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lundi 3 août 2020

Émission en ligne pour fêter la Pachamama [à l’affiche]

Capture d'écran (chaîne You Tube du Folklore Club)

Un nombre considérable de musiciens de tout le nord de l’Argentine, est et ouest confondus, se sont réunis pour enregistrer une émission de télévision, grâce au soutien de la Fundación Atahualpa Yupanqui (du nom d’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprète du folklore argentin), puis la mettre en ligne, gratuitement et pour le monde entier, sur la chaîne You Tube de Folklore Club.

Il s’agit d’une réalisation très professionnelle, un long-métrage d’un peu plus d’une heure et demie qui rassemble interviews et prestations musicales et permet de vivre la fête « comme si vous y étiez ». Les artistes y exposent leur vécu et ce que signifie pour eux cet intense rendez-vous de la vie culturelle et cultuelle de la grande région septentrionale, qui est aussi le berceau d’une bonne partie de la tradition rurale argentine.

La manifestation est aussi une prise de parole politique contre toutes les activités qui dégradent l’environnement de ces régions : mines à ciel ouvert ultra-polluantes, incendies volontaires de la forêt subtropicale sous prétexte de dégager du terrain agricole, utilisation massive de produits phytosanitaires chimiques qui font grimper en flèche le taux de cancer et autres maladies dans les populations humaines qui vivent à proximité des gigantesques champs de soja transgénique avec lequel les riches propriétaires terriens se font des fortunes insolentes en dollars US.

Página/12 ne pouvait pas manquer une telle initiative et lui consacre un bel article dans ses pages culturelles de ce jour.

Sur la page You Tube, les organisateurs ont publié les coordonnées du compte bancaire sur lequel les téléspectateurs peuvent faire un don en pesos argentins. Citer la devise nationale est une autre façon de resserrer les liens de la communauté culturelle qui se reconnaît dans cette démarche et dans cette fête populaire. Cela a tout de même meilleure allure que de quémander des dons en dollars ou en euros !

Pour aller plus loin :
visiter la chaîne You Tube du Folklore Club.

mercredi 20 mai 2020

Le Quinteto Negro La Boca sort un nouveau disque [Disques & Livres]


Le Quinteto Negro La Boca est une formation de tango anarchiste dont le port d’attache est le quartier homonyme dans le sud plébéien de Buenos Aires. C’est à La Boca, port industriel, que la pensée anarchiste d’origine européenne (surtout italienne, russe et espagnole) s’était implantée dès le début de la Grande Immigration (1880-1930).

Le QNLA s’inscrit dans cette histoire et a profondément planté ses racines dans ce quartier. Il a fait du pont transbordeur qui le caractérise son logo et dont on reconnaît l'amorce sur la droite de la jaquette du disque.

Malgré le confinement, le groupe sort actuellement sur les plateformes de streaming un nouveau disque, Cruces urbanos vol. 2. Ces croisements urbains qui donnent leur nom à l’album sont des fusions entre différents genres musicaux qui s’épanouissent actuellement à Buenos Aires : tango, cumbia (argentine) et trap. Beaucoup de morceaux originaux et un grand classique du répertoire tanguero, Desencuentro, au milieu de tout cela.

Le disque compte, entre autres invités de luxe, le chanteur de folklore Victor Heredia et la chanteuse de rock passée au tango, Adriana Varela.

Hier, Página/12 a interviewé le directeur musical du groupe, le compositeur et bandonéoniste Pablo Bernaba dans ses pages culturelles, dont la une était occupée par la disparition de Michel Piccoli.

Vous pouvez écouter quelques extraits des morceaux composant cet album sur le site Internet du groupe et continuer à découvrir ce groupe en vous connectant à sa page Facebook.

samedi 11 novembre 2017

Rencontre Músicas de Provincia édition 2017 [à l'affiche]


Le centre culturel de l'association Madres de Plaza de Mayo, ECuNHi, à Palermo, dans l'ancien campus militaire de l'ex-ESMA, propose aujourd'hui et demain, 11 et 12 novembre 2017, et depuis hier, son treizième festival de musique folklorique avec des activités pour les adultes et d'autres pour les enfants.

Entrée libre et gratuite.

Les auteurs-compositeurs interprètes Victor Heredia (folklore) et Lidia Borda (plus connue comme artiste de tango) rendront hommage à Teresa Parodi, représentante de la musique du Litoral (province de Corrientes) et ex-directrice de centre ECuNHi. C'est la créatrice du festival. Il y a environ quatre ans, elle est devenue une politique professionnelle depuis que Cristina Kirchner en avait fait la première ministre de la Culture. Elle exerce maintenant la mission de députée argentine au Parlasur, la chambre supranationale de l'Amérique du Sud.

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook de la manifestation

mercredi 4 mai 2016

Rentrée de Victor Heredia et Teresa Parodi à Buenos Aires [à l'affiche]


Les deux artistes de folklore, auteurs-compositeurs-interprètes, politiquement très marqués et que l'alternance politique a rejetés dans une opposition ferme, Teresa Parodi, ex-ministre de la Culture, et Victor Heredia (une formidable voix!), font leur rentrée ce week-end au Centro Cultural Torquato Tasso à guichets fermés pour les deux premières semaines, les 6, 7, 13 et 14 mai 2016.

