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samedi 1 juillet 2023

Comme la Belle au Bois dormant, la Manzana de las Luces sort de son sommeil – article n° 7300 [à l’affiche]

La façade de ce qui fut l'entrée de l'Université complètement refaite
A Buenos Aires, je loge non loin de la Manzana et je ne vais plus rien reconnaître
à mon prochain séjour tant c'est fait avec soin...


Depuis plusieurs années, cet important complexe architectural construit dans le centre historique de Buenos Aires par la Compagnie de Jésus comme sa maison provinciale au 17e siècle et confisqué en 1767 lors de l’expulsion des jésuites de toutes les Espagnes n’a plus cessé depuis lors d’abriter toutes sortes d’institutions intellectuelles et culturelles jusqu’à devenir le siège de l’Université de Buenos Aires de sa fondation en 1821 à son déménagement complet en 1971.

Depuis de très nombreuses années, ce complexe muséologique national était abandonné malgré plusieurs plans de restauration dont le dernier, dûment exécuté, livre enfin ses premiers résultats.µ

Quelques uns des objets retrouvés grâce aux fouilles récentes

Et pour une fois, ce sont des travaux sérieux qui ont été menés, à commencer par des fouilles archéologiques systématiques qui ont permis de découvrir ce qui se cachait sous ce sol historique jusqu’à près de 5 mètres de profondeur. Les lieux ont livré quelques uns de leurs secrets comme ces citernes de briques dans le sous-sol du patio dit « historique », qui servaient, comme partout ailleurs dans la ville, à récupérer les eaux de pluie dans cette zone marécageuse et deltaïque sur laquelle est construite la capitale argentine.

Des sols carrelés ont été restaurés ainsi qu’un toit-terrasse, avec vue sur le palais de la Legislatura à quelques mètres de là, et la magnifique salle dite des Représentants, premier hémicycle parlementaire en Amérique du Sud, bâti au 19e siècle.

On a pu identifier un système d’évacuation des eaux usées datant du 18e siècle, une rareté dans la Buenos Aires de l’époque coloniale et jusque assez tard après l’indépendance. On a aussi trouvé un trésor d’objets de la vie quotidienne, comme, à deux pas de là, dans ce qui fut la maison de ville de Juan Manuel de Rosas et dont j'ai parlé ici il y a quelques jours…

Le patio archéologique et ses citernes maçonnées d'époque coloniale

Bientôt, pourra ouvrir dans ce lieu chargé d’histoire un nouveau musée archéologique à Buenos Aires, qui viendra compléter ce qui existe déjà dans la même zone : le musée (public) de la Citerne (Rosas) et le musée (privé) des Grenadiers, un peu plus au sud, dans San Telmo, où une maison patricienne, dont les fondations remontent à la seconde fondation de la ville, a été mise en valeur par un riche propriétaire qui a renoncé à y implanter une vulgaire pizzeria, comme il y en a tant le long de cette rue ultra-touristique le dimanche (c’est la rue où s’installe la Feria de San Telmo).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin et découvrir les belles photos publiées par le site du quotidien (mais pas dans l’édition imprimée) :

mercredi 21 décembre 2016

Les vœux du Patio de Tango [Coutumes]


Le Patio de Tango est le nom de la milonga qui se tient tous les vendredis soir à la Manzana de las Luces, le grand complexe historique et muséologique de Monserrat.

Ces deux prochains vendredis, il n'y aura pas de bal puisque le musée fermera pour ces fins de semaine de fête.

En revanche, le Patio de Milonga donne rendez-vous aux danseurs dès le mois de janvier. Il n'y a pas de repos pour les braves !

jeudi 8 décembre 2016

Milonga à la Manzana [à l'affiche]


Ce vendredi 9 décembre 2016, comme tous les vendredis de l'année de travail, le musée national de la Manzana de las Luces accueille la milonga Patrio de Tango, animée par la Orquesta Típica Cambio de Frente, de 21h à minuit, avec des cours ouverts de milonga à 18h et de tango à 19h30.

Entrée par la rue Perú à la hauteur du 272.

La soirée a lieu qu'il pleuve ou qu'il vente !

Entrée libre et gratuite avec participation au chapeau (la recette est destinée à payer les musiciens).

Pour aller plus loin :
consulter la page Facebook de la  manifestation.

jeudi 10 novembre 2016

Lumières ! Pour la recherche et pour l'histoire [ici]

Beaucoup d'honneur dont la nouvelle m'arrive un peu tard... C'était compliqué à gérer, cette tournée en Argentine en août dernier.

Me nombraron Miembro adherente del Instituto de Investigaciones históricas de la Manzana de las Luces de Buenos Aires. Se le agradezco al Consejo Directivo de la entidad este honor.


L'IIHML a choisi pour emblème la Sala de los Representantes
le premier hémicycle d'Amérique du Sud 

Mes lecteurs fidèles ont déjà entendu parlé de la Manzana de las Luces, que l'on peut peut-être traduire par Hôtel des Lumières. Il s'agit de ce vaste édifice qui a accueilli, du 25 mai 1661 (1) jusqu'en 1767, le maison provinciale de la Compagnie de Jésus à Buenos Aires, dans le quartier historique de Monserrat à quelques centaines de mètres de la Grand Place (Plaza Mayor), aujourd'hui Plaza de Mayo. En 1767, un décret du roi Carlos III expulsait les jésuites de tous les territoires placés sous son autorité et quelques années plus tard, le pape dissolvait cet ordre qui présentait un danger certain pour les monarchies absolues par l'ouverture d'esprit et la culture de l'esprit critique qu'il cultivait depuis sa fondation par saint Ignace de Loyola. A Buenos Aires, les jésuites ont longtemps répandu la connaissance. Ils étaient souvent les seuls médecins disponibles et des bibliothécaires avisés. Leur maison était aussi un dispensaire de préparations pharmaceutiques autant qu'un entrepôt débordant des marchandises arrivant du nord : cuir, yerba mate des Misiones, viande séchée, bois précieux, instruments de musique...

