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dimanche 15 août 2021

Liliana Herrero au CCK en souvenir de Horacio González [à l’affiche]

De gauche à droite :
Teresa Parodi, Eduardo Falu et Liliana Herrero
Photo CCK


Ce soir, dimanche 15 août 2021, à 18h, l’auteure-compositrice interprète Liliana Herrero, l’un des grandes représentantes du folklore de nord-est argentin, entourée de ses amis, la chanteuse (et auteure-compositrice) Teresa Parodi et le guitariste (et auteur-compositeur) Juan Falú, se présentera sur la scène du CCK pour un spectacle conçu avec son défunt mari, le sociologue et écrivain Horacio González, disparu en mai des suites du covid-19.

Ce spectacle, intitulé Mojones, signos y memoria de la Patria (Bornes, signes et mémoire de la patrie), ils l’avaient projeté ensemble, Horacio González devant lui-même dire les textes qu’il avait écrits.

Les trois musiciens ont invité quelques confrères et consœurs à partager cette scène dans ce moment si délicat pour Lilliana Herrero : Pedro Rossi sera à la guitare, Facundo Guevara aux percussions, Ariel Naón à la contrebasse et Lilián Saba au piano.

Une du supplément culturel du jour
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Le concert se répètera dimanche prochain, le 22, et il sera alors retransmis en direct par les réseaux sociaux du CCK (Facebook et Youtube). Il y aura une troisième concert le 29 août.

L’entrée est gratuite. Les Argentins qui souhaitent assister au concert peuvent retirer leurs places aux guichets du CCK selon les modalités habituelles du Centre.

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

vendredi 2 octobre 2020

Liliana Herrero en concert à distance [à l’affiche]

Une du supplément culturel de Página/12 hier

La chanteuse de folklore du nord-est entrerriano (1) Liliana Herrero donnera un concert en streaming dimanche 4 octobre 2020 à 20 h (heure argentine).

L’artiste est très réservée sur les modalités virtuelles de partage musical mais cette lutteuse politiquement très engagée (à gauche) entend combattre elle aussi les dérives provoquées par les restrictions sanitaires dues à la pandémie : la distorsion spacio-temporelle qui, d’après elle, s’instaure entre l’artiste et son public à cause de l’intermédiation de l’écran (2). Elle a donc intitulé son tour de chant Falso Brillante (faux brillant) et l’a déjà enregistré dans une salle disposant de tous les moyens professionnels vidéo et audio, la salle Oeste Usina Cultural.

Elle y est accompagnée par le guitariste Pedro Rossi et le contrebassiste Ariel Naón, ses partenaires habituels.

Le concert passera sur la plateforme Cruza Live.

Liliana Herrero a répondu hier aux questions de Página/12 qui en fait la une de ses pages culturelles.



(1) La province de Entre-Ríos fait partie du nord-est argentin. C’est la patrie du chamamé, aux confins sud du terroir de la yerba mate.
(2) Ce n’est pas complètement faux mais c’est surtout l’artiste ou le conférencier qui se sent coupé du public dont il ne perçoit pas les réactions. Le public souffre beaucoup moins de cette séparation physique.

mercredi 14 juin 2017

Liliana Herrero fait son bilan en chansons à Caras y Caretas [à l'affiche]

L'auteur-compositeur interprète Liliana Herrero, une représentante reconnue de la musique populaire du Litoral, dont elle est native (1), s'apprête à monter sur la scène du Centro Cultural Caras y Caretas, Sarmiento 2037 (2) pour y présenter un nouveau tour de chant, intitulé Todos estos años (toutes ces années). Elle y repasse ses trente ans de carrière et les nombreux albums qu'elle a publiés, avec ses propres chansons et des reprises de morceaux d'autres auteurs.


En juin 1987, l'artiste sortait son tout premier disque. Nostalgie...

Elle se produira les vendredi 16 et 23 juin 2017, à 21h.

Página/12 a donc consacré sa une culturelle à la chanteuse et publie ce matin une longue interview, à lire en espagnol sous le lien.



