Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
Pour le bicentenaire de sa
fondation, l’Université de Buenos Aires proposera un grand concert
symphonique sur les marches de la colonnade de la faculté de droit,
à Recoleta, dans le nord de la ville.
Beaucoup de style de musique
seront au programme : la musique classique côtoiera la variété
(Jairo, Abel Pintos, Lito Vitale), le rock (Fito Páez) et le
folklore (Víctor Heredia) sans oublier le tango, qui sera représenté
par le grand chanteur Raúl Lavié, le guitariste Esteban Morgado et
la danseuse Mora Godoy.
L’événement se tiendra en
plein air, le 4 décembre 2021, à 18h30, et bien entendu, tout sera
gratuit. Le concert sera retransmis en direct sur les chaînes
Internet de la UBA (Youtube et Facebook).
Ce sera la dernière
manifestation de ce bicentenaire qui aura été gâché par la
pandémie comme tout depuis deux ans.
La province de Mendoza, capitale de la
province homonyme, qui est issue de la division de l'ancienne
province de Cuyo, s'apprête à fêter le bicentenaire de la
Traversée des Andes, l'un des plus prestigieux épisodes de la
guerre d'indépendance auquel la population de la province cuyaine a
amplement participé, sous la direction du charismatique José de San
Martín (1778-1850).
Les colonnes de l'armée des Andes se
sont ébranlées le 15 janvier 1817, en quittant le camp
d'instruction de Plumerillo, aujourd'hui situé dans la ville de Las
Heras, du nom du colonel Gregorio de Las Heras (futur général) dont la colonne a pris le chemin d'Uspallata, celui de Mendoza (1), à 7 kilomètres de la capitale provinciale.
Un souvenir de ma visite au Campo Histórico en août 2015
A la guitare, à gauche, Omar Hernández, artiste de Las Heras
Photo de la page Facebook du musée
Voir mon article du 19 octobre 2015 sur cet ensemble de visites en Argentine
Cette année, les festivités seront
centrés à Las Heras. Elles dureront trois jours, du 22 au 24. Le
24, on attend le Président Mauricio Macri pour l'hommage officiel
dans le musée du Campo Histórico del Plumerillo, qui a été
réaménagé pour l'occasion. Une bonne chose car le camp était
vraiment en mauvais état et très mal mis en valeur du point de vue
muséographique.
Chaque jour, un
grand concert rassemblera, le soir, un public qu'on attend nombreux.
Le 22, se produiront Jorge et Patricia Sosa. Le 23, c'est la
chanteuse de tonada, mendocine pur sucre (de raisin), Juanita Vera,
accompagnée par l'ensemble de guitares Tito Francia (la cuyanía
musicale dans toute sa splendeur) – j'ai eu la chance de l'entendre
au musée historique Sarmiento de Buenos Aires il y a un an et demi et je vous
assure que l'artiste, qui n'est plus toute jeune, veut le
déplacement ! Le 24, ce sera le tour des vedettes nationales,
LitoVitale et Soledad Pastorutti.
Sur la grande scène montée au fond du
parc qui constitue la plus grande partie du Campo Histórico, on
attend plus de 700 danseurs pour ces trois soirées festives en plein
air, en plein été.
Entrée libre et gratuite, Campo
Histórico del Plumerillo, Lisandro Moyano e Independencia, Las
Heras, province de Mendoza.
(1) San Martín a emprunté quant à lui, à la tête du gros des troupes, le chemin des canards, situé dans le sud de l'actuelle Province de San Juan, au nord de celle de Mendoza.
Bobby Flores entouré de son équipe et des responsables du Système fédéral des Medias publics
Avec pas mal de retard sur les
promesses de cet été, le nouveau directeur de Nacional Rock, Bobby Flores, a pu annoncer la nouvelle
grille, en compagnie du ministre du Système fédéral des Medias
Publics, Hernán Lombardi, dont dépend le groupe Radio Nacional, et
toute son équipe, comme la TV Pública l'avait fait il y a quelques
semaines.
Parmi les nouveaux
producteurs-animateurs de la station, on voit Pipi Piazzolla, batteur
et compositeur du rock et du jazz argentin et accessoirement
petit-fils de Astor Piazzolla, et le pianiste Lito Vitale, musicien
de musique populaire au sens large du terme.
Dans un des studios de Radio Nacional (avec le nouveau logo)
Bobby Flores au micro avec mate et facturas (viennoiseries) sur la table !