La Sala de los Representantes
Photo issue de la page Facebook de la Manzana de las Luces
Aujourd'hui elle accueille des conférences, des présentations d'ouvrages et des spectacles

La Manzana de las Luces est à présent un musée. Auparavant, elle aura été, entre autres, successivement ou simultanément :
  • un atelier d'imprimerie dont les bénéfices soutenaient l'orphelinat des enfants trouvés (d'où son nom de imprenta de los niños expósitos, devenu un peu plus tard imprenta de la Independencia) : c'est de ces murs que sortirent tous les périodiques et ouvrages de la période révolutionnaire et indépendantiste, c'est là qu'avaient été imprimées les convocations au Cabildo Abierto du 22 mai 1810 où l'Ancien Régime colonial allait rendre l'âme (voir mon article du 22 mai 2010 à ce propos)
  • le siège de l'Académie de dessin, fondée par le futur général Manuel Belgrano sous l'ancien régime
  • le siège des académies de français et d'anglais (ce qui vous explique pourquoi les révolutionnaires de 1810 dominaient si souvent l'une ou l'autre de ces deux langues, quand ce n'était pas les deux à la fois comme dans le cas de Mariano Moreno)
  • le premier siège de la Biblioteca Nacional, fondée par Mariano Moreno le 7 septembre 1810. C'est un Français naturalisé argentin, le savant Paul Groussac, qui la déplacera en 1901, tout près de là, dans l'actuelle rue Mexico, où ses locaux abritent maintenant l'Institut Nacional de Musique (l'institution a encore déménagé depuis et elle a pris maintenant ses quartiers à Recoleta dans la rue Agüero, du nom du curé de Monserrat en 1810)
  • le premier siège de l'Université de Buenos Aires, fondée le 22 août 1821 par Bernardino Rivadavia (voir mon Retour sur images du 23 novembre 2011 sur les 90 ans de cette prestigieuse institution) : depuis, elle a dispersé ses différentes facultés un peu partout dans la ville
  • le premier siège des Archives nationales, fondées le 28 août 1821 (aujourd'hui sur l'avenue Leandro Alem, près du Vieux Port)
  • le premier hémicycle d'Amérique latine en 1821 ; l'assemblée législative de la Province de Buenos Aires y siégea jusqu'en 1884, date à laquelle la fédéralisation de la ville de Buenos Aires la contraignit à déménager à La Plata qui venait d'être fondée (voir mon article sur la candidature de La Plata au patrimoine de l'humanité) – aujourd'hui on y donne des conférences et des spectacles.


Dans le grand hall du CNBA, cette plaque de marbre rappelle tous les noms de l'institution
depuis la fondation de la Manzana en 1622

L'école fondée par les jésuites au sein de leur maison provinciale, sous le nom de Colegio San Ignacio et placée plus tard sous le vocable de San Carlos Borromeo (que les Français connaissent sous le nom de saint Charles Borromée) (2), en hommage au roi Carlos III d'Espagne, après l'expulsion, a formé presque tous les acteurs portègnes de la période révolutionnaire, des deux côtés, dont le plus illustre est sans aucun doute Manuel Belgrano (3), ainsi que plusieurs grands personnages de l'histoire tout au long du XIXème siècle. Le 14 mars 1863, il a reconverti par décret présidentiel (4) en Colegio Nacional de Buenos Aires (CNBA) et c'est sous ce nom qu'il est connu aujourd'hui (5).


L'ancien bâtiment de l'Université dans la Manzana (côté rue Perú)
Cette aile a été détruite. A sa place, il y a un parking à ciel ouvert et passablement déglingué.
Source : Archivo General de la Nación Argentina

Au sein du même groupe de bâtiments, se dresse aussi l'ancienne église des jésuites, San Ignacio, qui est aujourd'hui une paroisse du diocèse (ce n'est pas là que les jésuites se sont installés à leur retour en Argentine). En face de ce qui est l'une des plus vieilles églises toujours consacrées de tout Buenos Aires, on trouve une librairie, la plus ancienne elle aussi (elle a été fondée en 1784), autrefois librería del colegio, aujourd'hui librería Avila, du nom de son propriétaire. C'est toujours un rendez-vous des lecteurs et bibliophiles de la capitale argentine. Autrefois, elle était dans la même série de bâtiments que le Colegio, mais donnait sur une autre rue. Aujourd'hui, elle a changé de trottoir et s'est séparée architecturalement de la Manzana.

L'article de El Argos, du 1er septembre 1821, qui donne en titre
le nom définitif du bâtiment
Le chroniqueur en dresse l'histoire depuis la fondation
Source Biblioteca Nacional Mariano Moreno
Cliquez sur l'image pour une bonne résolution de lecture

En 1821, un rédacteur de El Argos, un périodique révolutionnaire qui parut de 1821 à 1825, baptisa ce complexe Manzana de las Luces (le pâté de maisons des lumières) pour saluer l'apport du lieu à la vie intellectuelle et culturelle de la ville depuis l'arrivée des jésuites en 1608 et leur installation définitive à cette adresse en 1822.

Avec la direction des musées du Ministère de la Culture, l'Université de Buenos Aires a longtemps exercé la co-tutelle de la Manzana de las Luces (6). La Manzana de las Luces était alors l'un des deux centres culturels qu'elle anime dans la ville (il ne lui reste plus en propre que le Centro cultural Ricardo Rojas, du nom d'un de ses plus brillants recteurs, dans les Années Folles, sous la présidence radicale). Sous la tutelle de la UBA, il s'est fondé à la Manzana un institut de recherche historique consacré à l'étude de ce joyau du passé intellectuel de la capitale argentine : el Instituto de Investigaciones Históricas de la Manzana de las Luces, l'imprononçable IIHML.
Cette institution réunit d'authentiques historiens, qu'ils exercent ou non cette spécialité à l'université elle-même, que l'histoire constitue ou non leur activité professionnelle majeure. L'IIHML édite une revue sur l'histoire pluridisciplinaire du monument (vie intellectuelle, archéologie, histoire de l'art et architecture, vie politique, vie sociale locale, vie scientifique, etc.) et propose un programme de conférences ouvertes au grand public dans les locaux de la Manzana.

