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jeudi 11 décembre 2025

Gisela Passi et Rodrigo Rufino proposent un stage exceptionnel à Paris [ici]

Gisela Passi et Rodrigo Rufino


En ce jour international du Tango, j’ai choisi de publier cette proposition d’un couple de professeurs exceptionnels qui enseigne un tango très authentique et simple à Paris.

Le dimanche 4 janvier 2026 après-midi, Gisela Passi et Rodrigo Rufino, tous deux argentins et parfaits francophones, animeront un atelier intitulé Écouter, comprendre, sentir, danser la musique de tango argentin.

Quinteto La Bordona

Pour l’occasion, ils seront en excellente compagnie puisque le contrebassiste et compositeur Ignacio Varchausky, grand spécialiste du tango classique, participera à l’atelier. L’occasion pour vous de rencontrer un artiste qui est considéré comme l’un des acteurs-clés du genre en Argentine depuis de nombreuses années. Ignacio Varchausky est en effet le fondateur de plusieurs formations musicales ainsi que de la Orquesta-Escuela de Tango Emiliano Balcarce.

De 14h à 16h environ, cours de danse sur les différents styles musicaux des grands orchestres classiques des années 1940 et 1950,l’âge d’or du tango.

Après une petite pause-café, de 16h à 18h, les participants écouteront jouer le Quinteto La Bordona, dans lequel Ignacio Varchausky tient la partie de la contrebasse (le rythme), La Bordona étant un tango très connu du compositeur Emiliano Balcarce. Les morceaux exécutés seront choisis dans le répertoire classique, ils seront expliqués, décortiqués et commentés par les professeurs de danse et les musiciens. Une expérience très précieuse pour progresser dans l’art d’improviser sur la piste comme on le fait à Buenos Aires.

Document fourni par Gisela et Rodrigo, que l'on voit ici
avec Ignacio Varchausky (en polo rouge)
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Prix par personne : 70 €.

Inscription obligatoire en couple à l’adresse électronique des professeurs : rufinopassi#gmail.com

Les personnes seules sont invitées à se signaler à Gisela et Rodrigo qui s’efforceront de constituer des couples de danseurs dans la mesure du possible.

Lieu : Loft Lechapelais, 6 rue Lechapelais, Paris 17e.

© Denise Annc Clavilier

vendredi 26 février 2021

Le centenaire de Piazzolla au Teatro Colón [à l’affiche]


Le 11 mars prochain, l’Argentine fêtera le centenaire de la naissance de Astor Piazzolla à Mar del Plata.

Du 5 au 20 mars, tous les soirs à 20 h, avec une jauge draconienne et un protocole sévère (distances physiques, masques, prise de température, présentation d’une pièce d’identité en cours de validité et d’une attestation sur l’honneur concernant l’état de santé du spectateur téléchargeable sur le site du théâtre, etc.), le Teatro Colón propose des concerts avec de nombreux grands musiciens et formations prestigieuses : le groupe Escalandrum, fondé et dirigé par Pipi Piazzolla, le petit-fils du maître, programmé le 11 mars au soir, la Orquesta-Escuela de Tango Emilio Balcarce sous la direction de Víctor Lavallén pour un concert, avec le contrebassiste fondateur Ignacio Varchausky pour le second, l’orchestre symphonique résident, le Quinteto Astor Piazzolla, la Orquesta Filarmónica de Buenos Aires avec Daniel Binelli au bandonéon, les chanteurs Susana Rinaldi, Amelita Baltar, Teresa Parodi et Jesús Hidalgo, pour n’en citer que quelques uns.

Les prix sont très élevés, conformes à ceux d’un opéra national : ils vont de 4 375 pesos pour des places sans visibilité à 7 500 pesos pour les meilleurs emplacements.

Cette série de concerts constitue l’ouverture de la saison 2021 de ce théâtre, le plus prestigieux du pays. Elle résulte d’un partenariat entre le Colón et la Fundación Piazzolla.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajouts du 6 mars 2021:
lire cet article de Clarín sur la première du cycle et la réouverture du théâtre avec galerie de photos

Une de Clarín le 6 mars 2021

Ajout du 7 mars 2021 :
lire cet article de Pagina/12 sur la réouverture du théâtre et l'hommage à Piazzolla

mardi 20 novembre 2018

La musique de Alfredo Gobbi au Teatro San Martín ce soir [à l'affiche]


Le compositeur et contrebassiste Ignacio Varchausky vient de ressortir de l'oubli des partitions oubliées du violoniste Alfredo Gobbi (Paris, 1912 – Buenos Aires, 1965), l'un des grands compositeurs romantiques du tango. Ce nouveau travail d'archéologie musicale donne lieu à l'édition du disque de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, Gobbi inédito, avec le pianiste Cristián Asato.

Les deux artistes présentent l'album ce soir, mardi 20 novembre 2018, à 20h, au Teatro San Martín, avenida Corrientes 1530.

Entrée libre et gratuite.

