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samedi 5 décembre 2009

Présentation du n° 58 de Buenos Aires Tango y lo demás au Tortoni [Disques & Livres]

Comme l'année dernière à la même époque, les membres de la rédaction du magazine culturel Buenos Aires Tango y lo demás (Buenos Aires Tango et tutti quanti) présenteront le nouveau numéro au sous-sol du Gran Café Tortoni, avenida de Mayo, 833, ce sous-sol imprégné de l'histoire culturelle de la capitale argentine, une salle voûtée qui fut le siège social de la Peña del Tortoni (traduisez le club ou le cercle du Tortoni), une association d'artistes et de journalistes qui s'y réunit de 1929 à 1943 sous la présidence du peintre de la Boca, Benito Quinquela Martín, et qui travaillait à dégager une identité culturelle nationale argentine, une salle qui servit aussi de tout premier siège, incroyablement précaire, à la Academia Nacional del Tango, depuis sa fondation en juin 1990 jusqu'à ce que Horacio Ferrer réussisse, en décembre 2001 (1), à faire acheter par l'institution son siège actuel, qui occupe depuis janvier 2002 les premier, deuxième et troisième étages du même immeuble.

Ce sera mercredi 9 décembre, à 19h15. L'entrée est libre et gratuite.
Seront présents pour animer la soirée les 14 poètes publiés dans ce numéro, les chanteurs Cristina de los Angeles et Oscar D'Angelo accompagnés à la guitares par Marisa Pérez Acosta et l'ensemble instrumental El Nacional Tango avec lequel chantera Patricia Daló. Le poète Eugenio Mandrini, grand favori de la revue, lira quelques uns de ses poèmes. La soirée sera présentée par Natalio Etchegaray, membre de la Academia Nacional del Tango.
Le tout est coordonné par Oscar D'Angelo.
Pour aller plus loin :
Visiter la page Myspace du groupe El Nacional Tango (la photo de fond est une photo de la Avenida de Mayo)

Vous avez le lien vers le site du Gran Café Tortoni dans la Colonne de droite et celui vers le blog du poète Héctor Negro, l'un de membres les plus actifs du comité de rédaction de la revue, à qui vous devez cette annonce.

(1) L'acte notarié a été signé la veille du Corralito, la décision qui bloquait tous les comptes bancaires et entérinait la faillite de l'ensemble du système financier du pays. Le Corralito (l'enfermement, l'enclos) a empêché tous les Argentins de réaliser leurs projets d'investissement et de consommation, notamment les achats immobiliers, et a fait disparaître les économies de tous les particuliers et d'un bon nombre d'institutions, y compris publiques. Horacio Ferrer a encore des sueurs froides à l'idée qu'il s'en est fallu de si peu que toute sa longue recherche d'une vraie adresse emblématique tombe à l'eau...

mardi 17 mars 2009

Nora Bilous au Tortoni et un CD gratuit [disques et livres]



Pour ma part, j’ai découvert l’auteur-compositrice-interprète de tango Nora Bilous dans l’un des podcasts de Tango City Tour, en 2007. Nora Bilous a déjà trois disques à son actif. Elle propose d’ailleurs sur son site un téléchargement gratuit du dernier d’entre eux, Presente, 13 pistes, dont quatre morceaux écrits par elle et composés par son partenaire Juan Rivero, six classiques (Rodando tu esquina, Cristal, Toda mi vida, Baldosa floja, Nostalgias, Alma en pena) et trois morceaux plus contemporains mais d’autres compositeurs. Un album équilibré, enregistré en 2007, et dont la direction musicale et les arrangements ont été assurés par Juan Rivero. C’est en entrée de son site et ça vaut le coup (et c’est quelqu'un qui a acheté le disque chez un disquaire là-bas qui vous le dit).

A l’intérieur du site, vous découvrirez aussi en écoute (non téléchargeable) plusieurs pistes des deux autre disques.

Nora Bilous est une habituée du Tortoni. Elle y chante deux fois par semaine depuis 2003. Elle s’y produit actuellement, le dimanche à 20h et le vendredi à 23h, dans le salon Alfonsina Storni, à 60$ l’entrée (voir le programme sous ce lien). Ses deux spectacles s’appellent Desde Otro lado, le dimanche (d’un autre côté) et Tango en canto de mujer, le vendredi (1). C’est d’ailleurs au Tortoni qu’elle a connu son partenaire, qui est aussi son pianiste, son arrangeur et donc, on vient de le voir, l’un des compositeurs de son répertoire. Tous les deux forment à présent un duo et c’est dans cette configuration qu’ils ont été retenus l’année dernière dans le programme 2009 des Bares Notables (voir l’article de ce blog sur cet appel à concours édition 2008).