Sur la page Facebook de la radio, qui a
changé de logo comme toutes les chaînes de RTA (Radio Télévision
Argentine), on lit des réactions très hostiles de la part des
accros à la version kirchneriste de la radio mais là encore,
l'engagement du pluralisme semble respecté. Il faudra bien sûr
écouter la radio à partir de lundi pour voir si la programmation
tient ses promesses. Mais à première vue, Radio Nacional a tiré
son épingle dans ce grand changement politique qui lui aura été
profitable. Et en plus, à part quelques animateurs et journalistes
de l'ancienne équipe, la radio n'a pas perdu de personnel et n'a pas
eu à subir les licenciements en masse qui ont affecté tout le
secteur public par ailleurs.
Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, le seul
des grands quotidiens nationaux à parler ce matin de la chaîne
Ajout du 9 mai 2016 :
lire dans Clarínl'interview exclusive de Paul Mac Cartney où l'ex-Beatle révèle que le rock n'a jamais été pour lui synonyme de rébellion. C'était aussi l'analyse de cette musique que faisait Bobby Flores en janvier, au moment de sa nomination à la tête de Nacional Rock.
Après
ses longs métrages sur le tango, le flamenco et le fado, le cinéaste
espagnol Carlos Saura, 82 ans, a entamé le tournage à Buenos Aires
d'une co-production hispano-argentine sur le folclore argentin. Ce
documentaire, dépouillé de toute intrigue dramatique, devrait
s'intituler Zonda, Folclore Argentino, et rassembler quelques unes
des plus grandes célébrités du genre, dont quelques redoutables
représentants du folclore for export comme El Chaqueño Palavecino
(super-grosse vedette équipée d'un super-tourneur de super-star qui
lui monte partout sur le continent des shows super-clinquants à la
Johnny Hallyday) ou Los Nocheros (un groupe vocal qui joue à fond la
carte du pittoresque et se présente sur scène dans des tenues aussi
chamarrées et bucoliques qu'un packaging de yerba mate).
Ces
monstres du show-bizz côtoieront des artistes beaucoup plus
personnels comme Liliana Herrero et Jaime Torres, Pedro Aznar et Luis
Salinas (lequel est bien plus un jazzman qu'un folkloriste tant et si
bien que je me demande ce qu'il vient faire dans cette affaire).
Le
pianiste Lito Vitale est de l'aventure puisqu'il assure la direction
musicale du tout. Dans le mélange, devenu habituel chez Saura,
Vitale sera peut-être un gage de cohérence musicale.
Certains
cinéphiles adorent ce style un peu fourre-tour du Saura de
l'après-franquisme (et qui, à mon humble avis, manque un peu de
discernement artistique, voire politique, comme si la transition
espagnole avait vidé le cinéaste de l'esprit critique acéré qu'il
manifestait sous la dictature, du temps où il était le gendre de
Charlie Chaplin) mais il en faut pour tous les goûts et ma foi, si
ce nouveau film permet de découvrir un pan de la musique argentine
dont nous ne connaissons presque plus rien (1) en dehors de
l'Espagne, tant mieux...
Página/12
consacre au cinéaste et à son nouveau film le premier article de
ses pages culturelles, avec interview à la clé. Et photo en
couverture.
(1)
Nous en connaissions quelque chose dans les années 70 lorsque
Mercedes Sosa et Atahualpa Yupanqui vivaient en exil, notamment en
France, et jouaient dans nos salles et sur nos plateaux de
télévision.
Ce
week-end, du 18 au 20 juillet 2014, comme tous les ans à la même
époque, la ville de La Falda déploie son festival à l'ombre des sierras
pampaneas de la Province de Córdoba.
A l'affiche de ces trois jours
de gala nocturne, des artistes de dimension nationale et même
internationale pour certains comme les chanteurs Amelita Baltar,
Ariel Ardit, Raúl Lavié, María José Demare, José Angel
Trelles, Adriana Valera et même Omar Mollo (un récent transfuge du
rock), les musiciens Julián Hermida, Osvaldo Piro, Lito Vitale,
Esteban Morgado et Juan Carlos Baglieto (tous deux à la fois
guitaristes et chanteurs).
Cliquez sur les images pour lire les textes
Plusieurs
compagnies de danse sont également invités, ainsi que l'orchestre
corbobais de musique urbaine (traduisez tango, jazz et rock, par
opposition au folclore qui appartient en propre aux zones rurales du
pays).
Pour
en savoir plus sur le plus ancien de ces festivals d'hiver, visitez
son site Internet.