Ce seront très certainement des soirées bien colorées pour ce qu'il en sera de la militance. On ne risque pas d'y voir beaucoup d'électeurs de la majorité. Les places ont été épuisées avant même que la salle n'envoie ses newsletters pour annoncer l'événement !

Par ailleurs, la chanteuse María Graña et l'auteur-compositeur interprète Acho Estol sont eux aussi au programme du Torquato Tasso, ce soir pour elle et demain soir pour lui.

Très beau programme, soit dit en passant et toutes considérations politiques mises à part !

Ajout du 5 mai 2016 :
lire l'interview de Victor Heredia, à l'occasion de ce retour sur scène, parue ce matin en une des pages culturelles de Página/12 (ci-dessous)




Ajout du 13 mai 2016 :
lire l'interview de Teresa Parodi dans Página/12 à l'occasion de ce retour sur scène au milieu des missions de parlementaire continentale (UNASUR)

mercredi 6 mai 2015

Victor Heredia présente son livre à la Feria del Libro [à l'affiche]


L'auteur-compositeur interprète Victor Heredia présente aujourd'hui, mercredi 6 mai 2015 à 18h, à la Feria del Libro, salle Juan Rulfo (pavillon jaune), le livre qu'il a écrit autour d'un de ses disques phares, Taki Ongoy – Las lágrimas de América, consacré au patrimoine précolombien et à la lutte des Améridiens contre les conquérants espagnols depuis Pizarro en 1532 jusqu'à la révolte de Tupac Amaru à la fin du XVIIIème siècle.

L'album de musique s'est fait livre en 155 pages publié par Editorial Imaginador (collection Proyecto Larsen). L'ouvrage papier contextualise ce qui disait déjà la musique : images, dictionnaire biographique, glossaire et textes. Il repasse l'histoire de la conquête du point de vue du vaincu.

L'auteur, qui a souffert il y a plus de vingts ans des multiples rejets de son travail par la communauté universitaire et intellectuelle du moment (laquelle est traditionnellement à droite) (1), revendique aujourd'hui le caractère revisionista (2) de son travail. Página/12 profite de l'occasion pour l'interviewer en une de ses pages culturelles.



Après la présentation du livre à proprement parler, l'artiste se rendra au stand de son éditeur (n° 1408, dans le même pavillon jaune) pour dédicacer ses différents ouvrages.
A cette occasion, je crée un nouveau mot-clé, PO, pour Pueblos originarios, comme on les appelle en Argentine, un mot-clé que j'attacherai plus tard à d'anciens articles qui en traitent.


(1) C'est en train de changer : l'université devient plurielle au fur et à mesure que la démocratie se développe dans le pays et qu'elle fait apparaître le caractère idéologique et scientifiquement contestable d'un certain nombre de positions historiques qui ne résistent pas aux méthodes critiques contemporaines.
(2) Le revisionismo en Argentine est un courant d'interprétation historique qui restitue au peuple son caractère de protagoniste de l'histoire et démonte les théories conservatrices dominantes telles qu'elles ont été conçues entre 1860 et 1880 par les grands intellectuels de droite que furent Sarmiento (1811-1888) et Mitre (1821-1906). Les théories construites par ce courant sont elles aussi parfois tout aussi contestables que celles qu'elles prétendent combattre. Mais c'est toujours là le prix à payer pour accéder à une vision apaisée et raisonnable de l'histoire.

lundi 18 novembre 2013

Trois jours d'hommage à Mercedes Sosa à Buenos Aires [à l'affiche]


Le Festival d'art populaire Mercedes Sosa en est à sa deuxième édition. Il se tiendra aujourd'hui puis mercredi et jeudi au Teatro IFT situé rue Boulogne-sur-Mer au numéro 549, dans le quartier de l'Abasto.


La manifestation organisée par le Cefma, cercle intellectuel marxiste (1), veut mettre en relief les liens existant entre l'œuvre de la grande folclorista et l'Argentine du présent. Un grand nombre d'artistes de folclore, de rock et de tango se succéderont donc sur la scène de ce théâtre (voir l'affiche ci-dessus, en cliquant dessus pour une meilleure résolution). Les conférences se rapportent au cinquantième anniversaire du Manifeste du Nouveau répertoire de chanson (Manifiesto del Nuevo Cancionero), un manifeste sur l'identité politique de la chanson argentine pendant la guerre froide, et des trente ans du retour de la Démocratie (10 décembre 1983).

Le Festival s'ouvrira, ce soir, lundi 18 novembre 2013, à 21h, avec la projection d'un documentaire du fils de Mercedes Sosa sur sa maman. Entrée : 25 pesos.

Les deux autres jours, l'entrée est fixée à 50 pesos (ce n'est vraiment pas énorme, mais ça nous change de la plupart des festivals dont vous aurez sans doute remarqué qu'ils sont à entrée libre et gratuite, qu'ils s'agissent des festivals organisés par la Ville autonome de Buenos Aires et son gouvernement si affairiste, ou des manifestations alternatives, montées par des organisations qui s'inscrivent franchement dans l'opposition). Le festival du CEFMA est donc une espèce d'ovni venant d'un tel courant de la gauche !


Página/12, qui patronne la manifestation, lui a consacré un article dans ses pages culturelles.

