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mardi 28 mars 2023

Nouvelle Semaine Sainte sous le signe du chocolat à Bariloche [à l’affiche]

Dans la rue principale de Bariloche
Photo de l'office du tourisme de la ville
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Comme tous les ans désormais, San Carlos de Bariloche, la grande station de montagne de la province de Río Negro, dans les Andes, s’apprête à accueillir la fin de la Semaine Sainte et la fête de Pâques avec une grande fête du chocolat, une spécialité de la ville grâce à une importante colonie de descendants d’Helvètes.

Plan de la Fiesta cette année
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A partir du Jeudi Saint, la ville se déguise en royaume du chocolat. Le pari de l’année est de réaliser la plus grosse tablette de chocolat du monde dans l’Allée du même nom en centre-ville.

Photo soignée sur le lac
Photo Office du tourisme de San Carlos de Bariloche
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Les œufs, les poules et les lapins seront au rendez-vous ainsi que les excusions dans les montagnes baignées dans les couleurs de l’automne… tout comme en Suisse avec six mois de décalage.

A vous de choisir dans le programme
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Toutes les activités sont gratuites. Pour les deux concerts, il convient toutefois de s’inscrire en ligne pour réserver sa place. De nombreux ateliers sont proposés aux petits et aux grands. Des dégustations partout. Du chocolat à croquer et à boire. Joyeuses Pâques !

Le Cours du Chocolat (dans la rue Mitre)
Photo Office du tourisme de Bariloche
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En Argentine, ce long week-end commence le Vendredi Saint (et parfois la veille) et s’achève au soir du dimanche. Le Lundi de Pâques est inconnu sous ces latitudes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 29 mars 2021

Serrage de vis pour contrer la deuxième vague [Actu]

"Le chemin de croix de la deuxième vague",
dit le titre secondaire (en haut à droite)
En gros titre principal, le vote hier par les députés
d'une loi fiscale qui exonère d'impôt sur le revenu
certaines catégories de salariés et de retraités
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Le gouvernement argentin a annoncé hier soir qu’il mettait en télétravail tous les employés de l’État fédéral pour les trois jours ouvrables que compte la semaine sainte dans laquelle nous sommes entrés hier : lundi, mardi et mercredi. Jeudi commence un long week-end de quatre jours, traditionnellement propice au tourisme.

Le gouvernement invite toutes les provinces à prendre le même type de mesure car devant la montée de l’épidémie et le développement de différents variants (brésilien, anglais et chilien, notamment), la pénurie de vaccins (1) ne laisse pas d’alternative pour freiner le mal. Les employés dont les postes exigent un travail présentiel sont exemptés et restent chez eux. Bien entendu, les agents civils et les militaires qui assurent la sécurité des personnes et des bâtiments continueront leurs services.

"A cause de l'augmentation des cas,
on cherche à limiter la circulation
et le télétravail est de retour dans le secteur public",
dit le gros titre
sur une image du springbreak à Miami
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Autre train de mesures : les aéroports ont recalculé tous les vols prévus afin de limiter les flux de passagers à l’arrivée et au départ. Les vols retour depuis diverses destinations ont même été annulés et les Argentins et résidents, partis pour prendre du bon temps notamment en Floride, y sont consignés sine die, sans capacité de prendre un avion vers leur pays.

Aujourd’hui, se tiendra une réunion interministérielle entre la Santé, le Tourisme et les Transports pour mettre au point de nouveaux protocoles afin de ralentir la contagion autant que faire se peut. Le ministre de l'Education, quant à lui, espère que toutes les possibilités de restriction seront examinés avant de fermer à nouveau les écoles, malgré la mort, ces derniers jours, d'un enseignant à Buenos Aires.

Sont considérés comme particulièrement affectées 27 communes (departamentos) du Gran Buenos Aires. Juste en-dessous, viennent la capitale fédérale elle-même et les capitales provinciales de Córdoba dans le centre du pays, Corrientes et Misiones, dans le nord-est.