C'est
aujourd'hui le premier Día de la Bandera (fête du Drapeau) dont la
célébration est confiée à la toute nouvelle ministre de la
Culture Teresa Parodi. Elle a donc organisé une grande fête
musicale à Rosario, ville où le général Manuel Belgrano conçut
l'actuel drapeau national argentin (à peu près dans son aspect
actuel), pour fédérer son armée et lui permettre de se distinguer
des armées absolutistes espagnoles : les deux forces en
présence arboraient l'une et l'autre jusque-là le même drapeau
rouge et or, le drapeau de l'Espagne royaliste. C'était le 27
février 1812 dans la petite ville de Rosario, aujourd'hui la deuxième du pays en taille et en nombre d'habitants.
Ce n'est cependant qu'un an plus tard que l'Assemblée
de l'An XIII a définitivement aboli le rouge et or espagnol pour les forces armées du nouvel Etat, qui n'avait pas rompu son allégeance à
l'Espagne, dans l'attente qu'elle se dotât d'une constitution au
retour sur le trône du roi Fernando VII, dit le Désiré, exilé en
France depuis 1808, sur l'ordre de Napoléon, qui s'était ainsi
assuré de tous les membres de la Famille royale. Il fallut attendre le retour effectif de ce roi et la répression qu'il ordonna aussitôt
contre les libéraux espagnols qui venaient pourtant de risquer leur
vie pendant six ans pour lui pour que les couleurs espagnoles fussent
descendues du mât du Fort de Buenos Aires et remplacées par
l'actuel blanc et ciel, en 1815, lorsque les sinistres nouvelles en
provenance de Madrid délièrent de leur Métropole les ex-colonies désormais en rébellion ouverte. Les couleurs nationales argentines
sont celles d'une cocarde bleu et ciel que se confectionnèrent les
révolutionnaires populaires pour se compter sur la Plaza de la Victoria (actuelle
Plaza de Mayo) durant la Semaine de Mai 1810, les 22, 23, 24 et 25 mai, jusqu'à la destitution complète et définitive du vice-roi
Cisneros. Le 20 juillet 1816, quelques jours après la déclaration
d'indépendance du 9 juillet, le Congrès de Tucumán adopta définitivement les deux couleurs comme drapeau national des
Provinces-Unies du Sud.
Belgrano en kit
dans la revue enfantine Billiken du 18 juin 1961
A vos ciseaux et vos bâtons de colle !
La
fête actuelle a été instituée en 1938, alors que la paix civile se voyait
menacée entre les habitants du pays, à cause de la situation très
conflictuelle qui affectait l'Europe dont la majorité d'entre eux
étaient originaires : Allemagne d'Hitler, Italie de Mussolini,
Espagne en guerre civile, annexion des Sudètes, Anschluss,
répression stalinienne en URSS, régime répressif en Pologne, etc.
La
fête a été créée pour rappeler aux Argentins leur commune
appartenance à un pays nouveau et pour renforcer l'effet pédagogique
et unificateur de ces célébrations patriotiques, on choisit de la fixer à la
date anniversaire de la mort de Manuel Belgrano, décédé à Buenos
Aires, le 20 juin 1820, à l'âge de cinquante ans, épuisé par les
maladies tropicales contractées pendant sa campagne du Haut-Pérou
en 1813.
Comme
tous les ans, les célébrations officielles se tiennent au Monument
au Drapeau à Rosario, en présence de la Présidente argentine, avec
musique militaire, à 14h (heure locale) et ce soir, ce sera le
méga-concert avec de nombreux artistes d'envergure nationale, comme
Darío Volonté et Lito Vitale, entre autres.
Comme
souvent depuis que Barrio de Tango existe, je profite des longues
vacances de l'été austral pour préparer ce qui sera ma "rentrée"
de mars. L'année dernière, à la même époque, je mettais à
profit le temps offert par le ralentissement de l'actualité
argentine pour travailler aux épreuves de la version française
Tango Negro, qui porte sur les racines afro-américaines du tango,
une composante de la population argentine à laquelle José de San Martín
avait fait une vaste place dans son projet de libération
continentale, à l'inverse de ses homologues tant américains
qu'européens.
Une version militaire de l'Hymne au Général San Martín
très bien illustrée, avec les paroles
(et des images conventionnelles,
éloignées de la réalité historique du personnage)
Pour
l'arrivée du printemps (septentrional), c'est un nouvel ouvrage sur
ce héros du Cône Bleu que je prépare chez mon éditeur de
toujours, les Editions du Jasmin, dont le patron n'hésite
pas à m'accompagner hors des sentiers battus, dans des mondes peu
connus en terre francophone et Dieu sait s'il faut du courage pour faire cela par les temps qui courent !
