dimanche 14 septembre 2014

Prochain retour à la normale sur Barrio de Tango [Chroniques de Buenos Aires et d'ailleurs]

D'ici quelques jours, Barrio de Tango retrouvera son rythme habituel, après ma participation à ce congrès international d'histoire qui s'est clos hier samedi à Mendoza, la ville de San Martin ! C'est de là que je publie ce soir (cet après-midi à l'heure argentine) mon article de rentrée : un Mis tardes con Gardel de derrière les fagots qui aura lieu lundi 15 septembre au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurès 735, à 18h30, entrée libre et gratuite comme toujours !


dimanche 7 septembre 2014

Il y a deux cents ans aujourd'hui, San Martín s'installait à Mendoza [Bicentenaire]


Le 7 septembre 1814, José de San Martín, nommé Gouverneur-intendant de la Province de Cuyo le 10 août (voir mon article à cette date cette année), arrivait dans la capitale, Mendoza.

Très vite, il allait écrire à sa femme, Remedios de Escalada, de le rejoindre, elle qui, à 17 ans, vivait encore chez ses parents à Buenos Aires et ne l'avait bien évidemment pas suivi dans sa campagne dans le Haut-Pérou (aujourd'hui la Bolivie et une petite partie du territoire du nord-ouest argentin). Il lui demandait de le rejoindre aux pieds des Andes. Et il faut croire qu'il était passablement impatient de la retrouver si l'on en croit le ton apaisant du Directeur suprême de l'heure, Gervasio Posadas, dans un courrier qu'il lui envoya de Buenos Aires et que je vous ai présenté, pour vous parler d'elle, le 9 mars dernier.

San Martín arrivait de Córdoba, où il avait passé sa convalescence après une grave crise d'asthme doublée d'un ulcère à l'estomac qui l'avait saisi à Tucumán. Il pensait sans doute alors se consacrer pleinement à un vaste plan de libération du Pérou par la mer, ce Pérou qui restait le point d'amarrage de la colonisation espagnole dans l'Amérique du Sud. Hélas, le 3 octobre suivant, une catastrophe arrivait de l'autre côté de la cordilière : la défaite des révolutionnaires chiliens et la reconquête du Chili par les troupes vice-royales. Tout son programme changeait : ses deux années à la tête de cette grande province (aujourd'hui Mendoza, San Juan et San Luis) allaient être consacrées à la fois au projet continental et à la défense du territoire ci-andin.

Imaginez la situation : c'est la fin de l'hiver, Mendoza compte 3500 habitants en tout et pour tout et soudain, du 4 au 7 octobre, c'est 2000 réfugiés chiliens qui dévalent de la montagne enneigée et qu'il faut héberger, organiser, nourir et réconforter. Ils ont tout perdu. De l'autre côté, leurs biens, quand ils en ont, ont déjà été confisqués. Ils n'ont plus de chef légitime tant la discorde est forte entre les deux leaders révolutionnaires, Carrera d'un côté, O'Higgins de l'autre. Il va lui falloir écarter ce factieux de Carrera, ses deux frères et les 500 partisans qui ne jurent que par lui, pour bâtir, avec l'aide de Bernardo O'Higgins et son demi-millier d'hommes de troupe, une vraie armée capable de traverser les Andes et de l'autre côté, de reconquérir le Chili, d'en assurer l'indépendance définitive et il n'a encore aucune ressource sur place. Il faut tout faire. Il va tout faire.

C'est cette aventure extraordinaire que va célébrer le Congrès international d'Histoire qui se tient la semaine prochaine à Mendoza (Espacio Cultural Julio Le Parc) et auquel j'aurai l'honneur de représenter la France, avec mes deux ouvrages sur ce personnage historique qui mérite une célébrité universelle (voir Colonne de droite)  ...

Pour en savoir plus :
lire l'article d'hier dans le quotidien Los Andes
lire le communiqué du ministère de la Culture du gouvernement de Mendoza

voir le programme de la manifestation sur le site Web de l'Espace culturel hôte.
Vous pouvez également vous connecter à la page Facebook de l'Espace Julio Le Parc.

samedi 6 septembre 2014

Centenaire de la Grande Guerre : El Marne de Arolas [Troesmas]

Il y a cent ans, sur les bords de la Marne, à l'est et au nord de Paris, l'armée française, qui a déjà dû battre en retraite devant l'avancée impériale et que vient soutenir l'allié britannique, arrivé avec un corps expéditionnaire qui laissera beaucoup de morts dans la terre de France, défendait la capitale avec l'énergie du désespoir pour lui éviter le funeste sort que venait de subir Bruxelles, occupée, malgré la vaillance de sa minuscule armée de pays neutre, par des forces allemandes qui ne respectaient rien ni personne et se comportaient, c'est le cas de le dire, en pays conquis, faisant régresser, malgré l'institution de la Croix-Rouge, les pratiques militaires en temps de guerre à ce qu'elles avaient cessé d'être depuis le milieu du XVIIIe siècle. En Belgique, l'armée impériale allemande faisait preuve d'un comportement que, tout juste un siècle plus tôt, après les deux défaites successives de Napoléon, même les troupes d'occupation alliées n'avaient jamais montré dans la France reprise par les Bourbons.

Au premier jour de ce nouvel affrontement, un lieutenant de réserve, qui était dans le civil un immense poète, Charles Péguy, meurt au champ d'honneur, le 5 septembre, dans une opération d'avant-garde, sur le canal de l'Ourcq, pour barrer la route à l'une des armées allemandes.