"Retour du télétravail", dit le gros titre
sous une photo du Premier ministre et de la ministre de la Santé
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C’est dont à nouveau une semaine sainte très bizarre qui commence alors qu’elle marque en général l’arrivée de l’automne et la baisse des températures, donc une vie à l’intérieur au moins de la latitude de Buenos Aires jusqu’à Tierra del Fuego.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :



(1) Le gouvernement multiplie les vols de fret Aerolíneas Argentinas vers Moscou pour rapporter des doses de Sputnik V et depuis peu, l’Argentine bénéficie de livraisons du système Covax, la mutualisation montée vaille que vaille par l’OMS avec l’aide récalcitrante des pays riches. Pour le moment, près de 3 millions d’Argentins ont déjà reçu au moins une dose, soit 6,5 % de la population totale, et un peu plus d’un demi-million a reçu les deux injections (1,5%).

samedi 11 avril 2020

Vendredi saint en pandémie [Humour]

"Distanciation sociale"

Hier, Vendredi saint, jour férié en Argentine comme dans tous les pays hispaniques et de nombreux autres, dont certains sont d’ailleurs protestants, les dessinateurs de Página/12, Miguel Rep (ci-dessus) et Daniel Paz, associé à Rudy (ci-dessous), y sont allés de leur humour d’incroyants patentés.

Soulignons au passage qu’ils n’expriment aucune agressivité contre le dogme religieux en tant que tel, à l’inverse de ce qui se produit en France où le blasphème est volontiers pratiqué comme un droit (1). Eux s’attaquent davantage aux hommes et à leurs travers, y compris ceux des croyants et des hommes d’Église, qu’au contenu de la foi.


Elle : Qu’est-ce qu’il y a comme complotisme ! C’est parano ! (2)
Lui : Pourquoi ?
Elle : Ici, ils disent que la Semaine sainte est une invention du secteur touristique (3) et que la crucifixion est une fake-news (4).
Traduction © Denise Anne Clavilier



(1) Voyez Jacques Prévert et son célèbre : « Notre Père qui êtes aux cieux… restez y et nous nous resterons sur notre terre [...] » où c’est Dieu lui-même qu’il repousse et non tel ou tel comportement humain déplaisant ou blâmable.
(2) Rudy invente ici un mot-valise en mélangeant le substantif « conspirationnisme » et l’adjectif « paranoïaque ».
(3) Le pont de la Semaine Sainte qui commence souvent le jeudi pour se terminer le dimanche soir donne lieu à de très importants déplacements. Les bouchons de la Semaine sainte sont légendaires. (4) Vous remarquerez qu’en général en France, on se moque plutôt de la croyance en la résurrection.

jeudi 29 mars 2018

Variations autour de la Rosca de Pascua [Coutumes]

Ce matin, Clarín offre à ses lecteurs un article sur différentes recettes de rosca de Pascua (couronne de Pâques), la brioche fourrée que toutes les tables familiales accueilleront dimanche pour clore le déjeuner ou le dîner. Recettes traditionnelles ou recettes novatrices, voire tendance !
Pour ma part, je vous conseille de la déguster avec le café du petit-déjeuner (desayuno) ou à l'heure du thé (merienda), plutôt qu'à la fin du plantureux déjeuner dominical, où la rosca fera un peu étouffe-chrétien...

Photo Guillermo Rodríguez Amadi

Rosca traditionnelle :

Pâte à brioche :
  • 650 gr de farine (en France, type 45)
  • 3 œufs
  • 10 cl de lait
  • zeste d'un citron et d'une orange (bio bien entendu, sinon bonjour les pesticides ! Surtout si vous achetez des citrons argentins !)
  • 1 pincée de sel
  • 200 gr de sucre
  • 180 gr de beurre
  • 1 cuillère à soupe de rhum
  • levure de boulangerie délayée : 40 gr de levure de boulangerie fraîche (ou 8 gr de levure lyophilisée, une forme de levure que je n'ai jamais vue encore en Argentine) + 1 cuillère à soupe de sucre délayée dans 14 cl de lait tiède. Laisser pousser environ 10 mn.

