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jeudi 12 mars 2009

Dema et la Petitera à La Plata samedi prochain [à l’affiche]

Le chanteur Dema et son orchestre (la orquesta agradecida, cherchez pas à comprendre : c’est un code entre eux et moi) seront les invités d’un autre chanteur et de son autre orchestre, à savoir Alorsa et La Guardia Hereje, au Tango Criollo Club. Ça se passe à La Plata, capitale de la Province de Buenos Aires, à environ 80 km au sud de la Capitale Fédérale, dite CABA, dite Baires, dite BsAs, dite Capital tout court...

Ce sera à 22h comme d’habitude. Comme d’habitude, on peut acheter ses places à l’avance (anticipadas) à la libraire Jason de Plaza Italia (celle de La Plata, la place Italie, pas celle de Buenos Aires). Quant au Tango Criollo Club, ça se trouve dans la rue n°7, presque à l’angle avec la n° 42 (quelle poésie évocatrice dans la toponymie !)

La semaine suivante, Alorsa recevra le chanteur et jeune premier de fiction télévisuelle Rodrigo de la Serna avec son groupe, baptisé El Yotivenco (ça va cartonner. La télé, vous pensez !).

Et le dernier samedi du mois, La Guardia Hereje partagera sa scène avec La Quimera del Tango, mais on en reparlera à ce moment-là.

Pour ceux qui débarquent sur ce blog aujourd’hui et découvrent le nom de Dema et celui, super-bizarre, de La Petitera (qu’on pourrait traduire par La P’tite Dame) et qui n’est bien entendu composé que de mecs, et voudraient en savoir plus, le mieux c’est de commencer par épuiser les ressources internes (il suffit d’un petit clic de souris sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search) et de cliquez ensuite sur le lien (celui-ci par exemple) qui conduit à leur page MySpace en espagnol. Normalement, vous devriez trouver ce lien sur à peu près dans n’importe quel article affichant le nom Dema ou La Petitera dans le bloc Pour chercher... déjà cité.

Pour ceux dont la découverte porterait sur Alorsa et la Guardia Hereje, même démarche : d’abord un petit clic dans Pour chercher (ça vous fera de la lecture pour les longues soirées d’équinoxe !), ensuite un autre sur le lien vers leur site, en espagnol lui aussi (ici, ou dans la Colonne de droite, rubrique Grillons, zorzales et autres cigales).

Et pour ceux qui ne croient que "ce qui est écrit dans le journal" et qui se méfient des blogs internet comme de la peste, ils peuvent se rassurer sur la valeur artistique de tous ces braves gens (de toda la barra) en cliquant sur ce lien qui vous conduira tout droit à un petit article d’un grand quotidien de Buenos Aires, qui s’appelle La Nación et qui est à Buenos Aires ce que Le Figaro est à Paris ou La Libre Belgique à Bruxelles (je garde l’Helvétie pour d’autres délires rédactionnels).

L’annonce originale, que je viens de vous mitonner à ma façon, était signée "La Garde Hérétique, quelque part entre perfection et les authentiques décadents" (1) ou La Guardia Hereje, en algun lugar entre gardel y los auténticos decadentes, (ils sont fous, ces Platenses !).

Et je prouve ce que j’avance avec l’illustration ci-dessous, une capture d’écran du dernier mail d’Alorsa.



Ne cherchez pas à cliquer dessus pour accéder aux sites. Sur du jpeg, ça ne marchera pas. En revanche, vous aurez l’image dans sa taille normale et ce sera nettement plus facile à lire.

Pour écouter la musique, mieux vaut cliquez sur les liens que je me suis donné la peine de glisser dans mon propre texte en français ou sur ceux que j’ai mis à votre disposition dans la Colonne de droite.