L'ancienne façade du Colegio Nacional de Buenos Aires au début de la photographie
Vous reconnaissez la silhouette d'un bobby britannique - l'Argentine officielle louchait du côté de Londres...
Le style architectural est celui qui a été conservé plus ou moins sur la façade des rues Perú et Moreno
Source : Archivo General de la Nación Argentina

C'est cette institution qui m'a acceptée le 17 août dernier comme membre associée résidant en France. Je l'ai su quelques semaines seulement, un peu par hasard, à l'occasion d'un échange de mails. Le message qui m'informait en août s'est probablement perdu entre la bousculade qui a marqué mon programme d'activités pendant ma tournée à Cuyo et celle qui entraîne le président de l'institution, le professeur José Sellés Martínez, un distingué géologue espagnol, de la UBA, toujours entre deux avions, deux congrès, deux coopérations internationales avec des universités dans le monde entier. Ceci dit, je savais que cette nomination était dans les tuyaux, car il m'en avait parlé lorsque nous nous étions vus à la Manzana de las Luces, dans un petit café du voisinage.

Le CNBA (bâtiment de Norbert Maillard)
A droite, la rue Bolívar qui mène à la Plaza de Mayo.
La tour dans l'alignement est celle de l'église San Ignacio
A gauche, la rue Moreno, qui rejoint la rue Perú
Source : Archivo Genral de la Nación Argentina

C'est donc la troisième société savante qui me fait l'honneur de reconnaître mon travail. Comme pour les deux précédentes, la Academia Nacional del Tango en 2010 et el Institito Nacional Sanmartiniano en 2015, je considère que cette nomination est pour moi une mission dont je dois m'acquitter plutôt qu'une couronne de lauriers sur laquelle je peux dormir. Et la collaboration prendra sans doute cette année la forme d'un article qui m'a été commandé en août et que j'ai accepté pour la revue La Manzana de las Luces, Crónica de su Historia, ainsi qu'une nouvelle recherche historique dans laquelle je me lance actuellement sur l'un des élèves du Colegio San Carlos dont j'avais admiré en 2011 l'impressionnante bibliothèque.

Logo de la milonga du vendredi soir à la Manzana de las Luces

Et puis il y aura aussi des projets touristiques, puisque la Manzana de las Luces est un des lieux qu'il faut visiter, avec un guide compétent, quand on est à Buenos Aires et qu'on aime la culture.

Pour aller plus loin :
consulter la page Facebook de l'IIHML (elle n'a pas été mise à jour depuis avril mais elle existe bel et bien)
consulter la page Facebook de la Milonga del Patio, la milonga qu'une association anime tous les vendredis soir à l'intérieur du musée (pas mal comme décor, pour danser, non ?).

Les différentes institutions culturelles qui ont séjourné dans ces murs ont elles aussi leur site Internet :
les Archives nationales (Archivo General de la Nación, AGN, sous tutelle du Ministère de l'Intérieur), également présentes sur Facebook (et la page est animée, riche, intéressante)
la Biblioteca Nacional Mariano Moreno, dont le contenu en ligne, comme c'est le cas de l'AGN, s'enrichit à vue d'œil avec une belle présentation, moderne et efficace (ce n'était pas le cas avant)



(1) L'année de la mort de Mazarin pour prendre un repère français (9 mars 1661).
(2) Il se trouve, j'ignore si c'est un coïncidence ou une volonté de Jean-Paul II, que la paroisse romaine dont le cardinal Jorge Bergoglio avait la charge symbolique, ès qualité, est précisément la paroisse placée sous la vocable de ce saint archevêque de Milan (qui est aussi l'une des grandes figures de la Compagnie de Jésus). Devenu Pape, l'ex-cardinal a nommé à cette paroisse romaine son successeur à la tête de l'archidiocèse de Buenos Aires, le cardinal Mario Poli, primat d'Argentine.
(3) Parmi ces célèbres élèves, on compte Cornelio de Saavedra, le président de la Primera Junta, le collège gouvernemental mis en place le 25 mai 1810, les frères Mariano et Manuel Moreno, Bernardo de Monteagudo, le premier rédacteur de la Gaceta de Buenos Aires, Antonio González Balcarce, Tomás Guido, Mariano Necochea et les deux frères Escalada, Manuel et Mariano, tous les cinq collaborateurs de San Martín au cours de son épopée continentale qui le mena jusqu'à Lima. Juan Manuel de Pueyrredón, le premier chef d'Etat élu par une assemblée représentative, et Bernardino Rivadavia, le premier Président de la République argentine, y passèrent, ainsi que Vicente López y Planes, l'auteur argentin du texte de l'hymne national (tandis que le compositeur, Blas Parera était quant à lui... un Espagnol né à Murcie, à la limite entre l'ancien royaume de Valence et l'Andalousie). Et même Francisco Narciso Laprida, le député constituant sanjuanino dont je vous parlais dans mon Retour sur Images sur San Juan qui était aussi le 5100ème article de ce blog il y a quelques semaines.
(4) du président Bartolome Mitre (1821-1906), le célèbre intellectuel qui forgea la geste nationale par ses travaux d'historiens. Il habitait à quelques centaine de mètres plus au nord dans le prolongement de cette même rue (mais de l'autre côté, elle porte le nom de San Martín). Sa maison est devenue un musée national très intéressant.
(5) L'ancien bâtiment du Colegio San Carlos a disparu. Il a été remplacé par un immense édifice qui longe la rue Bolívar et dont l'architecture imite les grands lycées parisiens de la Belle Epoque. Les plans furent confiés à un architecte français, Norbert Maillard, qui en fit quelque chose de somptueux, pour l'élite des lycéens de la capitale (dont un bon nombre ne sont guère conscient du luxe dans lequel ils étudient). En Argentine, un Colegio Nacional est une école du second degré qui accueille des élèves avec des notes supérieures à la moyenne et qui les accompagnent dans un parcours d'excellence pour les préparer à l'enseignement supérieur un peu comme le font en France nos classes préparatoires aux grandes écoles nationales (Normale Sup., Polytechnique, Ponts et Chaussées, etc.). Il en existe dans beaucoup de grandes villes. Ils sont liés institutionnellement et fonctionnellement à l'université nationale locale. Pour Buenos Aires, il s'agit de la UBA.
(6) Il y a très peu de temps, la UBA s'est laissé écarter du fait du peu de réactivité d'un recteur qui semblait avoir peu de goût pour l'histoire et bien peu de sens du symbole (cela arrive). Il est probable toutefois que les chercheurs de l'université et notamment les historiens n'aient pas dit leur dernier mot sur cette affaire et que l'institution reviendra prendre sa part de la gestion de ce qui fut son berceau.

lundi 25 juillet 2016

Une des plus vieilles librairies du monde est à Buenos Aires [Disques & Livres]


Ce matin, Página/12 propose une interview de Miguel Avila qui a rendu la vie à la plus ancienne librairie de Buenos Aires, qui fut aussi la toute première fondée dans la ville (en 1784), peu de temps après son élévation au rang de capitale vice-royale du Río de la Plata (1776).

