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vendredi 25 septembre 2026

Ma prochaine conférence se fera en liaison transcontinentale [à l’affiche]


Le jeudi 1er octobre 2026, à 15h (heure locale), je participerai en visioconférence et bien entendu en espagnol au 4e congrès belgranien organisé par l’Instituto Belgraniano de la República Argentina, une association sans but lucratif qui a remplacé l’Instituto Nacional Belgraniano, rayé d’un trait de plume par un décret présidentiel de Milei au début de son mandat, sous prétexte de faire faire des économies à l’État.


Les historiens qui constituaient l’INB et l’académie qui lui était liée ont refusé de laisser disparaître cet organisme qui mêlait, avec trois francs six sous d’argent public, une double mission de recherche et de mémoire. Le nouvel institut, privé, a conservé le même président, Manuel Belgrano, qui est l’un des descendants du général indépendantiste. Manuel a le grand mérite d’encourager au sein de l’institut une haute qualité historiographique et scientifique, ce qui n’est pas la caractéristique majeure des institutions d’histoire en Argentine, où le récit, parfois mythifié, l’emporte souvent sur l’analyse scientifique.

Interview radiophonique du président Manuel Belgrano à Corrientes
pour présenter l'événement

Ma conférence aura pour titre : El general Manuel Belgrano - Observaciones desde la perspectiva de una historiadora francesa. Il n’est pas prévu de retransmission vidéo hors de la salle de conférence. En revanche, l’institut prévoit d’ores et déjà de publier les actes du congrès sous la forme d’un ouvrage qui sera téléchargeable dans un délai qui est encore inconnu. Hier soir, j’ai remis mon texte et ses illustrations et j’attends les éventuelles corrections, notamment grammaticales et, le cas échéant, stylistiques.

Invitation officielle à l'inauguration du congrès
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le congrès se tiendra du 1er au 3 octobre 2026 dans la ville de Corrientes, capitale de la province homonyme, patrie des agrumes, de la yerba mate et du chamamé, une ville (à l’époque un village) où le général Manuel Belgrano est passé au tout début de la Révolution argentine.


Comme vous avez pu vous en rendre compte, la préparation de mon laïus m’a rendue assez peu disponible pour ce blog. Il est probable que je retrouverai un peu plus de liberté au mois d’octobre, dès lors que les deux obstacles de ces derniers mois auront disparu : les canicules à répétition de cet été éprouvant et ce long mais passionnant labeur rédactionnel…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Al Corriente, média d’information local
lire l’article de El Litoral, édition de Corrientes, l’un des quotidiens papier locaux.

dimanche 2 octobre 2022

Prix Général Belgrano et interview à la télé dans l’émission de Nolo Correa – article n° 7100 [Chronique d’Argentine]

En compagnie du président de l'INB, Manuel Belgrano,
un descendant du général dont un portrait imaginaire trône derrière nous


Le 23 septembre dernier, à Buenos Aires, le président de l’Instituto Nacional Belgraniano m’a remis le prix General Manuel Belgrano pour l’ensemble de mon travail de vulgarisation de la culture argentine en français et tout particulièrement pour la biographie de Manuel Belgrano que j’ai publiée en France en 2020, quelques semaines à peine avant le premier confinement (Manuel Belgrano, l’Inventeur de l’Argentine, Éditions du Jasmin).


Ce travail avait été présenté à l’Ambassade argentine, le 27 février 2020, une date symbolique qui émeut beaucoup les membres de l’Institut puisqu’il s’agit de la date de la création du drapeau national, imaginé par Manuel Belgrano afin de distinguer sur le champ de bataille les troupes révolutionnaires qu’il commandait de celles de l’ennemi, les troupes coloniales fidèles à l’Ancien Régime, alors que jusqu’à cette date, tout le monde combattait sous les mêmes couleurs rouge et jaune, celles de l’Espagne.


Le titre que j’ai donné à cette biographie a lui aussi beaucoup plu car il rend compte de l’un des aspects du personnage qui est très peu et très mal développé dans le discours que les Argentins tiennent traditionnellement sur lui. Trop souvent, Belgrano y est en effet réduit à la seule création du drapeau. Or dans sa courte vie, il a réalisé infiniment plus. Dans ces conditions, qu’une historienne française en parle ainsi ! Surtout si en plus, elle a travaillé directement à partir des sources et non pas de l’habituel salmigondis de biographies publiées en Argentine pas d’autres auteurs… cela pouvait impressionner ce public de connaisseurs.

Une partie de la promotion 2020-2022.
Je suis entourée de l'historien Matías Dibb et de l'aumônier de l'INB
au premier rang

A cause de la pandémie, cette année, la cérémonie a exceptionnellement rassemblé trois promotions successives de récipiendaires. En ce jour du 23 août qui marque l’anniversaire de l’Évacuation de Jujuy (Exodo Jujeño), elle résonnait d’autant plus pour moi qu’au même moment, dans un autre point du globe où je vis, en Europe, un autre pays était en train d’assurer son avenir en évacuant une partie de son territoire avant de lancer une contre-offensive dont on admire maintenant le succès… Comme en 1812 ! Puisque que l’Exode Jujègne fut suivi d’une spectaculaire reconquête du territoire perdu, Belgrano remontant avec succès jusqu’en Bolivie !

Avec l'historienne Norma Ledesma lors de la remise du prix
sous les yeux de l'actuel colonel des Patricios

Tout le monde s’était rassemblé à Palermo, dans le grand hall d’honneur de la caserne du 1er Régiment d’infanterie dit de Los Patricios, dont Manuel Belgrano (1770-1820) a été le second commandant. Los Patricios est le plus ancien régiment du pays. A Buenos Aires, il assure les missions de protocole et de sécurité des autorités municipales. Il a en effet été constitué en 1806 comme milice citoyenne de volontaires de Buenos Aires pour repousser un corps expéditionnaire britannique qui cherchait à s’emparer d’un bout de l’empire espagnol puisque le roi Carlos IV était alors allié de Napoléon : il s’agit d’un épisode épique, baptisé Las Invasiones Inglesas, dont les Portègnes tirent une légitime fierté et dont Manuel Belgrano, encore économiste civil à la tête de la Corporation des Marchands, a été considéré par ses contemporains comme l’un des principaux héros, au point que les autorités municipales encore coloniales ont donné son nom à l’une des rues de la petite bourgade qu’était alors Buenos Aires. C’était la première fois que la ville introduisait des noms historiques dans sa toponymie, remplie jusqu’alors de saints et de notions religieuses.

