Affichage des articles dont le libellé est rentrée 2016. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rentrée 2016. Afficher tous les articles

mercredi 7 septembre 2016

Salon du livre : je bats à nouveau la campagne le 25 septembre [ici]


Después de una gira importante en la Argentina en este año del Bicentenario de la Independencia, volveré el domingo 25 de septiembre en las ferias del libro en Francia. Esta vez, en el norte del pais, en la feria del pueblo de Merlieux-Fouquerolle, una feria al aire libre, en el stand de Editions du Jasmin, editorial de la mayoria de mis libros sobre la cultura popular argentina...

Après cette tournée intense en Argentine, d'est en ouest, je reprends les routes de France et de ses salons du livre avec une journée de dédicace traditionnelle dans mon agenda de la rentrée à la Fête du Livre de Merlieux dans l'Aisne, en pleine campagne picarde. Je présenterai sur le stand des Editions du Jasmin l'ensemble de mes livres sur la culture argentine, à l'exception de San Martin par lui-même et ses contemporains, qui sera alors en réimpression (mais nous en aurons un exemplaire et les lecteurs intéressés pourront passer commande et recevoir leur livre par la poste).

Comme sur chaque salon du livre, je proposerai une dégustation gratuite de mate, cette boisson nationale argentine (et sud-américaine), à la saveur amère et tannique, un coup de fouet dans ce début d'automne à ciel ouvert dans un joli village de campagne...

Pour en savoir plus, consulter le site Internet de la manifestation.

mercredi 13 avril 2016

Le nouveau visage de Televisión Pública Argentina, ex-Canal 7 [Actu]


Avant-hier, le 11 avril 2016, le ministre du Système fédéral des médias publics et des contenus publics, Hernán Lombardi, a présidé d'un ton bonhomme et cordial la présentation de la nouvelle programmation de la chaîne de télévision publique, TVP (ex-Canal 7), à la presse debout dans le studio au pied de l'estrade et au public, puisque c'était retransmis en direct par les ondes, le câble et sur le streaming du site Internet de la chaîne.

Les quatre hommes qui constituent les autorités constituées, le ministre, son secrétaire d'Etat aux médias, le président de RTA et le directeur exécutif de TVP, en tenue décontractée, chemise ouverte et sans cravate, ont pris l'un après l'autre la parole, sans note, sans prompteur, en parlant simplement, sans retour polémique sur le passé et avec ce qui ressemblait bien à du parler vrai (et si ce n'en est pas, c'est bien imité). La grille veut refléter la diversité du pays, sur le plan idéologique et politique, sur le plan géographique et même sur le plan climatique. Elle se fera pas à pas, sur les quatre ans du mandat présidentiel, avec les moyens de la maison à plus de 90%, c'est-à-dire, ont-ils tous insisté, avec l'argent des Argentins, avec l'argent des impôts de tous. Cela signifie une production encore austère et économe, d'où le refus opposé à plusieurs propositions de qualité qui ne pouvaient pas trouver place dans le budget donné pour cette année. L'objectif est d'ouvrir progressivement l'antenne à de plus en plus de choses, avec des moyens accrus au fur et à mesure que les finances du pays se stabiliseront.

Une soirée très festive (capture d'écran)

Sur un ton très juste, politiquement et historiquement, Hernán Lombardi a rappelé l'exemple d'unité nationale donné par le Congrès Constituant de Tucumán, composé de gens aux opinions très variées et parfois même antagonistes, pour certaines d'entre elles, qui surent se mettre d'accord pour se tourner vers l'avenir, un avenir de liberté et d'indépendance. Or le bicentenaire de l'Indépendance le 9 juillet prochain et les Jeux Olympiques de Rio en août constitueront précisément les deux temps forts de cette antenne nouvelle mouture...

