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mercredi 19 août 2020

La solution Tata Cedrón [à l’affiche]

Tata Cedrón au soleil hivernal au seuil de sa maison
(il vient de faire très beau pendant quelques jours à Buenos Aires, mais le vent du sud arrive !)
Photo Kala Moreno Parra pour Página/12

Le chanteur et compositeur Tata Cedrón n’en pouvait plus, il a besoin de chanter et de rencontrer le public autant qu’il a besoin de respirer.

Il a donc ouvert la porte de sa maison, à Parque Avellaneda, à Buenos Aires, et;s’accompagnant lui-même de sa seule guitare, il chante sur le seuil pour les passants et les quelques voisins qui viennent l’écouter, dûment masqués.

Página/12 qui l’aime bien lui a consacré l’un de ses articles aujourd’hui !

jeudi 29 novembre 2018

Le G20 passe, le tango reste… à La Boca [à l’affiche]


Le nord de Buenos Aires est tout entier dédié au G20 depuis l’aurore mais le tango reste bien vivant au sud.

Une du supplément culturel aujourd'hui dans Página/12

Ce soir, jeudi 29 novembre 2019, s’ouvre la neuvième édition du Festival de Tango de la República de La Boca avec une première soirée danse au Malevaje Arte Club, Garibaldi 1670.

Cliquez sur l'image pour lire la programmation

Demain et samedi, concerts à gogo, avec des artistes que connaissent désormais bien les lecteurs de Barrio de Tango : le Cuarteto Cedrón, le Quinteto Negro La Boca, le producteur et journaliste Germán Marcos (de Fractura Expuesta), Astillero, Dema ainsi que la Orquesta Típica La Vidú…

Le programme est à suivre sur la page Facebook du festival.
Página/12 publie ce matin une longue interview des artistes femmes qui animent cette édition, en saluant la féminisation progressive et bien réelle du secteur.

Ajout du 30 novembre 2018 :
lire cet article de La Nación. Article inattendu s'il en est dans l'actualité politique du moment et dans les colonnes de ce quotidien.

jeudi 22 décembre 2016

El Tata Cedrón lance un nouveau disque [Disques & Livres]


Le chanteur, guitariste et compositeur Juan Tata Cedrón a lancé il y a environ un mois un nouveau disque. Il s'agit d'un double album, intitulé Música de Tierra adentro (musique avec de la terre dedans). Il y reprend des classiques du folklore et met en musique des textes de quelques grands poètes, comme le Portugais de la Renaissance, Luis de Camoés, l'Espagnol du Siècle d'Or Francisco Quevedo ou les très argentins Raúl González Tuñón et Leopoldo Marechal, avec de jeunes musiciens pour partenaires, dont les noms figurent sur le devant de la pochette.

Página/12 en profite pour l'interviewer aujourd'hui.
On peut lire aussi la présentation de l'album qui a été publiée sur le blog du Cuarteto Cedrón le 22 novembre dernier.

mardi 13 septembre 2016

El Tata Cedrón présente jeudi la réédition d'un de ses vieux albums [à l'affiche]


Le compositeur, chanteur et guitariste Juan Tata Cedrón présente ce jeudi 15 septembre 2016 la réédition d'un ancien album publié pour la première fois en 1972 dans lequel il a mis en musique des vers du défunt poète Juan Gelman, intitulé Cantata del Gallo cantor (cantate du coq chanteur).

Cette présentation aura lieu les prochains jeudis à Hasta Trilce, Maza 177 à Almagro.

Entrée : 180 $ ARG.


Página/12, qui est l'un des fervents supporters du chanteur et dont Juan Gelman était l'une des plus prestigieuses signatures jusqu'à sa mort, profite de l'occasion pour l'interviewer en une de ses pages culturelles ce matin.

Plus d'information sur le site Internet de la salle et sa page Facebook.

vendredi 3 avril 2015

Rentrée intense (et heureuse) pour Tata Cedrón [à l'affiche]


Le compositeur, chanteur et guitariste Juan Tata Cedrón, retourné vivre en Argentine depuis une dizaine d'années, après un long exil à Paris, fait en ce moment une rentrée intense.

Ce soir, vendredi 3 avril 2015, à 20h30, il présentera un nouveau spectacle, intitulé El puchero misterioso (la marmite mystérieuse) au Teatro El Popular, une institution culturelle sans fin lucrative qui se situe Chile 2080, à San Telmo. Il partagera la scène avec la compagnie nationale d'automate La Musaranga, qui propose un spectacle de marionnettes, façon cirque ambulant... Le spectacle aura lieu tous les vendredis du mois d'avril.

Entrée : 150 $ ARG.


Par ailleurs, le musicien travaille à présent sur les ondes de Radio Nacional, notamment aux côtés de Héctor Larrea, qui anime tous les après-midi de la semaine une longue émission très appréciée. Et quand il ne cause pas dans le poste, il part avec El Puchero Misterioso en tournée régionale dans la Province de Buenos Aires.

C'était bien assez pour que Página/12 lui consacre un long article et une interview recueillie par Karina Micheletto, avec sa photo pour ouvrir les pages culturelles du quotidien.