(1) Gardel : sur ma traduction acadabrantesque, comme dirait un ancien Président français pas à son aise, de ce mot ("la voz gardel"), voir cet autre article. C’est expliqué dedans et pour le même prix, vous aurez droit en plus (la yapa) à un chouette portrait de Carlos Gardel (0$ arg, je vous laisse faire la conversion en euros... ou en francs suisses. Sinon, vous prenez le taux que je mets à jour à peu près une fois par mois, dans Buenos Aires : Infos pratiques, en partie centrale de la Colonne de droite).

vendredi 20 février 2009

La rentrée du Tango Criollo Club [à l’affiche]

Extrait d'un article du quotidien La Plata

Les mails d’Alorsa, j’adore.
Les fidèles lecteurs de Barrio de Tango savent de qui je veux parler. Pour ceux qui débarquent, j’explique : Alorsa est le cantautor (comme on dit là-bas, auteur-compositeur-interpréte en français) du groupe La Guardia Hereje (la Garde Hérétique, par référence combinée aux deux groupes qui ont marqué les débuts du tango, la Guardia Vieja et la Guardia Nueva, et à l’oeuvre du poète Evaristo Carriego, dont un recueil s’intitule Misas herejes).

Ces mails d’Alorsa sont toujours particulièrement farfelus ("piola", dit-on en lunfardo) et ce sont des produits de terroir, travaillés avec soin et amour, comme un vigneron indépendant vous bichonne son cru à partir d’un raisin récolté à flanc de coteau d’un petit bled ("pago") alsacien... Et le terroir d’Alorsa, c’est la ville de La Plata, la capitale provinciale de la Province de Buenos Aires. Alors, en lisant ces mails, j’apprends des tas de trucs sur la vie locale et je me prends une indispensable dose de rire... C’est pour ça que j’aime bien de temps en temps prendre celui de vous les traduire, au moins partiellement... Voilà la dernière cuvée, à l’heure des vendanges en Argentine.

el 7 de marzo vuelve la magia ¡¡...
no es david coperfield ¡¡...
no es el mago luas ¡¡...
La Guardia Hereje abre el Tango Criollo Club en La Plata todos los sabados de marzo y estan invitados La Chicana, el Yotivenco y La Fernandez Fierroapertura :
sabado 7 de marzo
La Guardia Hereje
22 h
(Alorsa)

Le 7 mars, c’est le retour de la magie !
Ce n’est pas David Coperfield !
Ce n’est pas Luas le Magicien !
(1)
La Guardia Hereje ouvre le Tango Criollo Club, à La Plata, tous les samedis de mars et nous avons invité La Chicana, El Yotivenco et La Fernández Fierro (2).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

*~*~*~*~*~*

lo pedís, lo tenés ¡¡¡ (pero si lo querés, pedilo ¡¡¡):
escribí a laguardiahereje@hotmail.com con asunto "disco de yapa" y recibiras el link para descargar un disco de TaNGOS Y OTRaS YERBaS en forma GRaTUITa, compacta, rapida y segura
naaa...que te via´cobrar ¡?
el cd en vivo lo podras conseguir en nuestros shows o en Jason de Pza Italia (La Plata) y seguramente pronto por correo a todo el pais, sino decidimos que se transforme en una reliquia anacronica e incunable
si, si, si...ya estamos preparando el proximo disco y otras sorpresas...
(Alorsa)

Tu le demandes, tu l’as ! (Mais si tu le veux, demande-le !)
Ecris à La Guardia Hereje avec en objet "Disco de Yapa" et tu recevras le lien pour télécharger un disque de
Tangos et autres herbes (3) de manière gratuite, serrée, rapide et sûre.
Ta ta ta ta ta ! Qu’est-ce que tu me parles de payer !?