A la main, mélanger tous les ingrédients et les pétrir jusqu'à l'obtention d'une pâte souple qu'on laissera monter, dans un endroit chaud (25°), que l'on rabattra avant de la laisser remonter.
Comme toujours pour ce type de pâtes, plus il y a de levées, plus léger sera le gâteau.

Crème pâtissière :
A feu doux (A fuego lento, comme dirait un célèbre tango de Horacio Salgán), faire chauffer 40 cl de lait et 60 gr de sucre. A part, dans une autre casserole ou un cul-de-poule allant au feu, fouetter 5 jaunes d'œufs avec 60 gr de sucre et 40 gr de fécule de maïs (en France, c'est de la maïzena). Tout en battant, incorporer le lait chaud puis mettre le tout sur le feu. Porter à ébullition, cuire encore dans une minute, tout en remuant, et éteindre la flamme.

Ramasser la pâte à brioche en boule, faire un trou au milieu pour créer une couronne de la taille voulue. La déposer sur une plaque à pâtisserie revêtue d'une feuille de papier cuisson et la laisser monter une dernière fois.
Pendant ce temps, faire préchauffer le four à 170°.
Décorer la couronne levée et encore crue avec la crème pâtissière et des fruits confits ou des mendiants, selon votre préférence.
Enfourner et faire cuire pendant 25 à 30 mn.
Au sortir du four, placer le gâteau sur une grille à pâtisserie pour qu'il refroidisse sans condensation en-dessous et décorer en badigeonnant la surface soit avec de l'eau très sucrée, soit avec du blanc d'œuf battu, soit avec du jaune d'œuf allongé avec du lait ou de l'extrait de café, puis parsemer de sucre glace, de vermicelles de couleur, de fleurs cristallisées (mimosa, rose, verveine...), d'amandes effilées, de noix de coco râpée, comme vous préférez.

Pour les autres recettes, plongez-vous dans la lecture de Clarín. Il faut faire un peu d'espagnol mais c'est une bonne incitation à s'y mettre ! La gourmandise, il n'y a que ça de vrai...

Rosca de pâtissier au chocolat et au dulce de leche

vendredi 23 mars 2018

Des œufs d'abbaye pour Pâques [Coutumes]

Une des petites sœurs met la dernière main à l'un des œufs géants

En cette presque veille de Semaine Sainte, Clarín offre à ses lecteurs une petite retraite gourmande chez les bénédictines de San Fernando, à Victoria. Les moniales de l'abbaye Sainte Scholastique (Santa Escolástica) produisent en effet certaines des plus fines gourmandises qui garnissent les tables de Noël et de Pâques de la capitale fédérale.

Sablés de Pâques (produits à l'abbaye)

A Noël, on se régale de leur Pan Dulce, l'un des meilleurs, dit-on, avec celui de l'île Martín García, un petit confetti argentin dans les eaux territoriales de l'Uruguay, dans le Río de la Plata.
A Pâques, ce sont les chocolats pour lesquels elles inventent des moulages et des décors souvent renouvelés : œufs de différentes tailles, bâtonnets en forme de sapin ou de rongeurs, petits lapins...

Moulage original de l'abbaye

On les appelle les "sœurs pâtissières" (monjas reposteras). Elles proposent également des couronnes de Pâques, sorte de brioche fourrée à la crème pâtissière, à la crème d'amande ou au dulce de leche, en forme d'anneau, comme le gâteau traditionnel de l'Epiphanie dans toute l'aire hispanique. Cette année, leurs prix vont cette année de 240 à 310 $ ARG.

Les moulages sont aussi peints (produit de l'abbaye)

En général, le chocolat en Argentine n'est pas de très bonne qualité. Le marché est en effet inondé par le chocolat industriel de type nord-américain, un produit très gras, très sucré, dans lequel on incorpore beaucoup d'ingrédients qui ne sont pas issus du cacao (huile de palme, lait en poudre, etc.). Les moniales utilisent, quant à elles, tantôt du chocolat argentin tantôt du chocolat belge comme base de leurs moulages. L'année dernière, elles ont vendu plus de deux mille petites pièces, deux milles œufs moyens et grands et quelques centaines d'œufs géants, qui vont de 30 à 80 cm de haut.
Cette année, elles visent les 3 milles petites pièces.

