samedi 16 avril 2016

Ce soir, chez Jac [à l'affiche]


Ce soir, samedi 16 avril 2016, à 21h30, la chanteuse Jacqueline Sigaut (photo en bas à gauche) propose chez elle une nouvelle soirée de tango, avec le guitariste Ariel Argañaraz et la chanteuse María Roldán, dans le quartier de Palermo, du côté de Plaza Italia.

Comme d'habitude, il faut s'inscrire auprès de l'organisatrice par mail pour participer à cette nuit de musique autant à la bonne franquette que pleine de talents.

Conférence sur Villoldo ce soir à Villa Urquiza [à l'affiche]

Ce soir, samedi 16 avril 2016, à 18h, le Cercle d'Etudes historiques du quartier de Villa Urquiza, que préside le poète et médecin Luis Alposta (1), s'associe Taller del Sol (l'atelier du Soleil) pour organiser une conférence sur le "père du tango", Angel Villoldo, qui exerça à peu près tous les métiers, dont celui de payador et de versificateur.


Ce soir dans la rue Barzana de Villa Urquiza, c'est Tito Rivadeneira qui viendra présenter le personnage et son œuvre, sous le titre humoristique Angel Villoldo, el bigote mayor del tango (la plus belle moustache du tango), un titre qui est aussi celui du livre qu'il a publié avec le patronage de la Academia Nacional del Tango, dont Luis Alposta est désormais membre honoraire.

Ce sera une conférence sur la musique de tango et de copla composée par Villoldo alors que le tango à texte (littéraire) n'existait pas encore, dans les vingt premières années du vingtième siècle.

Pour en savoir plus :
consulter le dossier Villoldo dans l'encyclopédie en ligne Todo Tango (en espagnol). Vous pourrez y lire des articles, des partitions, des textes de chanson et écouter la voix de l'artiste dans un très vieil et très exotique enregistrement datant de 1907...


(1) Luis Alposta a postfacé Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin. Il fait partie des poètes qui y sont présentés et, avec d'autres œuvres, il est aussi l'un des dix poètes et paroliers que j'ai traduits dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango (Tarabuste Editions). En août 2010, Luis Alposta m'a remis le brevet d'Hôte d'honneur de Villa Urquiza, une distinction attribuée par la Junta de Estudios Históricos qui organise la manifestation de ce soir.

vendredi 15 avril 2016

Gardel pour la première fois en comédie musicale... au Molière [à l'affiche]

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Splendide affiche !

A l'angle des rues Balcarce et Chile, du côté de San Telmo, se trouve un théâtre-restaurant au beau nom de Molière Café ! C'est là que ce soir, vendredi 15 avril 2016, une joyeuse troupe menée par le chanteur Guillermo Fernández (une formidable vedette du tango depuis ses huit ans...), le pianiste Federico Mizrahi et le bandonéoniste Luis Longhi, tous trois compositeurs (et coproducteurs-animateurs de l'émission de radio Demoliendo Tangos, qui est aussi le nom du duo que forment les deux derniers) va donner la première d'une comédie musicale qui raconte la vie de Carlos Gardel, depuis l'enfance jusqu'à la mort, en passant par ses relations avec sa mère, avec ses compagnons artistiques, avec les femmes, notamment cette Isabel del Valle, qui se prétendit sa fiancée sans l'avoir jamais été et se consola rapidement de sa disparition en convolant en justes noces avec un autre homme au bout de quelques mois d'un deuil simulé. La générale a eu lieu mardi devant la presse qui semble avoir apprécié, même si l'actualité, entre la contre-attaque de Cristina Kirchner, qui sort les griffes et reprend à la hussarde la tête de l'opposition avec un Front Citoyen (elle dont les créateurs sont de fervents admirateurs), et la disparition avant-hier de Mariano Mores (après celle de Ernesto Baffa), ne permet pas à Página/12 de s'en faire l'écho (et pourtant les trois auteurs du spectacle sont parmi les artistes favoris du quotidien).

La troupe après la générale mardi soir

Les acteurs jouent en intercalant entre leurs scènes des extraits des films tournés par l'authentique Gardel. Ils reproduisent quelques scènes de ces longs métrages et plusieurs photos célèbres. Guillermo Fernández joue le rôle titre et imite à la perfection le fameux sourire de star du Zorzal Criollo. Luis Longhi joue le rôle de Tito Lusiardo, l'un des amis de Gardel et l'un des meilleurs comédiens de sa génération... La musique originale est du duo Fernández-Mizrahi, la mise en scène de Luis Longhi.