La librairie, qui fait le bonheur des gros lecteurs au rez-de-chaussée et celui des chineurs au sous-sol, est l'une des plus intéressantes de Buenos Aires, et elle est idéalement située face au Colegio Nacional. De part et d'autre de la rue Bolívar, vous avez ainsi d'un côté la librairie et de l'autre la Manzana de las Luces. Un rare plaisir pour les passionnés d'histoire...

La librairie serait la plus ancienne au monde pour ce qui est des établissements toujours actifs et elle a l'avantage d'avoir conservé son adresse, même si, bien entendu, la toponymie a changé depuis sa fondation.

Pour aller plus loin :

jeudi 21 juillet 2016

Grande soirée tango à la Manzana de las Luces demain [à l'affiche]


Chanteurs, musiciens et poètes se retrouveront demain sur la scène dans l'antique amphithéâtre de la Manzana de las Luces, là même où se réunirent les premières assemblées élues de l'Argentine révolutionnaire puis confédérale, demain, vendredi 22 juillet 2016 à 21h précises, pour une soirée gratuite avec chapeau (al funyi, dit le lunfardo).

Et en plus des artistes présentés sur l'affiche, on nous annonce des surprises !

La Manzana de las Luces (entendez "le carré des lumières") est un des hauts lieux du patrimoine historique de la capitale argentine. A l'origine, et c'est le pourquoi de ce nom, c'était la maison provinciale de la Compagnie de Jésus établie dans le sud de l'Amérique australe. Après l'expulsion des jésuites de l'Espagne, en 1767, le lieu accueillit plusieurs institutions dont un orphelinat avec son école d'un côté et conserva le collège que les jésuites y avaient fondé, le Colegio San Carlos (pour saint Charles Borromée), devenu aujourd'hui le Colegio Nacional de Buenos Aires, qui dépend de l'Université de Buenos Aires (UBA), qui y fut logée dans ses premières années à partir de 1821 et qui en fait aujourd'hui son centre culturel.

A visiter obligatoirement lorsque l'on est en voyage à Buenos Aires.

samedi 15 novembre 2014

La Noche de los Museos à la Manzana de las Luces [à l'affiche]


Toutes sortes de musique, le rock comme la musique baroque latino-américaine (1), un atelier de danse et beaucoup de théâtre cette nuit à la Manzana de las Luces, dans le quartier de Monserrat. Il y aura même un cours de théâtre sur le coup d'1h du matin.

Toutes les salles historiques du complexe sont mises à contribution. Je vous recommande particulièrement la très émouvante Sala de los Representantes, qui fut le premier hémicycle législatif en Argentine, et la Sala Ranchería qui rappelle le souvenir du tout premier théâtre de Buenos Aires, où on ne jouait pas par temps de pluie. Le théâtre n'était pas étanche. C'est le même bâtiment qui servit ensuite de caserne au premier escadron des Grenadiers à cheval, pendant les trois premiers mois de l'histoire du régiment, de mars à juin 1812, avant qu'il n'investisse une ancienne caserne (2) dans l'actuel quartier de Retiro, autour de ce qui est aujourd'hui la Plaza San Martín. A minuit, cette salle de la Ranchería accueillera une représentation des Précieuses Ridicules de notre Molière à nous !

Les activités sont libres et gratuites, comme tout ce qui se fait cette nuit.

Pour aller plus loin :
consulter le site de la Manzana de las Luces, qui dispose en plus d'une page Facebook
consulter le site de La Noche de los Museos, qui dispose elle aussi de sa page Facebook.


(1) Ce sont les jésuites qui ont introduit la musique baroque en Amérique du Sud. Or la Manzana de las Luces n'est autre que leur historique maison provinciale pour le sud de l'Amérique australe, dont ils furent chassés en 1768 lors de l'expulsion de la Compagnie de Jésus de tout l'Empire espagnol par le roi Carlos III, avant que le Pape ne la dissolve quelques années plus tard (son successeur devait la rétablir en 1814, au moment des restaurations royales, après l'épisode des guerres napoléoniennes ; on en fête le bicentenaire cette année).
(2) que son régiment titulaire avait déserté au début des guerres napoléoniennes, rappelé en Espagne péninsulaire où la situation se fit très vite dramatique.

lundi 30 juin 2014

Buenos Aires à découvrir avec Human Trip, en octobre-novembre prochain [ABT]

Séjour culturel accompagné
pour découvrir Buenos Aires
pendant deux semaines :

une culture florissante, des artistes originaux, une histoire mouvementée,
de nombreux musées (petits mais passionnants et variés),
des habitants et des quartiers chaleureux et bigarrés

à partir de 2 840 € par personne
pour un groupe de 10 pers. minimum
(A/R sur vol régulier, hôtel **** standard argentin (1) avec petits-déjeuners,
transferts et déplacements,
accompagnement par Denise Anne Clavilier)

Dates :
départ Paris-Charles-de-Gaulle le 28 octobre 2014
(vol de nuit sur compagnie régulière)
retour le 13 novembre 2014
(en fin de matinée)



La destination est désormais inscrite au catalogue permanent de Human Trip. L'agence la propose donc également à la carte, sur d'autres dates (2), pour des groupes déjà constitués d'au moins 10 personnes pour bénéficier des conditions de groupe.

Ainsi donc pour un groupe déjà constitué, avec ou sans personnalité morale (association loi 1901, ASBL, comité d'entreprise, club, collectivité locale, etc.), que ce programme intéresse, en l'état ou avec certaines modifications, mais à un autre moment de l'année, n'hésitez pas à contacter l'agence Human Trip qui vous établira un devis personnalisé.
Si vous êtes un groupe constitué et que vous souhaitez partir d'un autre aéroport, consultez aussi l'agence qui pourra vous proposer des solutions à votre convenance, avec des compagnies régulières, en vol direct ou avec escale.

