Affichage des articles dont le libellé est Peteco Carabajal. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Peteco Carabajal. Afficher tous les articles

jeudi 28 octobre 2021

Cinq jours de musique à Bariloche : le festival andin est de retour [à l’affiche]


San Carlos de Bariloche est la station de sports d’hiver la plus connue et la plus fréquentée du sud de l’hémisphère sud. Alors que la saison du ski prend fin, la ville lance son festival international de musique, abandonné pendant les deux ans de la pandémie.

Au programme de ces cinq jours, d’hier à dimanche, du 27 au 31 octobre 2021, on trouve de tout, en version présentielle et distancielle : du tango avec les violonistes et compositeurs Ramiro Gallo et Pablo Agri, du folklore avec l’auteur-compositeur interprète Peteco Carabajal, qui a joué hier, ou le guitariste Juan Falú, de nombreux hommages à Astor Piazzolla (qui aurait eu 100 ans en mars), avec notamment du jazz grâce à la présence de son petit-fils, Pipi Piazzolla, avec son Ensamble Escalandrum, un spectacle pour les enfants, de la musique lyrique, de la musique classique, de la musique orchestrale avec plusieurs interventions de l’orchestre de la Province de Entre Ríos, un documentaire sur la vie et l’œuvre du docteur Milstein, prix Nobel de médecine argentin dont 2021 est l’année sur tout le pays.


Ce documentaire sera accompagné de musique vivante, grâce à l’orchestre philharmonique de la province et à plusieurs artistes invités.

La plupart des artistes participants sont originaires de la province et y vivent. Une belle vitrine pour eux en ce printemps d’après-vaccination.


Accès libre et gratuit à toutes les activités.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajout du 30 octobre 2021 :
lire cet article de Clarín


Ajout du 31 octobre 2021 :
lire cet article de Página/12

lundi 15 décembre 2014

Un méga-pot de départ pour saluer Zaffaroni [Actu]


Le juge à la Cour suprême Raúl Zaffaroni, grand pénaliste reconnu à l'échelle internationale, vulgarisateur talentueux de sa matière et député conventionnel à l'Assemblée constituante de 1994 qui a modifié la charte fondamentale argentine, a annoncé, il y a plus d'un mois, son irrévocable démission à la fin de l'année civile. Ce brillant militant des droits de l'homme et de la démocratie estime en effet que les emplois publics à vie relèvent de la monarchie et non de la république, or il est foncièrement républicain, et qu'à 75 ans bientôt révolus, il est temps pour lui de laisser la place à un confrère plus jeune.

Ses admirateurs ne se comptent plus, en Argentine et à l'extérieur du pays, et ce n'est que justice, sans calembour douteux. Ces admirateurs, parmi lesquels on compte bien entendu une grande partie des soutiens de l'actuelle majorité, n'entendent pas le laisser s'en aller comme ça, sans tambours ni trompettes. La Universidad Nacional San Martín, dite UNSAM, située dans la ville homonyme de la proche banlieue ouest de Buenos Aires, très engagée dans les enjeux de la liberté politique et de la démocratie à l'image de sa figure tutélaire, organise ce soir, à 18h, une grande fête, avec une pléiade d'artistes très engagés dans la lutte pour les droits de l'Homme (1) et le ban et l'arrière-ban des ONG de droits de l'Homme, comme Madres de Plaza de Mayo et Abuelas de Plaza de Mayo.

De son côté, le site du Ministère de la Justice Infojus Noticias, aux mains de Julio Alak, ancien maire de La Plata, a ouvert un espace dédié à l'événement, qui abrite un bel hommage audiovisuel qui évite la plupart des pièges de la récupération politique : plein de photos de l'intéressé à tous les âges, souvent très souriant, fraternel, cordial, un chapitre consacré à sa monumentale bibliothèque et même un petit jeu en ligne.

Une belle photo publiée par Infojus Noticias
Le juge en train de boire le mate dans son bureau de la Cour Suprême

L'UNSAM rassemble tout cela sous le slogan, un chouia provocateur, "Zaffaroni juez de la Patria", un décalque du titre accordé après sa mort au général San Martín, el Padre de la Patria (1778-1850). C'est drôle et significatif en même temps, car les deux hommes partagent plusieurs traits de caractère et de personnalité. Ils sont tous les deux dotés d'un bon sens de l'humour, savent fédérer les gens et les mobiliser, ils ont une culture générale monumentale, aiment passionnément leur pays, consacrent leur force à la lutte pour la liberté politique et savent se retirer des affaires publiques sans s'accrocher à leur pouvoir...

