Affichage des articles dont le libellé est Rio Negro. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rio Negro. Afficher tous les articles

jeudi 16 octobre 2025

Une députée condamnée pour trafic de drogue et escroquerie ! [Actu]

Mileí et Villaverde dans une photo de la campagne électorale 2023


Fondatrice de La Libertad Avanza (LLA), le parti de Javier Mileí, dans la province de Río Negro, l’actuelle députée Lorena Villaverde est actuellement candidate comme sénatrice sous le slogan électoral "En Río Negro, Lore es Mileí" (A Río Negro, Lore, c’est Mileí).

Or on découvre en ce moment que la dame a un lourd casier judiciaire (et ce n’est pas la première fois que cela arrive dans ce parti). Aux États-Unis, elle a été condamnée à de la prison ferme pour détention de 15 kg de cocaïne et de 50 000 dollars dont elle ne pouvait pas justifier la provenance auprès des douanes. De plus, en Argentine, elle est mêlée à une escroquerie de type pyramide de Ponzi qui a convaincu son mari de demander le divorce quand il a pris conscience que la comptabilité de l’entreprise de son épouse présentait des irrégularités graves.

Le président Javier Mileí est déjà mouillé, avec sa sœur d’ailleurs, dans un autre narco-scandale, celui dans lequel est impliqué jusqu’aux yeux l’un de ses tous premiers soutiens, le député José Luis Espert, qui vient d’être inculpé dans ce cadre et qui a dû retirer sa candidature en tête de liste des députés pour la province de Buenos Aires. Mileí est aussi impliqué dans une escroquerie, celle de la crypto-monnaie $-Libra, dont il a vanté le système cet été austral sur ses réseaux sociaux et qui s’est effondrée quelques heures après, entraînant la ruine de très nombreux épargnants hispanophones sur tout le continent ainsi qu’en Europe. Dans le deux cas, les trafiquants et les escrocs ont utilisé le territoire, la devise et les systèmes des États-Unis pour commettre leurs méfaits.

En plus, il est trop tard pour réimprimer le matériel de campagne et de vote. C’est donc la tête de José Luis Espert que les électeurs verront, en Province de Buenos Aires, largement la plus peuplée du pays, sur leur bulletin de vote (à cocher) et sur l’affiche légale posée dans l’isoloir… Ajoutez encore à ce cocktail peu ragoûtant une bonne rasade de consigne de vote de la part de Trump...

Cela fait peut-être un peu beaucoup à dix jours d’un scrutin national, non ?

Demain, c’est le 17 octobre, la fête de la Loyauté dans la tradition péroniste. On peut s’attendre à des manifestations importantes de soutien à Cristina Kirchner et des huées contre Mileí dans toutes les rues du pays...

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
Curieusement, les autres journaux ne reprennent cette information ce matin.

mercredi 8 octobre 2025

Découverte en direct sur le nouveau streaming du CONICET [Actu]


Il y a quelques mois, le CONICET, le centre national de la recherche et de la technologie, avait bouleversé l’Argentine en diffusant en direct les plongées d’une équipe de scientifiques au fond de la mer, au large de Mar del Plata. Il en était ressorti des images impressionnantes et splendides qui ont beaucoup fait pour sensibiliser le grand public aux enjeux de la science, que le gouvernement de Javier Mileí s’efforce de tuer en privant de budget universités et laboratoires.

Il y a quelques jours, le CONICET a repris ses caméras cette fois sur la terre ferme, du côté des Andes, pour montrer au public ce qu’est une fouille sur un champ de fossiles de dinosaures dans la province de Río Negro, une de celles qui donnent le plus de découvertes en la matière.

Et hier, en direct, les paléontologues sont tombés sur un œuf de dinosaure presque entier et parfaitement fossilisé.

