mardi 17 octobre 2023

Página/12 annonce la prochaine sortie en salle du documentaire sur la « Scaloneta » [à l’affiche]

Une du supplément culturel quotidien
de Página/12 ce matin
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Le Grupo Octubre, groupe médiatique auquel appartient Página/12, met actuellement la dernière main à un film sur l’aventure du Mundial au Qatar qui s’est terminée par la victoire de la sélection argentine contre la France et par une nouvelle étoile sur le maillot albiceleste. Elijo creer (je choisis de croire) ou la recette du succès collectif !

Le film sortira le 14 décembre, pour le début des vacances d’été, dans de nombreuses salles dans toute l’Argentine. Il y a fort à parier qu’il fera un grand succès, quels que soient les résultats des élections. A cette date-là, le nouveau président (il apparaît encore peu probable que ce soit une présidente) aura pris ses fonctions depuis quatre jours.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 13 octobre 2023

Diffusion d’un documentaire sur Alfonsín, le président du retour à la démocratie, il y a 40 ans [à l’affiche]

"Le tunnel du temps", dit le gros titre
sur cette photo de Raúl Alfonsín il y a 40 ans
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Ce soir, vendredi 13 octobre 2023, le réseau DirecTV diffusera un documentaire produit par Diego Guebel sur Raúl Alfonsín, le président qui gouverné l’Argentine quand celle-ci a renoué avec l’ordre constitutionnel et l’État de droit, il y a quarante ans, après sept années d’une dictature sanglante.

Le documentaire de 110 minutes prend l’histoire à partir de la guerre des Malouines, en avril-mai 1982, puisque cette défaite de l’Argentine devant les forces britanniques a sonné la fin du régime né du putsch de 1977. Les auteurs du long métrage ont tâché de retracer les difficultés de ce rétablissement.

Página/12 publie dans ses pages culturelles une longue interview de Diego Guebel, pendant que d’autres chaînes diffusent d’autres documentaires sur le même sujet.

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com


Pour aller plus loin :

Encore une inflation mensuelle à deux chiffres : 12,7 [Actu]

Synthèse générale du rapport de l'Indec
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"La caverne d'Ali-Baba" titre Página/12
avec photo du trafiquant
en dessous : Golpe al bolsillo (coup au portefeuille)
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C’est la dernière enquête sur l’inflation que publie l’INDEC, l’institut de statistiques national argentin, avant le 1er tour des élections générales où la nouvelle majorité sera élue, pour les exécutifs municipaux, provinciaux et national, et toutes les assemblées législatives à tous les niveaux.

"L'inflation nous fait mal, et pas qu'un peu", dit le gros titre
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Depuis deux mois, pour août et pour septembre, soit à partir de la première dévaluation du peso, on voit un décrochage où l’inflation passe d’un taux à un chiffre à un taux à deux chiffres. En septembre, l’augmentation moyenne nationale aura donc été de 12,7 %, avec des moyennes générales plus élevées pour 5 d’entre elles.

Synthèse des variations dans le temps et l'espace
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On constate aussi qu’en moyenne nationale, la nourriture se retrouve au-dessus de ce taux de 12,7 %, c’est dire si le phénomène est en train d’empoisonner complètement et le paysage politique et la société argentine tout entière.

"Inflation effrénée : 12,7% en septembre et 138 en 12 mois",
dit le gros titre
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Le cumul depuis le 1er janvier a désormais dépassé le seuil symbolique des 100 % et le cumul sur douze mois frôle les 140 %.


Synthèse des variations régionales
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Tous les journaux ont mis ce matin l’information à leur une même si Página/12 a préféré réserver son gros titre à une arrestation spectaculaire, celle d’un trafiquant de dollars, un malfrat surnommé le Croate, dont le grand-père aurait été membre du parti nazi de ce pays et aurait trouvé refuge en Argentine malgré un ordre d’arrestation international. Il s’agit de ce qu’on pense être le plus gros spéculateur. Il semble avoir exercé dans la « City », le quartier d’affaires (la photo montre ce qui ressemble à la rue San Martín). Dans la rue parallèle, Florida, la grande rue commerçante du centre de Buenos Aires, les employés de ces trafiquants font l’article, hurlant « Cambio, cambio », à chaque fois qu’ils voient passer ce qui ressemble à un touriste. Dans des échoppes glauques, ils font du change au marché noir qu’on appelle en Argentine le cours bleu (dollar blue).