L'acoustique de la salle oblige visiblement les artistes à se coller un micro sur la joue et c'est bien dommage avec le talent vocal de Guillermito !

La salle peut accueillir 350 personnes. Il est donc plus que probable qu'il faille réserver à l'avance. Le spectacle se donne tous les vendredis et samedis à 22h30, après le dîner qu'on prendra sur place.

Entrée : 300 $ ARG.

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C'est la première fois que la vie de Gardel et le mythe à laquelle elle a donné naissance font l'objet d'une comédie musicale effectivement produite. Horacio Ferrer et Raúl Garello avaient conçu il y a plusieurs années un opéra-tango sur la figure tutélaire du tango mais aucun producteur n'avait pris le risque de le prendre en charge. C'est donc une première mondiale que réalise notre trio qui secoue l'actuel cocotier du tango en remettant à l'honneur un genre politiquement et socialement corrosif...

Pour aller plus loin :
consulter la fiche du spectacle sur Alternativa Teatral
consulter la page Facebook du spectacle.

Ajout du 19 juin 2016 :
lire cette excellente critique de La Nación deux mois après la création !

Ramón Ayala ce soir à ND Teatro [à l'affiche]


L'auteur-compositeur interprète Ramón Ayala fera retentir les rythmes de son Litoral natal au ND Teatro, Paraguay 918, à Retiro, ce soir, vendredi 15 avril 2016, à 21h, en compagnie des Hermanos Nuñez, Juan au bandonéon et Marcos à la guitare.

Prix des places : de 200 à 400 $ ARG.


Octogénaire, cet artiste hors-norme, qui a illustré la galopa misionera et le gualambao, hérité du peuple m'byá (ceux qu'on appelle à tort les guaranis), a vu sa carrière relancée par un documentaire que lui a récemment consacré Marcos López. Il vient aussi d'éditer un livre, une épopée en vers sur la guerre du Paraguay, Las Trincheras ardientes del Paraguay – Canto popular sobre la Guerra Grande (1), qu'il a lui-même illustré, puisqu'il est aussi artiste plastique. Une guerre terrible, dite de la Triple Alliance, qui a ensanglanté le sud du continent à la fin du dix-neuvième siècle et l'a traumatisé pour longtemps. Cette guerre se ressent encore aujourd'hui à Asunción !


Depuis de nombreuses années, Ramón Ayala vit dans le quartier San Cristobal à Buenos Aires même. C'est dans cet appartement qu'il a reçu les différents journalistes venus l'interviewer à l'occasion de ce retour sur la scène dans un beau théâtre d'environ 700 places...

L'affiche choisit un paysage typique du Litoral argentin pour illustrer ce documentaire sur Ayala

Pour aller plus plus :
lire la présentation du livre sur Identidad Cultural, un site Internet parrainé par le ministère de la Culture
Vous pouvez aussi découvrir l'artiste et son duo d'accompagnateurs grâce à Canal Encuentro. Ils ont enregistré une émission de la série Encuentro en el Estudio que l'on peut toujours voir et regarder. Une heure de découverte et de bonheur mélomane.



(1) Le livre a été édité par le Ministère de la Culture, sur une décision prise sous l'ancienne mandature, lorsque ce ministère était aux mains de Teresa Parodi, elle-même musicienne reconnue de cette région du Litoral argentin. Elle est de la province de Corrientes tandis que Ayala est né dans Misiones.

jeudi 14 avril 2016

Le tango à nouveau en deuil : Mariano Mores n'est plus [Actu]

Quelle envie de pleurer, s'exclame Página/12 à la une de ses pages culturelles
en citant José María Contursi ( En esta tarde gris)

Uno et Cafetín de Buenos Aires, sur des textes de Enrique Santos Discépolo, En esta tarde gris et Gricel sur des letras de José María Contursi (1), Taquito militar, milonga joyeuse, voyouse et légère comme une plume,  dont les premières notes vous donneront une irrésistible envie de danser (2), tels sont quelques uns des classiques du répertoire que l'on doit à ce compositeur et pianiste qui voulait donner à la musique populaire une ampleur symphonique, grâce à ses arrangements et ses orchestrations, le premier et le seul musicien avant Astor Piazzolla qui ait eu cette audace : le Maestro Mariano Mores était né à Buenos Aires le 18 février 1918, il venait d'avoir 98 ans. Il est décédé très tôt hier matin dans la capitale argentine et toute la nuit, il a été veillé, suprême honneur pour un musicien populaire, dans le prestigieux Teatro Colón, l'Opéra de Buenos Aires.