Un montage vidéo a été projeté pour présenter les nouvelles émissions, sans oublier les anciennes qui sont maintenues (et il y en a, et des bonnes). Et parmi ces émissions maintenues, il y a celle de Madres de Plaza de Mayo, l'association présidée par une femme qui traite le président élu d'ennemi et refuse d'échanger un mot avec lui ou avec ses représentants. Il y a aussi celle de l'historien revisionista Felipe Pigna, qui a conservé aussi son émission de radio à Radio Nacional. Il en va de même aussi de l'émission farcesque (sans jeu de mot) et truculente intitulée Cocineros argentinos, pour diffuser les recettes argentines et étrangères... La facture du montage rappelle clairement celle des bandes annonces de la BBC, de RTVE ou de France Télévision, les modèles dont Hernán Lombardi disait en décembre vouloir s'inspirer. Il semblerait que le pari soit tenu. Toutefois la soirée s'est bel et bien déroulée dans un style purement argentin, à la bonne franquette, dans une pagaille joyeuse et rigolarde, très éloignée de nos standards européens plus formels et cérémonieux.

Un coup d'œil sur le site Internet de la maison permet de confirmer le caractère diversifié de cette programmation qui ravit les commentateurs de Télam et La Nación et fait grincer des dents à Página/12, dont la une figure pourtant dans la partie du montage consacrée à la nouvelle direction de l'information (il y aura tous les jours une revue de presse dans l'un des bulletins d'info de la journée, comme cela se pratique en effet dans la plupart des médias publics démocratiques).

La photo finale de tous les animateurs, producteurs délégués et présentateurs de JT
Capture d'écran

La nouvelle grille commencera à prendre effet lundi 18 avril et certaines émissions n'apparaîtront qu'au mois de mai. Autrement dit, avec un retard d'environ deux mois sur les promesses de décembre quand Hernán Lombardi nous annonçait une nouvelle télévision pour la rentrée de mars. Vu la profondeur des changements engagés, avec une partie de la population qui n'y était ni préparée ni favorable

Malgré tout cela, la CIDH, la Cour Inter-Américaine des Droits de l'Homme, a audité en fin de semaine dernière le Gouvernement argentin, dont la décision d'abroger la Ley de Medios, la loi votée sous Cristina Kirchner, pour empêcher la constitution de positions hégémoniques dans le paysage médiatique national, fait craindre au tribunal international un affaiblissement de la liberté d'expression et du pluralisme dans la presse en Argentine. Et cette fois-ci, c'est Página/12 qui biche en se sentant soutenu par l'organisme de justice tandis que La Nación soupire.

Pour aller plus loin :
sur la nouvelle grille à la télévision publique
regarder toute la fête de présentation du 11 avril en début de soirée sur le site Internet de TV Pública ou sur son canal Youtube (38 minutes)
Sur l'audience de la CIDH sur l'abrogation de la Ley de Medios
lire la dépêche de Télam.

Ajout du 18 avril 2016 :
lire l'article de La Nación sur le nouveau visage du JT national argentin

samedi 2 avril 2016

Hommage à Raúl Garello pour démarrer la saison [à l'affiche]

Il y a quelques années, deux amis sur la scène : Raúl Garello et le poète Horacio Ferrer

En cette rentrée 2016, la Academia Nacional del Tango consacrera son premier Plenario de la saison, ce lundi 4 avril, à 19h30, à un hommage au Maestro Raúl Garello, bandonéoniste, compositeur et chef d'orchestre au très beau parcours, puisqu'il a commencé sa carrière dans l'orchestre de Aníbal Troilo (jusqu'à la disparition de celui-ci, en 1975) et a fini par fonder le Grand Orchestre de Tango de la Ville de Buenos Aires (Gran Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires), dont il est l'un des trois chefs titulaires.


Comme d'habitude, il y aura un tango rituel. C'est un enregistrement de Che Buenos Aires, de Raúl Garello, qui a été choisi : une interprétation par l'orchestre de Aníbal Troilo.

Dans l'espace artistique de la soirée, c'est le maître qui jouera avec son sextuor.

L'entrée est libre et gratuite dans les locaux de l'Académie, avenida de Mayo 833, au premier étage.

Pour en savoir plus :
consulter la page consacrée au Maestro sur Todo Tango, l'encyclopédie en ligne argentin du tango (en espagnol)
lire la dépêche de Télam sur la manifestation de lundi prochain.