Cette longue bataille du 5 au 12 septembre 1914, rendue célèbre chez nous et ailleurs par la réquisition des taxis parisiens pour emmener au front des troupes aux uniformes encore atrocement voyants et chatoyants, avait profondément ému les Argentins et surtout les Portègnes, aux premières loges des nouvelles.

Eduardo Arolas, surnommé el Tigre du Bandoneón (1), l'un des tout premiers musiciens professionnels de cet instrument, en fit un tango. Un magnifique tango. El Marne.

A écouter sur Todo Tango, enregistré par Osvaldo Fresedo et son orchestre le 27 juin 1980. Et vous pouvez le voir aussi en vidéo intégrée. Et lire la partition (et même la télécharger en résolution non imprimable). Et consulter la liste des enregistrements répertoriés et vue l'exhaustivité de ce site encyclopédique, il est peu probable qu'une piste leur ait échappé...

Eduardo Arolas, natif du quartier de Barracas à Buenos Aires, est mort à Paris, à l'hôpital Bichat, d'un mélange d'alcoolisme et de tuberculose, dix ans plus tard, le 29 septembre 1924. Il avait trente-deux ans. Ses cendres ont été rapatriées beaucoup plus tard. Il repose désormais dans sa cité natale.

Un taxi parisien de 1914 exposé au Musée national des Invalides à Paris



(1) ce qu'il faut comprendre comme La bête du bandonéon, le fortiche, l'as du bandonéon. Sur tous ces détails, je renvoie l'internaute à mon livre paru en mai 2010, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, Editions du Jasmin.

vendredi 5 septembre 2014

L'Argentine pleure un ange du rock nacional [Actu]


Une file ininterrompue et dense d'un kilomètre de long s'était déjà formée hier soir vers 22h aux alentours de la Legislatura pour rendre un dernier hommage à un chanteur de rock de 55 ans qui est décédé hier matin, après quatre ans de coma. Même la menace sérieuse de pluie et d'orage (1) n'aurait pas fait reculer ces gens très jeunes pour la plupart qui patientaient autour de deux manzanas successivement avant d'accéder à la chapelle ardente de Gustavo Cerati. Rentrant moi-même, en compagnie de la journaliste francophone Magdalena Arnoux, de l'enregistrement de mes interviews à Radio Nacional, plus dans le nord de la ville, j'ai été surprise du calme qui régnait dans toute la zone malgré la foule et les camionnettes de toutes les chaînes de télévision du pays, toutes parquées au pied du monument à Julio Argentino Roca, devant la Manzana de las Luces...


Très belle voix et grand talent que je découvre moi-même à l'occasion de cette triste nouvelle qui bouleverse les Argentins.

La presse fait sa une sur l'artiste ce matin. Et pour une fois, c'est Pagina/12 qui rate (à mon goût) sa une...


Gustavo Cerati avait connu le succès dès les années 80 et 90. Un AVC en mai 2010 l'avait fait disparaître de la scène, reclus dans un coma irréversible. Ecoutez-le dans Me quedo aqui, dans un clip mis en ligne par son canal You Tube officiel, en 2008, donc sur la fin de sa carrière.



Pour en savoir plus, il vous suffit d'aller consulter n'importe lequel des quotidiens dont vous trouverez l'hyperlien permanent dans la Colonne de droite, à la rubrique Actu.


(1) Il a plu à plusieurs reprises des trombes pendant la nuit et cela continue ce matin. Au moment où je publie cet article, le tonnerre roule au-dessus de San Telmo et j'entends sur le toit le bruit de mitraillette de la pluie.

samedi 30 août 2014

Présentation de mes travaux sur San Martín à Mendoza, pour le Bicentenaire [Chroniques de Buenos Aires... et d'ailleurs]



Du 10 au 14 septembre 2014, je serai à Mendoza, la capitale de la Province homonyme, pour y présenter, dans un cadre académique prestigieux et au pied de sommets sans doute fort impressionnants, mes travaux de recherche sur le général José de San Martín, Père de la Patrie argentine et co-fondateur, avec Manuel Belgrano, des valeurs des droits de l'Homme dans ce pays (sans parler du Chili et du Pérou).

Mendoza fête actuellement et pendant deux ans le Bicentenaire de son gouvernorat de la Province de Cuyo, qui fut plus tard éclatée en trois provinces, Mendoza, San Luis et San Juan, entre 1814 et 1816. Ceux d'entre vous qui ont lu San Martín à rebours des conquistadors, que j'ai publié en décembre 2012 aux Editions du Jasmin, ou qui sont Sud-Américains, savent que c'est de cette région enclavée et alors indigente qu'il a organisé la plus ample opération militaro-politique de l'émancipation du continent, la traversée des Andes, pour aller libérer le Chili, retombé en octobre 1814 aux mains des contre-révolutionnaires opposés à l'indépendance des pays américains.

Ce que San Martín a réalisé dans cette Province qui occupe le flanc andin du Cône Bleu y a laissé un souvenir puissant jusqu'à nos jours. Vous en trouverez un résumé magistral dans la lettre que le Cabildo de Mendoza avait adressée au gouvernement central en 1816 et que j'avais publiée et traduite dans ces colonnes le 6 novembre 2012.

