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mardi 10 février 2015

Un nouveau deuil en été : Osvaldo Berligieri allait avoir 87 ans [Actu]

Photo extraite de la page Facebook de Osvaldo Berligieri
(probablement administrée par Raúl Luzzi)

Le pianiste et compositeur Osvaldo Berlingieri aurait eu 87 ans le 20 février prochain. Il était né à Haedo, dans le Gran Buenos Aires, en 1928. Il est décédé à Buenos Aires dimanche dernier et ses obsèques ont eu lieu hier. Sa mort ne fait guère de bruit. Seul Página/12 et le quotidien économique Ambito Financiero lui rendent hommage aujourd'hui, dans une actualité politico-judiciaire toujours brûlante (1).

Il restera dans les anales pour son rôle auprès de Roberto Goyeneche, dont il a été l'un des pianistes les plus distingués de la carrière de soliste (les siens figurent parmi les plus beaux enregistrements qu'il nous reste de ce chanteur hors norme) et pour le duo qu'il formait alors avec le bandonéoniste Ernesto Baffa.

Mais il avait aussi appartenu à l'orchestre de Aníbal Troilo pendant une dizaine d'années et plus tard, il avait fait partie de la distribution d'un célèbre spectacle qui avait fait le tour du monde dans les années 1980, Tango Argentino. Plus récemment, on l'avait vu parmi les maîtres du Café de los Maestros, le film autant que la tournée internationale. Il était de temps en temps l'invité de tel ou tel plenario de la Academia Nacional del Tango le lundi soir.

Modeste hommage sur la page spectacles de Ambito Financiero



(1) Pour mettre encore un peu plus d'huile sur le feu d'une actualité surchargée en la matière, le Secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme vient d'annoncer qu'il avait accepté la démission d'un agent de ses services dont on venait de découvrir qu'il avait été condamné en Espagne à 15 ans de détention pour viol sur son ex-compagne, une condamnation qu'il a purgée presque en totalité (il a fait 10 ans derrière les barreaux à Barcelone) mais qui n'avait pas été reportée sur le casier judiciaire national argentin. Cette condamnation, lourde, avait donc échappé aux enquêtes de moralité qui interviennent en Argentine avant toute nomination dans un organe gouvernemental. L'homme devait son poste, au reste très subalterne, au sein de ce ministère à ses amitiés des années 1970 quand il militait dans les rangs des jeunesses péronistes, avec entre autres le couple Kirchner, avant de s'exiler en Espagne pour échapper à la mort sous la Dictature militaire.

mercredi 26 novembre 2014

Cien Troilos de María José Mentana [à l'affiche]


L'un des derniers épisodes du Centenaire Troilo : la sortie du nouveau disque de la chanteuse María José Mentana, Cien Troilos, qu'elle présentera demain, jeudi 27 novembre 2014, à 21h, au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575, dans le quartier de San Telmo.

Elle sera accompagnée par de très grands musiciens comme Atilio Stampone, Leopoldo Federico, Osvaldo Berlingieri, Raúl Garello, Ernesto Baffa, Carlos Buono, Hugo Rivas et Litto Nebbia (grand admirateur de Pichuco à qui il a dédié des chansons), plus quelques autres qu'elle n'a pas nommés dans son blog.

Pour l'occasion, la Academia Nacional del Tango prête le bandonéon de Pichuco, qu'elle expose au Museo Mundial del Tango, pour qu'il sonne à nouveau en cette soirée exceptionnelle.

Le disque comporte quinze pistes, dont six interventions parlées de Horacio Ferrer, Leopoldo Federico, Ernesto Baffa, Litto Nebbia, Atilio Stampone et Raúl Garello et neuf chansons (1), toutes des grands classiques, dont Patio mío et Una canción.

Entrée : 100 $ ARG (comptez les consommations en plus, le Torcuato Tasso est aussi un restaurant, très sympathique soit dit en passant).

Pour en savoir plus :
consultez le blog de la chanteuse, son site Internet (attention au son qui se déclenche dès l'ouverture de la page d'accueil) et sa page Facebook
écoutez son interview par Leonardo Liberman, sur Siempre Argentina conexión español, de RAE (Radio Nacional) et téléchargeable sur le blog du journaliste, via Ivoox.
lire la dépêche de Télam sur la sortie du disque.


(1) Cinq d'entre elles font partie du corpus que j'ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin, et que je continue de présenter sur de nombreux salons du livre régionaux et locaux : María, Sur, Barrio de Tango, Garúa et Che Bandoneón. Avec le livre est offert un disque original, produit par Litto Nebbia en partenariat avec l'éditeur français. Comme tous les livres, il peut être obtenu chez n'importe quel libraire connaissant son métier. Il suffit de le lui commander (il est impossible aux libraires de disposer de tous les volumes qui paraissent en France, il y en a trop !)

jeudi 17 novembre 2011

Osvaldo Berlingieri à l'honneur lundi prochain à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

Lundi 21 novembre 2011, à 19h30, la Academia Nacional del Tango recevra lors de son Plenario le Maestro Osvaldo Berlingieri dans le cadre de sa série Las Estrellas del Tango cuentan y tocan sus éxitos (Les étoiles du tango racontent et jouent leurs succès).