Les prix vont de 45 $ pièce pour les petites pièces à 1.500 $ ARG pour les plus gros œufs géants.

Carottes garnies d'œufs fourrés (menthe, crème de fruit, dulce de leche, etc.)
Les petites sœurs ont aussi pensé à nourrir leurs lapereaux amoureux !
C'est mignon, non ?

Les petites sœurs vendront leur production de Pâques à partir de dimanche, dimanche des Rameaux, dans leur boutique de Buenos Aires, Libertad 1240, dans le quartier de Retiro, et au magasin de l'abbaye, Martín Rodríguez 547, à Victoria, dans le Gran Buenos Aires (au nord-ouest de la capitale fédérale, sur la rive du Río de la Plata).

L'abbaye a été fondée en 1941 pour la province bénédictine du Cono Sur. Elle propose des retraites spirituelles. La communauté vit de sa production gastronomique et sa fabrication d'ornements liturgiques, d'icônes et autres objets de piété (crucifix, couvertures de lectionnaires, cierges pascaux)...

Pour aller plus loin :
vous connecter à la page Facebook de la communauté

mercredi 12 avril 2017

Méga inflation pascale [Actu]

En confiserie et en pâtisserie, les Argentins aiment les décors chargés

En Argentine comme ailleurs dans le monde chrétien, Pâques rime avec festin. En l'occurrence d'automne. Plusieurs musts sur la table familiale : les œufs, poules et autres lapins en chocolat, le poisson, les coquillages et un gâteau brioché, traditionnellement parfumé à l'écorce de citron ou d'orange, cuit en forme de couronne, puis décoré avec des fruits confits sur de la crème pâtissière ou un glaçage (blanc ou chocolat), la rosca de Pascua.

Dans ce domaine, comme dans les autres, les prix flambent. Les associations de consommateurs et les instituts économiques estiment cette flambée des prix à 45 à 56 %, par rapport à l'année dernière, pour les moulages en chocolat, à 35 pour le poisson auquel les Argentins restent très attachés pour les repas du triduum pascal (1), à 50 pour les coquillages et à 33 pour la rosca.



Ce qui est cohérent avec l'inflation générale observée au mois de mars : 2,4% pour ce mois de rentrée.

Cette année, il faut débourser 135 pesos pour une rosca de 500 grammes (elle était aux alentours de 90 l'année dernière) et entre 200 et 225 pour un malheureux œuf de 150 grammes !

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur le panier des fêtes
lire l'article de La Nación sur l'inflation générale
consulter la page que Cocineros Argentinos consacre à la rosca... Cocineros Argentinos ne présente pas toujours les recettes les plus authentiques, car il s'agit avant tout d'un spectacle télévisuel (Televisión Pública), mais c'est un très bon spectacle et les recettes sont bien expliquées (en espagnol et en vidéo).



(1) On appelle triduum pascal les trois derniers jours de la Semaine Sainte, jeudi, vendredi et samedi, qui condensent les mystères de la foi : l'institution de l'eucharistie lors de la sainte Cène le jeudi, la Passion et la Crucifixion du Seigneur le vendredi (avec son traditionnel chemin de croix) et la foi en la Résurrection le samedi, qui débouche depuis la réforme liturgique par la Veillée Pascale dans la nuit. Traditionnellement, les Espagnols étaient exemptés de respecter l'interdiction de la viande pendant le Carême, un privilège accordé par le Pape après la victoire navale de Lépante, au large de Patras, qui avait mis un terme définitif, le 7 octobre 1571, à l'avancée des Turcs dans les territoires chrétiens, cette même bataille dans laquelle Cervantes, dans la flotte espagnole, perdit un bras. Il va sans dire qu'il y eût en Argentine sous l'Ancien Régime des colons espagnols qui s'en tirent à ce privilège et en écartèrent les autres habitants du Nouveau Monde, les Amérindiens, les esclaves, les étrangers qui obtenaient du roi l'autorisation de s'installer dans les Indes occidentales.

lundi 3 avril 2017

Semaine Sainte gourmande dans les Andes [Coutumes]

Photo Secrétariat du tourisme de Bariloche

Comme tous les ans, la ville de San Carlos de Bariloche propose pendant les trois derniers jours de la Semaine Sainte et le dimanche de Pâques sa Fiesta del Chocolate.