(1) Liliana Herrero est née dans la province de Entre-Ríos, pays de chamamé et de mate.
(2) Caras y Caretas appartient au Grupo Octubre, qui possède aussi Página/12 et la plupart des médias kirchneristes. Liliana Herrero appartient elle-même à cette partie de la gauche argentine, brutalement rejetée dans l'opposition depuis l'élection inattendue de Mauricio Macri, en novembre 2015, au second tour de la présidentielle.

lundi 9 mai 2016

Imposible, le nouveau disque, très militant, de Liliana Herrero [Disques & Livres]


La chanteuse Liliana Herrero, compagne de Horacio González, l'ancien directeur de la Biblioteca Nacional, a choisi le combat d'idées pour son tout nouveau disque, intitulé Imposible, dans lequel elle reprend la fleur du répertoire engagé du folklore national, avec des auteurs comme Atahualpa Yupanqui, Cuchi Leguizamón et Armando Tejada Gómez, mélangeant les styles et les esthétiques régionales en un seul disque. Son quatorzième depuis 1987.


Cette sortie, en ce temps où la gauche reprend du poil de la bête pour contester le virage à droite de l'Argentine, depuis près de six mois, donne l'occasion à Página/12 de consacrer une longue interview à l'artiste du Litoral en une de son supplément, Яadar.

Herrero a présenté son nouvel album au Coliseo Podestá, à La Plata, le 6 mai dernier.
Elle reprendra ce même récital au Teatro Opera Allianz à 20h30, à un jet de pierre de l'Obélisque, dans un mois le 9 juin 2016, à 20h30. En attendant, une deuxième présentation aura lieu à La Plata le 27 mai.

Pour en savoir plus :
se connecter à sa page Facebook.

Ajout du 28 mai 2016 :
Página/12 consacre la une de ses pages culturelles de ce samedi (ci-dessous) à ce disque avec une interview de Liliana Herrero. Il semblerait que ce disque, de reprises de pièces maintenant au répertoire, plaise bien à cette rédaction.

lundi 15 décembre 2014

Un méga-pot de départ pour saluer Zaffaroni [Actu]


Le juge à la Cour suprême Raúl Zaffaroni, grand pénaliste reconnu à l'échelle internationale, vulgarisateur talentueux de sa matière et député conventionnel à l'Assemblée constituante de 1994 qui a modifié la charte fondamentale argentine, a annoncé, il y a plus d'un mois, son irrévocable démission à la fin de l'année civile. Ce brillant militant des droits de l'homme et de la démocratie estime en effet que les emplois publics à vie relèvent de la monarchie et non de la république, or il est foncièrement républicain, et qu'à 75 ans bientôt révolus, il est temps pour lui de laisser la place à un confrère plus jeune.

Ses admirateurs ne se comptent plus, en Argentine et à l'extérieur du pays, et ce n'est que justice, sans calembour douteux. Ces admirateurs, parmi lesquels on compte bien entendu une grande partie des soutiens de l'actuelle majorité, n'entendent pas le laisser s'en aller comme ça, sans tambours ni trompettes. La Universidad Nacional San Martín, dite UNSAM, située dans la ville homonyme de la proche banlieue ouest de Buenos Aires, très engagée dans les enjeux de la liberté politique et de la démocratie à l'image de sa figure tutélaire, organise ce soir, à 18h, une grande fête, avec une pléiade d'artistes très engagés dans la lutte pour les droits de l'Homme (1) et le ban et l'arrière-ban des ONG de droits de l'Homme, comme Madres de Plaza de Mayo et Abuelas de Plaza de Mayo.

De son côté, le site du Ministère de la Justice Infojus Noticias, aux mains de Julio Alak, ancien maire de La Plata, a ouvert un espace dédié à l'événement, qui abrite un bel hommage audiovisuel qui évite la plupart des pièges de la récupération politique : plein de photos de l'intéressé à tous les âges, souvent très souriant, fraternel, cordial, un chapitre consacré à sa monumentale bibliothèque et même un petit jeu en ligne.