Ajout du 4 avril 2016 :
lire l'article de Página/12 de ce jour.

mercredi 23 mars 2016

Reprise pour le duo Cardenal-Reinaudo à La Trama [à l'affiche]


Le chanteur Javier Cardenal Domínguez et le guitariste Hernán Reinaudo reprennent leur série de concerts au bar culturel La Trama, México 1500, à Monserrat, l'un des quatre quartiers historiques de Buenos Aires. Ce sera ce samedi 26 mars 2016, à 22h, au cours du long week-end de Semana Santa.

Au répertoire : tangos, chansons criollas et autres chansons du Río de La Plata.

Entrée libre et participation au chapeau à la sortie.

lundi 14 mars 2016

Cours de danse au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Le Museo Casa Carlos Gardel, situé dans la rue Jean Jaurés au numéro 735, propose à nouveau cette année des cours gratuits de tango-danse dans le patio couvert. Les cours auront lieu le mardi et le jeudi de 18h30 à 21h et le samedi de 16h à 17h.

Les inscriptions ont lieu cette semaine, mardi et jeudi, aux heures des cours.

mardi 8 mars 2016

Patricia Barone et Javier González à Salta y Resto [à l'affiche]

La chanteuse Patricia Barone et le compositeur guitariste Javier González, entourés de leur groupe, effectueront leur rentrée sur scène le vendredi 11 mars 2016 à 21h, au restaurant Salta y Resto, Salta 755, dans le sud de Monserrat.

Droit au spectacle : 120 $ ARG (1)


Les lecteurs fidèles connaissent déjà bien ces artistes très en pointe dans le tango nuevo, dont ils sont un couple de référence esthétique. Elle a une voix puissante et noble et lui compose un répertoire d'aujourd'hui qui fait sien tout l'héritage de la tradition. L'accord parfait !



(1) Les prix de ces spectacles populaires en cette rentrée montrent une hausse des prix très nettes, un enchérissement de la vie provoqué par l'arrivée au pouvoir de Mauricio Macri et ses promesses électorales de mesures ultra-libérales. Là, ça se voit bien !

La rentrée de la Milonga de la Uni [à l'affiche]


C'est une manifestation mensuelle que mes fidèles lecteurs connaissent bien : la Milonga de la Uni, le bal organisé par les élèves du CETBA. Elle reprend vendredi 11 mars 2016 au siège de l'organisation, le Centre Educatif du Tango de Buenos Aires, Agrelo 3231, dans le quartier de Almagro.

Entrée : 25 $ ARG (c'est donné !).

lundi 7 mars 2016

Nouvelle édition de la Semaine itinérante du cinéma français [à l'affiche]


C'est la rentrée aussi pour l'Alliance Française de Buenos Aires qui lance la 16ème édition de sa Semana Itinerante de cine francés aujourd'hui, lundi 7 mars 2016, à 19h, à son siège principal de Avenida Córdoba.

Cinq films inédits en Argentine sont programmés pour cette semaine à Buenos Aires et pour la première fois, l'INCAA, l'institut national du cinéma et de l'audiovisuel argentin, est partenaire de la manifestation (1). Un court-métrage argentin ouvre chaque séance.

Entrée libre et gratuite.

A partir de la semaine prochaine, le festival part voyager à travers tout le pays grâce au réseau des 38 Alliances françaises installées en Argentine.

Pour en savoir plus :
lire la présentation officielle de l'Alliance Française.



(1) La communication officielle de l'Alliance Française, très diplomatique, lie cette première participation au bicentenaire de la déclaration d'indépendance, je suis cependant prête à parier gros qu'en fait c'est le fruit de la nouvelle politique culturelle nationale : une ouverture vers l'extérieur, qui manquait terriblement sous l'ancien gouvernement. Dans le même ordre d'idées, le ministre de la culture argentin vient de signer un accord de coopération et d'échange avec son homologue italien, à l'ambassade de la Botte. Lire à ce propos l'article de Clarín.
(2) Ce qui est paradoxal, c'est que Página/12 est le quotidien qui ouvre le plus vers l'étranger l'horizon de son lectorat de tous les journaux nationaux et c'est aussi celui qui soutenait le gouvernement de Cristina Kirchner qui, sur ce plan, était terriblement autarcique avec une diplomatie attardée et à la limite de la xénophobie...