Si vous êtes moins de 10 personnes, Human Trip peut également vous établir un devis personnalisé, aux conditions des voyages individuels, comme il est de règle dans le secteur touristique.

* * *

Le programme standard ci-dessous, accompagné et conçu par moi-même, comporte plusieurs soirées libres, afin que les participants puissent à leur guise se reposer, voir des spectacles supplémentaires, aller danser le tango en milonga...
Il comprend également cinq exposés en français pour éclairer sur quelques points capitaux de la culture et de l'histoire du pays (que nous connaissons si peu en Europe). A cela s'ajoutent trois soirées musicales dans des lieux fréquentés par les Portègnes avec une restauration typique à prix locaux (3) et des rencontres exclusives, organisées par moi-même, pour vous initier à la Buenos Aires secrète et authentique.

Des extensions vers d'autres destinations argentines ou sud-américaines peuvent être envisagées, à l'intérieur des dates ou en fin de séjour, sur demande à adresser à Human Trip (par mail, courrier ou appel téléphonique).

* * *

Programme

Mercredi 29 octobre 2014 :
Journée consacrée à la Révolution de Mai 1810, avec visite des musées du Cabildo et du Bicentenaire, de la cathédrale, trois institutions sises sur la Plaza de Mayo – cette révolution est l'événement crucial de l'histoire du pays puisqu'elle a engagé le processus de l'indépendance nationale (1810-1816).
Les deux repas de la journée sont inclus dans le prix de base du voyage.

Jeudi 30 octobre :
Journée consacrée à l'époque coloniale.
Petit flash-back historique avec la visite de la Manzana de las Luces, la libraire Avila (la plus ancienne librairie de la capitale argentine, fondée en 1785) et une des maisons patriciennes coloniales conservées et restaurées au cœur de la ville (Museo del Zanjón ou Espacio Virrey Liniers). Soirée musicale dans un lieu fréquenté par les Portègnes selon l'affiche du moment. Déjeuner compris.

Vendredi 31 octobre :
Journée consacrée à José de San Martín (1778-1850), considéré par les Argentins comme le Père de la Patrie. Figure historique centrale de l'indépendance, il était né en Argentine, avait vécu son enfance et sa jeunesse en Espagne et, après avoir joué un rôle essentiel dans l'émancipation du sous-continent, il est mort en exil, en France.
Exposé sur sa vie et son œuvre par moi-même, visite privative du musée du Régiment des grenadiers à cheval, l'une des grandes institutions chargées de veiller sur sa mémoire, de la plaza Grand-Bourg, de la plaza San Martín, de la basilique Nuestra Señora de la Merced, où il s'était marié en 1812.
Depuis 1880, San Martín repose dans la cathédrale de Buenos Aires (voir programme du mercredi 29 octobre).
Déjeuner compris.

Samedi 1er novembre :
Thème de la journée : la vie quotidienne hier et aujourd'hui. Cette solennité catholique n'est pas un jour férié en Argentine. Promenade dans le vieux quartier de San Telmo, visite de son marché couvert, visite à la boutique de la Coopérative des Artisans Argentins (articles authentiques et pratiques pour des souvenirs à prix locaux dans un système d'économie durable et de développement équitable)

Dimanche 2 novembre :
Excursion d'une journée à Luján, ville qui conjugue les attraits d'un lieu historique important (c'est la première à avoir rallié la Révolution de Mai), d'un centre de pèlerinage marial régional populaire et joyeux et d'une sortie au vert pour les habitants de Buenos Aires, à 70 km à l'ouest. Visite de la basilique, de sa crypte avec une importante collection de Vierges du monde entier, son complexe de trois musées (Cabildo, Maison du Vice-Roi et Transports) sur la vaste Plaza Mayor coloniale, rebaptisée maintenant Plaza Manuel Belgrano.
Déjeuner compris.

Lundi 3 novembre :
Thème du jour : le quartier de Palermo, à Buenos Aires.
Conférence en français sur l'histoire de ce quartier (1830-1880 pour sa phase de construction). Visite du MALBA, musée d'art contemporain comme un îlot de luxe européen ou nord-américain dans une ville si sud-américaine dans sa sociologie, son architecture, sa culture de rue... Promenade dans le quartier des ambassades.
Soirée musicale (voir présentation générale, plus haut). Déjeuner compris.

Mardi 4 novembre :
Thème du jour : le quartier de Recoleta.
Exposé en français sur l'histoire du quartier (1870-1920, pour sa phase de construction). Visite du Musée national des Beaux-Arts (un des plus riches musées en la matière sur le continent) et du musée d'art hispano-américain Isaac Fernández Blanco, promenade dans le quartier, basilique Nuestra Señora del Pilar et cimetière (qui est à Buenos Aires l'équivalent du Père Lachaise à Paris).

Mercredi 5 novembre :
Thème du jour : l'immigration de 1880-1930 et le Vieux Port.
Exposé en français sur ce vaste mouvement migratoire, produit par l'excédent démographique dans toute l'Europe. Promenade dans le quartier réhabilité de Puerto Madero où l'on peut visiter deux vieux gréements transformés en musées (navire-école et corvette d'exploration polaire,) visite du musée de l'immigration, soirée musicale.

Jeudi 6 novembre :
Thème du jour : Carlos Gardel, un immigrant comme les autres.
Une journée consacrée au compositeur et chanteur, né à Toulouse en 1890 et mort à Medellín en 1935), qui a donné au tango ses lettres de noblesse et l'a fait admirer bien au-delà des frontières argentines. Visite de son quartier de prédilection, dit El Abasto, du musée installé dans la maison qu'il a habitée avec sa mère, du cimetière de la Chacarita où il est enterré, avec beaucoup d'autres figures populaires d'envergure nationale (artistes, politiques, militants...). Déjeuner dans l'un de ses lieux préférés, le Café de los Angelitos (compris). Un cours d'initiation au tango dansé est proposé dans le patio de ce musée, si les participants le souhaitent (en informer Human Trip au moment de l'inscription).