Pour aller plus loin :


(1) Mercedes Sosa a appartenu un temps au parti communiste argentin, comme Atahualpa Yupanqui et Osvaldo Pugliese. Les deux premiers ont fini par quitter l'organisation, comme beaucoup d'intellectuels après le rapport Kroutchev. Le dernier en est resté membre jusqu'à son dernier souffle. Dans la vie politique effective de l'Argentine, le marxisme a eu peu d'influence concrète. En revanche, son influence a été très puissante dans la vie intellectuelle et culturelle de tout le pays, il a même gagné certains courants théologiques catholiques (dans la théologie de la libération qui a investi tout le sous-continent).

mardi 2 avril 2013

La rentrée de Victor Heredia : un disque et un roman [Disques & Livres]


Victor Heredia est l'un des très grands artistes du folclore argentin. C'est en Argentine qu'il a traversé les années sombres de la dictature dont il est ressorti très affecté. Une grande partie de sa famille fait partie des 30 000 disparus. C'est un homme profondément impliqué dans la vie politique du pays, un partisan des droits de l'homme et un constructeur de la démocratie à travers la dimension culturelle de son travail.

Ces jours-ci, il sort un disque d'utopie révolutionnaire, où il espère en un monde qui progressera, Algún día (un beau jour). Il le présentera le vendredi 12 avril 2013, à 21h30, au Teatro Opera Citi, Avenida Corrientes 860, accompagné du groupe qui a assuré l'enregistrement avec lui : le guitariste Panchi Quesada, le bassiste Ricardo Zielinski, le batteur Gustavo López et les pianistes Gabino Fernández et Babú Cerviño jouant sur claviers électroniques. Ce nouvel album se compose de dix chansons, dont quelques unes sont déjà des classiques et d'autres constituent des nouveautés.
Par ailleurs, il publie en même temps un quatrième roman, Los Perros (les chiens, entendez les gens de rien, les gens de la rue), l'histoire d'une famille qui vit dans une villa miseria, près d'une décharge publique, et il le présentera à l'occasion du tout prochain Salon du Livre de Buenos Aires, le grand rendez-vous littéraire d'avril (Feria del Libro).

Página/12 lui consacre donc la première page de son supplément culturel avec une longue interview dont je vous livre ici quelques extrais qui m'ont interpelée...

–El álbum arranca con la melancolía de un bandoneón: en “Cenizas de ayer” usted admite que hoy, a sus 66, entiende lo que fue, un poco lo que es. ¿Qué fue y qué es?


–Soy parte de una generación que fue muy vapuleada, en todo sentido. Que fue feliz hasta los años setenta, diría. A partir de entonces recibió la cachetada del “enemigo”, del defensor de lo que se pretendía modificar. Un enemigo importante, serio y maligno, que utilizó todo el aparato a su alcance, incluso el del Estado, para derrotar a aquel que se le oponía, justamente el movimiento popular. ¿Qué fui? Un tipo esperanzado, con una mirada hacia el futuro muy especial: creía que podíamos cambiar lo que teníamos delante con sólo desearlo. Trabajamos muchos de la mano, con inocencia, pero también con fuerza, y nos pegamos un porrazo tremendo con la dictadura del ’76. La tortura, la desaparición, los exilios, la muerte de amigos y las traiciones... ¿Qué soy? Tengo la mirada más acotada, más limitada sobre lo que pueda llegar a ser futuro. No quiere decir que haya cambiado la expectativa de modificar cosas, pero sé que cuesta.
Victor Heredia, in Página/12

- L'album commence sur la mélancolie d'un bandonéon. Dans Cenizas de ayer (Cendres d'hier), vous admettez qu'aujourd'hui, à 66 ans, vous comprenez ce que vous avez été, un peu ce que vous êtes. Qu'avez-vous été et qu'êtes-vous ?

- Je fais partie d'une génération sur laquelle on a beaucoup cogné, en tous sens. Qui a vécu heureuse, je dirais jusqu'aux années 70. A partir de ce moment-là, elle s'en est pris plein la tête de la part de l'ennemi, le champion de ce qu'on prétendait modifier. Un ennemi puissant, fort et malin, qui a utilisé tout l'appareil à sa portée, y compris celui de l'Etat, pour mettre en déroute quiconque s'opposait à lui, c'est-à-dire précisément le mouvement populaire. Ce que j'ai été ? Un type plein d'espoir, avec le regard particulièrement tourné vers le futur : je croyais que nous pouvions changer ce qui nous attendait et qu'il suffisait pour cela de le désirer. Nous avons été nombreux à travailler main dans la main, avec innocence mais aussi avec force, et ils nous ont retiré le pain blanc de la bouche avec la dictature de 1976. La torture, la disparition, les exils, la mort des amis et les trahisons... Ce que je suis ? Mon regard sur ce qui pourrait arriver dans le futur s'est restreint, s'est limité. Cela ne veut pas dire que l'espoir de changer les choses ait bougé mais c'est que j'en connais le prix.
(Traduction Denise Anne Clavilier)


–De hecho, el disco abreva de a ratos en cierto escepticismo.

