mardi 29 décembre 2015

Mise en place d'un plan OrSec en Argentine [Actu]

Photo Présidence

Hier, la Casa Rosada a lancé un système de prévention des risques naturels et d'organisation des secours en cas de désastre naturel, comme celui qui frappe actuellement le Litoral, affecté par des inondations records dues à la crue de plusieurs rivières, nombreuses dans la région, encadrée par le Paraná à l'ouest et l'Uruguay à l'est.

Ce système, le SIFEM, est organisé à l'échelle fédérale, il est placé logiquement sous l'autorité de la ministre de la Sécurité, Patricia Bullrich. En fait, il existe depuis 199. Pourtant, il n'a jamais fonctionné et ce ne sont pas les calamités naturelles qui  ont manqué, pendant toutes ces années, entre incendies de forêt, inondations et sécheresses dévastatrices. Le SIFEM fonctionnera comme une instance interministérielle et travaillera désormais en partenariat avec les autorités locales des zones sinistrées ou menacées.

C'est donc la première fois qu'une telle organisation entre en fonctionnement. Après la constitution du Gouvernement, c'est aussi la première grande action structurante du mandat de Mauricio Macri, une marque de sa volonté d'être, comme il le dit souvent, près des gens.

Pour aller plus loin :

lundi 28 décembre 2015

"Último tango" au Chalet du Lac [ici]

La milonga du mercredi soir, au Chalet du Lac, dans le 12ème arrondissement de Paris, baptisée La Victoria, était l'une des milongas les plus en vue de la capitale et de la région parisienne. Elle n'existera plus en 2016 à cause d'un changement de cap du Chalet qui l'accueillait depuis de très nombreuses années.
Pour le microcosme des danseurs de tango argentin dans la capitale française, c'est un véritable événement et bien triste, qui plus est.



Les organisateurs vous proposent donc un dernier tango le mercredi 30 décembre 2015, de 19h à 21h, avec une soirée déguisée sur deux thèmes possibles, les années 40 et 50 et les années 70 et 80 (ce qui n'a pas une vraie cohérence avec l'histoire du tango mais correspond à quelque chose dans la mentalité et les stéréotypes qu'abritent la mémoire parisienne).

De 19h à 20h, Victoria Vieyra, fondatrice et animatrice de ce rendez-vous dansant, proposera son cours en début de soirée autour de la technique et de l'emploi des tours au bal, en niveau intermédiaire (ce qui veut dire qu'il ne s'adresse pas aux vrais débutants), et pour des couples déjà constitués.

Il y aura des empanadas faites maison, du vin argentin, de la bière Quilmes (la grande marque argentine, présente sur tout le territoire) et du champagne, entre autres symboles de fête.

Entrée : 7 € par personne.

Il est vivement conseillé de s'inscrire.

Le vestiaire et le parking sont gratuits.

Bonne soiré et, n'en doutons pas, on retrouvera plus tard Victoria Vieyra dans un autre cadre, même si c'est une des grandes difficultés des professeurs de danse et des animateurs de milonga à Paris que de trouver des locaux adaptés, à des prix convenables et dans des lieux raisonnablement accessibles pour les danseurs éparpillés sur tout le bassin parisien.

samedi 26 décembre 2015

Editorial de Alberto Manguel pour la Saint-Etienne [Actu]

"Manguel, le seigneur des bibliothèques"
(mais vous pouvez aussi comprendre : l'homme des bibliothèques)
c'est selon votre goût !

Une semaine après l'annonce de sa nomination à la direction de la Bibliothèque Nationale argentine par le ministre de la Culture, Alberto Manguel a accepté de signer un long éditorial pour le supplément culturel de Clarín, la Revista Ñ : il y médite ce qu'est une bibliothèque et un lecteur, ce que cela représente dans la culture et dans l'histoire, alors que la fondation d'une bibliothèque publique à Buenos Aires a été l'un des piliers de la révolution et de l'introduction des droits de l'Homme dans la future Argentine en 1810...

C'est un texte ample, qui embrasse des expériences fondatrices dans l'histoire individuelle de chaque homme qui a appris à lire et qui peut à travers ce moyen s'emparer d'une multitude de savoirs et voyager dans les méandres de l'esprit humain à travers toute la planète...

Beau cadeau littéraire et philosophique au lendemain de Noël pour tous les hispanophones, de naissance ou d'apprentissage.

Lire l'éditorial de la Revista Ñ de ce 26 décembre 2015.

Dans cette dernière édition de l'année, les danseurs de tango préféreront peut-être, si toutefois ils parlent la langue, cet article sur un livre sur le tango dansé : Así se baila el tango, de la chorégraphe et danseuse Laura Falcoff.

Parabole du piratage Internet par Miguel Rep [Actu]

Autour du 10 décembre dernier, le quotidien Página/12 a fait l'objet d'une très longue attaque, fort acharnée, contre son site Internet qui s'est trouvé inaccessible à plusieurs reprises, de longues heures, plusieurs jours de suite, au moment même où le nouveau gouvernement se mettait en place.

