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samedi 20 août 2016

Le tango en grand deuil : Horacio Salgan n'est plus [Actu]

Un des pages culturelles de Pagina/12 ce matin

Pendant cette tournée que j'effectue dans le Gran Guyo, le temps me manque pour lui rendre hommage comme il conviendrait à son immense talent de pianiste, de compositeur, d'arrangeur et de chef d'orchestre ! Le Maestro Horacio Salgan, dont nous avions salué le centenaire il y a quelques mois, vient de s'éteindre à Buenos Aires.


Les mots manquent pour saluer cette figure historique du tango, l'un des tout premiers créateurs à s'être affranchis des contraintes du bal pour élever le genre à une musique de très libre création, quelque temps avant que Piazzolla choisisse le même chemin.


On doit à Salgan des chefs d'oeuvre courts comme l'immortel A fuego lento (à petit feu) et les premières longues pièces, comme Oratorio Carlos Gardel, composé sur un livret de Horacio Ferrer, dont le souvenir continue à briller, lui aussi, au firmament tanguero.

Et pour une fois, c'est La Prensa qui fait le plus de place à l'événement dans sa une de ce matin.


Pour aller plus loin :
lire l'article principal de Pagina/12 (qui consacre au musicien une bonne partie de son supplément culturel de ce jour)
lire également (tant qu'il reste en ligne) l'article de Los Andes de ce matin (groupe Clarin, mais à Mendoza, où je me trouve actuellement et je n'ai même pas eu ce matin le temps de jeter un coup d'oeil sur la devanture des kiosques à journaux).

mercredi 15 juin 2016

Bon anniversaire, Maestro ! [Actu]


Aujourd'hui, le grand compositeur et pianiste Horacio Salgán a cent ans ! Un agenda très occupé ne me permettra pas de célébrer à sa juste mesure l'événement mais avant de partir, je ne voulais pas manquer de saluer le grand musicien comme le fait ce matin Página/12, à la une de ses pages culturelles...

Pour aller plus loin :
lire aussi l'article de La Nación sur l'hommage du chef d'orchestre argentino-israélo-paletinien Daniel Barenboim au musicien de tango (une interview accordée à La Nación depuis Berlin après un concert)

Ajout du 20 juin 2016 :
lire cet article de La Nación sur l'hommage en musique qui lui a été rendu par son fils César au CCK

lundi 6 juin 2016

Horacio Salgán à l'honneur au Palacio Carlos Gardel [à l'affiche]

Horacio Salgán, l'année dernière, entre son fils et Caroline Neal

Ce soir, lundi 6 juin 2016, à 19h30, neuf jours avant ses cent ans, le Maestro Horacio Salgán, né le 15 juin 1916, sera la vedette du Plenario traditionnel de la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, au premier étage.

Entrée libre et gratuite mais vu l'importance de l'événement, il est fort recommandé d'arriver avec beaucoup d'avance. Il y aura beaucoup de monde.

Horacio Salgán est considéré comme l'un des meilleurs pianistes de l'histoire du tango. C'est aussi un compositeur hors pair, l'un des tout premiers à avoir refusé, avant Astor Piazzolla, de consacrer son activité d'interprète et de chef d'orchestre, à la musique de danse. Avec Horacio Ferrer, il est aussi l'auteur d'un oratorio profane dédié au souvenir et au culte de Carlos Gardel (Oratorio Carlos Gardel), or il n'existe pas une grande quantité d'œuvres longues dans le genre populaire qu'est le tango...

L'invitation de la Academia Nacional del Tango se garde bien d'annoncer la présence du maître, qui se protège beaucoup dans son grand âge et sort de moins en moins, même s'il y a quelques années, il a accepté la présence de la caméra de la réalisatrice Caroline Neal, pour un documentaire sur le travail de musicien qu'il partage avec son fils César (voir mon article du 13 octobre 2015 sur ce film, mon article n° 4500).

C'est César Salgán qui sera là, pour raconter sur l'estrade, en compagnie de Néstor Scalone et Gabriel Soria, l'impressionnante trajectoire artistique de son père.

A cette occasion, le tango rituel sera bien entendu le plus célèbre du maître : A fuego lento (à feu doux), enregistré par le Quinteto Real.

