Affichage des articles dont le libellé est La Guardia Hereje. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La Guardia Hereje. Afficher tous les articles

vendredi 13 septembre 2024

Hommage à Alorsa pour les quinze ans de sa mort [à l’affiche]

"Le tango est de retour", dit le titre du spectacle
en citant celui d'un des textes les plus connus de Alorsa

A La Plata, la ville où il est né, où il vivait et où un infarctus aigu est venu nous le voler par une nuit caniculaire du mois d’août (32° à Luján ce jour-là, à la fin de l’hiver !), demain, samedi 14 septembre 2024, de nombreux artistes se réuniront sur la scène du Planetarium de l’Université Nationale de La Plata (UNLP) pour rendre hommage à leur ami, l’auteur-compositeur interprète Alorsa, décédé en 2009, à l’âge d’à peine 39 ans (il les aurait eus au mois de novembre suivant).

La soirée commencera à 20h.

Parmi les nombreux artistes annoncés : Cucuza, Lucio Arce (qui vint me prendre à Buenos Aires pour me conduire à ses obsèques à La Plata en ce mois d’août qui nous a tous si douloureusement marqués), Facundo Radice, Julieta Cabrera et bien entendu ses musiciens, qui formaient avec lui La Guardia Hereje (1) et qui ne l’ont pas oublié.

Parmi eux, Leo Gianibelli a assuré la promotion de la soirée : il a donné de nombreuses interviews dans lesquelles il dresse un portrait attachant de l’homme et fait une analyse vue de l’intérieur de l’œuvre inachevée qu’Alorsa nous a laissée avec cette mort terriblement précoce.

Alorsa sur scène. Il brandit un horrible nain de jardin
Entendant un jour qu'il y avait en France un mouvement
"pour la libération des nains de jardin", qui volaient ces objets de décor
chez les particuliers, il avait fait une chanson pleine de son humour
si subtil et délicat
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Permettez-moi d’évoquer ici deux souvenirs : avec son accord, j’avais intégré une dizaine de ses textes à ma seconde anthologie bilingue, Le Bicentenaire de l’Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, parue en décembre 2010 comme numéro thématique spécial de la revue Triages (Tarabuste Editions), un volume que l’éditeur avait publié avec l’aide et le soutien du Conseil National du Livre.

Son hymne à Maradonna, que beaucoup de chanteurs de sa génération ont désormais inscrit à leur répertoire, Para verte gambetear (pour pouvoir te voir dribbler), fait, quant à lui, partie de la première, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, parue en mai 2010 et toujours disponible aux Éditions du Jasmin, que je pourrai donc, non sans émotion, dédicacer dimanche prochain à la Fête de l’Huma, un rendez-vous culturel international qui lui aurait beaucoup plus avec ce public de toutes les couleurs et venu de toute la France. Comme si c’était hier, je me souviens de la découverte de cette chanson en août 2007, au tout début de mon tout premier séjour en Argentine : c’était chez Walter Alegre, le coordinateur de la Ciudad del Tango, au CCC Floreal Gorini, devenu un ami précieux depuis. Pendanr qu’il préparait un modeste et délicieux asado sur son balcon, Walter avait mis en route le magnétoscope pour me faire entendre cette chanson et à peine le morceau était-il terminé que le chanteur lui-même frappait à la porte pour un petit coucou à l’improviste parce qu’il était de passage à Buenos Aires. C’était Alorsa et son inséparable guitare. Il a pris part à ce dîner à la bonne franquette (à la mode argentine), nous avons échangé jusqu’à pas d’heure et je lui ai exposé mon projet de bouquin pour obtenir l’autorisation d’y traduire sa chanson.

Pour les besoins des deux livres, Alorsa et moi avons ensuite beaucoup échangé, par mail interposé (on ne parlait pas encore de Whatsapp), sur les nuances dont je voulais tenir compte dans mes traductions et en 2009, alors que les livres ne sont sortis que l’année suivante, j’ai appris que cela l’avait touché. C’est sa mère, Olga, partie elle aussi beaucoup trop tôt, qui me l’a raconté dans ce salon où elle nous servait le café quelques heures après les obsèques de son fils.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :




(1) La Guardia Hereje : la Garde hérétique. Une allusion à l’histoire du tango où l’on a défini deux époques fondatrices, la Guardia Vieja (la Vieille Garde), où régnaient les musiciens amateurs (avant 1910 approximativement), et la Guardia Nueva (la Nouvelle Garde), où sont apparus les premiers musiciens professionnels, souvent issus de conservatoires et de théâtres européens, lesquels ont donné au tango toute sa complexité orchestrale et harmonique.

samedi 24 novembre 2018

Hommage à Alorsa, à La Plata, pour son anniversaire [à l’affiche]


L'auteur-compositeur interprète Alorsa aurait eu 48 ans aujourd’hui. Il nous a quittés il y a eu neuf ans en août.

Hernán Casciari et Cucuza (un autre Hernán) lui rendront hommage ce soir, samedi 24 novembre 2018, à 22h, à The Brother Concert, dans la rue n° 55 de La Plata, la capitale de la province de Buenos Aires.

Ils seront accompagnés de Noelia Sinkunas (piano), de Mateo Castiello (guitare) et du trio de musiciens qui jouaient avec Alorsa, La Guardia Hereje (Fernando Tato, Sebastián Marin et Leonardi Gianibelli), reconstitué pour l’occasion.

Casciari lira des contes et des récits et Cucuza interprétera le répertoire de notre ami disparu et qui nous manque tant (1).

Il est possible de réserver en ligne (alorsa-eventbrite.com ou hernancasciari.com/entradas).



(1) J’ai traduit plusieurs chansons de Alorsa dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Editions du Jasmin), et surtout dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l’Argentine à travers lepatrimoine littéraire du tango (Tarabuste Editions).

mardi 8 avril 2014

Lucio Arce et les musiciens de la Guardia Hereje rendent hommage à Alorsa [à l'affiche]


L'auteur-compositeur interprète Lucio Arce s'en va à La Plata rendre hommage à notre ami Alorsa, qui nous a quittés en août 2009 à moins de quarante ans. Pour l'occasion, les musiciens de La Guardia Hereje, qui accompagnaient toujours Alorsa (1), reformeront leur trio pour ce récital émouvant, qui aura lieu vendredi en huit, le 18 avril 2014, à 21h30, à l'angle des rues 17 et 71 dans la capitale provinciale au sud de Buenos Aires...


(1) Alorsa fait partie des auteurs présentés dans mes deux anthologies bilingues de tangos argentins, dans Barrio de Tango (Editions du Jasmin) et dans Deux cents ans après (Tarabuste Editions) où j'ai traduit une dizaine de ses textes, avec son accord et son appui. Mais il est mort avant la parution de l'ouvrage.

dimanche 19 août 2012

A 90 ans, Juan Carlos Godoy sort un nouveau disque [à l'affiche]

Après un hommage qui lui a été rendu il y a deux semaines à la Academia Nacional del Tango, c'est maintenant au Festival de Tango de Buenos Aires, au Centre d'Exposition, à la Recoleta, que se tiendra en fin d'après-midi à 18h une nouvelle présentation de ce nouveau disque du chanteur Juan Carlos Godoy, l'une des vedettes du documentaire Café de los Maestros dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler dans ces colonnes.