Une belle photo publiée par Infojus Noticias
Le juge en train de boire le mate dans son bureau de la Cour Suprême

L'UNSAM rassemble tout cela sous le slogan, un chouia provocateur, "Zaffaroni juez de la Patria", un décalque du titre accordé après sa mort au général San Martín, el Padre de la Patria (1778-1850). C'est drôle et significatif en même temps, car les deux hommes partagent plusieurs traits de caractère et de personnalité. Ils sont tous les deux dotés d'un bon sens de l'humour, savent fédérer les gens et les mobiliser, ils ont une culture générale monumentale, aiment passionnément leur pays, consacrent leur force à la lutte pour la liberté politique et savent se retirer des affaires publiques sans s'accrocher à leur pouvoir...

Si Página/12 s'en est réjoui dans ses pages hier, Clarín a aussitôt contre-attaqué avec, dans les termes, une violence et un emportement qui montrent à quel point ce journal reste éloigné des exigences de la démocratie, du respect de la pluralité des opinions dans une société libre, des enjeux de la justice dans un Etat de droit, que Zaffaroni n'a pas cessé de servir durant sa longue carrière. De son côté, un autre quotidien de l'opposition, La Prensa, rend compte de la fête à travers un entrefilet neutre, dont le ton n'est pas loin d'être bienveillant.

Plusieurs professeurs de droit prendront la parole au cours de l'acte académique et la manifestation sera ouverte au grand public.

Je suis heureuse aujourd'hui de participer à travers ce blog à l'hommage rendu à un grand bonhomme de la Démocratie.
Le clin d'œil de Miguel Rep, ce matin, à la une de Página/12

"Zaffaroni Président. Ou Premier ministre. Ou Roi de Justiceland. Ou Président du Monde. Ou Pape.
Clameur auto-réalisatrice (mais après, il ne démissionne pas, hein ?)"
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour en savoir plus :
consulter les pages Zaffaroni, pleines d'humour, dans Infojus Noticias.


(1) Les folkloriste Liliana Herrero et Peteco Carabajal, ainsi que le musicien Ignacio Montoya Carlotto, petit-fils de Estela de Carlotto qui a retrouvé sa famille de naissance en août dernier.

mercredi 8 octobre 2014

Carlos Saura prépare un film sur le folclore argentin [à l'affiche]


Après ses longs métrages sur le tango, le flamenco et le fado, le cinéaste espagnol Carlos Saura, 82 ans, a entamé le tournage à Buenos Aires d'une co-production hispano-argentine sur le folclore argentin. Ce documentaire, dépouillé de toute intrigue dramatique, devrait s'intituler Zonda, Folclore Argentino, et rassembler quelques unes des plus grandes célébrités du genre, dont quelques redoutables représentants du folclore for export comme El Chaqueño Palavecino (super-grosse vedette équipée d'un super-tourneur de super-star qui lui monte partout sur le continent des shows super-clinquants à la Johnny Hallyday) ou Los Nocheros (un groupe vocal qui joue à fond la carte du pittoresque et se présente sur scène dans des tenues aussi chamarrées et bucoliques qu'un packaging de yerba mate).

Ces monstres du show-bizz côtoieront des artistes beaucoup plus personnels comme Liliana Herrero et Jaime Torres, Pedro Aznar et Luis Salinas (lequel est bien plus un jazzman qu'un folkloriste tant et si bien que je me demande ce qu'il vient faire dans cette affaire).

Le pianiste Lito Vitale est de l'aventure puisqu'il assure la direction musicale du tout. Dans le mélange, devenu habituel chez Saura, Vitale sera peut-être un gage de cohérence musicale.

Certains cinéphiles adorent ce style un peu fourre-tour du Saura de l'après-franquisme (et qui, à mon humble avis, manque un peu de discernement artistique, voire politique, comme si la transition espagnole avait vidé le cinéaste de l'esprit critique acéré qu'il manifestait sous la dictature, du temps où il était le gendre de Charlie Chaplin) mais il en faut pour tous les goûts et ma foi, si ce nouveau film permet de découvrir un pan de la musique argentine dont nous ne connaissons presque plus rien (1) en dehors de l'Espagne, tant mieux...

Página/12 consacre au cinéaste et à son nouveau film le premier article de ses pages culturelles, avec interview à la clé. Et photo en couverture.