–Sí. Pareciera que a una parte de la generación de los que hoy tienen 40 le gusta el escepticismo. No soy escéptico, igual. Yo siento que las luchas no han sido en vano. Le han puesto almohada, colchón y plumas al escéptico, que existe porque antes había utopías. Se han modificado cosas para que el escéptico pueda seguir usando su escepticismo, porque de otra manera todos estaríamos buscando comida en los tachos de basura. Hay una generación que reconozco escéptica. Y lo es con alguna razón. No obstante, en el disco no quise dejar solamente el escepticismo que reconozco sobre algunas cosas que no se han podido modificar en el planeta, como la mirada de la humanidad sobre el medioambiente y sobre sí misma, que es muy pobre. La demostración de que el continente funciona mejor cuando los gobiernos son democráticos y tienen ese punto de vista sobre sus economías parece no hacerle mella a nadie. La gente permite que se tergiverse la realidad. América mejoró muchísimo y, sin embargo, en referencia a algunos gobiernos se habla de dictaduras populares. Le ocurre a éste. ¿Cómo puede compararse con una dictadura como la del ’76, que fue aberrante [...]? ¿Cómo pueden compararse esas dictaduras con los gobiernos de Chávez, Correa o Lula? Me parece una estupidez. El disco y esa primera canción hablan de eso.
Victor Heredia, in Página/12

- De fait, le disque verse parfois dans un certain scepticisme.
- Oui, il paraîtrait qu'une partie de la génération de ceux qui ont aujourd'hui 40 ans aiment le scepticisme. Je ne suis pas sceptique, ceci dit. Moi, je vois bien que les luttes n'ont pas été vaines. On lui a donné un oreiller, un matelas et des plumes au sceptique et s'il existe, c'est parce qu'avant il y avait des utopies. Pour que le sceptique puisse continuer à baigner dans son scepticisme, c'est que les choses ont changé parce que sans ça nous chercherions tous à manger dans les poubelles. Il y a une génération dont je reconnais qu'elle est sceptique. Et elle a quelques raisons de l'être. Cependant, dans ce disque, je n'ai pas voulu mettre seulement le scepticisme dont je reconnais qu'il existe sur deux ou trois trucs qu'on n'a pas pu changer sur la planète comme le regard de l'humanité sur le milieu naturel et sur elle-même, qui est très pauvre. La démonstration que le continent va mieux quand les gouvernements sont démocratiques et ont ce point de vue sur leurs économies, il y en a qui s'en fichent comme de leur premier mouchoir. Les gens laissent déformer la réalité. L'Amérique va beaucoup, beaucoup, beaucoup mieux et, pourtant, quand on parle de quelques gouvernements, on parle de dictatures populaires. C'est ce qui ce passe pour le nôtre. Comme peut-on le comparer à une dictature comme celle de 1976, qui a été aberrante [...] ? Comme peut-on comparer ces dictatures [des années 70] aux gouvernements de Chávez, Correa ou Lula ? Cela me paraît une stupidité. Le disque et cette première chanson parlent de ça.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–Los militares y los civiles detrás de la última dictadura le han hecho mal. En referencia a ésta, en la canción “Algún día” le pide a la patria que cierre la herida. ¿En qué sentido?

–“Cierra tu herida” habla de esta trinchera que se ha abierto entre un sector y el otro, que es tremenda. En lugar de aquietarse, se hace más profunda, más seria y angustiante. Hoy no hay un debate lógico y argumentado respecto de posturas ideológicas o de clase. Lo que hay es un insulto. Para cerrar esa herida hay que reconocer lo que ha pasado, quiénes son los culpables y quiénes sus defensores. Cuando la gente empiece a darse cuenta de eso, la herida empezará a cerrar. Cuando toda la Argentina, su común denominador, incluso quienes son de derecha, se den cuenta de que es inaceptable vivir en un país sin decir la verdad, sin esgrimir justicia cierta y verdadera, la herida se cerrará. Vaticino un futuro en esa canción con respecto a los nietos recuperados: tendrán una mirada distinta y serán los combatientes de la Argentina que soñamos.
Victor Heredia, in Página/12

Les militaires et les civils derrière la dernière dictature ont fait du mal à l'Argentine. C'est en parlant d'elle que dans la chanson Algún día (un beau jour), vous demandez à la patrie qu'elle referme sa blessure. Dans quel sens ?
Cierra tu herida (referme ta blessure) parle de cette tranchée qui s'est ouverte entre un secteur et l'autre et qui est terrible. Au lieu de se combler, elle s'est approfondie, elle est devenue plus grave et plus angoissante encore. Aujourd'hui, il n'y a pas de débat logique et argumenté au sujet des postures idéologiques ou de classe (1). Ce qu'il y a, c'est l'insulte. Pour refermer cette blessure, il faut reconnaître ce qui s'est passé, qui sont les méchants et qui sont les gentils. Quand les gens commenceront à s'en rendre compte, la blessure commencera à se refermer. Quand toute l'Argentine, qui est leur commun dénominateur, y compris à ceux qui sont de droite, on se rendra compte qu'il n'est pas acceptable de vivre dans un pays sans dire la vérité, sans se battre pour une justice sûre et vraie, la blessure se refermera (2). J'augure d'un certain futur dans cette chanson au sujet des petits-enfants retrouvés : ils auront un regard différent et ils seront les combattants de l'Argentine dont nous rêvons.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
[...]

–“Breve historia de las islas Malvinas” es un track pícaro: sortea rítmicamente la tristeza del abordaje usual del tema. ¿Por qué?