Clarín lui consacre une grosse manchette sous la bande titre
en bas, la photo est pour Cristina Kirchner à sa sortie du tribunal
où elle a refusé de répondre aux questions du juge tout en remettant des conclusions écrites
et en demandant la récusation du juge pour partialité et incompétence.
Finalement, elle n'a été ni inculpée in incarcérée à l'issue de son audition...
Cliquez sur l'image pour lire les textes

Enfant prodige, il avait composé ses premiers morceaux à l'âge de 14 ans. Plus tard, il prit pour nom de scène le patronyme de son épouse, Mirna Mores. Il a joué dans l'orchestre de Francisco Canaro avant de fonder le sien propre et de faire une carrière brillante et éclectique qui lui a valu bien des critiques de tous côtés. Au cinéma, il a joué les jeunes premiers et il est même monté sur les planches comme comédien. L'heure venue, la télévision s'est régalée, en noir et blanc et en couleurs... L'homme avait côtoyé Juan Domingo Perón dont il était un ami personnel, comme Enrique Santos Discépolo, dont il avait mis en musique de véritables chefs d'œuvre.

La Nación consacre elle aussi une belle manchette au disparu
tout en mettant en vedette Cristina et son discours enflammé à ses partisans
après son audition par le juge Bonadio (la bête noire des kirchneristes)
Cliquez sur l'image pour lire les textes

Sur le plan personnel, il lui a fallu surmonter l'immense chagrin que lui avait causé la mort de son fils Nito. Il lui restait sa fille et les deux petits-enfants qu'elle lui avait donnés. Sa petite-fille est une figure de la jet-set télévisuelle, une vedette peu discrète du petit écran très présente dans les colonnes mondaines des journaux et des magazines. Son petit-fils, Gabriel Mores, est chanteur.

Le journal de Córdoba, La Voz del Interior, met aussi Mores en manchette
et Cristina en vedette

Mariano Mores avait arrêté sa carrière scénique en 2011.

L'une des plus grosses manchettes, on la trouve ici,
dans El Litoral, le quotidien de Entre Ríos, Corrientes et Misiones
Et là, Cristina est bien en vedette mais de dos et à contre-jour.
Ce qui n'empêche nullement de la reconnaître...

Dès que la nouvelle a été connue hier, les sites des journaux se sont couverts d'hommage et ce matin, tous les journaux lui ont trouvé une place sur leur unes, les titres nationaux comme les quotidiens provinciaux. C'est une véritable mémoire du tango et de la musique populaire surtout urbaine qui s'en va...

A Mendoza, Los Andes montre lui aussi Mariano Mores en train de répondre aux ovations
Quant à la photo de Cristina, c'est un cliché pris en bas de chez elle
alors qu'elle sortait sous la pluie pour se rendre au tribunal
(cela fait une semaine qu'il pleut ou qu'il crachine à Buenos Aires)
Elle protège ses cheveux, tout en arborant un sourire courageux, un rien provocateur...

Pour en savoir plus :
lire l'article de Clarín (qui date d'hier)
lire l'article de La Prensa (qui n'a pas enrichi non plus la nécrologie publiée hier)

Pour écouter sa musique, il faut se reporter à l'encyclopédie tanguera en ligne Todo Tango, qui lui a consacré, au fil des années, un grand dossier avec interviews, articles divers, partitions, enregistrements audio et vidéo. Todo Tango a d'ailleurs réagi avec célérité en modifiant dès hier cette fiche pour y ajouter la date du décès : 13 avril 2016.



(1) En esta tarde gris, auquel Página/12 emprunte son gros titre, fait partie des letras que j'ai présentées et traduites dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en 2010 aux Editions du Jasmin.
(2) Taquito Militar : on pourrait traduire par "Claquement de talon". Il s'agit en fait d'une mode au début du XXe siècle : les hommes des faubourgs chaussaient volontiers des bottes de la cavalerie militaire, avec leur petit talon caractéristique (comme les bottes de cow-boy de western), qu'il faisait claquer dans les rues pour effaroucher le bourgeois en roulant des mécaniques...

mercredi 13 avril 2016

Le nouveau visage de Televisión Pública Argentina, ex-Canal 7 [Actu]


Avant-hier, le 11 avril 2016, le ministre du Système fédéral des médias publics et des contenus publics, Hernán Lombardi, a présidé d'un ton bonhomme et cordial la présentation de la nouvelle programmation de la chaîne de télévision publique, TVP (ex-Canal 7), à la presse debout dans le studio au pied de l'estrade et au public, puisque c'était retransmis en direct par les ondes, le câble et sur le streaming du site Internet de la chaîne.