C’est La Nación ce matin qui en parle avant que sans doute d’autres journaux reprennent eux aussi la nouvelle.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 27 juillet 2023

La statue de la discorde à Bariloche [Actu]

Etrange statue avec un cheval qui ressemble
à Jolly Jumper quand il est épuisé !
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


A San Carlos de Bariloche, la plus importante station de ski d’Argentine et d’Amérique du Sud, une statue équestre du général et président Julio Argentino Roca (1843-1914) orne la place de la mairie (centro cívico) depuis 1941 (photo de une ci-dessus).

Son installation à cet endroit a couronné la construction commencée en 1940 de cette place aux allures helvétiques. A cette époque, l’Argentine vivait sous l’un de ces gouvernements putschistes d’extrême-droite qui s’étaient succédé à Buenos Aires depuis le premier coup d’État de la période constitutionnelle, en septembre 1930. L’homme qui était ainsi honoré était le conquérant blanc, d’ascendance européenne, de la Patagonie, au milieu de laquelle se trouve la station montagnarde habitée depuis le début du 19e siècle par une importante colonie suisse et germanophone (Allemagne et Autriche). Ce pourquoi après 1945 Bariloche est connue pour avoir facilement accueilli de trop nombreux criminels nazis qui avaient fui l’Europe et y vivaient officiellement sous une fausse identité, tout en étant parfois connus sous leur véritable nom.


"Triste Argentine de la razzia indienne", dit le gros titre
qui ne cache pas son mépris pour les peuples premiers
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Autrement dit, cette statue sent le soufre puisque la conquête de Roca, passée dans l’histoire sous le nom de « Conquista del Desierto », a été l’occasion d’un véritable génocide du peuple mapuche qui vivait sur ces terres australes (pas si désertes que ça), sur lesquelles le voisin chilien avait des vues depuis le milieu du 19e siècle. Le risque que le Chili s’empare de ce vaste territoire avait précipité l’opération militaire ordonnée depuis Buenos Aires et celle-ci fut sans pitié pour ceux des indigènes, nombreux, qui osèrent lui résister, malgré leur infériorité technologique, face à l’artillerie et aux armes à feu des envahisseurs.

Il y a quelques semaines, il a donc été décidé que la statue, qui choque les peuples premiers toujours présents dans la région, serait retirée de la place de la mairie pour être replacée dans un parc au milieu d’autres statues, à l’écart de la bourgade.

Aussi la mise en œuvre ces jours-ci de cette décision déchaîne les réactions hostiles surtout à droite, où l’on apprécie beaucoup le personnage, qui a longtemps figuré sur les coupures de 100 pesos : outre sa prise de contrôle de la Patagonie, on doit aussi à Roca la loi qui a établi l’école obligatoire et gratuite, le grand rêve caressé par un autre personnage polémique, un géant de la vie politique et culturelle de l’Argentine, Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888). Et qu’est-ce que vous voulez que la gauche dise lorsque la droite lui sort cet argument ?

La Nación préfère ne pas mettre l'accent sur l'événement
Il n'a droit qu'à une manchette sans photo (en haut à droite)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

L’historiographie de gauche n’a longtemps retenu du personnage que cette violence inouïe à l’égard des Amérindiens, violence qui avait généralement été acceptée par les contemporains d’origine européenne mais qui nous soulève le cœur cent cinquante ans plus tard. La droite s’efforce aujourd’hui d’amoindrir l’importance de ce fait dans sa propre historiographie et insiste sur d’autres aspects : la concurrence avec le Chili, qu’il fallait bien remettre à sa place (d’autant que plus tard, on a découvert des gisements de pétrole dans le territoire ainsi conquis), et la sacro-sainte école. Curieusement, Clarín publie aujourd’hui dans son édition imprimée deux commentaires de deux historiens officiellement opposés, l’un classé à droite, l’autre (Pacho O’Donnell) furieusement péroniste de gauche. Pourtant les deux éditos se rejoignent peu ou prou, les deux auteurs soutenant qu’il est important de ne pas projeter nos valeurs sur le passé si l’on veut le comprendre. Bref, ces cris d’orfraie n’ont pas lieu d’être, c’est eux qui le disent (quel progrès !) et ce qui compte, c’est de contextualiser cette statue.