"L'inflation effrénée : elle a été de 12,7 en septembre
et elle frôle déjà les 140% en un an", dit le gros titre
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© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Le neveu de León Gieco fait partie des otages du Hamas [Actu]

León Gieco en concert


L’auteur-compositeur interprète León Gieco, grand artiste du folklore et du rock argentin, a déclaré sur un de ses compte publics que l’un de ses neveux fait partie des otages capturés en Israël par le Hamas samedi dernier.

L’Argentine a une quinzaine de ressortissants ou de binationaux disparus et peut-être emmenés de force à Gaza et pleure de nombreux morts. Plus d’un millier de citoyens sont en cours d’évacuation en urgence par un avion militaire argentin qui fait l’aller-retour entre Tel-Aviv et Rome, d’où les rapatriés prendront un vol commercial pour Buenos Aires.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 12 octobre 2023

Plainte contre Mileí pour ses déclarations qui déstabilisent la devise nationale [Actu]

"Déstabiliser", dit le gros titre
sur cette photo de l'affreux candidat
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Depuis plusieurs jours, Javier Mileí (photo ci-dessus), qui arrive premier dans tous les sondages d’opinion avec de 30 à 35 % des intentions de vote au premier tour (pas assez pour être élu du premier coup), se répand en critiques incendiaires et grossières contre la devise nationale qu’il prétend faire disparaître au profit du dollar US s’il devient président. Il donne également des conseils de ne pas opérer certaines opérations en pesos. A l’aéroport international, certaines compagnies commencent à refuser des paiements dans la devise nationale pour certains services.

Alberto Fernández, le président sortant, estime que ces critiques et ces conseils, qui n’ont pas de légitimité, provoquent la panique qui se traduit en une montée spectaculaire du dollar sur le marché officiel et le marché noir, où il a dépassé les 1000 pesos avant-hier.

"Plaintes contre Mileí, descente de police
et nouvelles mesures de contrôle pour freiner le dollar",
dit le gros titre.
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Alberto Fernández a donc déposé plainte au pénal contre deux candidats de ce camp, Mileí lui-même et l’un de ses candidats locaux, qui éructe de la même manière. Selon la presse de droite, il n’aurait pas consulté Sergio Massa, le candidat péroniste, qui est aussi l’actuel ministre de l’Economie mais les enjeux électoraux sont trop importants pour qu’on fasse confiance à ce genre d’analysé à cette hauteur de la campagne. La presse d’opinion peut mentir, de tous les côtés.

Patricia Bullrich, la candidate de la droite libérale plus raisonnable que Mileí, que tous les sondages mettent en troisième position, à deux ou trois points derrière Massa (autour de 25%), hausse elle aussi le ton contre son adversaire et lui reproche de trahir le pays en l’incendiant avec ses théories économiques irresponsables.

"Le Président accuse Mileí de la montée [du dollar]
et le libertaire [Mileí] réplique : On va droit à l'hyper-inflation",
dit le gros titre
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Javier Mileí a répondu par de nouvelles critiques saignantes contre l’actuel gouvernement, sur qui il fait porter la responsabilité complète de toute la crise économique actuelle.

Il va falloir que la justice s’empare de cette plainte et la traite dans les plus brefs délais : le premier tour se tiendra dimanche en huit.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 11 octobre 2023

Hommage de la presse argentine à Jorge Lavelli [ici]

Adieu à l'avant-garde, dit le gros titre
du supplément culturel quotidien de Página/12 ce matin
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Le metteur en scène de théâtre et d’opéra était argentin et son pays natal se souvient de lui. Il est décédé en France, à l’âge de 90 ans.