Ce vaste congrès universitaire et mémoriel est co-organisé à el Espacio Cultural Julio Le Parc, par el Instituto Nacional Sanmartiniano (site Web) et la Province de Mendoza (site Web du Ministère mendocin de la Culture). El INS est un organisme fondé par un historien qui était venu faire sa thèse à Paris, en Sorbonne (je l'ai retrouvée dans les archives - très émouvant), José Pacífico Otero, dans le but de créer une sorte de temple dédié à la mémoire de San Martín. Il est longtemps resté un cercle hermétique, hyper-institutionnel, formel, amphigourique, compassé (il en reste encore des traces) et surtout quasi-religieux, avec à sa tête bien souvent des généraux sans compétence particulière en histoire. Mais depuis quelques années, l'Institut se transforme, à une vitesse grand V, en un authentique centre de recherche et d'animation culturelle consacré à la vie, à l'œuvre et au contexte historique de San Martín, avec expositions (il y en a une actuellement, petite et bien faite), accords-cadre avec des acteurs de la vie sociale (universités, Provinces, syndicats...), tandis qu'un autre institut de même nature s'occupe de l'autre personnage historique fondateur, Manuel Belgrano.

L'INS a son siège à Palermo, sur Plaza Grand-Bourg, dans le coin dont l'urbanisme est le plus authentiquement parisien (ce qui n'est pas le cas de Avenida de Mayo qui postule au titre pourtant). J'ai d'ailleurs eu l'occasion de vous l'expliquer dans le programme du séjour culturel que je vous propose à Buenos Aires, avec l'agence de voyage solidaire et équitable Human Trip.
L'INS assure la direction universitaire du congrès, accorde leurs accréditations aux conférenciers et organise le programme de la manifestation. L'INS a voulu sur ces quatre jours offrir deux espaces différents, un espace universitaire réservé à la prise de parole des chercheurs confirmés et un espace participatif ouvert aux historiens amateurs, aux enseignants du primaire et du secondaire, aux associations, aux enfants et aux adolescents, aux artistes, pour des projets originaux, didactiques, théâtraux, radiophoniques ou cinématographiques...

Pour ma part, j'interviendrai à deux reprises, successivement dans l'un et l'autre espaces, pour exposer mes apports à la documentation sanmartinienne grâce aux trouvailles que j'ai eu la chance de faire en langue française (Gazette de Lausanne, Voyages autour du Monde et L'Investigateur, dont je vous parlais dans un article du 4 mai dernier) et pour parler des problématiques propres à la présentation de ce personnage historique dans le monde francophone européen qui ignore encore jusqu'à son nom. Je présenterai mes deux livres, la biographie et l'anthologie de documents historiques.

C'est la raison pour laquelle depuis lundi dernier, j'ai mis ce blog en sommeil pharmacologique, car mes deux communications devront donner lieu à publication, avec celles de tous les orateurs inscrits, sans doute en 2015, dans les actes du congrès et, avant de les publier, comme dirait monsieur de La Palisse, il faut d'abord les écrire et cela ne se fait pas tout seul, même en Argentine. Qui plus est, il faut aussi organiser le voyage (1000 km en car, tout confort je vous rassure !) et assurer le service minimum ici dans la capitale, être présente à deux ou trois moments-clés, comme mercredi dernier la fête pour les cent ans de Zita de Troilo organisée à la Academia Nacional del Tango par ses petits-enfants et neveux que je connais et qui sont des amis (chers et émus !), le Plenario d'après-demain qui sera consacré au tango pour les enfants... Le reste de mes sorties pour la semaine n'est pas encore fixée, à part bien entendu ma propre conférence avec Fabiana Mastrangelo, une historienne de l'Université San Martín de Cuyo (Mendoza), avec le patronage de la Casa de Mendoza, mardi soir au CCC Floreal Gorini, qui sera suivie de l'enregistrement d'un reportage de La Lupa y el Lapiz, une émission de la radio en ligne Red Digital Argentina 365 et plus tard, jeudi, l'enregistrement des deux interviews annuelles à RAE, l'une en français avec Magdalena Arnoux, l'autre en espagnol avec Leonardo Liberman et un entretien préparatoire à Mendoza avec le président de l'INS (une journée bien occupée).

Nul doute qu'à mon retour en France, j'aurai fait quelques provisions d'idées mendocines pour Human Trip. C'est qu'il y a de quoi faire avec les routes du vin, celles de l'huile d'olive et bien entendu les Rutas Sanmartinianas, les cinq pistes empruntées par l'Armée des Andes à travers les montagnes et qui font la gloire de cette région, que les Argentins appellent aussi la Méditerranée, parce qu'elle se situe en plein milieu des terres !

Alors quittons-nous en musique (à défaut d'un verre de malbec rouge).
Cuyo est la patrie de la tonada et d'un groupe vocal, los Trovadores de Cuyo, qui viennent de renouveler leurs effectifs du tout au tout et qui ont créé, il y a bien longtemps, cet hymne sanmartinien gentiment bègue qu'est Los sesentas granaderos, une cueca de Hilario Cuadros, qui s'est inspiré, pour écrire ce joli texte, d'un épisode de l'épopée cuyaine de San Martín que je vous laisse découvrir dans sa biographie (aux pages consacrées à l'été 1820). C'est pour cela que je l'ai écrite : pour que vous découvriez le bonhomme !

Los Trobadores de Cuyo, troupe historique
sur des images de films avec une vision cuyaine de l'épopée
et les paysages, ce qui ne gâche rien.