Pour l'occasion, Página/12 consacre une assez longue interview au vénérable artiste, qui ne boude pas son plaisir de revenir ainsi périodiquement sur le devant de la scène à un âge ma foi avancé.


Pour aller plus loin :

Hier, à l'amphitéâtre Eva Perón du Parque del Centenario, le Festival rendait hommage à Alorsa, grâce au concours de deux des musiciens du groupe La Guardia Hereje (1), et de quelques chanteurs amis parmi lesquels on retrouvait Lucio Arce, Cucuza et Juan Pablo Villareal. La maman d'Alorsa avait fait le voyage depuis La Plata pour être présente. Malheureusement, l'heure un peu trop précoce pour un samedi après-midi (15h) et les 10 jours de pluie exceptionnels jusqu'à vendredi inclus avaient découragé beaucoup de gens de venir se risquer sur des gradins trop exposés aux récentes intempéries... Quel dommage car sans faire grand soleil, il n'est pas tombé une goutte d'eau de l'après-midi et il faisait raisonnablement bon, même pour de Portègnes, surtout avec le maté en pogne et la thermos à portée de main.

(1) L'un des deux guitaristes de la Guardia Hereje a temporairement raccroché son instrument après la mort d'Alorsa il y a trois ans. Il le reprendra un jour parce que la musique lui manque trop. J'ai pu longuement en parler avec lui après le concert. Chacun se remet comme il peut de ce drame...

mercredi 24 novembre 2010

Alorsa aurait eu 40 ans aujourd'hui. Retour en images sur Tarde con Alorsa à La Plata le 5 septembre [Retour sur Images]

Para Olga y Juan y toda la familia


Alorsa était né le 24 novembre 2010 à La Plata. Pendant presque 10 ans, il fut un auteur-compositeur interprète d'un très grand talent et il avait réussi à se tailler une belle réputation artistique dans sa chère ville de La Plata, où il animait sa propre petite salle de spectacle, qu'il avait baptisée Tango Criollo Club. Le Tango Criollo Club a été réouvert au début du mois par un autre musicien, Juan Ermelo, avec l'accord des parents d'Alorsa, auxquels je dédie l'article de ce jour.


A mon arrivée sur place, grâce à un remis que m'avait envoyé Radio Provincia Buenos Aires (merci à eux) et que j'avais partagé avec Cucuza.
De dos tout à gauche et en noir, le père d'Alorsa. A droite, à l'arrière plan, la dame en pull violet près de la balançoire, c'est la maman. Tout au fond, sous la bâche frappée du logo de La Guardia Hereje, la petite scène où allaient se produire les artistes.

Alorsa, de son vrai nom Jorge Marcelo Pandelucos, est décédé d'une crise cardiaque foudroyante, le dimanche 30 août 2009. Par chance, s'il est permis de s'exprimer ainsi, je me trouvais alors à Buenos Aires et j'ai pu lui rendre mes devoirs sur place le lendemain. Sur cette disparition qui a endeuillé tout le tango nuevo de Buenos Aires et de sa région, voir mon article du 1er septembre 2009.

Aujourd'hui, Alorsa aurait donc eu 40 ans. Il était né au printemps...

Sur le mur, en face, on prépare la reproduction du logo. De dos, avec son chapeau haut-de-forme que les organisateurs avaient largement distribué aux participants, la photographe Gabriela Hernández, une femme adorable, gentille et excellente professionnelle...


Vingt minutes à une demi-heure plus tard, le dessin prend forme, grâce au maté (au premier plan, il y a un paquet de Cruz de Malta qui a déjà vécu), pas mal de Coca, du soda goût pamplemousse (le must chimique local), des pâtisseries de supermarché et un gros paquet familial de carambars apportés de France, plus exactement de Paris, par la seule touriste étrangère qui ait eu vent de l'événement.


L'ami Talo et son groupe ouvraient le bal. Talo, Juan Carlos Beraza de son vrai nom, est un militant du GEN, un parti social-démocrate (il y en a plusieurs en Argentine) récemment issu de l'UCR. A l'intérieur des instances de son parti, Talo s'occupe de politique culturelle et comme vous le voyez, il joint les actes à la parole, lui ! J'ai fait sa connaissance le 27 août 2009, à l'issue du dernier concert d'Alorsa, celui qu'il avait donné à Buenos Aires, au Festival de Tango, à la Ciudad Cultural Konex, à l'Abasto (voir mon retour sur images du 27 septembre 2009 sur ce qui fut le dernier concert de notre ami).


Ayant accumulé du retard dans le traitement de mes souvenirs d'Argentine pour des raisons indépendantes de ma volonté, j'ai décidé d'attendre cette date symbolique pour publier dans ces colonnes un petit hommage avec ce reportage sur Tarde con Alorsa, cette après-midi festive que j'avais annoncée la veille sur Barrio de Tango (voir mon article du 4 septembre 2010). Elle avait été organisée à l'initiative d'un certain nombre d'amis et d'admirateurs, en premier lieu par la radio locale Radio Estación Sur et les musiciens de La Guardia Hereje, le groupe qu'il animait, le dimanche 5 septembre 2010, pour le premier anniversaire de son départ, su gira comme disent les Argentins (sa tournée). La municipalité de Tolosa avait déclaré l'événement de interés cultural.


Les deux guitaristes de la Guardia Hereje à nouveau réuni sur une scène. A gauche, "dans les coulisses", vous reconnaissez les autres artistes en train d'attendre. Avec sa veste en jean et son crâne nu, vous reconnaissez Cucuza, même de dos. De face, avec son pull orange, vous reconnaissez Lucio Arce. Et le grand maigre, el flaco comme on dirait là-bas, dans l'ombre de l'arbre, vous (ne) reconnaissez (pas trop) -pourtant c'est bien lui- Juan Pablo Villareal, autre auteur-compositeur-interprète.

Après une dizaine de jours de très vilain temps sur tout le littoral du Río de La Plata, ce dimanche-là, ce dimanche de fin d'hiver, le soleil avait bien voulu revenir. Il faisait bon. Les parents d'Alorsa étaient là, avec leur fils, leur belle-fille et les deux petits-enfants. Les musiciens de La Guardia Hereje étaient là eux aussi, les deux trublions de Fractura Expuesta aussi, arrivés par le train. Les confrères chanteurs, Cucuza, Lucio Arce, Juan Carlos Villareal avaient fait le déplacement, qui depuis Buenos Aires, qui depuis San Isidro. Son grand ami Talo était là aussi avec son saxo et son groupe de musiciens amateurs. Plein d'enfants. Plein de thermos et de maté dans les habitants de ce quartier de Tolosa. Une dame inconnue m'a tendu un mate bien chaud après mon intervention au micro. Des animateurs de Radio Provincia Buenos Aires nous avaient rejoint, eux qui avaient annoncé l'événement le vendredi précédent et avaient tenu à m'interviewer en direct à 15h à cette occasion. Le psychanalyste José Retik est venu lui aussi, il était dans le public, c'était Luis Alposta qui lui avait passé l'info, Luis Alposta avec lequel il vient d'écrire un deuxième livre (voir mon article du 1er novembre 2010 sur la sortie de ce second ouvrage de dialogue entre le psychanalyste et le médecin-poète). Il y avait même une Française, tout récemment propulsée Académica correspondiente en París de la Academia Nacional del Tango, venue partager ce moment et lire, dans sa langue, une traduction de Te morfaste las facturas, devant un public médusé et ravi, heureux de savoir que le talent d'Alorsa allait pouvoir être connu et reconnu ainsi de notre côté de l'Atlantique et dans notre langue (1).