Une statue qui va tout de même être remplacée sur la place de la mairie par un monument en l’honneur des Mères et des Grands-mères de la Place de Mai. Des associations militantes classées à gauche toute. Derrière le geste, il y a donc bien une intention partisane et l’envie de faire tourner en bourrique les gens de droite. Et c’est plutôt réussi si l’on en croit les unes des journaux !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la polémique déclenchée par la décision municipale
lire l’article de Página/12 sur le transfert de la statue
lire l’article de Clarín (version en ligne)
lire l’article de La Nación
Comme si souvent, le site de La Prensa ne propose pas l’article annoncé sur sa une du jour.

Ajout du 28 juillet 2023 :
lire cet article à la une de Página/12

lire, toujours dans Página/12, la note rédigée par Pacho O’Donnell, davantage dans son élément ici que dans Clarín

"Roca, de nouveau en campagne", dit le gros titre ce matin
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

La Prensa, quant à elle, renouvelle
l'expression de son insondable mépris
avec ce titre secondaire : "Le coin des gens sensés :
Roca sera toujours au centre de la Patrie"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution
avec photo couleur de la statue

Mise à jour du 3 août 2023 :
lire
cet article de Clarín sur la décision judiciaire en référé qui suspend à titre conservatoire l’exécution de l’arrêté municipal disposant le retrait de la statue. La guerre semble bel et bien déclarée.

Mise à jour du 4 août 2023 :

lire cet éditorial de Página/12 au sujet de cette décision de justice

vendredi 19 mai 2023

Dinos argentins : nouveau record de taille en compèt patagonienne [Actu]

Vue d'artiste par Sebastián Rozadilla
pour le Museo Argentino de Ciencias Naturales
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Les scientifiques argentins viennent de publier dans la revue spécialisée Cretaceous Research les résultats des fouilles qu’ils ont menées dans la province de Río Negro, en Patagonie.

Ils ont en effet trouvé et identifié des fossiles appartenant à une espèce de sauropode herbivore inconnue jusqu’à ce jour et qu’ils ont baptisé le Chucarosaurus. L’animal vivait il y a 90 millions d’années et ses restes ont de quoi nous impressionner.

Ce dinosaure mesurait 30 mètres de long. C’est le plus gros découvert à ce jour dans la catégorie des herbivores.

La découverte a donné lieu hier à une présentation au grand public, dans un centre culturel de la bourgade de Cipoletti sur le territoire communal de laquelle se trouve le champ de fouille.

Les découvreurs sont une équipe de paléontologues du CONICET travaillant dans un laboratoire du Museo Argentino de Ciencias Naturales Bernardino Rivadavia, comme c’est bien souvent le cas sur ce sujet.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín
accéder aux éléments publics de la communication scientifique sur le site de Science Direct, un portail du groupe Elsevier (revues scientifiques anglophones). L’article complet n’est accessible que sur abonnement.

mardi 28 mars 2023

Nouvelle Semaine Sainte sous le signe du chocolat à Bariloche [à l’affiche]

Dans la rue principale de Bariloche
Photo de l'office du tourisme de la ville
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Comme tous les ans désormais, San Carlos de Bariloche, la grande station de montagne de la province de Río Negro, dans les Andes, s’apprête à accueillir la fin de la Semaine Sainte et la fête de Pâques avec une grande fête du chocolat, une spécialité de la ville grâce à une importante colonie de descendants d’Helvètes.

Plan de la Fiesta cette année
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

A partir du Jeudi Saint, la ville se déguise en royaume du chocolat. Le pari de l’année est de réaliser la plus grosse tablette de chocolat du monde dans l’Allée du même nom en centre-ville.

