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mercredi 12 novembre 2025

Caras y Caretas de novembre : hommage à León Gieco [Disques & Livres]

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Le mensuel culturel Caras y Caretas, qui appartient au Grupo Octubre, consacre sa Une du mois de novembre au chanteur, auteur et compositeur de folklore argentin León Gieco, un grand artiste qui a derrière lui une très longue et très belle carrière et qui reçoit en ce moment un bon nombre de récompenses et de prix.

L’homme est très lié à la lutte pour les droits de l’Homme et à la culture populaire. Il a beaucoup soutenu la cause de Abuelas de Plaza de Mayo dont la présidente, Estela de Carlotto, était à la Une du magazine le mois dernier.

Ce mois-ci, c’est Mariano del Mazo qui signe l’éditorial de présentation du numéro.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 16 décembre 2023

Le petit-neveu de León Gieco retrouvé mort à Gaza. Il avait 19 ans [Actu]

Le jeune homme fait la une
C'est le premier mort confirmé parmi les Argentins
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Ron Sherman, ce tout jeune homme binational argentin et israélien, effectuait son service militaire lorsque le groupe d’attaquants du Hamas a pris d’assaut sa caserne. Comme beaucoup de ses camarades qui ont survécu, il avait été emmené comme otage.

Tsahal a retrouvé son corps à Gaza et la justice israélienne ont pu l’identifier.

L’auteur-compositeur interprète León Gieco, un très talentueux musicien de rock et de folklore célèbre dans toute l’Argentine, avait fait savoir que ce jeune homme avait disparu et il avait lancé des appels en faveur des otages et de la paix entre l’État hébreu et l’enclave palestinienne d’où étaient partis les terroristes du 7 octobre.


L'information est traitée en titre secondaire
en bas, à droite
(Le Hamas a tué le neveu de León Gieco qui était séquestré)
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Ron Sherman était le fils d’un de ses neveux.

On pense à lui et à son chagrin ainsi qu’à celui de toute la famille.

Eu égard à la violence déployée par l’armée d’Israël contre la Bande de Gaza et le refus consommé des deux côtés d’une solution politique quelconque, il est à craindre qu’on ne retrouve plus que des corps sans vie.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, un journal de gauche nettement plus pro-palestinien que compréhensif pour la tragédie vécue aussi de l’autre côté du conflit mais la rédaction aime beaucoup Gieco et sa musique
lire l’article de Clarín, plutôt pro-israélien encore qu’avec l’opération sur Gaza ça bouge…
lire l’article de La Nación, dans la même situation.

vendredi 13 octobre 2023

Le neveu de León Gieco fait partie des otages du Hamas [Actu]

León Gieco en concert


L’auteur-compositeur interprète León Gieco, grand artiste du folklore et du rock argentin, a déclaré sur un de ses compte publics que l’un de ses neveux fait partie des otages capturés en Israël par le Hamas samedi dernier.

L’Argentine a une quinzaine de ressortissants ou de binationaux disparus et peut-être emmenés de force à Gaza et pleure de nombreux morts. Plus d’un millier de citoyens sont en cours d’évacuation en urgence par un avion militaire argentin qui fait l’aller-retour entre Tel-Aviv et Rome, d’où les rapatriés prendront un vol commercial pour Buenos Aires.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

dimanche 7 mai 2023

Moment de gloire pour León Gieco au Vatican [ici]

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Vendredi, l’auteur-compositeur argentin León Gieco (photo ci-dessus), l’un des grands de la musique folklorique du pays, a participé à une rencontre interreligieuse à Vatican aux côtés du pape François.

Armé de sa guitare, il a entonné l’une de ses chansons les plus mystiques, Solo le pido a Dios (c’est ce que je demande à Dieu), ce qui a beaucoup ému les deux compatriotes… et la presse du lendemain à Buenos Aires qui s’est jetée sur les photos publiées par le service de presse du Vatican.

Elles ont atterri sur quelques unes.

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Un beau souvenir pour le musicien et également sans aucun doute pour le Saint Père.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación

mercredi 29 mars 2023

Carlos Núñez et León Gieco réunis par la gaïta ce soir au Teatro Colón [à l’affiche]


L’instrument emblématique de la Galice, la gaita, réunira ce soir, mercredi 29 mars 2023, à 19 h 30, l’auteur-compositeur argentin rocko-folklorique León Gieco et son ami de 25 ans, Carlos Núñez, natif de la lointaine Vigo, en Espagne, où il vit et d’où il fait briller la culture galicienne.