Après toutes ces émotions matinales, on avait faim !
Un magnifique et très bon gâteau au dulce de leche nous attendait
sous ce décor en pâte d'amande réalisé par une pâtissière amateure très douée

En ce 210e anniversaire de l’Exodo Jujeño, la musique du régiment a participé à la fête... avant de retourner à ses répétitions de l’hymne ukrainien, puisque le lendemain, le 24 août, l’ambassade de ce pays fêtait sa propre fête nationale, son jour de l’Indépendance (restée parfaitement inaperçue dans ce pays gouverné par des prorusses qui ne savent pas trop comment, à l’heure actuelle, ils vont se dépatouiller quand il faudra se prononcer d’ici quelques jours, à l’assemblée générale de l’ONU, sur les rapines de la dictature russe sur le territoire ukrainien).



Une semaine plus tard, cette fois-ci à San Telmo, dans la salle de La Vereda de Beba, un cena-show de taille modeste, je participais à une émission que je connais depuis plusieurs années, Hablando de Arte con Nolo Correa. Un talk-show culturel, en espagnol bien sûr, diffusé à la radio puis à la télé, sur une chaîne de la TNT argentine. Depuis plusieurs années, Nolo Correa, qui en est le producteur et l’animateur principal, diffuse aussi l’émission sur Youtube, où l’on peut donc regarder l’ensemble de la collection, semaine après semaine. Et comme Nolo est un excellent intervieweur, cela vaut la peine de s’abonner à cette chaîne digital.

Un petit retour sur images que je suis heureuse de partager sur Barrio de Tango.

© Denise Anne Clavilier

mardi 7 juin 2022

Ce soir à la Legislatura, découvrez la maison natale de Belgrano [Disques & Livres]

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Roberto Collimodio et Alejandro Maddoni présenteront ce soir, mardi 7 juin 2022, à 18 h, leur ouvrage sur l’histoire de la maison familiale de Manuel Belgrano, où il est né, le 3 juin 1770, et où il est mort, le 20 juin 1820.

Il s’agit d’une maison qui a disparu. Elle a été démolie au début du 20e siècle parce qu’elle tombait progressivement en ruine et qu’aucun propriétaire privé ne voulait se charger de sa restauration. A cette époque, l’État, aux mains de la Generación del Ochenta, une clique oligarchique incroyablement corrompue, n’avait aucune conscience de l’existence d’un patrimoine historique national. Cette très belle maison patricienne, qui avait appartenu à l’un des plus riches, si ce n’est le plus riche des marchands coloniaux de la ville, le père du général Belgrano, s’élevait sur ce qui est aujourd’hui l’avenue Belgrano, à quelques pas à peine du couvent des dominicains, dans l’église desquels les membres de la famille avaient obtenu le droit de sépulture et sur le parvis de laquelle se trouve aujourd’hui le fastueux tombeau du général.

Le livre préfacé par deux autorités, d’une part le président de l’Instituto Nacional Belgraniano, qui est un descendant de Manuel Belgrano dont il porte le nom, et d’autre part le très grand archéologue de Buenos Aires qu’est l’architecte Daniel Schávelzon, est donc l’histoire enfin reconstituée de ce morceau de patrimoine perdu. Cette histoire qui restait à faire. Merci à eux de s’y être collés.

La présentation aura lieu au Salón San Martín de la Legislatura, le parlement unicaméral de la Ville Autonome de Buenos Aires, à quelques centaines de mètres à peine de ce petit coin de la capitale où a vécu et où est mort le général Manuel Belgrano, créateur du drapeau national et défenseur par les armes de l’intégrité du territoire du pays que la révolution de Mai mettait au jour.

© Denise Anne Clavilier

Quatrième de couverture de l'ouvrage
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lundi 23 novembre 2020

Venado Tuerto propose sa conférence en association avec l’INB [à l’affiche]

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L’association culturelle belgranienne (ACB) de la ville de Venado Tuerto, située dans le sud de la province de Santa Fe, propose mercredi 25 novembre 2020, à 20h (heure argentine), soit minuit (CET), une conférence sur le rôle du général Manuel Belgrano dans l’organisation nationale de ce qui allait devenir l’Argentine et était à son époque les Provinces-Unies du Sud (ou du Río de la Plata, ça dépend de l’année).

La conférence sera donnée par Diego Reinoso Mántaras.

Le président de l’Instituto Nacional Belgraniano (INB) participera à la manifestation qui se tiendra grâce à Zoom comme l’indique l’affiche virtuelle ci-dessus.

© Denise Anne Clavilier

Participation libre et gratuite sans inscription préalable.

Peu à peu les propositions se bousculent au portillon au fur et à mesure que nous nous approchons de la fin de cette année 2020, qui est à la fois l’Année du Général Manuel Belgrano et celle de cet affreux grand confinement planétaire qui a fichu en l’air tous les projets normaux qu’il a fallu réorganiser ou réinventer, et ce fut difficile pour tous les organisateurs dans toute l’Argentine.

mardi 17 novembre 2020

L’Année Belgranienne résiste encore et toujours à la pandémie [à l’affiche]

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Demain, mercredi 18 novembre 2020, à 20h (heure argentine), minuit en Europe (CET), le président de l’Instituto Nacional Belgraniano, homonyme du général Manuel Belgrano (1), sera l’invité de l’Association Culturelle Belgranienne d’Olavarría, une ville de la pampa en plein milieu de la province de Buenos Aires.

Cette causerie se réalisera par Zoom.

Participation libre et gratuite selon les modalités indiquées sur l’affiche virtuelle ci-dessus.

