument lui-même a été tagué, les panneaux solaires installés par la Ville sur les toits des abris bus ont été cassés par les fans montés dessus pour mieux voir les champions… Quant aux papiers gras jonchant le sol, il est impossible d’en évaluer le nombre. A la fin de la journée, il y a eu des affrontements entre des supporters et les forces de l’ordre.

Aucun besoin de traduire !
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Le chaos était tel dans l’après-midi qu’il a fallu exfiltrer les joueurs par les airs. Ils ont terminé la fête dans des hélicoptères.

Quant au fair-play, il n’était pas à la fête : l’équipe de France a fait les frais des sarcasmes et des injures racistes d’une foule de supporters argentins, sans parler des joueurs qui se sont parfois laissé aller à des gestes qui manquaient pour le moins d’élégance. C’était d’autant plus étrange que le gardien de but argentin avait fait preuve de tact dans les minutes qui ont suivi la fin du match.

La Nación a fait ce matin une pré-une
pour exploiter pleinement cette photo incroyable
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Quant à l’aspect institutionnel, la presse, majoritairement de droite, donne raison aux footballeurs d’avoir snobé le salut des autorités représentant les pouvoirs publics de la République. Quelle conception immature de la démocratie! Incapables de distinguer entre la personne physique et l’institution constitutionnelle et pourtant tous ces joueurs travaillent dans des clubs dans des pays démocratiques, la majeure partie d’entre eux en Europe.

Une du quotidien sportif Olé
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Ce matin, la presse ne savait plus où donner du verbe et de la photo.

Une de l'hebdomadaire people ultra-mondain Hola Argentina
du groupe La Nación (édition de ce matin)
On y voit la compagne de Messi portant la coupe
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa sur la fête elle-même
lire l’article de La Prensa sur les dégâts dans Buenos Aires
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación
lire l’article de La Nación sur les dégâts matériels en ville
lire l’article principal de Olé, le quotidien sportif du groupe Clarín

Ajout du 22 décembre 2022 :
Le président Alberto Fernández est sorti de son silence pour rappeler le caractère non-partisan d’une réception officielle des champions du monde au palais présidentiel. Il fallait le dire mais, au regard des tensions politiques qui écartèlent l’Argentine et de l’esprit partisan dont font preuve beaucoup d’acteurs du football en Argentine comme partout ailleurs dans le monde, je doute fort qu’il ait été entendu.

Pour aller plus loin :
lire l’article (qui arrondit les angles) de Página/12
lire l’article de Clarín (au ton nettement plus caustique)

lundi 19 décembre 2022

1, 2 et 3… étoiles sur la Camiseta Nacional [Actu]

Il faut se tordre le cou, désolée !
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A Buenos Aires et dans toute l’Argentine, c’est le délire de la victoire qui frappe l’ensemble de la population. L’allégresse était telle hier qu’il était question de faire de ce lundi un jour férié, ce qui n’a finalement pas été décrété (il y a déjà à peu près autant de jours fériés en décembre en Argentine qu’au mois de mai en France).

Cette absence du décret attendu n’empêche en rien les rassemblements festifs pendant la journée notamment dans la capitale où l’on attend de pied ferme le retour des héros.

Une une de La Prensa qui se passe de traduction
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L’enthousiasme est tel que l’équipe ne devrait faire d’apparition ni à l’Obélisque ni à la Casa Rosada. On a trop peur que les gens, dans leur liesse, provoquent des accidents, dans un espace qui reste fermé sur l’une comme l’autre place par des immeubles qui pourraient gêner les mouvements de la foule, notamment en cas de panique. On verra bien demain comment ce retour triomphal aura été fêté.

D’ici là, les supporters peuvent suivre minute après minute le vol de l’avion du retour, qui a fait escale à Rome.

Là encore, on se passera de traduction
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Impossible de rendre compte des réactions dans la presse. Tous les journaux consacrent une quantité astronomique d’articles à cette finale tant attendue et cela sans aucune pitié pour les Français. C’est même tout le contraire. On peine à trouver dans les quotidiens la traditionnelle expression d’amitié sportive d’après l’affrontement (voir article de Luisa Corradini dans La Nación ci-dessous)... Il semble que l’heure du fair-play n’ait pas encore sonné. Et ceci n’est pas le fait des seuls Argentins. L’ambassadeur de Grande-Bretagne à Buenos Aires lui-même y est allé de son geste anti-français, ce qu’en général un diplomate digne de ce nom évite de faire. Dans ce métier, on est même payé pour s’y laisser aller.