Les quatre hommes qui constituent les autorités constituées, le ministre, son secrétaire d'Etat aux médias, le président de RTA et le directeur exécutif de TVP, en tenue décontractée, chemise ouverte et sans cravate, ont pris l'un après l'autre la parole, sans note, sans prompteur, en parlant simplement, sans retour polémique sur le passé et avec ce qui ressemblait bien à du parler vrai (et si ce n'en est pas, c'est bien imité). La grille veut refléter la diversité du pays, sur le plan idéologique et politique, sur le plan géographique et même sur le plan climatique. Elle se fera pas à pas, sur les quatre ans du mandat présidentiel, avec les moyens de la maison à plus de 90%, c'est-à-dire, ont-ils tous insisté, avec l'argent des Argentins, avec l'argent des impôts de tous. Cela signifie une production encore austère et économe, d'où le refus opposé à plusieurs propositions de qualité qui ne pouvaient pas trouver place dans le budget donné pour cette année. L'objectif est d'ouvrir progressivement l'antenne à de plus en plus de choses, avec des moyens accrus au fur et à mesure que les finances du pays se stabiliseront.

Une soirée très festive (capture d'écran)

Sur un ton très juste, politiquement et historiquement, Hernán Lombardi a rappelé l'exemple d'unité nationale donné par le Congrès Constituant de Tucumán, composé de gens aux opinions très variées et parfois même antagonistes, pour certaines d'entre elles, qui surent se mettre d'accord pour se tourner vers l'avenir, un avenir de liberté et d'indépendance. Or le bicentenaire de l'Indépendance le 9 juillet prochain et les Jeux Olympiques de Rio en août constitueront précisément les deux temps forts de cette antenne nouvelle mouture...

Un montage vidéo a été projeté pour présenter les nouvelles émissions, sans oublier les anciennes qui sont maintenues (et il y en a, et des bonnes). Et parmi ces émissions maintenues, il y a celle de Madres de Plaza de Mayo, l'association présidée par une femme qui traite le président élu d'ennemi et refuse d'échanger un mot avec lui ou avec ses représentants. Il y a aussi celle de l'historien revisionista Felipe Pigna, qui a conservé aussi son émission de radio à Radio Nacional. Il en va de même aussi de l'émission farcesque (sans jeu de mot) et truculente intitulée Cocineros argentinos, pour diffuser les recettes argentines et étrangères... La facture du montage rappelle clairement celle des bandes annonces de la BBC, de RTVE ou de France Télévision, les modèles dont Hernán Lombardi disait en décembre vouloir s'inspirer. Il semblerait que le pari soit tenu. Toutefois la soirée s'est bel et bien déroulée dans un style purement argentin, à la bonne franquette, dans une pagaille joyeuse et rigolarde, très éloignée de nos standards européens plus formels et cérémonieux.

Un coup d'œil sur le site Internet de la maison permet de confirmer le caractère diversifié de cette programmation qui ravit les commentateurs de Télam et La Nación et fait grincer des dents à Página/12, dont la une figure pourtant dans la partie du montage consacrée à la nouvelle direction de l'information (il y aura tous les jours une revue de presse dans l'un des bulletins d'info de la journée, comme cela se pratique en effet dans la plupart des médias publics démocratiques).

La photo finale de tous les animateurs, producteurs délégués et présentateurs de JT
Capture d'écran

La nouvelle grille commencera à prendre effet lundi 18 avril et certaines émissions n'apparaîtront qu'au mois de mai. Autrement dit, avec un retard d'environ deux mois sur les promesses de décembre quand Hernán Lombardi nous annonçait une nouvelle télévision pour la rentrée de mars. Vu la profondeur des changements engagés, avec une partie de la population qui n'y était ni préparée ni favorable

Malgré tout cela, la CIDH, la Cour Inter-Américaine des Droits de l'Homme, a audité en fin de semaine dernière le Gouvernement argentin, dont la décision d'abroger la Ley de Medios, la loi votée sous Cristina Kirchner, pour empêcher la constitution de positions hégémoniques dans le paysage médiatique national, fait craindre au tribunal international un affaiblissement de la liberté d'expression et du pluralisme dans la presse en Argentine. Et cette fois-ci, c'est Página/12 qui biche en se sentant soutenu par l'organisme de justice tandis que La Nación soupire.