J’invite mes lecteurs hispanophones à ne pas manquer ce rendez-vous : le président Manuel Belgrano, lorsqu’il parle du général, tient un discours très original dans le contexte argentin puisqu’il reste collé à l’historicité du personnage et des événements quand la plupart des conférenciers sud-américains évoquent des figures religieusement révérées, ce qui fait que tous les orateurs disent tous à peu près les mêmes choses. Le président Belgrano fait partie de ces quelques responsables qui stimulent et encouragent la recherche scientifique rigoureuse en matière d’histoire.

© Denise Anne Clavilier



(1) Cela n’a rien de surprenant. Il descend en ligne directe du héros de la Révolution de Mai dont on célèbre cette année les 250 ans de la naissance et le bicentenaire de la mort.

vendredi 4 septembre 2020

Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine : première présentation en Argentine et en espagnol [ici et là-bas]

Bilingue / Bilingüe


Dans la nuit de dimanche à lundi, j’ai été invitée par le président de l’Instituto Nacional Belgraniano, Manuel Belgrano (un descendant de la sixième génération), à présenter la biographie que j’ai publiée en février dernier aux Éditions du Jasmin. Il était deux heures du matin en France et à cette profondeur de la nuit, mon espagnol n’est pas aussi fluide qu’en plein jour mais ça passe tout de même, à en croire l’enthousiasme que les participants ont montré à travers le chat qui accompagnait la causerie et que je publie ci-dessous en anonymisant tout le monde (1).

Comme l’a dit le président dans ses paroles d’introduction, c’était en fait la deuxième présentation en Argentine : la première s’est faite à l’Ambassade, qui est une enclave territoriale argentine en plein Paris, mais je me suis exprimée alors en français (cette toute première conférence est d’ailleurs disponible sur Dailymotion, sous le titre Manuel Belgrano : trois vies en une).

La présentation en espagnol a pris place dans une série de soirées du dimanche, Veladas para la Historia, qui permet à l’Institut de célébrer l’Année du Général Manuel Belgrano, gâchée dès son début par la pandémie qui l’a contraint à annuler toutes les manifestations publiques prévues dans l’ensemble du pays.

Pour voir la conférence, cliquez sur ce lien.

- * - * - * -

A las 21 (hora argentina, o sea las 2 de la madrugada en Francia), por primera vez y a pesar de la pandemia que suspendió mi estadía anual en el país, presenté la biografía del general que publiqué a principios del año bajo un título que llama la atención de los argentinos : Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, lo que se explica por el cáracter 100 por ciento desconocido del prócer en Europa.

La charla por Zoom quedó grabada y la subí hoy en mi canal video de Dailymotion. Se puede ver haciendo click en el link.

En el chat (contenido abajo), que pudé leer al día siguiente, uno de los participantes quiso saber cómo conseguir el libro en su versión francesa. Le contesto acá: por el sitio Web leslibraires.fr (armado por el ministerio de Cultura francés y todo el sector del libro) para que Amazon no nos destruyera este ámbito, o comunicándose directamente en francés o inglés con el editor, a través de la Web de la editorial o su página Facebook. Según el nivel de apertura econámica de su provincia o departamento, se puede contactar la Alianza Francesa local (la red AF tiene un vínculo privilegiado con la librería francohablante de Buenos Aires, Las Mil y Una Horas, que desgradaciamente nunca atendió a los lectores particulares que fueron a consultarla de mi parte pero sí atiende a las Alianzas).

Cliquez sur l'image pour une haute résolution



(1) Je n’ai pas pu demander l’autorisation de publication à tout le monde. J’ai donc réduit tous les noms à leurs initiales telles qu’elles apparaissent à travers Zoom même lorsque je connais personnellement et amicalement tel ou tel intervenant (c’est le cas de NM).

dimanche 30 août 2020

Esta noche, Velada para la Historia del Instituto Nacional Belgraniano [à l’affiche]

Esta noche, domingo 30 de agosto del 2020, a las 2 de la madrugada (hora francesa), o sea las 21 de la Argentina, presentaré mi libro Belgrano, L’inventeur de l’ Argentine, primera biografía del prócer en francés, en esta Velada para la Historia, producida por el Instituto Nacional Belgraniano en el cuadro del Año del General Manuel Belgrano.


Conducen Manuel Belgrano, presidente del INB (y descendiente del General), Juan Marcelo Calabria, que conocí en el congreso internacional de historia de Mendoza en el 2014 (bicentenario de la gobernación de San Martín en la provincia de Cuyo) y Roberto Colimodio, que conocí en otro congreso de historia, esta vez en San Juan, en el 2017 (bicentenario del Cruce de los Andes).

La videoconferencia se celebra a través de la plataforma Zoom, según las indicaciones del afiche virtual.

Dentro de unos días, publicaré la charla en mi canal de video de Dailymotion.

jeudi 4 juin 2020

Au lendemain du 250e anniversaire de Manuel Belgrano [Actu]

Au premier plan, à droite, le président de l'INB, Manuel Belgrano
La plaque apposée hier par le ministre rejoint les deux autres,
beaucoup plus anciennes et moins lisibles (plus haut perchées)

Ce n’est pas spectaculaire mais, dans les conditions très particulières que nous vivons, ça a le grand mérite d’exister : le ministère de la Culture offre à tous les Argentins des éléments d’hommage à Manuel Belgrano sous des formes variées et tout est accessible en ligne. Cela n’a pas dû être de tout repos à monter.
Le ministre a en effet pris ses fonctions le 10 décembre, il a dû commencer par reconstruire son ministère et tous ses outils de communication (site Internet, réseaux sociaux, etc.) puisque la culture avait été ravalée deux ans auparavant au statut d’un simple secrétariat d’État au sein du ministère de l’Éducation, puis les vacances d’été sont arrivées en même temps que les grands festivals provinciaux, et à peine la rentrée effectuée le 1er mars, le confinement s’est abattu sur tout le pays le 20 du même mois. Buenos Aires et sa banlieue n’en sont toujours pas sortis tandis que la courbe épidémique continue de grimper.