En-dessous, dans le cadre rouge,
un message d'une grande banque :
"26 Argentins ont aidé les 47 millions que
nous sommes à être les plus heureux du monde"
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Quant à Clarín, il a trouvé, dans son édition papier, la place (et le courage politique) de consacrer une demi-page au très sage et néanmoins très ferme message de paix que Volodymyr Zelensky a adressé aux participants à cette Coupe du monde de football et que la Fifa a refusé de diffuser sous le prétexte, fallacieux comme d’habitude, qu’une telle publication aurait violé sa sacro-sainte et très hypocrite neutralité (ben voyons !). Quant au lien entre le sport et la paix, toutes ces belles déclarations dont ces dirigeants sportifs nous saoulent du 1er janvier au 31 décembre depuis la création de leurs institutions, la Fifa nous invite à faire une croix dessus, après (on n’est pas à une contradiction près) un appel, le 15 novembre dernier, de son président désormais résident qatarien (tiens donc !) à un cessez-le-feu qui aurait, pour sa part, joué en faveur de la Russie.

Jeu de mots entre le diminutif de Lionel
et deux termes argentins : 'lio" (le bazar) et Dios (Dieu)
"Dieu est argentin" est un proverbe argentin
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© Denise Anne Clavilier


Double page de l'édition souvenir publiée par Clarín ce matin
Au premier plan ou presque à droite, le Teatro Colón
Au milieu de l'artère, el Obelisco
Tout au fond, le siège de la CGT avec son portrait géant de Evita Perón
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Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12, qui n’a même pas publié aujourd’hui son traditionnel supplémentaire sportif du lundi, Líbero
lire l’article principal de La Prensa
lire l’article de Clarín sur le message de Zelensky censuré par la FIFA
lire le premier article de La Nación lorsque les Argentins ont été consacrés lors des tirs au but
lire l’article compatissant de Luisa Corradini, correspondante permanente de La Nación à Paris
lire l’article principal de Olé, le quotidien sportif du groupe Clarín

jeudi 11 août 2022

Ce dimanche, championnat fédéral du barbecue sur 9 de Julio [à l’affiche]

La 9 de Julio en plein hiver lors d'une précédente édition
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On sent que c’est l’hiver et qu’il faut manger gras et en quantité pour supporter la mauvaise saison !

Le geste traditionnel du chef asador
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Dimanche prochain, 14 août 2022, de 10 h à 18 h, la Avenida 9 de Julio accueillera une cinquantaine de stands d’asado, le traditionnel barbecue sud-américain des pays d’élevage bovin, pour la quatrième édition du Campeonato Federal. On attend des représentants des 23 provinces majoritairement rurales du pays (sur les 24 entités fédérées qui constituent la République argentine).

En cas de pluie, ce qui n’est pas le plus fréquent en cette saison à Buenos Aires, la manifestation sera reportée de 24 h, sachant toutefois que le 15 août n’est pas férié en Argentine (les pays hispanophones sont plus attachés à d’autres fêtes mariales qui ne sont pas fériées chez nous).

Un exposant lors d'une édition précédente
Photo Jorge Sánchez
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L’entrée à ce championnat est libre et gratuite. Ici et là, de simples dégustations seront gratuites mais pour s’attabler, il faudra sortir son portefeuille : les prix, négociés par la Ville de Buenos Aires qui organise, iront pour des menus fixes de 500 à 800 pesos argentins ($). Les exposants seront libres d’imposer leurs prix pour les ventes à la carte.

Toutes les spécialités vont y passer : le bife (un morceau de pur muscle bovin), toutes les découpes avec os (ce ne sont pas les mêmes que chez nous), les charcuteries (saucisses et boudin), quelques autres viandes (poulet, agneau, porc) et les abats, dont les tripes tressées qui sont à l’Argentine ce que l’andouille est à la France !