(1) Nous en connaissions quelque chose dans les années 70 lorsque Mercedes Sosa et Atahualpa Yupanqui vivaient en exil, notamment en France, et jouaient dans nos salles et sur nos plateaux de télévision.

mercredi 1 octobre 2014

Festival des Musiques des Provinces jusqu'à dimanche [à l'affiche]


Du 2 au 5 octobre 2014, à EcuNHi (1) et à Técnopolis, se tiendra un festival des musiques rurales de toutes les provinces argentines pour la dixième édition successive.

De très grosses vedettes sont attendues comme le guitariste jazzman Luis Salinas, la chanteuse Liliana Herrero, le guitariste compositeur Juan Falú, et des jeunes comme l'orchestre de folklore de l'école de musique populaire d'Avellaneda...

Le programme complet. Cliquez sur l'image pour lire le contenu.


A côté des concerts, il y aura des stages, des cours, des conférences, des démonstrations chorégraphiques et des bals, des stands divers et variés...

L'entrée à toutes les activités est libre et gratuite sur les deux sites. Página/12 consacre la une de ses pages culturelles à l'événement (ci-dessus).


Pour en savoir plus :
consulter le site Internet du Ministère de la Culture, organisateur de la manifestation.


(1) Juste avant sa nomination au Gouvernement, Teresa Parodi, chanteuse, compositrice de folklore (Province de Corrientes), était la directrice de ce centre culturel dépendant de l'ONG Madres de Plaza de Mayo, dans le complexe de l'Ex-ESMA, à Palermo.

lundi 18 novembre 2013

Trois jours d'hommage à Mercedes Sosa à Buenos Aires [à l'affiche]


Le Festival d'art populaire Mercedes Sosa en est à sa deuxième édition. Il se tiendra aujourd'hui puis mercredi et jeudi au Teatro IFT situé rue Boulogne-sur-Mer au numéro 549, dans le quartier de l'Abasto.


La manifestation organisée par le Cefma, cercle intellectuel marxiste (1), veut mettre en relief les liens existant entre l'œuvre de la grande folclorista et l'Argentine du présent. Un grand nombre d'artistes de folclore, de rock et de tango se succéderont donc sur la scène de ce théâtre (voir l'affiche ci-dessus, en cliquant dessus pour une meilleure résolution). Les conférences se rapportent au cinquantième anniversaire du Manifeste du Nouveau répertoire de chanson (Manifiesto del Nuevo Cancionero), un manifeste sur l'identité politique de la chanson argentine pendant la guerre froide, et des trente ans du retour de la Démocratie (10 décembre 1983).

Le Festival s'ouvrira, ce soir, lundi 18 novembre 2013, à 21h, avec la projection d'un documentaire du fils de Mercedes Sosa sur sa maman. Entrée : 25 pesos.

Les deux autres jours, l'entrée est fixée à 50 pesos (ce n'est vraiment pas énorme, mais ça nous change de la plupart des festivals dont vous aurez sans doute remarqué qu'ils sont à entrée libre et gratuite, qu'ils s'agissent des festivals organisés par la Ville autonome de Buenos Aires et son gouvernement si affairiste, ou des manifestations alternatives, montées par des organisations qui s'inscrivent franchement dans l'opposition). Le festival du CEFMA est donc une espèce d'ovni venant d'un tel courant de la gauche !


Página/12, qui patronne la manifestation, lui a consacré un article dans ses pages culturelles.

Pour aller plus loin :


(1) Mercedes Sosa a appartenu un temps au parti communiste argentin, comme Atahualpa Yupanqui et Osvaldo Pugliese. Les deux premiers ont fini par quitter l'organisation, comme beaucoup d'intellectuels après le rapport Kroutchev. Le dernier en est resté membre jusqu'à son dernier souffle. Dans la vie politique effective de l'Argentine, le marxisme a eu peu d'influence concrète. En revanche, son influence a été très puissante dans la vie intellectuelle et culturelle de tout le pays, il a même gagné certains courants théologiques catholiques (dans la théologie de la libération qui a investi tout le sous-continent).

vendredi 11 octobre 2013

Liliana Herrero ce soir au Teatro Coliseo [à l'affiche]


Une grande voix du folclore argentin à découvrir, celle de Liliana Herrero, qui se produira ce soir au Teatro Coliseo, Marcelo T. de Alvear 1125, à 21h entourée de ses musiciens, pour présenter son nouveau disque, intitulé Maldigo (je maudis), où elle revisite le répertoire de quelques uns des plus grands comme Atahualpa Yupanqui, Miguel Abuelo, Fernando Cabrera, Juan Falú ou la Chilienne Violeta Para, adorée par les musiciens argentins.