Le lundi à 22h, Nora Bilous chante aussi au Café de los Angelitos, de la esquina Rivadavia y Rincón, ce café que fréquentaient Carlos Gardel et José Razzano et où payadait José Betinotti (2), qui ferma dans les années 90 à cause d’un incendie et a été à nouveau inauguré en juin 2007, tout beau tout neuf... Elle s’y produit dans un spectacle de luxe puisque le Café de los Angelitos, grand café de tradition portègne, avec garçons en grande tenue et service stylé mais le tout raisonnablement abordable de jour, se transforme la nuit venue en cena-show, comme la Esquina Carlos Gardel (à l’Abasto), la Esquina Homero Manzi (esquina San Juan y Boedo), l’immense Tango Porteño (au pied de l’Obélisque), le plus petit El Viejo Almacén (à la frontière de Monserrat et de San Telmo).

A écouter aussi sur Tango City Tour... en allant chercher le podcast n° 85 (c'était il y a quelques années, nous en sommes au n° 148 et ce podcast est hebdomadaire). Le lien vers Tango City Tour se trouve dans la rubrique Ecouter dans la partie basse de la Colonne de droite, celle consacrée aux liens externes.

(1) Tango en canto de mujer : léger jeu de mot entre "en canto" (chanté par... une femme) et encanto (charme, envoûtement, sortilège... de femme). "Encanto de mujer" c’est l’une des citations cultes du tango Pasional, de Jorge Caldara et Mario Soto, connu surtout pour l’interprétation qu’en a donnée (et enregistrée) l’orchestre de Osvaldo Pugliese en 1951.
(2) José Betinotti (1878-1915), sans doute l’un de ceux qui ont appris la guitare et le chant à Carlos Gardel, était un payador, un artiste qui savait improviser vers et musique sur les thèmes qu’on lui donnait ou sur l’actualité (voir à ce sujet
l’article de ce blog sur l’hommage que Luis Alposta a rendu à Gabino Ezeiza, le maître de Betinotti, il y a quelques semaines sur Noticia Buena). Les payadores, qui comptent parmi les ancêtres des auteurs et compositeurs de tango, ont joué un grand rôle non seulement dans l’apparition du tango mais aussi, plus largement, dans la constitution d’une identité culturelle propre à la province de Buenos Aires et à l’Uruguay, qui unifie la région, de part et d’autre du Río de la Plata. Souvent les payadores étaient des anarchistes itinérants dans les campagnes, des colporteurs de nouvelles contestataires et critiques de l’ordre établi, voire des marginaux qui échappaient délibérément à toutes les contraintes. Ils furent donc longtemps la voix des petits, des gauchos, des ouvriers et de tous les sans voix du petit peuple. Citadins et quasi-sédentaires, Gabino Ezeiza et José Betinotti, qui comptent parmi les derniers d’entre eux, était l’un un radical, qui prit les armes lors des soulèvements montés par l’UCR au début des années 1890, l’autre un sympathisant socialiste, dans la Buenos Aires dominée par le pouvoir des oligarques de la Generación del 80 (voir la chronologie historico-politique, en partie centrale de la Colonne de droite).
Les payadores n’ont laissé que peu de traces de leur art car pour la plupart d’entre eux, ils n’ont jamais rien écrit (tout était improvisé) et les lettrés n’avaient que mépris pour ces va-nu-pieds. Ce n’est donc qu’exceptionnellement que les journaux mentionnent tel ou tel événement relatif à leur art ou à leur présence. Le poids extraordinaire qu’ils conservent dans l’imaginaire collectif rioplatense s’est transmis de génération en génération jusqu’à nous à travers des récits dont il n’est pas aisé de séparer la réalité historique et la légende.

Carlos Rossi ce jeudi au Tortoni et sur ADN Tango [à l’affiche]

Le chanteur et letrista (1) de tango Carlos Rossi sera ce jeudi 19 mars, à 19h (heure de Buenos Aires, laquelle vient de passer à l’horaire d’hiver), au micro de Claudio Tagini, dans l’émission (el programa) ADN Tango, sur le site de Radio Sentidos.

S’écoute en direct ou en différé, en streaming, pendant toute une semaine, 24h sur 24.