Página/12 les a interviewés ce matin.

vendredi 16 octobre 2015

Hommage à Emilio Balcarce lundi prochain à la Academia [à l'affiche]

Emilio Balcarce en 2000 sur la scène du Teatro Colón
une image tirée du film de Caroline Neal, Si sos brujo, sur la  naissance de l'OET
Photo Bodega Films

La Academia Nacional del Tango consacrera sa soirée académique du troisième lundi du mois, ce 19 octobre 2015 à 19h30, au Maestro Emilio Balcarce (1918-2011), compositeur, arrangeur, chef d'orchestre et bandonéoniste, qui a co-fondé la Orquesta Escuela de Tango qui porte désormais son nom.

La soirée est coordonnée par Roberto Martínez et Alejandro Molinari. Participeront le président Gabriel Soria et les deux autres co-fondateurs de la OET Emilio Balcarce, les compositeurs Ignacio Varchausky (contrebassiste) et Ramiro Gallo (violoniste).

Le tango rituel de la soirée sera Balada par un loco, de Astor Piazzolla et Horacio Ferrer, à l'occasion des 45 ans de la création de ce morceau révolutionnaire, qui a marqué une étape dans l'histoire du genre. L'enregistrement permettra d'entendre la voix de Horacio Ferrer, accompagné par le Bertero Big Band.

Entrée libre et gratuite, au 833 avenida de Mayo, 1er étage.

mardi 5 juillet 2011

Juan Pablo Villareal intronisé nouveau chanteur de El Arranque [à l'affiche]

El Arranque (formation actuelle).
Photo extraite de leur site Internet

Demain soir, mercredi 6 juillet 2011, à 20h30, au Teatro 25 de Mayo, Triunvirato 4444, dans le quartier de Villa Urquiza (1), aura lieu le concert des 15 ans de l'orchestre El Arranque, animé par Ignacio Varchausky, le contrebassiste et compositeur qui reste l'indéboulonnable membre fondateur, dans le cadre d'une série de concerts organisés là par l'association VíaTango, qui a aussi été fondée par Varchausky (2), un cycle intitulé Tango Doscientos Uno (Tango 201, pour les 200 ans de l'Argentine que l'on fêtait l'année dernière, dans ce théâtre qui porte pour nom la date de la Revolución de Mayo, le 25 mai 1810, dans une avenue qui honore l'épisode du Triumvirat de cette même Revolución de Mayo).

A cette occasion, Ignacio Varchausky présentera le nouveau chanteur de l'orchestre, Juan Pablo Villareal, qui est reconnu par ses pairs comme l'une des plus belles voix de sa génération, et dont j'ai eu l'occasion de vous parler, notamment parce qu'il a souvent été l'invité de Cucuza et Moscato, dans leur série de concerts du vendredi soir, El Tango vuelve al Barrio (el tango revient dans le quartier), et qu'il a participé en septembre dernier à l'hommage que Tolosa a rendu à Alorsa (voir mon retour sur images du 24 novembre 2010 sur cette belle fête populaire en proche banlieue de La Plata).

La place de Ariel Ardit, que le chanteur avait laissée il y a plus de deux ans pour se lancer dans une carrière personnelle, n'avait jamais été remplacée, par une voix d'homme. C'est un très bon choix que fait l'orchestre et une belle opportunité pour nous de découvrir la voix et le talent de Juan Pablo Villareal, à la prochaine tournée de El Arranque en Europe (ils viennent très souvent par chez nous).

Julio Pane et Juan Tata Cedrón seront parmi les invités de cette soirée festive.

Le programme du cycle en juillet prévoit un concert de Walter Ríos, bandonéoniste et compositeur, qui s'est adonné à de nombreux genres sans se laisser enfermé dans le tango, mercredi en huit, le 13 juillet, le 20 juillet, ce sera le tour de la Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires, dirigée par Raúl Garello, Néstor Marconi et Juan Carlos Cuacci, et le 27 juillet un concert du pianiste et compositeur Osvaldo Berlingieri, qui vient de faire son retour sur scène après de longues années d'absence. Il sera ce soir-là entouré par toute une pléiade d'artistes, le violoniste Pablo Agri, le pianiste Cristian Zárate, le contrebassiste Daniel Falasca et les bandonéonistes Horacio Romo et Laurato Greco.

Pour en savoir plus :

(1) dont j'ai le grand honneur d'avoir été faite Visitante ilustre l'année dernière, par le Cercle des Etudes historiques que préside Luis Alposta, la troisième après deux prédécesseur, un Espagnol et un Japonais (voir mon article du 17 septembre 2010).
(2) dont il est prévu à la mi-octobre que j'anime une rencontre publique autour du film qu'il a tourné avec sa femme, la réalisatrice nord-américaine Caroline Neal, Si sos brujo, una historia del Tango, dans un cinéma du centre de Bordeaux (33). Voir mon article du 29 septembre 2008 sur ce long métrage, l'un des plus réussis, sur le fond comme sur la forme, sur l'histoire du tango, autour du regretté Maestro Emilio Balcarce (voir mes articles sur ce grand bonhomme récemment disparu).

lundi 2 août 2010

Le prochain disque de Leopoldo Federico et El Arranque [Disques & Livres]

Les samedis 7 et 14 août et les dimanches 8 et 15, à 17h, le Maestro Leopoldo Federico présentera à la Biblioteca Nacional, Agüero 2502, seul cette semaine et accompagné de l’orchestre El Arranque la semaine prochaine, son tout nouveau disque composé de ses œuvres rares, peu jouées, peu enregistrées.