Les deux artistes partagent la passion de cet instrument celtique qui s’est bien entendu fait sa place en Argentine comme partout ailleurs où les Galiciens se sont dispersés tout au long des 19e et 20e siècle.

Ce soir, l’Espagnol, en tournée mondiale(1), invite l’Argentin à partager son concert sur la plus prestigieuse des scènes de l’Argentine, l’opéra de Buenos Aires, le Teatro Colón, dans le quartier de Retiro. Pour un musicien populaire comme Gieco, jouer dans cette salle a quelque chose de magique. Surtout qu’il s’agit ce soir d’un retour sur scène après une longue absence.

Frères dans la musique, dit le gros titre
(comme on dit "frères dans la foi" ou "frères de lait", choisissez)
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Prix des places : 3 300 $ ARG. On ne peut pas vraiment dire que ce soit très abordable mais Núñez n’est pas seul : il joue avec son ensemble et cela fait du monde.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui a mis les deux artistes à la une de son supplément culturel quotidien (ci-dessus).



(1) Il sera bientôt en France : à Rennes le 26 juin, à Fougères le lendemain puis à la basilique de Saint-Denis (93) le 27 juin avant de regagner l’Espagne.

samedi 20 novembre 2021

Après Charly, c’est León qui souffle ses 70 bougies au CCK ce week-end [à l’affiche]

León Gieco et sa guitare fileteada
(photo Laura Domínguez)


León Gieco est un musicien inclassable. Auteur, compositeur, chanteur et multi-instrumentiste d’abord. Multi-genre ensuite : il navigue d’une manière qui n’appartient qu’à lui entre le folklore, le rock et le jazz au point que le journaliste Victor Hugo Morales l’a baptisé Nuestro León Nacional, « notre lion national », avec un jeu de mots entre le prénom et l’animal cité, qui plus est, dans l’hymne national, sans oublier une petite allusion à l’événement historique ultr-patriotique dont le pays célèbre le souvenir en ce jour férié, déclaré depuis peu Día de la Soberanía Nacional, pour la résistance des Argentins face à la stratégie impérialiste de la France et de la Grande-Bretagne (1).

"Le cœur de Léon", titre le supplément culturel de Página/12 ce matin

Comme Charly García il y a quelques semaines, León Gieco souffle ce soir ses 70 bougies. Et les espaces culturels nationaux se mettent en quatre pour le fêter dignement : ce week-end, le CCK et Tecnópolis proposent des activités et des spectacles, dont le point culminant sera le concert de ce soir, samedi 20 novembre 2021, à 20 h (minuit en Europe atlantique), avec retransmission en direct sur TV Pública et Radio Nacional, ainsi que la chaîne Youtube du CCK et celle de Cont.ar.

Página/12 est le seul quotidien
dont la une fasse référence à l'anniversaire de Gieco
En gros titre, les suites d'un fait divers sanglant :
un ado de 17 ans a été tué cette semaine par des policiers
actuellement suspendus
alors qu'un autre fait divers, ultra-exploité par la droite,
a influencé le résultat des élections
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Demain, les festivités déménagent à Tecnópolis, dans la banlieue ouest de Buenos Aires, un parc d’attraction pédagogique consacré à la vulgarisation des sciences et des technologies et qui a la place d’accueillir en plein air toutes sortes de manifestations d’envergure.

Photo Fernando de la Orden

Toutes ces activités seront gratuites.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12 (et il y en a beaucoup d’autres dans les page de ce journal)

Ajout du 21 novembre 2021 :
lire cet article de Página/12, qui remet Gieco à sa une générale et à celle de Cultura y Espectaculos ce matin et qui est le seul quotidien à revenir sur le concert du CCK hier.

León Gieco en couleurs au micro hier
et au début de sa carrière en noir et blanc en arrière-plan
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Ajout du 22 novembre 2021 :
lire cet article de Página/12 sur les festivités de Tecnópolis, dimanche (hier encore, le journal en a fait la une de son supplément culturel quotidien). Página/12 semble vouloir compenser par son insistance la discrétion du reste de la presse sur cet événement.