* ~ * ~ * ~ * ~ *

Carlos Rossi est né en 1943, dans le sud de Buenos Aires, dans le quartier de Nueva Pompeya, celui qu’ont célébré Homero Manzi et Aníbal Troilo dans Sur et dans Barrio de Tango, en 1948. C’est donc un artiste d’expérience et qui a tout pour être validement enraciné dans une tradition tanguera on ne peut plus orthodoxe. Au début de sa carrière, dans les années 60, il a chanté dans l’orchestre de José Basso, une figure musicale dans ces années-là qui sont moins connues par chez nous que celles qui avaient précédé, les années 30 et 40. Aujourd’hui, Carlos Rossi est un chanteur soliste.
En ce mois de mars, il se produit tous les vendredis et tous les samedis au Gran Café Tortoni, dans la salle Alfonsina Storni (rez-de-chaussée, au fond), à 20h30, avec une chanteuse de quelques années (!) sa cadette, Virginia Verónica (né en 1970). L’entrée est fixée à 60 $ le vendredi comme le samedi.
C’est cher, c’est cher, s’écrient mes lecteurs fidèles, habitués à une échelle de prix bien différentes. Vous êtes drôles, vous ! C’est qu’on est au Tortoni, tout de même. Tout est plus cher au Tortoni, même la tasse de café. Mais vous avez le décor, l’ambiance, les garçons en grande tenue, à la parisienne, les souvenirs historiques, la réalité culturelle d’aujourd’hui, vous tutoyez Jorge Luis Borges et Héctor Negro, sans parler de Quinquela Martín ou de Gardel en personne... Il faut attendre pour entrer, même en hiver quand ce n’est pas la saison touristique. Il y a un maître d’hôtel pour régler les entrées et les sorties, jusque sur le trottoir. Au-dessus, vous avez le Palacio Carlos Gardel, siège de la Academia Nacional del Tango. Le Café Tortoni, fondé en 1858 et aujourd’hui installé Avenida de Mayo n° 829, c’est l’un des lieux les plus prestigieux de tout Buenos Aires.

Le show du vendredi s’appelle Sol y Tango 2009, celui du samedi s’appelle Contango Historias (2). Ensemble, les deux chanteurs participent aussi à un spectacle conçu par Virginia Verónica, Terapía Tango (présenté comme un remède à la vie folle et déprimante d’aujourd’hui, mais qui n’a de thérapie que le nom. Un spectacle de tango, excellent à ce qu’il paraît. Todo Tango lui-même y fait référence dans son article sur cette chanteuse de la Guardia Jóven, une catégorie propre au site). Tous les deux sont enfin également co-auteurs de quelques tangos, publiés là aussi sur le site encyclopédique qu’est Todo Tango (voir le lien avec Todo Tango dans la rubrique Les Institutions dans la Colonne de droite, partie basse).

Carlos Rossi est aussi un chanteur connu pour ses prestations dans les médias audio-visuels. Il fait partie de l’équipe (el elenco) de La Noche con Amigos de Lionel Godoy tous les soirs de semaine, sur La 2x4, de Grandes Valores del Tango, l’émission dont fit aussi partie José María Mentana (récente invitée de Claudio Tagini). Enfin, il se produit sur le plateau de la chaîne payante Sólo Tango, sur laquelle travaille aussi Nolo Correa, autre récent invité de ADN Tango.

Carlos Rossi a fait un long séjour sur la scène de Taconeando, la tanguería fondée par la chanteuse et danseuse de tango Beba Bidart (aujourd’hui, La vereda de Beba, pour rappeler a mémoire de la fondatrice). Il s’est aussi produit un temps sur la scène de la tanguería voisine, à seulement une centaine de mètres de là, dans ce même coin ultra-pittoresque et authentique de Buenos Aires, presque à cheval entre San Telmo et Monserrat, El Viejo Almacén (fondé par Edmundo Rivero et passé, lui aussi, en d’autres mains désormais).

En 2003, Carlos Rossi a sorti un disque (qui n’est hélas plus disponible aujourd’hui sur Tangostore, la boutique en ligne de Zivals, mais il pourrait y revenir prochainement) : Socios de un sueño (associés d’un songe).

A ce disque ont participé en artistes invités des pointures comme Raúl Garello, Oscar Barrios, José Colángelo, Saúl Consentino, Carlos Morel et Juan Carlos Zunini, parmi d’autres. Rossi y interprète des pièces qui ne sont pas souvent enregistrées, notamment Lulú, une valse écrite d’une plume exceptionnellement simple par Horacio Ferrer, un beau poème passionnément amoureux et subtilement érotique dédié à sa femme, l’artiste peintre Lulú Michelli, et dont la musique est signée Raúl Garello (Lulú avait été créé et enregistré en 1992 par Raúl Garello et le chanteur uruguayen, décédé depuis hélas, Gustavo Nocetti, ami personnel et intime du poète). Egalement deux morceaux de Saúl Consentino, dont l’un écrit par la chanteuse guitariste compositrice et poète Eladia Blázquez (Sin tu mitad). Carlos Rossi est lui-même l’auteur de huit morceaux (temas) dont le second signé sur ce disque par Saúl Consentino, Tiempo de Nadie (temps de personne), et...

Vous savez garder un secret ?
Sûr ?

Bon. OK. OK, je vous le dis mais c’est entre nous, hein ? On est bien d’accord ? Vous le répétez pas ! Sur la liste de pistes composant Socios de un Sueño, on trouve un tango écrit par Claudio Tagini (musique d’Oscar Barrios). Si ! Al filo del otoño (au fil de l’automne). Bon ADN ne saurait mentir (3), Claudio est le fils d’un chanteur et letrista, qui a signé 7 tangos enregistrés par Carlos Gardel ! Ceci dit, je me répète, je l’avais déjà raconté dans un autre article, le premier consacré dans ce blog à cette émission de radio par Internet, en janvier dernier.