Après
une biographie intitulée San Martín à rebours des conquistadors
(voir mes articles dans ce blog et la présentation sur mon site Internet), j'ai voulu faire découvrir à mes lecteurs quelques uns
des documents historiques sur lesquels le premier livre a été bâti,
ces documents qui nous permettent, deux cents ans plus tard, d'entendre sa propre voix et de l'approcher, presque en chair et en os, grâce aux
témoignages de ceux qui l'ont côtoyé et dont il a su se faire
aimer. Mon cinquième ouvrage rassemblera donc quelque cent cinquante
textes, provenant d'auteurs aux nationalités variées, écrits en
espagnol (pour une majorité d'entre eux), en français et en
anglais, avec une fluidité littéraire qui m'a personnellement remplie d'admiration.
Bien entendu, j'ai
tenu à ce que les textes soient accessibles dans leur langue
d'origine avec une traduction en français en vis-à-vis. Cela tombe
bien : les Editions du Jasmin sont spécialisées dans les
libres bilingues et fortement ancrées dans les cultures du monde.
Himno al General San Martín dans uneversion lyrique
par le ténor Leonardo Pastore
(et toujours les mêmes images convenues)
Le
livre, de la même taille et du même format que Barrio de Tango,
recueil bilingue de tangos argentins, paraîtra d'ici quelques mois.
Sa sortie sera précédée d'une très prochaine souscription qui
proposera l'ouvrage à 20% de réduction sur le prix de vente en
librairie (conformément à la loi Lang).
Pour
cette première mise en bouche, voici, en illustration sonore, un
morceau de musique que tous les Argentins connaissent par cœur :
el himno al general San Martín, chanson patriotique s'il en est car
en Argentine, contrairement à ce qui se passe dans bon nombre de
pays blasés de notre vieille Europe, on ressent toujours le besoin de
conforter le sentiment et la fierté d'appartenance nationale à
travers le chant, qu'on entonne tous en chœur, à l'unisson, debout, aux jours
symboliques que sont les fêtes nationales et les grandes
commémorations. C'est pourquoi, pour nous, il n'est peut-être pas simple d'entrer dans cette manière de célébrer, qui nous ramène cent ans en arrière, à une époque belliqueuse de triste mémoire. Le ressenti argentin est tout autre : il s'agit de célébrer la naissance, accidentée comme toute naissance, de la Patrie sous de grandes figures tutélaires, réellement admirables...
Une très célèbre interprétation, 100% civile, de l'Hymne au Général San Martín,
chantée par Pedro Aznar accompagné au piano por Lito Vitale
qui est aussi l'auteur de l'arrangement
En voici
le texte, qui date de 1950, une année que Juan Perón érigea
en Año del Libertador, pour marquer le centenaire de la mort de San
Martín à Boulogne-sur-Mer, en France. Ce chant est donc
contemporain du Monumento al Abuelo Eterno, qui fait face à
l'Instituto Nacional Sanmartiniano, sur plaza Grand-Bourg, à Palermo
(voir la journée que nous passerons autour de ce personnage pendant
le voyage Le Roman national argentin, voyage culturel, solidaire ethumain, avec Human Trip). Son compositeur était un musicien né en
Italie et qui immigra en Argentine, où il fit une brillante
carrière, jusqu'à diriger le teatro Colón, l'Opéra de Buenos
Aires.
Yerga el Ande su cumbre más alta,
dé la mar el metal de su voz
y entre cielos y nieves eternas
se alza el trono del Libertador
Suenen claras trompetas de gloria
y levanten un himno triunfal,
que la luz de la historia
agiganta
la figura del Gran Capitán.
Que
l'Ande dresse son plus haut sommet
que
la mer fasse retentir sa voix
et
entre cieux et neiges éternelles
que
s'élève le trône du Libertador (1)
Sonnent les claires trompettes de la gloire
et élèvent un hymne triomphant
car la lumière de l'histoire
magnifie la figure du Grand Capitaine.
(Traduction
Denise Anne Clavilier)
De las tierras del Plata a Mendoza,
de Santiago a la Lima gentil
fue sembrando en la ruta laureles
a su paso triunfal, San Martín.
San Martín, el señor en la guerra,
por secreto designio de Dios,
grande fue cuando el sol lo alumbraba
y más grande en la puesta del sol.
Des terres du Río de la Plata à
Mendoza
de Santiago à Lima l'Impie (2)
San Martín des lauriers sur sa route
sema, sous ses pas triomphants.
San Martín, le maître de la guerre,
par un secret dessein de Dieu
fut grand quand le soleil l'illuminait
et plus grand encore au coucher du
soleil(3)
(Traduction Denise Anne Clavilier)
¡Padre augusto del pueblo argentino,
héroe magno de la libertad!
A tu sombra la patria se agranda
en virtud, en trabajo y en paz.