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(1) Dans les années 1840, les deux principales puissances européennes s’appuyaient sur l’embryon de droit international établi par le Congrès de Vienne après la chute de Napoléon. Les coalisés et la délégation française avaient en effet décidé que la navigation fluviale serait désormais libre, alors que Napoléon avait tout verrouillé sur l’ensemble du territoire surdimensionné de l’Empire français. La Grande-Bretagne victorienne et la France de la Monarchie de Juillet prétendirent à leur tour étendre à l’Amérique du Sud cette liberté, tentant de mettre à profit la désunion qui régnait alors en Argentine, en guerre civile depuis 1820. Mauvais calcul car la jeune Confédération argentine ne se laissa pas imposer un droit européen qui avait été négocié sans elle. Elle refit temporairement son unité et réduisit une expédition militaro-commerciale française à un échec cuisant. Cela s’est traduit par une bataille fluviale sur le Paraná, au lieu-dit Vuelta de Obligado, le 20 novembre 1845. Bataille techniquement remportée par l’escadre française qui passa malgré le barrage argentin mais politiquement perdue par elle puisque ses bâtiments endommagés furent rejetés partout où ils abordèrent en vue de réparer les avaries et qu’elle ne put pas écouler sa marchandise, boycottée de tout côté. Et c’est à plein que l’expédition dut entreprendre le retour vers la France.

lundi 5 avril 2021

León Gieco présente son nouveau disque mercredi prochain [Disques & Livres]


« Tout brûle », tel est le titre du nouveau disque, un single, de l’auteur-compositeur interprète León Gieco. Il le présentera mercredi 7 avril 2021.

Cet artiste engagé à gauche mêle le rock nacional et le folklore qu’il fusionne volontiers avec toutes les autres musiques populaires du pays.

Ce week-end, il a accordé une interview à Página/12 qui l’a publié dans ses pages culturelles et l’a maintenu plusieurs jours sur la page d’accueil de son site Internet.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 18 mai 2020

Le décès d’une figure emblématique des bidonvilles portègnes : Ramona Medina [Actu]


"Les gardiens de Mugica" dit le gros titre, sans l'ombre d'un sourire
en haut, à droite, l'annonce d'un masque en cadeau avec le journal

Ramona Medina avait 42 ans. Comme tant et tant de ses voisins dans la Villa 31, qui borde le quartier résidentiel de Retiro, au nord de Buenos Aires, et qui est l’équivalent actuel des conventillos dont parle le tango des années 1920 et 1930, Madame Medina souffrait de surpoids, de diabète et, peut-être plus encore parce que c'était la cause du reste, d’un logement insalubre, mal isolé et exigu. Le 14 mai, en détresse respiratoire, elle avait été hospitalisée en urgence et elle avait été intubée dès son admission. On le savait depuis quelques jours : elle était atteinte de covid-19. Elle est décédée hier dans la clinique privée où les services de secours lui avaient trouvé un lit.

A l’heure qu’il est, tous ses parents qui vivaient sous le même toit qu’elle, son compagnon, sa fille, handicapée, son beau-frère et sa belle-sœur, leur fille, eux aussi souvent porteurs de co-morbidités, sont hospitalisés. Ils ne pourront pas l’accompagner dans son dernier voyage.

Ramona Medina appartenait à une organisation sociale qui rassemble de nombreux habitants de ce quartier ultra-défavorisé, la Poderosa, qui abrite des structures de travail et de production coopératives. Avec plusieurs camarades, elle avait fondé un mensuel prolétaire autogéré intitulé Garganta Poderosa (gorge puissante). Une revue de revendication mais aussi et surtout d’expression culturelle et en particulier littéraire pour cette classe sociale qui a si peu voix au chapitre. Et il suffit de lire leur message sur Twitter pour constater qu’ils savent dire ce qu’ils ont à dire…


« Ils (1) nous ont tué Ramona
En serrant les dents, en frappant le clavier,
en mordant notre rage et en crachant nos larmes,
c’est à nous qu’il revient d’écrire cette merde
pour crier tout ce que Ramona a déjà crié.
On ne va pas s’arrêter !
[on va continuer] jusqu’à ce que les responsables payent.
Nous ne pouvons pas [en accepter] plus.
#Justice pour Ramona »
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Le message est plus fort encore sur Facebook où la place n’est pas comptée pour exposer la situation qui lui a été faite, notamment son relogement promis il y a quatre ans et jamais effectué.