Lucio Arce.
Au restaurant La Paila, à Palermo, quelques jours auparavant, Lucio avait déjà rendu hommage à Alorsa en reprenant sa chanson Pobre enano de jardín, qu'il avait annoncée en disant qu'il aurait aimé l'écrire (voir mon retour sur images du 17 octobre 2010 sur ce concert partagé avec Alan Haksten Grupp et une auteur-compositeur-interprète folkloriste argentine... installée en Alsace).


Juan Pablo Villareal.
C'est Lucio Arce qui a décidé de l'accompagner à la guitare. Tout cela a été organisé sur place, dans l'improvisation nationale, avec quelques minutes de répétition, quelques mètres plus loin, dans un recoin de la place...


Et enfin Cucuza qui est aussi de la partie bien que non annoncé au programme.


Plus d'un an après sa mort, cet ami me manque toujours autant.


La plaque souvenir, dévoilée en présence des parents, porte un extrait d'un recitativo (un récit) d'Alorsa, qui s'appelle Al pan pan (entendez "appeler un chat un chat"). Il y parle du rapport des Argentins à leur devise nationale, à l'histoire politique du pays telle qu'on peut la voir sur les billets de banque, à la dévaluation (celle de la crise de 2001) et à l'inflation. Un jour, je vous le traduirai, ce recitativo (2). Le Don José dont il est question dans le texte, c'est San Martín (dont le portrait figure sur les billets de 5 pesos, c'est-à-dire une toute petite valeur, beaucoup trop petite pour un aussi grand personnage, surnommé le Père de la Patrie et le Libérateur). Juan Manuel de Rosas, lui, est sur les billets de 20 pesos et Domingo Sarmiento sur ceux de 50. Quant au billet de 10 pesos, il est aujourd'hui illustré d'un portrait de Belgrano (3), mais Alorsa rêvait qu'il porte celui de Diego Maradona, surnommé El Diez, son numéro de dossard en sélection nationale lorsqu'il était joueur.
Exceptionnellement, je publie cette photo dans une résolution assez haute, pour que vous puissiez lire le texte en agrandissant l'image (cliquez dessus pour la voir en définition originale).


L'après-midi avance. Le mural aussi.


Toutes les radios rassemblées dans le studio de campagne de Radio Estación Sur. Sont présentes Radio Estación Sur, Fractura Expuesta et Radio Provincia Buenos Aires. Dans les mains de Maximiliano Senkiw (debout à droite), un sac plastique rose dont les Français reconnaîtront au premier coup d'oeil la charte graphique : c'est celle des supermarchés Monoprix. Ce n'est pas parce que cette chaîne s'est implantée en Argentine et y distribue des bolsitas rédigées en français. C'est que j'en avais dans mes bagages et en avais enveloppé mon bouquin Barrio de Tango : sous le plastique publicitaire, il y a l'exemplaire destiné à la bibliothèque du Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini. Je prenais l'avion le lendemain et doutais de ma capacité à faire un saut jusqu'au CCC pour le remettre moi-même en main propre à Walter Alegre, le coordinateur de la Ciudad del Tango, le département tanguero du CCC (Sur les exemplaires disponibles à la consultation à Buenos Aires, voir mon article du 10 septembre 2010) Assis à droite et micro en main, c'est Germán Marcos (les deux animateurs principaux de Fractura Expuesta).


Au micro de Radio Estación Sur, cet après-midi-là, en vivo (en direct), pour expliquer pourquoi et comment j'ai traduit des oeuvres d'Alorsa en français.
Photographiée par Gabriela Hernández, qui m'a autorisée à publier cette photo dont j'ai réduit à dessein la résolution.


De l'autre côté de la rue, la comparsa se prépare. Nous n'aurons pas le temps de la voir. Cucuza et moi avions donné trop tôt rendez-vous à notre remisero, notre chauffeur, qui devait nous reconduire jusque dans nos pénates à Buenos Aires... Gabriela, gentiment, m'a envoyé quelques clichés que je garde pour une éventuelle autre occasion...


Le soir tombe. Le logo de la Guardia Hereje apparaît avec son filet rouge sur le mural...


La nuit est tombée. Cucuza et moi, nous sommes partis et la maman d'Alorsa prend cette photo pour le souvenir et pour me l'envoyer... L'image initiale est un découpage de cette photo : la mention verticale sur la droite.

Un résumé en photos, celles de Gabriela Hernández,
sur un enregistrement de Ezeiza, de et par Alorsa
(parmi les photos qui défilent, celles de mon interview en direct sur Radio Estación Sur)

(1) Une dizaine de textes d'Alorsa, dont Ezeiza, vont paraître très prochainement dans la revue Triages dont j'ai assuré, pour les éditions Tarabuste, la conception et l'écriture d'une anthologie bilingue de 150 pages sur 10 poètes populaires actuels de Buenos Aires. Alorsa ouvrira ce numéro thématique de Triages. Parution en décembre.
(2) Traduire un texte littéraire de ce type, à la fois poétique et plein de jeux de mots et d'allusions à des détails locaux, cela ne se fait pas en trois minutes chrono...
(3) Pour identifier la plupart de ces personnalités, voir mes articles sur l'histoire, le Vademecum historique et les articles sur la Semana de Mayo, dont vous trouverez les raccourcis dans la rubrique Petites chronologies, dans la partie centrale de la Colonne de droite.

lundi 6 septembre 2010

L'hommage à Alorsa toute la semaine sur Radio Estacion Sur [à l'affiche]


L'hommage qui a été rendu durant toute l'après-midi sur une place de La Plata à Alorsa (voir mon article du 4 septembre 2010 sur le sujet) va être diffusé sous forme d'extraits tout au long de la programmation tous les jours de la semaine, du 6 au 10 septembre, sur la radio platense Radio Estacion Sur, que vous pouvez écouter en streaming (cliquez sur le lien).

Vous retrouverez les chanteurs Juan Villareal, Cucuza, Lucio Arce,  les journalistes German Marcos et Maxi Senkiw, de l'émission Fractura Expuesta, les deux guitaristes de La Guardia Hereje, qui étaient tous là.