Saucisses (chorizos, à ne pas confondre avec le chorizo espagnol) et boudins
Photo Shutterskock
Ça met l'eau à la bouche, je vous l'accorde
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Les accompagnements seront eux aussi de la partie : toutes les recettes régionales d’empanadas (chaussons farcis cuits au four ou frits, à manger chaud en faisant attention à la sauce qui jaillit sous la dent – c’est délicieux mais ça peut être salissant), les sauces (criolla, chimichurri et autres) et bien sûr, les frites (en Argentine, elles sont succulentes. Il n’y a pas que la Belgique et le Nord de la France pour se régaler avec des bâtons de pomme de terre).

Comme toute manifestation culturelle en Argentine, celle-ci proposera aussi de la musique vivante et des rencontres avec des écrivains et d’autres artistes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación
lire la présentation sur le site Internet BA Gastronómico, l’entité municipale qui organise cette édition.

Ajout du 16 août 2022 :
Le champion est une championne et vient de la province de San Luis, dans la région de Cuyo, au pied des Andes.

lundi 8 août 2022

Une saint Cayetano très fréquentée [Actu]

Nous avons tous mal à l'Argentine, dit le gros titre
sur cette photo d'une manifestation qui se recueille
autour du statuette de San Cayetano
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Chaque 7 août, les Argentins fêtent la San Cayetano (saint-Gaëtan), le saint patron du travail et du pain. C’est une fête profondément populaire qui rassemble les plus pauvres d’entre les pauvres, notamment les chômeurs et les travailleurs sans droit, qui vivent au noir dans tous les domaines de leur vie.

Chaque année, c’est aussi l’occasion d’écouter les évêques partout dans le pays mais surtout à Buenos Aires : leurs homélies donnent la « météo » du moment dans le magistère catholique. Et cette année avec l’inflation record et les problèmes économiques de toutes sortes qui assaillent la classe moyenne et les plus vulnérables, on pouvait s’attendre à des manifestations monstres aussi bien du côté religieux que du côté social. On n’a pas été déçu !

La Vierge de Luján était elle aussi mobilisée par les mouvements sociaux
hier à Buenos Aires
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Ajoutez à cela que c’est la première année que la messe de la San Cayetano redevient présentielle après les deux années de pandémie et de restrictions sociales en tout genre. Il y avait donc foule dans tous les sanctuaires du saint dans tout le pays et donc en particulier dans le quartier de Liniers à Buenos Aires où se trouve la paroisse la plus emblématique en ce qui concerne cette pratique catholique.

De l’autre côté, les organisations sociales, syndicats et autres associations populaires, ont envahi la plus large avenue de Buenos Aires, la 9 de Julio, qui s’est trouvée noyée sous les banderoles et les prières de rue puisque les revendications socio-politiques (salaire de base universel, mesures contre l’inflation et pour le contrôle des prix, revalorisation des minimums sociaux) s’accompagnaient de processions sauvages avec statues de saint en prime. Un slogan a particulièrement attiré l’attention de Página/12 : « Ce n’est pas le travail qui manque mais les droits des travailleurs ». Une formule qui traduit tout de même un progrès social. Il fut un temps pas si éloigné où c’était bien le travail qui manquait.

La photo principale montre le cardinal Poli
bénissant la foule
Notez qu'il a remis le masque devant la recrudescence du covid
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Le cardinal Poli, archevêque de Buenos Aires, qui présidait la messe en plein air cette année, dans le patio de l’église et avec une assemblée fervente réparties dans les rues alentours, a prononcé une homélie que les observateurs de droite estiment sévère contre le gouvernement, analyse que Página/12 ne semble pas partager. Comme d’habitude, en fait, il a redit qu’il y avait une injustice économique fondamentale en Argentine, un pays riche qui regorge de toutes sortes de ressources et où la pauvreté atteint des niveaux diamétralement opposés à cette richesse nationale.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

sur la fête religieuse
lire l’article de Página/12

mercredi 19 août 2020

Une nouvelle fois, la droite dure prend San Martín en otage [Actu]

C'est Clarín qui propose la vue la plus large sur Avenida 9 de Julio
Il y a du monde mais on a vu beaucoup mieux ces derniers temps
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C’est une longue habitude chez elle : faire de San Martín, dont c'était la fête lundi, tout le contraire de ce que nous montrent les sources historiques, manipuler son image pour se l'approprier et imposer ses vues au peuple.