Chose bizarre, Carlos Rossi est aussi attendu à côté de Córdoba, le 27 mars, un vendredi, pour une émission en direct sur la radio de Bell Ville, et Bell Ville ce n’est pas tout près de Buenos Aires. Donc ou il y va en super-sonique, ou il ne chantera pas ce soir-là au Tortoni, ou il y a une gourrance (4) sur le programme du Tortoni ou dans l’article de Diario Marca, le journal de Bell Ville. Vous pouvez toujours aller lire l’article, il vous donne l’adresse du site de la radio où vous pourrez écouter l’émission en direct...

Sinon, ADN Tango figure dans les sites de la rubrique Ecouter, en partie basse de la Colonne de droite. Vous trouvez le lien aussi dans les autres articles que j’ai consacrés à cette émission (en cliquant sur le nom de Claudio Tagini, là-haut, entre le titre et l’article). Et si vous ne voulez pas attendre jeudi soir à 19h (là-bas, maintenant, 19h, ça nous fait minuit ici et à partir du 29 mars, ça nous donnera du 1 h du matin !), vous pouvez aller sur Todo Tango l’écouter chanter en 1966 avec l’orchestre de José Basso Mientras tú no llegas de Manuel Sucher et Carlos Bahr (tandis que tu n’arrives pas) ou en 1999 Musa de neón de Saúl Cosentino et María del Mar Estrella.

Et puisqu’on y est, parlons aussi de la partenaire, Virginia Verónica, dont Todo Tango nous offre la version de Cada día te extraño más (chaque jour, tu me manques un peu plus), enregistrée en 2001 (écoutez cette voix, ça vaut vraiment le coup). Vous pouvez aussi l'entendre dans le podcast 119 de Tango City Tour (lien dans la Colonne de droite, dans la rubrique Ecouter).

Et puis comme on parle de ADN Tango et qu’on ne fait rien sans Gardel dans ADN Tango (avec un titre et une histoire pareils, comment pourrait-il en être autrement ?), voilà le début d’une letra de Carlos Rossi et Virginia Verónica (musique de Saúl Cosentino).

Te canto desde mi canto, Gardel que estás en los cielos.
Te canto desde el desvelo de mis sueños de cantor.
Y para cantarte en serio, cuento con la bendición
que desde el fondo del tiempo puso en mi garganta Dios.
Y con la vida mis ganas de honrarte desde mi voz.
(Carlos Rossi et Virginia Verónica, 2004)

Je chante pour toi depuis ma musique, Gardel qui es aux Cieux.
Je chante pour toi depuis l’éveil de mes rêves de chanteur.
Et pour vraiment chanter pour toi, je compte sur la bénédiction
Que depuis le fond des temps Dieu a mis en mon gosier.
Et c’est ma vie que mon envie de te rendre hommage avec ma voix...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce tango s’intitule tout simplement Gardel que estás en los cielos (formule empruntée à une traduction hispanophone du Pater, le Notre Père. Quand je vous disais que Gardel était plus qu’un chanteur, que c’était un mythe).

(1) letrista : parolier. Mais je n’aime guère cette traduction (même s’il n’y en a guère d’autre) : en tango, les textes vont bien plus loin que les paroles des chansons telles qu’on les conçoit, telles qu’on les écrit en Europe. A moins de faire du répertoire d’un Georges Brassens ou d’un Jacques Brel la norme or la richesse littéraire de ces textes sont des exceptions dans le genre qu’est la chanson ici.
(2) Contango Historias est une espèce de jeu de mot. Cela sonne comme "contando historias" ("en racontant des histoires", au sens des récits et non des mensonges, comme en français oral).
(3) El turno idiomático es "bon sang ne saurait mentir" (la sangre buena no sabe mentir, es decir que los hijos salen como sus padres)
(4) "gourrance" : error en argot parisino.

mercredi 28 janvier 2009

Nolo Correa à ADN Tango le 29 janvier [radio]

Image extraite du blog de Marta Iglesias, la productrice de l'émission.


Dans l’émission de Claudio Tagini, ADN Tango, une émission de radio par internet, produite par Marta Iglesias pour Radio Sentidos, à Buenos Aires, vous pourrez entendre, demain soir, l’animateur d’émissions télévisuelles, Nolo Correa, lui-même chanteur de tango.

Tout récemment, j’ai eu l’occasion d’écrire quelques mots sur lui. Il s’agissait d’un article consacré aux nouvelles vidéos proposées par la chanteuse Jacqueline Sigaut. Ces deux vidéos, où elle est accompagnée par le guitariste Raúl Luzzi, ont été tournées sur le plateau de Por el Tango, l’émission conçue et animée par Nolo Correa, sur le canal de Sólo Tango (1). Por el Tango passe le vendredi à 21h, heure de Buenos Aires, et est ensuite multi-diffusé sur la même antenne tout au long de la semaine.