Le CD enregistré en public (4) tu pourras te le procurer à la sortie du spectacle ou à Jason, sur la Plaza Italia à La Plata, et pour sûr, très bientôt, par courrier dans tout le pays (4). A moins que nous ne décidions d’en faire un relique anachronique et incunable....
Eh bien si ! Nous sommes en ce moment en train de préparer le prochain disque et d’autres surprises...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

*~*~*~*~*~*

Et il termine avec cette pique qui n’a rien à voir avec la choucroute (5) et qui m’a fait hurler de rire :

nos vamos 3 meses y ya hay un negro en el poder ¡¡ ...no se los puede dejar solos , che ¡
crisis, eran las de antes ¡
(Alorsa)

Alors, on tourne le dos trois mois, et ça y est : il y a un Noir (6) au pouvoir ! Mais on ne peut vraiment pas vous laisser seuls, vous !
Des crises, celles d’avant, oui, ça, c'en était !
(Traduction Denise Anne Clavilier)



Dans la Colonne de droite, voir les raccourcis de la partie haute : ils vous proposent des choix thématiques parmi les articles du blog : A l'affiche, les chanteurs, La Plata...
La partie centrale vous présente un petit lexique des expressions typiques de la région (Argentine-Uruguay).
Dans la partie basse, les liens extérieurs, notamment aux sites des artistes, dont La Guardia Hereje, l'OTFF....

(1) El mago Luas est une vedette locale de La Plata, un magicien qui a fait les belles heures des matinées enfantines et de diverses émissions de télévision sur la ville et à travers la Province. En illustration, je vous ai mis sa photo, telle qu’elle est parue dans un article que le quotidien La Plata lui a consacré le 24 juillet 2005. Alorsa adore rappeler ces détails qui informent notre mémoire la plus intime, la plus dérisoire aussi (dans Clase 70, il aligne des marques, des exploits sportifs, des vedettes de télé, des gadgets passés de mode aujourd’hui : c’est un vrai délice en même temps qu’un casse-tête chinois à traduire, parce que nos repères, à nous Européens, sont tout autres). L’autre photo, à côté, c’est Alorsa tel que je l’ai photographié en août, sur la scène de la Sala Osvaldo Pugliese, au CCC Floreal Gorini, abondamment noyée sous les ballons ("globitos"), parce que c’était les 5 ans de Fractura Expuesta... (Voir article du 5ème anniversaire).
(2) La Chicana, c’est le groupe d’Acho Estol (guitariste et compositeur) et de la chanteuse Dolores Sola dont je vous ai déjà parlé. El Yotivenco est un autre groupe, dont le chanteur vedette est un jeune premier de téléfilms très à la mode et qui chante du tango depuis quelques années, Rodrigo de la Serna (je vous en ai parlé aussi). La Fernández Fierro, c’est la Orquesta Típica Fernández Fierro ou OTFF, orchestre coopératif installé dans le quartier de l’Abasto à Buenos Aires où il a son propre centre culturel, le CAFF. Je vous en ai déjà souvent parlé. La Chicana et la OTFF ont déjà été invités au Tango Criollo Club.
(3) "otras yerbas" : le mate, la boisson de la convivialité par excellence en Argentine, en Uruguay et dans quelques autres pays de la zone, se prépare à partir d’une feuille séchée et hachée qu’on appelle yerba mate ("l’herbe à mate", le mate étant le nom du récipient dans lequel on prépare et on boit cette infusion. Le breuvage est excessivement amer et donc très éloigné des goûts auxquels nous sommes habitués, nous les Européens).
L'opération Disco de Yapa avait déjà bien marché au mois de décembre (voir
l'article que je lui avais consacré un peu avant Noël).
(4) Alorsa fait ici allusion à un coffret auto-produit composé d’un CD et d’un DVD de 24 pistes chacun, qui reprennent deux shows enregistrés au Tango Criollo Club, un week-end, en public avec uniquement des morceaux de sa composition.
Ce coffret est disponible au Tango Criollo Club, à la librairie-disquerie Jason, à La Plata, ainsi qu’à la boutique du CCC Floreal Gorini à Buenos Aires.
Le disque à télécharger gratuitement a été enregistré en studio et reprend tous les morceaux musicaux du précédent, sans les récits sans musique qui ponctuent les spectacles, à savoir Te morfaste las facturas, Vuelve el Tango, El metejón, Al pan pan, La sonrisa del fasfud, Troyl, Petera et Tesperoaca (lire "Te espero aca", soit je t’attends). Comme c’est bien compliqué à La Plata de gérer des commandes et des paiements depuis la zone euro, pour nous, de ce côté-ci de l’Atlantique, nous devons nous contenter du disque gratuit ou prendre l’avion (Aerolineas depuis la plupart des capitales européennes, en direct ou via Madrid). L’adresse mail que je vous donne sous le lien dans l’article est la bonne. Vous pouvez donc écrire à Alorsa de ma part, il sera ravi de vous envoyer le lien (en espérant que votre configuration vous permettra de décompresser le dossier que vous récupérerez ainsi).
(5) "N’avoir rien à voir avec la choucroute" (francés popular hace solamente unos años) : nada que ver con el resto.
(6) Ici, Alorsa joue à fond sur tous les emplois de l’adjectif "negro". Vous pouvez lire au premier degré, c’est alors un propos raciste, gras et crétin au possible (il faudrait presque alors traduire par nègre ou par negro). Vous pouvez aussi, un degré en dessous, entendre "negro" comme une insulte très méprisante, sans aucun lien avec la couleur de la peau (crétin, abruti...). "Negro" peut aussi être utilisé à contrepied, comme en français on peut traiter de "pauvre idiot", de "petit crétin" ou d’"espèce d’abruti" quelqu’un devant qui on fond de tendresse, avec une très légère nuance moqueuse. C’est aussi un terme qui désigne les classes sociales les plus défavorisées, "les petits, les obscurs, les sans-grade". Et c’est enfin un authentique et puissant terme d’affection, qui exprime l’amitié, voire une admiration liée à un soupçon de familiarité (el negro Juárez, surnom du chanteur et compositeur Rubén Juárez) et dans un couple l’amoureux le plus fleur bleue (negro, negrito, negra, negrita).
Ceci une fois dit pour nourrir ma rubrique Jactance & Pinta qui mourrait de faim, pas besoin d’être grand sorcier pour comprendre que le propos d’Alorsa est en fait sans aucune ambiguïté. Cette exclamation sonne comme un cri d’enthousiasme pour la prise de fonction d’Obama. Et c’est une des grandes forces de son écriture que de pouvoir jouer ainsi de l’ambiguïté de cette langue orale sans que jamais l’auditeur ou le lecteur (pour autant qu’il ait un minimum de sensibilité au second degré) puisse douter du sens très précis de ce qu’il dit et de ce qu’il pense. Alorsa trouve que j’exagère quand je dis cela mais c’est un très grand poète.