Jorge Lavelli avait fait pratiquement toute sa carrière en France et de là, il avait aussi rencontré le succès international. Il s’était établi dans le pays en 1960 à l’âge de 28 ans.

A Paris, il avait fondé le Théâtre national de la Colline et il en avait été le premier directeur.

La une de Clarín hier, dominée par la crise
du change (au marché noir, le dollar est arrivé à 945 pesos
et ce matin, il avait franchi les 1000 pesos)
et par la manifestation de soutien à Israël à Buenos Aires
En haut à droite, une mini-photo du disparu
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Gravement malade, il avait disparu de la vie publique il y a plusieurs années.

En France, sa disparition a été discrètement saluée puisque depuis le 7 octobre, l’actualité est submergée par les attentats terroristes subis par les civils de tous âges en Israël qui nous rappellent l’horrible année 2015.

En Argentine, où l’actualité est remplie par l’enjeu politique des élections générales dont le premier tour se tiendra dans dix jours et où les événements survenus au Moyen-Orient touchent beaucoup l’opinion publique, du fait de leur gravité, comme partout ailleurs, et parce qu’il y a eu aussi de nombreuses victimes argentines, dont une vieille dame de 80 ans, sans parler de la crise économique qui entraîne le pays dans les profondeurs, les journaux ont tout de même trouvé un peu de place pour lui rendre hommage.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mardi 10 octobre 2023

Festival de courts métrages à Oberá cette semaine [à l’affiche]

L'affiche fait apparaître clairement l'identité guaranie de la région


Ce soir, mardi 10 octobre 2023, le village de Oberá, tout au nord de l’Argentine, dans la province de Misiones, à la frontière avec le Paraguay, commence la 14e édition d’un petit festival de courts-métrages accompagnés de concerts, de soirées festives et de rencontres.

Le festival exploite plusieurs thèmes, dont le cinéma étudiant et le cinéma amérindien.

Il a une dimension internationale et met à son programme des œuvres venant de la plupart des pays voisins.

Une section du festival est consacrée aussi à l’étude et à la projection de longs métrages vers lesquels le court conduit les jeunes cinéastes.


Le village de Oberá est situé tout près des chutes d’Iguazú. Il abrite une coopérative artisanale de yerba mate qui produit une plante bio, longuement vieillie et fumée, au goût très prononcé, long en bouche. Pour moi, l’une des meilleures yerbas mate d’Argentine. L’une des plus chères aussi. Impossible à trouver à l’export.

Ce festival cinématographique de début de printemps, lorsque le climat est encore clément à cette latitude, durera toute la semaine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article du journal local, El Territorio (nommé ainsi en souvenir du premier statut de cette région, qui n’a pas tout de suite accédé à la dignité de Province autonome)

La UNla se lance dans la fabrication de bandonéons [Actu]

L'information est traitée en une
de cette édition platense de Página/12
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La Universidad Nacional de Lanús, située dans la banlieue sud de Buenos Aires, vient de mettre en place un département qui étudiera et améliorera la fabrication du bandonéon, cet instrument emblématique du tango, tout en contribuant à en produire. Solution offerte aux musiciens qui subissent de plein fouet la pénurie d’instruments neufs.

La fabrique historique des meilleurs bandonéons, qui a rouvert ses portes il y a vingt ans dans l’ex-RDA, après la confiscation des locaux pendant les quarante ans qu’a vécu ce pays inféodé à l’Union soviétique, n’est pas en mesure de répondre au marché argentin en quantité et en qualité. Les processus artisanaux du facteur original allemand se sont définitivement perdus avec sa mort, pendant la Guerre froide, et la disparition de ses ouvriers les uns derrière les autres.

Les quelques tentatives qui se sont déjà montées en Argentine et singulièrement à Buenos Aires n’ont pas bénéficié de l’appui dont elles auraient eu besoin de la part des pouvoirs publics. Mauricio Macri, alors chef du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, s’est même arrangé pour flinguer un projet artisanal de grande qualité au profit d’un prétendu « Polo Bandoneón » dont on attend toujours qu’il fonctionne.