Avant-hier, à la veille de Noël, l'un des deux dessinateurs de la rédaction préfère en rire et nous donne cette vignette (tira) avec son personnage emblématique, Gaspar el Revolucionario, allongé sur le divan de sa psychanalyste et commentant : "J'apparais, je disparais, j'apparais, je disparais", en concluant : "Vignette victime d'un hacker". "Une nouvelle façon de disparaître"...

Cliquez sur l'image pour tout lire, y compris les trous !

L'horrible méprise de Noël [Actu]

Malgré les inondations dans le Litoral (le nord-est)
et les procès qui grossissent contre la famille Kirchner
l'affaire est en une de Clarín ce matin
à droite, en haut de la colonne.
En manchette, à droite, en haut, la couverture de la Revista Ñ,
dont je vous parle dans un autre article de ce jour

Presque tous les journaux et tous les courants politiques, de la majorité comme de l'opposition, s'en étaient fait joyeusement l'écho sur leur site Internet et via les réseaux sociaux en fin de journée, avant-hier, jeudi, au milieu des préparatifs de fête, puis tout au long de la journée de Noël, hier, alors qu'aucun journal ne paraît en Argentine : une des fondatrices de Abuelas de Plaza de Mayo, aujourd'hui éloignée de l'association, avait retrouvé sa petite-fille, montant ainsi à 120 le nombre de personnes volées en bas-âge pendant la dictature et identifiées, une fois adultes dans leur immense majorité, et capables de reprendre contact, de leur plein gré, avec leur famille de naissance. La femme s'était présentée chez sa supposée grand-mère vers midi avec en main le rapport biologique d'un laboratoire privé de Córdoba affirmant le lien de parenté entre elles deux à 99,9 % de certitude (il n'y a jamais 100 %).

Mais l'information était fausse : l'analyse brandie par cette femme relevait de conclusions erronées. C'est ce que la Justice argentine, qui a travaillé d'arrache-pied hier, malgré le jour férié, a fait savoir à la grand-mère qui s'était réjouie trop vite. Même Mauricio Macri s'était associé à la liesse, ce 24 décembre, et leur avait souhaité à toutes les deux un joyeux Noël (1), prenant officiellement la parole pour la première fois sur ce terrain et, qui plus est, en sa qualité de Président de la Nation (il n'avait jamais réagi sur la question dans ses fonctions électives antérieures et c'était pour lui une occasion importante de lever les derniers doutes qu'on pourrait conserver du côté ONG des droits de l'Homme sur ses positions par rapport à l'intangibilité de ces droits et à la légitimité des recherches sur les conséquences présentes des crimes de la dictature passée).

Or la grand-mère piégée par cette fausse bonne nouvelle n'est pas n'importe qui : elle a connu, au sein de l'association qu'elle a créée, Abuelas de Plaza de Mayo, soixante-six identifications d'enfants disparus. Et c'est elle qui a remué ciel et terre pour obtenir la mise en place des techniques d'analyse ADN pour identifier ces enfants devenus adultes, avant de se brouiller définitivement avec l'organisation et de l'abandonner pour fonder sa propre institution.

Reste à s'interroger sur les raisons pour lesquelles une nonagénaire qui en a vu d'autres a cru, si rapidement et sans prudence, à une annonce aussi théâtrale et pour lesquelles une femme de quarante ans s'est adressée à un laboratoire privé au lieu de s'en tenir à la procédure légale : prélèvement réalisé par le Banco Nacional de Datos Genéticos (BNDG), qu'elle avait fait faire en mai dernier, analyse par les spécialistes de cet organisme, le seul agréé par la Justice pour ces opérations, et remise des résultats à l'autorité judiciaire qui convoque alors les partis prenantes et leur communique des informations fiables. En mai 2015, les analyses n'avaient abouti à aucun résultat, le profil génétique de cette personne ne correspondant à aucun de ceux que les familles affectées par la tragédie collective avaient confiés à cet organisme centralisateur. Ce dont cette personne a été informée par la voie officielle le 25 juin dernier. Six mois plus tard, dans ce moment symboliquement si particulier de la Nativité, elle a donc pris l'initiative de s'adresser malgré tout à un laboratoire privé qui lui aura peut-être donné la réponse qu'elle espérait ou qu'elle désirait. Encore a-t-il fallu qu'elle obtienne l'aide de sa grand-mère putative, sans quoi il eût été impossible à ce laboratoire de procéder à quelque comparaison que ce soit, et il semblerait bien que cette dame ait été victime dans cette affaire, puisque son porte-parole affirme que la prétendue petite-fille ne l'avait pas informée qu'elle avait reçue une réponse négative du BNDG.

A la une de La Nación, un peu moins de place mais tout de même...
L'affaire est traitée en bas à gauche.
Dans un cas comme dans l'autre, cliquez sur l'image pour une haute résolution

Il en ressort qu'il est impératif de maintenir un dispositif de service public, de ne surtout rien privatiser en la matière comme cela avait été suggéré du côté macriste (2) avant l'élection (3) et de laisser en place ce qui existe, qui a déjà fait ses preuves et dont une partie du personnel vient de démontrer sa conscience professionnelle en sacrifiant son Noël pour réaliser de toute urgence de nouvelles vérifications, dans les archives et les tubes à essai, afin de faire la lumière sur cette surprenante identification.