Le disque, intitulé Raras partituras 6, est produit par Ignacio Varchausky et prend place dans une collection conjointe du label Epsa Music et de la Biblioteca Nacional. Le Maestro Federico y joue tout en soliste.

Chose exceptionnelle, le disque sera édité en format CD et en format vinyle de 180 grammes, qui devrait avoir un son de meilleure qualité.

Pour aller plus loin :
Lire l’entrefilet de Clarín du 28 juillet 2010 à ce sujet.

jeudi 29 octobre 2009

Julio Pane et El Arranque à No Avestruz [à l’affiche]

No Avestruz (comprenez Autruche interdite, un de ces titres de salle bien surréalistes, comme les Argentins en raffolent) est une salle du quartier de Palermo, installée rue Humboldt au numéro 1857.

Demain et vendredi de la semaine prochaine, les 30 octobre et 6 novembre, à 21h, le bandonéoniste et compositeur Julio Pane se joindra à l’orchestre El Arranque pour les deux derniers concerts que cette formation donnera cette année dans cette salle. Les grandes vacances d’été sont dans moins de deux mois et l’heure approche donc des "derniers concerts de l’année".

El Arranque se compose de sept instrumentistes et d’une chanteuse, qui est désormais Noelia Moncada. Les instrumentistes sont Camilo Ferrero et Juan Ramiro Boero, respectivement premier et deuxième bandonéon, Guillermo Rubino et Osiris Rodríguez, respectivement premier et second violons, Ariel Rodríguez, au piano, Martín Vázquez à la guitare et l’immuable et fidèle Ignacio Varchausky à la contrebasse, le dernier des fondateurs du groupe.
Le prix de l’entrée est fixé à 35 $.

mardi 7 juillet 2009

Renouer avec la mémoire du Tango [Disques & Livres]

C’est un article que Página/12 consacre aujourd’hui au travail d’archéologie discographique mené à bien par l’association TangoVía Buenos Aires, fondée et animée par Ignacio Varchausky, le contrebassiste, compositeur et arrangeur, de l’orchestre El Arranque et grand champion devant l’Eternel de la sauvegarde patrimoniale du tango.
En fait, l’Argentine, 25 ans après avoir retrouvé la démocratie, panse comme elle peut ses blessures. Or les blessures ne sont pas seulement directement politiques (persécutions subies et tortures infligées, de part et d’autre de l’échiquier politique). Elles sont aussi d’ordre culturel, puisque le propre de ce que les Argentins appellent la Dernière Dictature et que nous appelons, nous, la Dictature Militaire (1976-1983), a été de tenter de détruire la culture propre à l’Argentine, de faire rentrer l’Argentine de force dans le modèle culturel nord-américain, en coupant ou en détruisant tout ce qui ne pouvait pas entrer dans le moule à hamburger.
Dans les années 70, les maisons de disques allèrent même jusqu’à passer au pilon les matrices de disques de tango qu’elles possédaient dans leurs archives. Et il en alla de même dans les maisons d’édition qui firent disparaître de leurs archives des tombereaux d’anciennes partitions. C’est pourquoi le travail des collectionneurs comme Horacio Ferrer, Gabriel Soria, Luis Alposta ou Ignacio Varchausky est éminemment précieux. C’est la raison aussi pour laquelle des ONG des droits de l’homme comme Madres de Plaza de Mayo (qui cherchent à savoir ce qu’il est advenu de leurs enfants disparus) et Abuelas de Plaza de Mayo (qui recherchent les petits-enfants que la Junte leur a volés pour les confier sous une fausse identité à des familles adoptives), c’est la raison pour laquelle ces ONG mènent de nombreuses activités culturelles. Las Madres ont ainsi leur propre station de radio (La Voz de Las Madres, qui diffuse l’émission hebdomadaire de tango, Fractura Expuesta) et un centre culturel (ECuNHi), dirigé par l’auteur-compositeur-interprète Teresa Parodi.
C’est aussi la raison pour laquelle les Argentins traitent les tortionnaires et les responsables du régime de la Junte (represores) de génocidaires (genocidas).
Voir à ce sujet les articles de ce blog sur Madres de Plaza de Mayo (le raccourci rassemble les articles sur les deux associations qui revendiquent cette dénomination), sur Abuelas de Plaza de Mayo (chez lesquelles il n’y a pas eu de scission, qui ont pu rester unies pendant ces 25 ans de démocratie) et sur la célébration des 25 ans de la Démocratie en décembre dernier.
C’est donc ce combat pour la mémoire, pour le lien générationnel, que Ignacio Varchausky mène depuis plus de 10 ans, en posant des actes audacieux et forts, comme la fondation en 2000 de ce qui est devenu aujourd’hui la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, dont sa femme, la réalisatrice américaine Carolina Neal, a tiré un magnifique documentaire (Si sos brujos, Buenos Aires, 2007, lire mon article sur ce long métrage), et ces travaux quasi archéologiques de l’association sans but lucratif qu’il a fondée, TangoVía Buenos Aires. En l’occurrence, Página/12 se penche sur le sauvetage de 100 000 disques qu’on avait cru perdus et leur digitalisation à grande échelle pour préserver un contenu patrimonial sans égal.
Dans les sauvegardes ainsi effectuées par l’association, on trouve des perles de grand prix comme 120 morceaux enregistrés par Aníbal Troilo mais qui ne furent jamais commercialisés, des disques enregistrés en 1902, bien avant que Carlos Gardel ne vienne transformer en profondeur le genre (voir à ce sujet mon article de juin sur la conférence-interview de Pepe Kokubu et son livre De Mozart à Gardel), des enregistrements quasi-privés où l’on entend Pichuco chanter des tangos, chez lui, avec son complice Roberto Grela qui l’accompagne à la guitare, un extrait d’une émission de Canal 9 où Piazzolla, en 1960, raconte, sous forme de sketches, un voyage qu’il a effectué aux Etats-Unis (Piazzolla, enfant, a vécu une bonne dizaine d’années à New-York).
L’article de Christian Vitale est un mélange d’article de fond et d’interview. Comme quoi, la grippe A a du bon. Sans elle et sans l’avalanche d’annulations de spectacles qu’elle provoque par mesure de précaution privée plus que par décision autoritaire des pouvoirs publics, le quotidien aurait-il trouvé dans ses colonnes assez de place pour parler de ce travail de bénédictin ?
Travail qui est loin d’ailleurs d’être fini, puisque Ignacio Varchausky, cité dans l’article, estime à 94 000 les morceaux enregistrés qu’il leur reste encore à restaurer et à passer sous format digital...
Considerez seulement ce fait : un grand chanteur, aujourd’hui bien oublié, surtout à l’étranger, et grand chanteur de style profondément argentin, Ignacio Corsini (1891-1967), un exact contemporain de Carlos Gardel. De lui, on a dans le commerce plus ou moins 100 enregistrements. En fait, il en a effectué 650. Il y en a 550 à restituer...
Pour aller plus loin :
Lire l’article de Página/12 de ce jour.