Vendredi 7 novembre :
Thème : ¡Tango argentino! La musique identitaire de Buenos Aires et du Río de la Plata, apparue vers 1880 et qui connaît depuis les années 1990 un fort renouveau avec une centaine d'artistes de très grand talent dans la génération des quarantenaires qui ont presque toujours vécu en démocratie. Visite du musée du Bandonéon du Maestro Oscar Fischer, passage chez le disquaire Zivals (une institution en soi), promenade à pied sur Avenida Corrientes, l'artère historique des tangueros, soirée exclusive au Museo Mundial del Tango, au sein de la Academia Nacional del Tango, avec une conférence en français donnée par un académicien argentin.

Samedi 8 novembre :
Journée libre avec visite solidaire.
Dans la matinée, nous devrions visiter le Programme de Orquestas Infantiles de Buenos Aires, un enseignement public permanent de la musique pour les enfants des bidonvilles de la capitale argentine, fondé par le Maestro Claudio Espector, brutalement limogé, sans respect des formes légales, le 23 décembre 2013, alors que commençaient les longues vacances d'été. En fonction de l'évolution de la situation, si Claudio Espector est maintenu hors de son propre projet au bénéfice d'un remaniement du programme pour en faire un enseignement à l'usage de la gentry portègne, nous prendrons contact avec un autre chantier de développement social et durable. Ce n'est pas ce qui manque à Buenos Aires.

Dimanche 9 novembre :
Journée libre.

Lundi 10 novembre :
Thème de la journée : Etat et citoyens, une histoire compliquée
Exposé en français sur un siècle d'histoire argentine, depuis la confiscation de l'Etat par l'oligarchie sous Bartolome Mitre et consorts (seconde moitié du XIXème siècle) jusqu'à la tentative d'Etat-Providence sous Perón (1946-1955), visite du Museo Mitre et du Museo Evita, pour en finir avec l'image imposée par la comédie musicale bien connue. Concert traditionnel et gratuit au Museo Casa Carlos Gardel.

Mardi 11 novembre :
Thème du jour : la dictature et le retour à la démocratie
Visite de l'ex-Esma, école militaire devenue centre clandestin de torture sous la dictature et devenue aujourd'hui un vaste campus où les ONG dispose de centres culturels autour des droits de l'homme.
Visite de la basilique Nuestra Señora Auxiliadora y San Carlos, pour examiner la place laissée dans le roman national argentin aux Amérindiens. Accessoirement, cette église d'Almagro est celle où le Pape François a été baptisé le jour de Noël 1936.
Dîner compris.

Mercredi 12 novembre :
Matinée libre. Retour à l'aéroport au cours de l'après-midi.



* * *

Ce programme est très proche de celui déjà proposé pour avril-mai. La brochure disponible sur mon site Internet le décrit en détail. La nouvelle brochure sera bientôt disponible en ligne.
Vous pouvez aussi consulter les autres articles déjà publiés dans ce blog sur cette proposition de tourisme culturel et durable en cliquant sur le mot-clé Human Trip dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Inscriptions et informations auprès de l'agence Human Trip, qui dispose d'un siteInternet très complet (qui changera bientôt d'aspect) et d'une page Facebook.
Human Trip est installé à Aix-en-Provence et dispose aussi d'un bureau à Tours.


(1) Le standard 4 étoiles argentin correspond à un standard 3 étoiles français. En l'occurrence, l'hôtel, Monserrat Apart'Hôtel, est d'un excellent standing, en plein centre-ville, à quelques centaines de mètres de plusieurs stations de métro. Pour en savoir plus sur cet établissement, vous pouvez consulter son site Internet, qui est conforme à la réalité que j'ai pu moi-même visiter sur place.
(2) Attention toutefois : les tarifs indiqués dans cet article comporte le vol aller-retour. A d'autres dates, le vol peut être plus cher, si les dates tombent en haute saison, décembre à février pour l'été et juillet à septembre pour l'hiver. En demi-saison, que ce soit au printemps ou à l'automne, les compagnies aériennes allègent leurs prix. La même chose joue si vous retenez votre vol longtemps à l'avance. Les voyages de dernière minute sur ces destinations lointaines sont en général très chers.
(3) Ces lieux sont généralement ignorés des touristes (sauf des lecteurs de mon blog) et le secteur touristique local les néglige et omet systématiquement de les inclure dans leurs propositions aux tours opérateurs qui vous offrent les traditionnels grands circuits Buenos Aires-Iguázu-Ushuaïa sur leurs catalogues en papier glacé.

jeudi 26 septembre 2013

L'église San Ignacio profanée par des petits crétins du CNBA [Actu]

Hier matin, on a découvert dans l'église San Ignacio, qui fait partie de l'historique Manzana de las Luces, du mobilier incendié (un banc et le fauteuil présidentiel qui faisait face à la nef et où prenait place le prêtre qui présidait la messe) ainsi que des inscriptions imbéciles, pseudo-anarchistes, peintes sur le très beau sol en marqueterie de marbre dans cette église qui est la plus ancienne encore debout à Buenos Aires. Les vandales ont écrit des insultes et ajouté le slogan Ni Dieu ni maître orthographié "NI D1OS NI AMO" (or D10S, c'est le surnom de Diego Maradona, c'est vous dire le niveau de stupidité et d'inculture des intrus).

Il se trouve que les malfaiteurs pourraient être des élèves du Colegio Nacional de Buenos Aires (CNBA) voisin, qui se seraient introduits nuitamment dans l'église en empruntant les souterrains (1) qui relient les deux institutions depuis le début du XVIIIe siècle, au moment où l'église et le collège San Carlos, comme il s'appelait alors, appartenaient tous deux à la Maison provinciale de la Compagnie de Jésus, avant que cette dernière ne soit expulsée des terres du roi d'Espagne en 1767.

Depuis quelques jours, comme c'est souvent le cas depuis l'arrivée au pouvoir de Mauricio Macri à la tête du gouvernement de la ville de Buenos Aires, les lycéens ou tout au moins une partie d'entre eux occupent leur école pour protester contre une réforme des cursus scolaires annoncée par le Gouvernement portègne.