L'annonce que les deux femmes ont faite en privé, à la veille de Noël, avec publication de photos les montrant ensemble, par le biais de la fondation personnelle de Chicha Chorobik de Mariani, baptisée du nom de sa véritable petite-fille, [Clara] Anahí, avait court-circuité la traditionnelle conférence de presse tenue qui suit chaque identification au siège de Abuelas, qui est en quelque sorte l'organisme central où se croisent toutes les procédures. Conférence de presse qui avait été annoncée à la suite de ce scoop comme devant intervenir lundi prochain, après ce très long week-end férié. Il est possible que cette péripétie douloureuse relève d'une simple coïncidence entre deux immenses désirs d'amour frustré, deux terribles tragédies personnelles d'une femme cherchant sa petite-fille et d'une autre, peut-être quelque peu mythomane, cherchant une grand-mère ou une autre famille, comme il n'est pas impossible qu'il y ait là-dessous une conséquence, pitoyable, du conflit qui oppose Chicha Mariani à son ancienne association, Abuelas, dont elle fut l'une des présidentes, une trace de la querelle du transfert, il y a quelques mois, du Banco Nacional de Datos Genéticos (BNDG) depuis l'hôpital, où il avait été fondé, vers un ministère national, transfert soutenu par Abuelas et son actuelle très médiatique présidente, contre une partie de l'opposition d'alors qui y voyait la soumission de l'organisme au caractère partisan du Gouvernement (4), ou qu'il y ait eu, et ce serait plus grave mais cela reste heureusement peu probable, une manipulation, véritablement odieuse, de la part d'on ne sait qui, pour que l'incident serve à de véritables fins politiques, nécessairement ignobles dans de telles circonstances.

Cependant le collaborateur de Chicha Mariani, qui a signé le nouveau communiqué de la fondation Anahí, réaffirme, comme il l'avait déjà laissé entendre avant-hier, la légitimité du BNDG pour mener tous les tests recevables en justice. Il donnera aujourd'hui, vers midi, une conférence de presse au domicile de la grand-mère abusée, en présence de celle-ci. A quatre-vingt-douze ans, le moins qu'on puisse dire est que cette femme ne manque pas de courage !

Pour aller plus loin :
lire l'article d'avant-hier dans Clarín, annonçant la bonne nouvelle
lire l'article de Página/12 sur le même sujet dans l'après-midi du 24 décembre
lire l'article de La Nación sur le tweet de Mauricio Macri
lire l'article de ce matin dans Página/12
lire l'article de La Prensa

Ajout du 27 décembre 2015 :
lire l'article de Página/12 sur la conférence de presse d'hier, à laquelle Chicha Mariani n'a finalement pas participé et où la publication du communiqué du 24 a été attribué à une hâte de communication bien intentionnée (une partie de la petite équipe qui entoure la vieille dame se serait laissée entraîner par l'émotion - en un jour pareil, cela peut s'entendre). Tout rentre donc dans le rang et respecte les procédures établies sans qu'il y ait place pour l'ambiguïté.

Ajouts du 29 décembre 2015 :
lire l'article de Página/12 sur la réunion tenue entre le gouvernement argentin, la Conadi (commission nationale pour le droit à l'identité) présidé par Claudia Carlotto et sa mère, Estela de Carlotto, en sa qualité de présidente de Abuelas de Plaza de Mayo. Tout le monde s'entend, de façon claire et nette, pour appeler les citoyens en quête de la vérité sur leur naissance à suivre les procédures établies sans s'en écarter au profit d'organismes non habilités.
lire aussi le communiqué officiel de Abuelas sur le site Internet de l'association.



(1) "Joie pour l'identification de la 120e petite-fille. C'est un triomphe de la recherche de la vérité et la défense du droit à l'identité. Je veux souhaiter à Chicha Mariani, à sa petite-fille et à toute leur famille un joyeux Noël de retrouvailles". Le Président, dans ce message en deux tweets, avait pris soin d'employer les expressions mêmes utilisées par Abuelas et le vocabulaire de ceux qui les soutiennent habituellement : "recherche de la vérité" et "droit à l'identité". Il reprenait donc à son compte ce combat, qui devrait être celui de toute la Nation et ne l'est toujours pas vraiment (encore que les choses aient notablement évolué depuis l'identification, en août 2014, de Guido Carlotto, aujourd'hui Ignacio Guido Montoya Carlotto). On peut interpréter en mal cette réaction officielle en estimant qu'il s'agit d'une récupération cynique (en oubliant alors qu'elle n'a pas été la seule ni la première dans la nouvelle majorité). On peut aussi y voir l'effort de l'homme d'Etat pour assumer l'intégralité des aspects de la vie du pays et pour dépasser les clivages qui ont été entretenus jusqu'à présent d'un accord tacite entre tous les Argentins. Et il est vrai que c'était tout de même très commode jusqu'à ce jour qu'il y ait pour chacun des deux camps en présence des bons et des méchants, aux rôles interchangeables en fonction de l'endroit où l'on se tenait sur l'échiquier politique. Espérons que la deuxième hypothèse est la bonne.
(2) Si toutefois ma mémoire ne me trompe pas, cela n'a jamais été évoqué par Mauricio Macri lui-même, qui a certes tenu des propos inquiétants pour les militants des droits de l'Homme mais ils étaient d'une autre nature. C'était une déclaration beaucoup plus générale et qu'il a balayée d'un revers de main au lendemain de son élection.
(3) sous prétexte que l'organisme coûtait trop cher à l'Etat pour des affaires relevant, prétendait-on, du droit privé. Comme si, dans un Etat de droit, l'identité d'une personne et la filiation étaient des affaires privées ! Cela reviendrait à nier le progrès pourtant indéniable qu'a constitué dans nos sociétés l'institution d'un Etat Civil qui enregistre tout cela et sécurise donc les données autant qu'il est possible de le faire et dont l'absence ou l'inefficacité pénalisent tant les Etats de l'ONU qui ne s'en sont pas encore dotés.
(4) Toujours cette confusion dont je parle souvent ici et qui existe chez presque tous les Argentins entre Etat et Gouvernement, entre structure légale et immuable de la Nation organisée et contingence de la vie politique soumise à des scrutins qui se suivent et ne se ressemblent pas et qui donnent le pouvoir tantôt à un camp politique tantôt à un autre.