El Paseo (la promenade) del Chocolate

La ville, nichée au cœur des Andes patagoniennes, est connue dans tout le pays et la région comme la capitale argentine du chocolat. Elle doit cet artisanat aux immigrants germanophones venus s'installer là depuis plus d'un siècle, loin de leurs Alpes natales, qu'elles soient helvétiques ou autrichiennes. L'architecture de la ville s'en ressent d'ailleurs !

Trois arguments pour vanter les atouts santé du chocolat
Il donne bon moral, il aide à restaurer la souplesse des artères
et il améliore les performances de la mémoire
Si avec ça, vous ne bondissez pas dans le premier avion !

Les festivités commenceront dès jeudi 13 avril à 19h avec la confection d'une barre de chocolat géante (avec force noisettes et amandes, semble-t-il) le long de la rue Mitre : les deux tonnes de chocolat artisanal seront solidifiées sur un moule couvrant deux cuadras, soit 200 mètres. Ce sera un record du monde. La barre sera ensuite distribuée en petits morceaux aux festivaliers.
Ces jours saints étant fériés en Argentine, la fête propose des tas d'activités pour les enfants, dont de la sculpture sur chocolat et du maquillage. Au programme également des concerts, dont un pour célébrer les 50 ans de l'ensemble Camerata Bariloche et un soirée de musique religieuse pour le Vendredi Saint, à la cathédrale Notre-Dame de Nahuel Huapi, où la Vierge a reçu un nom mapuche.

Dimanche la ville propose une gigantesque chasse aux œufs.

Toute la programmation des quatre jours saints

Sur son site, la Fiesta del Chocolate offre un album de coloriage et un autre pour se fabriquer de belles et grandes oreilles de lapin, pour aller cacher des œufs au fond du jardin... Amusez-vous bien...

Pour aller plus loin :
lire le communiqué officiel de la ville sur cette nouvelle édition de la Fiesta del Chocolate
consulter la page Facebook de la direction du tourisme municipal
consulter les pages de la fête sur le site du service de presse provincial
télécharger l'album de coloriage et les oreilles de lapin à faire soi-même (très bien fait et très facile, même si vous ne parlez pas un mot d'espagnol)
lire l'article de La Nación sur la manifestation

jeudi 28 avril 2016

Moisés Ville proposée au Patrimoine de l'Humanité [Actu]

La porte symbolique qui marque l'entrée de certains villages et même des provinces entières...
au milieu de nulle part !

Dans la province de Córdoba, la bourgade de Moisés Ville va être proposée au Patrimoine de l'Humanité. Moisés Ville, 2400 habitants, est la première colonie ashkénaze en Argentine. Elle a donné vie à la figure du Gaucho judío (le gaucho juif), grâce au livre homonyme de Alberto Gerchunoff, prototype de la littérature judéo-latino-américaine, paru en 1909 (1), un ouvrage qui fut adapté au grand écran en 1975 et acheva de populariser cet archétype.

Le jour de la tradition, fêté à Moisés Ville

Cette ville a en effet été fondée par une communauté d'immigrants juifs, 136 familles venues des régions de résidence imposée par le régime tsariste, en Ukraine. Ces gens apportaient avec eux une utopie de développement social grâce à la ruralité, cette ruralité dont les législations européennes depuis le haut Moyen-Age avaient privé toutes les communautés juives partout sur le Vieux Continent. En Amérique du Sud, la ville constitue la première expérience (et l'une des toutes premières au monde) du socialisme ashkénaze issu des théories des années 1840-1850 avec leurs phalanstères et autres coopératives qui connurent ensuite, en Palestine puis dans l'Etat d'Israël, d'autres variantes, dont celle des emblématiques kibboutzim aujourd'hui tous quasiment disparus. Moisés Ville a été fondée en 1889 et, même si les pratiquants forment une minorité dans le village actuel, il n'en vit pas moins encore aujourd'hui au rythme du calendrier liturgique juif, tout en respectant aussi les jours fériés de l'immense majorité catholique du pays.