En apprenant ce qui s'était passé, le recteur du CNBA, titre dû au fait qu'il s'agit là non seulement d'un lycée d'élite mais d'un véritablement département de l'Université de Buenos Aires (UBA), a déclaré que les sanctions seraient exemplaires, allant jusqu'au renvoi définitif des élèves fautifs (c'est la moindre des choses quand on sait l'avenir brillant qui s'ouvre à ces adolescents grâce à leur scolarité dans cet établissement, qui joue en Argentine le rôle qui est en France celui des Grandes Ecoles, inexistant en Argentine où tout passe par l'Université). L'association des élèves a elle aussi condamné ces actes de vandalisme anti-patrimonial et sacrilège.

On voit ici la nef centrale de San Ignacio, avec son choeur or et bleu.
Ce qu'il faut voir aussi, ce sont les chapelles latérales, dans le plus pur style guaranistique.
Sur cette photo que j'ai prise en 2012, on voit ce sol magnifique
qui a été souillé au pied du maître-autel.

San Ignacio a été construite par les jésuites dans les années 1712 à 1734. Elle a été longuement restaurée pour les fêtes du Bicentenaire en 2010 et ses ornements à la feuille d'or font malheureusement depuis les délices des voleurs. L'intérieur de cette église n'en conserve pas moins son style si typiquement fastueux du baroque jésuite dit des Missions, ces vastes territoires gérés par la Compagnie de Jésus de 1620 à 1767 qui y développait le travail du cuir, la culture de la yerba mate et l'artisanat des instruments de musique, ce qui lui valut une immense richesse qui suscita la jalousie et l'inquiétude de Carlos III qui préféra donc chasser ces prêtres aux enseignements un peu trop libres et critiques à son goût. La visite de l'église San Ignacio est inscrite au tout prochain programme du voyage culturel à Buenos Aires que je vous propose avec l'agence française Human Trip et dont la commercialisation démarrer dans le courant de la semaine prochaine (2).

Heureusement, les photos publiées dans la presse montrent que les dégâts occasionnés par les lycées sont réparables mais les réparations devraient coûter très cher : il faut reconstruire le mobilier brûlé (le siège présidentiel avait une assise de velours rouge et un dos très haut en bois ouvragé) et nettoyer un sol ancien, très fragile et inégal, car le cours du temps l'a fait bouger.

Pour en savoir plus,


(1) D'autres souterrains relient aussi la Manzana au Cabildo et à la Cathédrale, d'autres passent sans doute sous la Plaza de Mayo pour rejoindre ce qui était autrefois la forteresse, siège du gouvernement du Vice-Roi, et où se tient maintenant la Casa Rosada. Espérons qu'aucun de ces adolescents, livrés à eux-mêmes dans ce vaste lycée où ils interdisent l'accès à son bureau à leur proviseur ou préfet (rector en Argentine) et ne reçoivent aucune consigne de leurs parents singulièrement absents du débat, n'aura l'idée de s'y aventurer. Ces passages, qui ont été fort utiles pendant les événements révolutionnaires en mai 1810, sont à moitié effondrés et interrompus par les fondations des immeubles avoisinants et les tunnels des cinq lignes de métro qui convergent sous Plaza de Mayo.
(2) J'y ai travaillé une partie de la journée au Salon International French Travel Market de la Porte de Versailles à Paris, avec le gérant de Human Trip et les responsables de l'agence réceptive à Buenos Aires.

mercredi 1 mai 2013

Je vous emmène à Buenos Aires ? En partenariat avec Human Trip [Agenda de Barrio de Tango]


Human Trip, le voyage humain et équitable, est une agence de voyage installée à Aix-en-Provence, qui propose au départ de la France des voyages à forte valeur culturelle ajoutée dans un esprit éthique et responsable, avec des circuits solidaires et éco-touristiques et des rencontres personnalisées sur place, hors des sentiers battus. Cette agence citoyenne a été fondée par des professionnels qui ont roulé leur bosse pendant une vingtaine d'années dans le secteur touristique et ils ont voulu mettre en œuvre une autre pratique culturelle et commerciale, fondée sur les valeurs humaines, loin des perspectives de rendement à court terme qui prévalent dans la majorité des entreprises du secteur (comme dans tant et tant de domaines économiques).

Le projet que nous proposons ensemble pour le mois de mai 2014 est né grâce à une rencontre personnelle entre le fondateur de cette agence, qui a quelque chose de plus, et moi-même sur un salon spécialisé. Autour d'un thé et dans les allées et venues de ce genre de manifestation, nous avons pris le temps de discuter des atouts de la destination méconnue qu'est l'Argentine et singulièrement de ceux de sa capitale, Buenos Aires. Nous nous sommes rencontrés sur les mêmes conceptions qui mettent l'humain, la culture et le client lui-même au cœur du processus intellectuel et commercial.

Pour le contenu programmatique du séjour, je vous renvoie à la première proposition que j'avais présentée dans ce blog en septembre et octobre 2012 (résumé de la proposition sous le lien) à travers des articles que j'ai rafraîchis cet après-midi. Le contenu suivra le même type de progression thématique et logique à travers l'histoire et les arts à Buenos Aires : Révolution de Mai (l'acte fondateur du pays moderne), flash-back sur l'époque coloniale, le Père de la Patrie qu'est le Général José de San Martín (1), l'épopée rosiste (du nom de Juan Manuel de Rosas) (2), la longue phase libérale de la fin du XIXème siècle, la Grande Immigration qui a changé la face du pays et singulièrement celui de la région capitale (1880-1930), le tango (qui doit tant à ce grand maelström démographique et interculturel) et son Maître d'entre les Maîtres, le Troesma par excellence, Don Carlos Gardel, El Zozal Criollo, El Mudo, La Voz, et la fin du XXème siècle avec la tragédie politique des années 70-80 et le renouveau actuel de la démocratie et des droits de l'homme...
Le parcours proposé respectera ainsi l'ordre chronologique pour faciliter l'approche de la réalité argentine qui nous est largement inconnue et qui mérite qu'on l'aborde autrement que d'autres lieux mieux connus et largement plus documentés dans notre langue tels que Rome, Florence, Amsterdam, Moscou, Angkor, les Pyramides ou la Vallée des Rois.