mercredi 15 avril 2009

Concert de Madame Nelly Omar au Luna Park [à l’affiche]

Sur le site du Luna Park

Madame Nelly Omar chantera le samedi 2 mai 2009 à 21h au Stadium Luna Park, qui est à Buenos Aires ce que le Forest National est à Bruxelles ou le Palais Omnisport de Bercy à Paris. Tout Buenos Aires en bruisse déjà. Bon nombre de personnes sont suspendues à cette date, à commencer par les représentants de la presse (les 4 grands quotidiens seront là, les télés et les radios aussi, vous pouvez en être sûr). Car comme tous les ans, à la même période de l’année, ce sera l’événement tango de l’automne. Esquina Corrientes y Bouchard...

Madame Nelly Omar (Nilda Elvira Vattuone) fêtera ses 98 ans aux fraises argentines. Elle est née en effet le 10 septembre 1911 dans la petite ville de Guamini, perdue dans la pampa en pleine Province de Buenos Aires. Elle est une chanteuse hors pair (peut-être même est-elle l’inspiratrice de la Malena de Homero Manzi), elle est une compositrice et a à son actif de très beaux tangos. Et c’est aussi une letrista (auteur de textes de chanson). De plus, c’est une militante politique hardie et intrépide, qui n’a pas craint de prendre fait et cause pour Perón dès le début des années 40, qui est restée fidèle à la cause contre vents et marées et l’a payé assez cher (interdite d’antenne et de scène à peu près partout à plusieurs reprises), à la chute du président en septembre 1955, pendant toute la Revolución Libertadora, profondément anti-péroniste (1955-1958) et pendant toutes les autres périodes qui n’ont pas manqué dans l’histoire du 20ème siècle argentin où le nom même du leader charismatique était proscrit.

Nelly Omar, la descamisada comme on l’appelle pour son combat politique (la sans-chemise, allusion aux ouvriers de l’industrie et de l’agriculture qui virent dans la politique de Perón un début de commencement de solution à leur éternelle pauvreté et à leur exploitation par un système économique toujours marqué par la colonisation). Je vous renvoie là-dessus à mes différents articles sur l’histoire complexe de l’Argentine (rubrique Quelques rubriques thématiques, dans le haut de la Colonne de droite).