Avec un peu de chance et en tombant sur le bon moments, vous m'entendrez peut-être lire ma traduction en français de Te morfaste las facturas, une glosa que Alorsa disait et jouait avec un talent exceptionnel, un texte qui fera partie de la prochaine anthologie, celle qui doit sortir en décembre 2010 comme numéro thématique de la revue Triages, aux Editions Tarabuste (Saint Benoît du Sault, 36170, dans l'Indre).

J'étais donc moi-même à La Plata il y a quelques heures et je publierai d'ici peu un Retour sur Images sur cette après-midi ensoleillée de fête populaire toute simple. Attendez seulement que j'ai retrouvé mes pénates parisiennes pour mettre en ordre toutes les photos, y compris celles pris samedi soir à Clasica y Moderna de Tres mujeres para el show et des trois présentations que j'ai faites à Buenos Aires de mon livre, Barrio de Tango (ed. du Jasmin). Je vous rapporte aussi des reportages sur d'autres spectacles à La Paila, au Festival etc...

Cet article lui-même aura sa propre illustration d'ici quelques jours...

dimanche 7 mars 2010

Un reportage sur Alorsa téléchargeable sur Canal Encuentro - Article n° 1200

Para Juan y Olga, para Guillermo, para Sebastián, Fernando y Leonardo

Alorsa au 1er anniversaire de El Tango vuelve al Barrio
au Bar El Faro, à Buenos Aires
en août 2008
racontant Vuelve el Tango




Tocá Tango (Touche du bois) est une série d'émissions documentaires conçue et montée par Rodrigo de la Serna et son partenaire, Juan Hermelo Díaz, sur la musique populaire du Río de la Plata : tango, murga, candombe et milonga.

Rodrigo de la Serna est un acteur très populaire en Argentine, un brillant jeune premier du petit écran. Beau gosse, bon interprète, il s'est lancé, il y a quelques années, dans le tango comme chanteur et leader du groupe El Yotivenco qui interprète un répertoire ancien et qui comporte quelques tangos peu chantés de nos jours. Il utilise la notoriété que lui vaut ses rôles à la télévision pour faire un travail très appréciable et très apprécié au service d'artistes moins célèbres que lui et très talentueux. Il était présent le 3 octobre à la présentation du 2ème disque de La Guardia Hereje, à peine plus d'un mois après le décès du leader du groupe (lire mon article à ce sujet).

Vous identifierez assez vite l'acteur à la fréquence de ses apparitions à l'écran. La vedette connue du grand public, c'est lui et ça se voit.

Sur le site de Canal Encuentro, la chaîne publique culturelle argentine, vous pouvez visionner en ligne ou télécharger gratuitement les 12 numéros de cette série consacrée à 25 artistes et groupes du tango d'aujourd'hui, qui pour beaucoup d'entre eux appartiennent à la génération montante.
Un peu plus de six mois après la brutale disparition, le 30 août dernier, de l'auteur-compositeur-interprète Alorsa, qui animait à La Plata le groupe La Guardia Hereje, lui qui aurait sans doute participer avec tant de plaisir au 1er Festival de Tango indépendant qui s'est ouvert hier soir à Buenos Aires (lire mon article d'hier), j'ai choisi de lui consacrer cet article à numéro, le 1200ème que je publie dans Barrio de Tango, blog ouvert le 19 juillet 2008.
Son amitié, sa gentillesse et son talent, énorme, le méritaient largement, lui qui ne verra pas la sortie de mon livre et qui l'avait déjà annoncée, espérée, fait attendre en Argentine...

L'émission qui lui est consacrée est la 9ème de la série, elle s'intitule La Guardia Hereje - Murgas de La Plata. Elle intéressera donc aussi tous ceux de mes lecteurs qui sont curieux du carnaval argentin, du carnaval de Buenos Aires, des carnavals qui se tiennent sur les rives du Río de la Plata : vous y découvrirez trois murgas de la capitale provinciale.

L'émission elle-même dure en tout une demie-heure. Retirez la minute et demie où Rodrigo de la Serna et Juan Hermelo Diaz racontent comment l'idée de la série leur est venue et les buts qu'elle poursuit et vous voilà débouchant dans une La Plata de plein été, en plein carnaval.
Il y a à La Plata une douzaine de murgas distinctes. Rodrigo de la Serna a choisi d'en présenter trois : Los Sospechosos del barrio (les suspects ou les dingos du quartier), Los Descarrilados del compás (les déraillés du tempo) et Parando en todas (On mise dans toutes les courses). Vous les reconnaîtrez chacune à ses couleurs et à son type de costume, comme c'est le cas de toute murga digne de ce nom.
Bien sûr, l'émission est conçue pour le public argentin, et non pour un public étranger : il y a donc bien des points qui ne sont pas approfondis tout simplement parce qu'ils relèvent là-bas de l'évidence la plus basique. Ainsi l'accent argentin des interviewés ne se laisse pas oublier. Les passages dansés sont brefs (tout le monde sait ce qu'est la danse des murgas, inutile d'insister dans un petit format comme celui-là). La plus longue séquence est très belle et particulièrement bien choisie, y compris pour nous, en Europe : il s'agit de la récitation d'une glosa, ces textes poétiques et farfelus que les murgas récitent en plein air, dans une tradition purement carnvalesque. Alorsa était passé maître dans l'art de la glosa : il en parsemait ses spectacles et vous en entendrez une, la plus connue sans doute, Vuelve el Tango, au début de la séquence consacrée à la Guardia Hereje. En écoutant bien cette glosa de carnaval, vous pourrez percevoir d'où vient l'art si particulier de dire la poésie inventé par Horacio Ferrer, qui lui est propre et qu'on entend dans les enregistrements qu'il a faits des glosas qui parsèment María de Buenos Aires et de nombreux grands tangos comme Balada para un loco (1) ou Yo payador, qu'il écrivit pour et avec Osvaldo Pugliese et dont celui-ci n'acheva jamais tout-à-fait la partition... (pour lire mes articles sur María de Buenos Aires et sur Balada para un loco, cliquez sur les liens constitués par les titres de ces oeuvres).

La séquence sur les murgas de La Plata dure 10 minutes et présente un assez joli échantillon de ce que peut être un carnaval du côté du Grand Fleuve.

La partie consacrée à Alorsa et La Guardia Hereje s'ouvre avec Vuelve el tango (le tango est de retour) dit par Alorsa. Ne tenez pas compte du sous-titre qui annonce Al pan pan, une autre glosa que l'on entend pas dans l'émission (pourtant excellente elle aussi). Vuelve el tango sera bientôt disponible en français dans un second ouvrage, que je publierai prochainement, sur 10 poètes populaires argentins d'aujourd'hui.

Vous entendrez dans ces 20 minutes La Pesadilla (dont j'avais cité le refrain pour vous annoncer le décès de notre ami, dans mon article du 1er septembre dernier : la pesadilla, ça veut dire Le cauchemar), Para verte gambetear (que j'ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, à paraître à mi-avril 2010 aux Editions du Jasmin), qui célèbre Maradona sans chercher à dissimuler les failles du personnages, et El Pelado y la mocosa (le chauve et la mignonne).