vendredi 25 décembre 2015

Alberto Manguel (en français) à La Grande Table de France Culture [ici]

Photo EFE

Découvrez le prochain directeur de la Biblioteca Nacional Mariano Moreno (Argentine), Alberto Manguel, dans cet épisode de l'émission de France Culture, La Grande Table, mardi 22 décembre 2015 à midi : en compagnie d'un autre éminent spécialiste, professeur de littérature espagnole à l'université française, il s'exprime, dans la langue de Molière, au sujet de la parution d'une nouvelle traduction de Don Quichotte dans la prestigieuse collection de la Pléiade (chez Gallimard), pour le tricentenaire de ce roman, tout à la fois épopée et pastiche, qui a fondé la littérature hispanophone...

A écouter en ligne et même à télécharger en podcast si vous le souhaitez.

Alberto Manguel a été nommé la semaine dernière pour remplacer le sociologue Horacio González à partir de juillet prochain. Lire à ce sujet mon article du 19 décembre 2015.

jeudi 24 décembre 2015

Noël en tango... grâce à Luis Alposta et ses Mosaicos Porteños [Jactance & Pinta]

Copie d'écran du blog de Luis Alposta,
qui a mis en fond une image de bibliothèque qui lui est très personnelle

Aujourd'hui, jeudi 24 décembre 2015, comme tous les jeudis, le poète Luis Alposta nous régale d'un petit texte de réflexion lexicale ou linguistique. Aujourd'hui, le mot pesebre (crèche en espagnol)... et du tango de Noël grâce à Youtube et à Francisco Canaro (excusez du peu !)... en VO.

Allez vous balader sur ce blog !

Prise de contrôle mouvementée sur deux Autorités fédérales culturelles [Actu]


Sans que l'on puisse parler de grande surprise, le Président Mauricio Macri vient de prendre le contrôle des deux organismes de régulation des activités et services de l'audiovisuel et des télécommunications, l'AFSCA (audiovisuel) et l'AFTIC (télécommunication). Par décret, daté du 22 décembre et annoncé hier, il a démis les deux présidents de ces instances fédérales et les a remplacés par deux personnalités disposant de sa confiance, un ancien parlementaire PRO et l'oncle du ministre de l'Intérieur.

Normalement, au terme des lois votées par la précédente majorité, les mandats de ces deux dirigeants arrivaient à échéance respectivement en 2017 et 2019. Le décret ne respecte pas les normes en vigueur pour la nomination et la révocation des titulaires de ces postes importants et à haute valeur symbolique. Mauricio Macri n'a jamais fait mystère de sa volonté de modifier en profondeur la récente loi sur les médias qui empêche la constitution d'oligopoles médiatiques et limite en théorie au moins la concentration excessive des moyens de production et de diffusion de la création et de l'information entre les mêmes mains. Il se trouve aussi que les deux présidents révoqués sont deux militants kirchneristes qui, de leur côté, n'ont pas occulté leur volonté de résister à la nouvelle majorité. En démocratie, certes il importe et combien que l'Exécutif respecte les lois en vigueur mais cette règle vaut dans les deux sens : les hauts commis de l'Etat nommés par la majorité précédente doivent coopérer avec les pouvoirs publics issus des élections, quand bien même ceux-ci voudraient mettre en place une politique contraire à la précédente, et dans le cas contraire, s'ils ne sont pas disposés à coopérer, ils doivent démissionner mais en aucun cas, ils n'ont le droit de résister alors qu'ils sont à la tête d'organismes publics, comme tous les deux menaçaient de le faire sous prétexte d'un pluralisme assez mal compris, qui confond l'attitude privée (celle d'un parti politique, d'une association, d'un citoyen, d'un journaliste, qui ne s'expriment qu'en leur nom propre) et l'attitude publique, lorsque le pouvoir exercé est un pouvoir délégué par l'Etat. Et comme la plupart des Argentins confondent encore Etat (avec ce qu'il a de permanent) et Gouvernement (avec ce qu'il a de contingent et de variabilité partisane), on n'est pas sorti de l'auberge !