Pour aller plus loin :

vendredi 29 novembre 2013

Le Tango s'habille en Boca [à l'affiche]

Cliquez sur l'image pour lire le programme
Depuis hier, le quartier de La Boca a son festival de tango alternatif pour la quatrième année consécutive : el Festival de Tango de la República de la Boca !

Beaucoup de monde au programme.
Entre autres intervenants : l'auteur-compositeur interprète Lucio Arce, la chanteuse Lucrecia Merico, la Orquesta Típica Esquina Sur, la Orquesta Típica de Almagro, l'auteur-compositeur Juan Tata Cedrón, les chanteurs María Volonté et Cardenal Domínguez, etc...

Ce soir, grande milonga en plein air, à partir de 21h30, précédée par des cours à 19h30.

Selon la grande tradition anarchiste du quartier, toutes les activités sont gratuites, réparties dans plusieurs zones, en particulier au Malevaje Arte Club et au Club Atlético Boca Juniors (parce que le foot en Argentine, c'est bien loin d'être que du foot. C'est comme le tango : ça n'est pas de la danse. Tout ça, le foot, le club sportif et le tango, c'est de la culture avec un grand C.)

mercredi 31 juillet 2013

El Tata Cedrón sur grand écran au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Le chanteur, guitariste et compositeur Juan Tata Cedrón sera demain, jeudi 1er août 2013, à 18h30, la vedette de la nouvelle séance du cycle cinématographique Pasión de celuloide du Museo Casa Carlos Gardel, rue Jean Jaures 735, dans le quartier dit de l'Abasto.

Entrée libre et gratuite.

Coproduction franco-hispano-argentine, il s'agit d'un long métrage de 86 minutes sorti en 2011.

lundi 15 octobre 2012

El Cuarteto Cedrón lundi prochain à Paris [ici]


Le Cuarteto Cedrón, dirigé par le chanteur-guitariste et compositeur Juan Tata Cedrón, qui est retourné vivre depuis plusieurs années à Buenos Aires, après être resté une trentaine d'années en France, revient à Paris.

Il y donnera un unique concert, le lundi 22 octobre à 20h, au Club La Bellevilloise, 19 rue Boyer, dans le 20ème arrondissement (M° Ménilmontant ou Gambetta).

Prix des places :
en prévente : 15 €
sur place : 18 € (ou 12 en tarif réduit).

Pour en savoir plus :

mardi 5 juillet 2011

Juan Pablo Villareal intronisé nouveau chanteur de El Arranque [à l'affiche]

El Arranque (formation actuelle).
Photo extraite de leur site Internet

Demain soir, mercredi 6 juillet 2011, à 20h30, au Teatro 25 de Mayo, Triunvirato 4444, dans le quartier de Villa Urquiza (1), aura lieu le concert des 15 ans de l'orchestre El Arranque, animé par Ignacio Varchausky, le contrebassiste et compositeur qui reste l'indéboulonnable membre fondateur, dans le cadre d'une série de concerts organisés là par l'association VíaTango, qui a aussi été fondée par Varchausky (2), un cycle intitulé Tango Doscientos Uno (Tango 201, pour les 200 ans de l'Argentine que l'on fêtait l'année dernière, dans ce théâtre qui porte pour nom la date de la Revolución de Mayo, le 25 mai 1810, dans une avenue qui honore l'épisode du Triumvirat de cette même Revolución de Mayo).

A cette occasion, Ignacio Varchausky présentera le nouveau chanteur de l'orchestre, Juan Pablo Villareal, qui est reconnu par ses pairs comme l'une des plus belles voix de sa génération, et dont j'ai eu l'occasion de vous parler, notamment parce qu'il a souvent été l'invité de Cucuza et Moscato, dans leur série de concerts du vendredi soir, El Tango vuelve al Barrio (el tango revient dans le quartier), et qu'il a participé en septembre dernier à l'hommage que Tolosa a rendu à Alorsa (voir mon retour sur images du 24 novembre 2010 sur cette belle fête populaire en proche banlieue de La Plata).

La place de Ariel Ardit, que le chanteur avait laissée il y a plus de deux ans pour se lancer dans une carrière personnelle, n'avait jamais été remplacée, par une voix d'homme. C'est un très bon choix que fait l'orchestre et une belle opportunité pour nous de découvrir la voix et le talent de Juan Pablo Villareal, à la prochaine tournée de El Arranque en Europe (ils viennent très souvent par chez nous).

Julio Pane et Juan Tata Cedrón seront parmi les invités de cette soirée festive.

Le programme du cycle en juillet prévoit un concert de Walter Ríos, bandonéoniste et compositeur, qui s'est adonné à de nombreux genres sans se laisser enfermé dans le tango, mercredi en huit, le 13 juillet, le 20 juillet, ce sera le tour de la Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires, dirigée par Raúl Garello, Néstor Marconi et Juan Carlos Cuacci, et le 27 juillet un concert du pianiste et compositeur Osvaldo Berlingieri, qui vient de faire son retour sur scène après de longues années d'absence. Il sera ce soir-là entouré par toute une pléiade d'artistes, le violoniste Pablo Agri, le pianiste Cristian Zárate, le contrebassiste Daniel Falasca et les bandonéonistes Horacio Romo et Laurato Greco.