L'émission a été enregistrée pendant l'été 2007. J'ai fait moi-même connaissance avec Alorsa à Buenos Aires quelques mois après, grâce à son DVD Tangos y otras yerbas (Tangos et autres plantes, expression qui copie la formule de composition de certains paquets de yerba maté aromatisée, puisque l'on peut la vendre mêlée à de la menthe ou de la verveine ou d'autres plantes qui ne sont pas consommées en Europe).

L'émission comporte une assez longue interview des quatre musiciens du groupe. Vous entendrez donc parler Alorsa, les deux guitaristes, Sebastián Marin et Fernando Tato, et le percutionniste, qui était un ami de très longue date d'Alorsa, Leonardo Gianibelli. Cet article leur est dédié à eux trois et aux parents d'Alorsa, qui veillent aujourd'hui, avec amour et admiration, sur l'oeuvre de leur fils, ainsi qu'à son frère.

L'émission est téléchargeable gratuitement. Il vous suffit pour cela de vous enregistrer sur le site de Canal Encuentro, en donnant une adresse mail valide et un mot de passe que vous construirez vous-même. Cela permet à Canal Encuentro de suivre les consultations des internautes et donc d'en savoir un peu plus sur les attentes du public. L'émission est disponible en format complet (d'environ 170 Ko) ou en plages prédécoupées avec lesquelles vous pouvez monter votre propre DVD.



Les autres émissions de la série portent à chaque fois sur deux artistes ou groupes et prouve un véritable intérêt pour l'influence noire dans la musique populaire de la région, ce qui est le signe d'une démarche très authentique et courageuse de la part de Rodrigo de la Serna (2) :

n° 1 : Ramiro Gallo – Negros de Miércoles
n° 2 : Coco Romero – La Chicana
n° 3 : Alfredo Tape Rubín et son groupe, Las Guitarras de Puente Alsina – Centro de Murga de Buenos Aires
n° 4 : Juan Tata Cedrón – Javier Ortuño et Herbert Piritz
n° 5 : Victor Parma – Cosa de Negros
n° 6 : Carlos Quilici – Álvaro Ortuño – Murgas en Estación de Tren
n° 7 : Agarrate Catalina – Cuareim 1080
n° 8 : Producto Malena Mulaya – Tabaré Cardoso
n° 9 : La Guardia Hereje – Murgas de La Plata
n° 10 : Gustavo Mozzi – La candela de San Telmo
n° 11 : Hugo Rivas Cuarteto – Afrocandombe
n° 12 : Los Inevitables – Orquesta Típica Astillero Tango


(1) Vous découvrirez cette manière de dire dans le disque Melopea qui accompagne mon recueil bilingue de tango argentin, sur la table des matières duquel je publierai prochainement un article (c'est prévu pour demain si l'actualité ne m'oblige pas à retarder cette parution) et plus tard, je ferai de même avec le contenu du disque. Pour ces articles, j'attendais de disposer de facsimilés jpeg des pages du livre. Pour lire l'ensemble de mes articles sur l'ouvrage, cliquez sur ce lien et pour en savoir plus sur la souscription (ouverte jusqu'au 30 mars), cliquez sur ce second lien.
(2) Rodrigo de la Serna a tourné l'année dernière un téléfilm pour le Bicentenaire où il incarne ni plus ni moins que José San Martín, le Père de la Patrie, dont le film raconte la traversée des Andes, un épisode particulièrement glorieux des guerres d'indépendance de l'Argentine, du Chili et du Pérou. Lire
mon article sur ce tournage.

samedi 3 octobre 2009

Ce soir, présentation de 13 Canciones para Mandinga, le second et dernier disque de Alorsa [Disques & Livres]

Photo par Germán Marcos, l'un des animateurs de Fractura Espuesta, prise pendant le spectacle donné au Teatro Coliseo Podestá de La Plata, en juillet dernier

Ce soir à La Plata, les musiciens de la Guardia Hereje présentent, à la demande des parents d'Alorsa, le nouveau disque, au jour et à l'heure où lui-même avait décidé de présenter ces nouvelles chansons.

Alorsa avait prévu d'intituler ce deuxième disque de son groupe 13 canciones para Mandinga. Ce sera au Tango Criollo Club, à l'angle de l'avenue 7 et de la rue 42 (à La Plata, les rues portent des numéros et non des noms). Entrée libre et gratuite.

Le disque lui-même n'est pas encore sorti. Alorsa en peaufinait quelques détails, après avoir regardé le match de foot du San Lorenzo de Almagro, son équipe préférée, à la télé, avec ses parents et son frère, quand l'infarctus l'a terrassé, le 30 août dernier.

A La Plata viennent participer à l'hommage de ce soir, l'acteur et chanteur Rodrigo de la Serna et son guitariste Juan Hermelo (le groupe El Yotivenco), Dema et la Petitera, qui fileront ensuite à Buenos Aires où ils sont attendus à 23h30 au CAFF (voir l'article à ce sujet) et les musiciens de La Plata que sont Waldemar Fabialdo (du groupe Kilombo 14) et Leo Raimondi de The Patreses. D'autres viendront sans doute aussi même s'il était difficile de savoir exactement qui et quand. En effet, il s'est à peine écoulé un mois depuis la mort d'Alorsa. Pour organiser ce concert, il a d'abord fallu que tout le monde se ressaisisse après le choc puis bouleverse tout son calendrier pour dégager cette soirée.

On sait que les musiciens, Leonardo Gianibelli, le percussionniste, Fernando Tato et Sebastián Marín, qui ont organisé tout cela comme ils ont pu, feront entendre certaines pistes du futur disque et notamment les textes-paraboles qu'Alorsa savait jouer à merveille sur scène et qu'il avait enregistrés pour 13 Canciones para Mandinga. On en passera aussi qui appartiennent au premier disque et qui ont fait connaître le talent de notre ami : Vuelve el tango (le tango est de retour) et Pobre enano de jardín (pauvre nain de jardin, que lui avaient inspiré les délires du Comité pour la Libération des nains de jardin qui, souvenez-vous, volait les statuettes dans les jardins de banlieue en France et en Belgique pour les installer en toute liberté dans les parcs). On entendra aussi, toujours du premier disque, la merveilleuse Canción de cuna para mi vieja (Berceuse pour ma mère) et La cría del Plata (le petit du Plata - la cría, c'est le petit d'animal), la chanson dont Alorsa m'avait un jour écrit qu'il était le plus fier...

Le spectacle doit se terminer avec deux classiques pour le public qui connaissait déjà La Guardia Hereje : Para verte gambetear (un hommage très subtil à Maradona) et Ezeiza, qui est le dernier morceau qu'il a chanté sur scène, le 27 août dernier, à la Ciudad Cultural Konex, au cours du Festival de Tango de Buenos Aires.

On ne risque rien à parier que cette présentation trouvera un écho jeudi prochain, dans la prochaine émission de Fractura Expuesta, que vous pouvez écouter en podcast (en téléchargeant le document MP3 directement sur le site; dont vous trouverez le lien dans la rubrique Ecouter, dans la Colonne de droite).