Liliana Herrero est une chanteuse du folclore litoraleño comme disent les Argentins pour désigner la côte fluviale délimitée par le fleuve Uruguay et, dans une moindre mesure, par le Paraná. Elle est née en 1948 dans la Province de Entre-Ríos, dans la Mésopotamie argentine, précisément entre ces deux puissants cours d'eau dont la jonction forme le Río de la Plata.

Dans ce nouveau disque, qu'elle veut essentiellement politique, Liliana Herrero, qui est philosophe de formation, entend interroger le phénomène actuel de construction de l'identité argentine ou des différentes traditions qui confluent en elle pour la constituer. Dans une conversation à bâtons rompus mais un peu tarabiscotée avec Página/12 ce matin, elle évoque le travail sonore pour dégager quelque chose d'authentique en intégrant les éléments constitutifs de cette tradition, non seulement sur le plan strictement musical mais aussi en intégrant jusqu'aux essences locales, qui donnent le bois et donc l'acoustique d'un bon nombre d'instruments de musique, entre autres les percussions, mais qui donnent aussi aux paysages qu'ils composent leur identité irréductible. Le travail de la musicienne a également porté sur l'émission vocale et la manière de rendre le langage, de mettre en valeur ou de casser les textes. Elle estime que ce nouvel album, qui est aussi un nouveau récital, est très chargé en émotions et se révèle difficile à soutenir sur toute la longueur du spectacle tant il demande d'énergie aux musiciens.

Vidéo promotionnelle de Maldigo

Ce soir, donc, au Teatro Coliseo, dans le quartier de Retiro, avec Pedro Rossi (guitare), Ariel Naón (basse électrique et contrebasse), Mario Gusso (percussion), Martín Pantyrer (saxophones) et Lucio Baldini (guitare électrique).

Pour en savoir plus :
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samedi 4 février 2012

Pour Liliana Herrero, la quête de l'identité passe par la musique [Disques & Livres]


L'auteur-compositeur-interprète et chanteuse de folclore Liliana Herrero, qui, en plus de sa carrière musicale personnelle, assure aussi la direction du centre culturel ECuNHi, fondé par l'ONG Madres de Plaza de Mayo, va sortir prochainement une nouvelle édition de son disque Este Tiempo (Le temps présent), accompagné cette fois-ci d'un DVD enregistré en août de l'année dernière dans les locaux d'une entreprise récupérée par ses salariés (en SCOP, équivalent argentin).

Elle présentera l'ensemble lors d'un concert programmé le samedi 21 février, à la Ciudad Cultural Konex, dans le quartier de l'Abasto.

Le quotidien Página/12 en a profité pour interviewer l'artiste.

Extraits.

“Veo con preocupación que no haya una mirada con relación a la multiplicidad extraordinaria y a la enorme cantidad de compositores y poetas que existen en el país” [...] “Este es un tiempo promisorio. Entonces, acompañemos esa promesa, profundicemos esa promesa”
Liliana Herrero, citée par Página/12