Pour en savoir plus :

(1) dont j'ai le grand honneur d'avoir été faite Visitante ilustre l'année dernière, par le Cercle des Etudes historiques que préside Luis Alposta, la troisième après deux prédécesseur, un Espagnol et un Japonais (voir mon article du 17 septembre 2010).
(2) dont il est prévu à la mi-octobre que j'anime une rencontre publique autour du film qu'il a tourné avec sa femme, la réalisatrice nord-américaine Caroline Neal, Si sos brujo, una historia del Tango, dans un cinéma du centre de Bordeaux (33). Voir mon article du 29 septembre 2008 sur ce long métrage, l'un des plus réussis, sur le fond comme sur la forme, sur l'histoire du tango, autour du regretté Maestro Emilio Balcarce (voir mes articles sur ce grand bonhomme récemment disparu).

jeudi 17 mars 2011

Embarras du choix pour samedi soir [à l'affiche]

Samedi 19 mars 2011,

à 21h30, à la Milonga del Morán, le chanteur Ariel Ardit vient se produire avec ses musiciens et les danseurs Javier Rodríguez et Andrea Missé feront des exhibitions (Club Social y Deportivo Morán, Pedro Morán 2446

à 22h, le chanteur, compositeur et guitariste Tata Cedrón viendra donner un tour de chant, comme tous les samedis de ce mois, accompagné par le bandonéoniste Miguel López et le guitariste Miguel Praino, à l'Espace Eclectico, Humberto 1° 730

et à 22h, toujours, à Clásica y Moderna, ce sera un concert de la chanteuse Lidia Borda, accompagnée pour l'occasion du pianiste Daniel Godfrid et du guitariste Ariel Argañaraz, à Callao 892.

mardi 19 octobre 2010

Les deux nouveaux disques de Juan Tata Cedrón [Disques & Livres]

L’auteur-compositeur-interprète Juan Tata Cedrón, à la tête de son quatuor, vient de sortir deux nouveaux disques, Corazón de piel afuera et Godino où il renoue le dialogue avec des poètes qui lui sont chers, notamment Raúl González Tuñón (1905-1974) et Evaristo Carriego (1883-1912), deux poètes qui ont fortement marqué l’esthétique et l’identité populaire de Buenos Aires et de sa région.

Les deux disques sont déjà disponibles sur le site de Tangostore, la boutique en ligne du disquaire Zivals, à Corrientes y Callao, en plein centre de Buenos Aires (lien dans la rubrique Les commerçants du Barrio de Tango, dans la partie inférieure de la Colonne de droite).

Juan Tata Cedrón les a déjà présentés à de nombreuses occasions, sans que j’aie le loisir de vous en parler ici (je ne peux pas parler de tout !). Il donnera le dernier des concerts de cette série jeudi prochain, 21 octobre 2010, à 21h30, à Espacio Ecléctico, Humberto Primo 730, dans le quartier de San Telmo.

Sous la plume de Guillermo dos Santos Coelho, Clarín publiait hier un article sur le sujet avec deux morceaux extraits des deux disques à écouter en ligne sur son site, La señorita muerta (Godino) et Canción para el niño travieso (Corazón de piel afuera, ce qu’on pourrait traduire par Coeur tout cuir dehors).

Pour en savoir plus et pour écouter :

mardi 25 mai 2010

Horacio Salgán, Susana Rinaldi et Leopoldo Federico pour fêter le Bicentenaire en tango [à l’affiche]


C’était l’un des trois temps forts de la journée (fériée) d’hier à Buenos Aires sur le Paseo del Bicentenario : un grand concert à minuit avec le retour sur scène, après sept années de retraite volontaire, du Maestro Horacio Salgán (94 ans le 15 juin prochain), à la tête de sa formation historique, le Quinteto Real, et avec la participation d’autres artistes majeurs de la taille du Maestro Leopoldo Federico, une nouvelle fois à la tête de la Selección Nacional de Tango avec, pour la partie chant, rien moins que Susana Rinaldi. Autres géants du tango sur cette scène : un couple de danseurs mythique, Juan Carlos Copes (79 ans à la fin de ce mois) et María Nieves (72 ans), qui continuent d’éblouir le public. Etaient aussi de ce spectacle prestigieux l’auteur-compositeur interprète et guitariste Juan Tata Cedrón, le bandonéoniste Rodolfo Mederos et le chanteur Ariel Ardit.

La matinée avait commencé par un défilé d’engins motorisés issus de l’ancienne industrie nationale, progressivement démantelée par les gouvernements qui succédèrent à Juan Perón (et qui furent mis en place avec l’aval des ou par les Etats-Unis) : voitures particulières, taxis, bus, camions de pompiers, autocars et motos. Car l’Argentine a eu une industrie lourde sous Perón, elle avait même son propre avionneur et ses fabricants de locomotives (1).

Un concert de musique folklorique a aussi rassemblé Liliana Herrero et Teresa Parodi, deux des plus grandes auteures-compositrices interprètes de l’heure dans ce domaine, surtout depuis le départ de Mercedes Sosa (sur Mercedes Sosa, cliquez sur le lien pour accéder à mes articles la concernant).