Horacio Salgán recevra à cette occasion un Gobbi de Oro pour l'ensemble de son œuvre.

Pour écouter et découvrir l'artiste, vous pouvez consulter les nombreuses pages que le site argentin Todo Tango lui a consacrées : interviews, biographie, analyses musicologiques, enregistrements, partitions...

mardi 13 octobre 2015

Sortie d'un documentaire sur les Salgán père et fils – n° 4500 [à l'affiche]


Il y a dix jours, alors que je me trouvais à Saint-Dié des Vosges au Festival international de Géographique (FIG), la documentariste d'origine nord-américaine Caroline Neal, le Maestro Horacio Salgán et son fils, le désormais pianiste César Salgán, ont accepté de donner une interview à Página/12 à l'occasion de la sortie d'un nouveau film documentaire, Salgán & Salgán (85 minutes couleurs), autour de ce duo musical père-fils, un long métrage qu'ils ont tous les deux déclaré ne pas avoir vu et ne pas vouloir voir. Ils se reconnaissent très timides et réservés ! Il a d'ailleurs fallu à la cinéaste beaucoup de patience pour obtenir leur participation : “Mi trabajo de convencerlos para filmarlos fue de hormiguita” : "mon travail pour les convaincre de se laisser filmer a été un petit travail de fourmi", dit-elle dans cette interview à Página/12 au lendemain de la première projection, le 2 octobre dernier.

Le film est en effet sorti au Malba (le musée d'art moderne de Buenos Aires à Palermo), le 1er octobre, et il y est projeté tout le mois, chaque vendredi, ainsi que à des dates diverses dans d'autres salles un peu partout dans la capitale fédérale et les provinces.

Une des pages culturelles de Página/12 (édition du 2 octobre 2015)

Extraits d'une interview où les deux hommes ont beaucoup plaisanté comme font souvent les timides pour éviter de se livrer :

–¿Cómo surgió "Salgán & Salgán"?
Caroline Neal: –Yo iba a filmar el backstage de una entrevista, era algo muy chiquito. Pero enseguida vi que hay una relación muy interesante entre ellos, algo había ahí. Después sumamos a Alberto Muñoz, que trabajó en el guión. Sentimos que era un material muy rico, por lo que es cada uno y por la relación entre padre e hijo.
Página/12

- Comment est né Salgán & Salgán ?
Caroline Neal : J'allais filmer les coulisses d'une entrevue, un tout petit truc. Mais tout de suite, j'ai vu qu'il y avait une relation très intéressante entre eux, là il y avait quelque chose. Ensuite nous avons fait équipe avec Alberto Muñoz, qui a travaillé sur le scénario. Nous avons compris que c'était un matériel très riche, en ce qui concerne chacun d'eux et à cause de la relation entre père et fils.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Horacio Salgán: –Pero nadie sabe quién es el padre y quién el hijo (risas).
César Salgán: Hace poco fui a hacer un trámite. “¿Cómo se llama usted? Salgán. “¿Es algo del maestro?” Sí. “¡Ah, ya me parecía que era el hermano!” Y después me quedé pensando: ¡A lo mejor creía que era el hermano mayor! (risas).
Página/12

Horacio Salgán : Mais personne ne sait qui est le père et qui est le fils (rires).
César Salgán : Il y a peu je suis allé faire des démarches administratives. Comment vous appelez-vous ? Salgán. Vous êtes parent avec le musicien ? Oui. C'est donc ça, j'avais l'impression que vous étiez son frère ! Après, je me suis dit : Si ça se trouve, elle croyait que j'étais le frère aîné ! (rires).
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

[…]

C.S.: –Conociéndolo a mi papá, no sé cómo hizo Caroline para convencerlo, realmente. Porque él nunca fue de hablar y menos de cosas íntimas. De cosas musicales puede ser, pero de temas personales, jamás. ¡Si hasta logró filmarlo cuando yo le cortaba el pelo! A alguien que nunca fue afecto a dar entrevistas, por exceso de timidez, a alguien tan reservado... Si me lo cuentan, no les creo. Es que Caroline en un momento llegó a ser uno más. Sin darnos cuenta, se armó una linda relación entre los tres.
Página/12