Le tango rituel de cette nouvelle soirée sera A mis viejos (à mes parents), de Osvaldo Berlingieri par Osvaldo Berlingieri et son orchestre (enregistrement récent, puisqu'il date de 2003).

Dans la première partie, celle de la conférence ou de la conversation à bâtons rompus, notre grand pianiste sera accompagné sur l'estrade académique par quelques amis, Pablo Agri (violon), Lautaro Greco (bandonéon) et Daniel Falasca (contrebasse).

Dans la seconde partie, celle de l'espace artistique, il est prévu l'audition de différents enregistrements de sa carrière et un montage de vidéos de ses concerts tant en Argentine qu'à travers le monde.

Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, 1er étage
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

mardi 5 juillet 2011

Juan Pablo Villareal intronisé nouveau chanteur de El Arranque [à l'affiche]

El Arranque (formation actuelle).
Photo extraite de leur site Internet

Demain soir, mercredi 6 juillet 2011, à 20h30, au Teatro 25 de Mayo, Triunvirato 4444, dans le quartier de Villa Urquiza (1), aura lieu le concert des 15 ans de l'orchestre El Arranque, animé par Ignacio Varchausky, le contrebassiste et compositeur qui reste l'indéboulonnable membre fondateur, dans le cadre d'une série de concerts organisés là par l'association VíaTango, qui a aussi été fondée par Varchausky (2), un cycle intitulé Tango Doscientos Uno (Tango 201, pour les 200 ans de l'Argentine que l'on fêtait l'année dernière, dans ce théâtre qui porte pour nom la date de la Revolución de Mayo, le 25 mai 1810, dans une avenue qui honore l'épisode du Triumvirat de cette même Revolución de Mayo).

A cette occasion, Ignacio Varchausky présentera le nouveau chanteur de l'orchestre, Juan Pablo Villareal, qui est reconnu par ses pairs comme l'une des plus belles voix de sa génération, et dont j'ai eu l'occasion de vous parler, notamment parce qu'il a souvent été l'invité de Cucuza et Moscato, dans leur série de concerts du vendredi soir, El Tango vuelve al Barrio (el tango revient dans le quartier), et qu'il a participé en septembre dernier à l'hommage que Tolosa a rendu à Alorsa (voir mon retour sur images du 24 novembre 2010 sur cette belle fête populaire en proche banlieue de La Plata).

La place de Ariel Ardit, que le chanteur avait laissée il y a plus de deux ans pour se lancer dans une carrière personnelle, n'avait jamais été remplacée, par une voix d'homme. C'est un très bon choix que fait l'orchestre et une belle opportunité pour nous de découvrir la voix et le talent de Juan Pablo Villareal, à la prochaine tournée de El Arranque en Europe (ils viennent très souvent par chez nous).

Julio Pane et Juan Tata Cedrón seront parmi les invités de cette soirée festive.

Le programme du cycle en juillet prévoit un concert de Walter Ríos, bandonéoniste et compositeur, qui s'est adonné à de nombreux genres sans se laisser enfermé dans le tango, mercredi en huit, le 13 juillet, le 20 juillet, ce sera le tour de la Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires, dirigée par Raúl Garello, Néstor Marconi et Juan Carlos Cuacci, et le 27 juillet un concert du pianiste et compositeur Osvaldo Berlingieri, qui vient de faire son retour sur scène après de longues années d'absence. Il sera ce soir-là entouré par toute une pléiade d'artistes, le violoniste Pablo Agri, le pianiste Cristian Zárate, le contrebassiste Daniel Falasca et les bandonéonistes Horacio Romo et Laurato Greco.

Pour en savoir plus :

(1) dont j'ai le grand honneur d'avoir été faite Visitante ilustre l'année dernière, par le Cercle des Etudes historiques que préside Luis Alposta, la troisième après deux prédécesseur, un Espagnol et un Japonais (voir mon article du 17 septembre 2010).
(2) dont il est prévu à la mi-octobre que j'anime une rencontre publique autour du film qu'il a tourné avec sa femme, la réalisatrice nord-américaine Caroline Neal, Si sos brujo, una historia del Tango, dans un cinéma du centre de Bordeaux (33). Voir mon article du 29 septembre 2008 sur ce long métrage, l'un des plus réussis, sur le fond comme sur la forme, sur l'histoire du tango, autour du regretté Maestro Emilio Balcarce (voir mes articles sur ce grand bonhomme récemment disparu).

mardi 23 novembre 2010

Osvaldo Berlingieri : sa biographie vient de sortir [Disques & Livres]

Le pianiste et compositeur Osvaldo Berlingieri, 82 ans, revient sur scène après trois ans de maladie dont il dit lui-même qu'"elle l'a mis au gnouf" (en cana) : il sera ce soir, 23 novembre 2010, à 22h au Centro Cultural Torcuato Tasso à San Telmo (Defensa 1575) avec toute une constellation de musiciens de la jeune génération : Daniel Falasca, Pablo Agri, Horacio Romo, Raúl Luzzi, Carlos Corrales, Lautaro Greco, Daniel Naka, Juan Pablo Navarro, Cristian Zárate, Hernán Possetti, Fernando Suárez Paz, Guillermo Fernández et María Lavalle !