A Moisés Ville, qui n'est qu'un hameau et non pas une municipalité à part entière (2) on compte trois synagogues, dont la plus ancienne a été construite en 1890 (c'est très vieux pour l'Argentine), plusieurs bibliothèques où l'on trouve des ouvrages en hébreu, en russe et en yiddish, une belle salle de théâtre, de 500 places (rien de moins), le Teatro Kadima qui faisait partir du projet urbanistique des premiers colons, des traditions culinaires qui ont adapté la cuisine cachère ukrainienne et enfin, aussi, un musée qui est l'un des plus significatifs du pays sur la judéïté et le judaïsme.

La Nación a choisi cette semaine de Pessah (Pesaj en espagnol), la grande fête juive, celle de la libération d'Egypte, pour raconter cette ville et ses atouts touristiques dans l'ouest de Córboda, non loin de la Laguna Mar Chiquita, belle et vaste zone marécageuse à la limite avec Santa Fe.

Pour aller plus loin sur la question :
consulter la page Facebook de Moisés Ville par les élus.
Il y a quelques jours, La Nación avait parlé de la table de Pessah en gastronome.



(1) Grâce à La Nación qui publia ce livre sous forme de feuilleton au cours de cette année qui précédait le Centenaire de l'Argentine. Le livre appartient à cette veine littéraire argentine qu'est l'écriture régionaliste.
(2) Administrativement et politiquement, Moisés Ville dépend de la municipalité de San Cristóbal et dispose sur place d'une délégation de la mairie qui gère localement le hameau. Le territoire de cette municipalité (departamento en argentin) présente la particularité de se trouver à cheval sur deux provinces, Córdoba à l'ouest et Santa Fe à l'est. San Cristóbal est sur le territoire santafesino et Moisés Ville est en province de Córdoba. Comme il s'agit d'un hameau, son nom ne figure pas sur les cartes officielles de l'IGN (institut géographique national argentin).

samedi 4 avril 2015

Misa Criolla à la côte [à l'affiche]


C'est une nouvelle exécution de la Misa Criolla de Ariel Ramírez qu'en ce Samedi saint propose la municipalité maritime de Necochea, sur la côte atlantique, à mi-chemin entre Mar del Plata et Bahía Blanca... Ce soir, samedi 4 avril 2015, à 20h au Cine Teatro París.

Entrée libre et gratuite.

Les interprètes en seront la Camerata del Teatro Auditorium de Mar del Plata, le groupe folklorique Los Chakras, un chœur polyphonique local et au piano Claudio Corradini, le tout étant placé sous la direction de José María Ulla.

La soirée est organisée conjointement par l'office du tourisme de Necochea et le Teatro Auditorium, qui dépend directement du ministère de la Culture de la Province de Buenos Aires.

De quoi fêter la Semaine Sainte alors que la saison estivale tire à sa fin pour ces stations situées très au sud (où l'eau est donc plutôt frisquette et le jour vraiment très court).

vendredi 3 avril 2015

Quinzième Chemin de Croix sur Avenida de Mayo [Coutumes]

Cristo del Buen Amor - Via Crucis porteña
(En fait, la robe du Christ est d'un rouge écarlate - l'éclairage nocturne modifie la sensation)

Le Chemin de Croix institué le Vendredi saint au soir par le cardinal Jorge María Bergoglio (1) pour l'Année Sainte de l'an 2000, en partenariat avec l'association Les Amis de l'Avenue de Mai (Amigos de la Avenida de Mayo) et l'organisation patronale du Tourisme et de l'Hôtellerie, APTHAGRA, aura lieu pour la quinzième fois ce soir, 3 avril 2015, sous la présidence du cardinal Mario Aurelio Poli, archevêque de Buenos Aires et primat d'Argentine.
Rassemblement à partir de 20h30, sur Plaza de Congreso.