¡San Martín! ¡San Martín! Que tu
nombre
honra y prez de los pueblos del sur
aseguren por siempre los rumbos
de
la patria que alumbra tu luz.
Auguste
père du peuple argentin,
grand
héros de la liberté !
Dans
ton ombre la patrie croît
en
vertu, en travail et en paix (4)
San
Martín ! San Martín ! Qu'ils assurent
pour
toujours ton nom
honneur
et gloire des peuples du Sud
les
chemins de la patrie qu'éclaire ta lumière.
(Traduction
Denise Anne Clavilier)
La partition (cliquez sur l'image pour lire les portées)
(1)
Souvent en Argentine, on interprète ce trône comme celui d'un roi,
ce qui gêne, à juste titre, de nombreux patriotes républicains. Il
est beaucoup plus probable que le terme s'enracine ici dans la
tradition psalmique (que l'on connaissait alors surtout dans le texte
latin, donc incompréhensible) et que Segundo Argañaraz aura cherché
par ce biais à sacraliser San Martín. Dans les psaumes, le trône
est toujours une allégorie de Dieu, qui permet d'éviter de
prononcer un nom imprononçable dans la tradition hébraïque.
(2)
Dans les années 1810, lorsque San Martín préparait l'expédition
libératrice du Pérou, Lima avait la réputation, pas vraiment
surfaite, d'être une ville dépravée. C'était alors la seule place
forte demeurée envers et contre tous fidèle à l'Ancien Régime.
Cernée dix ans durant par la révolution, il y régnait une profonde
décadence éthique et politique comme c'est toujours le cas
lorsqu'un système s'effondre. Stigmatiser ainsi Lima en 1950 était
bigrement archaïsant et, de surcroît, assez peu aimable pour les voisins.
(3)
Allusion au soleil qui est à la fois le symbole du Pérou et celui
de la Révolution de 1810 en Argentine et au crépuscule de la vie du
général, lorsqu'il avait renoncé au pouvoir et s'était retiré
dans une petite sous-préfecture alors parfaitement obscure, sur la
côte sud de la Manche. Boulogne-sur-Mer a depuis pris sa revanche,
devenant le premier port de pêche français et s'enorgueillissant
d'un bon nombre d'atouts culturels, comme Nausicaa ou le
Musée-Château (avec une collection d'objets inuits unique en
France).
(4)
Si seulement les gouvernements militaires factieux argentins
n'avaient pas passé leur temps à faire mentir cette strophe en
s'appropriant l'image du général au point de l'atrophier et de lui
dénier son humanisme profond.
Mardi
dernier, l'harmoniciste Franco Luciani a présenté deux
nouveaux disques au Café Notable 36 Billares de Avenida de
Mayo. Il était accompagné pour l'occasion par le
pianiste Daniel Godfrid, les guitaristes Ariel Argañaraz et
Martín González, le bassiste Facundo Peralta et le
percussionniste Horacio Cacoliris. Le pianiste Lito Vitale et la
chanteuse Lidia Borda étaient aussi de la fête. Il
s'agit d'un disque où le musicien mêle des classiques de
tango avec quelques morceaux de sa propre composition, et d'un second
CD consacré, quant à lui, au folclore argentin.
Página/12
a publié mercredi une interview dont je vous donne ici
quelques extraits :
–¿De
dónde proviene esta especie de “principismo criollo”
aplicado a la música, más allá de sus admirados?
–Es
cierto que definitivamente la época de oro del folklore fueron
los ’60 y la del tango, los ’40, pero creo que hoy se está
viviendo una época de revisión, y se está
empezando a esfumar esa cosa de la panza, la barba y los 70 años
para el folklore; o el saco, el funyi y las polainas si te gusta el
tango. Ya convive todo y de hecho los rockeros, bueno, ya se van a
empezar a morir de viejos (risas). Estoy hablando del viejito con el
bastón... y no es una cosa tan lejana.
Franco
Luciani, in Página/12
- D'où
provient cette espèce de "principisme" du terroir
sud-américain appliqué à la musique, au-delà
des artistes que vous admirez ?
- C'est
sûr qu'incontestablement l'âge d'or du folclore c'est les
années 1960 et celui du tango, les années 1940 mais je
crois qu'on vit aujourd'hui une époque de remise en question
et tout ce truc du ventre, de la barbe et des années 1970 pour
le folclore (1) est en train de partir en fumée.
Pareil pour le veston, le chapeau et les guêtres si tu aimes le
tango. Maintenant tout cohabite et de fait, les rockeurs, bon, ils
commencent à mourir de vieillesse (rires). Je parle du petit
vieux avec sa canne et [l'âge d'or du rock] ce n'est pas si
lointain.