Pour aller plus loin :
sur la nouvelle grille à la télévision publique
regarder toute la fête de présentation du 11 avril en début de soirée sur le site Internet de TV Pública ou sur son canal Youtube (38 minutes)
Sur l'audience de la CIDH sur l'abrogation de la Ley de Medios
lire la dépêche de Télam.

Ajout du 18 avril 2016 :
lire l'article de La Nación sur le nouveau visage du JT national argentin

mardi 12 avril 2016

Le tango en deuil : Ernesto Baffa nous a quittés [Actu]


Il avait 83 ans. Il y a deux mois et demi, il s'était fait une fracture à la hanche mais ne pouvait pas être opéré. Il était hospitalisé dans une clinique privée de Buenos Aires où il est décédé hier. Sa famille l'a fait veiller toute la nuit dans une salle du centre-ville avant de procéder aux obsèques, qui ont lieu dans les 24 ou 23 heures qui suivent le décès.

Ernesto Baffa était né dans le quartier de Floresta, le 20 août 1932. Il avait commencé à jouer à l'âge de 10 ans avant d'intégrer, en 1948, l'orchestre de Héctor Stamponi, où chantait Roberto Rufino. Deux ans plus tard, il quittait Stamponi pour Horacio Salgán avec lequel il demeura jusqu'en 1957, année où Salgán dissolut sa formation. Parallèlement, il a travaillé avec la plupart des grands de cette fin des années dorées du tango. Puis pendant quatorze ans, de 1957 à 1971, il joua avec Aníbal Troilo, l'expérience la plus prestigieuse de sa longue carrière, celle que rappellent tous les journaux ce matin.

Ernesto Baffa avait aussi fondé son propre trio, avec le pianiste Osvaldo Berlingieri et le contrebassiste Fernando Cabarcos. D'après son fils, il a joué jusqu'au dernier moment.

Ernesto Baffa, interprète et compositeur, avait participé à l'enregistrement d'une soixantaine de disques.

En 1992, la Legislatura de Buenos Aires l'avait distingué en le déclarant Ciudadano Ilustre de la capitale argentine. Il faisait partie de la Selección Nacional del Tango et il était membre honoraire de la Academia Nacional del Tango.

L'actualité politique riche fait passer sa disparition quelque peu inaperçue et ne laisse que peu de place dans les quotidiens pour sa nécrologie. Heureusement, Clarín et La Prensa (1) lui rendent hommage en manchette de leur une de ce matin.

Pour aller plus loin :

En français, je vous recommande l'hommage que lui a rendu dès hier soir Solange Bazely, l'une des meilleures connaisseuses du bandonéon dans toutes les langues, dans son blog, Bandonéon sans frontière.



(1) On ne trouve toutefois pas d'article le concernant sur le site Internet du quotidien.

lundi 11 avril 2016

Nouvelle présentation du livre de Ariel Prat [à l'affiche]

Demain, mardi 12 avril 2016, à 19h30, le musicien Ariel Prat, qui vient de sortir un nouveau disque, fait une nouvelle présentation de son ouvrage sur la murga portègne, cette fois-ci à l'université de Avellaneda, dans la banlieue sud de Buenos Aires, où il sera flanqué de deux universitaires.


Un spectacle accompagnera la conférence. On pourra se régaler avec les murgas Los Viciosos de Almagro, Garufa Constitución et Los Prisioneros del Delirio de Sarandí, entre autres.

La murga est une musique et une chanson de carnaval, qui dénoncent, avec humour et bouffonerie, les travers de la société et de la politique. Les trois groupes mentionnés sont parmi les meilleurs entre Buenos Aires (Almagro, Constitución) et sa proche banlieue (Sarandí).

Pour en savoir plus sur Ariel Prat, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search ci-dessus.

Cycle de conférences sur Buenos Aires dans les années de plomb [à l'affiche]


Le Centro Cultural Haroldo Contin propose à partir du 14 avril 2016, à 19h, une série de conférences sur la ville de Buenos Aires pendant la dictature militaire, intitulé Buenos Aires en dictatura, la Ciudad después del 24 de marzo de 1976 (le 24 mars étant le jour du coup d'Etat de Videla).