Ces dernières années, madame Medina avait dû se battre bec et ongles contre les effets d’annonce du gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, très généreux en paroles à l’endroit de ce bidonville, sans que rien ne change vraiment dans les faits, sauf peut-être les abords de la gare routière qui ont été goudronnés et dotés de luminaires et autres mobiliers (2).

Quand l’épidémie a frappé Buenos Aires, madame Medina a été parmi les premières voix de ces quartiers oubliés à réclamer l’accès à l’eau courante, sans aucune coupure, pour l’hygiène immédiate quand toute la communication sanitaire officielle mettait en avant le lavage fréquent des mains.

Copie d'écran du site Internet de Garganta Poderosa

Sous la présidence de Cristina Kirchner, invitée par la directrice de Radio Nacional à une fête officielle de l’institution, je l’avais entendue et vue sur la scène recevoir un prix pour sa revue. Je garde un souvenir très fort de son apparition de femme du peuple, avec sa pleine dignité et son discours lucide et clair, elle qui n’était pas habituée à ces mondanités médiatiques et n’y était visiblement pas à l’aise. Mais, sur scène, ce soir-là, elle avait dit ce qu’elle avait à dire. La maîtrise de son expression m’avait vivement impressionnée. Ce lundi après-midi, en apprenant son décès, j’éprouve une profonde émotion.

Samedi, une autre figure du quartier a perdu la vie dans des circonstances similaires : Victor Giracoy, qui animait un restaurant social, le comedor Estrella de Bélen (Etoile de Béthleem). Le quartier s’est placé lui-même sous le vocable d’un prêtre qui avait consacré sa mission religieuse aux plus déshérités, le Padre Mugica, dont le coin porte officiellement le nom (du point de vue cadastral, la Villa 31 est censée être le Barrio Padre Mujica, mais je n’ai pas encore vu un seul plan de Buenos Aires en tenir compte).

Slogan projeté sur un immeuble de Buenos Aires

Nombreux sont les témoignages venant des personnalités et des organisations de gauche à ces tristes nouvelles qui reflètent bien la tragédie qui se vit dans ces quartiers laissés pour compte, sans électricité légale, sans système sécurisé de distribution de gaz et d’eau courante, tant à Buenos Aires qu’ailleurs dans le pays. L’auteur-compositeur interprète León Gieco a écrit un très beau texte en vers pour la dernière page de Página/12 qui lui a emprunté son gros titre, « les gardiens de Padre Mugica ».

Los guardianes de Mugica bajan de lo alto
con sus voces y tambores, domingo santo.
León Gieco, Página/12

Les gardiens de Mugica descendent du ciel
avec leurs voix et leurs tambours, un dimanche saint.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Signe indiscutable que ce que Madame Medina commençait à compter, même les journaux "main stream" rendent compte de sa disparition et des conditions scandaleuses dans lesquelles elle s'est produite.

Pour aller plus loin :
lire le dossier que Página/12 a mis sur son site autour de cette figure de l’expression populaire urbaine
se connecter au site Internet de Garganta Poderosa et à son profil Facebook

Mises à jour du 19 mai 2020 :
lire l'article de Página/12 sur la conférence de presse du collectif du quartier Padre Mugica à la suite du décès de Ramona Medina hier, en plein air, au pied d'un talus qui délimite le quartier
lire l'article de Página/12 sur l'affaire telle qu'elle va être portée devant la Comission Interaméricaine des Droits de l'Homme(CIDH) par le prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Pérez Esquivel, divers organismes militants et le collectif du bidonville. Cette plainte vise le gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires et prend en compte les neuf jours sans eau courante dans le bidonville en plein confinement.



(1) Les tenants du grand capital, les politiciens de la droite ultra-libéral, le gouvernement de la ville.
(2) Je m’étais moi-même fait la réflexion en août dernier quand le car dans lequel je voyageais vers Villa Mercedes (San Luis) avait longé les grillages qui séparent encore la route et la villa miseria. Ce qui était à notre vue s’était beaucoup embelli. Mais il semble bien que là s’arrêtaient les progrès.

vendredi 10 juin 2016

Quand León Gieco et Leonardo Pastore s'associent autour de Gardel [Disques & Livres]


Le ténor argentin Leonardo Pastore se passionne pour le tango depuis de nombreuses années, en dépit d'une belle carrière lyrique peut-être plus rémunératrice et plus facile à mener à l'échelle internationale.