Ante el Cris, ante el Cristo Redentor
se arrodi, se arrodillaba un arriero
y roga, y rogaba por las almas
de los bra, de los bravos granaderos

Devant le Christ Rédempteur,
un bouvier s'agenouillait
et il priait pour les âmes
des braves grenadiers (1)
(Traduction Denise Anne Clavilier)



(1) Soixante hommes triés sur le volet et qui avec courage et dévouement prirent la route de la montagne, en secret, pour sauver la vie de leur général et le mettre à l'abri, du côté chilien.

Le marché mondial des capitaux se prémunit de la jurisprudence Griesa [Actu]

En ce samedi, un mois après la déclaration artificielle de default de l'Argentine du fait d'un juge new-yorkais quelque peu suspect sur sa capacité interprétative du droit dans un Etat du même nom, le quotidien Página/12 fait sa une sur la décision que vient de rendre publique une fédération internationale d'opérateurs de marché qui prend des mesures pour que les accords de rééchelonnement d'une dette de fonds souverain soient appliqués en fonction de la majorité des créditeurs et non pas d'une minorité, comme c'est le cas dans la décision du juge Griesa.
Y a-t-il besoin d'une traduction ? Je ne le pense pas !

L'article est à lire en ligne et en espagnol.

Et comme dit le gros titre du journal, c'est une question qui intéresse désormais l'ensemble du monde, puisque tous les Etats empruntent sur le marché privé et sont menacés par la jurisprudence Griesa qui leur avait fait perdre une partie de leur liberté de décision en termes de gestion de la dette et donc une part de souveraineté monétaire et budgétaire. Ce jugement les mettait dans les mains d'une poignée de spéculateurs sans foi ni loi ou plus exactement qui n'ont pour toute boussole que le profit le plus à court terme possible et mettait aussi les créditeurs de bonne foi à la merci de quelques voyous en col blanc, disposés à tout pour empocher du fric au détriment du reste de la planète.

En Argentine, la belle (presque) unanimité qui s'était fait jour les 31 juillet et 1er août dernier, aura eu le mérite d'exister mais n'aura pas tenu longtemps. L'opposition n'a pas tardé à couvrir le gouvernement en fonction de propos fort peu gracieux et de noms d'oiseaux (pas très variés), dénonçant sa soi-disant mauvaise politique sans jamais proposer quoi que ce soit à la place. La Présidente l'a d'ailleurs fait remarquer dans un récent discours : qu'ils critiquent autant qu'ils le veulent, mais qu'ils disent aux Argentins ce qu'ils feraient s'ils étaient au pouvoir. Et là, j'attends de voir, parce que pour l'heure, cela ressemble beaucoup au sktech du Sar Rabindrana Duval, de Pierre Dac et Francis Blanche, jusques et y compris dans les bas-fonds triviaux et paillards dans lesquels ils aimaient bien s'ébattre...



Francis Blanche, en turban : - Votre Sérénité, est-ce que vous pouvez dire le numéro de compte en banque de Madame ?
Pierre Dac, en position du lotus : Oui !
Francis Blanche : Vous pouvez le dire ?
Pierre Dac, concentré : Oui !
Francis Blanche : Vous pouvez le dire ?
Pierre Dac, péremptoire : Oui !
Francis Blanche : Il le peut ! (applaudissements et éclat de rire)

Un discours tautologique et absurde que le duo de une, Daniel Paz et Rudy, n'ont pas manqué de stigmatiser ce matin, avec leur humour de toujours :



L'opposant à lunettes (vous remarquerez au passage que pour une fois, notre oligarque à moustache et à gros sourcils s'est mis en congé) : Pour quelle raison voulons-nous à tout prix accepter le verdict de Griesa ?
L'autre opposant : pour faire ch... le gouvernement.
L'opposant à lunettes : Mais la dette, il faudra bien que le prochain gouvernement la paye.
L'autre opposant : Qu'il aille se faire f..., le prochain gouvernement.
L'opposant à lunettes : Mais si c'est nous ?
L'autre opposant : Tu te f... de moi ou quoi ?
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Une remarque en passant : voyez comme le vocabulaire révèle l'immaturité démocratique de la société argentine. Tout se passe comme si les institutions constitutionnelles n'étaient pas le pays lui-même. Voilà deux cents ans que l'on confond obstinément gouvernement et Etat, gouvernement en fonction et donc partisan et République, laquelle devrait être au-dessus des désaccords conjoncturels. La dette n'est pas celle du gouvernement. C'est une réalité comptable qui s'impose à la Nation entière, à chaque contribuable. Et cela, dans le vocabulaire de l'actuelle majorité et notamment celui de la Présidente, juriste de formation, c'est une chose très claire, qui ne souffre pas l'ombre d'un doute. En revanche, chez l'homme de la rue, même s'il est très cultivé, ce n'est pas clair du tout et chez les caciques de la politique, dans l'opposition, qu'elle soit de droite ou de gauche, c'est un super jeu langagier d'enfumage à grande échelle. Pour le moment, les Argentins ont du mal à reconnaître la supercherie. C'est en cela que ces deux humoristes font un travail d'éducation civique pour adultes d'une grande utilité. Et en plus, c'est drôle.

mardi 26 août 2014

Les cent bougies aujourd'hui, c'est pour qui ? C'est pour Julio ! [Actu]


Aujourd'hui, dans Buenos Aires, il va falloir être sérieusement distrait pour ne pas se rendre compte que c'est aujourd'hui les cent ans de Julio Cortázar, né il y a donc un siècle dans une Bruxelles déjà occupée par les Allemands du Kaiser.