Retour d'un rendez-vous emblématique du petit écran [à l'affiche]

Polémica en el Bar version 2016
Le décor est un bar typique de Buenos Aires aujourd'hui

L'émission créée en 1963 par Gerardo Sofovich, disparu il y a tout juste un an, est revenue hier sur l'antenne de Telefe, après seize ans de disparition. Polémica en el bar est une émission humoristique de chansonniers où un groupe d'Argentins ordinaires mais très stéréotypés, interprétés par une belle brochette d'acteurs, commentent l'actualité avec insolence. L'émission originale avait pour vedette le comédien Juan Carlos Altavista, qui y avait rendu immortel son personnage de pochard mal fringué, surnommé Minguito Tinguitella, repris hier par Miguel Angel Rodríguez, qui copie la dégaine du créateur comme un imitateur.

La résurrection de cette émission, qui passera tous les dimanches à l'heure du déjeuner, à 14h,en direct, réjouit et émeut une grande partie du public mais elle n'a pas manqué non plus de détracteurs : la copie ne vaudra jamais l'original !

Les personnages originaux (photo d'archives)

La nouvelle mouture de Polémica en el Bar joue sur les réseaux sociaux : les spectateurs pourront interagir avec la troupe via Facebook et Instagram et suggérer des thématiques sur lesquelles les comédiens devront improviser (c'est en quelque sorte une reprise d'une certaine pratique de la payada, cette improvisation à la demande du public qui se développa à la fin du 19e siècle).

Un des morceaux d'anthologie de Juan Carlos Altavista, dans le rôle de Minguito

En Argentine, l'émission est disponible en replay sur le site Internet de Telefe, une des chaînes privées du paysage audiovisuel argentin.
En Europe, on peut en avoir une petite idée en lisant les articles en ligne publiés par Clarín et Infobae, qui proposent des extraits de l'émission d'hier.

Pour en savoir plus :
lire la présentation de l'émission sur le site Internet de Telefe (la vidéo semble ne pas être accessible hors de l'Argentine)
lire l'article de La Nación sur la version 2016
lire l'article de La Nación sur l'émission historique

Le blog argentin, La Tele del Recuerdo, a mis sur Youtube quelques uns des meilleurs passages de l'émission.

Tango, pasión argentina, la série documentaire au complet sur TV Pública [à l'affiche]


La série documentaire réalisée par le chanteur Walter El Chino Laborde, ex-chanteur de la Orquesta Típica Fernández Fierro, est désormais disponible avec ses 13 épisodes d'un peu moins d'une heure chacun sur le site Internet de TVP (TV Pública) : le chanteur y évoque toute l'ampleur du tango, depuis Carlos Gardel jusqu'à nos jours et même demain, en passant par les poètes et la révolution conduite par Astor Piazzolla, d'abord en 1955 (musique orchestrale) et 1968 (paroles et musique, avec la complicité géniale de Horacio Ferrer).

Les épisodes peuvent être visionnés en ligne, y compris à l'extérieur de l'Argentine. Bien entendu, ce sont des documentaires en espagnol sans sous-titrage. Et c'est une excellente mise en bouche pour préparer votre voyage en Argentine ou faire des progrès spectaculaires dans la maîtrise de la langue de Cervantés à la sauce portègne.

Pour regarder l'émission, rendez-vous sur la page qui lui est consacrée sur le site Internet de TVP.

samedi 5 mars 2016

Vers une éducation à deux vitesses ? [Actu]

"A ceux qui jour après jour éduquent pour construire un meilleur pays, bonne fête !"
L'un des récents messages publiés par Conectar Igualdad sur sa page Facebook
Une photo d'une salle de classe très typique en Argentine...
mais avec un équipement ultra-moderne

La rentrée se présente avec une nouvelle vague de licenciements dans le secteur public et le gouvernement Macri n'y va pas de main morte. C'est ainsi qu'on a appris mercredi qu'un peu plus de mille personnes auraient été congédiées du ministère de l'Education nationale : tous travaillaient sur le programme Conectar Igualdad (que l'ont peut traduire par Connecter Argentine Egalité). Ce programme fédéral, lancé il y a plusieurs années par Cristina Kirchner, distribue des notebooks gratuits dans les écoles du pays et y installe progressivement l'accès à Internet haut-débit.