César Salgán : Tel que je connais mon père (1), je ne sais pas comment Caroline s'y est prise pour le convaincre, je vous assure. Parce qu'il n'a jamais été homme à parler et encore moins d'affaires intimes. D'affaires musicales, je ne dis pas mais sur le plan personnel, jamais. Elle est même arrivée à le filmer pendant que je lui coupais les cheveux ! Quelqu'un qui n'a jamais couru après les interviews, par excès de timidité, quelqu'un de si réservé... Si on me le racontait, je ne le croirais pas. C'est que Caroline est arrivée à un moment à être l'une des nôtres. Sans que nous nous en rendions compte, c'est une belle relation qui s'est tissée entre nous trois.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

[...]

–¿Y por qué no vieron la película?
H. S.: –Porque yo no lo quiero ver a él, y él no me quiere ver a mí (risas).
–¿No me va a contestar nada en serio?
H. S.: –Yo podría haber hecho una gran cantidad de películas, aunque sean breves, pero podría haber hecho muchas cosas. Pero no, nunca me llamó la atención. No me gusta. No me interesa.
C. S.: –Inclusive, si le hacían una nota o estaba en un programa de televisión, él se quedaba con la imagen de lo que había hecho, pero no quería verlo después. Si yo le digo “van a pasar un programa tuyo por televisión”, él no lo mira.
Página/12

- Et pourquoi n'êtes-vous pas allés voir le film ?
Horacio Salgán : Parce que je ne veux pas aller le voir lui et lui il ne veut pas aller me voir, moi (rires)
- Vous ne voulez vraiment pas être sérieux et me répondre ?
Horacio Salgán : Moi, j'aurais pu faire des tas de films, fût-ce des films courts, mais j'aurais pu faire beaucoup de choses. Mais non, ça ne m'a jamais intéressé. Je n'aime pas ça. Ça ne m'intéresse pas.
César Salgán : Et même quant on l'interviewait ou qu'il participait à une émission de télévision, il restait sur l'impression de ce qu'il avait fait mais il ne voulait pas le voir après. Si je lui dis : on va diffuser une émission avec toi à la télévision, il ne la regarde pas.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

[...]

C. N.: –¡Es igual, en todo! (Risas.) César dice que no quiere ver una actuación suya filmada, porque él tiene un recuerdo lindo de cómo sonó y cuando lo ve filmado nunca es igual, saca esa gloria de la memoria.
C. S.: –Lo que creo es que a veces uno arriba del escenario, como en cosas de la vida, siente ciertas emociones. Entonces a veces después de una actuación, uno se queda con que fue una noche mágica, por el público, por la música. Se queda con esa imagen y después por ahí ve el video, y no fue tan así como uno lo sintió. Entonces tengo miedo de arruinar un recuerdo.
–También podría suceder al revés...
C. S.: –Sí, pero hay muchos momentos que prefiero guardar como los viví y no volver a verlos. A él (Horacio) le pasó cuando grabó “Boedo”: pensó que había salido mal y no lo quería escuchar.
H. S.: –Tengo la imagen mía tocando el piano, que actuando fue horrible.
Página/12

Caroline Neal : Et c'est pareil pour tout ! [rires]. César dit qu'il ne veut pas voir un de ses spectacles à l'écran parce qu'il a un bon souvenir de la manière dont ça sonnait et quand il le voit à l'écran, ce n'est jamais pareil. Cela lui vole ce que le souvenir a de beau.
César Salgán : Ce que je crois, c'est que parfois on monte sur la scène, comme dans la vie, on ressent telles ou telles émotions. Et alors parfois, après le spectacle, on reste sur l'impression d'une nuit de magie, grâce au public, grâce à la musique. On reste sur cette impression-là et après on voit la vidéo et ce n'est pas comme ce qu'on a ressenti. Du coup, j'ai peur d'abîmer le souvenir.
- Le contraire pourrait aussi se passer...
César Salgán : D'accord, mais il y a plein de moments que je préfère garder tels que je les ai vécus sans les revoir. Pour lui (Horacio), ça lui est arrivé quand il a enregistré Boedo : il a cru que le résultat était mauvais et il ne voulait pas l'écouter.
Horacio Salgán : J'ai toujours cette impression de moi au piano, que je jouais et que c'était horrible.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