Página/12 préfère s'en moquer en titrant "Suivez-moi !"

Cette droite, qui croit que le pouvoir lui appartient de droit et qui devient revancharde dès qu’elle perd les élections en démocratie, a pu s’enorgueillir hier d’une manifestation qui a, il est vrai, rempli les rues, surtout lorsqu’on prend en considération que les sorties du domicile autorisées sont limitées pour réduire la contagion. Ce ne fut pas la grande foule des vraies grandes manifestations populaires quand l’avenida 9 de Julio est littéralement noire de monde mais les voitures, pare-choc contre pare-choc, ont bel et bien occupé l’espace public à Buenos Aires comme dans d’autres villes ailleurs dans le pays.

Sur La Nación, le choix de l'angle fausse
beaucoup plus l'appréciation du nombre
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Cette fois-ci, toutes sortes de revendications ont été criées par les manifestants : hostilité à la réforme judiciaire, hostilité aux restrictions d’activité pour limiter les contacts dans la population, pancartes hostiles à la majorité qui, selon une rumeur qui a la vie dure, aurait relâché des voleurs pour vider les prisons au début de la pandémie (1), autres calicots exigeant la mise sous écrou de la vice-présidente, Cristina Kirchner, qui continue d’attiser les haines les plus irrationnelles.

La Prensa a choisi une photo encore moins convaincante
et un gros titre plus agressif : "Saura-t-il écouter la classe moyenne ?"
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La presse mainstream faisait hier ses unes sur ces manifestations sans jamais montrer de photos d’ensemble propres à convaincre les lecteurs de leur effective réussite tandis que Página/12 s’amusait d’une mesure ridicule prise par deux figures de plus en plus fanatiques du radicalisme, l’acteur Luis Brandoni et l’ancien ministre Hernán Lombardi, pour faire maintenir les distances physiques aux manifestants (grâce à des flottants de piscine).

Vignette de Daniel Paz et Rudy, hier, en une de Página/12
L'oligarque aux grosses moustaches reprend les propos de Mauricio Macri depuis Zurich
L'oligarque : Je suis fier des citoyens qui sont sortis pour contester l'infectadure comme les patriotes de San Martín
La journaliste : Mais vous, vous n'y étiez pas.
L'oligarque : C'est que je suis réaliste/royaliste [jeu de mots]
Traduction © Denise Anne Clavilier
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A noter que les manifestants, pour la plupart d’entre eux, portaient un masque et se protégeaient du contact avec les autres derrière le volant de leur voiture. La manifestation a donc été plus polluante que convaincante.

Pour en savoir plus :
lire l’article de La Prensa, qui a aussi rapporté les propos à nouveau provocateurs de Mauricio Macri, qui s'est déclaré fier de ses compatriotes sortis pour défendre la liberté et le travail, depuis Zurich
La Nación n'a pas mis son article de une sur son site Internet hier.



(1) En fait, les autorités judiciaires ont seulement libéré les condamnés qui arrivaient au bout de leur peine ou qui bénéficiaient de mesures d’allègement prévues par la loi. Rien d’anormal par conséquent. Mais on a laissé entendre que les condamnés relâchés étaient surtout des criminels, assassins et violeurs réunis.

dimanche 5 août 2018

Les églises chrétiennes investissent la 9 de Julio [Actu]

Clarín consacre le gros titre à des déclarations faites en justice
par un acteur des dessous-de-table empochés par des ministres kirchneristes
mais la photo est pour la manifestation
et vous voyez qu'il y avait du monde !
Ce qu'on voit au centre, ce n'est pas un drapeau argentin, c'est le toit des abri-bus
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Hier, les églises chrétiennes, catholique et évangéliques, avaient appelé à manifester contre le projet de dépénalisation de l'avortement qui fera l'objet d'un vote au Sénat le 8 août prochain (1), après des débats houleux qui ont fait changer d'opinion un bon nombre d'élus.

Si la Chambre a voté à une honorable majorité il y a quelques semaines en faveur de cette modification du code pénal, le résultat au Sénat reste très incertain.