Tout le monde s'y met : la télévision, la radio, les librairies, les journaux, même Google... Certains pâtissiers ou traiteurs y font allusion sous une forme ou une autre et quelques restaurants. Página/12 a mis la tête de notre baroudeur littéraire sur la une de ses pages culturelles...

"Nous marchions sans nous chercher mais en sachant que nous marchions (1) pour nous rencontrer"
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Cela valait bien que je prélève sur mon travail de rédaction sanmartinienne deux minutes de cette journée qui commence.

Pour vous faire une idée, vous pouvez aller jeter un coup d'œil sur Página/12 mais je suis à peu près sûre, même si je n'ai pas bien le temps d'aller le vérifier, que La Nación, Clarín et La Prensa ne sont pas en reste. Vous pouvez consulter leurs sites Internet à partir des liens permanents de la rubrique Actu, dans la partie basse de la Colonne de droite, celle réservée aux liens externes.


(1) Il existe de nombreuses façons de traduire le verbe andar, car il peut contenir une notion de déplacement comme une notion plus existentielle (comme notre verbe aller).

lundi 25 août 2014

Service minimum mais garanti (congrès universitaire oblige) [Chroniques de Buenos Aires]

Deux manières pour traduire cette devise
ou "Mendoza, l'esprit large"
ou "Mendoza, la hauteur de vue"

Dans les jours qui viennent, il est probable que je ne publie rien sur ce blog : l'Instituto Nacional Sanmartiniano vient de m'inviter à soutenir mes travaux de recherche dans le cadre d'un congrès universitaire qui prend place dans les célébrations du Bicentenaire de San Martin en Cuyo. Une telle invitation n'était pas prévue et je dois donc à l'improviste, comme c'est l'habitude en Argentine, consacrer une bonne partie de mon temps à la rédaction des deux résumés d'intervention qui seront ensuite intégrés dans les actes du colloque, en lien avec la publication de mes deux livres sur le général (publiés en 2012 et 2014 aux Editions du Jasmin).

Pendant quelques jours, je ne mettrai en ligne que des informations exceptionnelles et reprendrai mon rythme "estival" une fois rédigés les deux articles que je dois rendre avant le début du colloque.

samedi 23 août 2014

Ana Libertad vit en Europe et elle ne connaîtra pas sa grand-mère [Actu]

Ce n'est pas "l'effet Guido" mais un long travail d'enquête judiciaire qui a permis, avec l'aide des services consulaires en place dans un pays européen, de découvrir la 115ème des personnes recherchées par l'Association Abuelas de Plaza de Mayo. La jeune femme qui a récupéré hier son identité de naissance est la fille d'un couple de militants communistes purs et durs (parti communiste marxiste léniniste), Héctor Baratti (né le 27 mars 1949, dans la Province de Buenos Aires) et Elena de la Cuadra (née le 15 juin 1954, dans la Province de Corrientes), tous deux arrêtés le 23 février 1977 puis détenus sans procès à La Plata. On a retrouvé son corps à lui, qui a été dument identifié, mais elle reste disparue et on n'a aucune trace de ce qu'elle a pu devenir.

La maman de Elena, Alicia Zubasnadar, est décédée en juin 2008. Co-fondatrice de l'ONG Abuelas de Plaza de Mayo, elle en avait été la première présidente.



La jeune femme a pu être identifiée grâce à un mail anonyme au contenu très précis parvenu à Abuelas en 2010. La justice a entamé alors son instruction et grâce aux services consulaires argentins, elle a pu informer de son identité probable l'intéressée qui a assez rapidement accepté de procéder à un prélèvement sanguin, réalisé le 25 avril dernier au consulat argentin de son pays de résidence (non révélé par Abuelas qui veut protéger l'intimité de cette personne et le processus psychologique difficile et complexe qu'elle aura à affronter dans les mois et les années qui viennent). L'échantillon sanguin a ensuite été acheminé par valise diplomatique pour aboutir courant mai à la Banque des Données Génétiques dont les services d'anthropologie judiciaires ont procédé aux analyses légales habituelles.

La jeune femme est née le 6 juin 1977 dans un commissariat de La Plata, capitale provinciale et ville universitaire où vivaient les grands-parents De La Cuadra. A la suite de cette naissance, le couple a reçu des coups de fils anonymes et des bouts de papier griffonnés, glissés la nuit sous la porte : c'est ainsi qu'ils ont été informés de cette naissance de manière assez précise et qu'ils ont aussitôt entamé des recherches en tentant de remuer ciel et terre pour récupérer leur petite-fille. Sur l'attestation de naissance qui a servi à la déclaration d'état-civil falsifiée, apparaît le nom d'une sage-femme impliquée dans plusieurs rapts d'enfant sous la dictature (en Argentine, ces agissements tombent sous le coup d'une loi qui réprime la traite des personnes).

La jeune femme a été adoptée par un couple sans lien avec les institutions de la répression politico-militaire de ces années dictatoriale mais ces gens l'ont déclarée comme leur fille biologique, qu'elle n'était donc pas, ce qui constitue en Argentine (et ailleurs aussi) un crime dont ils auront à répondre devant un tribunal.