(Traduction
Denise Anne Clavilier)
–¿Hay
algo o alguien que unifique ante tal diversidad?
–El
Flaco Spinetta, totalmente... ¡Cómo se extraña!
Un mundo de muchos colores, el suyo. No lo grabé, pero suelo
hacer en vivo “La miel en tu ventana” o “Los libros de la buena
memoria”. El arte es la necesidad de uno y en él la
necesidad siempre fue cambiar. Siempre. Pero obvio que no es el
único: he tenido el gusto de trabajar con la Negra Sosa en su
última etapa. Recuerdo que hicimos una gira a Europa, la
última que hizo ella, y era una profesional tremenda, que
también irradiaba con su onda a músicos de todos los
géneros.
Franco
Luciani, in Página/12
- Y
a-t-il quelque chose ou quelqu'un qui fasse le lien face à une
telle diversité ?
- Luis
Alberto Spinetta(2), oui, à 100%... Ce qu'il nous manque, lui
! C'était un monde très coloré que le sien. Je
ne l'ai jamais enregistré mais j'ai l'habitude de jouer en
public La miel en tu ventana (le miel à ta fenêtre) ou
Los libros de buena memoria (Les livres qu'on a aimés). L'art
est un besoin [chez moi] et là-dedans, j'ai toujours eu besoin
de changer. Toujours. Mais c'est clair qu'il n'est pas tout seul :
j'ai eu le plaisir de travailler avec la Negra Sosa(3)vers la fin
de sa vie. Je me souviens que nous avons fait une tournée en
Europe, sa dernière à elle, c'était une
professionnelle formidable, dont les bonnes ondes irradiaient sur les
musiciens dans tous les genres.
(Traduction
Denise Anne Clavilier)
–En
el disco de tango ha incluido dos temas suyos: “Tu vals” y “A
vos te encanta”. ¿Qué tiene para decir del Luciani
compositor, aunque aparezca poco?
–Precisamente
que mi caso no es el del compositor nato que dedica todo el tiempo a
crear.
–¿Entonces?
–Es
el de un tipo que tiene ideas melódicas y las va escribiendo
en un pentagrama. Me gusta el concepto de una melodía que uno
memoriza y la silba. Es un proceso lento y tiene que ver con una
recepción que funcione, aunque, sí, me gustaría
tener más tiempo para crear, sin apuros.
Franco
Luciani, in Página/12
- Dans
le disque de tango, vous avez inclus deux morceaux de votre
composition : Tu vals (ta valse) et A vos te encanta (toi, ça
t'enchante). Qu'il y a-t-il à dire du Luciani compositeur,
encore qu'il apparaisse peu ?
- Ça
justement, que dans mon cas, ce n'est pas le compositeur né
qui consacre tout son temps à la création.
- Alors
?
- C'est
plutôt l'histoire d'un type qui a des idées mélodiques
et qui les met sur la portée. J'aime l'idée d'une
mélodie qu'on mémorise et qu'on siffle(4). C'est un
processus lent et qui a quelque chose à voir avec une bonne
réception [du public] mais ceci dit, bien sûr,
j'aimerais bien avoir plus de temps pour créer, sans me
presser.
(1)
Les artistes de folclore de ces années-là ont en effet
cette silhouette baba-cool très datée.
(2)
Luis Alberto Spinetta est décédé il y a un peu
plus d'un an. C'était un grand du rock argentin. Voir mon article du 9 février 2012. Il était surnommé El
Flaco (comprenez quelque chose comme le grand échalas ou la
grande asperge, à cause de sa silhouette efflanquée).
(3)Mercedes Sosa. La Negra est son surnom (à traduire comme "La
brave", "la grande" ou pourquoi pas même "la petite". En tout cas,
c'est affectueux et cela n'a pas grand-chose à voir avec une
couleur de peau). A son sujet, reportez-vous à mon article du 5 octobre 2009.
(4)
Les Portègnes ont beaucoup d'admiration pour les gens qui
savent siffler. C'est une approche de la musique très
appréciée et très populaire. Cela s'entend dans
la rue(pas à tous les coins de rue, mais tout de même,
plus qu'en France par exemple).
Sous
le gouvernement de Cristina Kirchner, malgré plusieurs mesures chargées d'une certaine démagogie qui
en inquiète plus d'un en Argentine, comme il y a
quelques semaines cette loi absurde qui ouvre le droit optionnel
de vote aux mineurs à partir de 16 ans (voir mon article du 1er novembre 2012 sur le sujet), la République
Argentine continue sa mue vers un Etat démocratique, structuré, aux
compétences élargies...