Symbole de la mini-série documentaire
Le ministre est cinéaste documentariste de profession !

Dans ces circonstances, on n’a pas le droit de se plaindre : le ministère n’a pas laissé passer la date symbolique du 3 juin, ce n’est déjà pas si mal, et, à partir d’hier, il a mis et continuera de mettre en ligne des documents variés. On peut imaginer sans peine que les employés ont vécu, comme nous tous, une vraie course contre la montre pour sortir les choses à temps. Bravo à eux.

Une collection d'objets conservés dans les musées nationaux
et ayant appartenu à Belgrano ou lui rendant honneur
compose la couverture de ce premier volume de Sobre Manuel Belgrano

Sur les sites dépendant du ministère, on trouve deux types de documents, d’une part de l’audiovisuel et de l’autre des imprimés virtuels (en format pdf) :

D’abord le premier épisode d’une série de onze courts-métrages documentaires d’environ cinq minutes chacun sur la chaîne Youtube, sous le titre Tras las huellas de Belgrano ("pour suivre Belgrano à la trace"). Une heure en tout et pour tout. On peut bien entendu regretter que ce soit très peu et même trop peu pour un personnage historique de cette taille mais cette heure n’a pas dû être facile à bâtir alors que les tournages sont empêchés par le confinement et le simple bon sens en pleine double crise sanitaire (covid-19 + dengue, sans parler de l’arrivée prochaine de la grippe saisonnière). Et bien entendu avec ce gouvernement, mais heureusement sous un minuscule format aussi (1 mn 21 de vidéo), on retrouve l’inévitable militant péroniste qui se présente comme un historien, Pacho O’Donnell (1). Ils auraient pu s’en passer !

Toute l'iconographie du maté pour symboliser
l'ouverture d'esprit de Manuel Belgrano envers les Amérindiens

Ensuite une série de trois livrets pdf disponibles en ligne et téléchargeables gratuitement :
deux écrits de Belgrano lui-même, déjà très présents sur Internet (2), l'un privé l'autre officiel, d’une part son autobiographie, rédigée en 1814 pendant qu'atteint de malaria, il attendait l’arrivée de San Martín à Tucumán (63 pages en tout) et d’autre part le règlement qu’il a donné aux trente-trois villes et villages guaranis fondés par les jésuites dans leurs anciennes missions dans les provinces de Corrientes et Misiones et l’actuel Paraguay (26 pages, introduction comprise),
et un volume, intitulé Discursos a la carta (52 pages), et qui ne contient pas de discours de Belgrano mais six créations littéraires de commande dont les auteurs, trois femmes et trois hommes, choisis aux quatre coins du pays, brodent autour de cette figure historique pour bâtir un discours pour l’une ou l’autre de ces cérémonies qui auraient dû avoir lieu en ce mois de juin et qui ont toutes été annulées. Pour nous, ici, en Europe, ce dernier volume n’est pas très passionnant mais pour les enseignants, contraints à réinventer leur métier à travers les outils de l’école à distance, qu’elle soit privée ou publique, c’est sans doute un matériel fort utile (là-bas aussi, les élèves décrochent à tour de bras malgré les efforts déployés par les professeurs, l’Éducation nationale, les ministères provinciaux et la télévision publique et l’institution scolaire ne sait plus quoi inventer pour limiter les dégâts, scolaires et sociaux).

Le jeune Belgrano à vingt-trois ans
alors qu'il vient de prêter serment au barreau de Madrid
(et non pas à Londres en 1815, comme il est dit à la fin du document)
Voir ma conférence Manuel Belgrano : trois vies en une
sur Dailymotion pour en savoir plus

Table des matières de Discursos a la carta
Cliquez sur les images pour de meilleures résolutions

Bref, on lit, presque à livre ouvert, le projet politique qui sous-tend ces choix : une Argentine qui intègre les Amérindiens dans le roman national et qui promeuve les valeurs éthiques de ses pères-fondateurs, notamment leur désintéressement matériel et leur féminisme avant la lettre. Cela sent aussi un peu le bricolage mais il serait injuste de jeter la pierre à qui que ce soit puisque la crise mondiale entrave toutes nos démarches intellectuelles et, jusqu’à un certain point, techniques.

C'était le 1er régiment d'infanterie dit des Patricios qui rendait les honneurs
et non pas celui des grenadiers à cheval, comme il est d'usage pour des cérémonies nationales.
Mais Belgrano a été leur second chef historique.
Et puis c'est le régiment qui remplit les services d'honneur et de protocole de la Ville Autonome de Buenos Aires
et le ministre de la culture locale était sur place.
Admirez le masque régimentaire assorti à la tenue historique.

En dépit de toutes ces difficultés, l’existence de cette opération montre la volonté de ce gouvernement de faire connaître l’histoire nationale à un public large qui englobe tout le spectre social, culturel et géographique de la population. Ce n’était pas le cas de la majorité précédente.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 sur l’hommage rendu par le ministre, accompagné par l’ambassadeur d’Italie et le président de l’INB, lui-même descendant du général (3) et le dévoilement de la plaque à côté de la porte de l’Edificio Cramer, élevé à l’emplacement de la maison où Belgrano est né et où il a rendu l’âme cinquante ans plus tard (un immeuble de bureaux d’une laideur insigne)
lire l’article de Clarín présentant l’offre ministérielle et la démarche suivie (un point dont Página/12 ne dit pas un mot, ce qui prouve à quel point le confinement brouille toutes les cartes)
lire le communiqué du ministère sur l’hommage officiel d’hier
accéder aux documents à télécharger (compartir.cultura.gob.ar)
accéder à la chaîne You Tube du ministère où vous pourrez aussi voir le résumé vidéo de l’hommage officiel d’hier.