Photo soignée sur le lac
Photo Office du tourisme de San Carlos de Bariloche
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Les œufs, les poules et les lapins seront au rendez-vous ainsi que les excusions dans les montagnes baignées dans les couleurs de l’automne… tout comme en Suisse avec six mois de décalage.

A vous de choisir dans le programme
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Toutes les activités sont gratuites. Pour les deux concerts, il convient toutefois de s’inscrire en ligne pour réserver sa place. De nombreux ateliers sont proposés aux petits et aux grands. Des dégustations partout. Du chocolat à croquer et à boire. Joyeuses Pâques !

Le Cours du Chocolat (dans la rue Mitre)
Photo Office du tourisme de Bariloche
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

En Argentine, ce long week-end commence le Vendredi Saint (et parfois la veille) et s’achève au soir du dimanche. Le Lundi de Pâques est inconnu sous ces latitudes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 10 octobre 2022

La canonisation de « l’infirmier en bicyclette » dans la presse ce matin [Actu]

"Parent des pauvres", dit le gros titre
en citant l'homélie du pape
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Cette troisième canonisation argentine, celle de l’infirmier Artemides Zatti, né en Italie à la fin du 19e siècle et mort en 1950 à Viedma, n’aura pas attiré l’attention de nombreux journaux. La cérémonie n’est même pas à la une du journal local patagonien, Río Negro, dont le titre est tout simplement le nom de la province dont Viedma est la capitale.

Il faut dire que le Vatican l’a lui-même présenté comme un nouveau saint italien ! Et que les drapeaux argentins n’étaient que fort peu visibles sur la place Saint-Pierre hier, à l’inverse des drapeaux brésiliens qui s’agitaient à tout-va en l’honneur de l’autre canonisé.

L’événement est toutefois présent à la une de deux quotidiens nationaux, La Prensa, le très catholique journal de la droite réactionnaire, et Clarín, un tabloid de droite.

Un petit titre secondaire en bas à droite
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Il est vrai que l’actualité n’aidait pas : remaniement gouvernemental attendu dans les heures qui viennent après une démission retentissante, révolte mapuche dans le sud et même nouveau tournant dans la guerre en Ukraine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 12 août 2022

Le nouveau petit dino de Río Negro est tout mimi – « Tank sur pattes », c’est son surnom ! [Actu]

Reconstitution en image virtuelle CONICET-Fundación Azara
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Jakapil kaniukura, c’est son nom et c’est un hommage aux deux peuples premiers du coin, baptisé le désert des os, les Mapuches et les Puelches : les paléontologues ont puisé dans leurs deux langues pour baptiser le fossile.

Photo Conicet
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

L’aimable bestiole vivait il y a environ 100 millions d’années, au Crétacé tardif, dans l’actuelle province de Río Negro, en Patagonie argentine. C’est le tout premier dinosaure cuirassé identifié dans le pays et le premier bipède à cuirasse trouvé en Amérique du Sud. Il mesurait environ 1,5 mètre pour une masse de 4 à 7 kilos tout mouillé.

Vue d'artiste (Conicet-Fundación Azara)
Cliquez sur l'image pour une très haute résolution

Herbivore, il se protégeait de ses éventuels prédateurs grâce à une carapace qui lui vaut son surnom (ci-dessus). Cette cuirasse ne peut que nous renvoyer à un animal emblématique du continent, tout aussi bien protégé : le tatou. Une espèce inoffensive pourtant menacée comme tant d’autres en Amérique du Sud et partout sur la planète.

Par ailleurs, les chercheurs ont pu découvrir que l’ami Jakapil portait sur le jabot une sorte de pelage qui lui donne, sur les vues d’artiste diffusées par la Fundación Félix de Azara, qui a financé les fouilles et la recherche en partenariat avec le CONICET (conseil national de recherche et de technologie), la Universidad Maimonides et l’Université du Pays Basque (Espagne) un petit air de lama ou de guanaco, surtout quand il sourit (sur les images virtuelles)… Quant à sa colonne vertébrale (cou, dos et appendice caudal), elle le relierait plutôt aux crocodiles d’aujourd’hui.