C. S.: –Cuando él grabó “Boedo” con la orquesta, en ese momento no se podía escuchar la grabación, había que esperar a que saliera el disco. Y él se quedó con la idea de que había una parte que no había tocado bien. Y no lo quiso volver a escuchar. Hasta que un día lo escuchó en un taxi y se dio cuenta de que no lo había tocado tan mal. Entonces sí, pueden pasar las dos cosas. Pero no estoy acostumbrado a verme, ni siquiera en fotos. Por ahí veo una foto mía en Facebook y la saco del muro, porque no la quiero ver. Imagínense en una película que habla de mí...
–¿Y la directora qué opina?
C. N.: –Filmamos durante tanto tiempo, tantas cosas y tantas horas de material y charla, y resulta que elegí pedacitos de todo eso. Y verlo después así, digamos, destilado a su esencia, tal vez sería una experiencia muy fuerte. Tal vez sería shockeante para dos personas tan reservadas.
Página/12

César Salgán : Quand il a enregistré Boedo avec son orchestre, à ce moment-là il ne pouvait pas écouter l'enregistrement, il fallait attendre que le disque sorte. Et il est resté avec cette idée qu'il y avait un endroit où il n'avait pas bien joué. Et il n'a pas voulu le réécouter. Jusqu'à ce jour où il l'a entendu dans un taxi et il s'est rendu compte qu'il n'avait pas joué si mal. Alors c'est vrai, les deux choses peuvent arriver. Mais je ne m'habitue pas à me voir, même en photo. C'est pour ça que si je vois une photo de moi sur Facebook, je la retire du mur parce que je ne veux pas la voir. Alors imaginez un peu un film qui parle de moi...
- Et la réalisatrice, elle en pense quoi ?
Caroline Neal : Nous avons tourné si longtemps, tant de choses et tant d'heures de pellicule et de conversation, et du coup, j'ai choisi des tout petits bouts de tout ça. Et le voir comme ça, après, disons distillé dans son essence, ce serait sans doute une expérience très forte. Sans doute ce serait un choc pour deux personnes aussi réservés.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

C. S.: –El hilo conductor de lo que ha sucedido, por ahí lo ha visto Caroline, pero nosotros no. Al contrario, nosotros nos preguntamos: ¿de dónde sacó una historia? Para mí somos dos tipos que viven encerrados, él escribiendo, yo tocando y otras cosas, pero no pasó más que eso. Si a mí me dicen que tengo que escribir un guión de todos esos años, lo escribo en dos renglones: yo en mi casa tocando y mi papá conmigo. Creo que la historia la ha visto Caroline. Por otro lado, recibo comentarios de gente que la ha visto y le ha gustado, y entonces me da mucha intriga de saber qué hizo Caroline con lo nuestro, para que resulte interesante para otros. Porque insisto, para nosotros es muy rutinario.
H. S.: –Y bueno, yo por ahí quiero verlo, pero con anteojos negros... (risas)
Página/12

César Salgán : Le fil conducteur de ce qui s'est produit, de ce côté-là, Caroline l'a vu, nous non. Au contraire, nous nous nous demandions : d'où est-ce qu'elle a sorti une histoire ? Pour moi, nous sommes deux types qui vivons enfermés, lui à écrire et moi à jouer et d'autres trucs, et il ne s'est rien passé de plus. Si on me dit à moi qu'il faut que j'écrive un scénario sur toutes ces années, je l'écris en deux lignes : moi à la maison en train de jouer et mon père à côté de moi. Je crois que l'histoire, c'est Caroline qui l'a vue. D'un autre côté, les gens qui ont vu le film me font des commentaires, il leur a plu et ça m'intrigue beaucoup de savoir ce qu'a bien pu faire Caroline avec nous pour que ça s'avère intéressant pour les autres. Mais en ce qui nous concerne, j'insiste, c'est vraiment de la routine.
Horacio Salgán : OK, moi, je veux bien aller le voir, mais alors les yeux bandés... (rires) (2)
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