Cette fois-ci, c’est lui, Nolo Correa, en sa qualité d’artiste, que vous pourrez découvrir de vos propres oreilles. Claudio Tagini nous le fera écouter (sous forme de disque ou d’enregistrements divers et variés) et l’interviewera sur son parcours et l’exercice son métier. Et vous n’aurez même pas un centime à débourser pour en profiter (si le Canal Sólo Tango émet bien sur Internet, le visionnage des émissions en est néanmoins payant... On n’a rien sans rien en ce bas monde !).

En prime, écouter des chouettes émissions de radio, sur un sujet qui nous passionne (et si vous êtes arrivé sur ce blog, c’est sûrement que le tango vous intéresse de près ou de loin), c’est une excellente manière, fort agréable et pas vraiment harassante, de se frotter à cet espagnol si particulier qu’est celui qui se parle Buenos Aires et de se désinhiber de toutes ces frayeurs que nous inspire en général n’importe quelle langue étrangère, même les bien dressées qui ne mordent jamais (ce "nous" regroupe essentiellement les Français) (2).

En vous connectant au streaming de Radio Sentidos, vous pouvez écouter ADN Tango en direct le jeudi à 19h (heure de Buenos Aires, voir le décalage horaire avec Paris et la façade ouest de l’Union Européenne, dans Buenos Aires : infos pratiques, sur la droite de cet écran).


Toutes les émissions de Radio Sentidos restent accessibles sur le site pendant toute la semaine qui suit leur diffusion en direct, 24h sur 24. C’est l’avantage de la radio par internet. Vous accédez facilement à ce site, dans la rubrique Ecouter, en partie basse de la colonne de droite, celle des liens externes).

Attention toutefois : Radio Sentidos ne met en ligne aucun podcast. L’émission n’est donc pas téléchargeable sur votre disque dur. Il faut vous connecter dans le délai imparti à chaque numéro de chaque émission hebdomadaire pour en profiter.
Radio Sentidos, gratuite pour l’auditeur, est financée par la publicité, pour que les professionnels qui la font vivre vivent eux-mêmes de leur travail. Au début de l’émission, ne vous laissez donc pas décourager par les spots successifs et passablement absconds pour nous, qui vivons sur la côte est de l’Atlantique et/ou dans l’hémisphère nord (3). Le public de Radio Sentidos est essentiellement argentin et le contenu publicitaire est calibré en fonction de cette réalité...

En ce qui concerne Por el Tango (on revient à la télé), Nolo Correa consacrera son émission de vendredi prochain, le 30 janvier 2009, au Café Tortoni, célèbre établissement "à la Parisienne" qui joue un grand rôle dans la vie intellectuelle, culturelle et artistique de Buenos Aires depuis les années 1920 (et même un peu avant déjà). Le Tortoni se trouve Avenida de Mayo, au numéro 825. Participeront entre autres à ce Especial Tortoni deux musiciens très actifs au sein de la Academia Nacional del Tango (qui a son siège juste au-dessus du Tortoni) : Fabián Bertero et Juan Trepiana.





Raccourcis vers d’autres articles de Barrio de Tango sur des sujets connexes :
Les émissions de radio
Les émissions de télévision
El Gran Café Tortoni
La Academia Nacional del Tango







(1) Sólo Tango : en français, ça se traduit "Rien que du tango".
(2) Surtout qu’aucun lecteur n’y voit l’ombre d’une moquerie. Je sais de quoi je parle : j’ai moi-même longtemps redouté les langues vivantes, notamment à cause de quelques profs d’anglais dont j’aurais volontiers fait de la chair à saucisse si mes parents ne m’avaient éduquée dans le respect des gens en général et donc, aussi, des profs en particulier, même les pas bons du tout. Sur toute ma scolarité, je ne me souviens que d’une seule bonne professeur d’anglais. C’est vous dire. Ils sont, en revanche, beaucoup plus nombreux au rayon latin et grec.
Au Teatro Alvear, un jour, en attendant le début d’un concert, mon voisin, un charmant Portègne d’un certain âge, comprenant que j’étais française, m’a dit : "Ah Paris, c’est beau ! C’est beau !... Mais alors, les Français, ils ne parlent que le français. C’est impossible de demander son chemin, dans la rue, même en anglais. Personne ne répond."
(3) Ce blog étant rédigé en français, il se trouve qu’il attire un public très majoritairement européen. Cela ne veut pas dire que l’auteur de ces lignes compte pour rien ceux de ses lecteurs qui habitent le continent américain, depuis le cercle polaire anglo-saxon jusqu’à la Terre de Feu en passant par le Québec. Barrio de Tango a aussi eu l’honneur de s’ouvrir à quelques clics activés au Japon et en Australie. Que tous se sachent les très bienvenus sur ces pages, elles sont pour tous sans distinction de latitude ni de longitude. Todos están bienvenidos. Welcome everybody on board ! (je ne sais pas le dire en japonais. Que les internautes du Soleil Levant me pardonnent !)