Le programme de la journée avait été revu et reconstruit à la va-vite par les organisateurs pour permettre aux spectacles interrompus ou empêchés par l’orage de dimanche soir d’avoir lieu tout de même...


Pour aller à la source (en espagnol) :

(1) Si l’Argentine n’a pas atteint à l’heure qu’il est le développement industriel que connaît le Brésil, ce n’est pas seulement à cause du démantèlement de l’infrastructure montée par Perón. Les Etats-Unis ont empêché tous les pays d’Amérique du Sud de développer une industrie propre qui aurait fait concurrence à la leur. C’est surtout à cause des politiques absurdes et idiotes menées par Carlos Menem dans la décennie des années 90 qui ont omis d’investir sur du long terme en Argentine pour développer davantage des activités de bourse et de service très volatiles et l’ont exposée en plus à la faillite financière (qui s’est produite en décembre 2001) en instituant une parité aussi vaniteuse qu’artificielle entre le peso et le dollar US. Ecroulement économique que le Brésil s’est épargné, ce qui a permis à Lula de mettre à profit ses deux mandats successifs pour bâtir un développement industriel qui commence à être vraiment spectaculaire.

lundi 22 février 2010

1er Festival de tango indépendant du 6 au 14 mars [à l'affiche]

C'est une initiative conjointe de la Unión de las Orquestas Típicas et de l'émission de radio Fractura Expuesta que vous connaissez déjà bien pour les podcast hebdomaires dont ils nous régalent.
Vous retrouverez dans le programme de nombreux artistes et groupes déjà connus des lecteurs de ce blog :
le chanteur Cucuza et son alter ego musical, le guitariste, Moscato, le Cuarteto Julio Coviello, la orquesta El Afronte, la orquesta La Vidú, Alan Haksten, Analia Sirio, Angel Pulice et Ruth de Vicenzo, Dema et la Petitera, Tape Rubin et Juan Tata Cedrón.

Vous voyez aussi apparaître des lieux que vous connaissez déjà bien : la Esquina Homero Manzi, le Sanata Bar, le Bar El Faro, diverses milongas comme Gardel de Medellín ou La Viruta.

Parmi les conférenciers, le célèbre historien très engagé dans le mouvement péroniste, Norberto Galasso (la UOT et Fractura Expuesta, ce sont des partisans du tango résolument engagé à gauche toute). Il faut aller les écouter si vous vous trouvez à Buenos Aires cette semaine-là. Il est passionnant.



Le Festival s'ouvrira sur une grande milonga gratuite le 6 à partir de 18h, à ciel ouvert, dans la plus célèbre esquina chantée par le tango, la esquina San Juan y Boedo, celle qui ouvre la letra de Sur, de Homero Manzi et Aníbal Troilo, celle que je citais encore il y a quelques jours seulement au sujet des inondations que la capitale argentine a subies au cours de la semaine dernière.

Pour connaître le programme de ce festival hors norme et surtout complètement off par rapport au Gouvernement portègne, il faut consulter le site de l'UOT, dont vous trouverez le lien dans la Colonne de droite, dans la rubrique Grillons, zorzales et autre cigales.

lundi 9 novembre 2009

Festival coopératif Pitucos y Malevas [à l'affiche]

Image extraite du site du Festival

Cette première édition d'un Festival dont on pourrait peut-être traduire le nom comme Muscadins et Grisettes, ce qui serait lui enlever la couleur franchement populaire de ce vocabulaire (1), se tiendra à Buenos Aires dans deux lieux différents du 12 au 20 novembre. Un festival de printemps, sous la forme juridique de la coopération, un régime économique que les tangueros aiment bien et que suivent plusieurs groupes, derrière l'exemple d'Osvaldo Pugliese.

Les deux lieux sont No Aveztruz, Humboldt 1857, à Palermo et Espacio Ecléctico, Humberto 1° 730, à San Telmo. Tous les spectacles sont au même prix : 35 $. Ce qui veut dire que le Festival fait payer un juste prix, ne cherche pas à rameuter le public par des prix au rabais.

Au programme, des artistes aux esthétiques très variées, puisqu'on verra l'auteur-compositeur-interprète underground Juan Vattuone et l'orchestre typique traditionnel El Arranque, la chanteuse à cheval sur la tradition et l'avant-garde Lidia Borda et la chanteuse résolument avant-gardiste qui vient de sortir un disque traditionnel Dolores Solá (voir mon article récent sur son nouveau disque). Le festival comportera aussi une conférence partagée par plusieurs artistes et la projection du film Si sos brujo sur la fondation et le lancement de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce (se reporter à mon article sur le film).

Chaque spectacle sera suivi d'un débat entre les artistes et le public.

Le Festival s'ouvre avec Lidia Borda accompagnée de Tata Cedrón à No Avestruz (voir mon article sur le dernier disque de Lidia Borda, où elle chante essentiellement Tata Cedrón) et avec Dolores Solá à Espacio Ecléctico, à 21h à Palermo comme à San Telmo.