Nelly Omar, la Gardel en pollera (la Gardel en jupons), dit-on encore, parce qu’elle chante comme lui, avec une voix travaillée selon les techniques du Bel Canto et qu’elle n’est accompagnée qu’à la guitare ou plus exactement que par un groupe de guitaristes et non pas un orchestre, tout comme lui... (1)

Nelly Omar est bien entendu Ciudadana Ilustre de la Ciudad de Buenos Aires (une distinction attribuée par la Legislatura de la Ville de Buenos Aires et qui s’apparente plus à la réception au plus haut grade d’une décoration nationale qu’à nos citoyennetés d’honneur européennes, sitôt remises, sitôt oubliées).

Nelly Omar, il faut l’imaginer grâce aux vers de Homero Manzi, qui l’aima et en fut aimé d’un amour malheureux, parce que doublement adultère et maudit par la mort prématurée du poète (1907-1951) (2).

Malena canta el tango como ninguna
y en cada verso pone su corazón.
A yuyo del suburbio su voz perfuma,
Malena tiene pena de bandoneón.
Tal vez allá en la infancia su voz de alondra
tomó ese tono oscuro de callejón (3)
Homero Manzi

Malena chante le tango comme aucune autre
et dans chaque vers elle met tout son coeur.
Sa voix fleure bon l'herbe folle du faubourg
Malena a un chagrin de bandonéon.
Peut-être là-bas, dans l'enfance, sa voix d'alouette
a pris ce ton ténébreux du ruisseau...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Et puis Madame Nelly Omar, il faut se taire et l’écouter :

Ici dans Manoblanca (Antonio de Bassi et Homero Manzi), enregistré en 1941, avec l'ensemble de guitares de José Canet. Et dans Amar y Callar (aimer et se taire), dont elle a écrit la letra (la musique est de José Canet) toujours sur Todo Tango.

Et la regarder ici, quand elle chanta pour la première fois à Paris, en 2000, au théâtre de Chaillot, avec El Arranque, présentée par Ignacio Varchausky lui-même. Elle y récite même, dans notre langue, un vers de Victor Hugo.
Ici au Luna Park, chantant Era en otro Buenos Aires, un hommage à tous les grands du tango des années 30 et 40.
Ici, chantant Sur, un tango immortel de Homero Manzi et Aníbal Troilo, (avec des sous-titres en anglais... ça nous fait une belle jambe, à nous, les francophones !)
Ici, enfin, interprétant, en final d’un tour de chant au Luna Park, la valse de Rosita Melo, Desde el Alma, avec le texte écrit par Homero Manzi (Nelly Omar en est une des meilleures interprètes).

Alors oui, les places ne sont pas données. Oui, il faut même que les Portègnes (pas les touristes de l’hémisphère nord) se saignent aux quatre veines pour s’offrir le luxe d’aller écouter Nelly Omar au Luna Park ce soir-là. Mais 1) les patrons du Luna Park n’ont jamais été des philanthropes (le Luna Park, c’est d’abord un stade pour les combats de boxe). Et 2) ça n’empêchera pas que Madame Nelly Omar chantera à guichet fermé le 2 mai 2009 comme tous les ans. Au Luna Park...

(1) Sur cette légende vivante, voir dans mon récent article sur Fractura Expuesta les blagues de potache distillées par Germán Marcos et Maximiliano Senkiw dans leur vrai-faux flash d’info (émissions n° 260 et 259)
(2) Callejón : la petite impasse pauvres de faubourg, où vivent les membres des classes populaires citadines à l'époque où est écrit ce texte (1941)
(3) mais elle s’en cacha et même nia la chose très longtemps. Sans doute par respect humain. Tant qu’a vécu Doña Casilda Iñiguez de Mancione, la femme légitime d’Homero Manzi, décédée en 1992, dont le poète ne voulut jamais divorcer, malgré la situation invivable à laquelle le réduisait sa double allégeance sentimentale.

dimanche 12 avril 2009

Des nouvelles de El Arranque

La salle de No Avestruz (extraite du site)

La Orquesta Típica El Arranque, de retour d'Europe (ils jouaient au Musée des Beaux Arts à Bruxelles, il y a quelques semaines), se produisait vendredi dernier au No Avestruz (Autruches interdites), rue Humboldt 1857 dans le quartier de Palermo. Ils y entament un cycle hebdomadaire, tous les vendredis, à 21h, ce qu'ils n'avaient plus fait depuis deux ans, depuis la fermeture du Club del Vino qui fonctionnait aussi à Palermo. Du fait du récent départ du chanteur Ariel Ardit, parti continuer sa carrière en soliste et qui vient de sortir son second disque en tant que tel, c'est Noelia Moncada qui sera la voix de el Arranque, comme elle le fut à Bruxelles dernièrement...
Vendredi 10, El Arranque avait pour invité d'honneur Andrés Linetsky, pianiste et compositeur, qui a quitté récemment le groupe pour en monter un autre qui porte son nom.

Vendredi 17, ils recevront César Salgan et Esteban Falabella, respectivement pianiste et guitariste, à l'image du duo légendaire formée il y a plusieurs décennies par Horacio Salgan et Ubaldo de Lio.