Schéma CONICET
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Bref, un bon vieux produit de cette rude terre australe où ses vestiges ont été retrouvés pour la première fois en 2012.

Le résultat de toutes ces années de recherche, présenté hier à la presse, n’a pas manqué d’intéresser les quotidiens. Jugez-en vous-mêmes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
lire le communiqué grand public du Conicet
lire la publication scientifique datée d’hier dans Nature

mardi 18 mai 2021

En Argentine, les courbes menacent la fête nationale [Actu]

L'incidence sur les deux dernières semaines
Infographie La Nación
(capture d'écran)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Après de légers signes d’amélioration il y a dix jours en province de Buenos Aires, les chiffres sont à nouveau à la hausse dans plusieurs régions : à Buenos Aires intra-muros, dans sa banlieue, plus largement dans la province homonyme mais aussi à Córdoba, à Río Negro, à Catamarca, à Chaco, à Entre Ríos, à Formosa, à La Pampa et à San Juan. La carte d’incidence montre un Cône Bleu devenu tout rouge (1).

Données totales depuis mars 2020
De gauche à droite
Nombre de personnes touchées, nombre de personnes symptomatiques,
nombre de patients guéris; nombre de décès
Capture d'écran La Nación
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Hier, le nombre de morts a à nouveau dépassé le chiffre symbolique de 500. Quant aux cas dépistés, on en comptait hier 28 680, ce qui est très élevé pour un pays de 44 millions d’habitants.

"Vers une fermeture totale pour un temps plus délimité"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Devant cette catastrophe pourtant prévisible, Horacio Rodríguez Larreta, qui tenait tant à maintenir ouvertes les écoles malgré une décision contraire au niveau fédéral, est en train d’envisager de les fermer. Il était temps.

Le gouvernement fédéral lui aussi laisse fuiter qu’il va prendre de nouvelles mesures de restrictions qui devraient être annoncées vendredi. Autrement dit, c’est raté cette année encore pour la fête nationale qui se tiendra mardi prochain, le 25 mai. Le pont accordé en début d’année a même déjà été annulé à la fin de la semaine dernière pour éviter de trop amples déplacements pendant le week-end prolongé.

Et pendant ce temps-là, les doses de vaccins atterrissent les unes derrière les autres à l’aéroport international de Buenos Aires : Sputnik V, Sinopharm et depuis peu Astra Zeneca mais les difficultés sont les mêmes qu’ailleurs sur la planète. Les quantités ne suffisent pas à compenser la vitesse de propagation du virus.

"On cherche à freiner l'augmentation des cas
par des mesures plus dures auxquelles la Ville s'associerait"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Presque tous les journaux ce matin détaillent la situation en trois articles : l’un porte sur les hésitations du chef de gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, un autre sur les mesures envisagées par le président, le troisième fait le point sur les chiffres.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

A la Casa Rosada :
A Buenos Aires (ville autonome)
Les chiffres :
lire l’article de La Nación



(1) Le Cône Bleu, c’est l’Argentine. Comme on dit l’Hexagone pour désigner la France.

samedi 15 février 2020

Un nouveau dinosaure argentin : carnivore et petit [Actu]

Infographie Clarín

Dans le riche sous-sol argentin, les paléontologues ne cessent de faire des découvertes : dans la province de Río Negro, près de Villa El Chocón, qui possède un gisement des plus riches, une équipe du CONICET et du Musée Argentin de Sciences Naturelles vient de mettre à jour quelques restes fossilisés d’un petit dinosaure resté inconnu jusque là.

