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lundi 29 octobre 2012

Un nouveau site Internet pour Chilo Tulissi [à l'affiche]


La palette de l'artiste en page d'accueil du site new-look

Le peintre portègne Chilo Tulissi nous a quittés à l'âge de 64 ans le 11 septembre dernier (voir mon article du 12 septembre 2012). Depuis, sa famille a refondu complètement son site Internet, dont vous aviez déjà depuis plusieurs années le lien permanent dans la Colonne de droite de ce blog (partie inférieure, comme pour tous les sites extérieurs). On y trouve maintenant une plus grande représentation de ses thématiques, avec en premier lieu ses dernières œuvres, des tableaux de chevaux, un sujet dans lequel il s'était lancé avec passion, en s'installant la moitié de l'année, depuis environ trois ans, dans un petit village de la Province de Córdoba, où il venait de finir de construire sa maison, avec un superbe atelier plein de lumière, où il donnait des cours payants et faisait aussi une fois la semaine un atelier ouvert pour les gens du voisinage, ce peuple de paysans de moyenne montagne en plein été...


Sur ce site refondu, on trouve aussi une belle collection de tableaux de danseurs (de tango) avec des jambes d'homme et de femme à perte de vue (il aimait lui-même danser et fréquentait de temps en temps les milongas de Buenos Aires, ce que je n'ai jamais eu l'occasion de faire en sa compagnie). On y trouve aussi ses portraits de grands artistes de tango, comme Aníbal Pichuco Troilo, Roberto Polaco Goyeneche ou Edmundo Rivero. Il aimait les chanteurs (et côté francophone, c'était un grand admirateur de Jacques Brel). Et ses paysages. Des vues de Buenos Aires en faux réalisme (mais il faut avoir vu les lieux pour apprécier ce décalage subtil entre la réalité et la vision qu'il en donne), par exemple avec ce panorama de Puerto Madero que je découvre à l'occasion de cette refonte posthume du site (et qui correspond si étonnamment à ce que je vous en disais dans mon article sur les jours 8 et 9 du séjour culturel que je propose dans cette ville), et des vues de Córdoba, avec ses reliefs, qui font la réputation des paysages de tout l'ouest argentin.

Vous reconnaissez Pichuco dans ses dernières années
(la cortisone, pour soigner ses articulations, avait boursouflé son visage)

La famille, que je salue affectueusement, a ajouté une page d'articles de presse et y a exposé les diplômes qu'il avait obtenus, notamment sous le précédent gouvernement de la Ville de Buenos Aires (gobierno Telerman) pour son activité culturelle au sein de son quartier, San Cristobal, où il vivait discrètement, dans une toute petite rue tranquille, à 100 mètres des ponts de la Autopista 25 de Mayo dont on ne perçoit chez lui aucun écho du trafic pourtant incessant...

Puerto Madero, vu par Chilo

Sur la gauche de la page, son profil est toujours là, avec le sourcil broussailleux et charbonné et cette lippe retroussée que nous lui avons tous connue, et cette pipe, magnifique, mais qui nous l'a tué... Sur la page d'accueil, quelques images vidéos de lui, peignant, dans son atelier de Buenos Aires, pour le peu que j'ai pu en juger, un peu trop prise par l'émotion de revoir ainsi ses gestes si habituels, à l'heure où j'apprends aussi la mort d'un autre ami argentin, Rodolfo Ghezzi, qui était mon homologue à Madrid, Académico correspondiente en España...

Pour aller plus loin :
visiter le site Internet de Chilo Tulissi, refondu.
Si vous êtes membre du réseau Facebook, vous pourrez vous y inscrire parmi ses "amis" et entrer en contact avec ses proches qui animent cette page.

mardi 4 octobre 2011

Un Plenario consacré au travail de studio [à l'affiche]

Hier, 3 octobre 2011, la Academia Nacional del Tango a consacré son premier Plenario du mois au travail de studio, l'enregistrement musical.