(1) A l’en croire et à en croire bien d'autres, Pacho O’Donnell fait de l’histoire. En fait, il crée de toutes pièces une lecture du passé national ultra-idéologique. Quand il cite des sources, c’est souvent en choisissant des passages en fonction du but politique qu’il poursuit dans son développement. Il passe pour un grand intellectuel chez les militants de la gauche nationaliste. J’ai dans ces cercles des amis qui le vénèrent et d’autres, ailleurs dans le spectre politique, qui ne peuvent pas le souffrir. Ses écrits tiennent plus du prospectus de campagne électorale que d’un travail de recherche historique mais c’est très difficile d’en parler posément là-bas.
(2) Notamment sur le site de l’Instituto Nacional Belgraniano. La seule explication que je vois au fait qu’ils aient ressorti ça sur leur site au lieu de renvoyer vers celui de cette institution qui dépend de ce ministère-là, c’est que la crise sanitaire ne leur a pas laissé beaucoup de marge de manœuvre pour produire des choses originales qui couvrent correctement l’ensemble du spectre des activités intellectuelles et politiques de Manuel Belgrano. Ils sont allés au plus pressé. Ceci dit, ils auraient fait un peu plus appel à l’Institut, cela ne leur aurait pas fait de mal. Seul un expert a été appelé à la rescousse, Matías Dibb, cité en fin de volume : un authentique historien, qui a passé sa thèse il y a quelques années (cela nous change des vieux maîtres auxquels on fait si souvent appel dans ce genre d’événement).
(3) Manuel Belgrano, qui posait le 22 mai dernier avec mon libre entre les mains devant le grand portrait en pied peint par Casimir Carbonnier à Londres en 1815. Voir mon article du 25 mai dernier.

mercredi 3 juin 2020

Ma conférence sur Manuel Belgrano sur Dailymotion en ce jour anniversaire [ici]

Pour voir la vidéo, cliquez sur ce lien

Comme je l’avais annoncé dimanche dernier, je marque le 3 juin ici en France (1) pour ce 250e anniversaire de la naissance d’un personnage-clé dans l’histoire argentine : Manuel Belgrano (1770-1820).

La conférence que j’avais donnée, en français, à l’Ambassade d’Argentine à Paris le 27 février est maintenant disponible sur Dailymotion sous la forme d’une vidéo où se mêlent une iconographie historique et la bande-son enregistrée rue Cimarosa, ce soir-là.

A cette occasion, je remercie à nouveau toutes les institutions qui avaient apporté leur appui à la sortie de mon livre, Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine :
l’ambassade, en premier lieu, présente sur Facebook
et mon éditeur, Les Éditions du Jasmin, qui ont déjà partagé l’information.

Dans la nuit, à 2h du matin (heure de Paris) mais à 21h ce soir à San Juan (Argentine), doit être diffusée sur les ondes et sur la chaîne Youtube de la petite Radio Madre de Dios une interview que j’ai enregistrée en espagnol avant-hier après-midi, grâce à Skype (merci Internet de nous permettre de continuer à vivre, nous qui nous époumonons dans le secteur culturel).

Voir la vidéo sous ce lien.
Voir l’ensemble de ma chaîne qui ne compte encore que trois vidéos (mais je vais en ajouter d’autres d’ici la rentrée).



(1) Il ne manquerait plus que je ne le fasse pas après avoir reçu le Prix Général Manuel Belgrano cette année !

lundi 25 mai 2020

Quand Manuel Belgrano en personne et en peinture salue(nt) mon travail à Olavarría [Disques & Livres]

Photo Tomás Pagano
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Le 21 mai dernier, Manuel Belgrano, président de l’Instituto Nacional Belgraniano et descendant du général dont 2020 est l’année en Argentine, est allé faire des enregistrements au Museo municipal Dámaso Arce auquel la famille a légué celui des deux portraits réalisés à Londres en 1815 et attribué à Casimir Carbonnier qu’elle tenait du héros révolutionnaire (1) : c’est le le plus ingrien des deux, celui où Belgrano apparaît en pied avec la bataille de Salta en arrière-plan (2). Ces enregistrements et photos étaient prévus en mars, juste avant que ne tombe la décision du confinement ! Et tout a dû être annulé.


Sean eternos los laureles
que supimos conseguir:
coronados de gloria vivamos
o juremos con gloria morir. (ter)
Que soient éternels les lauriers
que nous avons su gagner :
vivons couronnés de gloire
ou jurons de mourir dans l’honneur
(2nde et dernière strophe de l’hymne national argentin, Vicente López y Planes, 1813
Traduction © Denise Anne Clavilier)
Illustration : cocarde argentine
qu’il est d’usage d’épingler sur son vêtement aujourd’hui
mais cette année, tout le monde est à la maison,
alors c’est le blog qui arbore le symbole !

Cette photo de Manuel Belgrano posant avec ma biographie française de son ancêtre dans les mains devant ce très beau portrait aurait donc dû arriver il y a plusieurs mois. Seul l’allègement du confinement dans la province de Buenos Aires, très loin de la capitale fédérale, a enfin permis de la faire et vendredi, j’ai eu la surprise de la trouver dans mes mails !

La couverture de Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine reprend, quant à elle, l’autre portrait du général, lui aussi peint à Londres par Carbonnier. Celui-là est exposé au Museo Nacional del Cabildo y de la Revolución de Mayo dans le cœur historique de Buenos Aires, sur Plaza de Mayo.

Sur le portrait en pied, on devine un Belgrano encore très fatigué, souffrant sans doute encore de la malaria contractée au début de 1814 et dont on sait qu’en août 1815 il lui restait assez de symptômes pour qu’il aille prendre les eaux dans la petite et charmante ville thermale de Cheltenham. Sur le buste, en revanche, son regard est plus vif et il esquisse un sourire. Il semble en meilleure santé. Peut-être grâce au repos pris à Cheltenham. Et peut-être est-ce la raison pour laquelle il fit deux commandes au même artiste. Peut-être est-ce aussi quand il s’est senti mieux qu’il a finalement décidé de rentrer en Argentine tandis que son compagnon de mission, Bernardino Rivadavia, continuait ses recherches d’appui diplomatique à l’imminente déclaration d’indépendance en se rendant dans le Paris occupé par les Coalisés, après Waterloo et l’exil définitif de Napoléon.