Le 13, le chanteur Hernán Lucero sera à No Avestruz et le chanteur-guitariste et compositeur Brian Chambouleyron (avec Javier Sánchez) à Espacio Ecléctico, le premier à 23h, le second à 21h.

L'après-midi de dimanche (le 15), les deux événements sont programmés à 18h et sont gratuits. Projection à No Avestruz et conférence à Espacio Ecléctico.

Le soir, le Germán Martínez Octeto sera à Palermo et Juan Vattuone à San Telmo, tous les deux à 21h.

Le 19 novembre, le Diego Schissi Quinteto se produit à No Avestruz et Tata Cedrón joue et chante à Espacio Ecléctico à 21h.

La clôture, le 20, sera confiée à El Arranque à No Avestruz (presque l'orchestre en résidence dans cette salle) et lez chanteur et guitariste Alfredo Tape Rubin et las Guitarras de Puente Alsina à Espacio Ecléctico, à 21h au nord comme au sud.


(1) Nous n'avons pas vraiment l'équivalent dans le parler populaire français.

jeudi 5 novembre 2009

Juan Tata Cedrón a été fait Citoyen d’honneur de la Ville de Buenos Aires [Actu]

C’était hier soir dans le Salon d’honneur de la Legislatura, en fin d’après-midi, à 18h et l'info m'a été transmise par Luis Alposta, un poète dont le récipiendaire a mis en musique plusieurs poèmes...
La Legislatura de Buenos Aires (la chambre législative de la ville autonome de Buenos Aires) a déclaré le chanteur, guitariste et compositeur Juan Tata Cedrón Ciudadano Illustre au cours d’une cérémonie qui est toujours un moment particulièrement solennel et mémorable pour tous les participants à la fête...
Le musicien est lui-même portègne de naissance puisqu’il est né dans la capitale argentine le 28 juin 1939.

Peut-être y en aura-t-il prochainement des échos, un peu plus développés que la brève d’hier, sur le blog du Cuarteto Cedrón...

Juan Cedrón a vécu 10 ans (1) en France avant de retourner s’installer définitivement dans sa ville natale en 2004.
(1) Ajout du 13 novembre : j'aurais dû mettre des guillemets (" a vécu 10 ans") car c'est une citation d'un document officiel ou quasi. Antonia a bien entendu raison (et comment pourrait-il en être autrement) dans son commentaire : le séjour a été de 30 ans (à partir de 74, lorsque la situation politique en Argentine est devenue intenable).

vendredi 17 juillet 2009

Le nouveau disque d’Acho Estol [Disques & Livres]

Capture d'écran du site de l'artiste

Buenosaurios - leyendas de la noche de los tangos est le second disque que sort Acho Estol, le guitariste compositeur de La Chicana en qualité de soliste, donc sans la Chicana et même sans Dolores Solá, sa compagne et son interprète, la chanteuse de La Chicana.

En revanche, le disque rassemble une vraie pléiade d’artistes. Jugez-en vous-même :

Antonio Birabent, Hernán "Cucuza" Castiello, que les lecteurs de Barrio de Tango connaissent bien pour ses soirées ETvaB au Bar el Faro ou son Tango sin grupo (avec Lucrecia Merico), Juan "Tata" Cedrón, chanteur, guitariste et compositeur, Brian Chambouleyron, Pablo Dacal, Rodrigo de la Serna (un acteur de télévision qui est aussi le chanteur et l’animateur du groupe El Yotivenco), Walter "Chino" Laborde (le chanteur de la Orquesta Típica Fernandez Fierro), Manuel Moretti, Pablo Pandolfo, Alfredo Piro (dont je vous ai déjà parlé au sujet de son groupe Guitarra Negra), Ariel Prat, Daniel Robles, et Juan Vattuone, qui vient de passer au CCC dans le cadre du Tango del Miércoles.
C’est pas mal, non ?

D’autant que un certain nombre d’entre eux ont déjà un raccourci dans la rubrique Vecinos del Barrio (habitants du quartier), dans la Colonne de droite de ce blog, dans la partie supérieure.

Pour les morceaux instrumentaux qui ponctuent le parcours proposé par le disque, Acho Estol a fait fort aussi. Il joue lui-même bien sûr, mais il est aussi entouré de Tripa Bonfiglio au bandonéon, Osiris Rodríguez au violon et à l’alto et Federico Tellachea aux percussions. Et puis ici ou là, on retrouve aussi Manuel Onis, Martín Elizalde, Martín Cecconi, Julián Polito et même Diego Dipi Kvitko, qui était récemment à El Faro avec Cucuza et Juan Vattuone (lire l’article).
Pour découvrir ce nouveau disque, dont le titre fleure bon le jeu de mot (1), il faut vous connecter sur la page Myspace d’Acho Estol, où vous pourrez écouter certains morceaux puis vous connecter sur le site d’Acho Estol, dans le portail de la Chicana pour 1) vous régaler des images bien délirantes que ce site vous offre et 2) lire les textes des chansons qui composent l’album présentés avec le nom de l’interprète...
(1) A Buenos Aires, là où un Français parlerait volontiers de "fossiles", voire même de "vieux fossiles", on parle de dinosaurios pour désigner les vieux partisans de la Dictature militaire de 1976-1983. Or Mauricio Macri, le chef actuel du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, est fort soupçonné par une grande partie de monde culturel d'être sensible à l'idéologie dinausorienne. Ce nonosse sur la photo m'a tout l'air de ressembler à un fossile reptilien...

samedi 21 mars 2009

Con-vivencia Tanguera avec Cucuza au CCC [à l'affiche]

Affiche du CCC Floreal Gorini (cliquer sur l'image pour obtenir une meilleure résolution)


Ce sera mercredi prochain, dans le cadre du cycle hebdomadaire Tango del Miércoles de la Ciudad del Tango, Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, Corrientes 1543, le 25 mars à 21h30. Entrée : 15 $.