Ce nouveau licenciement massif interviendrait après les promesses du gouvernement que le programme allait continuer sans modification et que seuls les salariés payés à ne rien faire, les fameux ñoquis dont le Gouvernement actuel veut se séparer à toute force, seraient remerciés, que tous les autres étaient assurés de conserver leur emploi sans changement significatif. Si la décision prise par le Gouvernement atteint bien le chiffre faramineux de 1.000 personnes (dans un pays de 40 millions d'habitants, 24 entités fédérées et 512 municipalités), ni l'une ni l'autre des ces promesses n'aurait été tenue. Dans ce cas, le programme Conectar serait désormais décentralisé et chaque province libre de décider si elle y participe ou non, ce qui serait de la dernière hypocrisie. Les déséquilibres économiques entre les provinces sont grands t le programme fédéral est là pour les compenser. Certaines provinces sont incapables d'assurer par leurs propres moyens une modernisation et un travail d'équipement de cette envergure : Chaco, Santiago del Estero, sans doute aussi Santa Cruz et Tierra del Fuego, sans parler de plusieurs autres qui ont déjà défini leurs priorités budgétaires 2016 en comptant sur le programme fédéral pour équiper les écoles...

Cependant, le ministre a très rapidement publié un démenti où il affirme qu'il n'y a ni licenciement massif (1) ni changement de politique dans ce domaine. La nouvelle était pourtant sortie du ministère de la Modernisation, qui chapeaute tout l'emploi public fédéral. C'est lui qui aurait informé le coordinateur général de Conectar, Javier Castrillo, de la liquidation de tout le service, ce que Castrillo, catastrophé, s'est empressé de diffuser sur les réseaux sociaux. L'information a ensuite été reprise et montée en neige par le syndicat du secteur public, ATE, bien implanté et doté d'une forte capacité à mobiliser rapidement et bruyamment. Or ce n'est pas la première fois que le Gouvernement lance des annonces contradictoires entre ce ministère de la modernisation ou l'un des ministères de l'Economie (il y en a six) et un autre, opérationnel, en charge des dossiers techniques et des négociations sur le terrain. A chaque fois, cela provoque une explosion de colère, beaucoup d'incompréhension de tous les côtés, des manifestations et des rassemblements furieux (et dangereux, parce que les gens sont poussés à bout et qu'en face, la police a la gâchette ou la matraque plutôt facile).

Une communication de l'année dernière, avant le départ de Cristina Kirchner

Et pendant ce temps, Antonia Macri, la petite dernière du président, vient de faire sa première rentrée, à l'école maternelle du lycée français Jean Mermoz, une école de luxe récemment visitée par François Hollande, qui délivre un enseignement trilingue et biculturel dès les petites classes, comme de nombreux établissements français installés hors de nos frontières (tandis qu'à l'intérieur de ces frontières, le gouvernement a osé penser supprimer les classes bilangues ! Cherchez l'erreur). Toujours est-il que cette petite fille, qui appartient à la classe supérieure argentine, ne fréquentera pas l'école publique qui dépend du Ministère de l'Education, mais une école privée de très grand prestige, pas du tout concernée par les difficultés éventuelles de Conectar.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur le licenciement de tout le service Conectar hier
lire l'article de La Nación sur le même événement, hier aussi. Le journal, pourtant de droite, rapporte les propos de certains salariés dont l'un de 27 ans, qui se croit licencié du jour au lendemain, sans indemnités, après 10 années de travail, sans doute dans ce ministère (2)
lire l'article de La Nación sur la jolie rentrée scolaire de Antonia Macri (3), dans la même édition (La Nación redevient donc un journal d'information, ce qu'elle était à sa fondation, sur le modèle du Figaro et du Times des années 1860, et la rédaction se montre raisonnablement critique vis-à-vis d'un gouvernement qui lui est proche)
lire l'article de Clarín sur la même rentrée scolaire de la très mignonne mouflette présidentielle qui partagera la cour de récréation avec la puînée du rockeur Fito Paéz, kirchneriste dans l'âme, et qui lui aussi préfère éviter l'école publique pour sa progéniture...
lire l'article de Página/12 d'aujourd'hui sur les positions ministérielles et les réponses syndicales (préavis de grève pour lundi 7 mars et mercredi 9)
lire l'article de La Nación d'aujourd'hui sur les explications fournies par le ministre
visiter le site Internet du programme Conectar Igualdad, une des très bonnes initiatives de développement socio-culturel de Cristina Kirchner (il dépendait alors de l'ANSeS, la sécurité sociale, comme on le voit encore sur le portail, et non pas du ministère de l'Education – ce qui n'était pas logique, mais cela fait partie de l'inachevé des réformes de modernisation de l'Etat affichées par l'ancien gouvernement)
se connecter à la page Facebook du programme.