L’ensemble de ces clichés sont à voir sur la page Facebook du photographe, Tomás Pagano, et sur celle de l’Institut. Il faut admirer le talent du professionnel qui a réussi à obtenir de ce grand tableau une photo presque sans reflet et avec une résolution si fine qu’on peut y voir nettement le détail du drapeau (juste au-dessus de la cuisse de Belgrano, à la verticale du genou : un carré blanc et un carré bleu ciel – ce sont bien les couleurs de l’Argentine).



(1) Casimir Carbonnier n’a pas signé ces deux tableaux très probablement parce qu’il n’en voyait pas l’intérêt. Il venait de s’installer à Londres pour éviter les humiliations réservées en France aux bonapartistes. Manuel Belgrano semble avoir été le premier dignitaire à lui passer commande. Le peintre exilé n’avait aucun besoin de faire connaître ses talents en Amérique du Sud où les tableaux allaient être emportés. Ce n’est pas là-bas qu’il trouverait des clients pour gagner son pain en Angleterre.
(2) Cette scène est très intéressante du point de vue historique : elle ne peut en effet avoir été conçue qu’à partir des indications du général lui-même. C’est la seule source datant du vivant de Belgrano que l’on possède sur le premier aspect du drapeau national, inventé par le général à Rosario le 27 février 1812 et arboré au feu pour la première fois à Salta un an plus tard. Casimir Carbonnier avait étudié dans l’atelier de David avant de passer à celui d’Ingres dont il devint un ami personnel au point que lorsqu’il rentra à Paris sous la Monarchie de Juillet, il alla s’installer dans le logement avec atelier d’artiste qu’Ingres venait de quitter dans la rue du Bac, à quelques centaines de mètres de la chapelle de la Médaille miraculeuse.

mercredi 20 mai 2020

Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine : la première critique d’une historienne argentine [Disques & Livres]

Lorsque le confinement a été décrété à quelques jours de différence en France et en Argentine, respectivement les 14 et 20 mars dernier, le bel édifice de l’Année du Général Manuel Belgrano, dont mon livre devait être la manifestation en France, s’est effondré, nous laissant tous assommés pendant plusieurs semaines. Depuis une petite quinzaine, nous parvenons à nous ressaisir et réinventons nos célébrations sur le mode virtuel. C’est ainsi qu’est né cet article de Norma Ledesma, qui travaille actuellement comme historienne à l’Instituto Nacional Belgraniano après avoir enseigné l’histoire pendant plusieurs années à l’Universidad del Salvador, une université fondée à Buenos Aires par les jésuites quand l’ordre (1) s’est réinstallé dans une Argentine devenue indépendante.

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Lorsque la poste argentine a livré mon livre au siège de l’Institut, une semaine avant le confinement, Norma a aussitôt emporté un exemplaire chez elle et s’est plongée dans sa lecture, malgré son ignorance du français mais la proximité entre nos deux langues nous aide à déchiffrer celle de l’autre, surtout avec une formation en histoire.

Il y a quelques jours, Norma m’a ainsi envoyé ses félicitations avec dans son mail une ébauche d’analyse de ce qui retenait son attention de spécialiste du sujet et l’idée est née d’en faire un texte pour vous, les lecteurs de Barrio de Tango. Je vous livre donc ci-dessous, en version bilingue comme toujours sur ce blog, cette première critique de l’ouvrage. L’original est justifié à gauche, ma traduction l’est à droite.

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Cette année, mon voyage en Argentine semble fort compromis alors que le bureau de l’INB avait commencé dès février à organiser plusieurs conférences que j’aurais données dans différents lieux emblématiques. C’est sans doute partie remise à 2021 mais cette année, il est à craindre que nous n’ayons pas, Norma et moi, l’occasion d’échanger comme nous en avions pris l’habitude. Un crève-cœur pour tout le monde de part et d’autre de l’Atlantique.


En este año 2020, en que se conmemoran los “250 años del Natalicio del General Manuel Belgrano” y el “Bicentenario de su Paso a la Inmortalidad”, por lo cual el Presidente de la Nación Argentina, Dr. Alberto Ángel Fernández, decretó que fuera declarado “2020- Año del General Manuel Belgrano” (Decreto PEN 02/2020 del 3 de enero de 2020), me alegra enormemente que la historia de Manuel Belgrano sea conocida en Francia y Europa a través del libro Manuel Belgrano. L’inventeur de l’Argentine de la investigadora francesa Denise Anne Clavilier, Editions du Jasmin, Francia, ya que nuestro prócer se encuentra entre los grandes “Libertadores de América”, al igual que San Martín, Bolívar y Washington.

En cette année 2020, où nous commémorons les « 250 ans de la naissance du général Manuel Belgrano » et le « Bicentenaire de son Passage à l’Immortalité » (2), motif pour lequel, par décret, le Président de la Nation argentine, le professeur Alberto Angel Fernández (3), l’a déclarée Année du Général Manuel Belgrano (décret PEN 02/2020 du 3 janvier 2020), c’est une immense joie pour moi que l’histoire de [celui-ci] soit connue en France et en Europe grâce au livre, Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, de la chercheuse française Denise Anne Clavilier (Éditions du Jasmin, en France) puisque notre héros national figure parmi les grands Libérateurs de l’Amérique, au même rang que San Martín, Bolívar et Washington.

Tuve el gusto de conocer a Denise Anne Clavilier hace ya varios años, en el 2016 cuando se puso en contacto con el Instituto Nacional Belgraniano, en el cual me desempeño como investigadora. No voy a entrar en detalles de las charlas que mantuvimos pero me sorprendió, desde ese primer momento, su interés en la vida y obra de nuestro prócer y los conocimientos que poseía. De hecho, Denise Anne comenzó su romance con el Río de la Plata, a través del tango, que es la música que nos caracteriza y define. Pero, mientras que la mayoría se queda en este primer paso, ella decidió ahondar en nuestra historia patria, precisamente en la etapa fundacional de la misma. Para ello se dedicó al estudio de nuestros “Padres de la Patria” los Generales José Francisco de San Martín y Manuel Belgrano, recurriendo básicamente a fuentes y a bibliografía de reconocidos investigadores.