Au cours de cette série de concerts, ils présentent le dernier de leurs disques, Nuevos, que je vous avais déjà annoncé en juillet dernier. Ce disque qui est accompagné dans sa version collector par un jeu de l'oie conçu par Ignacio Varchausky, l'un des fondateurs et compositeurs du groupe, et son contrebassiste. Le but du jeu : apprendre la culture du tango en s'amusant (des fois qu'il y aurait d'autres manières d'approcher le sujet ?).

A l'occasion de ce retour aux sources du contact hebdomadaire avec le public local en petit comité, Ignacio Varchausky a répondu à une interview par Cristian Vitale de Página/12 (édition du 10 avril) où il revient sur son parcours musical, depuis le rock dont il est issu jusqu'à cette position de tenant de la tradition tanguera qu'il a acquise avec El Arranque, la OET Emilio Balcarce qu'il a co-fondée avec Ramiro Gallo et le Maestro Balcarce bien sûr et dont il est l'un des directeurs artistiques et l'Association TangoVia qui soutient les projets de conservation et de promotion du patrimoine musical et culturel du tango, dont il est l'un des principaux responsables. A son actif aussi, le film tourné par sa femme, Caroline Neal, sur la naissance de la OET Si sos brujo (voir le raccourci Cinéma, dans la rubrique Tangoscope de la Colonne de droite).

mardi 10 mars 2009

Buenos Aires Tango aux Beaux-Arts de Bruxelles [ici]

Extrait du site de Bozar Music


El Arranque + Noelia Moncada + le mythique duo Aníbal Arias y Osvaldo Montes + le couple, tout aussi mythique, de tango salón Eduardo y Gloria + le Ballet Tangovía Buenos Aires = une très grande et très belle affiche pour une soirée qui se déroulera le 17 mars prochain à 20h, au Palais des Beaux Arts de Bruxelles (Bozar pour les initiés), rue Ravenstein 23 (salle Henry Le Boeuf).

Le prix de la place va de 20 à 38 €.

Après le départ de membres historiques comme le pianiste Andrés Linetsky, parti se consacrer à sa propre formation, et le chanteur Ariel Ardit, qui a entamé il y a peu une carrière de chanteur soliste, l’orchestre portègne el Arranque a dû se recomposer.

Ramiro Gallo, le violoniste fondateur, 1er violon et co-fondateur de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, ne sera pas présent non plus à Bruxelles. Il se consacre désormais beaucoup à son propre groupe, le sextuor Vale Tango.

Des fondateurs, c’est Ignacio Varchausky, le contrebassiste et lui aussi co-fondateur de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, qui sera là.

Linetzy, Gallo et Varchausky, tous trois passionnés du patrimoine musical construit par les grands anciens, sont aussi des compositeurs pour un tango d’aujourd’hui (l’un n’empêche pas l’autre en général à Buenos Aires). Aussi le répertoire qu’interprète El Arranque est-il un mélange de grands classiques et de pièces beaucoup plus récentes, composées par les membres du groupe.

A Bruxelles, El Arranque se produira dans la configuration suivante : aux bandonéons Camillo Ferrero et Eva Wolff (1), aux violons Guillermo Rubino et Osiris Rodríguez, au piano Ariel Rodríguez, à la guitare Martín Vázquez et à la contrebasse Ignacio Varchausky. Enfin au chant, Noelia Moncadia, qui mène aussi parallèlement une carrière de chanteuse soliste (cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder aux autres articles la concernant dans Barrio de Tango, idem pour Ignacio Varchausky, Ramiro Gallo).

Le duo Arias y Montes se compose d’un guitariste, dont j’ai déjà pu parler dans Barrio de Tango, Aníbal Arias (son nom figure aussi dans le bloc Pour chercher) et du bandonéoniste Osvaldo Montes. En plus de leur carrière de duettistes, tous deux sont aussi membres de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, fondée et toujours dirigée par le Maestro Raúl Garello. Ils se sont produits à Paris en juin 2008 avec la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, passée depuis janvier 2008 sous la direction du Maestro Néstor Marconi.

Gloria et Eduardo Arquimbau (plus connus sous leurs deux prénoms, sans patronyme) sont deux danseurs désormais d’un certain âge. Ils ont parcouru au moins la moitié du monde pour montrer à tous les publics un tango salón authentique, subtil et très technique mais loin du sensationnel qui esbaudit le spectateur sans rien exprimer d’autre que sa propre virtuosité acrobatique (2). Ces deux-là vivent et sentent avant tout la musique, dans toutes les dimensions de la danse, complicité et intimité du couple comprises, ce qui est co-substantiel à la danse en tango argentin. Tous les deux ont fait en août dernier l’ouverture du Mundial del Tango pour la catégorie tango salón (voir mon article sur le 6ème Mundial del Tango).

Dans un récent mail à leurs élèves, Marisa Van Andel et Oliver Koch, professeurs de tango argentin à Bruxelles, leur disent (en anglais) : "votre passion, c’est à eux que vous la devez".
(Le lien au site de Marisa et Oliver se trouve dans la rubrique Eh bien dansez maintenant, dans la partie basse de la Colonne de droite).