vendredi 28 novembre 2008

Présentation du nouveau numéro de Buenos Aires Tango y lo demás au Tortoni [à l’affiche]

Le Maestro Héctor Negro, qui est l'un des trois membres du Comité de Rédaction de Buenos Aires Tango y lo demás (Buenos Aires, Tango et tutti quanti, BAT pour les intimes), présentera le nouveau numéro de cette revue (le 57ème) dans la bodega (la cave, le sous-sol) du Gran Café Tortoni, sa recalada préférée (1), un véritable temple de la culture portègne. Cette bodega, qui accueille aujourd’hui des shows de tango, la plupart du temps, et voit défiler les meilleurs musiciens de la ville, jeunes et anciens, a été longtemps le siège d’un cercle d’artistes et d’intellectuels qui a profondément marqué l’histoire culturelle de Buenos Aires. On l’appelait la Peña del Tortoni, elle était animée par le peintre Quinquela Martín. Plus récemment, elle a fait office de siège pour la Academia Nacional del Tango, de sa création en 1990 jusqu’à l’acquisition épique de ses locaux actuels (juste au-dessus) en 2001.

La présentation prendra la forme d’une soirée littéraire et musicale, elle aura lieu lundi soir, le 1er décembre, à 19h30 (entrée libre et gratuite).

Une brochette de participants, plus prestigieux et talentueux les uns que les autres, seront de la fête :

Côté chant : Carlos Andreoli, qui, nous précise le Maestro, rentre tout juste d’Espagne (2), Norberto Roldán (3), Patricia Barone (4) et Caracol (Escargot) accompagné par le duo de guitares Tanguido.

Côté musique instrumentale : el Cuarteto Al Limite.

Côté poètes : Luis Alposta, Eugenio Mandrini (Héctor Negro vient de lui consacrer une entrée de son blog), Hugo Enrique Salerno, Roberto Selles (autre récent article d’Héctor Negro sur son blog), Alejandro Szwarcman (présent sur My Space, comme vous le savez déjà) et Héctor Negro (voir aussi les liens de la colonne de droite). Tous liront leurs poèmes publiés dans ce numéro... (5).

Natalio Etchegarray, le Rédacteur en chef, jouera les Monsieur Loyal de la soirée.

La revue Buenos Aires Tango y lo demás a son siège dans la rue Holmberg au n° 950, C1427CYD Buenos Aires (Argentine). Vous pouvez demander les numéros anciens en adressant un courrier à Héctor Negro. La revue paraît comme et quand elle peut. Conçue comme un bimensuel, elle n'aura publié que deux numéros cette année, le n° 56 est daté de janvier 2008.

Buenos Aires compte de nombreuses revues sur le tango. Les plus connues, à couverture en papier glacé, gratuites, celles auxquelles tous les touristes du tango ont facilement accès, sont en fait des supports de publicité pour les cours de danse, les milongas et les marchands de chaussures (et pas seulement les bons). Buenos Aires Tango y lo demás, que j’ai moi-même connue grâce à Héctor Negro, qui m’en a apporté plusieurs exemplaires quand il m’a reçue pour la première fois à Buenos Aires l’année dernière, est une revue sur la culture du tango dans toute son ampleur et sa profondeur. Elle publie les poètes mais aussi des articles d’histoire, de musicologie, de sociologie tant sur le genre que sur le contexte dans lequel il vit et se déploie.

Si vous préférez le genre feuille de chou, vous jetterez votre dévolu sur El Chamuyo, le mensuel gratuit de la Academia Nacional del Tango, imprimé sur une page A3 recto-verso (un périodique d’entrefilets). En libre service dans l’entrée de l’Academia (1er étage).

(1) recalada : expression maritime très employée à Buenos Aires pour désigner un lieu où l’on vient se ressourcer, se retrouver, faire une pause. Il n’existe pas à ma connaissance d’expression similaire en français.
(2) sur sa page
My Space, cet auteur-compositeur-interprète (cantautor en portègne) se définit comme "un poeta entre la ciudad y el río" (c’est joli et ça se comprend tout seul). Il est rédacteur régulier dans cette revue.
(3) dont le dernier disque, Tangos, valses y milongas por Norberto Roldán, aux éditions Fonocal, comporte un morceau écrit par Héctor Negro (musique de José Colangelo) : Cuando somos (quand nous sommes).
(4) Vous savez déjà aller sur son site les yeux fermés :
baroneygonzalez.com.ar.
(5) La majeure partie de ces écrivains, y compris Natalio Etchegarray, sont des rédacteurs réguliers de BAT, ils collaborent également à la première encyclopédie tango du net,
Todo Tango, de Ricardo García Blaya et siègent, à des titres divers (Académico de numero, Cuadro Jóvenes, Cuadro de Académicos Consultos, etc.), deux étages plus haut à la Academia Nacional del Tango (là, on est sous la belle voûte du sous-sol du Tortoni, donc il faut remonter au rez-de-chaussée, sortir sur le trottoir, longer la façade sur la droite et sur deux mètres pour passer du numéro 833 au numéro 835 de la Avenida de Mayo et emprunter l’escalier qui monte à la Academia, après avoir salué le portier, qui est charmant). Tous se connaissent, se fréquentent, se croisent à tout bout de champ et partout, s’estiment et se respectent... Luis Alposta a croqué Héctor Negro pour la couverture d’une récente anthologie de ce dernier chez leur éditeur commun Corregidor (voir les liens à droite). Alejandro Szwarcman cite Eugenio Mandrini sur sa page My Space... Je ne vous énumère pas tout parce que sinon on y sera encore au réveillon....