–Les recomiendo la película. Vayan a verla.
H. S.: –¿Quién trabaja?
–Un tal Salgán.
H. S.: –Ah, sí... Me suena.
Página/12

- Je vous recommande ce film. Allez le voir.
Horacio Salgán : Il y a qui dedans ?
- Un certain Salgán.
Horacio Salgán : Ah oui... Ça me dit quelque chose.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)


Pour lire l'interview intégrale, cliquez ici.
Pour en savoir plus :
lire l'article de Clarín du 30 septembre 2015
lire l'article de La Nación du 30 septembre 2015 sur le documentaire
lire l'article de La Nación du 30 septembre 2015 sur Horacio Salgán et sa contribution dans le tango
lire la dépêche de Télam du 30 septembre 2015 avec bande-annonce du film
voir la fiche -encore embryonnaire- du film sur le site argentin Cine Nacional
Se connecter avec la page Facebook du film.



(1) Il est beaucoup plus fréquent en Argentine de parler en public de mi papá ou mi mamá dans des circonstances où l'usage francophone européen emploie père et mère. En Argentine, il ne s'agit pas d'un registre de langage enfantin ou réservé au cercle intime.
(2) Littéralement : avec des lunettes noires. En Argentine, anteojos negros, ce ne sont pas des lunettes de soleil (anteojos de sol) mais des lunettes aux verres obscurcis, pour priver de la vue celui qui les porte.

mercredi 24 juin 2015

Ce soir, Oratorio Carlos Gardel au Museo Mundial del Tango Horacio Ferrer [à l'affiche]

Filete du peintre Jorge Muscia pour Oratorio Carlos Gardel
Fonds de  la Academia Nacional del Tango

Ce soir, 24 juin 2015, la Academia Nacional del Tango célèbre les quatre-vingts ans d'immortalité de Carlos Gardel avec une projection unique d'un documentaire fiction qui date de 1990, l'année de la fondation de l'institution, et qui porte sur une œuvre profane conjointe de Horacio Salgán et Horacio Ferrer : Oratorio Carlos Gardel. La projection de ce soir prend place dans une semaine entière consacrée au souvenir du Zorzal criollo, qui a commencé lundi avec Quiero al Tango et continuera demain avec une autre soirée ouverte à tous.

outre les deux auteurs de l'oratorio, le compositeur et le poète, Desde el azul del cielo (tel est le titre du film) rassemble les danseurs Miguel Zotto, Osvaldo Zotto et Milena Plebs, ainsi que l'artiste peintre, Lulú Michelli, la femme de Horacio Ferrer, entre autres intervenants.

Le film reprend pour titre un vers de Alfredo Le Pera, décédé dans le même accident que Gardel, à Medellín, un vers extrait du tango El día que me quieras, écrit et composé pour le long-métrage musical homonyme, le dernier film tourné par Gardel à New York, l'année même de leur mort. Il n'était pas encore sorti lorsque l'accident survint sur cette piste d'aérodrome...

Desde el azul del cielo n'est jamais sorti dans aucun circuit commercial. C'est donc sa toute première projection publique.

Entrée libre et gratuite, un peu avant 19h30, au siège de la Academia Nacional del Tango, Palacio Carlos Gardel, premier étage, avenida de Mayo 833.

lundi 15 juin 2015

Hommage poétique à Horacio Ferrer, ce soir, au Palacio Carlos Gardel [à l'affiche]


Sous la conduite de Alejandro Marino, dix poètes rendront hommage ce soir au Maestro Horacio Ferrer, qui nous a quittés à la fin de l'année dernière : outre l'organisateur, participeront ce soir Roberto Selles, Ernesto Pierro, Matías Mauricio, Alejandro Szwarcman*, qui fait ainsi son grand retour à la Academia Nacional del Tango, Eugenio Mandrini, qui l'a rejointe l'année dernière, Bibi Albert, Héctor Negro*, Marcela Bublik* et Raimundo Rosales*.

Ce sera le second Plenario de Juin, Avenida de Mayo 735, au premier étage, à 19h30.