Le tango rituel de la soirée était l'enregistrement original de 1968 de Romanza del Duende, un passage de María de Buenos Aires, la toute première oeuvre composée conjointement par Astor Piazzolla et Horacio Ferrer sous la forme d'un opéra-tango, créé en 1968 à Buenos Aires, dans une indifférence relative et cette oeuvre est à ce jour la pièce théâtrale argentine la plus jouée dans le monde entier... L'enregistrement choisi pour le rituel d'ouverture du Plenario fait entendre les voix de Horacio Ferrer (el Duende), Amelita Baltar (María) et Héctor de Rosas (el Cantor).

Le Plenario a rendu hommage à deux grands ingénieurs du son que sont Osvaldo Acedo et Jorge El Portugues Da Silva qui ont enregistré dans les studios ION la plupart des grands artistes de tango depuis les années 70, dont Aníbal Troilo, Astor Piazzolla (on vient de le voir), Roberto Goyeneche et Susana Rinaldi... Les deux ingénieurs ont été faits Académicos de Honor à l'occasion.

Il y a quelques jours, l'Académicien correspondant à Madrid, Rodolfo Ghezzi, a consacré une entrée du site espagnol Argentina es Tango, à ces deux figures de l'histoire du tango, en espagnol bien sûr...

Pour aller plus loin :

lundi 24 janvier 2011

Emilio Balcarce : l'hommage d'un voisin, d'un ami, d'un poète [Troesma]

Je vous l'annonçais hier (cliquez sur le lien pour lire cet article du 23 décembre 2010), c'est Luis Alposta qui m'a appris la triste mais discrète nouvelle de la mort du Maestro Emilio Balcarce, par un message d'hommage que je vous livre ci-dessous, en version bilingüe comme d'habitude et sans plus de commentaire. Les phrases de Luis (1) se suffisent à elles-mêmes...

¡Adiós al maestro!

El pasado miércoles 19 de enero falleció Emilio Balcarce. El maestro Emilio Balcarce. Alguien que, en vida, ha sido homenajeado en el Colón, a teatro lleno. Académico de Honor de la Academia Nacional del Tango, Ciudadano Ilustre de la Ciudad de Buenos Aires y Vecino Ilustre del barrio que lo ha visto nacer. Alguien a quien, con sólo nombrar dos de sus tangos, “La bordona” y “Si sos brujo”, ya lo estaríamos mostrando en todo el tiro de su talento.

Músico, violinista, bandoneonista, director, compositor, arreglador y vecino de Villa Urquiza desde siempre. Para más datos: nacido el 22 de febrero de 1918 en la esquina de Bebedero y Altolaguirre.

Como músico, son muestras bien representativas de sus trabajos de dirección y arreglos su paso por la orquesta de Osvaldo Pugliese, la creación del Sexteto Tango y de las orquestas con las que acompañó la labor de los cantores Alberto Castillo y Alberto Marino.

Emilio Balcarce ya desde sus comienzos le aportó al tango, consolidando una estética musical, todo su arte, su inspiración y su talento. Fundador y director de la Orquesta Escuela, creada en el año 2000, para formar a los jóvenes músicos en la práctica instrumental e iniciarlos en la experiencia orquestal; en síntesis y sin almidonar adjetivos, fue un inspirado compositor y, tal como lo dijéramos, un auténtico maestro.

Ha sido, sin duda, un artista íntegro y fundamental que, no conforme, sumó a sus méritos el ser un excepcional orquestador y fino ejecutante. .

A Emilio Balcarce le habría bastado con sólo crear “La Bordona” -uno de los tangos más bellos que se hayan escrito- para entrar definitivamente en la Historia del Tango.

¡Adiós, Emilio!
Adiós… que no habrá de significar olvido.
Luis Alposta, 22.01.2011

Adieu au Maestro !

Mercredi dernier, le 19 janvier, Emilio Balcarce est décédé. Le Maestro Emilio Balcarce. Quelqu'un qui, de son vivant, avait reçu un hommage au Teatro Colón (2), devant une salle pleine. Académicien honoris causa de la Academia Nacional del Tango, Citoyen d'honneur de la Ville de Buenos Aires (3) et habitant d'honneur du quartier qui l'avait vu naître. Quelqu'un dont il suffit de citer deux de ses tangos, La Bordona et Si sos brujo pour que nous le voyons dans toute la portée de son talent.