C'est
ainsi qu'hier le Sénat a validé la loi qui établit
l'Institut National de la Musique, pour favoriser le développement
artistique et économique de ce secteur et faire en sorte que
les musiciens ne soient plus pieds et poings liés devant les
multinationales de l'industrie discographiques. Et là, on ne
peut pas parler de mesure démagogique : la défense de
la musique nationale n'est pas un thème électoral, les
musiciens ont bien du mal à faire entendre les besoins
politiques et économiques de leur secteur dans un pays où
le téléchargement en ligne illégal est une plaie
encore plus terrible qu'en Europe, faute d'instances de régulation,
dont nos pays se sont dotés, et de moyens matériels et
légaux de lutte contre les fraudeurs dans les forces de police
et les tribunaux.
L'INAMU
aura des compétences pour soutenir la production musicale,
réguler la distribution, favoriser la formation des
professionnels et des amateurs et promouvoir la musique argentine
dans le cadre de la politique de soutien à l'expression
culturelle nationale. Il devra aussi favoriser la pluralité
des genres, des styles, des modalités économiques.
D'autres secteurs culturels disposaient déjà d'un tel
institut, comme le cinéma, en salle et à la télévision,
qui bénéficie des services de l'INCAA, dont l'ancien
directeur, José Coscia, un professionnel reconnu pour sa compétence
par ses pairs, détient maintenant le portefeuille de la
Culture au sein du gouvernement de la Nation (gobierno de la Nación).
Il y
a quelques années, l'Argentine avait mis en place le MICA,
marché de l'industrie culturelle argentine, qui fédère
toutes les disciplines dans leurs aspects économiques et
commerciaux.
L'arrivée
prochaine de l'INAMU est une très bonne nouvelle pour les
artistes qui ont fêté l'événement comme
ils convenaient, en organisant une mega-fête devant le palais
législatif, avec scène géante et interdiction de
la circulation dans les avenues avoisinnantes...
On a
retrouvé sur l'estrade la crème des kirchneristes et
autres sympathisants péronistes de toujours quu pullulent
depuis 1943 dans l'univers musical argentin tous genres confondus :
Teresa Parodi, Litto Nebbia, Lito Vitale, Carabajal et beaucoup
d'autres. Ni l'affiche ni l'article de Página/12 ne cite cependant ni León
Gieco, ni Fito Paéz ni Charly García, qui sont pourtant
assez souvent présents dans ce genre de happening . Il faut supposer qu'ils avaient des obligations à l'autre bout du pays
ou qu'ils sont en tournée à l'étranger (on arrive
à la belle saison dans l'hémisphère sud, avec
son cortège de concerts en plein air et de festivals tous
azimuts).
Les artistes ont même appelé les morts à
la rescousse en lisant les déclarations de soutien qu'avaient
écrites en leur temps la grande folkloriste Mercedes Sosa
(voir mes articles sur elle) et le rockeur récemment disparu
Luis Alberto Spinetta, auquel la Biblioteca Nacional rend hommage
actuellement (voir mon article du 10 octobre 2012 à ce sujet).
Cela
faisait en effet six ans que la Fédération argentine
des musiciens indépendants, la FA-MI (c'est bien trouvé,
avouez-le !) faisait pression pour obtenir une loi qui protège
les artistes et les œuvres et soutienne la vie artistique dans ce
domaine. C'est le 24 août dernier que Cristina avait enfin
lancé le processus législatif, annoncé en grande
pompe selon la coutume d'un des salons d'apparat de la Casa Rosada
devant un parterre d'artistes et de représentants des ONG des
droits de l'homme, toujours présentes dans ces manifestations
politiques. Voilà qui est fait. Espérons maintenant que
ce INAMU s'installe et commence à travailler, en souhaitant
qu'il soit confié à des gens responsables, compétents,
honnêtes, courageux et efficaces, ce qui n'est pas toujours le
cas dans les organes gouvernementaux en Argentine...
Une
remarque en passant : je ne pense guère m'être trompée en subodorant au début du mois une manœuvre
de diversion de la part de Página/12 lorsque la rédaction
avait choisi de faire la une du journal sur une prétendue
découverte du passé délinquant de Carlos Gardel
(voir mon article du 12 novembre 2012 à ce sujet). Je vous y
disais qu'en temps normal, si les récentes manifestations
anti-kirchneristes ne venaient pas de démentir la croyance en
une Cristina indéboulonablement installée à la
Casa Rosada, cette information secondaire aurait dû se trouver
au mieux à la une du supplément culturel du journal. Je
crois en avoir la preuve aujourd'hui : voilà une loi capitale pour la vie culturelle du pays, elle fait véritablement l'actualité et réjouit tous les musiciens (vérifiez donc sur Facebook où toutes leurs pages en parlent) et elle est bien ce matin reléguée dans les
pages intérieures. La une est consacrée quant à elle à un
jugement d'un tribunal de New-York déboutant l'un de ces fonds que
les Argentins surnomment les fonds-vautours (fondos buitres) qui ont
des créances sur l'Argentine et tentent depuis des années
d'accélérer les remboursements, au détriment du
plan de retour à la normale de l'économie globale du
pays.