Je constate avec inquiétude qu'on ne porte pas les yeux sur l'extraordinaire variété et l'énorme quantité de compositeurs et de poètes qui existent dans ce pays. [...] Le temps présent est un temps prometteur. Accompagnons donc cette promesse, approfondissons cette promesse.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Por qué buscó un anclaje presente y contemporáneo?
–Quería señalar la singularidad de este tiempo, los acontecimientos promisorios que tiene este tiempo político, cultural y musical. En este sentido, quería mostrar una vez más –y sin ponerlos a todos– un panorama de los compositores que a mí me interesan mucho en estos momentos, que están produciendo música hace tanto tiempo y con tanta belleza. Siempre me he puesto a trabajar fundamentalmente sobre músicos que ya no están, y esta vez quise señalar la peculiaridad de este tiempo en la Argentina y en el Cono Sur; en este caso, en Uruguay. Quería destacar las formas magníficas que tiene la composición de la música popular en esta región. Pero aclaro que no están todos los compositores que a mí me gustan. [...] Me dispongo a dialogar con esas composiciones para saber qué me dicen. Me sentí muy contenta de hacer el disco porque es un signo de estos tiempos, un señalamiento de la música como un modo bello de mirar el mundo. Es un tiempo complejo y la música lo es. Nadie nos dijo que la música era fácil; en todo caso, lo dicen ciertos medios, pero cualquiera que se ponga a estudiar la historia de la música en un sentido universal o de esta región percibe rápidamente que no hay simplicidad, al contrario. Lo cual no quiere decir que haga una apología de la complejidad, pero sí que uno debe trabajar alegre y responsablemente en relación a la música.
Liliana Herrero, citée par Página/12

- Pourquoi avez-vous cherché un ancrage présent et contemporain ?
- Je voulais montrer la singularité du temps présent, les événements prometteurs que comporte cette période politique, culturelle et musicale. Dans ce sens, je voulais montrer une fois encore -et sans les y mettre tous- un panorama des compositeurs qui m'intéressent beaucoup moi en ce moment, qui font de la musique depuis si longtemps et de manière si belle. Toujours je me suis mise au travail fondamentalement sur des musiciens qui ne sont plus de ce monde, et cette fois-ci, j'ai voulu montrer la particularité de notre époque en Argentine et dans la Cône Sud (1), en l'espèce en Uruguay. Je voulais mettre en valeur les manières magnifiques de composer de la musique populaire dans ce coin-là. Mais je précise qu'il n'y a pas tous les compositeurs que j'aime. [...] Je me dispose à dialoguer avec ces compositions pour savoir ce qu'elles ont à me dire. J'ai été ravie de faire ce disque parce que c'est un signe de ce temps, une mise en lumière de la musique comme une belle manière de regarder le monde. Notre époque est complexe et la musique est complexe elle aussi. Personne n'a dit que la musique, c'était facile. En tout cas, certains médias le disent mais quiconque se met à étudier l'histoire de la musique dans un sens universel ou celle de ce coin de la planète perçoit rapidement qu'il n'y a aucune simplicité, tout au contraire. Ce qui ne veut pas dire que je fasse une apologie de la complexité. En revanche, tout le monde doit travailler avec plaisir et responsabilité quand il s'agit de musique.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Qué implica esa responsabilidad?
–Cuando digo responsable me refiero a no conceder tan alegremente y no ser cómplice de un empeño furioso que tiene el mercado, los medios y a veces también los festivales para ubicarse con relación a la música. A mí me gusta más otro modo de ubicarme con respecto a la música. Hay una historia de la música más que interesante para pensar, porque hay grandes compositores y cantores en América latina, en el mundo y en la Argentina que nos señalan claramente un camino por el cual ellos ya han transitado. Y me interesan aquellos músicos que han introducido novedades y riesgos artísticos. Después, no logro escuchar con interés las formas más convencionales de la música, más estandarizadas, más banalizadas o simplificadas. Hay que saber que hay una hegemonía cultural que está marcada a fuego por una estandarización del oído y que no resuelve el gran problema, que es la interrogación misma sobre la música. [...] A veces los gobiernos tampoco saben cómo resolver eso y terminan cediendo fácilmente a conceptos que no me resultan estimulantes para pensar los espectáculos. Se concentran en recursos ya comprobados.
Liliana Herrero, citée par Página/12