Musicien, violoniste, bandonéoniste,chef d'orchestre, compositeur, arrangeur et habitant de Villa Urquiza depuis toujours. Et plus précisément : né le 22 février 1918 (4), au carrefour entre les rues Bebedero et Altolaguirre (5).

Des preuves bien représentatives de son travail de musicien, on les trouve dans ce qu'il a fait en matière de direction d'orchestre et d'arrangement lorsqu'il était dans l'orchestre de Osvaldo Pugliese, dans la création du Sexteto Tango et des orchestres qui ont accompagné l'activité des chanteurs Alberto Castillo et Alberto Marino (6).

Emilio Balcarce dès ses débuts a apporté au tango, par la consolidation d'une esthétique musicale, la contribution de tout son art, son inspiration et son talent. Fondateur et chef de l'Orchestre Ecole, créée en 2000, pour former les jeunes musiciens à la pratique instrumentale et les initier à l'expérience orchestrale. En résumé et sans empeser les adjectifs,, il fut un compositeur inspiré et, comme nous l'avons déjà dit, un maître authentique.

Il a été, sans l'ombre d'un doute, un artiste complet et essentiel, qui, jamais satisfait, a ajouté à ses mérites celui d'être un orchestrateur exceptionnel et un exécutant d'une belle finesse.

Il aura suffi à Emilio Balcarce de composer (7) La Bordona -un des tangos les plus beaux qui aient été écrits- pour entrer définitivement dans l'Histoire du Tango.

Adieu, Emilio !
Adieu... ce qui ne pourra jamais vouloir dire oubli.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

L'Académicien correspondant à Madrid, Rodolfo Ghezzi, de la Academia Nacional del Tango, a lui aussi rendu hommage hier au Maître disparu, dans un article paru dans la chronique qu'il tient depuis quelques jours dans Argentina Tango Club (à lire en cliquant sur le lien).

Ajout du 25 janvier 2011 :  L'hommage du blog de Tangocity (Gabriel Soria) à Emilio Balcarce

(1) Pour en savoir plus sur ce poète remarquable du tango d'aujourd'hui, qui travaille entre autres avec Daniel Melingo, Tata Cedrón ou La Chicana, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, pour faire remonter en page d'accueil les plus récents articles que je lui ai consacrés (cliquez en bas sur la mention Articles plus anciens, pour continuer à remonter le temps avec lui)
(2) Le Teatro Colón est l'opéra de Buenos Aires, le plus important et le plus grand théâtre lyrique du pays. Pouvoir s'y produire lorsqu'on est un artiste populaire est un honneur insigne en Argentine.
(3) Les titres honorifiques sont ici traduits approximativement car ils ne correspondent à rien qui existe en France, en Belgique ou en Suisse, où l'on est fait citoyen d'honneur d'une ville, d'une région ou d'un pays seulement si précisément on n'en est pas citoyen. Ici, c'est l'inverse : le Ciudadano Ilustre habite la ville ou la Province qui l'honore ainsi. De même le Vecino Ilustre, c'est l'habitant du quartier mis à l'honneur. Lorsque la personne décorée n'est pas de la ville, de la Province ou du pays qui lui attribue ces honneurs, elle est visitante ilustre, ce qui est mon cas par exemple pour le quartier portègne de Villa Urquiza, où je ne vis pas mais où j'ai plusieurs amis...
(4) Il était donc de la même année que le poète Homero Expósito (celui de Flor de Lino, Farol, Yuyo Verde ou Tristezas de la calle Corrientes) et de 4 ans le cadet de Aníbal Troilo (né le 11 juillet 1914).
(5) La esquina (carrefour, croisement) dans les villes argentines sert de repère géographique, comme les stations de métro à Paris, à Bruxelles ou à Lyon, les arrêts de bus dans d'autres villes sans transport public souterrain. Le subte de Buenos Aires (métro) n'est pas assez dévoloppé pour avoir suplanté les esquinas, surtout dans Villa Urquiza, encore très à l'écart de ce réseau.
(6) Alberto Castillo (1914-2002), Alberto Marino (1920-1989).
(7) De la subtilité de la traduction : crear en espagnol veut dire "créer" une oeuvre pour ce qui est de son auteur (ici un compositeur, ailleurs un peintre, un sculpteur ou un écrivain), or le verbe "créer" en français est ambigu lorsqu'il s'agit d'une pièce de musique ou de théâtre. L'interprète aussi la crée dès lors qu'il est le premier à l'interpréter en public. L'espagnol dispose de deux mots, crear qui concerne toujours l'action de l'artiste créateur, et estrenar, qui concerne celle de l'interprète (et on traduira donc en français estrenar par "créer").