En l'occurrence, la conférence inaugurale prendra la forme d'une table-ronde avec quelques pointures de l'Université de Buenos Aires (UBA) et du CONICET (le centre national de recherche scientifique et technologique).

Entrée libre et gratuite.

Le nouveau programme du CC Haroldo Conti prolonge ce qui avait été initié sous le précédent gouvernement en y intégrant le pluralisme tant promis par l'actuel équipe politique. Plutôt pas mal ! Il y en a pour tous les goûts et toutes les disciplines : cinéma, théâtre, musique, histoire, arts plastiques, etc. L'angle d'attaque est (beaucoup) moins militant qu'autrefois et plus analytique, ce qui, quarante ans après les événements, est une bonne chose, même si la gauche a du mal actuellement à l'admettre ou simplement à adhérer à cette idée (1).

Pour aller plus loin :



(1) Quarante ans, c'est souvent le délai nécessaire pour qu'un événement historique traumatique soit suffisamment digéré pour que naisse un discours qui intègre les exigences méthodologique de l'histoire.

Lucrecia Merico au Centro Cultural Haroldo Conti [à l'affiche]


La chanteuse Lucrecia Merico se produira le vendredi 15 avril 2016 à 21h au Centro Cultural Haroldo Conti, avenida del Libertador 8151, la vitrine du Secrétariat d'Etat aux droits de l'homme, sur le campus de l'ex-ESMA. Son répertoire est celui du tango faubourien, gouailleur, qu'elle sait chanter avec une insolence gavrochienne...

Elle sera accompagné par les guitaristes Juan Iruzubieta et Hernán Perez.

Elle a par ailleurs invité d'autres artistes, avec lesquels elle partage volontiers la scène depuis de nombreuses années : le chanteur Cucuza Castiello, la chanteuse Barbara Grabinski, la poète Bibi Albert et la flûtiste Marisa Wiedmer.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Pour en savoir plus :

Les concerts de la UNA au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Le Museo Casa Carlos Gardel semble avoir désormais tout à fait abandonné le cycle des concerts Mis tardes con Gardel, qui existaient depuis son ouverture et permettaient aux artistes confirmés de se faire connaître...

Son patio couvert accueille maintenant des concerts et récitals d'étudiants, que ce soit des élèves de la UNA (Universidad Nacional de las Artes) ou du Conservatoire Manuel de Falla ou d'une autre école de prestige...

Ce soir, lundi 11 avril 2016, c'est donc la UNA qui s'y colle, à 18h30.

Entrée libre et gratuite, rue Jean Jaurès 735.

samedi 9 avril 2016

Grande rentrée de Amelita Baltar demain au Vinilo [à l'affiche]


En fait, Amelita Baltar a fit sa rentrée le 3 avril, alors que mon agenda ne me permettait pas d'en rendre compte. Et elle reprend le même récital demain, dimanche 10 avril 2016, à 21, au Vinilo Club, Goritti 3780, dans le quartier de Palermo. Son récital s'intitule De mil amores et reprend certains grands classiques de son répertoire, les éternels chefs-d'œuvres signés Astor Piazzolla et Horacio Ferrer mais aussi son répertoire plus récent, avec de la bossa nova (elle vient de sortir un disque qui mêle Vinicius et Piazzolla), du folklore et du boléro, entre autres rythmes...

Un patchwork de son art, elle que Astor Piazzolla alla chercher dans le folklore en 1968 pour créer l'opéra tango María de Buenos Aires qu'il venait de composer sur un livret de Horacio Ferrer.

Prix des places : 250 $ ARG. C'est peu dire que ça les vaut largement ! Et la réservation en ligne est possible sur le site Internet de la salle de spectacle.

La chanteuse est accompagnée de son pianiste fétiche, Aldo Saralegui, avec lequel elle travaille depuis de nombreuses années.

Page de Clarín produite par la page Facebook du Café Vinilo

Depuis un peu plus d'un an, elle anime sur les ondes de La 2 por 4, la radio tout tango de Buenos Aires, une émission intitulée Nuevo Rumbo, en référence à son avant-dernier disque, qui porte le même titre.