samedi 25 octobre 2008

El Día de los Cafés de la Ciudad [actu]

Affiche officielle (la charte graphique la rend très typique du paysage urbain de la capitale argentine)


Le 26 octobre, Buenos Aires fait la fête à ses cafés. Et ils sont nombreux... Cette date a été choisie par qu'elle est celle de l'inauguration du Gran Café Tortoni dans sa disposition actuelle, entre l'Avenida de Mayo, qui était alors toute récente, et Rivadavia, le 26 octobre 1894. Le Tortoni existe cependant depuis 1858, il fête donc cette année ses 150 ans (ce pourquoi l'Assemblée Législative de Buenos Aires a fait poser sur sa façade une nouvelle plaque le 15 août dernier, cf. mon article à ce propos). Le Tortoni est le plus vieux café de Buenos Aires, il a été fondé par un Français, Monsieur Touan, sur les modèles des cafés du Boulevard des Italiens à Paris. De ce fondateur, il a conservé un petit air de Café de La Paix... Son site Web vous offre sur 4 pages animées le 2ème couplet de Viejo Tortoni (Eladia Blázquez - Héctor Negro), tango dont on a tiré aussi les vers qui orne cette nouvelle plaque de marbre blanc...

A l'occasion de cette fête, la Ville de Buenos Aires va lancer son grand projet de développement culturo-touristique du quartier de Boedo (1) avec deux concerts très différents l'un de l'autre mais à la même adresse : esquina San Juan y Boedo. A 11h, demain matin, la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, sous la direction des Maestros Raúl Garello et Juan Carlos Cuacci, donnera une audition. Susana Rinaldi sera présente comme chanteuse invitée.

A 18h, le groupe d'électro-tango Tanghetto reprendra le flambeau.

Cette esquina est bordée par le grand café Esquina Homero Manzi, qui fait cena-show le soir et dont le site web vous accueille avec une superbe version de Sur (Aníbal Troilo et Homero Manzi), par l'orchestre d'Aníbal Troilo et la voix de Edmundo Rivero, et deux autres cafés plus modestes mais non moins typiques, qui affichent fièrement eux aussi leurs quelques plaques commémoratives, dont plusieurs sont des oeuvres du Maestro fileteador Luis Zorz (voir la photo ci-dessus où vous pouvez apercevoir le reflet de la Esquina Homero Manzi dans la vitre du café).

Pour ceux qui aiment l'électro-tango, voici le site de Tanghetto (vous allez voir : ça ne ressemble pas du tout aux sites des groupes et artistes de tango "classique", c'est nettement plus... bling-bling. On entre là dans un autre domaine, celui d'un filon rentable parce que très séducteur et pseudo-moderne, de la musique quasi-industrielle fabriquée en MAO -musique assistée par ordinateur- avec production mécanisée, câlibrée, ciblée sur un public donné). A Buenos Aires, on discute ferme entre partisans de cette musique qui estiment qu'elle appartient à la famille du tango et adversaires, qui refusent de l'y inclure. Les grands artistes reconnus dans l'univers du tango, et ceci sans distinction d'âge, sont tous dans le deuxième camp.


(1) ce grand projet fera l'objet d'un article dans les jours qui viennent.

mercredi 15 octobre 2008

Exposition de Quinquela Martín [à l’affiche]

Incendio en La Boca, Quinquela, site de Clarin

Au Musée de l’Université du 3 Février (Museo de la Universidad del Tres de Febrero), est inaugurée aujourd’hui une exposition d’oeuvres peu connues du Maestro Benito Quinquela Martín (1890-1976) et de nombreuses pièces de sa propre collection de peinture.

Enfant trouvé, élevé tout d’abord par le Patronage de l’Enfance, orphelinat tenu par les Filles de la Charité, rue Monte de Oca, dans le quartier de Nueva Pompeya, puis adopté par un charbonnier italien, Manuel Chinchella, et sa femme, une Indienne illetrée que son fils adorait, le peintre fut d’abord un petit apprenti charbonnier transportant sur son dos les sacs de 60 kg de charbon du port de La Boca jusqu’aux maisons des particuliers où il fallait livrer le combustible. Adolescent, il prend des cours de peinture la nuit. Jeune adulte, il est un peintre qui aura du mal à se faire reconnaître et accepté par la bonne société à cause de son extraction populaire suspecte (pour avoir été ainsi abandonné à la naissance, à cette époque-là, il est plus que probable que sa mère biologique était une fille de joie) et pour ses idées nettement marquées par l’anarchisme argentin, ce mélange de tradition payadoresque (telle qu’on la trouve dans la geste populaire et rurale de Martín Fierro) et de théorie bakouniste apportée par les militants ouvriers fuyant les persécutions politiques en Europe.