Il y a plusieurs années, en 2016, j’ai eu le plaisir de faire le connaissance de Denise Anne Clavilier quand elle a pris contact avec l’Institut national belgranien, où j’exerce comme chercheuse scientifique. Je ne vais pas entrer dans le détail des discussions que nous avons eues mais, dès ce premier moment, son intérêt pour la vie et l’œuvre de notre héros et la connaissance qu’elle en avait n’ont pas cessé de me surprendre. En fait, Denise Anne a commencé son idylle avec le Río de la Plata par le tango, cette musique qui nous caractérise et nous définit comme peuple. Mais, alors que la plupart des gens s’arrête à ce premier pas, elle a décidé de plonger plus avant dans notre histoire nationale et précisément dans cette étape qui en constitue les fondations. A cette fin, elle s’est consacrée à l’étude de nos « Pères de la Patrie », les généraux José Francisco de San Martín et Manuel Belgrano, en privilégiant le recours aux sources et à la bibliographie de chercheurs reconnus.

Gaspar de Jovellanos en 1798 par Francisco de Goya
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Nuevamente tuve una muy grata sorpresa cuando encaré la lectura de Manuel Belgrano. L’inventeur de l’Argentine. Utiliza un lenguaje sumamente accesible y la lectura es verdaderamente atrapante, lo cual no sucede con todos los libros de historia. Algunos utilizan un lenguaje árido que, en lugar de acercar la historia a la gente, la aleja.
Más allá de ello, para una especialista en el tema como es mi caso, se advierte la rigurosidad y minuciosidad de su trabajo, totalmente entendible si observamos las fuentes y bibliografía utilizadas. Considero que aporta una gran cantidad de datos, que alimentan nuestro amor por la historia. Cabe destacar, a modo de ejemplo, el capítulo dedicado a “Estudios en España (1786-1793)”, especialmente cuando se ocupa de sus estudios en la prestigiosa Universidad de Salamanca. Advierte de manera clara las diferentes concepciones de España con respecto a Francia, Alemania e Inglaterra. Además de aportar datos de los profesores de dicha universidad y de los representantes de la Ilustración Española, tal como Gaspar de Jovellanos, mostrándonos el mundo intelectual de la época.

Me mettre à lire Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine fut pour moi une autre très agréable surprise. Denise Anne emploie un langage très accessible et la lecture est vraiment prenante, ce qui n’est pas le cas de tous les livres d’histoire. Certains ont recours à un vocabulaire aride qui, au lieu de mettre l’histoire à la portée des gens, ne fait que les tenir à distance.
De surcroît, pour une spécialiste du sujet comme moi, la rigueur et la minutie de son travail sautent aux yeux, ce qui se comprend fort bien si nous analysons les sources et la bibliographie dont elle s’est servie. J’estime qu’elle fait avancer la question avec un grand nombre d’éléments qui nourrissent notre amour pour l’histoire. Il convient de mettre l’accent, à titre d’exemple, sur le chapitre « Études en Espagne (1786-1793) », particulièrement lorsque [l’auteure] s’intéresse aux études [de Belgrano] dans la prestigieuse université de Salamanque. Non contente d’apporter des éléments d’information sur les professeurs de cette université et les représentants de la pensée espagnole des Lumières, comme Gaspar de Jovellanos, en nous décrivant le monde intellectuel de cette époque, elle montre clairement les diverses opinions qui circulaient en Espagne sur la France, l’Allemagne et l’Angleterre.

Por otra parte, también considero como un gran aporte que nos ofrezca una breve biografía de los personajes que aparecen en su libro. No voy a abundar en el tema, porque espero que ustedes se sumerjan en la lectura de este libro.
También tengo que subrayar lo relevante de su "mirada", dado que “maneja” la historia francesa y europea y la relaciona con la del Río de la Plata, de una manera dinámica, sin baches, que hace que el relato fluya.

D’autre part, elle nous offre une biographie des personnages que apparaissent dans son livre et j’estime qu’il s’agit là d’une contribution non négligeable mais je m’arrête là sur ce sujet car j’attends que vous vous plongiez dans la lecture de l’ouvrage.
Il me faut aussi souligner son « regard », car elle manie l’histoire française et européenne et la lie à celle du Río de la Plata de façon dynamique, sans heurt, ce qui donne de la fluidité au récit.

La maison natale où Belgrano a vécu toute sa vie à Buenos Aires et où il est mort
ici dans son état de 1909, peu avant sa destruction
(Archivo General de la Nación)

Para finalizar quiero mencionar que su estudio no se limita a una historia política y militar, sino que también aborda los aspectos sociales y de la vida cotidiana, que acercan el relato al lector. A modo de ejemplo, la minuciosa descripción de las casas de las familias de la élite porteña de la época. Los planos de Buenos Aires de 1769 y 1810 nos ubican de manera clara en esta ciudad, capital del Virreinato del Río de la Plata y a partir de la Revolución de Mayo de 1810, capital de los gobiernos patrios: Provincias Unidas del Río de la Plata y Provincias Unidas en Sud América. Por otra parte, las imágenes incorporadas al libro, tomadas de viajeros que visitaron al Río de la Plata, nos permiten acceder a diferentes escenarios: Buenos Aires colonial, la pampa, así como a la costa del río Paraguay. Aparece la figura del gaucho, con su característica vestimenta, y los diferentes tipos de transporte.

Pour finir, je veux signaler que son travail ne se limite pas à une histoire politique et militaire. Elle aborde aussi les aspects sociaux et la vie quotidienne, ce qui rend le récit proche du lecteur. J’en prendrais pour exemple la minutieuse description des demeures familiales de l’élite portègne de cette époque. Les plans de Buenos Aires en 1769 et 1810 nous aident à nous orienter dans la ville, capitale du Vice-Royaume du Río de la Plata, puis, à partir de la Révolution de Mai 1810, capitale du pouvoir patriote, celui des Provinces-Unies du Río de la Plata puis celui des Provinces-Unies en Amérique du Sud (4). Qui plus est, les images intégrées à l’ouvrage, empruntées à des voyageurs qui visitèrent le Río de la Plata, nous font accéder à différents décors : la Buenos Aires coloniale, la pampa ou les rivages du Río Paraguay. C’est ainsi qu’apparaît la silhouette du gaucho, avec ses vêtements caractéristiques (5), et les divers modes de transport.