Le gouvernement national a pris des mesures pour interdire la sortie du territoire des instruments de plus de quarante ans mais il n’est pas sûr que la loi soit toujours correctement appliquée. Quant aux collectionneurs, ils font le reste en conservant par devers eux des bandonéons anciens, ce qui entrave le fonctionnement du marché de seconde main au détriment des instrumentistes, en activité ou en formation.

L’université de Lanús lance donc son propre chantier pour produire des instruments baptisés Pichuco, le surnom du bandonéoniste le plus illustre de Buenos Aires, Aníbal Troilo. Ils ont trouvé des solutions pour se procurer des matériaux capables de remplacer ce qu’utilisaient originellement les ateliers historiques de Saxe, là où l’instrument est né au milieu du 19e siècle avant d’entamer un long voyage vers le Río de la Plata, sans doute dans les bagages d’un immigrant musicien.

Souhaitons à ces courageux universitaires beaucoup de chance pour faire prospérer leur entreprise.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (édition de La Plata), qui oppose dans son titre cette démarche de l’université à la violence d’un des candidats à la présidence, Javier Mileí, qui parle en permanence d’« y aller à la tronçonneuse ». S’il gagne, cette université a de gros risques de disparaître.

samedi 7 octobre 2023

Esa te la debo : de la murga au CC Caras y Caretas ce soir [à l’affiche]


La murga Se te la debo (celle-là, je te la dois) se produira ce soir, samedi7 octobre 2023, à 21h, au Centro Cultural Caras y Caretas, Venezuela 330, qui appartient au groupe médiatique Octubre, propriétaire de Página/12.

Ce groupe de musique carnavaleuse est né en 2016, pendant le mandat de Mauricio Macri, en réaction contre la politique ultra-libérale de ce dernier, qui a abouti à l’endettement inouï du pays, que la pandémie du Covid a fini d’achever deux ans et demi plus tard.

Dans leur nouveau spectacle, intitulé Sobreviviendo una vez más (survivant une fois encore), le groupe, fort de huit musiciens sur scène, chantera avec son humour habituel la situation politique en Argentine qui vit la dernière ligne droite de cette effarante et désolante campagne électorale qui menace d’aboutir à la présence de Javier Mileí au second tour, un candidat tout à la fois libertaire et crypto-fasciste au programme cauchemardesque.

Entrée : 3 000 pesos argentins.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 29 septembre 2023

Marche féminine dans toute l’Argentine contre les programmes des droites [Actu]

"Des vertes contre la droite", dit le gros titre
En Argentine, les écologistes n'existent pas politiquement
Le vert est donc le symbole du droit à l'avortement légal
et le violet, comme aux Etats-Unis, celui du féminisme
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Hier, dans plusieurs villes argentines, les féministes ont manifesté contre les dangers des programmes des deux candidats de droite, Patricia Bullrich, la libérale néo-tatcherienne à la tête du PRO, le parti qui a propulsé l’ancien président Mauricio Macri, et Javier Mileí, l’ovni trumpo-bolsonarien et néo-fasciste échevelé apparu il y a deux ans dans un paysage politique que son premier rang dans les sondages actuels affole.

Tant l’une que l’autre promettent un retour en arrière sur différents droits sociaux et sociétaux acquis de longue lutte pendant les vingt dernières années et auxquels les féministes n’entendent renoncer.

Des manifestations qui semblent avoir été massives mais dont seul Página/12 fait mention. La presse de droite préfère les ignorer sans doute pour que ce dont on ne parle pas ait plus de chance de ne pas avoir existé.


""Verte espérance", dit le titre secondaire
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Le premier tour de l’élection présidentielle et des élections générales se tiennent dans une quinzaine de jours. Le pays semble vivre en apnée jusqu'à ce verdict des urnes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de Rosario/12, l’édition du journal dans la province de Santa Fe (en tête de cet article)

lundi 25 septembre 2023

Le monde de la culture est descendu dans la rue [Actu]

"La voix de la culture", dit le quotidien de gauche
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Hier, une importante manifestation d’artistes et de travailleurs du secteur culturel s’est déroulée sur Avenida Corrientes, à la hauteur du Centro Cultural San Martín (qui appartient au complexe théâtral municipal) et le Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, centre culturel emblématique de la gauche argentine.