Remarquez en bas à gauche le petit article sur l'histoire de la franc-maçonnerie !
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Depuis que le projet de loi est sur le bureau de la chambre haute, les anti-avortement n'ont cessé de faire entendre leurs voix, avec parfois des arguments musclés et surtout un recours abusif à l'émotivité, comme ces baudruches en forme de fœtus qu'ils trimbalent un peu partout et des écrits sentimentalistes sur le sort d'un fœtus avorté. Exactement le même genre de lutte par la violence symbolique qu'on a connue en France au moment du débat sur la loi Veil. De grands rassemblements priants ont aussi eu lieu, notamment sur le parvis de la basilique nationale de Luján.

La Nación met aussi l'accent sur les affaires de corruption
et consacre sa photo du bas à la manifestation
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Mais on avait rarement vu autant de monde envahir ainsi la grande Avenue du 9 de Julio par des mouvements classés comme conservateurs. La célèbre avenue a bien davantage l'habitude des défilés des progressistes (syndicats et partis de gauche).

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, dont le ton aigre et méprisant, que je trouve très déplaisant pour un journal qui prétend défendre la démocratie et le pluralismes (ces journalistes se montrent incapables de rapporter objectivement les choses dès qu'il s'agit d'idées qu'ils ne partagent pas et font preuve en outre d'une invraisemblable inculture en matière d'histoire du christianisme - ils ne sont pas les seuls,  je vous le concède)
lire l'article de La Prensa, qui insiste sur la part prise dans l'organisation par les églises évangéliques (peut-être pour universaliser l'appel du magistère catholique à voter contre le projet de loi, un appel que le quotidien soutient tous les jours dans son édition imprimée et sur son site Web)



(1) Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne serai sans doute pas en mesure de publier quoi que ce soit les 8 et 9 août prochain. Donc pas de une de journaux sur le résultat, quel qu'il soit.

mardi 10 juillet 2018

Un 9 Juillet qui ne s'en laisse pas conter [Actu]

Le Palais et la rue, dit le gros titre
En haut, on voit que Macri a revêtu les attributs de sa charge
Il a ici l'écharpe.
A d'autres moments de la matinée, on voit qu'il portait aussi le bastón de mando

Comme on pouvait le penser, la manifestation patriotique contre le recours au financement par le FMI, c'est-à-dire contre un nouvel engagement dans le surendettement du pays, qui l'a, la dernière fois, conduit à la catastrophe pour tout le monde et surtout les plus modestes, a rencontré un franc succès. La Avenida del 9 de Julio était noire de monde.

Pas d'image (sauf celle du coach national, Sampaoli) mais un gros titre :
"Macri a admis pour la première fois ds erreur dans son politique
mais il a validé le chemin emprunté"
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A l'autre bout du pays, le président Mauricio Macri, qui n'a pas montré le bout de son nez au Te Deum, a adressé à la nation, depuis la maison historique où fut signée la déclaration d'indépendance, un discours où il a reconnu à demi-mots qu'une partie de la situation économique terrible qui affecte l'Argentine est due à des erreurs dans sa politique. C'est assez exceptionnel pour être salué. Mais il semblerait bien que cela ne changera en rien la dite politique. Et c'est assez drôle aussi parce qu'au même moment ou à peu près, son clone français, Emmanuel Macron, faisait semblant lui aussi de battre sa coulpe dans un haut-lieu historique, le château de Versailles. Ces deux-là se ressemblent de plus en plus alors qu'ils sont produits par des histoires et des traditions politiques très différentes les unes des autres...

L'image est pour les familles thaïlandaises
Le gros titre dit : " Macri a reconnu [quelques] erreurs personnelles
et sollicité la coopérations des politiques et des patrons"
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Et Mauricio Macri a bien fait, si j'ose dire car cela manque manifestement de courage une nouvelle fois (1), de ne pas se montrer à la cathédrale de Tucumán car l'archevêque Mgr Carlos Sánchez lui a sonné les cloches, et en carillonnant, au sujet de la loi qui va dépénaliser l'avortement, ce à quoi l'Eglise s'oppose, au nom de la foi et du concept anthropologique qui est lié au credo catholique. Mais c'était la vice-présidente qui était là et elle ne l'a pas pris pour elle car elle s'est publiquement déjà prononcée contre la loi, contre laquelle elle votera le 8 août prochain au Sénat, qu'elle préside. Plusieurs autres personnalités de la majorité ont profité des Te Deum dans leur ville ou leur province pour afficher des options anti-avortement ou pro-gestation inconditionnelle, à tel point que le gouvernement a dû se fendre d'un communiqué pour affirmer que le président n'entend pas appliquer son veto à cette loi une fois qu'elle sera définitivement approuvée par la Chambre haute.