Ajout du 11 mars 2016 :
lire l'entrefilet de La Prensa : le Président Macri lui-même est allé à la rescousse du programme et l'a défendu hier ; c'est un bon programme, il sera poursuivi en l'état. Dès lors, pourquoi déclencher une telle tempête ? Une soixantaine de licenciements était déjà suffisant à mettre en colère les syndicats...



(1) Encore un sac de nœuds comme on en a découverts en décembre au CCK, qui n'avait pratiquement pas de personnel propre et utilisait les universités nationales pour s'alimenter en programmes culturels et en ressources humaines, sans en assumer la responsabilité sociale. Les personnes licenciées sur le programme Conectar seraient seulement au nombre de 58, des agents qui seraient liés par contrat précaire à des universités nationales (surtout l'UNSAM, Universidad Nacional de San Martín, dans la ville homonyme, dans la banlieue de Buenos Aires) et les universités les mettaient en quelque sorte à disposition du ministère. Or ces contrats arrivent à expiration le 31 mars et ne seront pas renouvelés.
(2) Est-ce parce que ce sont des jeunes et qu'ils ont encore l'énergie de leur âge pour manifester, protester, faire de pieds et des mains pour se défendre, qu'on les expulse ainsi du service public ? Il semble qu'il y ait beaucoup de jeunes gens parmi ces milliers de personnes renvoyées en masse et sans distinction. De l'autre côté, le ministre Hernán Lombardi a promis de payer très prochainement les artistes contractés par le CCK, sous le précédent gouvernement, pour telle ou telle manifestation et dont le cachet n'a jamais été versé. Il se charge donc de payer une dette du gouvernement précédent, qui a eu l'indécence de faire intervenir des artistes sans les rétribuer ni leur remettre un double de leur contrat ! Cette façon de faire alterner le chaud et le froid dans les relations sociales au sein de l'Etat est pour le moins dérangeante parce qu'un patron privé ne s'y prend jamais autrement lorsqu'il veut brouiller les cartes pour les salariés, pour qu'ils ne sachent plus sur quel pied danser et ne parviennent plus à défendre leur travail ou leurs conditions de travail... Cela rappelle aussi la stratégie politique employée par Margaret Thatcher au début de son gouvernement lorsqu'elle voulait détruire les syndicats. Elle faisait filtrer de fausses informations, alarmistes, pour discréditer les syndicalistes qui s'en emparaient aussitôt, les relayaient et se retrouvaient démentis par les faits. Et elle est parvenue à ses fins : elle a considérablement affaibli les trade-unions dans tout le pays. Javier Castrillo a peut-être été victime d'une intox de ce genre en relayant sur son compte Twitter personnel une information que la Modernisation venait de lui transmettre et qui était fausse.
(3) La décision viendrait toutefois de la maman, Julia Awada, dont l'aînée (famille recomposée) est en classe elle aussi dans le quartier chic de Belgrano, dans le nord de Buenos Aires.

mercredi 2 mars 2016

Belle affiche de rentrée au Torquato Tasso [à l'affiche]


Demain, jeudi 3 mars 2016, commence la programmation de la saison 2016 au Torquato Tasso. C'est le chanteur Hernán Lucero qui ouvre ainsi la saison officielle de la tanguería de la rue Defensa à San Telmo. Lui succéderont pendant ce mois de mars l'auteur-compositeur interprète uruguayen Ruben Rada le vendredi et le Sexteto Mayor les trois premiers samedis de ce mois.

Le Centro cultural Torquato Tasso est une salle qui propose une restauration simple et traditionnelle, entre pizzas, grosses salades, grillades, empanadas et assiettes froides (picadas).