vendredi 26 novembre 2010

Barrio de Tango sur Raíz Argentina - Barrio de Tango, nota de Rodolfo Ghezzi en Raíz Argentina [Disques & Livres]

Rodolfo Ghezzi, académicien correspondant à Madrid de la Acadamia Nacional del Tango, vient de consacré à mon livre, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (ed. du Jasmin), un article dans sa rubrique Historia del tango, qu'il anime sur le site hispanophone de la diaspora argentine en Europe, Raíz Argentina (racine argentine). C'est un article très élogieux, illustré entre autres d'une photo de nous deux qui a été prise le 30 août dernier dans l'entrée du Museo Mundial del Tango. Nous y posons de chaque côté de la vitrine dans laquelle est exposé l'un des bandonéons de Pichuco, Aníbal Troilo. C'est la grande fierté des académiciens correspondants de faire cette photo-là, même avec la grippe que je tenais ce jour-là !

Rodolfo Ghezzi est journaliste, il est argentin, il est né à Córdoba et il s'est installé à Madrid, où il vit, il y a 40 ans. En Espagne, il tient diverses chroniques écrites et radiophoniques autour du tango et de la culture populaire de son pays natal. Vous pouvez sélectionner tous les articles de ce blog où j'ai déjà parlé de lui en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-desssus.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Historia del Tango (Denise Anne Clavilier plasma Barrio de Tango en París, Francia).
Pour vous aider à le comprendre, connectez-vous dans une autre fenêtre au site de traduction en ligne Reverso dont vous trouverez le lien dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), dans la partie basse de la Colonne de droite. C'est de la traduction automatique, jamais aussi vivante qu'une traduction humaine, mais ça aide à comprendre.
Pour lire l'ensemble des articles relatifs aux échos que les médias ont donné à ce livre, sorti en mai 2010 aux editions du Jasmin (Clichy, 92, France), cliquez sur le mot-clé Media dans le bloc Pour chercher ou sur le raccourci On en parle dans les médias en haut de la Colonne de droite.

mardi 23 novembre 2010

Hommage à Pirincho en quatre articles par Rodolfo Ghezzi [Troesma]

Rodolfo Ghezzi, académicien correspondant à Madrid de la Academia Nacional del Tango, vient de publier sur le site hispanophone de la diaspora argentine installée en Espagne et en Europe Raíz Argentina, quatre articles en hommage à Francisco Canaro, dit Pirincho. En bas du premier, doña Rafaela Canaro, l'une des filles du Maestro, a laissé un commentaire de remerciement.


Pour vous aider à lire ces articles, vous pouvez vous aider du traducteur en ligne Reverso, dont vous trouverez le lien dans la partie basse de la Colonne de droite, dans la rubrique Cambalache casi ordenado.

Pour accéder aux articles, cliquez sur le lien qui vous intéresse :
Don Francisco Canaro, partie 3 (avec un accent sur les tournées au Japon, l'illustration de cet article en est extraite)

samedi 16 octobre 2010

Lundi prochain : le tango en Espagne au programme du Plenario de la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

La séance académique (Plenario) se tiendra comme toujours au Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, au premier étage, du siège de l'ANT, avenida de Mayo 833, à 19h30, entrée libre et gratuite.

Le tango rituel de la soirée sera Danza Maligna, de F. Randle et F.C. Frolio, dans une interprétation de Carmencita Aubert et la Orquesta de la Granja Royal, enregistré à Barcelone.

Ricardo García Blaya, le directeur du site encyclopédique Todo Tango (lien dans la rubrique Les institutions, dans la partie inférieure de la Colonne de droite) présentera le livre de Juan Manuel Peña, El Tango en España. El romance de un siglo (le tango en Espagne, 100 ans d'amour), paru aux éditions Abrazos. L'auteur lui-même fera une conférence sur cette histoire a commencé au début du 20ème siècle, a connu un sommet de popularité à Barcelone dans les années 30 et connaît aujourd'hui un grand nombre de festivals et de milongas (un peu comme en France).