Pour cette 4ème et dernière semaine de ce festival, organisé par le Centro Cultural Torcuato Tasso, le programme est beau et chargé...
Le 23 décembre 2009, à 22h, le pianiste Nicolás Ledesma et son orchestre, Pablo Agri et son trio (Pablo Agri au violon, Juan Pablo Navarro à la contrebasse, Laurato Greco au bandoneon et Emiliano Greco au piano) et un invité spécial, Juan José Mosalini. Entrée : 50 $.
Le 24, le centre fait relâche. Tout le monde fête Noël en famille ou avec des amis.
Le 25 décembre au soir, à 22h, la scène sera pour le bandonéoniste Julio Pane et le guitariste Hugo Rivas en première partie et en seconde, un autre bandonéoniste, Pablo Mainetti, et un autre guitariste, César Angeleri. Entrée 50 $.
A la trasnoche, donc vers minuit, le groupe Vice Versa, un quintette típico (piano, violon, contrebasse, bandonéon + guitare électrique) prendra possession des lieux...
Le 26 décembre, qui tombe cette année un samedi mais est d'ordinaire férié en Argentine, le chanteur Juan Carlos Baglietto se présentera avec le pianiste Lito Vitale, à 22h, pour le concert de clôture. Entrée : 100 $.
Et ce sera la fin de l'année et de la saison (là-bas, les deux vont ensemble).
Pour connaître d'un peu plus près les artistes mentionnés ici, vous pouvez allez consulter l'ensemble des articles déjà parus à leur sujet dans Barrio de Tango en cliquant sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Vous pouvez aussi visiter leurs sites. Je vous donne ici ceux des artistes dont je n'avais jamais parlé autrement dans ce blog :
C'était au Centro Cultural Torcuato Tasso, à San Telmo, hier après-midi, à 19h : la présentation officielle de cette 6ème édition du Festival de Tango en el Tasso, qui s'ouvrira le 2 décembre pour se clôturer le lendemain de Noël (jour férié en Argentine).
Participaient à cette soirée de lancement quelques uns des plus prestigieux artistes qui y participeront : la chanteuse Amelita Baltar (qui est décidément sur tous les fronts en ce moment, voir les articles qui lui sont consacrés en ce mois de novembre 2009), les bandonéonistes et compositeurs Leopoldo Federico (assis au premier rang sur la photo) et Rodolfo Mederos (à droite d'Amelita Baltar) et le pianiste et compositeur Lito Vitale (debout avec les lunettes) ainsi que l'auteur-compositeur-interprète Guillermo Fernández.
Le programme, qui s'étale sur 14 soirées, présente une bonne trentaine d'artistes et de groupes. Je vous procèderai donc en plusieurs fois pour avoir la place de citer tous les artistes dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, dont la capacité est limitée (et très limitée pour la nature de ce blog).
Pendant la première semaine, les Portègnes pourront donc profiter de :
Rodolfo Mederos trio, le 2 décembre, à 22 h (entrée : 60 $) Les chanteurs Lidia Borda et Ariel Ardit, le 3 décembre, à 22h (entrée : 50 $) Le chanteur Horacio Molina le 4 décembre à 22h (entrée : 50 $) puis l'orchestre Astillero qui assurera la trasnoche (le concert au-delà de minuit). Le chanteur et bandonéoniste Rubén Juárez et son sextuor le 5 décembre, à 22h (entrée : 70 $) et à la trasnoche, le groupe La Chicana de Acho Estol et Dolores Solá.
Pour aller plus loin : Lire la dépêche de l'agence argentine Telam sur la soirée de présentation et l'ensemble du programme (que je détaillerai au long des jours qui viennent). Vous pouvez accéder à l'ensemble de mes articles sur les artistes cités en cliquant sur leur nom, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre ou dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite. Le lien vers le site d'Amelita Baltar, d'Horacio Molina, Guillermo Fernández et Rubén Juárez se trouve déjà dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales dans la partie basse de la Colonne de droite.
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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Blogs et sites culturels : Walter Alegre, militant de la culture (BsAs) Pablo Vignali, photographe à Montevideo Melografías, sur l'actualité de la musique argentine(BsAs)
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