L’adorable bêbête, baptisée Tralkasaurus cuyi, vivait en Patagonie il y a 90 millions d’années et mesurait environ quatre mètres seulement. C’était un carnivore qui se nourrissait de lézards et d’autres tout petits dinosaures herbivores.

On en a retrouvé des fragments de crâne, une mâchoire inférieure avec quelques dents, quelques côtes, un fragment de hanche et une partie de la queue.

La découverte vient de faire l’objet d’une publication en anglais dans la revue internationale, Journal of South American Earth Sciences.

Pour aller plus loin :
consulter gratuitement le résumé de l’article scientifique, dont l’accès au texte complet est payant.

jeudi 21 novembre 2019

Nouvelle découverte paléontologique en Patagonie [Actu]

Extrait de l'article scientifique (Science Advances)
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

C’est dans la province de Río Negro que les paléontologues argentins viennent de faire une nouvelle découvertes : celle d’un reptile d’il y a 100 millions d’années à pattes et à corps de serpent. On a trouvé le fossile d’une tête et d’un corps d’une lisibilité émouvante à une telle distance temporelle. L’article marque un repère important dans l’histoire de l’évolution des reptiles qui a donné lieu hier à la publication d’un article en ligne dans le magazine Science Advances.

Résumé de l'article scientifique
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Página/12 a interviewé en espagnol l’un des chercheurs argentins signataires de ce papier international partagé entre des scientifiques de l’Université de l’Alberta au Canada et de la Fondation Félix Azara, du nom d’un immense savant espagnol du dix-huitième siècle qui a exploré les actuels territoires de l’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay.

Il est assez réconfortant de voir comment les Argentins sont parvenus à accumuler des publications internationales malgré la chute vertigineuse des budgets de la recherche publique sous le mandat de Mauricio Macri.

Pour aller plus loin :
accéder à l’article scientifique en anglais sur le site Internet de la revue.

vendredi 1 mars 2019

Encore une découverte en Patagonie [Actu]

Reconstitution CONICET

Le Conicet (centre national de recherche et de technologie argentin) vient de publier une nouvelle découverte d’une équipe de paléontologues argentins dans la province de Río Negro : celle de quelques os d’un reptile, inconnu jusqu’à présent et remontant à 90 millions d’années, une sorte de sphénodon qui ressemble à ceux qui vivent dans l’actuelle Océanie, un lézard dont la silhouette rappelle celle d’un iguane bien que ces animaux appartiennent à des lignées distinctes l’une de l’autre.

Les fossiles trouvés sur le champ de fouille

La découverte date de février 2018, elle s’est faite à Campo Violante, tout près de Villa El Chocón, une zone déjà très connue pour ses gisements de fossiles de dinosaures et autres créatures antédiluviennes.

Ce sphénodon préhistorique a été baptisé Patagosphenos watuku en hommage à la Nouvelle Zélande, seul lieu où cette famille était attestée.

Ces résultats scientifiques font cette semaine l’objet d’un article, une nouvelle fois dans les pages de la revue scientifique Cretaceous Research (en anglais).

Ces fossiles identifiés et classifiés permettront peut-être d’apporter un début de réponse à un grand mystère, celui de la capacité de cette famille de reptiles de survivre sous des températures très froides. On sait maintenant que leurs ancêtres existaient longtemps avant la période glacière d’il y a 65 millions d’années et que cette famille a traversé cette période pour donner les actuels sphérodons de Nouvelle Zélande, des lézards de 70 cm de long. Ces reptiles ont aussi survécu à l’extinction des dinosaures. Cet été fertile en publication donne aux chercheurs de quoi argumenter auprès du Secrétaire d’État chargé de la recherche scientifique pour que le Conicet retrouve du budget dans la crise qui frappe le pays.

En ce presque dernier jour de l’été avant la rentrée, qui se fera mercredi prochain, après le long week-end de carnaval, seul Clarín aborde le sujet aujourd’hui.
On peut lire également le communiqué du CONICET (en espagnol) et l’article de Cretaceous Research (en anglais et payant).

mardi 28 novembre 2017

Rafael Nahuel a été touché dans le dos : la légitime défense peut être écartée ! [Actu]

Montage en une de Página/12 : Patricia Bullrich y apparaît
dans l'uniforme de la préfecture navale
avec en gros titre et sans jeu de mot : "permis de tuer"

Rafael Nahuel était ce militant mapuche (1) qui est mort à l'hôpital des suites de ses blessures infligés par les tirs au plomb des hommes de la Préfecture Navale dans le cadre de l'occupation illégale, par un groupe de militants se réclamant de la cause indigène, de terres cédées en concession, il y a de nombreuses années, à la multinationale italienne des pulls Benetton, dans la province de Río Negro, en Patagonie andine. Il avait 27 ans.

Les conclusions de l'autopsie portent que le projectile qui l'a tué l'a atteint dans le dos et qu'il s'agissait bien d'une munition de dotation de la Préfecture Navale. Il ne peut donc en aucun cas s'agir d'un tir de légitime défense du côté des représentants de l'ordre.
L'Etat, qui est responsable de la mort du jeune homme de 27 ans puisque la Préfecture navale est placée sous ses ordres, ne s'est pas encore manifesté auprès de la famille, ce qui tend à confirmer que les pouvoirs publics cautionnent la mort violente du manifestant, la mort d'un homme dont rien ne prouve jusqu'à présent qu'il était armé au moment où il a été pris pour cible par les forces de l'ordre (à moins qu'il n'ait reçu une balle perdue, ce qui est à peine moins grave dans un Etat de droit, un pays en paix où la peine de mort est abolie depuis longtemps).

Clarín montre en photo un militant de la RAM qui montre ses lésions,
suite aux tirs de la Préfecture navale
En manchette en haut, les fiancés royaux britanniques
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Malgré la gravité des faits, le gouvernement argentin reste droit dans ses bottes et la ministre de la Sécurité, la très peu aimable Patricia Bullrich, soutient que les fonctionnaires étaient dans leur droit, que ce sont les Mapuches qui ont commencé à tirer sur les forces de l'ordre contraignant celles-ci à répliquer (la version qu'ont donnée les agents de la Préfecture), que le groupe qui occupe la ZAD hait l'Argentine et ne respecte pas la loi et qu'elle a bien l'intention de remettre de l'ordre dans tout cela (2). Cette femme, qui affecte une raideur virile et s'abstient en toute occasion de sourire, n'a pas un mot de compassion pour la mort de cet homme et, ce faisant, elle réveille des souvenirs historiques de triste mémoire en utilisant un langage agressif et méprisant qui ne peut que renvoyer dans l'inconscient collectif argentin au général Julio Argentino Roca et à sa tristement célèbre Campaña del Desierto, une campagne d'un désert très habité (mais par des Amérindiens encore faiblement sédentarisés) qui s'est transformée, de 1878 à 1885, en un massacre intensif, ultra-raciste. Cette opération militaire sans pitié, qui a aboutit à l'appropriation de toute la région par un petit nombre de riches propriétaires terriens, partait d'un besoin politico-juridique d'affirmer la souveraineté argentine sur ces terres de Patagonie avant que le Chili s'en empare, ce qui n'aurait pas manqué de déclencher une nouvelle guerre entre les deux pays voisins. Dans les programmes d'histoire, cette triste épopée a longtemps été très valorisées, comme l'était l'épopée coloniale en France jusque dans les années 1950. Bullrich fait partie d'une génération qui a connu cet enseignement aujourd'hui caduc. Le gouvernement argentin veut déloger les zadistes et rendre l'intégralité de la jouissance des terres à Benetton, C'est un gouvernement qui ne cache pas sa préférence pour le patronat et pour les investisseurs étrangers qu'il peine depuis deux ans à attirer dans le pays. Il y a une certaine cohérence dans ses positions, même si cette cohérence pourrait, ce serait bien le moins, s'abstenir de couvrir des fonctionnaires qui font couler le sang.