–Es que la escribí para Camilo, mi hijo de diez años. Con mucha inocencia, un día me preguntó: “Papá, ¿por qué todos dicen que las Malvinas son argentinas y allí viven ingleses?”. Le quise explicar y me di cuenta de que sabía muy poco. Entonces fui a indagar y refresqué algunas cuestiones que había olvidado. Recordé a Luis Vernet. Y fui aún más atrás, hasta Louis Antoine de Bouganville, que las colonizó para Francia. Luego aparece el reclamo de potestad de España, por la conquista de América, y el acuerdo por el que Francia vende las islas a 603 mil libras, una ganguita. Las recuperamos con la Revolución de Mayo. La participación de Vernet es muy importante. Mandado por Rosas, intenta establecer una cabecera de playa comercial en las islas. Más tarde, cuando una fragata de Estados Unidos ataca, en un acto medio alocado, los ingleses aprovechan, se meten y rompen todo. Cuento eso con una canción infantil, con un ritmo juguetón, lo cual no quiere decir que no mencione hechos dolorosos. De hecho, el final es un guiño a los ingleses.
Victor Heredia, in Página/12

- Breve historia de las islas Malvinas (Brève histoire des Iles Malouines) est un morceau curieux : elle évite par son rythme la tristesse avec laquelle on aborde habituellement le sujet. Comment cela se fait-il ?
- C'est que je l'ai écrite pour Camilo, mon fils de dix ans. En toute innocence, un jour, il m'a demandé : Papa, pourquoi tout le monde dit que les Malouines sont argentines et c'est des Anglais qui y vivent ? J'ai voulu lui expliquer et je me suis rendu compte que je ne savais pas grand-chose. Alors j'ai fait mon enquête et j'ai révisé quelques questions que j'avais oubliées. Je me suis souvenu de Luis Vernet (3). Et je suis remonté plus loin encore, jusqu'à Louis Antoine de Bougainville, qui les a colonisées pour la France. Après est venu la réclamation de l'Espagne sur ces îles, du fait de la conquête de l'Amérique, et l'accord par lequel la France a vendu les îles pour 603 000 livres, quelle aubaine ! On les a récupérées sous la Révolution de Mai. La participation de Vernet a été très importante. Envoyé par Rosas, il cherche à établir une tête de pont commerciale dans les îles. Plus tard, quand une frégate des Etats-Unis attaque, dans un acte à moitié dingue, les Anglais en profitent, rentrent dedans et cassent tout. Je raconte ça dans une chanson enfantine, avec un rythme enjoué, ce qui ne veut pas dire que ça ne parle pas de faits douloureux. En fait, c'est un clin d'œil aux Anglais.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
[...]

–Descubrir en el discurso de determinados individuos la defensa de una simbología a la que nunca pertenecieron es hallar signos de hipocresía. Y la hipocresía está a la orden del día. Si la gente se pusiera a ver seriamente cuáles son las posturas ideológicas y qué se defiende detrás de cada una, sabría el camino a seguir. Esto no quiere decir que hay que estar a la derecha, a la izquierda o al centro. Quiere decir que hay que seguir lo posible. Los cambios tienen que ser auténticos. La gente tiene que recurrir a la realidad, no le pueden seguir contando el país. Tiene que enterarse de quiénes son los hombres y las mujeres que han hecho que nuestras vidas mejoren.
Victor Heredia, in Página/12

- Découvrir dans le discours de certains individus la défense d'un tas de symboles qui n'ont jamais été les leurs, c'est trouver des signes d'hypocrisie. Et l'hypocrisie est à l'ordre du jour. Si les gens pouvaient voir en vrai quelles sont les postures idéologiques et qui se cache derrière chacune d'elles, ils sauraient quel chemin prendre. Ceci ne veut pas dire qu'il faut être à droite, à gauche ou au centre. Cela veut dire qu'il faut continuer autant que faire se peut. Les changements doivent être authentiques. Les gens doivent revenir à la réalité, ils ne peuvent pas continuer à raconter des histoires sur le pays. Il faut qu'ils réalisent qui sont les hommes et les femmes qui ont vraiment amélioré notre vie.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
[...]

–En “La veleta de Armando” canta: “Yo conozco bien a esos tipitos y el sermón/ que preparan siempre que presienten, como hoy,/ que está cerca el tiempo de empezar a cosechar/ todo lo sembrado a fuerza de amar y sangrar”. Habla de la izquierda.

–Es el discurso de la supuesta izquierda purista, que siempre está reclamando lo que falta y niega lo hecho, en pos de su beneficio electoral. A veces es tan exagerada que pone en peligro situaciones democráticas que verdaderamente favorecen a la gente. Y pisan muy peligrosamente el terreno de la derecha, en contra de quienes intentan hacer cosas.
Victor Heredia, in Página/12

- Dans La veleta de Armando ( La girouette de Armando), vous chantez : Je connais très bien ces types à la noix et le sermon qu'ils préparent chaque fois qu'ils pressentent comme aujourd'hui que le temps est proche où la récolte va commencer, celle de tout ce qu'on a semé avec notre amour et notre sang. Cela parle de la gauche.
- C'est le discours de la soi-disant gauche puriste qui est toujours là à réclamer ce qui manque encore et qui nie ce qui a été réalisé, et tout ça par calcul électoral. Parfois, elle exagère tellement qu'elle met en danger des situations démocratiques qui bénéficient vraiment aux gens (4). Et ils piétinent allègrement le terrain de la droite, contre ceux-là qui cherchent à faire des choses.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

[...]