Sous la direction du rocker et folkloriste León Gieco, le chanteur vient de sortir un disque qui reconstitue pour la première fois les arrangements et orchestrations de Terig Tuchi, l'arrangeur auquel s'était confié Carlos Gardel lors de ses dernières années aux Etats-Unis, alors qu'il enchaînait les tournages et les enregistrements à New York.

C'est ainsi qu'on retrouve dans l'orchestre un accordéoniste en lieu et place du traditionnel bandonéoniste puisqu'on ne trouvait pas de joueur de bandonéon à la hauteur dans les années 1930 à New York (1).


Sur la jaquette du disque, l'artiste pose avec la guitare de Gardel dans un recoin de sa maison
devenue le Museo Casa Carlos Gardel, qui n'accueille presque plus de concerts de tango 

Le chanteur avait rôdé son tour de chant l'année dernière à l'occasion des 80 ans de la mort de Gardel et il avait effectué une petite tournée dans le sous-continent. Ce soir, vendredi 10 juin 2016, à 21h, il le donnera pour la première fois à Buenos Aires, au Palacio La Argentina, rue Rodríguez Peña 361 (entrée 250 $ ARG). Ce sera aussi le lancement du disque qui a retenu l'attention des chroniqueurs de Página/12 qui a publié le 8 juin une interview de Leonardo Pastore. Le chanteur y explique sa passion pour le tango et le Zorzal Criollo (2) comme on surnomme Carlos Gardel et y confie la difficulté de ne pas tomber dans l'imitation de celui qui a transformé l'esthétique du tango chanté en y introduisant le bel canto dans les années 1920.

Pour en savoir plus :
connectez-vous à la page Facebook de Leonardo Pastore
visitez le site Internet de l'artiste grâce auquel vous aurez affaire à des extraits de l'album.



(1) Il y avait bien un musicien qui promettait mais il avait une douzaine d'années et il jouait comme les gringos (les Européens), d'après Gardel lui-même. Ce qui ne l'empêcha pas de lui faire donner un petit rôle dans la comédie musicale El Día que me quieras, de le prendre comme accompagnateur d'un enregistrement fameux de Silencio et enfin de souhaiter le prendre avec lui dans la suite de sa dernière tournée en 1935. Le père refusa eu égard au jeune âge de son fils. Cet enfant s'appelait Astor Piazzolla.

(2) Traduisez "Le Rossignol sud-américain".

samedi 15 mars 2014

Ce soir, León Gieco interviewe Joan Baéz [à l'affiche]

Photo TV Pública

Ce soir, samedi 15 mars 2014, Canal 7, la télévision généraliste publique, diffuse une interview (enregistrée) de la chanteuse, égérie de la contre-culture nord-américaine des années 70 et 80, Joan Báez, qui se produisait cette semaine au Gran Rex, un théâtre de l'avenue Corrientes. (voir mon article du 9 février 2014). Et l'intervieweur n'est n'importe qui : c'est le rockeur argentin León Gieco, un grand de la musique populaire, auteur, compositeur et interprète.

A voir ce soir, sur le canal public, à 22h, heure locale (en pleine nuit à l'heure européenne). Pour regarder en direct par streaming, il faut vous inscrire à l'avance puis vous identifier.

Pour aller plus loin :
lire la présentation de l'émission sur le portail de la télévision nationale (sur ce portail, vous pouvez suivre le programme en direct)
se connecter à la page Facebook de León Gieco.

lundi 18 novembre 2013

Trois jours d'hommage à Mercedes Sosa à Buenos Aires [à l'affiche]


Le Festival d'art populaire Mercedes Sosa en est à sa deuxième édition. Il se tiendra aujourd'hui puis mercredi et jeudi au Teatro IFT situé rue Boulogne-sur-Mer au numéro 549, dans le quartier de l'Abasto.


La manifestation organisée par le Cefma, cercle intellectuel marxiste (1), veut mettre en relief les liens existant entre l'œuvre de la grande folclorista et l'Argentine du présent. Un grand nombre d'artistes de folclore, de rock et de tango se succéderont donc sur la scène de ce théâtre (voir l'affiche ci-dessus, en cliquant dessus pour une meilleure résolution). Les conférences se rapportent au cinquantième anniversaire du Manifeste du Nouveau répertoire de chanson (Manifiesto del Nuevo Cancionero), un manifeste sur l'identité politique de la chanson argentine pendant la guerre froide, et des trente ans du retour de la Démocratie (10 décembre 1983).