Ces artistes et acteurs de la culture protestent contre la montée de la droite au pouvoir avec son chapelet de coupures budgétaires dans leur secteur : théâtres, musées, compagnies, bibliothèques, festivals et autres lieux où la population peut se nourrir, voire se former, souvent à prix accessibles, sinon gratuitement.

Seul Página/12 se fait l’écho de cette manifestation, les journaux de droite faisant leur une sur la victoire électorale de la droite dans la province de Mendoza. Alfredo Cornejo arrive en première place de l’élection avec environ 40 % des voix exprimées et redevient le gouverneur de cette province viticole et touristique. C'était la dernière élection locale avant les élections nationales qui verront renouveler le Congrès et la présidence.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 20 septembre 2023

Tango por la Identidad reconnu par la Legislatura porteña [Actu]

Estela de Carlotto, la présidente de Abuelas,
contre-signe le document officiel dans un salon de la Legislatura


Hier, le parlement local de la Ville autonome de Buenos Aires, qui porte le titre de Legislatura Porteña, a remis au mouvement Tango por la Identidad une reconnaissance officielle : Tango x la Identidad est l’une des nombreuses manifestations artistiques qui aident l’association Abuelas de Plaza de Mayo à retrouver les enfants en bas âge issus de couples d’opposants à la dernière dictature militaire et que cette dernière a fait disparaître en les volant, souvent à leur naissance et en trafiquant leurs papiers d’identité avant des adoptions pour le moins suspectes.

Sur la chaîne Youtube de la Legislatura

Tango x la Identidad est surtout un mouvement de danseurs, de chorégraphes et d’enseignants de tango-baile.

Il a son siège dans un bâtiment municipal.

"Le tango t'ouvre les bras, les grands-mères aussi"

La musique et le théâtre sont d’autres secteurs qui se sont associés à Abuelas pour accompagner ses campagnes de communication envers les quarantenaires qui pourraient avoir des doutes sur leurs origines et se manifester auprès d’elles afin de procéder aux examens qui, à 133 reprises, ont permis d’identifier l’une des 300 personnes encore recherchées.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’entrefilet de Página/12, le seul quotidien à relever cette info. Là encore, c’est une chose à laquelle la droite, qui n’est pas au clair avec l’histoire de la dictature, refuse de s’intéresser.

L'ex-ESMA intègre le patrimoine de l’Humanité [Actu]

Un titre simple, sans calembour
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Cela fait des années que l’Argentine des Droits de l’Homme attendait cette reconnaissance de l’UNESCO. C’est fait depuis hier.

Le Site de la Mémoire (sitio de la Memoria) installé dans l’ancien campus militaire de l’Ecole de Mécanique de la Marine argentine, d’où le sigle ESMA en espagnol, rejoint donc la liste des lieux symboliques qui conservent la mémoire des grandes catastrophes humanitaires du monde comme Hiroshima et Auschwitz. C’est l’ancienne ministre de la Justice, Marcela Losardo, actuelle ambassadrice argentine auprès de l’organisation onusienne, qui a obtenu ce succès diplomatique et militant.


Le campus de l’ex-ESMA abrite maintenant de très nombreuses institutions culturelles autour du thème des disparus sous la Dictature militaire des années 1976-1983, de ce qui s’est passé dans ces lieux transformés alors en centre clandestin de détention, de torture et d’exécution extra-judiciaire, avec même une minuscule et cynique maternité où les prisonnières accouchaient avant que leurs bourreaux leur arrachent leur bébé puis la vie.

Pourtant ce lieu de mort est devenu un lieu où la vie triomphe à travers la culture et les activités artistiques avec des programmes fournis de concerts, d’ateliers, de conférences, de présentations d’ouvrages et d’expositions.