Dans les attendus du décret, on trouve à plusieurs reprises la motivation de garantir à l'ensemble des citoyens argentins l'accès à une information libre et pluraliste et à des relations commerciales équitables entre clients et fournisseurs d'accès aux services de télécommunication. Ce qui est donc critiqué chez ces deux dirigeants est le caractère partisan de la politique qu'ils mènent à la tête des deux instances, ce qui n'est pas totalement infondé. Et le décret, plutôt que de s'appuyer sur les termes de la loi des médias, s'appuie directement sur la Constitution et les droits fondamentaux qu'elle garantit à tous les citoyens.

Bien entendu, du côté des kirchneristes, le scandale est immense et peut-être un peu surjoué, dans la mesure où cette décision n'est pas une surprise, où l'antagonisme était amplement prévisible eu égard aux deux personnalités assez peu conciliantes des dirigeants nommés par Cristina Kirchner, et où lorsque la situation était inverse, quand c'était Cristina qui prenait le contrôle de l'administration de la Sécurité sociale, de la compagnie pétrolière, du transport aérien ou ferroviaire, les mêmes qui hurlent et manifestent aujourd'hui triomphaient et trouvaient ces décisions tout à fait légitimes.

L'antagonisme promet d'être ardent : Martín Sabbatella, président limogé de l'AFSCA, a fait des déclarations publiques devant les manifestants kirchneristes rassemblés devant les bureaux de l'institution qu'il a décidé d'occuper malgré sa révocation. Avec son confrère, Norberto Berner, révoqué de l'AFTIC, il a déposé un recours en référé devant la justice fédérale contre le décret qui les révoquent tous les deux et le Gouvernement, de son côté, a contre-attaqué en déposant contre Martín Sabbatella une plainte pénale pour abus de pouvoir et usurpation de charge (puisqu'il occupe les locaux).

On est donc parti pour quelques mois de lutte intensive comme on en a vues entre droite et gauche péroniste à Buenos Aires pendant les deux mandats exercés par Mauricio Macri à la tête de la Capitale Fédérale...

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 qui en fait toute sa une
lire l'interview de Martín Sabbatella dans Página/12
lire l'article de Clarín sur le soutien de Sergio Massa à la décision du Président Macri (il faut dire que Sabbatella est l'une des personnalités les plus emblématiques de tout ce que déteste l'ex-opposition dans la politique kirchneriste)
lire l'article de La Nación, dont il partage la une avec plusieurs autres sujets très diversifiés
lire l'article de La Nación sur la transformation hier du siège social de l'AFSCA en meeting kirchneriste
lire l'article de La Prensa sur la prise de contrôle (la intervención, dit-on en Argentine)
lire l'article de La Prensa sur la position du ministère concernant les modalités de remise en question de l'actuelle loi des médias et de l'évolution future de la législation en la matière
lire le communiqué officiel sur l'annonce de la mesure faite par le ministre des Communications, Oscar Aguad, le 23 décembre, hier (avec vidéo de cette annonce et transcription des propos du ministre), et le texte du décret daté du 22 décembre.

Ajout du 29 décembre 2015 :
lire l'article de La Nación sur la première journée du directeur intérimaire agissant au nom du Gouvernement (interventor) : de nombreuses archives avaient été passées au broyeur avant que les dirigeants révoqués acceptent, tard dans la nuit suivant leur révocation, d'évacuer les lieux cernés par les forces de l'ordre mandatées par la Justice ! Il devient très difficile de croire que cet organisme ait été géré en toute transparence par ses dirigeants kirchneristes...

Avant-goût de carnaval au lendemain de Noël [à l'affiche]


L'auteur-compositeur interprète, reconnu comme l'un des meilleurs représentants de la murga, ce genre populaire si typique du carnaval portègne, Ariel Prat, se produira samedi 26 décembre 2015, dans un des bares notables de l'ouest de Buenos Aires, le Bar El Faro, en annonçant d'ores et déjà que son récital No solo murga va sortir en disque au début de l'année prochaine alors qu'il circule déjà sur les plateformes digitales légales et payantes.

Il sera comme d'habitude accompagné par le guitariste Hernán Kallis, l'harmoniciste Martín Hernández et le percussionnistes Alejandro Caraballo.
Il est fortement conseillé de réserver sa place dès à présent.

Et attention, amis lecteurs présents en Argentine pour passer les fêtes de fin d'année : prenez garde cette nuit aux pétards... Il y a des blessés tous les ans pendant les deux nuits festives à Buenos Aires et dans toute l'Argentine !

Le San Lorenzo de Almagro revient à Boedo [Actu]


"Jusqu'à aujourd'hui, c'était une utopie...
Que San Lorenzo retrouve ses terrains à Boedo".
#"Nous en avons rêvé, nous l'avons fait"

Grâce à une longue et complexe négociation avec la filiale argentine de Carrefour, qui avait racheté le terrain de son ancien stade traditionnel, le Club Atlético San Lorenzo de Almagro, qui est le club des deux quartiers, Almagro et Boedo, qui autrefois n'en faisaient qu'un, va retrouver son ancien emplacement sur Avenida La Plata, à Boedo.