Un prêtre, condamné depuis pour crimes contre l'humanité (c'est la désignation des crimes perpétués par la dictature) a assez vite pris contact avec les De La Cuadra pour les tâcher de les persuader, à force d'arguments chrétiens pervertis, qu'il leur fallait cesser les recherches et se résigner à l'insoutenable disparition du couple et à celle de l'enfant dont ils savaient pourtant qu'elle vivait. La famille avait toutefois connu personnellement le père Pedro Arupe, alors général de la Compagnie de Jésus. Elle put donc entrer en communication avec lui à Rome et Arupe, depuis la maison générale de Rome, les renvoya à son tour vers le père Jorge Bergoglio, alors provincial d'Argentine. Il n'est donc pas impossible que ce dossier réveille, dans les colonnes de Página/12 ou tout au moins au sein de son comité de rédaction, les rumeurs sur ce que l'actuel Pape François a fait, n'a pas fait, a écrit, n'a pas écrit, a omis de faire, d'écrire ou de dire, aurait pu faire, écrire ou dire si et si et si... pendant les années de plomb. Sur cette affaire précise et sur la visite de cette grand-mère, l'un des tout premiers cas dont il ait eu connaissance, il s'est assez longuement expliqué dans un livre qui a été publié il y a plusieurs années, lorsqu'il était archevêque de Buenos Aires, à quelques mois de sa démission pour atteinte de la limite d'âge (les évêques en charge pastorale remettent tous leur démission lorsqu'ils atteignent 75 ans).

Par ailleurs dans le petit monde médiatique, on peut constater que l'effet Guido n'aura guère duré : seul Página/12 donne à l'information la place qui lui revient dans l'actualité du jour. Clarín et La Nación se disputent à qui fera l'entrefilet le plus discret et La Prensa n'en parle tout simplement même pas.

Toutefois, il n'est pas impossible que l'effet Guido se fasse sentir à travers une vague sans précédent d'identifications dans les mois qui viennent car les appels à Abuelas ont été nombreux dans les jours qui ont suivi l'annonce des retrouvailles entre Estela de Carlotto (qui reprenait hier son rôle institutionnel) et son petit-fils si longtemps recherché.

Pour aller plus loin :
lire l'article que ce journal a publié en 2006 pour parler de Alicia Zubasnadar de De La Cuadra, deux ans avant sa mort et que Página/12 a resorti de ses archives ce matin
consulter la depêche de Telam avec vidéo intégrée de la conférence de presse donnée hier au siège de Abuelas
Sur le site de Abuelas, vous pouvez également lire le billet que le Pape a personnellement adressée à Estela de Carlotto, après l'annonce de l'identification de Ignacio Guido Montoya Carlotto, et l'article que Página/12 a consacré à la publication de cette missive.

jeudi 21 août 2014

Le CASLA a offert son trophée à son plus célèbre hincha [Chronique de Buenos Aires]


Dès lundi, l'état-major du club bleu et grenat (azulgrana), le désormais célèbre San Lorenzo de Almagro, qui a gagné la semaine dernière la coupe des Libertadores (coupe continentale de l'Amérique du Sud), s'est rendu à Rome, comme l'année dernière, pour remettre une copie du trophée au Pape, son supporter (hincha) exilé dans la lointaine Europe pour cause d'élection pontificale.

Malgré le deuil personnel qui le frappe au cœur, dans l'intimité son cercle familial le plus proche, peine à laquelle nombre d'Argentins s'associent depuis mardi soir (1), le Pape François a reçu, hier, à Rome, au cours de l'audience générale, la petite délégation de ses footeux compatriotes. Il l'a fait avec sa chaleur habituelle et il a commenté sa présence avec une petite note nouvelle en parlant de son identité culturelle dont ce club fait partie...

La vitrine Web du Club maintient toutefois pour l'occasion un profil très nettement plus bas que ce qui aurait été fait si cet accident de voiture n'avait fauché la vie d'une jeune maman et de deux bébés de deux ans et huit mois parmi les neveux et nièces de l'Evêque de Rome.


Sur le site du Club, vous pourrez voir le petit reportage vidéo, de 2 mn 10, tiré d'un journal TV d'une chaîne argentine (CN23) qui reprend les images et quelques phrases de la salutation du Pape en espagnol à la fin de son audience générale du mercredi. Vous constaterez aussi la gravité du visage des délégués et leur émotion sensible. Et pourtant ils auraient aimé faire la fête : ils attendaient cette victoire depuis la création de cette compétition américaine !

Dimanche, l'équipe sera à nouveau sur le terrain, pour un match contre l'équipe argentine de Banfield. On ne se repose pas sur ses lauriers. Au boulot, les gars !

Pour aller plus loin :
lire l'article de La Nación écrit avec le cœur par Elisabetta Piqué


(1) Ce que j'ai relayé sur ma page Facebook parce qu'en Argentine, je ne dispose pas toujours du temps disponible pour traiter les informations dans le blog, qui demande plus de travail, plus de fonds que cette vitrine qu'est un réseau social généraliste.

mercredi 20 août 2014

Presentación de "San Martín par lui-même" en el CCC – Ma prochaine présentation au CCC [Chroniques de Buenos Aires]

Résumé en français en fin d'article

El 2 de septiembre del 2014, a las 19
en el CCC Floreal Gorini, Corrientes 1543, CABA,
presentaré mi libro,
San Martín par lui-même et par ses contemporains
("San Martín por él mismo y sus contemporaneos")
Charla en castellano
Me acompañará la Profesora Fabiana Mastrangelo
historiadora y escritora mendocina

Entrada libre y gratuita
Sala Jacobo Laks, 3ro piso

Organizan conjuntamente el CCC y la Casa de Mendoza de Buenos Aires

Gracias por difundir a los amigos y conocidos.