Un abrazo grande a todos.

mercredi 30 septembre 2009

Hommage de Página/12 à Alorsa [Actu]

C’était le mercredi 2 septembre sous la plume de Carlos Bevilacqua, lui-même vivement affecté par l’événement qui s’était produit dans la nuit du 30 au 31 août.

Je vous traduis ci-après l’intégralité de l’article, qui nous avait tous beaucoup émus (et ce n’est pas fini).

Aujourd’hui, voilà un mois qu’Alorsa nous a quittés et nous continuons à ne pas pouvoir y croire.

Miércoles, 2 de septiembre de 2009
MUSICA : MURIO JORGE PANDELUCOS, EL LIDER DE LA GUARDIA HEREJE
Alorsa, un ejemplo tanguero a seguir

Mercredi, 2 septembre 2009
Musique : Jorge Pandelucos, l’animateur de la Guardia Hereje, est mort
Alorsa, un exemple tanguero à suivre

Fue anteayer. La noticia se metió como un puñal artero por las casillas de mail y por los teléfonos celulares de tantos que habían tenido la suerte de conocerlo personalmente: “Se murió Alorsa”. A continuación, se cruzaron las preguntas teñidas de dolor tratando de entender cómo alguien sano, de 38 años, se va sin previo aviso, por un infarto como toda explicación. La tristeza se multiplica todavía en el ambiente del tango más genuino, ese que no resigna sus principios por un par de morlacos, porque Jorge Pandelucos, más conocido como “Alorsa”, fue además de un buen tipo, un artista talentoso, creativo y tesonero.
(Carlos Bevilacqua, Página/12)

C’était avant-hier. La nouvelle s’est plantée comme un poignard bien manié dans les messageries et les téléphones portables (1) de tant de gens qui avaient eu la chance de le connaître personnellement. "Alorsa est mort". Et aussitôt après, les questions imbibées de douleur ont fusé de toutes part pour tenter de comprendre (2) comment une personne en bonne santé, à l’âge de 38 ans, pouvait s’en aller sans crier gare, avec l’infarctus pour toute explication. La tristesse croît toujours dans le milieu du tango le plus authentique, celui qui ne renonce pas à ses principes pour une poignée de thunes (3), parce que Jorge Pandelucos, plus connu sous le nom de Alorsa, était non seulement un type bien, mais aussi un artiste talentueux, créatif, solide.
(traduction Denise Anne Clavilier)

La mayor exposición pública de Alorsa se dio a través de La Guardia Hereje, un cuarteto platense de guitarras, percusión y cantor que desde 2002 refrescó la letrística del tango con verdades actuales, sin perder por eso una visión poética del mundo ni enfrascarse en metáforas crípticas. Como alma mater del grupo, él escribía las letras, colaboraba en su musicalización en formas de tangos, milongas y candombes, se ocupaba personalmente de producir los discos, de armar el cronograma de conciertos y de hacer la prensa. “Hay un placer en hacerlo así, a pulmón”, decía. A pesar de llevar la pelota, Alorsa supo repartir juego al crear el Tango Criollo Club, un espacio pensado para compartir escenario con El Yotivenco, La Chicana y La Orquesta Típica Fernández Fierro, entre otros grupos del palo menos prejuicioso del tango. Luego de un año en un local de 7 y 42, el ciclo logró recalar en Buenos Aires.
(Carlos Bevilacqua, Página/12)

La plupart de ses apparitions publiques, Alorsa les a faites au sein de La Guardia Hereje (4), un quatuor de La Plata avec guitares, percussion et chanteur qui, depuis 2002, donnait un coup de jeune aux textes du tango avec des vérités actuelles, sans perdre pour autant une vision poétique du monde ni s’emprisonner dans des métaphores indéchiffrables. En sa qualité d’Alma mater du groupe, il écrivait les textes et faisait un travail collectif pour les mettre en musique sous forme de tangos, de milongas et de candombes, il se chargeait personnellement de la production des disques, de l’établissement du calendrier des représentations et assurait le service de presse. "Il y a du plaisir à faire ça de cette manière, à la force du poignet" disait-il. Le fait d’avoir le ballon (5) n’empêchait pas Alorsa de savoir distribuer le jeu lorsqu’il créa le Tango Criollo Club, un espace qui avait été conçu pour partager la scène avec el Yotivenco, La Chicana et la Orquesta Típica Fernández Fierro, entre autres groupes de la trempe la moins médiocre du tango. Au bout d’un an dans une salle située à l’angle des rues 7 et 42 (6), les concerts réussirent à se poser à Buenos Aires (7).
(traduction Denise Anne Clavilier)

La Guardia Hereje había editado en 2004 Tangos y otras yerbas, su único CD íntegramente compuesto por piezas propias que pronto parió un hermano en vivo con varios recitados como atractivos bonus tracks. Luego de siete años de trajinar por el circuito “under”, el jueves pasado se había presentado por primera vez en el marco del Festival y Mundial de Tango. Por estos días, preparaba la presentación en La Plata del material para un segundo CD que pensaba titular “Canciones para mandinga”. En el camino los herejes también llenaron dos veces el histórico Teatro Coliseo Podestá, algo así como el Colón de La Plata.
(Carlos Bevilacqua, Página/12)

La Guardia Hereje avait sorti en 2004 Tangos y otras yerbas, son unique CD intégralement composé de morceaux originaux qui très vite enfanta un frère [enregistré] en public avec en plus des paraboles racontées (8) comme autant de bonus captivants. Après 7 ans à se trimbaler à travers le circuit underground, jeudi dernier pour la première fois il s’était produit dans le cadre du Festival et du Mundial de Tango. Ces jours-ci, il préparait la présentation à La Plata du contenu de son second CD qu’il envisageait d’intituler Chansons pour Mandinga (9). En chemin, les hérétiques avaient aussi rempli deux fois l’historique Théâtre Coliseo Podestá, qui est un peu à La Plata ce que le Colón est à Buenos Aires (10).
(traduction Denise Anne Clavilier)

Como pocos, Alorsa supo aprovechar las bondades de Internet para hacerse un lugar en los oídos de la gente. Además de grabar en forma independiente, vendía sus discos a precios accesibles por canales no tradicionales y durante el último verano decidió liberarlo por Internet a través de una descarga gratuita a pedido. “Por cada disco que alguien se descarga hay diez personas que cantan nuestras canciones en diferentes lugares del mundo”, había dicho en una nota para este diario.
(Carlos Bevilacqua, Página/12)

Comme peu de gens, Alorsa avait su profiter des avantages d’Internet pour se faire une place dans les oreilles des gens. Non content d’enregistrer en toute indépendance, il vendait ses disques à des prix accessibles, hors des circuits traditionnels et l’été dernier, il avait décidé de le libéraliser sur Internet à travers un téléchargement gratuit sur demande. "Pour chaque disque que quelqu’un télécharge, il y a 10 personnes qui chantent nos chansons en différents points du monde" avait-il dit dans un entrefilet à ce journal. (11)
(traduction Denise Anne Clavilier)