Dans l’histoire intellectuelle et artistique de son temps, il a eu une grande influence. Grand ami de Armando Discépolo, il a bien connu le poète et compositeur Enrique Santos Discépolo, de 11 ans son cadet, dont il a indéniablement participé à former le goût et la sensibilité. Il a fondé et animé, pour ne pas dire dirigé, la Peña del Tortoni (1926-1943), ce cercle d’artistes, de journalistes et d’intellectuels à la recherche de l’identité culturelle du pays et de la ville et qui se réunissaient toutes les semaines au sous-sol du Gran Café Tortoni de la avenida de Mayo (c’est aujourd’hui la Bodega del Tortoni, elle accueille des concerts et des shows de tango).

Il peignit surtout le port de La Boca et son activité industrielle, le peuple des travailleurs, des pêcheurs, des marins, des dockers. Il fut l’inspirateur de Caminito, cette ruelle de La Boca dont il voulait faire un musée populaire à ciel ouvert (et qui est hélas devenu un coin à touristes hideux et vulgaire comme il y en a peu au monde). C’est lui qui a offert au quartier les terrains où sont aujourd’hui bâtis le Teatro de la Ribera, el Jardín de Infantes, la Escuela-Museo Pedro de Mendoza.

Il constitua une collection de peintres argentins, dont une partie est exposée au Musée de l’Université (UNTREF). Cette collection, il en fit don au quartier de La Boca et elle est exposée de nos jours, avec le leg de 90 de ses propres oeuvres, dans ce qui est le Museo de Bellas Artes de La Boca, à deux pas du Teatro de la Ribera. Cet immeuble avait été sa maison. Au dernier étage, on peut visiter ce qui fut son atelier. Les fenêtres plongent sur le port de La Boca. Sur la terrasse, une exposition permanente de sculptures dont des oeuvres magnifiques d’artistes inconnus chez nous...

Londres, Paris, New-York ont dans leurs musées quelques uns de ses tableaux que l’Ambassadeur d’Argentine en France dans les années 20, le futur Président de la République Marcelo T. de Alvear, contribua à faire connaître hors des frontières. Un grand peintre et un grand bonhomme...

vendredi 15 août 2008

Inauguration d’une plaque en l´honneur du Maestro Héctor Negro au Tortoni [à l’affiche]

Demain, à 18h, la Legislatura Porteña (le Parlement monocaméral de la Ville de Buenos Aires) dévoilera une plaque d´hommage au poète Héctor Negro sur la façade du Gran Café Tortoni, situé sur l’Avenida de Mayo, entre la Plaza de Mayo et l’immense avenue du 9 de Julio.

En cette année où le Tortoni célèbre les 150 ans de sa fondation, ce qui en fait le plus ancien café de la Ville, la Legislature a voulu rendre hommage à la fois à cette institution de la vie culturelle et intellectuelle de la ville, véritable « recalada » (mouillage, au sens maritime du mot) de tout ce que la ville compte d’artistes et de penseurs, et au poète qui, sur une musique de la défunte Eladía Blázquez, l’a chanté dans un tango intitulé Viejo Tortoni...

Le Tortoni a été le siège d’une très importante insitution culturelle de Buenos Aires, la Peña del Tortoni, le Cercle du Tortoni, fondé et animé par le peintre anarchiste de La Boca Benito Quinquela Martín, cercle auquel ce tango rend hommage.

La plaque qui sera fixée demain citera l’un des vers du poème et j´ai vu ce soir le Maestro Héctor Negro en être très heureux...

J’y serai. Donc vous aurez sans nul doute à mon retour en Europe une belle photo.
D’ici là, vous pouvez déjà aller lire ce tango en profitant des ressources de TodoTango, le site encyclopédique sur le tango dirigé par Ricardo García Blaya.(http://www.todotango.com/spanish/main.html)

Tortoni de ahora, tan joven y antiguo,
con algo de templo, de posta y de Bar.
Azul, recalada, si el fuego es el mismo,
¿quién dijo que acaso no sirve soñar?

Tortoni de maintenant, si jeune et si vieux,
Avec un quelque chose d’un sanctuaire, d’un relais de poste et d’un bar.
Ideal, mouillage, si le feu n’a pas bougé,
Qui viendra me dire que rêver, ça ne sert pas à grand-chose...
Traduction Denise Anne Clavilier


En Buenos Aires, es la medianoche y picos...