San Martín par lui-même et par ses contemporains (Editions du Jasmin, mayo del 2014, Francia), es una antología de documentos históricos (aprox. 150), provenientes de distintas fuentes del siglo 19, en tres idiomas originales, en mayoría castellano y algunos en inglés o en francés. Los en castellano y inglés se pueden leer en versión bilingüe (el texto original a la izquierda, mi traducción al francés a la derecha).
En estas 384 páginas, junté a 30 autores, entre los cuales se encuentran Bernardo O'Higgins, Tomás Guido, Juan Martín de Pueyrredón, Guillermo Miller, Simón Bolívar, Basil Hall, Maria Graham, Lord Cochrane... El conjunto compone una semblanza multifacética, casi epistolaria, del Gran Capitán.

Los documentos se armaron por el orden cronológico (el de los acontecimientos), empezando en julio del 1789, cuando el jovén José de San Martín no cumple todavía los 12 añitos legales para ingresar en el Ejercito real de España. Se concluyen con la nota diplomática de agosto del 1850 avisando al gobierno de Juan Manuel de Rosas del fallecimiento del General en su casa de Boulogne-sur-Mer (norte de Francia).




Charla, debate con el público y brindis
con vino de Mendoza y masitas flamingas de Francia



Los porteños pueden descubrir mi trabajo al visitar mi página Web en francés con traducción Google si quieren (rubro "Livres") por ese link o este, o las notas que les dediqué a mis libros en este blog, haciendo clic en la tapa del que les interesará (Columna derecha de la pantalla).
Para lanzar estos dos libros y despertar la curiosidad de mis lectores de Europa, publiqué acá, en Barrio de Tango, varios documentos todos en versión bilingüe, con excepción de los de fuentes francesas o suizas ya en mi idioma nativo (1).

Dentro de unos días, podré añadir otros detalles sobre el contenido de la tarde, según como las cosas se van armando con la gente del CCC, a quien desde ya le agradezco su confianza.

En mi sitio Web (rubros Radio y Télévision), podrán escuchar varias notas que me hicieron RAE de Radio Nacional como RFI (radio pública de Francia), ambos canales en castellano.

Tapa Billiken (detalle)

La biografía de San Martín ya se encuentra desde el año pasado en las bibliotecas del CCC y el Museo del Regimiento de Granaderos a Caballo (cuartel de Palermo).

Todos los libros publicados en Francia se pueden conseguir en Buenos Aires en la librería Las Mil y una hojas (que tiene también venta en linea).


Más info en

* * *
Le 2 septembre 2014, à 19 h, je présenterai en espagnol mon dernier livre sur San Martín, paru en France en mai dernier, aux Editions du Jasmin (et disponible auprès de n'importe quel bon libraire francophone notamment en zone Euro - l'éditeur peut par ailleurs faire un envoi toute destination dans le monde).
La rencontre, co-organisée par le  Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini et la Casa de Mendoza (bureau de représentation de la Province homonyme dans la capitale fédérale), se tiendra dans la salle Jacobo Laks, au 3ème étage, du CCC, 1543 avenue Corrientes (face au Teatro San Martín), à Buenos Aires.
Entrée libre et gratuite.
J'aurai l'honneur d'être accompagnée pour l'occasion par l'historienne mendocine Fabiana Mastrangelo, enseignante-chercheuse, elle-même auteur et brillante spécialiste de San Martín, le héros par excellence de sa province natale. Qu'elle veuille bien trouver ici l'expression de mes remerciements pour sa présence.

J'ai eu la chance de faire sa connaissance mardi dernier, lors de sa propre conférence (brillantissime) à la Casa de Mendoza. C'est une véritable historienne comme il n'en existe pratiquement encore aucun(e) en Argentine (à plusieurs reprises dans Barrio de Tango, je vous ai fait l'état des lieux de la discipline dans le pays, elle y est encore terriblement marquée par des querelles idéologiques dont une science humaine devrait être exempte, ce qui la range dans la mythographie et l'historiographie).

Après la conférence-débat, la Casa de Mendoza offrira un verre de l'amitié qui mettra en valeur ce vin produit par le vignoble encouragé par San Martín lui-même, pendant son gouvernorat de Cuyo, un vignoble à flanc de Cordilière. Ce à quoi j'ai prévu d'ajouter une spécialité de la région Nord-Pas-de-Calais qui a recueilli le dernier soupir du grand homme sud-américain.

Mes lecteurs francophones connaissent désormais bien l'organisation de ce blog, et la fonction de la Colonne de droite, qui comprend de nombreux raccourcis vers les séries thématiques d'articles dont ceux présentant le contenu de mes ouvrages.
De plus amples informations seront ajoutées au présent article en fonction de l'organisation de la soirée, toujours en cours, avec les responsables du CCC que je remercie encore une fois de leur confiance et de leur amitié, tout particulièrement Walter Alegre, qui ne ménage pas sa peine.