Le Festival s'ouvrira, ce soir, lundi 18 novembre 2013, à 21h, avec la projection d'un documentaire du fils de Mercedes Sosa sur sa maman. Entrée : 25 pesos.

Les deux autres jours, l'entrée est fixée à 50 pesos (ce n'est vraiment pas énorme, mais ça nous change de la plupart des festivals dont vous aurez sans doute remarqué qu'ils sont à entrée libre et gratuite, qu'ils s'agissent des festivals organisés par la Ville autonome de Buenos Aires et son gouvernement si affairiste, ou des manifestations alternatives, montées par des organisations qui s'inscrivent franchement dans l'opposition). Le festival du CEFMA est donc une espèce d'ovni venant d'un tel courant de la gauche !


Página/12, qui patronne la manifestation, lui a consacré un article dans ses pages culturelles.

Pour aller plus loin :


(1) Mercedes Sosa a appartenu un temps au parti communiste argentin, comme Atahualpa Yupanqui et Osvaldo Pugliese. Les deux premiers ont fini par quitter l'organisation, comme beaucoup d'intellectuels après le rapport Kroutchev. Le dernier en est resté membre jusqu'à son dernier souffle. Dans la vie politique effective de l'Argentine, le marxisme a eu peu d'influence concrète. En revanche, son influence a été très puissante dans la vie intellectuelle et culturelle de tout le pays, il a même gagné certains courants théologiques catholiques (dans la théologie de la libération qui a investi tout le sous-continent).

vendredi 4 octobre 2013

Manifestation de soutien au Proyecto de Orquestas Infantiles – Article n° 3300 [Actu]

Répétition de La Bohème, avec le Coro Infantil de Buenos Aires (31 août 2013)

Hier, devant le palais du Gouvernement portègne, à l'appel du syndicat UTE, une manifestation s'est rassemblée pour soutenir une nouvelle fois, publiquement, le Proyecto de Orquestas Infantiles de Buenos Aires, mis en péril par les sévères coupes budgétaires qui touchent tout le secteur non marchand de la capitale argentine : la santé, la culture et l'enseignement. Deux vedettes de la chanson ont apporté leur appui, le rockeur León Gieco et le folkloriste Peteco Carabajal, pour remettre une pétition qui a recueilli 35 000 signatures.


Le Proyecto de Orquestas Infantiles est un grand programme d'enseignement collectif de la musique, monté il y a des années par le Maestro Claudio Espector, dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler, notamment lors de sa nomitation comme Personalidad Destacada de la Cultura (voir mon article de juin 2013). Son but est l'intégration culturelle et sociale des enfants des bidonvilles de Buenos Aires et ça marche. Les cours et répétitions d'orchestre ont déjà sauvé des jeunes de la délinquance, de la violence, de la drogue, les ont réconciliés avec les études et leur ont rendu de la fierté grâce à l'expérience de la réussite individuelle et en groupe...

Répétition de l'orchestre des petits dans la salle polyvalente d'une école primaire

En août dernier, j'ai eu l'occasion de visiter l'un des centres d'enseignement, dans une école située à la limite entre Puerto Madero (le quartier le plus chic de Buenos Aires) et le port de La Boca (une des zones les plus défavorisées). Les cours, toujours collectifs, sont donnés par famille d'instruments dans les petites salles de classe et les répétitions des deux orchestres de cette zone, un orchestre d'enfants du primaire jusqu'à 14 ans et un autre d'adolescents, se tiennent dans le hall de l'école qui accueillent les récréations quand il pleut et les activités sportives (photo ci-dessus). Ces locaux sont les plus confortables de tous ceux à la disposition du programme. Dans les autres, en général, on ne peut rien faire par mauvais temps : il pleut à l'intérieur. Et pourtant les bonnes volontés abondent : les professeurs sont des musiciens du Teatro Colón, de la Orquesta Típica Fernández Fierro, des meilleurs écoles et conservatoires de la région. Des mères de famille sont présentes et aident de leur mieux. Mais tout le reste manque : des locaux adaptés, des moyens de transport efficaces pour conduire les enfants de chez eux au lieu de répétition, de l'argent pour acheter des instruments et les entretenir et même pour fournir une pause-goûter convenable à ces gamins en pleine croissance (et dont vous constatez,en observant leur silhouette, qu'ils souffrent de forts déséquilibres alimentaires).