Declaración de principios

Llegó el punto en el que Heredia se pudrió de escuchar que “los artistas que apoyan este modelo lo hacen por dinero”. “Tienen razón: hicimos un ahorro de exilio, censura y persecución para cobrarlo ahora”, repite ahora una ironía que hizo carta de respuesta a la “infamia” hace año y medio. “No, estimados enemigos del progreso, no es por tan despreciable razón que acompañamos este modelo. Nuestra militancia tiene tantos años como cicatrices, tanta felicidad como lágrimas, tanto ayuno como renovada esperanza. Somos parte de un proyecto que comenzó hace mucho tiempo atrás y que fue encarcelado, desaparecido, torturado y asesinado tantas veces como las que resucitó”, subraya la misiva, que se reprodujo en sitios de noticias, blogs y redes sociales. Si bien en ella reivindica los “logros” del Gobierno –sobre todo los vinculados con los derechos humanos, tema clave en su trayectoria– no dice explícitamente si se autodenomina kirchnerista, etiqueta que le endilgan en varias notas que gustan de agrupar artistas por simpatía política. El cantautor de Paso del Rey, que se ha presentado en varios recitales oficiales y de colectivos sociales, dice que no. “Fui admirador de la propuesta política de Néstor, pero soy cristinista –se define–. La Presidenta está tratando de cumplir los sueños de los pibes que fuimos. Desde ese lugar, los que reconocemos su trabajo no somos ningunos boludos.”
Victor Heredia, in Página/12

Déclaration de principe
Heredia en a maintenant ras le bol d'entendre que "les artistes qui soutiennent ce modèle [la politique actuelle de Cristina] le font pour l'argent". "Ils ont raison : on a investi nos économies d'exil, de censure et de persécution et maintenant on touche les dividendes, répète-t-il maintenant avec une ironie qui lui a servi de carton-réponse contre l'ignominie il y a un an et demi. Non, chers ennemis du progrès, ce n'est pas pour une raison aussi méprisable que nous accompagnons ce gouvernement. Notre militance a autant d'années que de cicatrices, autant de bonheur que de pleurs, autant de jeûne que d'espoir renouvelé. Nous appartenons à un projet qui a commencé il y a longtemps et qui a été mis en prison, qui a disparu, qui a été torturé et assassiné aussi souvent qu'il a ressuscité, souligne la missive qui a été reproduite dans des sites d'information, des blogs et sur les réseaux sociaux. Mais bien qu'il revendique les réussites de ce Gouvernement, surtout celles liées aux droits de l'homme, un thème-clé dans son parcours, il ne dit pas explicitement s'il se définit comme kirchneriste, étiquette qu'on lui a collée dans plusieurs articles qui aiment classer les artistes par sympathie politique. L'auteur compositeur interprète de Paso del Rey, qui s'est produit dans plusieurs récitals de la majorité et de collectifs sociaux, dit que non. J'ai été un admirateur de la proposition politique de Néstor mais je suis cristiniste, se définit-il. La Présidente est en train d'exaucer les rêves des mômes que nous avons été. De ce point de vue-là, nous qui reconnaissons son travail nous ne sommes pas de couillons".
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :


(1) Voir à ce propos les articles classés sous le mot-clé dialogue dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Un thème qui a beaucoup hanté la presse et l'Argentine en général depuis l'élection du Pape François et le revirement auquel le gouvernement en place a dû se plier pour faire face à une situation toute nouvelle. Du coup, même la gauche athée écoute les appels au dialogue lancé par l'Eglise, qu'elle n'écoutait jamais avant. Et c'est très intéressant de retrouver cette thématique dans la bouche d'un artiste aussi engagé et aussi batailleur que Heredia... Comme quoi, les esprits sont en marche. Et c'est une excellente nouvelle pour ce pays.
(2) Il fait ici allusion aux disparus, les fils et les filles de Madres de Plaza de Mayo (les deux associations), et aux enfants volés, recherchés par Abuelas de Plaza de Mayo.
(3) Luis María Vernet, né à Hambourg en 1792 et mort à San Isidro, près de Buenos Aires, en 1871, fut le premier commandant argentin des Iles Malouines. Il a été destitué de sa fonction en 1832 pour avoir quitté les îles alors attaquées par les Etats-Unis (il allait chercher du secours auprès de la capitale). Il a été enterré au cimetière de La Recoleta, au début de l'épidémie de fièvre jaune qui a ravagé la capitale et sa région pendant tout l'été 1871.
(4) Je pense qu'il vise ici quelqu'un comme Pino Solanas qui est en train de négocier un accord électoral avec Elisa Carrió, une personnalité politique très instable qui se présente volontiers comme de centre-gauche, mais c'est un centre qui penche beaucoup vers la droite et qui rejoint la droite autant qu'elle le peut.

vendredi 12 octobre 2012

Grand concert de Víctor Heredia ce soir pour la fête de la Diversité culturelle américaine [à l'affiche]


Ce soir, vendredi 12 octobre 2012, jour de la Diversité culturelle américaine (son nom désormais allégé), en souvenir de la découverte du Nouveau Monde en 1492, l'auteur-compositeur-interprète Víctor Heredia, un grand champion de la cause des peuples précolombiens en Argentine, présentera une oeuvre qu'il avait créée en 1986 et qui lui avait valu les foudres des bien-pensants, quelques années seulement après le retour de la démocratie. Sur scène, on attend de 200 artistes, dont le groupe de Víctor Heredia et les 120 jeunes de tout le pays qui forment la Orquesta y Coro del Bicentenario.