(1) El objetivo de este blog es hacer conocer la cultura popular argentina a los francohablantes para que les guste. En consequencia, todo o casi todo está prioritariamente dirigido a este público en su idioma. Los dos libros sobre San Martín, la primera biografía en francés (San Martín à rebours des conquistadors) y la antología de este año, tienen una sola meta: hacer descubrir, querer y conocer este prócer y luchador incansable de los derechos humanos y la ilustración que, por el presente, nos queda desconocido.

mardi 19 août 2014

A La Paila cette semaine [Chroniques de Buenos Aires]


Ce mercredi 20 août 2014, l'auteur-compositeur interprète Lucio Arce et le chanteur Facundo Radice, qui fait partie de la Orquesta Típica La Vidú, se produiront à 21 h au restaurant La Paila, Costa Rica 4848 à Palermo.
Droit au spectacle : 50 $ par personne (soit moins de 5 € au cours actuel du peso argentin).

Et vendredi, c'est le quatuor vocal féminin, Flores Negras, animé par la chanteuse Cecilia Bonardi, qui jouera, à 21h30, début du week-end oblige.
Droit au spectacle : 70 pesos.


A cela il convient d'ajouter le prix du repas, dans ce restaurant spécialisé dans la cuisine du Nord-Est argentin, du côté de Salta, Jujuy,Tucumán, une zone du pays réputé pour sa forte personnalité et sa tradition gastronomique, à base de produits andins, comme les délicieuses pommes de terre aux saveurs variées.

Donc double intérêt pour ces soirées.

A l'affiche du Festival de tango cette semaine [Chroniques de Buenos Aires]


Beau programme en vérité que celui proposé par un festival de tango malheureusement organisé en dépit du bon sens :

Demain, mercredi 20 août, à 21h, Alan Haksten se présente avec sa formation réduite, Marcapiel (fer rouge), avec son tango résolument jeune et nerveux. Ce sera à la Usina del Arte, dans la salle dite de Cámara (une petite salle intimiste), au cœur de la Boca.

Jeudi à 16h30, la chanteuse Marisa Vázquez (qu'avait-elle besoin de choisir une photo aussi vulgaire pour sa promotion ? - son talent vaut mieux que ça !), se produira dans la même, toujours en accès libre et gratuit.

Dimanche 24 août, ce sera le tour du chanteur Cucuza Castiello à 16h, avec les mêmes partenaires que vous connaissez bien désormais et le même complice vocal, le chanteur Chino Laborde, qui vient de quitter la OTFF, dont il a longtemps été la voix emblématique...


Pour en savoir plus sur le programme exhaustif, consulter la page qui lui est consacré sur le site Web de la Ville de Buenos Aires.

Noces d'argent avec le tango pour Patricia Barone et Javier González cet hiver [Chroniques de Buenos Aires]

La chanteuse Patricia Barone et le guitariste et compositeur Javier González fêtent en ce moment leurs noces d'or avec la nouvelle vague du tango, dont ils sont deux des principaux acteurs.


Ce soir, mardi 19 août 2014, ils se produisent au Festival de Tango de Buenos Aires, cette année relégué à La Boca, ce qui le rend fort peu commode d'accès, pour ne pas dire plus. Ce sera à 18h30 à la Usina del Arte, Sala de Cámara, à l'angle de la rue Caffarena et de l'avenue Pedro de Mendoza. Et pour rendre le festival encore plus impraticable (ce gouvernement municipal est décidément peu doué pour organiser ce type d'événement), il faut retirer sa place (certes gratuite) sur place une heure avant la levée de rideau. Inutile de vous dire que dans ces circonstances, la belle programmation du festival profite très peu aux gens du crû : à 17h30, un jour de semaine, au moins d'août, au creux de l'hiver, un Portègne normalement constitué est au boulot, enfermé entre les quatre murs d'un bureau de banque, d'assurance, de publicité ou de services informatiques (75% de l'activité de la ville) et il bosse...

Pour ma part, à l'heure du concert, je serai en centre-ville, à la Casa de Mendoza où se donnera une conférence qui s'annonce intéressante et dont je vous ai parlé il y a quelques jours à propos du Bicentenaire de San Martín en Cuyo. On ne peut pas être partout à la fois.

Notre couple de musiciens se produira par la suite, toujours avec le groupe qu'il anime, samedi à 20h30 à Tandíl (Province de Buenos Aires), au centre universitaire, et dimanche à Rauch, toujours dans la Province mais cette fois à 19h.
Dans tous les cas, l'entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Pour en savoir plus :
consulter le programme du festival de Tango de Buenos Aires sur le portail officiel de la Ville.

Retour du Tomassini-Reinaudo Project à La Trama vendredi soir [Chroniques de Buenos Aires]

Décidément, la tenue du festival cette année n'assèche pas la vie du tango ailleurs dans la ville.



C'est à La Trama, un café culturel de l'ouest de Monserrat, à l'angle des rues Luis Saénz Peña et Mexico, que le duo clarinettiste (Néstor Tomassini) et guitariste (Hernan Reinaudo), tous deux compositeurs, se produira vendredi 22 août 2014, à 22h, pour un concert de musique du Río de la Plata à forte connotation tanguera et candombera.

Je ne connais pas encore l'endroit, qui a l'air des plus cosy et agréables. On verra d'ici vendredi comment se présente la soirée. A Buenos Aires, il faut savoir adopter les usages d'improvisation tous azimuts des locaux !

On peut se connecter la page Facebook du restaurant salon de thé Mil500 qui abrite les propositions culturelles de l'espace de création qu'est La Trama.