Pour aller plus loin :
lire l'interview publiée dans Clarín le 2 avril dernier
écouter -et le cas échéant télécharger- l'interview accordée à Leonardo Liberman, sur RAE (Conexión Español, sur la station internationale de Radio Nacional)
lire la présentation du spectacle sur le site du Café Vinilo (on peut écouter et voir la chanteuse interpréter Balada para un loco (1), dans une émission de Canal Encuentro, petite vidéo intégrée à la page Web du café).



(1) Balada para un loco fait partie des 231 œuvres traduites dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publiés en 2010 aux Editions du Jasmin (avec un disque en cadeau).

Le Dúo El Balcón et Isabel D'Amico à Circé demain [à l'affiche]


Demain, dimanche 10 avril 2016, à 21h, le duo piano-chant El Balcón (excellent pour ce que j'ai pu en entendre il y a deux ans au Museo Casa Carlos Gardel) se produira, en compagnie de la conteuse Isabel D'Amico, au Circé, un espace culturel tous azimuts qui fête son troisième anniversaire, situé à Recoleta, Avenida Córdoba 4335.

Prix des places : 90 $ ARG. Hors dîner (le bar propose une carte traditionnelle toute simple : amuse-gueule en tous genres, pizzas variées, assiettes froides et large choix de boissons, du soda au cocktail -trago- en passant par le vin et la bière).

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook du duo (où vous pouvez les écouter)
lire la présentation du récital sur le site Internet de la salle.

Le vent tourne pour Cristina Kirchner [Actu]

En gros titre en haut : "Fariña s'est mis à table" (il a chanté)
En bas, les files d'attente pour se faire délivrer le certificat qui permet
aux plus pauvres de bénéficier du tarif réduit dans les transports publics à Buenos Aires.
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Cela devait bien arriver un jour : dans une affaire de corruption, qui touche un homme d'affaires proche de Cristina Kirchner, Lázaro Báez, un des inculpés secondaires vient de se mettre à table devant le juge d'instruction dans la meilleure tradition du bon vieux film policier !

L'homme, un intermédiaire financier qui se chargeait des valises de billets et des maquillages comptables, Leonardo Fariña, réclame le statut de repenti, un statut nouveau que le gouvernement actuel a mis en place dans le cadre de sa politique anti-corruption. Cette loi prévoit une peine allégée pour celui qui donne des informations et même une condamnation n'excédant pas quinze jours de prison ferme si les informations sont véritablement solides et constituent des preuves irréfutables de l'existence d'une fraude en bande organisée. Fariña est un homme jeune, au point qu'il a existé des rumeurs qui en faisait un fils adultérin de Néstor Kirchner... Hier, il a été interrogé pendant onze heures par le juge d'instruction auquel il a livré des informations qui mettraient gravement en cause Cristina Fernández de Kirchner (ainsi que son défunt mari) et plusieurs ténors de l'ancienne majorité, à grand renfort de données informatiques et autres mots de passe d'ordinateur, sans qu'on n'en sache beaucoup plus, puisque le magistrat a rapidement décrété le secret de l'instruction pour protéger la suite de son enquête.

Le gros titre est plus précis
"Fariña a donné des informations clés et ça se complique pour les kirchneristes"
En haut, à droite, un article sur la nouvelle exhotation pastorale du Pape François
qui aurait fait les gros titres sans les scandales judiciaires
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Fariña a regagné sa cellule sous le statut d'inculpé (ce qui lui donne le droit de mentir pour sa défense, d'où les doutes qui entourent actuellement ce qui a filtré de son audition) et sous un régime d'étroite surveillance à la prison de Ezeiza, dans le Gran Buenos Aires, afin de préserver son intégrité physique.

Le titre est accusateur :
"Premier repenti : Fariña met en cause Cristina et donne des pistes clés sur l'argent K"
En haut, manchette sur l'exhortation pastorale du Pape
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Quant à Cristina elle-même, elle doit être entendue mercredi prochain dans le cadre de l'enquête sur la vente à terme de dollars US qui aurait fait perdre beaucoup d'argent à l'Etat et dont on se demande si ces sommes n'auraient pas pu ne pas être perdues pour tout le monde. Dans son entourage, on laisse entendre qu'on craint que soit prononcée contre elle une mesure de détention provisoire immédiate. Aussi le parti qu'elle a dirigé resserre-t-il les rangs autour d'elle, du moins ceux des militants qui lui sont restés fidèles (nombreux sont ceux qui se sont déjà écartés, soit par couardise, soit par honnêteté politique et volonté de dresser un inventaire au sens jospinien du terme pour remettre le mouvement rejeté dans l'opposition en ordre de marche pour les prochaines échéances électorales). Malgré ces rumeurs, Cristina aurait fait savoir qu'elle tenait à se présenter elle-même devant le juge sans user de subterfuges ni de manœuvres dilatoires (ancienne avocate, elle dispose d'un vaste éventail de solutions de ce genre dans le code de procédure).