Si Página/12 s'en est réjoui dans ses pages hier, Clarín a aussitôt contre-attaqué avec, dans les termes, une violence et un emportement qui montrent à quel point ce journal reste éloigné des exigences de la démocratie, du respect de la pluralité des opinions dans une société libre, des enjeux de la justice dans un Etat de droit, que Zaffaroni n'a pas cessé de servir durant sa longue carrière. De son côté, un autre quotidien de l'opposition, La Prensa, rend compte de la fête à travers un entrefilet neutre, dont le ton n'est pas loin d'être bienveillant.

Plusieurs professeurs de droit prendront la parole au cours de l'acte académique et la manifestation sera ouverte au grand public.

Je suis heureuse aujourd'hui de participer à travers ce blog à l'hommage rendu à un grand bonhomme de la Démocratie.
Le clin d'œil de Miguel Rep, ce matin, à la une de Página/12

"Zaffaroni Président. Ou Premier ministre. Ou Roi de Justiceland. Ou Président du Monde. Ou Pape.
Clameur auto-réalisatrice (mais après, il ne démissionne pas, hein ?)"
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour en savoir plus :
consulter les pages Zaffaroni, pleines d'humour, dans Infojus Noticias.


(1) Les folkloriste Liliana Herrero et Peteco Carabajal, ainsi que le musicien Ignacio Montoya Carlotto, petit-fils de Estela de Carlotto qui a retrouvé sa famille de naissance en août dernier.

vendredi 4 octobre 2013

Manifestation de soutien au Proyecto de Orquestas Infantiles – Article n° 3300 [Actu]

Répétition de La Bohème, avec le Coro Infantil de Buenos Aires (31 août 2013)

Hier, devant le palais du Gouvernement portègne, à l'appel du syndicat UTE, une manifestation s'est rassemblée pour soutenir une nouvelle fois, publiquement, le Proyecto de Orquestas Infantiles de Buenos Aires, mis en péril par les sévères coupes budgétaires qui touchent tout le secteur non marchand de la capitale argentine : la santé, la culture et l'enseignement. Deux vedettes de la chanson ont apporté leur appui, le rockeur León Gieco et le folkloriste Peteco Carabajal, pour remettre une pétition qui a recueilli 35 000 signatures.


Le Proyecto de Orquestas Infantiles est un grand programme d'enseignement collectif de la musique, monté il y a des années par le Maestro Claudio Espector, dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler, notamment lors de sa nomitation comme Personalidad Destacada de la Cultura (voir mon article de juin 2013). Son but est l'intégration culturelle et sociale des enfants des bidonvilles de Buenos Aires et ça marche. Les cours et répétitions d'orchestre ont déjà sauvé des jeunes de la délinquance, de la violence, de la drogue, les ont réconciliés avec les études et leur ont rendu de la fierté grâce à l'expérience de la réussite individuelle et en groupe...

Répétition de l'orchestre des petits dans la salle polyvalente d'une école primaire

En août dernier, j'ai eu l'occasion de visiter l'un des centres d'enseignement, dans une école située à la limite entre Puerto Madero (le quartier le plus chic de Buenos Aires) et le port de La Boca (une des zones les plus défavorisées). Les cours, toujours collectifs, sont donnés par famille d'instruments dans les petites salles de classe et les répétitions des deux orchestres de cette zone, un orchestre d'enfants du primaire jusqu'à 14 ans et un autre d'adolescents, se tiennent dans le hall de l'école qui accueillent les récréations quand il pleut et les activités sportives (photo ci-dessus). Ces locaux sont les plus confortables de tous ceux à la disposition du programme. Dans les autres, en général, on ne peut rien faire par mauvais temps : il pleut à l'intérieur. Et pourtant les bonnes volontés abondent : les professeurs sont des musiciens du Teatro Colón, de la Orquesta Típica Fernández Fierro, des meilleurs écoles et conservatoires de la région. Des mères de famille sont présentes et aident de leur mieux. Mais tout le reste manque : des locaux adaptés, des moyens de transport efficaces pour conduire les enfants de chez eux au lieu de répétition, de l'argent pour acheter des instruments et les entretenir et même pour fournir une pause-goûter convenable à ces gamins en pleine croissance (et dont vous constatez,en observant leur silhouette, qu'ils souffrent de forts déséquilibres alimentaires).