En juin 2008, Eduardo et Gloria étaient eux aussi à Paris, eux aussi dans ce même spectacle de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce auquel participaient Aníbal Arias et Osvaldo Montes, et toute la salle du Théâtre National de Chaillot leur a réservé la plus belle ovation qu’elle a adressée aux danseurs tout au long de la soirée.

Gloria et Eduardo seront accompagnés des trois couples du Ballet Tangovía Buenos Aires, la troupe de tango fondée par les musiciens de El Arranque dans le cadre de leur initiative, Tangovía, qui est tout à la fois un conservatoire, un laboratoire et une fondation de l’authenticité tanguera.

Ces danseurs sont Martín Borteiro et Regina Chiappara, Bruno Tombari et Mariángeles Caamaño, Gastón Torelli et Moira Castellano.

"Conclusion des courses", comme on dit en français familier (3) : si vous habitez Bruxelles ou n’importe où ailleurs en Belgique ou une région frontalière ou que vous êtes de passage dans cette capitale européenne, cochez votre soirée du 17 mars et dépêchez-vous de retenir votre place... Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de Bozar.

En cliquant sur ce lien, vous tomberez directement sur la page francophone consacrée à Buenos Aires Tango.
En cliquant sur ce second lien, vous arriverez sur l’ensemble du site (site trilingue, français, néerlandais, anglais).

Sous la mention Ici, dans la rubrique Les avenues-Las avenidas (à droite de l’écran), vous trouverez tous mes articles portant sur des activités tango (spectacles, cours, stages, concerts...) qui ont lieu de ce côté-ci de l’Atlantique (Vieux Monde). Voir également les mentions La danse (rubrique Les artistes) ou Ville de Bruxelles (rubrique Quelques quartiers, villes et lieux).

(1) Eva Wolff n’est autre que cette jeune musicienne belge originaire de Gand (Gent) que vous voyez, dévorée de trac, faire sa toute première audition devant Varchausky, Gallo et Balcarce, dans un hôtel de Paris, en 2001, dans le film de Caroline Neal, Si sos brujo una historia de tango, qui raconte la naissance de la Orquesta Escuela de Tango (voir mon article sur ce film sous le lien)
(2) Cela fait quelques mois déjà que les lecteurs fidèles de Barrio de Tango ont deviné que ce tango-là me casse sérieusement les pieds, me barbe au-delà du possible, bref en français ordinaire, m’ennuie considérablement... J’aime beaucoup ce qu’en dit Alorsa (voir ici mes articles consacrés à cet auteur-compositeur-interprète de La Plata), dans l’un de ses savoureux textes, Vuelve el Tango (le tango revient) :
[el tango] "lo pisotearon atléticos bailarines que saltaban demasiado" (Alorsa)
[le tango] "Des danseurs athlétiques qui sautaient trop haut lui ont marché sur la tête".
(traduction Denise Anne Clavilier)
(3) Conclusion des courses (literalmente: conclusión de las carreras) se dice en francés popular para señalar el final de un razonamiento más o menos lógico.

vendredi 12 décembre 2008

Nouveau disque de Tango Vía Buenos Aires en hommage à Horacio Salgán [Disques & Livres]

Page d'accueil du site de Tango Vía Buenos Aires
Tango Vía Buenos Aires est une association sans but lucratif fondée en 2002 qui rassemble des artistes, des chercheurs, des producteurs (de disques, de spectacles....) et des institutions culturelles (la Sadaic, société des auteurs et compositeurs argentins, Epsa Music, un gros label discographique et AADI, l’association des interprètes de musique). Tango Vía Buenos Aires est présidée par Ignacio Varchausky, l’initiateur de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, le contrebassiste et l’un des compositeurs du Quinteto Típico El Arranque, l’époux de Caroline O’Neal, la cinéaste auteur de Si sos brujo, una historia de tango.

Cette association s’est donné pour but de défendre et promouvoir le tango à Buenos Aires et dans le monde.

Ils éditent donc très régulièrement des disques qui contribuent à préserver ce patrimoine.

Ils viennent donc de saisir l’occasion du Día Nacional del Tango pour présenter de manière particulièrement solennelle leur dernier disque, un hommage au Maestro Horacio Salgán avec des morceaux inédits de sa composition. La présentation a eu lieu à la Biblioteca Nacional, dans le quartier de La Recoleta, site prestigieux s’il en est !

Cette année, ils ont aussi édité un disque de Néstor Marconi. Et ils ont plein de projets.

Tango Vía Buenos Aires a bien entendu un site web que vous pouvez visiter pour en savoir plus.

Et pour saluer le Maestro Horacio Salgán, voilà un tango très célèbre de sa composition, dans son interprétation (1952) : La llamó silbando (il l'appela en sifflant). Vous entendrez le coup de sifflet du violon...

mardi 14 octobre 2008

Noelia Moncadia présente son nouveau disque [à l'affiche]

La chanteuse Noelia Moncada présente A tiempo, son premier disque en qualité de soliste, au Maipo Club, dans la rue Esmeralda (1) , à la hauteur 449.