Página/12 préfère titrer sur l'audition des représentants du gouvernement
devant la Cour Inter-Américaine des Droits de l'Homme (CIDH)
qui craint un recul de la liberté de la presse en Argentine

Il semblerait donc que les deux côtés du spectre politique argentin soient actuellement empêtrés dans des affaires peu reluisantes puisque avant-hier, une instruction pénale a été ouverte pour fraude fiscale contre le président en exercice, à la suite aux révélations internationales de l'enquête journalistique Panama Papers. Le Président Macri a déclaré personnellement et en public qu'il se présenterait devant la justice si celle-ci voulait l'entendre. Il a d'ores et déjà ouvert un contre-feu, en estant devant la justice civile pour faire valoir la légalité de sa gestion financière et il a fait produire hier par son avocat une pièce comptable qui doit, selon son raisonnement, prouver qu'il n'a commis aucune irrégularité en ne mentionnant pas au fisc argentin sa participation dans deux sociétés implantées pour l'une aux Bahamas et pour l'autre à Panamá. On en était là ce matin et chaque jour apportera sa nouveauté au moins jusqu'à mercredi soir !

Toute la presse parle de l'affaire, sur un ton et à une place dans l'édition du jour qui diffèrent selon que le titre est dans l'opposition ou dans la majorité. Les quotidiens passent donc au fil des pages d'une instruction à l'autre, en donnant l'impression qu'ils ne sauront bientôt plus où donner de la tête.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 (très loin dans les pages intérieures tandis que les premières sont occupées par l'audition des représentants du gouvernement argentin à la Cour Inter-américaine des Droits de l'Homme qui s'inquiète pour la liberté d'expression et de la presse en Argentine, où une loi contre le monopole médiatique vient d'être abolie)
lire l'article principal de Clarín (ils sont nombreux autour des aveux de Fariña)
De leur côté, Página/12 et l'agence de presse Télam se font l'écho des soutiens dont bénéficie Cristina au fur et à mesure que s'approche le jour de son audition au tribunal.

Ajouts du 10 avril 2016 :
lire l'article de Página/12 sur le réquisitoire du procureur Guilllermo Marijuán à l'encontre de Cristina dont il demande l'nculpation au juge d'instruction Casanello, en charge du dossier Lázaro Báez. Ce réquisitoire fait suite aux déclarations de Leonardo Fariña vendredi dernier,
lire l'article de La Nación sur le même sujet. Ce matin, le journal en a fait sa une
lire l'article de Clarín. Là encore, le journal met la nouvelle en belle place sur la une
lire l'éditorial de La Prensa sur l'ensemble des scandales qui touchent tant l'opposition que la majorité.

Tango underground dans La Nación et à la Milonga du Niceto [à l'affiche]



Ce soir, samedi 9 avril 2016, à 21h, deux groupes représentatifs du tango alternatif et indépendant de Buenos Aires se produiront à la Milonga del Niceto, Humbolt 1358, à Palermo : Quiero 24 (entendez "J'aime le tango", en langage codé) et Conjunto Falopa (entendez "Ensemble Came"), qui font un tango contemporain, fidèle reflet des préoccupations sociales et politiques qui traversent la société argentine engagée. Un tango délibérément urbain, à tendance punk et rock tout ensemble, pour mieux dire la colère et la soif de vivre des banlieues défavorisées... bref, ça déménage !

Entrée : 80 $ ARG (pour une réservation à l'avance)
Et deux places pour le prix d'une par le Club La Nación.

Et pour une fois, ce n'est donc pas Página/12 qui en fait un article mais La Nación, qui offre une place gratuite aux membres du club des lecteurs.

La Milonga du Niceto est l'autre salle dont dispose le Niceto Club (situé rue Niceto, comme son nom l'indique), sa face B, comme il l'appelle lui-même en allusion aux anciens disques vinyle, lui qui accueillait il y a quelques jours un Festival Cucuza dont je vous ai parlé en son temps.

Pour aller plus loin :