Comme c'est aussi l'anniversaire de Horacio Salgán, le président Gabriel Soria a choisi de prendre pour Tango Ritual A Fuego lento, dans un arrangement de José Carli, qui serait fait ce soir Académico de Honor, et sous la direction du chef d'orchestre classique Daniel Barenboïm.

Le Horacio Ferrer Eterno de ce soir sera Poemas a Picasso, un extrait de l'un de ses derniers recueils publiés de son vivant, Mil versos a Picasso (Ediciones del Soñador).

Le dúo Luna-Tobaldi occupera l'espace artistique de la soirée.

Entrée libre et gratuite comme d'habitude.


* Ces poètes sont également rassemblés, à côté de Horacio Ferrer, dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à traversle patrimoine littéraire du tango, que j'ai publié en 2010 chez Tarabuste Editions.

Horacio Salgán a 99 ans aujourd'hui [Troesmas]

Le dernier concert, édité par Melopoea Discos

Peu de médias en parlent mais c'est aujourd'hui l'anniversaire du Maestro Horacio Salgán qui s'est retiré de la scène il y a de nombreuses années maintenant et qui n'y est revenu, de manière exceptionnelle, en 2010, dans le cadre des célébrations du Bicentenaire au mois de mai.

Aujourd'hui, le Maestro fête ses 99 ans. ¡Felicidades, Maestro!

Horacio Salgán est considéré comme l'un des plus grands pianistes de l'histoire du tango. Il a aussi été l'un des tout premiers musiciens à refuser de se plier aux exigences de la milonga, qui dans sa jeunesse, donnait à manger aux musiciens : jusqu'en 1955, c'était la danse qui tirait l'ensemble du monde tanguero sur le plan économique. Ensuite, après le renversement de Perón et la fermeture des cabarets (1), la danse reflua et les évolutions techniques, en particulier l'arrivée de la sonorisation électrique, fit perdre à la danse ce rôle. Dès lors, jouer pour des auditeurs et non plus des danseurs apparut comme plus raisonnable et Horacio Salgán s'y tient en même temps que Astor Piazzolla, autre rebelle, imposait sa révolution esthétique et stylistique.

On trouve un hommage, avec vidéo intégrée, au grand maître sur le blog personnel de Leonardo Liberman, animateur radiophonique spécialisé sur les ondes de Radio Nacional.



(1) On aura l'occasion de parler de cet événement historique qui eut de si grandes conséquences jusque dans la vie culturelle argentine lors de l'Atelier littéraire du dimanche 28 juin 2015, à 14h, salle San Subra, au Festival Tangopostale à Toulouse.

lundi 5 mars 2012

Retour sur la soirée Salgán au Teatro Colón [à l'affiche]

Samedi, avait lieu à l'opéra de Buenos Aires une grande soirée d'hommage à Horacio Salgán à laquelle le Maestro n'a pas pu être présent pour des raisons de santé et que je vous avais annoncée la semaine dernière dans les colonnes de Barrio de Tango.

Le quotidien Página/12 en faisait ce matin un compte-rendu toujours très intéressant comme (presque) toujours.

Pour aller plus loin :

mercredi 29 février 2012

Hommage à Horacio Salgán au Teatro Colón [à l'affiche]

Au moment où Barrio de Tango va pouvoir sortir de sa très longue hibernation puisque j'ai pu tenir mes délais, presque au jour près, en mettant en ce moment même la dernière main à deux manuscrits sur les trois livres que j'ai mis en chantier cet automne (parution prochaine aux Editions du Jasmin) et à l'heure de la rentrée pour tout le monde en Argentine, voilà que m'arrive l'information d'une soirée d'hommage au Maestro Horacio Salgán au Teatro Colón, l'Opéra de Buenos Aires.

La soirée commencera à 20h30 ce samedi 3 mars 2012 et la liste de participants a de quoi laisser rêveur comme toujours dans ce genre d'événement exceptionnel, organisé pour l'occasion par le Ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires, dirigé par l'indéboulonable Hernán Lombardi, et le directeur du Festival de Tango, le Maestro Gustavo Mozzi. Excellente initiative !