En même temps que le Maestro retrouve la scène, sort en librairie sa biographie, intitulée Yo toco el piano (moi, je joue du piano).

A cette occasion, le quotidien Página/12 publie ce matin une interview et fait la une de ses pages culturelles avec la photo du vieux maître à la discographie fournie.

Extrait final (en version bilingue, of course) :

–Al repasar sus discos salta en la audición su carácter vanguardista. La incorporación de saxo al tango, por ejemplo...
–¡Nooo! ¡La vanguardia era Troilo! Al lado de Troilo yo fui vanguardia...
–¿Cuál fue la mayor satisfacción que tuvo con esa orquesta?
–Troilo no permitía a nadie tocar una nota de más. Pero a mí un día me escuchó una variación y me preguntó: “Pibe, ¿qué tocó?” “No sé, maestro, improvisé.”, le contesté. Y me dijo: “Bueno, hágalo siempre”. Después salieron críticas que decían que yo desvirtuaba la orquesta, que estaba metiendo jazz, que cómo Pichuco lo permitía. Me daban con todo. Y era jodido, porque en esa época esas críticas tenían influencia. Troilo siempre me defendió.
–¿Y de los años de gira con Tango Argentino, qué recuerdos guarda?
–Yo aparecía en penumbras, con una variación de “Nunca tuvo novio”. Se empezaban a prender las luces y venía Raúl Lavié, cantando. El teatro se venía abajo.

Berlingieri no dirá más. Leda completará la escena recordando los elogios del The New York Times, o a Liza Minnelli y Anthony Quinn, haciendo cola al término de la función, “como cualquier hijo de vecino, con una humildad sorprendente”, para felicitar a los músicos. O a Robert Duvall, o Al Pacino, o Robert De Niro o Lady Di, igualmente emocionados. Y volverá sobre las invitaciones que se acumulan, como la de la Orquesta Sinfónica de Tokio, cuyo representante no entiende que Berlingieri rechace la oportunidad de dirigirla, y el cachet que se ofrece. “Es un hombre que trabaja muy silenciosamente, hay orquestas de todo el mundo que hoy tocan sus arreglos”, concluye Leda. Berlingieri sólo quiere agregar algo más. Dice que le gusta el título de su biografía, que siente que es el que más lo identifica: “Yo toco el piano”.
Página/12 (Karina Michelleto)

- En réécoutant vos disques, ce qui frappe, c'est leur caractère avant-gardiste. L'introduction du saxo dans le tango par exemple....
- Noooooon ! L'avant-garde, c'était Troilo ! C'est avec Troilo que j'ai été l'avant-garde...
- Quelle a été le plus grande satisfaction que vous avez eue avec cet orchestre ?
- Troilo ne permettait à personne de jouer une note en trop. Mais moi, un jour, il m'a écouté dans une variation et m'a demandé : "Dis, le môme, qu'est-ce que tu as joué là ?". "Je ne sais pas, Maestro, j'ai improvisé", lui ai-je répondu. Et il m'a dit : "Bon, fais-nous ça à chaque fois". Après les critiques sont partis en guerre, ils disaient que je dévitalisais l'orchestre, que j'y fourrais du jazz, que comment Pichuco pouvait permettre ça ! J'en ai entendu des vertes et des pas mûres. Et ça faisait suer, parce que à cette époque-là, ces critiques avaient de l'influence. Troilo m'a défendu chaque fois.
- Et des années de tournée avec Tango Argentino, quels souvenirs gardez-vous ?
- Moi, j'étais dans l'ombre, avec une variation de Nunca tuvo novio. Les lumières commençaient à s'allumer et Raúl Lavie venait chanter. Et le théâtre s'effondrait.

Berlingieri ne dira plus rien. Leda [sa femme, NDT], continue la scène en rappelant les éloges du New York Times, ou Liza Minelli et Antony Quinn, faisant la queue à la fin de la réprésentation comme n'importe quel habitant du coin, avec une humilité surprenante, pour féliciter les musiciens. Ou Robert Duval, Al Pacino, Robert De Niro ou Lady Di, émus eux aussi. Et elle reviendra sur les invitations qui s'empilent, comme celle de l'Orchestre Symphonique de Tokyo, dont le représentant ne comprend pas que Berlingieri refuse l'occasion de le diriger et le cachet qu'on lui offre. C'est un homme qui travaille beaucoup en silence, il y a des orchestre dans le monde entier qui aujourd'hui jouent ses arrangements, conclue Leda. Berlingieri veut juste ajouter une chose de plus. Il dit qu'il aime bien le titre de sa biographie, qu'il ressent que c'est celui qui lui ressemble le plus : Moi, je joue du piano.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Yo toco el piano, Osvaldo Berlingieri, par Rafael Flores Montenegro, est sorti aux éditions Abrazos. Il coûte 16 € sur le site de l'éditeur. Voir la page du livre sur le site de Abrazos Books.

Pour aller plus loin :