Pour vous donner un petit aperçu de ce qu'il y a à découvrir à Buenos Aires :
exemple de contenu pour les deux premiers jours (hors journée d'avion, supposée être le jour 1)
Suggestions sur mon site Internet

C'est donc l'esprit du séjour qui fera la différence la plus significative avec ma proposition précédente, d'une facture très classique :

- un programme plus souple dans son contenu, établi en prenant en compte, autant que faire se pourra, les desiderata exprimés par les participants d'ores et déjà invités à se pré-inscrire pour contribuer à cette définition du contenu

- des activités optionnelles : chacun pourra suivre le groupe ou s'en détacher, dans le cadre d'un prix forfaitaire d'un montant global raisonnable (ce qui est rendu possible à Buenos aires parce que de très nombreux musées y sont gratuits ou à prix symbolique, ce qui n'est pas le cas d'autres destinations)

- un hébergement alternatif à l'hôtel : dans un niveau de confort comparable à celui de nos maisons et plus proche du mode de vie local que l'hôtel traditionnel des voyagistes spécialisés, le groupe pourra s'adapter davantage à l'improvisation qui règne sur place (comme le savent mes lecteurs réguliers) et faire de temps à autre sa propre cuisine (ce qui suppose d'aller au marché et donc d'y découvrir la consistance de la vie locale). Ce choix est orienté par un rêve : organiser un asado, un vrai, auquel nous inviterions un certain nombre de musiciens et gastronomes de mes amis pour nous initier à ce grand rite de la convivialité... Toutes choses qui se révèlent impossibles à expérimenter dans un hôtel classique (3).

Comme dans la proposition de l'automne dernier, le programme comprendra de nombreuses rencontres et on tâchera d'en ajouter une ou deux autour d'une ONG ou d'une coopérative de travailleurs des quartiers populaires, d'un club sportif - un club atlético (que ce soit le Boca Juniors et son stade de la Bombonera ou le San Lorenzo et tel ou tel autre, car ils sont très nombreux dans cette ville et chacun a sa personnalité) ou d'une initiative pastorale catholique, phénomène sur lequel, à la mi-mars, l'élection du Pape (4) a brièvement jeté un peu de lumière (avant que nous nous replions à nouveau sur nos problèmes domestiques).

Capture d'écran du site de Human Trip

Human Trip proposera aussi, à ceux qui le veulent, des extensions de voyage : en mai 2014, on sera à quelques jours de la Coupe du Monde de Football au Brésil (si ça vous dit) et puis l'Argentine présente d'autres ressources très intéressantes et qui restent hors des sentiers battus (voyez mes propositions décrites sur mon site Internet).

Ce voyage nouveau style (5), nous pouvons le réaliser au plus tôt en mai 2014 (il faut de l'anticipation pour monter un contenu consistant à tarif raisonnable). Pour le moment, les dates exactes ne sont pas arrêtées, elles le seront lorsque les futurs participants se seront manifestés. Hors extension, le séjour à Buenos Aires et ses environs serait d'environ deux semaines sur place (et encore, c'est très insuffisant pour tout voir).
Vous pouvez dès à présent vous préinscrire auprès de Human Trip : info@humantrip.fr (sans engagement de votre part dans cette phase préparatoire)
Régulièrement, jusqu'à la fin mai, Human Trip et moi-même ferons le point pour intégrer vos suggestions dans le programme, dont je fignolerai les détails cet été/hiver lors de mon habituel séjour dans la capitale argentine (voir Mes Chroniques de Buenos Aires). Vous pouvez donc me mettre en copie de votre mail si vous le souhaitez (sans vous tromper : les pré-inscriptions sont à faire exclusivement auprès de Human Trip, je n'ai aucune compétence pour les recevoir ou m'en occuper).

Pour ma part, j'envisage de faire des présentations de ce voyage à travers des conférences-débats à la rentrée sur Paris, et je l'espère aussi en région (Aix bien sûr, Tours et d'autres villes). Vous pouvez également venir discuter du sujet avec moi sur les salons du livre auxquels je participe (vous pouvez suivre mes déplacements à travers Barrio de Tango ou en consultant mon agenda sur mon site Internet où j'inscris mes activités au fur et à mesure qu'elles sont décidées, donc avec un peu d'anticipation par rapport au blog).

D'ores et déjà, vous trouvez sur mon blog (et sur mon site) un lien qui vous envoie sur le site Internet de Human Trip, qui fait de même vers mon site (vous pouvez donc partir sur Human Trip, fermer la fenêtre de Barrio de Tango et revenir sur le blog via www.denise-anne-clavilier.fr sans avoir besoin ni de vos favoris ni d'un moteur de recherche).
Sur Barrio de Tango, un lien permanent est installé dans la nouvelle rubrique Partenaires en partie basse de la Colonne de droite (avec les liens vers les sites externes).


(1) Voir San Martín, à rebours des conquistadors, la première biographie en français qui lui est consacrée et que j'ai publiée à la fin de l'année dernière aux Editions du Jasmin.
(2) Le personnage clé de voûte du manifeste Tango Negro, de Juan Carlos Cáceres, dont je viens de faire sortir une version traduite et commentée en français, aux Editions du Jasmin.
(3) La vie sur place est bon marché par rapport à nos niveaux de vie européens. Le surcoût n'est donc pas très élevé. Surtout si on sait se repérer dans la ville et c'est mon cas. C'est une des valeurs ajoutées que j'apporte en étant aussi votre guide-conférencière, et non pas seulement la conceptrice du voyage.
(4) Il en a été l'un des grands animateurs pendant les vingt ans où il a été évêque de Buenos Aires. Sur l'image du Pape et son évolution récente et rapide en Argentine, voir mes articles étiquetés Pape François.
(5) Ce séjour ne s'adresse pas à des danseurs désirant faire un stage résidentiel de tango intensif, avec cours et milongas ou pratiques tous les jours. Le séjour 100% Tango existe déjà sur le marché. Un certain nombre d'associations spécialisées et de professeurs de danse exerçant en France, en Belgique, en Suisse, en organisent tous les ans. Il n'est pas question de leur faire concurrence alors que ma valeur ajoutée serait nulle dans ce domaine où ils excellent. Pour ce type de voyage, consultez les sites spécialisés comme Tout Tango ou Tangorama, la Gazzetta Tango, La Salida et tous ces supports francophones où les organisateurs de tels séjours placent leurs annonces publicitaires, sur papier (Tout Tango ou La Salida) ou en ligne...