Le concert commencera à 18h, sur l'esplanade du Ministère de l'Education, qui en est l'organisateur, rue Pizzurno 935, dans le quartier de Recoleta.

Bien entendu, ce grand déploiement de moyens et d'argent fera froncer les sourcils de nombreux acteurs de la culture (j'en connais plusieurs) qui ont bien du mal à obtenir le financement d'actions sur le long court et qui déplorent ces grands coups médiatiques qui font un effet de masse sur le coup mais restent sans réel lendemain. La proposition mérite néanmoins d'être mentionnée car c'est un grand artiste, Víctor Heredia, qui est ainsi mis à l'honneur et pour une cause politique courageuse et qui a quelque noblesse (1) : recoudre patiemment le tissu déchiré entre l'Argentine d'aujourd'hui et sa réalité historique, par-delà la rupture violente que fut la campagne du Désert du général Roca, qui vit l'appropriation par l'oligarchie de toutes les terres mapuche de la Patagonie et le massacre des populations qui y vivaient à la fin du 19ème siècle (car cette campagne n'était pas la conquête d'un désert, comme son nom cherche pernicieusement à nous le faire croire encore aujourd'hui).

La campagne du Désert, après d'autres mauvais procédés commis par la société coloniale contre les Indiens sur le territoire de l'actuelle Argentine, à commencer par l'expulsion des jésuites en 1767 et la reconquête des territoires de leurs missions par les blancs (avec ce que cela provoqua de destruction de la culture guaranie qui s'y développait dans la prospérité et la paix depuis plus d'un siècle), est aujourd'hui encore comme une blessure ouverte dans les relations entre la majorité argentine, blanche, et les descendants des peuples originaires qui parvinrent à survivre dans certaines enclaves du territoire national. Un des traits de la politique menée par le gouvernement en place tend à ramener ces Argentins-là dans la vie de la Nation, à leur donner une place qui fasse droit à leurs traditions, à leurs cultures, à leurs langues, à les inclure dans un processus de construction de la Nation et c'est plus facile à dire qu'à faire. Cette volonté à la tête de l'Etat se traduit par des mesures sociales et politiques et par tout un chapelet de gestes symboliques et culturels, comme la mise en place d'une oeuvre picturale de grande dimension au Museo Nacional del Bicentenario, des programmes de mise en valeur de leur musique et leur artisanat, des expositions, des modifications à petites touches des programmes scolaires, le changement de nom de la fête d'aujourd'hui, qui s'appelait jusqu'à il y a peu el día de la raza, selon une ancienne acception du mot race (2), devenu inaudible de nos jours, trop marqués par l'usage raciste du terme.

Le concert de ce soir, auquel est en particulier convié un grand nombre d'enseignants, fait partie de ces signes politiques qui s'adressent à tous les Argentins.

L'oeuvre qui va être représentée raconte la vraie histoire de la conquête et comment elle passa par une tentative d'anéantissement des premiers habitants du continent. Son titre quecha, Taki Ongoy, veut dire "chant malade", car l'œuvre montre la conquête européenne comme une gangrène rongeant le continent. L'œuvre commémore aussi les nombreuses rebellions indiennes qui jalonnèrent l'histoire, dont la plus importante se produisit à la veille de la Révolution française, dans le Haut-Pérou, aujourd'hui la Bolivie et l'extrême nord-ouest de l'Argentine, sous la conduite d'un descendant du dernier Inca régnant, mort en 1572, Túpac Amaru (de son nom officiel José Gabriel Condorcanqui Noguera), que l'on voit beaucoup à Buenos Aires : de très nombreux mouvements de revendication sociale et indigène se revendiquent de sa lutte libérale avant l'heure. Après une longue et âpre guerre, Túpac Amaru fut finalement vaincu et fait prisonnier. On assassina sa famille sous ses yeux et il fut lui-même écartelé, le 18 mai 1781. Il avait été le premier politique du monde occidental, auquel il appartenait par son éducation princière à l'intérieur de l'empire espagnol (3), à abolir l'esclavage qui régnait sur tout le continent.


Taki Ongoy vient de connaître une nouvelle réédition discographique, grâce à un enregistrement public effectué en 2006, pour les 20 ans de la création, avec des interprètes appartenant à toutes les ethnies précolombiennes existant en Argentine.

Il y a quelques temps, Víctor Heredia a donné à ce propos une interview de près de 10 minutes à Radio Nacional disponible sur le site Web du groupe public. Vous trouverez plein d'autres documents audio le concernant sur la médiathèque du groupe, en téléchargement libre et gratuit. Je l'ai pour ma part vu pour la première fois en scène en août dernier, lorsque la Directrice Exécutive de Radio Nacional, María Seoane, a eu l'extrême obligeance de m'inviter aux 75 ans de la maison (voir mon article du 26 août 2012 sur cette fête) et je peux vous dire qu'il m'a clouée sur ma chaise : une voix magnifique, une sobriété dans l'interprétation (il chantait seul, sans son groupe, en s'accompagnant à la guitare) et une présence en scène comme il y en a peu. Il aimantait la salle (conquise d'avance, il est vrai).