C'est Anselmo Marini, l'animateur de l'après-midi de la 2x4, la radio tout tango de Buenos Aires, qui coordonne ce Plenario dont l'espace artistique sera occupé par le couple de danseurs espagnols Mercedes et Alejandro de la escuela de Tango de la Sociedade Galega de Arantei, Vilamarin e A Peroxa, une école de tango établie en Galice, une des régions qui a envoyé le plus grand nombre d'immigrés vers l'Argentine entre 1880 et 1930.

Pour en savoir plus, voir aussi l'article de Rodolfo Ghezzi, Académicien correspondant à Madrid, sur le site hispanophone Raíz Argentina (pages de La historia del tango).

mercredi 6 octobre 2010

Article n° 1700 : Hommage à Aníbal Arias par Rodolfo Ghezzi à écouter ce soir [Troesmas]

Rodolfo Ghezzi est un journaliste argentin, originaire de la ville de Córdoba, dans l’ouest du pays, qui est installé depuis une trentaine d’années en Espagne.
Le 16 août dernier, il a été reçu à la Academia Nacional del Tango comme Académico Correspondiente en Madrid.

Tous les mercredis, il intervient sur les ondes de Radio Inter, à Madrid, dans une émission intitulée El Color de la Tarde (la couleur du soir) et sa chronique commence vers 18h25.

Ce soir, il rendra hommage au grand guitariste qui nous a quittés dimanche dernier, Aníbal Arias…

A écouter en direct, à 18h25 heure espagnole, sur le streaming de Radio Inter. Une bonne façon pour vous de faire connaissance avec un autre académicien correspondant…


Rodolfo est également l’un des rédacteurs du journal Web Raíz Argentina (racine argentine), un site d’information en Espagnol sur l’Argentine depuis l’Espagne et l’Europe. Son article sur Aníbal Arias (capture d'écran ci-dessus) est paru il y a quelques heures. D’ici là, vous pouvez consulter un autre article qu’il a rédigé pour présenter le nouveau recueil de poèmes, intitulé Megamor, que Horacio Ferrer a fait paraître, il y a quelques semaines, chez Marcelo Oliveri (une sélection de textes déjà édités par ailleurs).

Pour accéder au streaming de Radio Inter
Pour lire la page consacrée à Color de la Tarde
Pour accéder à Raíz Argentina

lundi 27 septembre 2010

La Academia Nacional del Tango ramène sa fraise (1) sur Barrio de Tango [ici]

C’est avec beaucoup d’émotion à la fin du mois d’août dernier, en vacances à Buenos Aires, que j’ai appris que le Conseil d’Administration (Consejo Directivo) de la Academia Nacional del Tango avait décidé de me décerner le titre de Académica Correspondiente en París, pour soutenir mon travail de vulgarisation de la culture tanguera ici, en Europe francophone. Et c’est pourquoi à la mi-septembre, ceux d’entre vous qui visitent la Colonne de droite, ont vu apparaître, tout en bas, à côté de mon profil, le pierrot de Commedia dell’Arte, avec fraise et couvre-chef musicaux, du logo de cette institution nationale de droit public qui vient de fêter ses 20 ans d’existence (voir à ce propos mon article du 28 juin 2010).

La présentation de Luis Alposta, au début de la soirée (photo Vicky Alposta)