Il y a quelques années : un archevêque parmi les fidèles laïcs tout simplement

Tous les ans, c'est un concours considérable de peuple pour cette grande procession où les 14 stations traditionnelles sont largement théâtralisées avec statues géantes, acteurs, musiciens, prêtres en vêtements liturgiques, grande croix processionnelle et même exposition du Christ mort sur le perron de la cathédrale, où l'image sculptée s'offrira à la vénération des fidèles toute la nuit.

Le cortège partira de Congreso à 21h, il parcourra les douze cuadras qui mènent jusqu'à Plaza de Mayo en s'arrêtant aux douzes esquinas (voir Trousse lexicale d'urgence, dans la Colonne de droite) qui séparent les deux places. Les deux dernières stations se feront sur Plaza de Mayo (à l'entrée, à l'angle de Avenida de Mayo et calle Bolívar), et devant la cathédrale.


La marche sera placée sous la protection du Cristo del Buen Amor et de la Virgen Dolorosa, deux immenses statues processionnelles qui datent de 1870 et appartiennent au trésor artistique et religieux de la primatiale argentine.
Le Cristo del Buen Amor est particulièrement impressionnant : on le voit de près dans une chapelle latérale de gauche, dans la cathédrale, où il repose sur une toute petite estrade. On peut donc l'apprécier de toute sa taille !

Le corps du Christ entre sous la colonnade qui protège le perron de la cathédrale
entouré par les fidèles et les légionnaires romains qui veillent toujours...

Environ 40 000 personnes participent tous les ans à ce chemin de croix monumental. Cette année, on annonce dans la presse qu'on en attend cinq mille de plus.

Pour aller plus loin :
lire l'entrefilet de Página/12 (qui fait le minimum syndical)
lire la dépêche de AICA, l'agence de presse catholique argentine (c'est plus approfondi).
On peut télécharger le programme complet de la cathédrale pour cette Semaine Sainte maintenant bien avancée.
Voir aussi le reportage que l'APTHGRA avait fait dans son blog en 2010.


(1) Aujourd'hui, Pape François, soit dit en passant pour les distraits...

Sonido Interior à La Usina del Arte [à l'affiche]


Tous les premiers vendredis du mois depuis la rentrée de mars, la Usina del Arte, Caffarena 1, à La Boca, propose un cycle de folklore intitulé Sonido Interior (son de l'Intérieur, puisque c'est ainsi que l'on appelle en Argentine ce qui n'est pas Buenos Aires et ses environs immédiats).

Ce soir, en concert gratuit, à 19h, Tucumán (avec le musicien Mono Villafañe) et Chaco (avec Lucas Monzón) se partagent l'affiche, pour un concert de musique du nord-ouest, celle que nous connaissons le plus sous nos latitudes (c'est celle que représentaient des artistes exilés en Europe comme Mercedes Sosa et Atahualpa Yupanqui).

La soirée se prolongera ensuite avec une peña (fête musicale), qui proposera cours de danse, bal et gastronomie des hauts plateaux andins.

Pour en savoir plus :
consulter le programme sur le site Internet de la Usina del Arte
se connecter à la page Facebook de la Usina del Arte.

jeudi 2 avril 2015

Semana Santa guaranie à Posadas [Coutumes]


C'est une Semana Santa réduite aux quatre derniers jours que propose la ville de Posadas, la capitale de la Province de Misiones, tout au nord-est de l'Argentine, la Province aux confins de laquelle on trouve le Parc naturel d'Iguazú avec ses célèbres chutes d'eau à la frontière entre l'Argentine, le Brésil et le Paraguay.

Le programme commence aujourd'hui, Jeudi saint, 2 avril 2015, avec une foire artisanale à 18h sur Plaza San Martín.