"Nous subissons un orage", dit le gros titre
(une phrase du discours présidentiel)
sur fond de patio de la Casa Histórica de Tucumán
avec la vice-présidente dans son fauteuil et la première dame dans une pose top-model
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Dans la presse du jour, seul Página/12 montre la foule (impressionnante) des manifestants. Dans les autres journaux nationaux, c'est à peine si l'on évoque l'événement.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur la manifestation
lire l'article de Página/12 sur le discours du président
lire l'entrefilet de Página/12 sur la présence dans la manifestation de représentants des familles du sous-marin ARA San Juan avec qui des gens sont allés partager un chocolat chaud (on est en plein hiver en Argentine et à Buenos Aires, on a plutôt froid)
lire l'article de La Prensa sur la manifestation
lire l'article de La Prensa sur le discours présidentiel
lire l'article de La Nación sur le discours présidentiel
lire l'article de Clarín sur le même sujet



(1) Cela fait trois fois cette année qu'il se défile ainsi : la première le 20 juin, lorsqu'il a annulé au dernier moment sa venue à Rosario pour la cérémonie officielle en l'honneur du drapeau et de son créateur, Manuel Belgrano, et la deuxième, la semaine dernière, lorsqu'il a annulé, là encore à la dernière minute, le défilé militaire qui devait avoir lieu hier, de peur d'être confronté au mécontentement des forces armées devant la politique salariale pingre qu'il leur applique, en cette année où la Marine a perdu un de ses bâtiments dans des conditions indignes d'une démocratie, avec 44 membres d'équipage à bord, qui n'ont toujours pas reçu l'hommage de la nation, huit mois après leur disparition.

jeudi 22 février 2018

Rentrée sociale chaud-bouillant en Argentine [Actu]

Ce matin, la une de Página/12 a été déformée par la numérisation
mais elle porte son jeu de mot habituel : masiva veut dire massive (la manifestation)
et IVA, c'est le sigle espagnol de la TVA
Au milieu, la avenida 9 de Julio pleine à craquer sur au moins deux kilomètres
jusqu'à l'échangeur qui conduit à l'autoroute aérienne du côté de Nueva Pompeya

Le leader historique de la GCT argentine, Hugo Moyano, le secrétaire général de la section des chauffeurs de poids-lourds, qui avait il y a deux ans fait alliance avec Mauricio Macri, a appelé hier à une grande manifestation sociale qui a eu un franc succès, toute la presse le reconnaissait en texte et en photos ce matin. C'est en effet une marée humaine qui a envahi l'immense avenue du 9 de Julio, dans le cœur de la capitale fédérale, autour de l'Obélisque, à côté duquel était dressée la scène où les leaders ouvriers ont pris la parole.

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Pour les syndicats, il s'agissait de se compter en manifestant contre la politique sociale du gouvernement, qui a multiplié les licenciements dans le secteur public tout l'été, n'a pas su faire face à la tragédie du ARA San Juan et a vu son image salie par l'affaire Chocobar et plusieurs scandales de corruption (évasion fiscale et autres révélations de société off-shore pour certains ministres et hauts responsables à la Casa Rosada, dont certains ont été écartés et d'autres restent en poste).

La Nación a préféré une photo de la tribune à une autre de la foule
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La rentrée est pour la semaine prochaine. Mais le Président Mauricio Macri reste droit dans ses bottes, comme dirait l'autre, et il en remet une couche sur une modification de la répartition de l'argent public aux œuvres sociales, qui ne sont décidément pas sa tasse de thé.

Pour aller plus loin :
lire l'article de La Nación sur la manifestation
lire l'article de La Nación sur la réaction du gouvernement qui la minimise
lire l'article de Clarín sur la manifestation
lire l'article de Clarín sur la réaction du Président