Le titre d’académicien correspondant se matérialise par une attestation écrite qu’on appelle diploma en Argentine, un grand papier de format A3 fait pour être encadré et exposé bien en vue, et, comme vous le savez si vous lisez régulièrement ce blog, il se remet généralement lors d’un Plenario, une séance académique, dirions-nous en français, lesquels Plenarios ont lieu les 1ers et 3èmes lundis de chaque mois, d’avril à décembre. Manque de chance pour moi, les dates de mon séjour ne permettaient pas de caler cette remise dans aucun des deux Plenarios du mois d’août. Exceptionnellement, cette cérémonie a donc eu lieu le jeudi 2 septembre, un jour de grand vent, de pluie, de froid (ce qu’on appelle là-bas la Sudestada) et de… grève du métro par-dessus le marché (2). Exceptionnellement aussi, Horacio Ferrer n’avait pas pu se rendre disponible (les vicissitudes vont toujours en groupe). Il faut dire que Monsieur le Président a un agenda de ministre et que, pour arriver à le voir, il faut parfois, pour ne pas dire souvent, viser avec beaucoup de précision même quand on passe à Buenos Aires plus de 3 semaines d’affilée… Ce fut donc Luis Alposta, en sa qualité d’Académico Titular (il occupe le fauteuil Tiempos Viejos, comme vous pouvez le constater à la page 129 de Barrio de Tango, le livre,s'entend), qui officia durant la brève cérémonie qui servit de conclusion à la présentation que je faisais précisément ce jour-là de ce livre et du présent blog. Qu’il en soit remercié ici et aussi pour tout ce que lui et sa femme, Vicky, ont fait, pendant ces trois semaines, pour me faciliter la vie et soutenir les présentations du livre, sur un rythme passablement soutenu.

No comment !

Retour sur images sur ce moment émouvant de mon séjour à Buenos Aires.

De gauche à droite : Luis Alposta, l'académicienne française, Walter Piazza et Héctor Negro, dans le couloir du Museo Mundial del Tango,
après la séance académique (photo Vicky Alposta et il y a aussi une photo avec elle)

Et parce que le week-end dernier, j'ai eu un choc violent en lisant sur Internet une contrevérité manifeste sur la Academia Nacional del Tango (3), alors qu’il ne m’était jamais venu à l’esprit que le caractère officiel et public de cette institution puisse être mis en doute par qui que ce soit, je vous présente ci-après, en version bilingue, les quelques extraits du décret 1235/1990 du Pouvoir Exécutif National argentin qui l’institue et la régit et dont tout un chacun peut prendre connaissance sur le site Web de l’ANT (le lien se trouve dans la rubrique Les Institutions, dans la partie inférieure de la Colonne de droite).

Las razones de su creación
(Extraído del Decreto del Poder Ejecutivo Nacional Nº 1235/1990)

“Que el Tango como arte musical, coreográfico, poético e interpretativo, lleva un siglo de vigencia inalterable como expresión auténtica y profunda del pueblo argentino.”
“Que esta vigencia creadora del Tango está en no menos de cincuenta mil (50.000) obras compuestas, editadas y estrenadas y que existen, desde fines del siglo XIX, más de cincuenta mil versiones grabadas de dichas obras en diversos soportes fonográficos, cinematográficos y de otro tipo en la República Argentina y en todo el mundo.”
“Que dicha creación del Tango ha representado, como pocas artes nacionales y desde principios de este siglo, a la República Argentina en todo el mundo.”
“Que es de toda justicia que el Estado le otorgue la significación que corresponde a esta manifestación cultural, ratificando el amor y la adhesión plena que nuestro pueblo naturalmente le concede.”

Les raisons de sa création
(extrait du Décret du Pouvoir Exécutif National n° 1235/1990

"Attendu que le Tango comme art musical, chorégraphique, poétique et comme art de l’interprétation compte un siècle d’existence inaltérable comme expression authentique et profonde du peuple argentin ;
"Attendu que cette existence créative du Tango se retrouve dans rien moins que cinquante mille (50 000) œuvres composées, éditées et créées et qu’il existe, depuis la fin du 19ème siècle, plus de cinquante mille versions enregistrées des dites œuvres sur différents supports phonographiques, cinématographiques et d’autre sorte dans la République Argentine et dans le monde entier ;
"Attendu que la dite création du Tango a représenté, comme l’ont fait peu d’arts nationaux et depuis le début de ce siècle, la République Argentine dans le monde entier ;
"Attendu qu’il est de toute justice que l’Etat octroie à cette manifestation culturelle la signification qui lui revient, en ratifiant l’amour et l’adhésion pleine et entière que notre peuple lui porte naturellement ;
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Los Fines
(Extraído del Decreto del Poder Ejecutivo Nacional Nº 1235/1990)

“Que dicho patrimonio artístico nacional debe ser recopilado, ordenado, estudiado y salvado definitivamente de toda posibilidad de pérdida o destrucción.”
“Que las tradiciones atesoradas por el tango deben ser preservadas, objeto de docencia, de estímulo a nuevas creaciones y ser definidas nacional e internacionalmente, todo ello de manera orgánica.”
“Que estos propósitos podrán se completa y finalmente satisfechos con la creación de la Academia Nacional del Tango de la República Argentina que podrá cumplir con estos y otros objetivos, dentro del régimen de funcionamiento fijado por los artículos 1, 2 y 3 del Decreto Ley Nº 4362 del 30 de noviembre de 1955 y sus modificaciones.”