samedi 1 novembre 2008

Misa de todos los santos et everisaterdeinait à La Plata [à l'affiche]

Alorsa et La Guardia Hereje sont de retour dans leur bonne ville de La Plata (70 km au sud de Buenos Aires) et tous les samedis soir (comme c'est écrit en portègne dans le texte dans le titre, orthographe signée Alorsa), ils se produisent à 22h au Tango Criollo Club pour un mois de novembre qui va clore leur saison 2008 (l'été n'est plus très loin maintenant et les vacances approchent). Entrée : 20 $.

En plus, ce soir, c'est Misa de Todos los Santos. Une manière de parler. Il ne faut pas confondre Criollo Tango Club et cathédrale de La Plata... Mais il flotte dans l'air un air de printemps, qui rend guilleret et qui porte à la galéjade.

Tout au long du mois, Alorsa et son groupe recevront en retour ceux qui les ont reçus au cours de l'année. Ce soir, ce sera donc le tour de Va Tangueando, de partager la scène avec eux. Ce sera leur première présentation publique...

samedi 27 septembre 2008

La Chicana au CC Torquato Tasso [à l’affiche]


Vendredi et samedi soir, les 19 et 20 puis 26 et 27 septembre, le groupe de tango La Chicana se produit au Centro Cultural Torquato Tasso dans le quartier de San Telmo. Le show commence à 22h, l’entrée est à 40$.