Ce sera les mercredis 15, 22 et 29 octobre et le 5 novembre à 21h. Entrée 35 $.

Elle sera accompagnée par la Orquesta El Arranque (à admirer actuellement sur les écrans, dans Si sos brujo una historia de tango, de Caroline Neal, l'épouse du contrebassiste de El Arranque). Et par deux musiciens invités : Diego Schissi et Franco Luciani.

Le disque est produit par Ignacio Varchausky, de el Arranque (le mari de Caroline Neal et l'un des fondateurs de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce). Noelia Moncada chante 6 morceaux accompagnée par cet orchestre, dont la milonga classique Oro y Plata (de Charlo et Homero Manzi). Elle chante également des arrangement de Diego Schissi, dont un Garúa (Aníbal Troilo et Enrique Cadícamo) accompagné à l'harmonica par Franco Luciani. La dernière piste de son disque est un arrangement électro-acoutisque de Barrio Pobre (un tango de 1926, de Vicente Belvedere et Francisco García Jiménez) par Nicolás Varchausky...

Un disque mitonné par toute une bande de jeunes et beaux talents, comme le tango en a le secret depuis l'origine.

Pour écouter Noelia Moncada, avant de commander le disque, vous pouvez visiter son site.
(1) Celle de Esmeralda y Corrientes pour ceux qui connaissent ce grand classique.

lundi 29 septembre 2008

Si sos brujo, le documentaire [Troesma]


Sortie mercredi 1er octobre du documentaire de la cinéaste américaine Caroline Neal, intitulé Si sos brujo Una historia del tango (Si tu es magicien Une histoire du tango), sur les grands écrans en France .

Caroline Neal, une passionnée de tango, nous raconte à travers ce film de 1h20 la naissance en 2000 de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, fondé par le compositeur et bandonéoniste Emilio Balcarce sur une idée du musicien Ignacio Varchausky (le contrebassiste et l'un des compositeurs du groupe El Arranque) que la réalisatrice avait rencontré en 1999 au Festival de Tango de Londres.

A l’articulation des deux siècles, il y a huit ans, il s’agissait, 17 ans après le retour de la démocratie en Argentine, de reconstruire une transmission inter-générationnelle entre les musiciens issus de la grande époque des années 40, ceux qui avaient été formés par les Pichuco, Pugliese, D’Arienzo, Di Sarli et la jeune génération d’instrumentistes et de nouveaux compositeurs qui, quelques années après la mort d’Astor Piazzolla, s’enthousiasmait pour le tango, en découvrant et en se réappropriant cette tradition profondément inscrite dans la culture et l’histoire de leur région, une transmission que la Dictature Militaire avait failli détruire complètement au profit d’une invasion musicale du pays par la grosse artillerie de l’industrie discographique des Etats-Unis.

Il faut savoir par exemple que dans les années 70 on a détruit, dans plusieurs grandes maisons de disques argentines, passées ou non aux mains de multinationales, les matrices des vieux disques des années 30 et 40 !!!! Aujourd’hui beaucoup de ces disques peuvent être réédités par remasterisation de vieux disques aux mains de certains collectionneurs.... Il en va de même des partitions dont les épreuves ont été passées au broyeur. La création par Horacio Ferrer et Gabriel Soria du Museo Mundial du Tango, la transformation en musée de la maison de Carlos Gardel dans la rue Jean Jaurés et la création de la OET sont trois démarches pour sauvegarder ce passé et cette tradition qui auraient été des chefs d’oeuvre en péril sans la persévérance des maestros que vous pourrez découvrir dans le documentaire de Caroline Neal.

Le documentaire a été tourné en Argentine, à Buenos Aires, en 2005.

Les artistes de tango qui interviennent dans le film sont :
Emilio Balcarce, qui s’est retiré de la direction de la OET à la fin 2007 (il a 90 ans maintenant), Ignacio Varchausky, Julián Plaza (le compositeur entre autres de Danzarin), feu Pepe Libertella, Leopoldo Federico, Ernesto Franco, Atilio Stampone (actuel président de la Sadaic), Néstor Marconi qui a pris la suite d’Emilio Balcarce à la tête de l’OET, Wynton Marsalis, Raúl Garello (fondateur et co-directeur de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires), Víctor Lavallen, Mauricio Marcelli, Roberto Alvarez (un musicien de chez Pugliese, fondateur et directeur de Color Tango, un ensemble qui continue le style du Maestro disparu), Horacio Gomo, Ramiro Gallo (1er violon et prof de la OET), Pedro Pedroso et Eva Wolf.

Le film est sorti le 20 avril 2006 à Buenos Aires et fait déjà là-bas l’objet d’une distribution sous forme de DVD. DVD dont le site Musicargentina (de Paris) a suspendu la diffusion pendant l’exploitation en salle en France.

Ce film est un excellent complément à l’autre documentaire, sorti sur les écrans le 10 septembre dernier, Café de los Maestros et vice versa...