- Qu'implique cette responsabilité ?
- Quand je dis responsable, je pense à ne pas faire de concession d'un coeur léger et de ne pas être complice d'un gage fou qu'exige le marché, les médias et parfois aussi les festivals pour se positionner dans la musique. Moi, j'aime mieux d'autres manières de me positionner dans la musique. Il y a une histoire de la musique à quoi il est plus qu'intéressant de réfléchir parce qu'il y a des grands compositeurs et de grands chanteurs en Amérique Latine, dans le monde et en Argentine qui nous indique clairement le chemin par lequel eux-mêmes sont déjà passés. Et ces musiciens qui ont introduit des nouveautés et des risques artistiques m'intéressent. Pour le reste, je n'arrive pas à écouter avec intérêt les formes plus conventionnelles de musique, plus standardisées, plus banalisées ou simplifiées. Il faut savoir qu'il y a une hégémonie culturelle qui est marquée au fer rouge par une standardisation de l'oreille et qui ne résoud pas le grand problème qui est l'interrogation même sur la musique. [...] Parfois, les gouvernements ne savent pas non plus comment résoudre ça et finissent par céder par facilité à des concepts qui ne sont pas stimulants pour moi pour imaginer des spectacles. Ils se concentrent sur des ressources déjà éprouvées.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–¿Qué políticas culturales deberían implementarse?
–No estamos pensando bien cultural y artísticamente al país. ¿Qué se necesita para que podamos poner en el escenario personas valiosísimas y que son desconocidas por la propia Argentina? Tomar ese riesgo, nada más. Tomar el riesgo de diseminar en todo el país conciertos simultáneos para festejar cualquier cosa. En cambio, se repiten los mismos artistas. Y no porque los que tocan sean malos músicos, sino porque no se amplía la cosa. Hay que apostar a que los públicos puedan escuchar algo absolutamente diferente de lo que ya saben. Son muchas lenguas las que están dando vueltas alrededor de los grandes temas de la música. Y tenemos que poder escuchar todas esas formas y modos musicales. Si no, hegemonizamos amparados bajo conceptos que no alcanzan para explicar lo que pasa culturalmente en el país. [...] Un gobierno tiene la responsabilidad de mostrar aquello que existe en el país. No podemos perder a músicos como Horacio Castillo, gran guitarrista y compositor misionero, sin saber que lo tuvimos.
Liliana Herrero, citée par Página/12

- Quelles politiques culturelles faudrait-il mettre en place ?
- Nous pensons mal le pays sur le plan culturel et artistique. De quoi avons-nous besoin pour que puissent monter sur scène des personnes de talent et qui sont inconnues en Argentine même ? Prendre ce risque, rien de plus. Prendre le risque de disséminier dans tout le pays des concerts simultanés pour fêter tout et rien. Au contraire, c'est toujours les mêmes que l'on voit. Non pas que ceux qui se produisent soient de mauvais musiciens, mais c'est qu'on n'ouvre pas le champ. Il faut faire le pari que les publics peuvent entendre des choses absolument différentes de ce qu'ils connaissent déjà. On parle beaucoup de langues différentes dans les grandes problématiques de la musique. Et nous devons pouvoir entendre toutes ces formes et ces modes musicaux. Sinon, nous pratiquont une hégémonie, abrités derrière des concepts qui ne permettent pas d'expliquer ce qui se passe culturellement dans le pays [...]. Un gouvernement a la responsabilité de montrer ce qui existe dans le pays. Nous ne pouvoons pas rater des musiciens comme Horacio Castillo, un grand guitariste et grand compositeur des Missions (2) parce que nous ne connaissions pas son existence.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–Entonces, usted toma la responsabilidad de dar a conocer a esos artistas.
–Siempre que puedo, lo hago. Pero de algún modo estoy afuera de ciertos aparatos culturales. No me incomoda eso. [...] Recorro mucho el país. Me place mucho ir a todas las regiones de la Argentina porque me encuentro con personas preciosas y con formas musicales que son muy estimulantes para pensar mi propia música. Si no podemos escuchar lo que se está haciendo, estamos imposibilitados de pensar nuestra propia identidad. No podemos olvidar eso porque estamos en problemas y no podemos pensarnos a nosotros mismos. [...] Hay que prestar atención a eso, hay que estar alerta a ese mundo. Ellos tienen mucho para decir. El músico que viaja, como yo, tiene la ventaja de tener en su corazón y en su cabeza un mapa musical argentino que es extraordinario.
Liliana Herrero, citée par Página/12