Sous-titrée Los autores de hoy y los de siempre (les auteurs d'aujourd'hui et ceux de toujours), la soirée mêlera des tangos écrits par des grands poètes d'hier (Homero Manzi, Enrique Cadícamo, Homero Expósito, Francisco García Jímenez...) et d'autres écrits par des poètes contemporains dont plusieurs sont déjà présents dans ces colonnes : Luis Alposta, Raimundo Rosales, Alorsa, Juanca Tavera, Juan Cedrón (Tata Cedrón), Fernando Bitter... Côté compositeurs, Hernán Castiello, dit Cucuza Castiello (1) interprètera Aníbal Troilo, Virgilio Expósito, Anselmo Aieta (pour les anciens), Acho Estol, José Teíxido, Alfredo Rubin, Fernando Bitter, Juan Cedrón, Juan Seren (pour les contemporains)...


Sur scène, aux côtés de Cucuza, il y aura son partenaire guitariste attitré, avec qui il se produit en duo le vendredi soir au café El Faro, Maximiliano Luna, dit Moscato Luna (dans la rubrique Quelques quartiers, villes et lieux, cliquez sur Villa Urquiza pour accéder facilement à mes articles sur ces soirées tango de El Faro). Il y aura également Hernán Reinaudo, Fernando Bitter, José Teíxido, Alorsa (qui récitera en ouverture son hymne au tango, Vuelve el Tango) parmi d'autres... J'attends les photos pour vous décrire l'affiche au grand complet.

Cucuza avait déjà annoncé cette soirée sur les ondes de Radio Sentidos, dans l'émission ADN Tango de Claudio Tagini (voir à ce sujet les articles de janvier sur cette émission de radio web du jeudi soir). Quelques semaines plus tard, il mettait ses menaces à exécution en envoyant un mail à une sélection d'auteurs et à ma grande surprise, il m'a même fait l'honneur de me mettre en copie (il sait que quelques uns de ces poètes seront présents dans un prochain recueil que je prépare pour l'année du Bicentenaire, dans environ un an).

Cucuza avait alors arrêté son choix sur Aire sin final de Alfredo Rubin, dit Tape, Boxeador que cae (boxeur au tapis) de Acho Estol, Primavera y Barcelona de Raimundo Rosales et José Teixido, Piove en San Telmo (il pleut à San Telmo) de Luis Alposta et Tata Cedrón, Palabras sin importancia (des mots sans importance) du Tata Cedrón, Milonga en dope (Milonga avec un petit coup dans le nez) de Fernando Bitter et Venganza (Vengeance) de Juan Serén. Cela pour vous donner une vague idée de ce qui se prépare pour mercredi soir.

Dans son mail, Cucuza ajoutait qu'en présence d'une telle brochette de talents toutes générations confondues, il souhaitait "ne pas jouer les crétins de service" et chanterait donc Tibieza (on n'est jamais mieux servi que par soi-même), dont il est l'auteur et le compositeur. Je vous invite donc, en ce jour d'équinoxe, à écouter ce tango (Tibieza, ça veut dire Tiédeur) soit sur la page My Space de Cucuza (le lien est accessible sur la droite de votre écran) soit sur la page que Todo Tango lui a consacrée sous ce lien (Tibieza est tout en bas de la biographie). Ceci dit, vous pouvez aussi accéder à d'autres documents concernant cet artiste sur Todo Tango grâce à cet autre lien qui vous donnera une vue globale, avec entre autres les textes des tangos publiés à ce jour sur ce site et dont Cucuza est l'auteur-compositeur.

Pour la plupart des artistes nommés dans cet article, vous pouvez trouver leurs sites dans les liens externes rassemblés dans la Colonne de droite, sous la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales (mais ni Luis Alposta ni Juan Cedrón n'y figurent). Presque tous les artistes (y compris Luis Alposta et Juan Cedrón) ont désormais au moins un article dans Barrio de Tango. Pour y accéder, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search...

En ce qui concerne Alfredo Tape Rubin, dont Barrio de Tango reparlera en mai pour la présentation de son nouveau disque, Lujo total, prévue au CAFF, voici d'ores et déjà son site Internet, ainsi que la page My space de Juan Seren, où vous pouvez l'écouter dans six morceaux de sa composition.

(1) Cucuza en lunfardo, ça veut dire tête, caillou, ciboulot. Il vous suffira d'un coup d'oeil sur l'affiche pour comprendre pourquoi...