Les fins [poursuivies]
(extrait du Décret du Pouvoir Exécutif National n° 1235/1990)

"Attendu que le dit patrimoine artistique national doit être collecté, ordonné, étudié et préservé définitivement de toute possibilité de déperdition ou de destruction ;
"Attendu que les traditions accumulées par le tango doivent être préservées, faire l’objet d’enseignement, de stimulation des créations nouvelles et être définies au niveau national et international, tout cela de manière organique ;
"Attendu que ces objectifs pourront être complètement et définitivement satisfaits par la création de l’Académie Nationale du Tango de la République Argentine qui pourra remplir ces objectifs et d’autres, dans le cadre du régime de fonctionnement fixé par les articles 1, 2 et 3 du Décret Loi n° 4362 du 30 novembre 1955 et ses amendements ;
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le 30 août avec Rodolfo Ghezzi, le tout récent Académico Correspondiente en Madrid (Plenario du 16 août 2010),
près du bandonéon de Troilo, couloir du Museo Mundial del Tango (photo Walter Piazza)
à l'issue de la préparation de la soirée du 2 septembre avec Walter Piazza

(1) à l’intention des lecteurs non francophones : "ramener sa fraise", ici, est un jeu de mot. L’expression argotique "ramener sa fraise" veut dire "arriver", "venir". La "fraise" est ici synonyme de "visage" et elle fait, en l’occurrence, office de métonymie en désignant la personne elle-même. Mais la fraise, en matière de costume, c’est aussi ce col particulier qui se portait à la Renaissance et qu’arbore encore le Pierrot de Commedia dell’Arte finissante du 18ème siècle, dessiné par le fileteador Jorge Muscia, à qui l’on doit ce logo de la Academia Nacional del Tango, avec ce personnage mélancolique, amoureux naïf et dédaigné par Columbine, archétypes dans lesquels on peut reconnaître aussi l’ouvrier délaissé qui dit "je" dans tant de letras des débuts du tango-canción et la coquette qu’il aime sans en être aimée, qui apparaît dans les tangos sous la figure de la milonguera, de la mina, de la paica, bref de celle qui l’a quitté pour un riche amant ou pour une carrière en trompe-l’œil d’entraîneuse de cabaret. Et si vous regardez bien le dessin du logo, vous remarquerez que le col et le chapeau sont deux bandonéons déployés… Il fallait le faire, tout de même !
(2) La grève, surprise, a duré toute la journée et bloqué toute la ligne A pendant toute la durée du service. Or la ligne A est précisément celle qui dessert la Academia !!!!! Ajoutez à cela qu’une vague de grippe avait cloué au lit tout au long de la semaine et les uns derrière les autres 90% des amis que j’ai là-bas. Moi-même, j’en étais sortie à grand-peine la veille (j’avais passé le week-end au fond de mon lit… à dormir). Une invraisemblable Bérésina, rattrapée par l’humour de Luis et Vicky Alposta, Walter Piazza, Héctor Negro ou Pepe Kokubu (dont je garde la photo par-devers moi pour d'autres usages....), la sollicitude de Pablo Marasco, le flûtiste de La Biyuya, échappé de la bibliothèque au-dessus, et une invraisemblable rencontre avec un ami parisien égaré au beau milieu de Buenos Aires, entre autres témoins amicaux de cette présentation que la furie des éléments n’a finalement pas réussi à faire échouer…
(3) L'erreur, faite de bonne foi, a depuis été dument et très rapidement corrigée. Ce qui méritait d'être dit. On aimerait que les journalistes, par exemple, si nombreux à dire ou à écrire tant d'âneries sur le tango, soient aussi prompts à revenir sur leurs affirmations hasardeuses.