L'orchestre fondé par Horacio Salgán sera dirigé par son fils, César, pianiste lui aussi (et qui ressemble à son père comme deux gouttes d'eau), et rassemblera ses bandonéonistes historiques, les Maestros Leopoldo Federico, Ernesto Baffa, Julio Pane, Juan José Mosalini (qui aura quitté Paris pour l'occasion) et Néstor Marconi. Se joindront à la fête un certain nombre de musiciens plus jeunes comme Carlos Corrales, Esteban Falabella, Juan Pablo Navarro, Lautaro Greco ou Nicolás Enrich. Il est peu probable que Horacio Salgán lui-même se mette au piano, il est en fait retiré depuis plusieurs années et ne fait plus que des apparitions rares sur scène mais on ne sait jamais. A 95 ans, le grand Maître en étonne encore plus d'un.

Au programme du concert, on annonce tout un répertoire de -ou arrangé par- Horacio Salgán, dont bien entendu l'inévitable A fuego lento, son morceau le plus célèbre, Recuerdo, Canaro en París, Gallo ciego, Ojos negros, Responso et une version qu'il n'a jamais enregistrée de La pulpería de Santa Lucía...

Le concert sera retransmis intégralement et en direct par la 2x4. Vous avez la possibilité de l'écouter par le streaming disponible sur le site Internet de la station, voir en Colonne de droite, la rubrique Ecouter, et faites attention au décalage horaire : Buenos Aires a 4 heures de moins que l'Europe atlantique. En revanche, si vous vivez au Canada, c'est peut-être plus confortable pour vous. Buenos Aires est dans le même créneau horaire que la côte est.

Sur place, à Buenos Aires, les places sont en vente au guichet du théâtre et sur son site Internet et leurs prix s'étalent de 10 à 60 $, ce qui est vraiment bon marché, comparé aux tarifs pratiqués par des salles plus petites et moins prestigieuses comme Clásica y Moderna ou le CC Torcuato Tasso pour des artistes de même pointure...

Pour aller plus loin :

lundi 29 novembre 2010

Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, recommandé sur France Musique et un extrait du disque Melopea en prime [ici]

Un grand merci au journaliste Jean-Louis Mingalon et le producteur et animateur Benoît Duteurtre pour la deuxième recommandation à l'antenne de mon livre, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin, cité ce week-end pendant l'émission Etonnez-moi Benoît, l'émission que la station de radio publique France Musique consacre à la musique qu'on dit légère pour désigner la variété, la chanson à texte, la musique de revue, l'opérette, la fantaisie, le cabaret etc. tous les samedis matin, entre 11h et 12h30, en direct (puis en différé en écoute à la demande sur le site).

A écouter dans la chronique tango de Jean-Louis Mingalon de ce samedi 27 novembre (en podcast jusqu'à vendredi 3 décembre puis en écoute à la demande jusqu'au 26 décembre sur le site de France Musique), au-delà de la liste impressionnante de livres, de disques et de DVD,tous relatifs au vrai tango argentin, que vous pouvez acheter :

Barrio de Tango, interprété par Nelly Vázquez et l'orchestre de Aníbal Troilo (ci-contre, en 1965, à la télévision). Le morceau est tiré du disque produit par Litto Nebbia pour Melopea Discos, le CD qui accompagne mon livre (collé en 3ème de couverture et offert naturellement avec le bouquin par les éditions du Jasmin)

Canaro en París, par Horacio Salgán dans un enregistrement extrait d'un disque distribué en Europe par le site Musicargentina.

et enfin, en hommage appuyé à Gisela Passi et Rodrigo Rufino, dont Jean-Louis estime qu'ils donnent le meilleur cours de tango existant à Paris (et je ne suis pas loin de partager son avis, même si on n'est pas aux Jeux Olympiques et qu'il est donc bien malaisé d'établir un classement aussi absolu que celui-là) : Agua Florida, dans une version chantée par Angel Vargas, avec l'orchestre de Angel D'Agostino, un des grands classiques de leurs cours (1)...