Après cette première partie de la matinée passée à l'école, avec d'autres visiteuses, étrangères elles aussi et fort engagées dans le soutien à ce projet, Claudio Espector m'a emmenée avec lui au Teatro Avenida, en plein centre-ville, à quelques pas de Avenida de Mayo y 9 de Julio : il devait y assister aux répétitions de La Bohème auxquelles participait le Coro Infantil de Buenos Aires, la partie chant du Proyecto, et donner une interview à Canal 9 pour le journal télévisé auquel il m'a demandé de prêter un bref concours, ce que j'ai fait de bon cœur.
Regarder depuis les fauteuils d'orchestre, dans une belle salle à l'italienne, vide et obscure, ces bouts de chou et ces adolescents sur cette scène, l'une des plus prestigieuses de la capitale, c'était tout à fait réjouissant. Ils s'amusaient mais avec beaucoup de sérieux et une infinie patience, reprenant sans cesse une courte scène, au milieu des artistes lyriques professionnels, le tout sous la direction conjointe du chef d'orchestre, avec ses musiciens dans la fosse, et de la metteur en scène qui allait et venait sur les planches pour placer tout son petit monde, essayant et réessayant différentes formules...

Répétition sur la scène du Teatro Avenida

Ce matin, Página/12 rend compte de la manifestation de rue et publie les déclarations des uns et des autres. Je vous livre ici celles que je juge les plus significatives :

Adriana Weschler, déléguée syndicale et porte-parole des professeurs :
“Lo que tenemos claro es que el gobierno porteño está generando un vaciamiento del programa, porque además la subsecretaria de Equidad Educativa porteña, Soledad Acuña, está clonando el proyecto y realizando algo similar pero no igual, porque no son orquestas de inclusión social”.

Ce qui nous apparaît en toute clarté, c'est que le gouvernement portègne est en train de vider le programme de sa substance parce qu'en plus, la sous-secrétaire portègne à l'Equité Pédagogique, Soledad Acuña, est en train de cloner le projet et de mettre en œuvre quelque chose qui y ressemble tout en étant différent car ces orchestres ne font pas d'intégration sociale.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Claudio Espector :
“El gobierno de Macri nos acusa de hacer política y nosotros le respondemos que sí, hacemos política cultural para que el arte y la música sean un derecho de todos y todas y no un privilegio para pocos”.

Le Gouvernement de Macri nous accuse de faire de la politique et nous, nous lui répondons : Oui, nous faisons de la politique culturelle pour que l'art et la musique soient un droit pour tous et pour toutes et non pas un privilège pour quelques uns.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Difficile de lui donner tort !


♫  ♪ ♪  ♫


Au séjour culturel que monte actuellement Human Trip et que j'accompagnerai à Buenos Aires du 24 avril au 8 mai 2014, comme guide conférencière, une action solidaire sera associée comme c'est la spécificité de l'agence aixoise Human Trip. Cette action sera orientée vers le Proyecto de las Orquestas Infantiles de Buenos Aires. Il est même prévu que nous passions une matinée avec les enfants et leurs professeurs pour apprendre auprès d'eux comment sortir d'une situation sociale désespérante grâce à la musique partagée et pour que notre présence -des Européens, si vous saviez ce que ça représente de fierté pour ces enfants-là !- les encourager dans cette voie prometteuse. Car malgré toutes ces difficultés, l'orchestre et le chœur sonnent bien ! Le programme de ce voyage sera très bientôt en ligne sur le site Internet de Human Trip, avec toutes les informations commerciales, les tarifs, l'hôtel, les modalités d'inscription ainsi que celles de la participation à cette action solidaire.

Pour en savoir plus :
lire mes articles sur le voyage

Ajout du 25 novembre 2013 :
Ecouter aussi le bobino de soutien dans l'émission Fractura Expuesta, diffusée par la radio de Madres de Plaza de Mayo (La Voz de las Madres)

lundi 8 avril 2013

Les Argentins se mobilisent autour des sinistrés [Actu]


Le bilan des décès semble désormais effectivement fixé au chiffre de 51 morts mais les sinistrés sont 350 000. 350 000 personnes pour lesquelles hier deux grands du rock nacional se sont mobilisés pour animer deux méga-concerts destinés à collecter des fonds, des vivres et des articles de première nécessité avec une pléiade de musiciens argentins : León Gieco était à Avellaneda, dans la banlieue sud de Buenos Aires, et Fito Páez à Palermo, au Planetarium.