C'est une fête extraordinaire pour tous les cuervos, les sociétaires et tous les supporters de ce club, qui est aussi, vous le savez sans doute, celui du Pape François ! Ce soir à 18h, le président du club a invité tout le monde à venir faire la fête, avant le réveillon (Nochebuena)...

"Boedo - le rêve se fait réalité"
"Immortalise ce moment pour toujours"

C'est aussi un rééquilibrage géographique du sport et singulièrement du football dans le sud de Buenos Aires. Toute la presse en parle ce matin, le club a publié un communiqué ultra-officiel, les espaces Facebook et autres réseaux sociaux sont en ébullition !

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, le seul journal à présenter cette information comme un cadeau de Noël pour les cuervos (les corbeaux), comme on appelle les fans de ce club confessionnel, à cause des soutanes des fondateurs, qui étaient les salésiens en charge de la paroisse San Carlos Borromeo y Santa María Auxiliadora, où Carlos Gardel a appris le chant dans la chorale paroissiale, où le bienheureux Ceferino Namuncurá a fait sa première communion, où le petit Jorge Mario Bergoglio a été baptisé un jour de Noël, où Aníbal Troilo aimait aller à la messe de Minuit !!!!
lire l'article de Clarín, qui en publie plusieurs sur le même sujet
lire l'article de La Prensa, qui est le seul quotidien à parler de l'attribution du Prix Charlemagne au Saint Père hier à Aix-la-Chapelle (lire aussi l'article en français de NewVa et l'article en espagnol)
lire le communiqué officiel du CASLA (vous lisez l'acronyme ? Club Atlético San Lorenzo de Almagro)
vous connecter à la page Facebook du Club

vous connecter à la page Facebook du collectif officiel des supporters, Soy Cuervo.

Les vœux de la Viruta, la milonga de Palermo [Coutumes]


La milonga de la rue Armenia, dans le quartier de Palermo, La Viruta, présente ses vœux pour les fêtes de fin d'année et offre à ses habitués deux réveillons tango, ce soir et dans une semaine, pour Nochebuena et Nochevieja...

Avis aux amateurs présents à Buenos Aires par ces fortes chaleurs estivales !

mardi 22 décembre 2015

Trêve d'été austral sur Barrio de Tango [ABT]

Les morses se prélassant sur une plage face au port de pèche de Mar del Plata sous un ciel gris

Dans les prochaines semaines, je vais faire semblant de faire le morse sur les plages de Mar del Plata !

Tous les ans, l'été austral voit mon activité sur Barrio de Tango se ralentir au bénéfice d'un travail dans les coulisses, que vous ne voyez pas, et qui me permet de nourrir la suite de l'année :
  • des documents audio supplémentaires à toiletter et à monter pour qu'ils soient prêts à être mis en ligne sur mon site Internet le jour des Rois (le 6 janvier en Amérique latine),
  • ce retour en images sur les sites sanmartiniens de la province de Mendoza que j'ai sous le coude depuis mon retour en septembre dernier sans trouver le temps de le mettre en forme,
  • mon prochain livre dont il faut mener à bien la rédaction (il est déjà structuré de A à Z) et il a été décidé qu'il paraîtrait au début 2017, le temps pour l'illustrateur de travailler derrière moi,
  • de nouvelles propositions touristiques à concevoir et à développer pour vous faire découvrir l'Argentine autrement, grâce à Human Trip
  • de nouveaux diaporamas de documents historiques à monter pour accompagner mes prochaines conférences en Argentine (et peut-être aussi pour celles que je donnerai en France, sait-on jamais)
  • et la prochaine tournée en Argentine en système D comme d'habitude, la chose étant tous les ans compliquée par le décalage des saisons entre les deux hémisphères qui rend l'opération aléatoire jusqu'à la dernière semaine avant le départ et puis, une fois là-bas, miracle ! tout s'emmanche et se passe bien !

Pendant ces deux mois de vacances et de bronzette virtuelle sur la plage de Mar del Plata, j'ai d'ores et déjà trois rendez-vous avec le public français :
  • le 9 janvier 2016 au musée du quai Branly,
  • les 30 et 31 janvier à la Mairie de Saint-Mandé (94)
  • et du 4 au 7 février au festival de poésie de Tinqueux, en Champagne.

Retour à la normale pour ce blog vers le 1er mars mais, comme vous pouvez l'imaginer, l'actualité politique en Argentine risque fort, elle, de ne pas prendre de vacances et il faudra que je reste sur le qui-vive à propos de ce qu'il se passe là-bas car c'est un vrai changement qui s'opère en ce moment, comme on a pu le voir ne serait-ce qu'à travers toutes les excellentes nominations culturelles de ces derniers jours, tant au niveau de la Ville de Buenos Aires qu'à celui du pays tout entier, et les différents actes posés par le Président lui-même.