L'année commence bien.

Unis sous le patronnage de saint François d'Assise [Actu]

Photo AICA

Lundi, plus de 200 maires de toute l'Argentine, de couleurs politiques très variées et pas tous catholiques, (1) se sont rassemblés au couvent franciscain de Buenos Aires, à l'initiative du maire de Merlo (Province de Buenos Aires) : ils ont signé un engagement commun à développer une politique inspirée par l'encyclique Laudato Si', dans toutes ses directions : développement économique durable, justice sociale et lutte contre le trafic de drogue, respect de l'environnement, encouragement du dialogue notamment dans les domaines politiques et religieux.

Cet engagement correspond à l'élargissement d'une initiative prise en janvier par douze maires péronistes (opposition, tant nationale que provinciale) de la Province de Buenos Aires, sous l'autorité spirituelle de l'évêque de Merlo : le pacte de Saint Antoine de Padoue.

C'est une première en Argentine que de voir prendre corps, concrètement, un dialogue trans-partisan et interreligieux, dans un pays où les passions politiques sont traditionnellement exacerbées. C'est que la dernière encyclique du Pape François a eu un écho très important dans son pays natal et il semblerait que l'appel au pluralisme lancé par le nouveau Gouvernement ne soit pas resté au stade des belles paroles mais qu'il corresponde à une aspiration plus large. Aspiration qui commence à porter des fruits dans différents secteurs hors du Congrès, qui, hier, pour l'ouverture de la session parlementaire, a accueilli le discours délivré par le Président Mauricio Macri avec des mouvements divers, forts applaudissements sur les bancs de la majorité gouvernementale et pancartes hostiles et huées du côté de l'opposition nationale, qui dispose d'une légère majorité au Sénat.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Radio Vatican en français
lire l'article de Radio Vatican en espagnol (pour une fois, les deux articles sont strictement identiques)
lire la dépêche de l'agence de presse catholique argentine, AICA.



(1) Il y a 512 maires en tout et pour tout en Argentine. Le chiffre rond de 200 n'est donc pas négligeable même s'il n'atteint pas la moitié des effectifs.

mardi 23 février 2016

Le Museo Casa Carlos Gardel prépare sa rentrée pédagogique [à l'affiche]


En avril, les différents cours et ateliers réguliers du Museo Casa Carlos Gardel redémarreront dans quatre domaines : poésie, composition, histoire de la Orquesta Típica et fileteado, cet art décoratif si typique de Buenos Aires qui a récemment été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.


Le Museo Casa Carlos Gardel est installé dans la maison qui fut celle du grand artiste de 1929 à son départ en tournée, au début 1933, une tournée qui s'est interrompue en Colombie dans une catastrophe aérienne qui a coûté la vie à Gardel et à son partenaire de création, le poète et parolier Alfredo Le Pera, entre autres victimes...


Le musée dépend du ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires.

mardi 16 février 2016

Le trio Pereiro-Enrich et Reinaudo reprend à La Trama [à l'affiche]


Le trio que nous connaissons bien (pour ce qui est des fidèles lecteurs de Barrio de Tango) reprend le collier avec un concert demain, mercredi 17 février 2016, à 21h30 à La Trama, un café qui accueille de la musique le soir à Monserrat, dans la rue México au numéro 1500...

Très bons musiciens.

Carlos Bevilacqua reprend ses cours chez Jacqueline Sigaut [à l'affiche]


Le journaliste et critique musical Carlos Bevilacqua reprend sa série de cours sur l'histoire du tango, qu'il fait remonter à trois siècles, chez la chanteuse Jacqueline Sigaut, à Palermo. Ce sera tous les samedis du mois de mars, de 15h à 18h.

Il faut impérativement s'inscrire auprès de Jacqueline et s'entendre avec elle sur les modalités de règlement des sessions. Tout est inscrit sur le tract digital ci-dessus.

lundi 15 février 2016

Bourses d'étude Horacio Ferrer de la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]


En hommage à l'esprit de son fondateur, toujours à la recherche de la nouveauté pour enrichir le futur, la Academia Nacional del Tango crée cette année trois bourses d'études Horacio Ferrer, qui nous a quittés le 21 décembre 2014.