Festival de la Chanson Sociale à ECuNHi [à l'affiche]




L'Espace Culturel Nos Enfants (Espacio Cultural Nuestros Hijos), fondé par l'Association Madres de Plaza de Mayo, est le cadre, d'aujourd'hui à mardi prochain, d'un festival de la chanson engagée alors que la Justice fixe une date de tenue du procès de plusieurs represores (bourreaux) ayant exercé leur sale besogne pendant la Dernière Dictature Militaire (1976-1983) dans le centre de détention et de torture clandestin qu'était l'ESMA (l'Ecole supérieur de mécanique de la Marine), aujourd'hui transformée en centre de mémoire et des droits de l'homme sous le patronage de l'UNESCO (voir mon article précédent à ce sujet).

Au cours de ce festival, le musicien Juan "Tata" Cedrón se produira avec son quatuor. Buenos Aires Negro est aussi aa programme. Il y aura aussi des groupes d'art communautaire, une troupe de théâtre et une murga. Ce type de forme artistique est très fréquente à Buenos Aires, elle fait partie d'une expression politique de la base qui nourrit la militance de tous les jours.

Les soirées commencent à 18h les quatre jours. Mardi sera célébré le Jour National de la Mémoire pour la Vérité et la Justice.

Le procès de l'ESMA s'ouvrira en octobre prochain. Il concerne 18 accusés parmi lesquels deux barbouzes particulièrement représentatifs des horreursde la Dictature : Jorge "El Tigre" Acosta et Alfredo Astiz surnommé El Cuervo (le Corbeau) et que nous avons connu sous le nom d'Ange blond de la Mort. Son supérieur hiérarchique, Acosta, a été quant à lui surnommé La bête fauve (el Tigre). Ils devront répondre notamment de la disparition de fondatrices du mouvement Madres de Plaza de Mayo, du journaliste Rodolfo Walsh et de deux religieuses françaises, pour les meurtres desquelles ils sont aussi dans le collimateur de la justice française.

Vous pouvez lire dans Página/12 de ce jour, l'article sur l'ouverture du Festival de la chanson engagée, le programme des quatre jours et le prochain procès de l'ESMA.

mercredi 11 mars 2009

El Tata Cedrón au CAFF [à l’affiche]

Jacquette de Frisón Frisón

A la fin du mois de mars et au début du mois d’avril, le guitariste, chanteur et compositeur Juan Cedrón, dit El Tata Cedrón, donnera, avec son quatuor (el Cuarteto Cedrón), une double série de tours de chant.

Les 26, 27, 28 et 29 mars à 21h, ils présenteront un répertoire inédit en hommage au grand poète du tango Homero Manzi (Añatuya, Province Santiago del Estero, 1er novembre 1907 - Buenos Aires, 3 mar 1951).

Malgré une vie très courte, Homero Manzi, qui a été emporté par un cancer, est ce que l’on peut appeler un "Poeta Fundamental", un poète qui a contribué à donner au tango argentin son identité esthétique et culturelle. C’est lui notamment qui a inventé le personnage (car c’en est un à part entière) du quartier, qui a intégré ce protagoniste dans la panoplie des archétypes dont auteurs et musiciens continuent à jouer aujourd’hui, chacun à sa manière. C’est à lui que l’on doit le texte du tango Barrio de Tango, dont la musique est de Aníbal Troilo. La mort précoce du Maestro Homero Manzi ne lui permit pas de faire aboutir l’ensemble de ce qu’il a écrit. Il a laissé après sa mort un monceau de textes, poètes, contes, articles inédits à son fils, Acho Manzi, le compositeur en 1948, à l’âge de 16 ans, d’un tango hyper-connu : El último organito (le dernier orgue de barbarie), sur un poème que son père lui donna à mettre en musique.
Acho Manzi et Juan Cedrón sont deux amis. Ensemble, en 2007, qui était el Año Homero Manzi en l’honneur des 100 ans de sa naissance, ils ont édité un disque d’inédits du grand poète, musicalisés par Tata Cedrón.

Ce disque, toujours disponible, édité sous le label Acqua Records, comporte 15 pistes et servira de canevas au concert de ces quatre soirs. Il s’intitule Frisón Frisón, du nom du cheval du cuarteador (1) de Nobleza de Arrabal (Homero Manzi - Francisco Canaro), dont je vous ai traduit une petite strophe dans un article publié en juillet 2008. C’est le portrait de Frisón, peint par feu Alberto Cedrón, un frère de Juan Cedrón qui orne une portion du fameux "paredón" de Sur, dans Nueva Pompeya (2), qui, photographié par Tata Cedrón, fait la jacquette du disque sur lequel on trouve 10 inédits de Manzi stricto-sensu (musique de Cedrón), 1 tango de Acho Manzi et Juan Cedrón (Un Cuento), deux morceaux de Juan Cedrón seul ( La Bicicleta celeste) ou avec Antonia García C (Juventud) et une version du célèbre Responso (Absoute, ce qu’en français on traduirait plus volontiers par Requiem, personne ne sachant plus ce qu’est une absoute), que Aníbal Troilo composa en hommage à son ami, le 3 mai 1951, pendant qu’avait lieu la veillée funèbre dans le grand hall d’entrée de la SADAIC.
Ce disque est accompagné d'un livret assez épais, plein de confidences d'Acho Manzi dont on voit de très belles photos à côté du chanteur, sur les lieux de l'adolescence de Manzi père.