Alorsa llegó al arte de una manera oblicua. Luego de estar a punto de graduarse como ingeniero electrónico, trabajar como profesor de matemática y viajar como mochilero-guitarrero por América latina, estaba manejando un taxi por la Ciudad de las Diagonales cuando sintió que tenía que hacer algo con esos papelitos que llenaba con apuntes de lo más disímiles. Nacieron entonces las primeras canciones , que después trascenderían como “La pesadilla”, “Para verte gambetear” o “Ezeiza”.
(Carlos Bevilacqua, Página/12)

Alorsa était venu à l’art par un chemin de traverse. Après avoir été à deux doigts de passer son diplôme d’ingénieur en électronique, avoir travaillé comme professeur de mathématiques et avoir voyagé sac à dos et guitare en bandoulière à travers l’Amérique Latine, il conduisait un taxi dans la Ville des Diagonales (12) quand il sentit qu’il avait quelque chose à faire avec ces bouts de papier qu’il couvrait de notes dans tous les sens. C’est ainsi que sont nées les premières chansons qui ont ensuite connu le succès comme Le Cauchemar, Pour te voir jouer, ou Ezeiza. (13)
(traduction Denise Anne Clavilier)

Así como tras perder las facturas del domingo en una de sus letras él advierte que acechan los traidores, su partida recuerda que en cualquier momento hay que dejar el puesto. Pero también que mientras se pueda continuar jugando hay un ejemplo a seguir.
(Carlos Bevilacqua, Página/12)

Comme, quand il ne retrouve plus les viennoiseries du dimanche dans un de ses textes (14), il nous avertit que les traîtres sont à l’affût, son départ nous rappelle qu’à n’importe quel moment on peut avoir à quitter le terrain (15). Mais aussi que, tant qu’on peut continuer à jouer, il y a un exemple qu’il faut suivre.
(traduction Denise Anne Clavilier)

Vous pouvez retrouver un bon nombre des spectacles auxquels Carlos Bevilacqua fait allusion dans les entrées de ce blog consacrés à Alorsa. Pour y accéder, cliquez sur le nom du chanteur dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search en haut de l’article ou dans la rubrique Vecinos del Barrio (j’ai maintenu pour le moment Alorsa en première position, comme de son vivant, et je ne sais pas quand ni si j’aurai un jour le courage ou la résignation de l’installer plus bas, dans la section Toujours là. Il le faudra bien un jour mais... on a le temps).

Pour accéder directement à l’article de Carlos Bevilacqua, sans passer par ma traduction, cliquez sur ce lien.

(1) Mes amis belges écriraient GSM...
(2) Carlos a lui-même fait partie de ces personnes sonnées qui cherchaient à comprendre. Sa question est revenue sur ma messagerie en réponse au mail que j’avais moi-même envoyé pour annuler la réunion festive que je comptais organiser la veille de mon départ, dans une pizzeria de San Telmo, où j’avais déjà réuni mon petit monde l’année dernière. Le 20 juillet de cette année, pour la fête de l’amitié (día del Amigo), j’avais publié dans ce blog une deuxième photo de cette réunion, précisément celle de la partie de la tablée où Alorsa s’était installé et où on ne voit guère que le noir de jais de ses cheveux...
(3) thunes : argot parisien pour traduire le lunfardo morlacos
(4) Guardia Hereje : la Garde Hérétique. Allusion aux deux grandes écoles-époques du tango des origines, qu’on a appelées Guardia Vieja et Guardia Nueva, laquelle commence avec Julio De Caro. Depuis, ces deux termes sont une référence permanente, qu’on met à toutes les sauces. Alorsa l’avait choisie, en référence à beaucoup de choses et en particulier à une oeuvre du poète et dramaturge populaire Evaristo Carriego, Misas Herejes.
(5) Carlos Bevilacqua utilise ici une métaphore footeuse très classique en Argentine et dont Alorsa adorait se servir.
(6) A La Plata, les rues ont plus souvent des numéros que des noms. Ce n’est pas ce qui aide le plus l’automobiliste à s’y repérer.
(7) Carlos fait ici allusion aux deux séries de shows que La Guardia Hereje a données au Conventillo de Teodoro, dans le quartier de Almagro, et dont j’ai plusieurs fois parlé dans ces colonnes... Cela avait été un travail ardu pour Alorsa de trouver ce lieu et de conclure cet accord. Cela avait commencé par un essai de 2 mois, qui avait été couronné de succès, puis il était à nouveau revenu pendant deux nouveaux mois. Il avait ensuite réussi à faire un soirée dans un café de l’avenue Corrientes. Je me souviens qu’il était en pleine négociation avec le patron du Conventillo le jour où Cucuza fêtait à El Faro le 1er anniversaire de El Tango Vuelve al Barrio. C’est pour ça que c’était Alorsa qui m’avait raccompagnée jusqu’à mon hostel, à Almagro, dans sa voiture...
(8) c’est moi qui choisis de traduire ainsi le terme recitativo. C’est en fait une notion intraduisible. C’est un mot qui s’utilise beaucoup pour parler de ces morceaux dits et non chantés qu’Horacio Ferrer a introduits dans le genre avec le début de Balada para un loco et qu’il cultive avec un admirable talent. Alorsa était et Juan Vattuone est, autant l’un que l’autre, de grands experts dans le maniement de ces temps éminemment théâtraux et très difficiles à faire passer sur scène de manière naturelle, sans artifice.
(9) Mandinga est un personnage du carnaval sur les deux rives du Río de la Plata. Il symbolise l’héritage noir présent dans la culture de cette région. Mandinga est le nom d’une ethnie d’Afrique de l’ouest à laquelle appartenait la majorité des esclaves qu’on débarquait dans le port de Buenos Aires aux 17 et 18èmes siècles.
(10) Teatro Colón : l’opéra de Buenos Aires. Dans le domaine de la musique populaire, seuls de très, très grands y ont été admis : Troilo, Pugliese, Piazzolla, Salgán... Carlos Bevilacqua fait ici allusion aux deux représentations au Teatro Coliseo Podestá, dont je vous ai présenté en juillet la deuxième.
(11) Le chroniqueur fait allusion à une interview d’Alorsa qu’il avait lui-même fait paraître dans Página/12 en juillet dernier.
(12) surnom de La Plata
(13) Les chansons citées ici (et d’autres aussi), il en sera question dans les livres que je prépare en ce moment et qui paraîtront pour l’un, je l’espère, avant Noël (je croise les doigts) sinon vers février et pour l’autre, dans le courant du premier semestre 2010. Je suis en train de faire des changements que la disparition de l’auteur impose. Quand tout est consommé, il faut présenter les choses différemment et il m’en coûte de s’y résoudre.
(14) Allusion à Te morfaste las facturas, avec lequel il avait ouvert son spectacle du 27 août, au Konex, à la stupéfaction ébahie d’un public venu pour danser et pour "écouter du tango" et qui se trouvait face à cette espèce d’ovni culturel, quelque chose de totalement inattendu mais qui fut chaleureusement applaudi.
(15) autre métaphore footballistique, si fréquente dans le langage quotidien à Buenos Aires.

dimanche 27 septembre 2009

Il y a un mois : le dernier show d'Alorsa. Retour sur image [à l'affiche]

Pour Monsieur et Madame Pandelucos, pour Talo, pour Sebastián Linardi et ses copains de Fractura Expuesta, pour Sebastián el Ñato, Fernando et Leo...