Logo du spectacle
Monogramme de la Compagnie de Jésus, titre, flore et faune locales...

Demain, on entre dans le dur de la séquence religieuse : ce sera Vendredi saint, particulièrement cher aux hispanophones.
Trois propositions jalonnent la journée :
un circuit touristique autour de la foi (il y a de quoi faire dans la région, avec son passé ignatien),
la traditionnelle visite aux sept églises dont je vous parlais hier (à Buenos Aires, elle se réalisera au départ de la basilique San José de Flores, là où le Pape François a reçu sa vocation),
et le soir, à 20h, sur Plaza 9 de Julio, une nouvelle représentation d'une œuvre très emblématique de cette terre marquée par les 150 ans de présence de la Compagnie de Jésus, Arcano de Viernes Santo : à travers une longue pièce liturgique qui mêle le ballet contemporain, le mine et le tableau vivant, d'après les traditions italienne, allemande et espagnole, la musique guaranie, la musique classique, la musique baroque de la Renaissance européenne (qui se sont fondues au dix-septième siècle pour donner les différentes musiques du Litoral argentin), l'opéra, la scénographie, les costumes et les effets de lumière, le public sera invité à méditer les mystères de la Passion et de la Résurrection du Christ et à revivre l'histoire de l'évangélisation des peuples originaires par les pères jésuites qui ont laissé là-bas un souvenir solaire (comme à Buenos Aires, d'ailleurs, à la Manzana de las Luces)...
L'œuvre passe de l'espagnol au guarani sans crier gare (la Province est officiellement bilingue).

Une création récente et envoûtante de la Compañía de Arte de la Ciudad de Posadas, dirigée par le danseur et chorégraphe Luis Marinoni (direction artistique) et Sebastián Rolón (direction administrative), sous le double parrainage de la ville et du diocèse... Une centaine d'artistes sur scène de toutes les disciplines et tous Misioneros, Luis Marinoni y tient beaucoup pour mettre en valeur sa province natale, lui qui a fait ses classes dans le Ballet Folklorico Nacional.

Extrait du spectacle, reportage télévisé de Misiones on line

Toutes ces activités sont libres et gratuites comme à chaque fois qu'elles sont proposées par les pouvoirs publics en Argentine.

Pour le Samedi saint, une excursion d'environ six heures est proposée à la Tai Milagrosa, une halte rurale et gastronomique, à trente kilomètres de Posadas, sur la Ruta de la Yerba Mate, un circuit de découverte des plantations de yerba, développée par les pères jésuite qui firent d'une boisson indigène le breuvage national qui s'est répandu dans toute l'Argentine, le sud du Brésil, l'Uruguay (ô combien) et le Chili (en Bolivie, on consomme un mate de coca, qui permet de lutter contre les contraintes de la vie en altitude). Le calme des montagnes et des forêts pour une pause en attendant la messe de la nuit, la Misa de Gloria comme l'appellent les Argentins (en français, on dit plus volontiers Vigile pascale). Misiones est le premier producteur de mate d'Argentine, devant Corrientes.

Et dimanche, retour à la foire artisanale et à toute une série de distractions et d'activités, mêlant la musique au rire dans plusieurs points de la ville.

La troupe a été reçue il y a quelques jours à la Chambre provinciale des Représentants
 à l'occasion d'un Parlement des Femmes

Posadas a profité du début de la semaine pour organiser le second congrès du tourisme religieux, que Misiones tient à développer, dans l'économie durable, pour tirer profit de la lumière jetée sur l'Argentine par l'élection d'un pape argentin et jésuite ! Cela permettra de diversifier un peu l'offre, souvent réduite à Iguazú sur les catalogues des tour-operators internationaux, et de refléter une image plus juste de cette région qui a au moins quatre atouts : son patrimoine matériel historico-religieux, son patrimoine immatériel musical (le chamamé), la Ruta de la Yerba Mate et ce célèbre parc national...

Pour aller plus loin :
lire l'article de Tu Misiones sur le salon du tourisme religieux.