Des milliers de personnes, dans une grande variété d'appartenances philosophique, idéologique et métaphysique, se sont déplacées pour apporter des vêtements, des vivres, des matelas, des sommiers, des médicaments pour les collectes de solidarité. Página/12, le chantre de l'anticléricalisme argentin (et vous savez maintenant que ce courant est déterminé) souligne la présence de nombreux uniformes de scouts dans cette fourmilière industrieuse et énergique.

Les gens ont parfois apporté des objets en mauvais état, de la vaisselle abîmée, des chaises bancales, mais tout a été accepté, car tout cela est mieux que rien pour ceux qui ont tout perdu dans la violence de l'inondation.

Le quotidien raconte comment les cris habituels avaient changé de sens au cours de cette grande nuit de solidarité : ainsi ce garçonnet qui crie "Comida. Comida" (à manger, à manger) non pas pour proposer, comme c'est si souvent le cas dans les rues de Buenos à l'approche de l'heure du déjeuner, des empanadas qu'il vend à l'unité en les tirant d'une boîte en plastique où sa mère les a rangées en les sortant du four vingt minutes avant, mais pour signaler qu'il tenait un point de collecte des vivres...

Les biens ainsi collectés étaient immédiatement entreposés dans les camions qui partaient les uns après les autres vers La Plata (à 80 km plus au sud) au fur et à mesure qu'ils étaient pleins, sous les applaudissements des bénévoles.

La Présidente Cristina de Kirchner a aussi fait une nouvelle visite sur place, dans la capitale provinciale, pour faire le points avec différentes organisations bénévoles d'aide, de soutien et de collecte, dont une école, la Faculté de Journalisme de l'Université de La Plata, une des plus connues du pays (je suppose que l'étudiant qui m'a contactée il y a quelques jours pour un article sur Alorsa s'y active de tout son cœur et je le salue très cordialement) et, par surprise, elle s'est aussi rendu à l'église San José (Saint-Joseph) qui est devenu le quartier général de Cáritas Argentina à La Plata. Elle a donc tenu à rendre visible la diversité du pays à l'occasion de ce déploiement de solidarité. Comme quoi, à quelque chose malheur est bon : il est assez exceptionnel en Argentine que tous les courants du pays se voient ainsi reconnus et honorés à part égale. Du coup, Página/12 a recueilli les commentaires du responsable local de Cáritas, Eduardo Martínez (il les a peut-être choisis mais je ne pense pas qu'il les ait trahis) :

“Esto que estamos viendo es la consecuencia de que ella haya estado aquí”, señaló Martínez, al referirse a la llegada de seis camiones con colchones, frazadas y alimentos y agregó: “Habló con la gente, vio lo que se estaba haciendo y nos preguntó qué necesitábamos. Esto es un claro ejemplo de que estamos trabajando en conjunto”.

"Tout ce qu'on voit là, c'est le résultat de sa visite ici [au lendemain de la catastrophe], dit Martínez à propos de l'arrivée de six camions avec des matelas, des couettes, des vivres" et il a ajouté : "elle a parlé avec les gens, elle a vu ce qui se faisait et elle nous a demandé de quoi nous avions besoin. Voilà un exemple incontestable qu'on est en train de travailler ensemble".
(Traduction Denise Anne Clavilier)

C'est une des premières fois, sinon la première, que je constate qu'on parle d'elle, dans un secteur social qui n'est pas le camp kirchneriste, comme on parlerait ici en Europe d'un chef d'Etat issu d'une longue tradition démocratique et qui, dans un cas comme celui-là, abandonne spontanément et immédiatement les petits clivages politiciens...

C'est d'autant plus remarquable qu'on est en période électorale et que la Présidente est allée aussi rendre visite aux équipes de la Campora, qui sont elles indubitablement "son" camp.

En savoir plus :
lire l'article de Página/12 sur les concerts de collecte
lire l'article de Página/12 sur la nouvelle visite de la Présidente sur la zone sinistrée.