C'était le jeudi 27 août dernier, à la Ciudad Cultural Konex, au coeur du quartier de l'Abasto. Alorsa et La Guardia Hereje étaient les invités de la Ciudad Cultural Konex dans le cadre du 11ème festival de tango de Buenos Aires. C'était la première fois qu'ils se produisaient à Buenos Aires dans ce cadre prestigieux. Ils ont joué pendant une demi-heure au cours d'une soirée très complète qui mêlait cours d'initiation (très, très basique), milonga, démonstration de la danseuse et professeur Milena Plebs, le tout animé par le DJ Gaby Plaza (qui est aussi journaliste au quotidien La Nación) et trois shows (mais je n'en ai vu que deux). Ceux que j'ai vus, c'était donc d'abord La Guardia Hereje puis le faux contrapunto (défi, tournoi, confrontation) entre deux chanteurs, Javier Cardenal Domínguez et Pablo Banchero.

Par un de ces tours du hasard dont Buenos Aires a le secret, surtout pendant le festival, je me suis trouvée à la même table que Sebastián Linardi, l'un des journalistes de l'émission de radio Fractura Expuesta, dont je vous parle souvent. On se connaissait de nom, on s'est rencontrés ce soir-là. On l'ignorait encore mais nous devions nous revoir, dans des circonstances très tristes, le lundi suivant à La Plata.

Alorsa et ses musiciens, les deux guitaristes Sebastián et Fernando et le percussionniste Leonardo, ont joué devant un public très attentif, qui majoritairement ne les connaissait pas et cela se sentait dans la surprise épatée qu'on devinait dans la qualité de l'écoute. La Guardia Hereje, c'était un groupe de La Plata, pas de Buenos Aires, et La Plata se trouve à 80 km au sud de la capitale fédérale... Alorsa a démarré avec son récit pamphlétaire et parabolique sur les ravages de la corruption au quotidien, Te morfaste las facturas (tu t'es boulotté les viennoiseries). Il a mélangé les morceaux de son premier disque dont je vous ai déjà parlé (Tangos y otras yerbas) et de son second disque, qui va sortir à titre posthume. Il a terminé sous les applaudissements avec cet autre récit homérique qu'est Vuelve el Tango. Et ils ont fait un bis, Ezeiza, une chanson qui parle des Argentins qui partent à l'étranger chercher un sort économique meilleur...

Après la Guardia Hereje, venait la fausse confrontation entre Cardenal et Pablo Banchero, l'un chevelu façon hippie, l'autre, plutôt gendre idéal. Cardenal s'accompagnait lui-même à la guitare tandis que Pablo Banchero chantait sur des pistes d'orchestre enregistrées. A la fin de ce tour de chant partagé, j'ai aperçu Alorsa qui se glissait à l'arrière de la salle. Je suis allée le rejoindre et retrouver aussi Lucio Arce et Cardenal ainsi qu'un ami de Alorsa que je ne connaissais pas et qui est devenu le mien maintenant, Talo. Nous nous sommes éloignés vers la cour de la Ciudad pour prendre un verre et bavarder sans déranger le public. On est restés là à cette table jusqu'à ce que l'extinction des lumières nous jette dehors... C'est la dernière fois que j'ai vu Alorsa. C'est aussi la dernière fois que le public a pu l'entendre...

A la demande de ses parents, Sebastián, Fernando et Leonardo préparent en ce moment même un spectacle avec des artistes invités pour la présentation du nouveau disque. Ce sera le 3 octobre, à la date que Alorsa avait lui-même fixée.

Les photos que je publie ci-après ont été prises pendant la soirée par Sebastián Linardi, qui me les a fait parvenir et m'a autorisée à les publier du vivant d'Alorsa... Il faisait très chaud ces jours-là, environ 30 degrés, très inhabituel en hiver à Buenos Aires, et je n'avais pas voulu prendre le risque de prendre mon appareil photo (sur une touriste, ça se voit et ça attire le prédateur).

Je m'étais dit que j'aurais d'autre occasions de photographier Alorsa et ses musiciens sur scène. Je comptais de toute manière le revoir le jeudi 3 septembre, lors d'un petit dîner que je voulais organiser pour dire au revoir avant de me rendre à Ezeiza...


La Guardia Hereje au grand complet


Te morfaste las facturas...


Cardenal

Pablo Banchero

Ajout du 28 septembre 2009 : Sebastián Linardi m'envoie par mail ces deux liens vers des extraits du show du Konex que ni lui ni moi n'avons encore le courage de regarder. Mais vous, rien ne vous en empêche. Alors profitez-en... Vous allez voir ce que nous avons perdu et celui que nous continuons de pleurer.
Extrait n° 1 du show La Guardia Hereje au Festival de Tango de Buenos Aires
Extrait n° 2 du show La Guardia Hereje au Festival de Tango de Buenos Aires
Alorsa les avait mis en ligne le lendemain ou le surlendemain en prévision de la présentation de son nouveau disque, qu'il comptait faire le samedi 3 octobre. Et le disque sera bien présenté samedi, avec plusieurs artistes invités qui viendront ainsi lui rendre hommage, à la demande de ses parents.

mercredi 8 juillet 2009

Alorsa et La Guardia Hereje débarquent sur l’avenue Corrientes [à l’affiche]

Si toutefois les dégâts collatéraux de la grippe A veulent bien leur en laisser le loisir... On a vu hier que la grande majorité des théâtres ont décidé de fermer en attendant des jours meilleurs, puisque l’épidémie de grippe A dissuade le public de sortir au spectacle.

Or donc, ces réserves faites, Alorsa et la Guardia Hereje doivent se produire le 16 juillet prochain, dans une salle de la Avenida Corrientes, au numéro 1660, au Terraza Teatro Bar, à 22h30 (entrée 20$).

Les fidèles lecteurs de Barrio de Tango connaissent déjà très bien ce groupe installé à La Plata, à 80 km au sud de Buenos Aires. Je ne peux que renvoyer les nouveaux vers les autres articles que je leur ai déjà consacrés et que vous trouverez facilement en cliquant sur leur nom soit dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, soit dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite.
Leur site est aussi présenté, dans les rubriques de liens qui occupent la partie basse de la Colonne de droite, sous l’intitulé Grillons, zorzales et autres cigales... C’est ce blog qu’il faut aller visiter avant de vous rendre au concert pour vous assurer que le show (le spectacle en Argentine) a bien lieu...
Vous pouvez aussi consulter la page du Terraza Teatro Bar sur Facebook sous le lien.