Les 2,3, 4 et 5 avril, à 21h, c’est à un autre poète auquel Tata Cedrón a aussi dédié un album que le Cuarteto rendra hommage dans son show : Raúl González Tuñón, autre grand poète et écrivain argentin, né et mort à Buenos Aires (29 mars 1905-14 août 1974). Raúl González Tuñón, un poète engagé politiquement (parti communiste argentin), un voyageur qui parcourut l’Europe, un journaliste qui contribua à mettre en échec les stratégies d’enfermement de l’Argentine et de repli sur soi tentées par divers gouvernements autoritaires ou dictatoriaux, n’a jamais écrit spécifiquement pour le tango (à l’inverse de Manzi), même s’il a toujours entretenu beaucoup de contacts avec les artistes de tango. Le disque de 11 pistes, Todo Raúl González Tuñón (chez Alfiz Producciones), comporte donc des poèmes mis en musique, après la mort du poète, par le compositeur pour cet hommage.

Les places pour ces huit concerts sont à 35$ si elles sont retenues à l’avance et à 45$ le jour même.

(1) On appelait "cuarteador" le manoeuvre qui, à l’aide d’un cheval ou de deux chevaux attelé(s), louait ses services, sur les routes ou dans les propriétés agricoles, pour toutes sortes de travaux de trait. Dans Nobleza de Arrabal, il s’agit surtout de désembourber les voitures sur les routes aux abords du Riachuelo, dans le sud de Buenos Aires.
Jusqu’aux années 50, les routes de ce côté-là n’étaient pas aménagées et le paysage était en plus parcouru de fossés qui devaient limiter les inondations dans cette zone deltaïque passablement marécageuse au naturel. Les charrettes de livraison jusque dans les années 50, et même les voitures attelées des riches voyageurs jusqu’à l’arrivée de l’automobile, versaient régulièrement à cause du terrain trempé, risquaient à tout moment de quitter la route, s’enfonçaient dans les flaques de boue épaisse laissée par la pluie ou ne parvenaient pas à grimper les monticules érigés de loin en loin comme autant de digues destinées à protéger la zone et ses habitants des crues intempestives de la rivière (parfois plusieurs fois au cours de la même année). C’est ce à quoi Homero Manzi fait allusion dans Sur (dans ce célèbre vers du début : "y más allá la inundación"... Et au-delà, l’inondation). C’est le travail d’un tel cuarteador que raconte le tango Manoblanca, du même Homero Manzi : il parle à ses chevaux pour les encourager, les guider dans leur tâche, mais ne pense qu’à aller rejoindre une jolie fille avec laquelle il a rendez-vous esquina Centenera y Tabaré, carrefour anodin de Nueva Pompeya dont ce tango a fait un mythe, comme Barrio de Tango a glorifié cette autre esquina, San Juan y Boedo, dans le quartier de Boedo.
(2) Sur ce mur aveugle, qui fut l'enceinte d'une peausserie, à deux pas du collège où Homero Manzi avait été mis en pension par ses parents (pour lui éviter une vie un peu trop dissipée !), d'autres peintres ont aussi travaillé, en particulier Marta Luchenio et Chilo Tulissi (pour ce dernier, voir Colonne de droite, rubrique Artistes plastiques, et les articles de Barrio de Tango relatifs à ce peintre sous ce lien).

jeudi 29 janvier 2009

El Tata Cedrón au CAFF [à l'affiche]

Le chanteur-guitariste et compositeur Juan Cedrón, dit Tata Cedrón (Papa Cedrón), se produira samedi soir, 31 janvier, au Club Atletico Fernández Fierro, dans le quartier de l'Abasto (rue Sánchez de Bustamante, 764), à 22h.

Il sera entouré de Roger Helou au piano et de Nicolás Arroyo, comme musicien invité. Nicolás Arroyo joue du bombo, un tambour précolombien, creusé directement dans un tronc d'arbre et recouvert de cuir de chèvre.

Le programme musical de ce concert fera la part belle au tango et au folclore, terme générique sous lequel on rassemble les musiques populaires de l'intérieur de l'Argentine.

L'entrée est au prix exceptionnel de 40 $ (au CAFF, les spectacles de l'orchestre résident -et propriétaire du lieu- sont meilleur marché).

El Tata Cedrón et Roger Helou se sont rencontrés à Paris en 2004. Quatre ans plus tard, en novembre dernier, ils s'étaient à nouveau produits ensemble. Ils remettent le couvert ce week-end en plein été...

L'OTFF (Orquesta Típica Fernández Fierro) reprend, quant à lui, le collier dès mercredi prochain. Le cycle de février s'appelle CAFF de Verano (CAFF d'été). Concerts de la OTFF à partir de 23h, à 25 $ et 15 $ l'entrée (à table ou sans table), le mercredi. Les 11 et 12 février, tout le groupe joue néanmoins de l'autre côté du Río de la Plata, au Festival Uruguay a Toda Costa. Ils seront à Kibon le mercredi et à Colonia le lendemain.

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