La photo centrale est consacrée aux
événements du Haut-Karabagh
avec une nouvelle menace qui pèse sur l'existence
même de l'Arménie, lâchée par son "protecteur" russe
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Sans grande surprise, seul Página/12 en fait sa une. La Nación n’y accorde qu’un petit appel d’article. Les premières pages de Clarín et de La Prensa n’en parlent pas du tout. C’est une partie de l’histoire du pays que la droite ne rappelle que contrainte et forcée et qu’elle n’a pas encore pleinement renié, comme en ont témoigné ces derniers jours des manifestations négationnistes particulièrement écœurantes qui se sont tenues dans les locaux du Congrès national.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación, qui s’en prend à une erreur de communication du président Alberto Fernández (c’est à peu près tout ce que cette rédaction a donc à dire sur le sujet !)

mardi 19 septembre 2023

Et c’est reparti : les juges relancent les procès contre Cristina [Actu]

Página/12 a choisi de ne pas en faire
son titre principal
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Il sera très bientôt très difficile d’affirmer que les juges argentins qui ont à connaître des affaires impliquant Cristina Kirchner travaillent et décident sans aucune considération pour le calendrier politique de leur pays. C’est en effet dans les deux dernières années de son second mandat présidentiel, quand elle ne pouvait plus se représenter aux mêmes fonctions et que l’alternance politique paraissait probable que Cristina Kirchner a commencé à se trouver sérieusement dans le viseur de la justice dans le cadre de dossiers parfois plutôt légers, dont certains ont même été récemment classés sans suite. Quand elle a à nouveau fait partie de la majorité, ces procès ont ralenti, certains ont même abouti à des non-lieux pendant l’actuel mandat et maintenant que la gauche à laquelle elle appartient vient de se retrouver en troisième position à l’ouverture du processus électoral des élections générales et présidentielles, voilà que deux magistrats fédéraux rouvrent deux dossiers, dont l’un est tout bonnement un procès politique contre une décision de politique internationale prise par une présidente démocratiquement élue et de surcroît validée par le Congrès.

De quoi s’agit-il ?

  • D’une affaire de corruption qui implique aussi son fils, le fort peu sympathique Máximo Kirchner, député sortant péroniste (membre éminent de l’actuelle majorité), et même la mémoire de son mari, le président Néstor Kirchner, contre lequel toute action est éteinte puisqu’il est décédé en octobre 2010 : le dossier Hotesur, du nom d’un établissement luxueux situé dans la province de Santa Cruz, en Patagonie, un hôtel construit et exploité par la famille et dont les juges pensent avoir établi la preuve qu’il n’a pas d’activité réelle et qu’il ne sert qu’à blanchir des pots-de-vin.
  • Et d’un traité international avec l’Iran, qui comportait entre autres dispositions la possibilité pour un magistrat argentin d’aller sur place interroger des personnes, placées sous notice rouge d’Interpol à la demande de l’Argentine, parce que la justice de ce pays les soupçonne depuis près de vingt ans d’être les donneurs d’ordre et les facilitateurs de l’attentat, toujours non élucidé, contre l’AMIA, la mutuelle juive de la rue Pasteur à Buenos Aires, qui a fait 85 morts et 300 blessés le 18 juillet 1994, sous la présidence de Carlos Menem, lequel a été soupçonné d’avoir eu des relations très bizarres avec les conducteurs de la camionnette piégée qui venait d’exploser devant le siège de l’organisation communautaire (et en ce qui le concerne, toute action est éteinte puisque lui non n’est plus de ce monde).


"Dur revers pour Cristina Fernández de Kirchner :
réouverture des dossiers Hotesur et Iran", dit le gros titre
en rouge et noir
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Là où les poursuites contre Cristina sont surréalistes, c’est que ce Memorandum d’Entente est un fait politique, qu’il a été signé par les représentants officiels, internationalement reconnus, de l’Argentine et de l’Iran, avant d’être sanctionné par un vote constitutionnel du Congrès argentin sans que le processus diplomatique n’aille à son terme puisque, de son côté, le parlement iranien ne l’a pas entériné. L’accord n’est donc jamais entré en vigueur, il est nul et non avenu et les autorités argentines n’ont d’ailleurs jamais levé les notices rouges d’Interpol qui restreingnent pas mal encore aujourd’hui la liberté de voyager des suspects.