La Chicana (inutile de traduire, c’est la même chose en français à une voyelle près) est un groupe animé par la chanteuse Dolores Solá (dite Lola Solá) et l’auteur-compositeur-interprète et guitariste Acho Estol. Le quotidien portègne Página/12 dit du groupe qu’il est "heureusement inclassifiable" (felizmente inclasifiable). Dont acte. La première collaboration entre la chanteuse et le guitariste remonte à 1990, quand lui était son arrangeur à elle et l’accompagnait dans ses tours de chants. Depuis ils se sont mariés, ils ont eu des chiens (et pas d’enfants, "faut s’en occuper, c’est compliqué. Un chien au moins, ça a l’élégance d’être indépendant" balance délicatement Acho Estol dans l’interview qui concluait ce vendredi l’article que leur consacrait Página/12, édition du 26 septembre). Chacun d’eux développe aussi une carrière de soliste, indépendamment de l’autre.

Avec d’autres musiciens d’une dizaine d’années leurs cadets, ils ont tous les deux fondé en 1995 un ensemble atypique (bandonéon, percussion, guitare basse, violon et guitare), qui joue volontiers sur le registre de la provoc gothique. Dans leur répertoire, se côtoient à part égale les grands classiques revus et corrigés par leurs arrangements tout à la fois orthodoxes (et très respectueux de la tradition et des auteurs) et un brin punks (gothiques, quoi !) et des compositions originales assez décoiffantes, dont l’essentiel (texte et musique) est d’Acho Estol.

Si vous aimez les frissons, dans l’un de leurs derniers disques, vous adorerez Frankenstein, un tango hors norme, dont la musique est d’Acho Estol et la letra (un poème en fait) de Luis Alposta et vous pouvez vous offrir votre dose de frayeurs en cliquant tout de suite sur le titre pour voir ce que ça donne sur leur site. Ils y offrent quelques clips à regarder et quelques extraits de morceaux à écouter, ça vaut le coup. Entrez en cliquant sous la gueule du clébard (1), là où ils vous laissent le choix entre "Ingresar" et "English version". Sur le disque qui apparaît alors (celui qui figure en haut de cet article), vous cliquez sur la vignette médiévale barrée par le bord du couvre-chef du chef, à 3h15.

En admirant ce superbe disque frappé en son centre des armes de Buenos Aires, vous aurez remarqué qu’ils sont punks, gothiques, pas sortables, mais en couleurs et quelles couleurs !

La Chicana a déjà à son actif plusieurs disques, dont trois sont disponibles (ils en ont en fait enregistré cinq ensemble). L’un d’entre eux est relativement facile à trouver en Europe, il s’intitule Tango Agazapado (Tango à l’affût), précisément celui qui présente le fameux Frankenstein dont je vous traduis ci-après le premier couplet (avec l’autorisation de Luis, dont je sais bénéficier par avance de toute l’indulgence...).

Entre el horror y el espanto
hago de mi grito un canto
mi drama es no tener madre
y ser engendro (2) de un padre
que ahora reniega (3) de mi.

Frankenstein, Luis Alposta

Entre l’horreur et l’épouvante
Je fais de mon cri un chant
C’est mon drame que ne pas avoir de mère
Et d’être le monstre d’un père
Qui maintenant me donne des noms d’oiseau.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le 4 octobre, La Chicana, qui était au mois de mai en tournée en Europe, se produira à La Plata, la capitale de la Province de Buenos Aires, au Tango Criollo Club, à 22h (25 $ l’entrée).

(1) clébard, clebs, cador : perro en argot parisino.
(2) engendro : c’est à la fois le fétus, le nouveau-né mal formé, aux proportions anormales, et toute personne très laide. Et dans le genre, Frankenstein est assez réussi...
(3) renegar : renier mais aussi en langage quotidien insulter, "habiller pour l’hiver"

samedi 19 juillet 2008

Les concerts partagés de La Guardia Hereje en juillet [A l'affiche]

Autre jeune groupe un peu frapadingue et qui vous laissera un souvenir inoubliable, la Guardia Hereje célèbre le culte (d'ailleurs très orthodoxe, contrairement à ce que leur nom sous-entend) à La Plata, la capitale de la province de Buenos Aires. La Plata a été fondée en 1882, à 80 km environ au sud de Buenos Aires, un peu à l’intérieur des terres, quand la Capitale Fédérale est devenue une ville autonome séparée de sa province initiale. Perón a épousé Evita dans la cathédrale du lieu, c’est vous dire si La Plata a des lettres de noblesse malgré son jeune âge...