Manuel Belgrano, quien se movió en estos escenarios, se caracterizó por haber sido fundamental por su múltiple actuación en los tiempos fundacionales de nuestra Patria, teniendo como ideales la Independencia y Unión de los Americanos.
No es fácil para una investigadora francesa abordar un personaje de estas características y ello solo fue posible dado a que recurrió a fuentes originales y una nutrida bibliografía en idiomas español, francés inglés e italiano. Además, a sus vastos conocimientos en la historia del Río de la Plata, que le permiten hacer una “lectura intercultural”.

Dans les temps où notre patrie se construisait, Manuel Belgrano, qui allait et venait dans ces décors, s’est distingué par la variété de son activité fondatrice, conduit par ses idéaux, l’Indépendance et l’Union des Américains.
Pour une chercheuse française, il n’est pas facile d’aborder un personnage avec de telles caractéristiques et cela n’a été possible que parce qu’elle a eu recours à des sources originales et à une bibliographie nourrie, en langue espagnole, française, anglaise et italienne, en plus de ses amples connaissances sur l’histoire du Río de la Plata, qui lui ont permis d’en faire une « lecture interculturelle ».

Buenos Aires - rive du Río de la Plata vers 1820
par le peintre savoyard naturalisé argentin Charles Henri Pellegrini
au premier plan, la coupole est celle de La Merced, l'église du baptême de Belgrano
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Por estos motivos, recomiendo de manera entusiasta la lectura de este libro, por el cual el Instituto Nacional Belgraniano le otorga este año 2020, tan significativo para todos los belgranianos, el “Premio General Belgrano”, que solo se da a aquellas personalidades y entidades de bien público que, por sus antecedentes, méritos, cualidades y accionar comunitario, se los identifique con los valores e ideario belgraniano, al tiempo que colaboran con la misión del Instituto Nacional Belgraniano en difundir y exaltar la vida y obra de nuestro insigne prócer. En el caso de Denise Anne Clavilier es en reconocimiento a su vasta trayectoria como historiadora, escritora, ensayista, traductora y comunicadora intercultural. Específicamente por su profundo trabajo de investigación histórica, plasmado en la obra Manuel Belgrano. L’Inventeur de l’Argentine, primera biografía en francés de nuestro prócer, que fue presentada en la Embajada Argentina en París, el 27 de febrero pasado.

Dra Norma LEDESMA,
historiadora, Instituto Nacional Belgraniano

Telles sont les raisons qui me font recommander avec enthousiasme la lecture de ce livre pour lequel l’Institut national belgranien a attribué [à Denise Anne Clavilier], en cette année 2020 si significative pour tous les belgraniens, le Prix Général Belgrano (6) qui n’est remis qu’à ces personnalités et ces institutions d’intérêt public que l’on peut, grâce à leurs réalisations passées, leurs mérites, leurs qualités et leur engagement au service de la collectivité, identifier aux valeurs et à la pensée belgraniennes au moment où elles participent à la mission de l’Institut national belgranien en diffusant et en célébrant la vie et l’œuvre de notre éminent héros national. Dans le cas de Denise Anne Clavilier, il s’agit d’une reconnaissance de son ample trajectoire d’historienne, d’écrivain, d’essayiste, de traductrice et de spécialiste en communication interculturelle. Pour le dire plus précisément encore de la profondeur de ses recherches historiques qui ont pris forme dans cet ouvrage, Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, première biographie en français de notre héros, qui fut présentée à l’Ambassade argentine à Paris, le 27 février dernier. (7)

Norma LEDESMA
historienne de l’Instituto Nacional Belgraniano

Pour en savoir plus sur l’Instituto Nacional Belgraniano :

Post de l'Ambassade argentine sur sa page Facebook
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(1) La Compagnie de Jésus a été expulsée de l’empire colonial espagnol en juillet 1767.
(2) Norma Ledesma cite ici le décret présidentiel du 3 janvier 2020. Remarquez le vocabulaire quasi-religieux de mise en Argentine : natalicio au lieu de nacimiento et paso a la inmortalidad (passage à l’immortalité) au lieu de fallecimiento (décès). De fait, les grands héros nationaux sont fêtés au jour anniversaire de leur mort, comme les saints canonisés : Manuel Belgrano est fêté le 20 juin, San Martín le 17 août et Sarmiento le 11 septembre. Cf. mon article du 3 janvier 2020 dans ce blog.
(3) Alberto Fernández est docteur en droit et enseignait, jusqu’à sa prestation de serment le 10 décembre dernier, le droit pénal à l’Université de Buenos Aires (UBA). En Argentine, les titres universitaires accompagnent systématiquement le nom de leurs titulaires (licenciado, magister, doctor, ingeniero, arquitecto, perito, etc.) Quand je traduis, je transpose ces formules dans les usages français.
(4) Le pays a plusieurs fois changé de nom avant de s’arrêter en 1860 sur l’actuelle dénomination officielle : la République argentine.
(5) Normal Ledesma a consacré sa thèse de doctorat à l’histoire textile en Argentine, un champ de développement économique et technique que Manuel Belgrano s’est efforcé d’encourager lorsqu’il était à la tête du Consulat de Commerce de Buenos Aires (1794-1810). De surcroît, le textile relève aujourd’hui encore du patrimoine culturel grâce aux couleurs, aux motifs et aux fibres traditionnels qui caractérisent les régions composant le pays. On peut le constater facilement dans l’art du poncho, le vêtement sud-américain par excellence : avec un peu d’habitude, il est assez facile de distinguer au premier coup d’œil un poncho de la pampa rioplatense d’un autre de Tucumán, de Salta ou de Cuyo…