Le spectacle de ce soir, si le ciel est de la fête, promet donc d'être très beau. Il sera suivi par la retransmission en direct sur écran géant d'un match de football (tant qu'à faire !), entre l'Argentine et l'Uruguay, ce qui promet.

Pour aller plus loin :
- lire l'interview de Víctor Heredia dans Página/12 (il est accompagné de deux entrefilets complémentaires. L'un est une interview du ministre de l'Education nationale argentine, Alberto Sileoni, un type connu pour sa compétence dans le champ du scolaire et de l'enseignement. L'autre porte sur la réédition de Taki Ongoy sous forme d'un double album)
- consulter le site Internet de l'artiste en espagnol et en anglais (il présente de nombreuses plages de musique et consacre une partie entière à la question des peuples originaires)
- écouter l'interview donnée par Víctor Heredia à Radio Nacional (Voces del Sur)
- lire le communiqué de presse annonçant la soirée d'aujourd'hui et publié il y a deux jours par le Ministère.

(1) C'est tout de même assez différent de la méthode qui, en France, consiste à faire appel dans ces cas-là à une prestation de Johnny Hallyday, contre lequel je n'ai rien personnellement mais entre lui et un artiste engagé qui a des choses à dire et qui les dit haut et fort, il y a un monde.
(2) Race, avant le racisme scientiste de la fin du 19ème siècle, dont fascistes et nazis firent l'usage que l'on connaît, cela voulait surtout dire peuple ou famille. C'était une manière de dire d'un groupe humain qu'il y avait en lui des liens qui étaient ceux d'une fraternité. C'était plus un mot inclusif qu'un terme d'exclusion, plus un vocable de paix qu'un appel au meurtre ou au mépris. Il y a comme cela des mots que l'histoire finit par maudire.
(3) comme il convenait à un membre de la famille inca, tout étonnant que ça puisse paraître. Il avait été élève des jésuites, avant leur expulsion, au collège qu'ils tenaient à Cuzcu (aujourd'hui en Bolivie). C'était le nec plus ultra de l'éducation de qualité au 18ème siècle en Amérique Latine et dans toute la catholicité.

dimanche 26 août 2012

Radio Nacional en fête pour ses 75 printemps [Actu]



Demain, lundi 27 août 2012, la radio publique argentine, Radio Nacional, fêtera ses 75 ans, c'est-à-dire l'anniversaire de la première retransmission en direct d'un opéra depuis le Teatro Coliseo, Persifal de Wagner, bidouillée par quatre étudiants en médecine et radio-amateurs à leurs heures perdues...

Une grande fête réunira un bon nombre de représentants du personnel, producteurs, animateurs et artistes des quatre radios qui émettent vers le pays (AM 870, FM Clásica, FM Rock et FM Folklórica, en oubliant donc RAE qui émet plutôt vers l'extérieur de l'Argentine).

Le Premier Ministre (Jefe de Gabinete, comme on dit en Argentine) et le Secrétaire d'Etat de Communication publique ont annoncé leur présence. Le Président de l'audiovisuel public argentin, qui chapeaute la radio et la télévision, sera là lui aussi ainsi que la Directrice Exécutive de Radio Nacional, qui m'a fait l'immense honneur de me faire parvenir un carton d'invitation à la manifestation du soir, à l'Auditorium où hier le chanteur Cucuza Castiello, que mes lecteurs connaissent bien, donnait un récital, abandonnant pour une fois son cher Café el Faro, aux mains (expertes) de Lucio Arce et une brochette d'autres artistes, parmi lesquels Néstor Basurto.

Cette journée, qui marquera aussi le 92ème anniversaire de la toute première retransmission radiophonique en Argentine, verra la mise en route de nouvelles transmetteurs qui offriront une meilleure couverture du territoire, une faiblesse de la radio qui fait beaucoup râler les habitants du pays, qui ne peuvent pas toujours écouter correctement les émissions qui les intéressent. Il faut dire aussi que le Cône Bleu, puisque tel est son surnom, présente une certaine étendue géographique qui en fait un vrai défi pour toutes les technologies actuelles (Wi Fi, téléphonie mobile, radio, télévision...). Et pour toujours plus d'intégration régionale, on présentera aussi demain soir le portail Internet Voces del Sur, qui rassemble toutes les radios publiques d'Amérique Latine, Caraïbes comprises.

Ce sera aussi l'occasion de remettre les prix Radio Nacional qui iront cette année, entre autres, au journaliste de Página/12 Horacio Verbitsky, qui s'est acquis une très grande aura parmi ses pairs d'Amérique du Sud, et à l'historien Norberto Galasso (1), deux personnalités dont je vous cite de temps en temps les noms ou les travaux dans les colonnes de ce blog.

Pour aller plus loin :
visiter le site de Radio Nacional (en lien permanent dans la Colonne de droite, à la rubrique Actu)
lire l'article sur l'anniversaire paru aujourd'hui sur le site de Radio Nacional.


(1) Je suis actuellement plongée dans une volumineuse biographie qu'il a consacrée à San Martín avec une passion et une combativité, d'une partialité amplement assumée, qui caractérisent l'ensemble de ses écrits. Il y a des gens que ça agace prodigieusement. Je préfère pour ma part saluer l'enthousiasme et la conviction profonde de l'homme qui revendique cette forme de subjectivité politique. Après tout, de la sorte, il n'y a pas tromperie sur la marchandise.