La célèbre grande plage de Mar del Plata toujours bondée, de décembre à mars

Prime de Noël pour les plus démunis [Actu]

La nouvelle est en une de Clarín
à côté des déclarations explosives de Mauricio Macri au sommet du Mercosur au Paraguay :
Pour sa première participation, il a osé réclamer la libération des prisonniers politiques vénézuéliens
 déclenchant les foudres de Caracas (qui se répand en calomnies)
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Finalement, après que le PRO en ait dit le plus grand mal depuis plusieurs années, ce qui avait fait craindre sa disparition immédiate, le nouveau Gouvernement conserve et renforce la politique d'allocations sociales initiée par Cristina de Kirchner : il vient d'annoncer l'attribution d'une prime de Noël de 400 pesos payée en une seule fois d'ici la fin de l'année à un certain nombre d'allocataires qui composent les catégories le plus pauvres de la société argentine : les bénéficiaires de l'allocation familiale universelle par enfant (AUH, selon l'acronyme argentin), celle de l'allocation grossesse et ceux du minimum vieillesse pour les retraités. Toutes ces allocations sont attribuées sous plafond de ressources, elles ne sont donc pas universelles. L'emploi de l'adjectif "universelle" (le u dans AUH) ne concerne en fait que la situation professionnelle des bénéficiaires : l'AUH est distribuée à tous les parents d'un enfant mineur (ou d'un enfant majeur handicapé) sous un plafond de ressources qui est indexé tous les ans, qu'ils travaillent ou soient au chômage, qu'ils soient déclarés par leur employeur ou contraints de travailler sans pouvoir bénéficier de la sécurité sociale faute de cotisation, qu'ils soient salariés ou à leur compte (artisans par exemple). La somme est considérée comme dérisoire par certains opposants, c'est oublier qu'il s'agit là d'un coup de pouce à des allocations sociales qui ne constituent pas et n'ont jamais été censées constituer un revenu, ni direct ni de remplacement. C'est donc modeste mais nullement négligeable.

La Nación procède à l'inverse :
le plus gros titre est pour le premier couac diplomatique
au sujet des droits de l'Homme au Venezuela
et la prime de Noël est reléguée sur le côté de la une
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La mesure est annoncée comme une compensation de la forte montée des prix qui a été suscitée par les promesses électorales de Mauricio Macri qui disait vouloir ouvrir le marché des devises et procéder à une dévaluation du peso. Par précaution, les distributeurs ont anticipé la montée des prix dès l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle et les prix n'ont pas cessé de grimper depuis lors malgré la prudence (relative) que le Gouvernement adopte dans ses réformes économiques. Une prudence qui semble plutôt efficace en matière monétaire puisque la cotisation du dollar n'atteint pas les 15 pesos que les économistes prévoyaient. Depuis vendredi dernier, jour où le contrôle des changes a été levé, la tendance est à la baisse : le dollar US a coté à nettement plus de 14 pesos (sans toutefois atteindre la barre des 15) puis il est descendu à un peu plus de 13 pesos en deux jours de cotisation.

Pour contenir cette inflation qui remonte, un mal endémique dans l'économie argentine depuis une quinzaine d'années, le gouvernement envisage de baisser les taxes sur les carburants et menace d'ouvrir les frontières aux importations en cas de maintien des prix trop élevés sur le marché intérieur. Par ailleurs, et cela ne concerne qu'une petite partie de la population, il vient de baisser les taxes sur l'achat des voitures haut de gamme, dont les 4x4 dont sont friands les gros propriétaires agricoles.

Página/12 préfère consacrer sa une à l'ordonnance du juge fédéral
qui vient de déclarer inconstitutionnel
le décret de nomination de deux juges à la Cour Suprême (et dont se font l'écho tous les journaux)
"Puisqu'il y a une porte, messieurs les membres de la Cour Suprême
sont priés de na pas entrer par la fenêtre".
L'information concernant la prime de Noël est en manchette centrale
et le couac diplomatique dans la manchette de droite

Et dans le cadre de la politique sociale, le gouvernement vient d'annoncer un projet de loi visant à élargir le champ de l'AUH (Asignación Universal por Hijo), l'un des grands acquis de Cristina de Kirchner. L'AUH est remise à tous les parents à condition qu'ils puissent prouver que l'enfant pour lequel elle est versée va à l'école, qui est obligatoire de 4 à 13 ans, et voit régulièrement un médecin. Ce qui a fait disparaître à Buenos Aires les enfants mendiants pendant la semaine et a amélioré l'état de santé de cette classe d'âge.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, qui a bien du mal à critiquer cette mesure alors que le journal est entré dans une opposition résolue au Gouvernement
lire l'article de La Prensa sur la prime de Noël
lire l'article de La Prensa sur le futur projet de loi
lire le communiqué officiel du Gouvernement

Premier "Conseil des Ministres" ce matin à la Rosada et autres changements [Actu]

Photo publiée par le service de presse de la Casa Rosada

Ce matin, pour la première fois depuis très longtemps, s'est tenue à la Casa Rosada une première réunion partielle du Gouvernement pour faire un point sur les actions déjà engagées et les prochaines à mettre en route. Plusieurs ministres n'y participaient pas, notamment ceux de la Justice, de la Défense, de l'Education, de la Culture, des Médias publics et des Sciences et Technologies. Par conséquent, parmi les personnalités absentes, on trouve des titulaires de ministères régaliens et d'autres.