- Alors, vous, vous prenez la responsabilité de faire connaître ses artistes.
- A chaque fois que je le peux, oui. Mais d'une certaine façon, je suis en dehors de certains circuits culturels. Cela ne ne dérange pas. [...] Je parcours le pays de long en large. Cela me plaît bien d'aller dans toutes les régions d'Argentine parce que je rencontre des gens formidables et des formes musicales qui sont très stimulantes pour concevoir ma propre musique. Si nous ne pouvons pas écouter ce qui se fait, nous sommes dans l'impossibilité de penser notre propre identité. Nous ne pouvons pas oublier ça parce que nous avons des problèmes et que nous ne pouvons pas penser à nous-mêmes. [...] Il faut prêter attention à ça, il faut être en alerte sur ce monde. [Les artistes] ont beaucoup à nous dire. Le musicien qui se déplace, comme moi, a l'avantage d'avoir dans son coeur et dans sa tête une carte musicale de l'Argentine qui est extraordinaire.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Dans son édition de ce jour, Página/12 annonce que Liliana Parodi a décidé d'accueillir à ECuNHi, le centre culturel qu'elle dirige dans le quartier de Palermo, une nouvelle édition du Festival des Musiques des Provinces, dont la dernière a eu lieu en 2007 et que Mauricio Macri a supprimé dans le cadre de sa politique culturelle, qui vise à Buenos Aires un nivellement par le bas, qui permette "de donner du temps de cerveau disponible à Coca Cola" comme l'a dit en son temps un affreux patron de télévision privée en France.

Pour aller plus loin :
lire l'interview intégrale sur Página/12

(1) Le Cône Sud : Chili, Argentine, Uruguay. Le Cône Bleu : Argentine.
(2) Province des Missions au nord de l'Argentine, coincé entre l'Uruguay et le Paraguay.

samedi 4 juin 2011

Liliana Herrero sort un nouveau disque [à l'affiche]

La chanteuse folkloriste Liliana Herrero, qui est aussi la directrice du centre culturel de Madres de Plaza de Mayo, ECuNHi, sort en ce moment un nouveau disque, Este Tiempo (ce temps d'aujourd'hui) dont elle dit elle-même qu'il est très politique. La présentation aura lieu au Teatro SHA (Sociedad Hebraica Argentina), Sarmiento 225, dans le quartier de Balvanera, ce soir et demain, les 4 et 5 juin 2011.

Elle sera accompagnée par son nouveau groupe de musiciens, Nueva, composé de Ariel Naón (contrebasse), Mario Gusso (percussion), Martín Pantyrer (clarinettes) et Pedro Rossi (guitare).

Entrée : 50 $.

Página/12 l'a interviewée pour l'occasion dans son édition d'aujourd'hui :

–¿Qué idea perseguía cuando armó esta banda?
–Arriesgarme hacia un sonido camarístico, opaco, con cierto gusto a madera. Pero flexible. Nueva está integrada por músicos jóvenes, pero de experiencia. Pedro (Rossi) es una verdadera esponja, Mario (Gusso) toca con sutileza, como Martín (Pantyrer) y Ariel (Naón). Todos aportaron soluciones de un espesor artístico increíble. Después de andar tocando juntos, la experiencia del estudio de grabación resultó magnífica, además porque con nosotros estaba un tipo como Ernesto Snajer, un compañero coproductor realmente indispensable, que dio las sugerencias precisas en el momento justo.
Liliana Herrero, dans Página/12

- Quelle idée poursuiviez-vous quand vous avez monté ce groupe ?
- Me risquer vers un son d'orchestre de chambre, opaque, avec un arrière-goût boisé. Mais souple. Nueva est composé de musiciens jeunes mais d'expérience. Pedro (Rossi) est une véritable éponge. Mario (Gusso) joue avec subtilité, comme Martín (Pantyrer) et Ariel (Naón). Tous ont contribué à apporter des solutions d'épaisseur artistique incroyable. Après avoir joué ensemble, l'expérience du studio d'enregistrement a été magnifique, surtout qu'on avait avec nous un type comme Ernesto Snajer, un coproducteur compagnon de travail réellement indispensable, qui nous a fait des suggestions précises juste au bon moment.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :
lire l'article complet sur Página/12, avec contenu du disque et auteurs interprétés.
Connectez-vous au site Internet du Teatro Sha