La Guardia Hereje (la Garde Hérétique, allusion à la Guardia Vieja, la Vieille Garde, et à la Guardia Nueva, la Jeune Garde, les deux grands courants des débuts du tango), c’est comme les Trois Mousquetaires, ils sont quatre : trois guitaristes, dont un chanteur, et un percussionniste. Ils chantent exclusivement leur propre répertoire et animent à La Plata leur propre salle, le Criollo Tango Club. Chaque samedi du mois de juillet, à 22h, ils partagent la scène avec d'autres groupes qui montent, qui montent, qui montent. Dont La Biyuya...

Alorsa, le chanteur-guitariste-poète et compositeur, et ses copains ont déjà à leur actif plusieurs tournées dans toute l’Argentine, en Amérique du Sud et à Cuba. Ils ont auto-produit et auto-distribué un album composé d’un disque et d’un DVD (reprenant un savoureux concert en direct). Il est possible que d’ici peu Alorsa m’annonce la sortie d’un nouveau CD, qui bénéficierait d’une couverture commerciale plus commode pour nous, pauvres Européens perdus à mille miles de toute terre tanguera. Je vous promets de vous en faire profiter. En attendant, ceux d’entre vous qui passeraient à Buenos Aires pendant les vacances peuvent toujours se procurer leur premier album à la librairie du Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (Corrientes, 1543, à peu près à l’angle Corrientes y Callao).

L’un de leurs grands succès est une chanson sur Maradona, dont on peut voir une vidéo sur leur blog (cf. les liens, à droite). Ça vaut le clic de souris... même si vous n’êtes pas fan de foot (et je sais de quoi je parle !). Jugez-en : http://www.myspace.com/laguardiahereje

Concerts de La Biyuya [A l'affiche]

La Biyuya est une jeune formation de musiciens que j’adore et qui mélange dans ses shows des grands classiques du répertoire avec un arrangement revu et corrigé et des oeuvres de leur propre composition.
La Biyuya est una orquesta atípica. Normalement un orchestre de tango (una típica) se compose d’un violon, d’une contrebasse, d’un bandonéon et d’un piano. Avec La Biyuya, rien de tout cela. Un truc à la limite de l’hérésie tanguera et pourtant ils font du vrai tango, tout droit sortie de la tradition la plus authentique de cet art toujours un peu underground et qui le revendique.
Pablo Marasco est aux instruments à vent, notamment la flûte traversière qui avait disparu du paysage au temps d’Eduardo Arolas (1892-1924) !, Pablo Vaira à la basse électrique, Pablo Dichiera à la guitare (la "viola", en argot local), Santiago Varela aux percussions (avec, quand il faut, des cuillères à moka directement sur le jean, c’est là qu’elles rendent le meilleur son !). La seule fille du groupe s’appelle Marina Baigorria et elle chante. Avec une voix !

Ils se produisent ce samedi 19 juillet à La Plata, au Tango Criollo Club, le port d’attache provincial de La Guardia Hereje, et le 23 juillet à Buenos Aires, dans la Salle Pugliese du Centro Culural de la Cooperación Floreal Gorini, avenida Corrientes (1543).

Depuis 2001, il ont enregistré et auto-produit 3 disques dont un est déjà épuisé et deux sont encore disponibles : El cuento de que Dios es argentino, qui date de 2003 (cette blague selon laquelle Dieu serait argentin !), et Buenosairece (un jeu de mot où Buenos Aires tient la place du soleil qui se lève et se couche). On peut acheter leurs disques sur leur site (http://www.labiyuya.com.ar/) et écouter des extraits pour mieux se décider.

Ils travaillent d’arrache-pied pour monter une tournée en Europe. Une telle opération est un vrai travail de Romains. Quand la tournée aura pris forme, pour sûr, vous en serez informés...