Après cette première partie de la matinée passée à l'école, avec d'autres visiteuses, étrangères elles aussi et fort engagées dans le soutien à ce projet, Claudio Espector m'a emmenée avec lui au Teatro Avenida, en plein centre-ville, à quelques pas de Avenida de Mayo y 9 de Julio : il devait y assister aux répétitions de La Bohème auxquelles participait le Coro Infantil de Buenos Aires, la partie chant du Proyecto, et donner une interview à Canal 9 pour le journal télévisé auquel il m'a demandé de prêter un bref concours, ce que j'ai fait de bon cœur.
Regarder depuis les fauteuils d'orchestre, dans une belle salle à l'italienne, vide et obscure, ces bouts de chou et ces adolescents sur cette scène, l'une des plus prestigieuses de la capitale, c'était tout à fait réjouissant. Ils s'amusaient mais avec beaucoup de sérieux et une infinie patience, reprenant sans cesse une courte scène, au milieu des artistes lyriques professionnels, le tout sous la direction conjointe du chef d'orchestre, avec ses musiciens dans la fosse, et de la metteur en scène qui allait et venait sur les planches pour placer tout son petit monde, essayant et réessayant différentes formules...

Répétition sur la scène du Teatro Avenida

Ce matin, Página/12 rend compte de la manifestation de rue et publie les déclarations des uns et des autres. Je vous livre ici celles que je juge les plus significatives :

Adriana Weschler, déléguée syndicale et porte-parole des professeurs :
“Lo que tenemos claro es que el gobierno porteño está generando un vaciamiento del programa, porque además la subsecretaria de Equidad Educativa porteña, Soledad Acuña, está clonando el proyecto y realizando algo similar pero no igual, porque no son orquestas de inclusión social”.

Ce qui nous apparaît en toute clarté, c'est que le gouvernement portègne est en train de vider le programme de sa substance parce qu'en plus, la sous-secrétaire portègne à l'Equité Pédagogique, Soledad Acuña, est en train de cloner le projet et de mettre en œuvre quelque chose qui y ressemble tout en étant différent car ces orchestres ne font pas d'intégration sociale.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Claudio Espector :
“El gobierno de Macri nos acusa de hacer política y nosotros le respondemos que sí, hacemos política cultural para que el arte y la música sean un derecho de todos y todas y no un privilegio para pocos”.

Le Gouvernement de Macri nous accuse de faire de la politique et nous, nous lui répondons : Oui, nous faisons de la politique culturelle pour que l'art et la musique soient un droit pour tous et pour toutes et non pas un privilège pour quelques uns.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Difficile de lui donner tort !


♫  ♪ ♪  ♫


Au séjour culturel que monte actuellement Human Trip et que j'accompagnerai à Buenos Aires du 24 avril au 8 mai 2014, comme guide conférencière, une action solidaire sera associée comme c'est la spécificité de l'agence aixoise Human Trip. Cette action sera orientée vers le Proyecto de las Orquestas Infantiles de Buenos Aires. Il est même prévu que nous passions une matinée avec les enfants et leurs professeurs pour apprendre auprès d'eux comment sortir d'une situation sociale désespérante grâce à la musique partagée et pour que notre présence -des Européens, si vous saviez ce que ça représente de fierté pour ces enfants-là !- les encourager dans cette voie prometteuse. Car malgré toutes ces difficultés, l'orchestre et le chœur sonnent bien ! Le programme de ce voyage sera très bientôt en ligne sur le site Internet de Human Trip, avec toutes les informations commerciales, les tarifs, l'hôtel, les modalités d'inscription ainsi que celles de la participation à cette action solidaire.

Pour en savoir plus :
lire mes articles sur le voyage

Ajout du 25 novembre 2013 :
Ecouter aussi le bobino de soutien dans l'émission Fractura Expuesta, diffusée par la radio de Madres de Plaza de Mayo (La Voz de las Madres)