Poursuivre devant une juridiction pénale le chef de l’État sous la présidence duquel une telle négociation a été menée ne peut pas être qualifié d’un autre nom que celui de procès politique et il n’a donc aucune place dans l’enceinte d’un tribunal. Il ne peut se tenir que dans les urnes puisqu’il n’a pas été traité en son temps dans l’hémicycle et devant les commissions idoines du Congrès. Le procès qu’on fait ici à l’actuelle vice-présidente est un authentique « procès d’intention », au plein sens de l’expression, puisque les juges qui poursuivent lui prêtent des intentions qu’elle aurait cachées sous la procédure diplomatique. Elle aurait voulu profiter de cet accord pour faire ceci ou cela. Quand bien même ce serait vrai, comme il n’y a pas le début du commencement du quart de la moitié de ce qui pourrait ressembler à une réalisation de sa part, dans un État de droit, il n’y a rien à poursuivre. On ne poursuit que des faits avérés, pas des intentions en l’absence de réalisation de faits contrevenant à la loi.

Sur la une de Clarín, qui s'est refait une beauté ce matin,
"Dur revers pour Cristina : elle sera jugée avec Máximo
pour blanchiment d'argent", dit le gros titre
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Cet acharnement sur ce dossier jette bien entendu un soupçon sur l’ensemble des procédures intentées contre la vice-présidente et en particulier celle(s) que vient de relancer la Cour de Cassation fédérale argentine, d’autant que la décision d’hier intervient après une série d’arrêts de différentes hautes cours fédérales, dont la Cour suprême, qui pointaient clairement contre la majorité sortante alors que l’opposition de droite voit ses appels et ses renvois aboutir systématiquement à des décisions qui sont favorables à ses intérêts économiques, politiques au sens large et même électoraux au sens restreint.

Sur ce sujet, la presse se sépare donc ce matin en deux camps : celle de droite, majoritaire, Clarín, La Prensa, La Nación, se réjouit à la perspective de revoir Cristina prendre place bientôt sur le banc des prévenus devant une cour pénale et encourir des peines exorbitantes ; celle de gauche, qui, au niveau national, se résume à Página/12, enrage du caractère incorrigiblement partisan de la justice du pays. Cela fait tout de même au moins 150 ans que cela dure !

"Dur revers pour Cristina : elle sera jugée
pour blanchiment d'argent et pour le pacte avec l'Iran",
dit le gros titre
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Maintenant, il faut observer comment ces audiences vont se dérouler, quelles seront les preuves que le ministère public produira et surtout, dans le cas du Memorandum iranien, avec quel raisonnement il les soutiendra devant la juridiction, comment les avocats de Cristina et des co-prévenus plaideront et comment à la fin les juges jugeront. Ensuite, il y aura appel puis recours en Cassation et devant la Cour suprême et cela montera peut-être jusqu’à une juridiction internationale panaméricaine parce que Cristina n’est pas du genre à s’avouer vaincue. Elle a déjà été condamnée à de la prison ferme dans une affaire de corruption précédente qu’elle a aussitôt contestée.

Après tout, la Cour suprême du Brésil ne vient-elle de reconnaître la nullité du procès vicié et inique, intenté à Lula à coup de fausses preuves à l’instigation de la droite ultra-libérale qui, par la suite, a soutenu Bolsonaro, tout cela (c’est prouvé maintenant) pour empêcher l’ancien président de se représenter puisqu’il aurait sans doute gagné l’élection que Bolsonaro a remporté grâce à l’absence de son rival de gauche. Et Lula a fait plusieurs années de prison pendant lesquelles il a perdu sa femme et l’un des ses petits-fils. En Argentine, le processus électoral est beaucoup plus avancé qu’il ne l’était au Brésil au moment de la tenue de ce procès mais c’est bel et bien une sorte de Bolsonaro, Javier Mileí, qui est sorti en tête de la première phase électorale il y a un mois !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :