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jeudi 27 juillet 2023

La statue de la discorde à Bariloche [Actu]

Etrange statue avec un cheval qui ressemble
à Jolly Jumper quand il est épuisé !
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A San Carlos de Bariloche, la plus importante station de ski d’Argentine et d’Amérique du Sud, une statue équestre du général et président Julio Argentino Roca (1843-1914) orne la place de la mairie (centro cívico) depuis 1941 (photo de une ci-dessus).

Son installation à cet endroit a couronné la construction commencée en 1940 de cette place aux allures helvétiques. A cette époque, l’Argentine vivait sous l’un de ces gouvernements putschistes d’extrême-droite qui s’étaient succédé à Buenos Aires depuis le premier coup d’État de la période constitutionnelle, en septembre 1930. L’homme qui était ainsi honoré était le conquérant blanc, d’ascendance européenne, de la Patagonie, au milieu de laquelle se trouve la station montagnarde habitée depuis le début du 19e siècle par une importante colonie suisse et germanophone (Allemagne et Autriche). Ce pourquoi après 1945 Bariloche est connue pour avoir facilement accueilli de trop nombreux criminels nazis qui avaient fui l’Europe et y vivaient officiellement sous une fausse identité, tout en étant parfois connus sous leur véritable nom.


"Triste Argentine de la razzia indienne", dit le gros titre
qui ne cache pas son mépris pour les peuples premiers
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Autrement dit, cette statue sent le soufre puisque la conquête de Roca, passée dans l’histoire sous le nom de « Conquista del Desierto », a été l’occasion d’un véritable génocide du peuple mapuche qui vivait sur ces terres australes (pas si désertes que ça), sur lesquelles le voisin chilien avait des vues depuis le milieu du 19e siècle. Le risque que le Chili s’empare de ce vaste territoire avait précipité l’opération militaire ordonnée depuis Buenos Aires et celle-ci fut sans pitié pour ceux des indigènes, nombreux, qui osèrent lui résister, malgré leur infériorité technologique, face à l’artillerie et aux armes à feu des envahisseurs.

Il y a quelques semaines, il a donc été décidé que la statue, qui choque les peuples premiers toujours présents dans la région, serait retirée de la place de la mairie pour être replacée dans un parc au milieu d’autres statues, à l’écart de la bourgade.

Aussi la mise en œuvre ces jours-ci de cette décision déchaîne les réactions hostiles surtout à droite, où l’on apprécie beaucoup le personnage, qui a longtemps figuré sur les coupures de 100 pesos : outre sa prise de contrôle de la Patagonie, on doit aussi à Roca la loi qui a établi l’école obligatoire et gratuite, le grand rêve caressé par un autre personnage polémique, un géant de la vie politique et culturelle de l’Argentine, Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888). Et qu’est-ce que vous voulez que la gauche dise lorsque la droite lui sort cet argument ?

La Nación préfère ne pas mettre l'accent sur l'événement
Il n'a droit qu'à une manchette sans photo (en haut à droite)
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L’historiographie de gauche n’a longtemps retenu du personnage que cette violence inouïe à l’égard des Amérindiens, violence qui avait généralement été acceptée par les contemporains d’origine européenne mais qui nous soulève le cœur cent cinquante ans plus tard. La droite s’efforce aujourd’hui d’amoindrir l’importance de ce fait dans sa propre historiographie et insiste sur d’autres aspects : la concurrence avec le Chili, qu’il fallait bien remettre à sa place (d’autant que plus tard, on a découvert des gisements de pétrole dans le territoire ainsi conquis), et la sacro-sainte école. Curieusement, Clarín publie aujourd’hui dans son édition imprimée deux commentaires de deux historiens officiellement opposés, l’un classé à droite, l’autre (Pacho O’Donnell) furieusement péroniste de gauche. Pourtant les deux éditos se rejoignent peu ou prou, les deux auteurs soutenant qu’il est important de ne pas projeter nos valeurs sur le passé si l’on veut le comprendre. Bref, ces cris d’orfraie n’ont pas lieu d’être, c’est eux qui le disent (quel progrès !) et ce qui compte, c’est de contextualiser cette statue.

Une statue qui va tout de même être remplacée sur la place de la mairie par un monument en l’honneur des Mères et des Grands-mères de la Place de Mai. Des associations militantes classées à gauche toute. Derrière le geste, il y a donc bien une intention partisane et l’envie de faire tourner en bourrique les gens de droite. Et c’est plutôt réussi si l’on en croit les unes des journaux !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la polémique déclenchée par la décision municipale
lire l’article de Página/12 sur le transfert de la statue
lire l’article de Clarín (version en ligne)
lire l’article de La Nación
Comme si souvent, le site de La Prensa ne propose pas l’article annoncé sur sa une du jour.

Ajout du 28 juillet 2023 :
lire cet article à la une de Página/12

lire, toujours dans Página/12, la note rédigée par Pacho O’Donnell, davantage dans son élément ici que dans Clarín

"Roca, de nouveau en campagne", dit le gros titre ce matin
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La Prensa, quant à elle, renouvelle
l'expression de son insondable mépris
avec ce titre secondaire : "Le coin des gens sensés :
Roca sera toujours au centre de la Patrie"
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avec photo couleur de la statue

Mise à jour du 3 août 2023 :
lire
cet article de Clarín sur la décision judiciaire en référé qui suspend à titre conservatoire l’exécution de l’arrêté municipal disposant le retrait de la statue. La guerre semble bel et bien déclarée.

Mise à jour du 4 août 2023 :

lire cet éditorial de Página/12 au sujet de cette décision de justice

mardi 28 mars 2023

Nouvelle Semaine Sainte sous le signe du chocolat à Bariloche [à l’affiche]

Dans la rue principale de Bariloche
Photo de l'office du tourisme de la ville
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Comme tous les ans désormais, San Carlos de Bariloche, la grande station de montagne de la province de Río Negro, dans les Andes, s’apprête à accueillir la fin de la Semaine Sainte et la fête de Pâques avec une grande fête du chocolat, une spécialité de la ville grâce à une importante colonie de descendants d’Helvètes.

Plan de la Fiesta cette année
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A partir du Jeudi Saint, la ville se déguise en royaume du chocolat. Le pari de l’année est de réaliser la plus grosse tablette de chocolat du monde dans l’Allée du même nom en centre-ville.

Photo soignée sur le lac
Photo Office du tourisme de San Carlos de Bariloche
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Les œufs, les poules et les lapins seront au rendez-vous ainsi que les excusions dans les montagnes baignées dans les couleurs de l’automne… tout comme en Suisse avec six mois de décalage.

A vous de choisir dans le programme
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Toutes les activités sont gratuites. Pour les deux concerts, il convient toutefois de s’inscrire en ligne pour réserver sa place. De nombreux ateliers sont proposés aux petits et aux grands. Des dégustations partout. Du chocolat à croquer et à boire. Joyeuses Pâques !

Le Cours du Chocolat (dans la rue Mitre)
Photo Office du tourisme de Bariloche
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En Argentine, ce long week-end commence le Vendredi Saint (et parfois la veille) et s’achève au soir du dimanche. Le Lundi de Pâques est inconnu sous ces latitudes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 28 octobre 2021

Cinq jours de musique à Bariloche : le festival andin est de retour [à l’affiche]


San Carlos de Bariloche est la station de sports d’hiver la plus connue et la plus fréquentée du sud de l’hémisphère sud. Alors que la saison du ski prend fin, la ville lance son festival international de musique, abandonné pendant les deux ans de la pandémie.

Au programme de ces cinq jours, d’hier à dimanche, du 27 au 31 octobre 2021, on trouve de tout, en version présentielle et distancielle : du tango avec les violonistes et compositeurs Ramiro Gallo et Pablo Agri, du folklore avec l’auteur-compositeur interprète Peteco Carabajal, qui a joué hier, ou le guitariste Juan Falú, de nombreux hommages à Astor Piazzolla (qui aurait eu 100 ans en mars), avec notamment du jazz grâce à la présence de son petit-fils, Pipi Piazzolla, avec son Ensamble Escalandrum, un spectacle pour les enfants, de la musique lyrique, de la musique classique, de la musique orchestrale avec plusieurs interventions de l’orchestre de la Province de Entre Ríos, un documentaire sur la vie et l’œuvre du docteur Milstein, prix Nobel de médecine argentin dont 2021 est l’année sur tout le pays.


Ce documentaire sera accompagné de musique vivante, grâce à l’orchestre philharmonique de la province et à plusieurs artistes invités.

La plupart des artistes participants sont originaires de la province et y vivent. Une belle vitrine pour eux en ce printemps d’après-vaccination.


Accès libre et gratuit à toutes les activités.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajout du 30 octobre 2021 :
lire cet article de Clarín


Ajout du 31 octobre 2021 :
lire cet article de Página/12

mardi 15 septembre 2020

Nouvelles manifestations contre les mesures sanitaires [Actu]

Une de Página/12 ce matin : "Ensemble mais pas tant que ça !"
D'un côté, les deux chefs de la droite dure (Macri et Bullrich), en perte de vitesse
de l'autre, les deux figures de la droite qui dialogue (Rodríguez Larreta et Vida)

Dimanche, à l’appel presque ouvert du seul Mauricio Macri, qui a ouvertement violé la quarantaine qu'il devait respecter après son voyage en Europe, quelques manifestants de droite se sont montrés et fait entendre dans plusieurs villes d’Argentine, martelant des slogans hostiles au gouvernement et à sa stratégie contre l’épidémie de covid-19.

Une du même quotidien hier lundi
'Problème d'affichage", dit le gros titre
en montrant un Macri qui pousse Rodríguez Larreta
qui résiste de toutes ses forces

La Prensa parle de manifestations massives mais ne montre qu’une photo représentant quelques voitures pare-choc contre pare-choc. Si les manifestations avaient vraiment rassemblé du monde, il ne fait aucun doute que les journaux, surtout mainstream, auraient envoyé des drones survoler la foule et prendre des clichés impressionnants. Ce que Página/12 ne manque pas de remarquer, tout en consacrant sa une aux manœuvres cyniques et étroitement partisanes de Mauricio Macri, qui tente (en vain jusqu’à présent) de déterrer la hache de guerre alors que son successeur, à la tête de la capitale fédérale, le libéral Horacio Rodríguez Larreta, a, dès le début de l’épidémie, fumé le calumet de la paix avec son successeur à la tête du pays, le péroniste (de gauche) Alberto Fernández.

Une de La Nación hier
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Cette assez bonne entente entre ses deux successeurs, au-delà de leur opposition idéologique, pour gérer le pays au mieux de l’intérêt commun au milieu de la crise sanitaire, semble insupportable à l’ancien président dont les décisions politiques n’ont jamais servi que des intérêts particuliers, les siens d’abord et ceux du grand patronat ensuite, au cours de ses trois mandats exécutifs successifs, deux à Buenos Aires et un à la Casa Rosada, de 2007 à 2019, tout en disant bien entendu le contraire. Les photos et vidéos publiées par Clarín montrent une faible mobilisation, sauf celle choisie pour la une qui montre un grand nombre de véhicules dans Avenida 9 de Julio près de l’Obélisque. De même, la première photo qui illustre l’article de La Nación est un peu plus convaincante mais les manifestants ne parviennent pas à occuper toute la largeur de l’avenue où les voitures continuent à circuler normalement. Quant à la galerie photographique publiée par le même journal, elle ramène le lecteur à une réalité décevante pour l’opposition. Dans certaines grandes villes, la manifestation était aussi pitoyable que les légendes des photos sont triomphalistes (à Rosario ou Mar del Plata, par exemple).

"Drapeaux de sortie contre le gouvernement dans différents lieux du pays",
dit le gros titre sur cette photo qui n'arrive pas à impressionner vraiment
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Les clichés publiés par Página/12 confirment l’impression d’un tout petit rassemblement autour de l’Obélisque à Buenos Aires. On y lit clairement les sempiternels slogans de la droite dure : Basta de impunidad (l’impunité, ça suffit) ou Juntos por la Democracia y la República (ensemble pour la démocratie et la république). Ce qui est curieux, c’est que les urnes viennent de parler haut et clair il y a moins d’un an et que la démocratie consiste, entre autres, à accepter leur verdict (1).
Par ailleurs, le premier procès pour corruption impliquant des ministres de Mauricio Macri (gros scandale d’irrégularité dans le secteur des autoroutes à péages) vient d’être étouffé : des juges (dont les penchants de droite sont un secret de Polichinelle) en ont invalidé l’instruction pour un vice de forme assez contestable. C’est curieux comme tout va toujours dans le même sens avec ces excités, heureusement très minoritaires (ce qui explique peut-être leur hargne).
Vendredi, au lendemain de cet arrêt discutable, seul Página/12 a traité le sujet. Aucun des trois quotidiens de droite n’en a dit un mot sur son site Internet : ils préfèrent passer sous silence l’inculpation de ces trois ténors du macrisme et ne pas même en informer leurs lecteurs.

Manifestation massive, dit le gros titre
sur une image qui montre l'inverse
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Ce matin, Daniel Paz et Rudy s’en amusent dans leur vignette du jour :

 La journaliste : Que devrait faire le gouvernement pour améliorer la situation ?
Mauricio Macri : Bon ! Moi, ce que je ferais…
La journaliste : Non, non ! Pour-améliorer-la-situation.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
lire l’entrefilet de La Prensa (et pourtant l’info faisait la une du journal)
Aujourd’hui, Página/12 et Clarín tâchent d’analyser la stratégie de Mauricio Macri et son apparent échec au sein de son camp où les partisans du dialogue avec le gouvernement semblent l’emporter :



(1) La démocratie consiste aussi à laisser toute sa place à la défense dans un procès et on ne peut pas dire que cette partie de l’opinion publique respecte ni le droit de la défense ni la présomption d’innocence dès que Cristina Kirchner ou quelqu’un réputé lui être proche est dans le collimateur d’un juge soient respectés ni de près ni de loin.

dimanche 26 novembre 2017

La gâchette facile des forces de l'ordre : une fin d'année catastrophique en Argentine [Actu]

La photo de une est consacrée à la veille des familles des marins disparus
sur la plage de Mar del Plata, pas encore envahie par les estivants
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Au lendemain de la publication des conclusions de l'autopsie de Santiago Maldonado, dont la disparition a servi pendant cinq mois à accuser la gendarmerie de crime politique, et au moment où l'Argentine est sous le coup de la perte d'un sous-marin et de son équipage, les forces de l'ordre appartenant à la Préfecture Navale (compétente pour les côtes et les voies d'eau) n'ont rien trouvé de mieux que de tirer à balles réelles (avec du plomb) sur des militants de type zadiste, qui occupaient un terrain revendiqué par les Mapuches contre la multinationale d'origine italienne Benetton, qui y élève des moutons pour la laine de ses pulls depuis que l'Argentine lui a concédé un pan entier de son territoire en Patagonie.

Les coups de feu ont fait trois blessés, dont un est décédé peu de temps après son admission à l'hôpital de San Carlos de Bariloche (seconde agglomération de la province de Río Negro). Le militant qui a perdu la vie avait 27 ans. On dit qu'il était lui-même mapuche.

Página/12 titre "La chasse"
fidèle à son manque de nuance et à son style insultant de prime abord

Sur place, dans cette zone occupée illégalement par les militants, la situation est des plus confuses comme elle l'est sur les ZAD en France. Ces occupants altermondialistes, profondément anticapitalistes et pas toujours aussi non-violents qu'ils veulent bien le dire, se réclament du peuple mapuche. D'autres membres de ce peuple originel, qui vivent dans la région, ne les reconnaissent pas tous pour tels. Ils réclament des droits avec une phraséologie indigéniste que les autres ne pratiquent pas. Bref, c'est une vraie cacophonie. Cela n'autorise évidemment pas les forces de l'ordre à leur tirer dessus comme sur des sangliers.

La Nación titre sur une irrégularité administrative
repérée dans l'achat des batteries du ARA San Juan
La mort du jeune homme est rapportée en une
sous le titre du quotidien, en haut, à droite
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D'autant que la gâchette facile, el gatillo fácil, comme disent les Argentins, est une vraie plaie dans la police dans tout le pays. Contrairement à ce qu'il se passe presque partout dans l'Union Européenne, un agent de la force publique qui fait usage de son arme à feu, même en cas de légitime défense, se retrouve immédiatement devant un juge et il se passe souvent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant que le non-lieu soit prononcé lorsque le cas de légitime défense était constitué (1). Les policiers argentins n'ont pas ce type de garde-fou très efficace alors qu'ils traînent derrière eux une forte tradition de violence depuis la Generación del 80 (gouvernement oligarchique et très corrompu entre 1880 et 1916) puis sous une palanquée de dictatures militaires putschistes qui se sont étalées de 1930 à 1983. Les policiers argentins défouraillent avec une facilité déconcertante (2).

C'est la une la plus discrète sur le sujet
Il est traité dans le petit rectangle tout en bas à droite
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Le décès de cet homme n'est donc pas le premier qui se produit dans une manifestation ouvriériste ou indigène. On aimerait fort que ce soit le dernier mais la ministère de la Sécurité ne semble pas vouloir encore tirer les enseignements des scandales qui viennent de se succéder. Il a plutôt l'air de tenir pour nuls et non avenus les cinq mois de tintamarre médiatico-politique qui s'est développé autour de Santiago Maldonado, sans désarmer un seul instant pendant cinq mois, dans et après la campagne électorale.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Clarín sur la surprise manifestée par le gouvernement lorsqu'il a appris le tragique incident

Ajouts du 27 novembre 2017 :
la ministre de la Sécurité et le ministre de la Justice ont tenu une conférence de presse pour soutenir l'action de la Préfecture navale qui aurait eu affaire à un groupe armé et violent, qui ne respecte pas la loi (ce n'est pas impossible car les altermondialistes ne sont pas tous des anges, mais, pour Página/12, il s'agit là de propos discriminatoires, injurieux, racistes, qui prétendent criminaliser des personnes en situation de précarité sociale pour cette seule raison).
lire l'article de Página/12
lire l'article de La Prensa
lire l'article de Clarín
lire l'article de La Nación



(1) Certes, il n'en est pas encore toujours ainsi avec les violences physiques exercées contre des personnes en état d'arrestation, sans usage d'une arme à feu, et cela n'en finit pas de créer des polémiques.
(2) qui, heureusement, n'égale pas celle qui sévit aux Etats-Unis, dans l'impunité quasi-totale.

lundi 3 avril 2017

Semaine Sainte gourmande dans les Andes [Coutumes]

Photo Secrétariat du tourisme de Bariloche

Comme tous les ans, la ville de San Carlos de Bariloche propose pendant les trois derniers jours de la Semaine Sainte et le dimanche de Pâques sa Fiesta del Chocolate.

El Paseo (la promenade) del Chocolate

La ville, nichée au cœur des Andes patagoniennes, est connue dans tout le pays et la région comme la capitale argentine du chocolat. Elle doit cet artisanat aux immigrants germanophones venus s'installer là depuis plus d'un siècle, loin de leurs Alpes natales, qu'elles soient helvétiques ou autrichiennes. L'architecture de la ville s'en ressent d'ailleurs !

Trois arguments pour vanter les atouts santé du chocolat
Il donne bon moral, il aide à restaurer la souplesse des artères
et il améliore les performances de la mémoire
Si avec ça, vous ne bondissez pas dans le premier avion !

Les festivités commenceront dès jeudi 13 avril à 19h avec la confection d'une barre de chocolat géante (avec force noisettes et amandes, semble-t-il) le long de la rue Mitre : les deux tonnes de chocolat artisanal seront solidifiées sur un moule couvrant deux cuadras, soit 200 mètres. Ce sera un record du monde. La barre sera ensuite distribuée en petits morceaux aux festivaliers.
Ces jours saints étant fériés en Argentine, la fête propose des tas d'activités pour les enfants, dont de la sculpture sur chocolat et du maquillage. Au programme également des concerts, dont un pour célébrer les 50 ans de l'ensemble Camerata Bariloche et un soirée de musique religieuse pour le Vendredi Saint, à la cathédrale Notre-Dame de Nahuel Huapi, où la Vierge a reçu un nom mapuche.

Dimanche la ville propose une gigantesque chasse aux œufs.

Toute la programmation des quatre jours saints

Sur son site, la Fiesta del Chocolate offre un album de coloriage et un autre pour se fabriquer de belles et grandes oreilles de lapin, pour aller cacher des œufs au fond du jardin... Amusez-vous bien...

Pour aller plus loin :
lire le communiqué officiel de la ville sur cette nouvelle édition de la Fiesta del Chocolate
consulter la page Facebook de la direction du tourisme municipal
consulter les pages de la fête sur le site du service de presse provincial
télécharger l'album de coloriage et les oreilles de lapin à faire soi-même (très bien fait et très facile, même si vous ne parlez pas un mot d'espagnol)
lire l'article de La Nación sur la manifestation

jeudi 2 avril 2015

Fiesta Nacional del Chocolate à Bariloche pour les jours saints [à l'affiche]

Affiche officielle de la manifestation
A noter qu'en Argentine, on parle plus volontiers d'andinisme que d'alpinisme.

San Carlos de Bariloche n'est pas seulement la capitale de Río Negro, c'est aussi la capitale argentine du chocolat. Et c'est normal puisque c'est en montagne, comme la Suisse !

Pour la quatrième année consécutive, la plus grande station hivernale des Andes profite des congés de Semaine Sainte pour proposer une fête du chocolat avec de nombreuses activités à caractère solidaire comme le veut la période religieuse. Ventes d'œufs en chocolat au profit de différents secteurs défavorisés, réalisation d'une barre de chocolat géante dans la rue Mitre (150 m de chocolat, soit une tonne de la précieuse spécialité locale, de quoi régaler 10 000 croqueurs...), ce soir, jeudi 2 avril, de 19h à 20h.

La construction de la vedette locale !
Photo Télam

A 10h, dimanche 5 avril 2015, rupture de l'œuf géant sur Plaza Centro Cívico (85 tonnes de chocolat, en fonction des données précédentes, calculez le nombre de gourmands que cela pourra satisfaire).

Shows musicaux et ateliers pour les petits en cette demi-saison, en attendant le ski d'ici quelques semaines...

Pour en savoir plus :
lire l'article de La Nueva, le quotidien de la Province
consulter la page de la manifestation dans le site Internet de la ville et celle du tourisme local.

mercredi 8 avril 2009

Bariloche : retour sur images [à l’affiche]

Marta Pizzo avec Horacio Ferrer à Bariloche


La mort récente de Raúl Alfonsín et la charge politique et émotionnelle qu’elle portait a retardé cet article que je voulais consacrer au Sommet mondial du tango (Cumbre mundial del Tango) qui s’est tenu au début du mois de mars dans la station montagnarde de San Carlos de Bariloche, dans le nord de la Patagonie argentine.

Diálogo de poeta y bandoneón,
le spectable commun de Raúl Garello et Horacio Ferrer,
qui faisait l'ouverture de la Cumbre Mundial del Tango

Avec beaucoup de gentillesse, la chanteuse Gabriela Novaro m’a fait parvenir quelques photos. L’auteur-compositeur interprète Marcela Bublik a mis sur You Tube un petit clip de son concert (passé sur l’émission Sarpando Tango de l’unique chaîne de télévision publique argentine, Canal 7). La poète Marta Pizzo m’a signalé aussi des souvenirs déposés sur son blog et Sandra Savoia a partagé avec toute la communauté Perfiles de Tango un clip où elle chante Oro y Plata (de Charlo et Homero Manzi) lors du concert qu'elle a donné là-bas.

Marta Pizzo avec la chanteuse Anna Saeki
qui participait au concert d'ouverture
et qui sera à Paris les 24 et 25 avril prochain

Marta Pizzo est poète et elle expose ses activités diverses et variées sur la blogosphère Blogspot. Son site s’appelle Puerto Palabras (Port-Paroles, c’est joli, non ?).

La rencontre de poètes à laquelle Marta Pizzo a participé
(à droite, en bleu clair, Horacio Rébora,
créateur des sommets mundiaux du tango
et président du Festival Internacional de Tango de Granada, en Espagne)

Allez-y faire un tour sur cette partie de son blog. Même si vous ne parlez pas un seul mot d’espagnol, ce n’est pas grave : pas besoin de parler espagnol pour admirer la cargaison de très jolies photos que Marta a mise en ligne sur Bariloche, côté grande rencontre tanguera et côté magnifiques paysages andins (comme ci-dessous).


Toutes les photos que j'ai marquées Puerto Palabras en proviennent. Sur le blog de Marta Pizzo, tout en bas de l’écran, quelque soit l’article par lequel vous débarquez à Puerto Palabras, vous pouvez écouter en MP3 quelques uns de ses tangos. Allez donc promener vos oreilles par là-bas, histoire de vous faire une idée.
La ville natale de Carlos Di Sarli, Bahía Blanca, station balnéaire du sud de la Province de Buenos Aires, était elle aussi représentée, en l'occurence par la chanteuse Sandra Savoia, filmée fort professionnellement par son mari (on ne filme bien qu’avec le coeur, comme aurait le Petit Prince de Saint Ex.). Oro y Plata, par Sandra Savoia !

Et ici, l’ensemble des clips de la chanteuse bahiense sur You tube. La chanteuse bahiense est aussi présente sur My Space. A découvrir !

Las chicas : de droite à gauche, Marta Pizzo, Claudia Levy, Marcela Bublik et Marisa Vazquez

Marcela Bublik, qui sera ce mercredi prochain, 15 avril, sur la scène de la Sala Osvaldo Pugliese au CCC Floreal Gorini (voir mon article d'hier à ce sujet), est l’auteur de plusieurs tangos. En particulier un, qui m’émeut particulièrement, dont j’ai déjà traduit un couplet dans un article du 11 septembre 2008 consacré à l’identification simultanée de deux petits-enfants recherchés par Abuelas : il s’agit de Soy, letra de Marcela Bublik, musique du Maestro Raúl Garello. Ce tango parle de la quête angoissante de l’identité réelle de ces enfants, volés en bas âge à leur famille après ou juste avant l’assassinat de leurs parents par les barbouzes de la Junte Militaire (1976-1983). En 2004, Soy a obtenu le premier prix d’un concours organisé par l’Association Abuelas de Plaza de Mayo sur le thème de l’identité.

Voilà Marcela interprétant elle-même ce tango bouleversant sous ce lien vers You Tube.
Le 13 mars, la chanteuse Gabriela Novaro chantait, elle aussi, à Bariloche.
Elle pose ici devant le cinéma Arrayanes.

La voici interprétant Cristal (sur You tube) et ici, toujours en vidéo, enchaînant De otro tiempo et Que buena fe, au cours de ce même récital...


Son concert (en haut sur scène avec Norberto Vogel)

Les photos qu'elle a eu la gentillesse de m'envoyer le 30 mars nous permettront de nous fabriquer (à peu de frais) des souvenirs de Bariloche comme si on y était allé.
A nous donner envie de partir très loin faire du ski en plein mois d’août ou aller vivre le tango sur place...
Démonstration des danseurs Frankie et Johnny

Le Maestro Néstor Marconi pendant le concert final

Néstor Marconi dirigeant l'orchestre du concert de clôture du Sommet.

jeudi 12 mars 2009

Bariloche, suite et fin [à l’affiche]

Capture d'écran du site du Sommet de Bariloche

A Bariloche se poursuit le Sommet mondial du Tango...

Un aperçu des 12 et 13 mars :

Concert du Cine Arrayanes ce soir à 21h, avec, entre autres, la chanteuse Sandra Savoia de Bahía Blanca, la ville natale de Carlos Di Sarli (1903-1960), port atlantique et magnifique baie, coincée tout au sud de la Province de Buenos Aires.

La Milonga de la Discoteca By Pass (23h30 - 4h du matin) sera animée par deux DJ de la Confitería la Ideal de Buenos Aires, Marcelo Rojas et Jorge González. Il y aura aussi des orchestres (comme toutes les nuits), dont China Cruel, ensemble féminin de Buenos Aires que j’ai déjà eu l’occasion de présenter dans ces colonnes.

A la Discoteca Roxvury, nouvelle milonga queer (1), de minuit à 5 h du matin, avec le DJ de la Marshall (très célèbre milonga homosexuelle de Buenos Aires).

Demain, le concert de 21h au Cine Arrayanes accueillera, entre autres, la chanteuse Gabriela Novaro, qui s’invite de temps en temps dans les colonnes de Barrio de Tango et représentera Avellaneda, une ville de la banlieue sud de Buenos Aires (la banlieue populaire). Sera présente également une délégation de Joven Tango, l’association phare du tango à Montevideo, capitale de l’Uruguay...

Et les deux milongas désormais traditionnelles ont lieu, l’une au By Pass l’autre au Roxvury, avec dans l’un et l’autre lieux, les mêmes DJ que la veille.

* ~ * ~ * ~ * ~ *

Le Sommet prendra fin samedi 14 mars avec une journée un peu particulière, marquée par le concert du Cine Arrayanes à 21h, où chantera Caracol accompagné de deux guitares (en représentation de la ville de La Plata), où danseront les champions de tango de la Patagonie cuvée 2009 (évidemment le programme ne donne pas leur nom et pour cause !) et où joueront les Maestros Néstor Marconi (avec le Cuarteto Néstor Marconi) et Juan Carlos Cuacci, tous deux co-directeurs de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires (dont le 1er co-directeur et fondateur, rappelons-le, est le Maestro Raúl Garello).

Jouera aussi la Orquesta de la Octova Cumbre (l’orcheste constitué pendant le Sommet avec les musiciens présents).

Une Assemblée Générale du Sommet (Asamblea General de la Cumbre) aura eu lieu juste avant, dans le Centro Cívico, toute la journée, de 12h à 20h.
C’est sérieux, le tango ! Quand je vous disais que c’était Davos, j’avais mes raisons !

Un grand dîner de clôture aura lieu à 22h30 avec une scène ouverte (avec inscription préalable, bien sûr, comme tout au long des 10 jours de la rencontre). La Milonga du By Pass clôturera la manifestation avec les DJ de la Confitería la Ideal et ceux de la Marshall, ensemble réunis sous le même toit. Plusieurs orchestres seront là ainsi qu’une troupe très complète avec instrumentistes, chanteurs et danseurs, Tangarte représentant.... Malmö !
Quelques articles de Clarin, dans son supplément portègne Ciudad : dans la section Actualidad le 12 mars 2009 et dans la section Spectaculos le 8 mars 2009.

(1) Queer : homo en spanglish. C’est un terme new-yorkais adopté par le milieu homosexuel de Buenos Aires, qui est la première ville d’Amérique Latine à avoir légalisé l’union matrimoniale entre deux hommes ou deux femmes. Voir mes articles sur le tango queer à Buenos Aires : article 1, article 2.