Cet appel à candidatures s'adresse aux jeunes qui se sentent une vocation de poète et/ou paroliers de tango, garçons et filles. Age maximum : 25 ans (révolus au 1er avril 2016).

Pour participer, il faut envoyer à la Academia trois textes de chanson, un tango, une milonga et pour le troisième, chaque candidat a le choix entre valse, canción porteña ou candombe. Il va sans dire que les textes doivent être écrits en espagnol ! Les explications sont sur le tract distribué par l'institution.

Matiás Mauricio et Alejandro Martino, animateurs du Seminario de Letristas Homero Expósito, sont chargés de la sélection finale.

Les trois primés se verront offrir la participation gracieuse au premier quadrimestre (1) des Seminarios de Letristas Homero Expósito et Fundamentos musicales del Tango, qui commencent le 1er avril prochain.

Ce sont les premières bourses d'études que la Academia Nacional del Tango attribue sur son maigre budget qu'elle tient de son autorité de tutelle, le ministère national de la recherche scientifique et technologique.

vendredi 12 février 2016

La Chicana fait sa rentrée au Torquato Tasso [à l'affiche]


Le groupe La Chicana, animé par Acho Estol, le compositeur du groupe, et Dolores Solá, la chanteuse, se produira à partir de ce soir, vendredi 12 février 2016, tous les vendredis et les samedis de ce mois au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo, une des tanguerías les plus en vue à Buenos Aires, pour les Argentins (les touristes ne connaissent pas).

Ils présentent ensemble un nouveau disque.

Un tango résolument moderne, limite rock, à découvrir si ce n'est déjà fait !

La Academia Nacional del Tango fait sa rentrée [Actu]


La Academia Nacional del Tango a rouvert ses portes au début de ce mois, mais sans activités publiques pour le moment.

Il s'agit de préparer la nouvelle année, de recevoir les inscriptions et de mettre en place les emplois du temps.

L'ANT a conservé la même photo,
même après le décès du Maestro Héctor Negro à la fin de l'année dernière

Comme tous les ans, l'ANT a ouvert les inscriptions pour différents programmes d'enseignement, dont les deux plus courus sont le Seminario Homero Expósito pour former des paroliers et des poètes et le cours sur les bases de la musique, ouvert à tous les publics, pour apprécier le répertoire en connaisseur, qu'on soit simple mélomane, danseur ou chanteur...

Et pour la première fois en début d'année, l'ANT propose un concours de poèsie qui court sur deux saisons successives : pour l'édition 2015-2016, l'inscription est ouverte jusqu'au 29 avril.


L'ANT propose aussi des cours de musique (instruments, composition, arrangement, direction d'orchestre) aux musiciens professionnels ou se destinant à cette carrière, des cours de chant et de danse.

mardi 19 janvier 2016

Semaine de rentrée au Torquato [à l'affiche]


Les vacances d'été auront été courtes au Centro Cultural Torquato Tasso, la salle de concerts de la rue Defensa, à San Telmo, dans le sud de Buenos Aires. Dès ce jeudi 21 janvier 2016, voilà que la programmation reprend et sur une note bel et bien engagé : la présentation du nouveau disque de Bruno Arias, intitulé Le droit de vivre en paix. Inutile de le nier : il risque d'y avoir un parfum assez politisé dans la salle, eu égard aux remous politiques actuels à la suite de l'alternance et du train d'enfer auquel le Président Macri tente de mener les réformes (très contestées à gauche). Il n'est pas impossible qu'il y soit fait allusion aux événements en Europe, notamment aux attaques perpétrées contre Charlie Hebdo et peut-être aussi, car elles ont eu un retentissement particulier là-bas, celles du 13 novembre. Et il faudra alors y inclure toutes les autres, sur tous les continents où cela s'est produit.

Vendredi, c'est le chanteur Cucuza Castiello qui occupera cette scène et le lendemain, le Torquato enchaîne avec un concert du trio Rodolfo Mederos. A voir et à écouter de toutes ses oreilles si vous êtes à Buenos Aires en ce moment !
Et à déguster, car la cuisine proposée est plus qu'agréable (pizzas, grillades, salades et assiettes froides).