La Nación titre sur la colère du gouvernement contre la magistrature
En vignette en haut, les fiancés royaux de Londres
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Contrairement à la ministre qui ne veut même pas parler avec la RAM (Résistance Ancestrale Mapuche), qu'elle estime hors-la-loi, le juge d'instruction qui enquête sur l'affaire reconnaît les manifestants et les entend comme partie à l'instruction, ce qui déclenche des critiques et provoque des grincements de dents au sein de l'exécutif, alors qu'au jour de sa prise de fonction, il y a deux ans, Mauricio Macri avait publiquement juré ses grands dieux, devant tout le Congrès réuni, qu'il laisserait faire la justice dans la plus absolue indépendance et qu'il ne voulait pas voir surgir des juges macristes pas plus qu'il n'acceptait l'existence de juges kirchneristes, comme il y en avait eu sous ses deux prédécesseurs. Les vieilles habitudes de l'exécutif, qui existent depuis le début de la République argentine, semblent bien reprendre le dessus malgré tout.

Aujourd'hui, tous les journaux, même les plus proches du gouvernement, rendent compte, chacun à sa manière, des derniers développements de cette tragique affaire et cette fois-ci, celle-ci ne peut pas être interprétée comme créée de toutes pièces par l'opposition, comme cela avait été le cas de la disparition de Santiago Maldonado, pendant la campagne électorale.

Et c'est sur ce fond pour le moins trouble que l'Argentine s'apprête à prendre en grandes pompes jeudi prochain la présidence du G20. Une grande réception est prévue au Centro Cultural Kirchner, le bijou d'infrastructure hérité du kirchnerisme mais bien pratique quand on veut éblouir le monde. Le CCK avait déjà abrité le dîner officiel en l'honneur de Barack Obama lors de la visite d'Etat de celui-ci l'année dernière (voir l'article de La Nación dans l'édition de ce jour).

Pour aller plus loin :
lire l'article de La Prensa qui évite de titrer sur l'autopsie et ses conclusions scandaleuses dans un Etat de droit
lire l'article principal de Clarín sur l'autopsie et les interprétations contradictoires qui en sont faites
lire l'article de La Nación sur les postures guerrières de Patricia Bullrich, qui n'est pas sans rappeler Margaret Thatcher à l'époque de la guerre des Malouines (1982) lorsqu'elle se la jouait Churchill
lire l'article de La Nación sur les critiques du gouvernement à l'égard du magistrat
lire l'article de La Nación sur les tentatives d'intercession de l'évêque de San Carlos de Bariloche pour ouvrir des voies de dialogue entre les différents partis opposés
lire l'article de La Prensa sur le même sujet

Ajouts du 30 novembre 2017 :
lire l'article de La Nación où Mgr Juan José Chaparro, évêque de San Carlos de Bariloche, met les pieds dans le plat et distingue entre les Mapuches et le groupuscule RAM, qui est une manipulation idéologique qui surjoue l'indigénisme, à la façon de zadistes (pour prendre une référence en France)
lire l'article de Página/12 sur la libération de deux témoins de la blessure mortelle reçue par Rafael Nahuel (les deux Mapuches avaient été écroués au lendemain des faits)



(1) Sa mère dit qu'il n'était pas l'un des occupants de la ZAD, qu'il n'avait fait qu'y accompagner un parent qui y vivait. Son patronyme est typiquement mapuche. Il a même un sens. Le nahuel, c'est le puma et il y en avait beaucoup dans les montagnes de Río Negro (l'animal s'est fait rare, il a failli disparaître, il est maintenant strictement protégé).
(2) "Le monde sens dessus dessous, c'est fini !"