Ce type de réunion était traditionnel en Argentine avant l'arrivée des Kirchner, mari et femme, au pouvoir,qui avaient relancé le style personnaliste, qu'on a surnommé en France ces dernières années l'omni-président. Toutefois il ne s'agissait pas, on le voit, d'un Conseil des Ministres tel que nous l'entendons mais d'une simple réunion de travail avec le Président. Cette rencontre n'a pas de calendrier fixe, elle est beaucoup moins fréquente que ne l'est un Conseil des Ministres dans les pays européens (une fois par semaine en général), et elle ne joue aucun rôle institutionel dans le processus de prise de décision de l'Exécutif. Mais c'est néanmoins un progrès quant au processus collaboratif et collégial de gouvernement tel que Mauricio Macri avait annoncé vouloir le mettre en place et tel qu'il le pratiquait quand il gouvernait Buenos Aires.

Et les démarches visant à moderniser l'Etat ne s'arrêtent pas là : le Gouvernement vient d'annoncer qu'il allait vérifier le bien-fondé de 63 000 contrats de travail dans la fonction publique sur les trois dernières années. Il s'agit de contrôler qu'il n'y a pas dans ce grand nombre de nominations ce qu'en France on appelle emplois fictifs. Le travail réellement effectué par les titulaires de ces contrats sera examiné et il sera mis à un terme à tous ceux qui relèvent en fait d'un mode de rétribution sur les deniers publics de militants qui devraient émarger au budget de leur formation politique. En Argentine, on appelle cela des ñoquis, des gnocchis en traduction littérale, en fait des gens payés à ne rien faire, des profiteurs.
Cette annonce intervient sur fonds de scandale quelque peu artificiel à Radio Nacional, dont la directrice, María Seoane, une militante kirchneriste très fervente, vient de démissionner pour protester contre l'accusation que le Gouvernement vient d'émettre contre elle parce qu'elle aurait renouvelé le contrat de trois journalistes kirchneristes rétribués à des hauteurs faramineuses pour deux ou trois heures d'intervention à l'antenne chaque semaine. Mais dans sa lettre de démission, María Seoane dément formellement avoir signé ces contrats : en effet, elle n'aurait pas eu la compétence d'engager Radio Nacional sur le plan financier ou patrimonial. Ce qui veut donc dire qu'elle n'en était pas la directrice mais simplement la responsable de l'information et des programmes. Ce n'était pas ce qu'on pouvait comprendre en écoutant ses discours, notamment celui que je lui ai entendu tenir à la soirée des 70 ans de la Radio ! Mais ça expliquerait sa difficulté à envisager des projets un tant soit peu innovants ainsi que son impuissance (ou sa réticence) à attribuer à RAE, la station internationale de Radio Nacional, un studio en bonne et due forme après que l'ancien studio, dûment rénové, a été attribué à une autre équipe, obligeant les animateurs de RAE à monter et descendre en permanence dans tout le bâtiment en fonction des trous dans les grilles d'occupation des différents studios (des conditions de travail très pénibles tout au long de cette dernière année). La démission de María Seoane vient compléter celle du président de Radio-Télévision Argentine, le cinéaste Tristán Bauer, qui l'avait justifiée, il y a deux semaines, de façon similaire, comme un protestation contre des propos tenus à son endroit par le nouveau Gouvernement.
Il va maintenant falloir regarder de près qui le ministre des Médias publics, Hernán Lombardi, nommera à leur place.

Pour aller plus loin :
sur la réunion de travail du Gouvernement
lire le communiqué officiel de la Casa Rosada avec vidéo et série de photos
sur la recherche des ñoquis ou emplois fictifs
sur la démission de María Seoane

Le nouvel ambassadeur en France trouvera sur son bureau un agenda urgent [Actu]

Le prochain Ambassadeur d'Argentine en France s'appelle Jorge Faurie, c'est un diplomate de profession et il a été vice-ministre des Affaires Etrangères dans les années 1990, quand l'Argentine, sous le mandat de Carlos Menem, pratiquait une diplomatie très ouverte sur le monde.

Il doit remplacer une militante kirchneriste convaincue, qui aura tenu un peu plus d'un an ce poste à Paris où elle vient de défendre, seule, les positions de son pays à la COP 21, en l'absence de tout autre représentant du gouvernement.

Jorge Faurie devrait arriver à Paris très vite car c'est à lui que reviendra la tâche de préparer avec le Quai d'Orsay la visite officielle que le Président François Hollande (et non pas le Premier ministre comme l'annonce La Nación) doit effectuer en Argentine en février.

Dans la même annonce, le nom de l'Ambassadeur au Royaume-Uni a aussi été annoncé. Malgré un coup de fil de David Cameron à Mauricio Macri, très tôt après son élection, la Grande-Bretagne maintient la même position sur la souveraineté sur les îles Malouines qui n'est pas négociable...

Pour entrer en vigueur, ces deux nominations devraient encore passer par l'approbation du Sénat, me semble-t-il.

Pour aller plus loin :