L'ensemble de l'émission et de la chronique est à écouter en priorité et en urgence pour dresser la liste de vos cadeaux de Noël et du Jour de l'An. Dépêchez-vous si vous voulez podcaster l'émission pour la garder sur votre ordinateur (la liste donnée par Jean-Louis Mingalon est suffisamment longue pour qu'elle puisse encore vous servir l'année prochaine et tout au long de 2011 pour les anniversaires et autres "occasions d'offrir") : les émissions de France Musique ne sont téléchargeables que pendant la semaine qui suit leur diffusion (donc en l'occurrence, pour celle-ci, samedi 4 décembre 2010, ce sera trop tard). Ensuite, l'émission reste disponible en écoute à la carte mais elle ne peut plus être téléchargée (légalement, en tout cas).

Ce numéro de samedi dernier avait pour sujet principal un hommage à deux grands découvreurs français de talents de la musique dite légère, la discrète et persévérante animatrice de télévision Denise Glaser, qui permit à de très nombreux grands noms de la chanson française de se faire connaître du public dans les années 60 et 70, et le producteur Eddie Barclay, un personnage haut en couleurs et dont on ignore souvent qu'il fut lui-même un fin musicien.

Et puis un secret entre nous (vous le gardez pour vous bien sûr, puisque vous le lisez sur Internet !) : ne ratez pas la prochaine chronique de Jean-Louis Mingalon, au début janvier 2011. Sauf chamboulement de programmation indépendante de sa volonté, comme on dit dans le métier, elle sera consacrée à une très, très, mais alors très grande voix du tango. Je ne vous dis pas plus, sinon que c'est une chronique qu'il ne faudra rater sous aucun prétexte ! (2)

Pour accéder à la page de l'émission Etonnez-moi Benoît, cliquez sur le lien
Pour accéder aux podcasts de France Musique, cliquez sur ce second lien.

Pour en savoir plus sur le contenu de mon livre, cliquez sur sa couverture dessinée par le fileteador Jorge Muscia avec une photo de Aurora Lubiz et Luciano Bastos (dans le haut de la Colonne de droite)
Pour savoir où et comment vous procurer le livre, consultez la rubrique Où trouver Barrio de Tango, donde conseguir el libro, to buy the book dans la Colonne de droite (à droite sur votre écran)
Pour en savoir plus sur Gisela Passi et Rodrigo Rufino, y compris les éléments de notre partenariat pédagogique et culturel, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Pour en savoir plus sur les chroniques tango de Jean-Louis Mingalon sur France Musique, cliquez sur ses initiales (JLM) dans le bloc Pour chercher.
Pour en savoir plus sur les échos donnés par les médias à la publication de mon livre, cliquez sur le mot clé media dans ce même bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

(1) Mon partenariat pédagogique avec Rodrigo et Gisela reprend cette semaine avec un travail pour le cours du mardi sur le tango Tú, el cielo y tú dont vous pouvez lire le texte et la traduction réalisée par mes soins sur leur site, à la rubrique Ecouter. Pour accéder au site de Gisela Passi et Rodrigo Rufino, rendez-vous dans la Colonne de droite de ce blog, à la rubrique Eh bien, dansez maintenant !, dans la partie inférieure, celle réservée aux liens vers les sites externes.
(2) Au cours de la chronique, Benoît Duteurtre suggère à Jean-Louis de consacrer une prochaine chronique aux pianistes de tango. On va donc se régaler en 2011 sur France Musique !

vendredi 22 octobre 2010

El Tangauta lance Tangauta TV sur Internet [à l’affiche]

La revue portègne El Tangauta, consacrée au tango en privilégiant très clairement la danse, les cours, les stages et les milongas, va lancer son projet de télévision sur le Web le samedi 30 octobre prochain en retransmettant, à partir de 22h, le dernier concert du 50ème anniversaire du Quinteto Real, avec les Maestros Horacio Salgán et Leopoldo Federico, en direct du Centro Cultural Torcuato Tasso.

Avec le décalage horaire Argentine-Europe (actuellement 5 h, puis 4 heures après notre passage à l'heure d'hiver) et le fait qu’on change d’heure précisément cette nuit-là en Europe atlantique, ça ne va pas être commode pour nous. Mais nos amis québécois auront plus de chance : ils sont dans le même fuseau horaire de Buenos Aires…

Si vous pouvez veiller jusqu’à cette heure tardive, ça en vaut sûrement la peine ! Le concert sera rediffusé le lendemain, dimanche 31 octobre, à la même heure difficile pour les Européens mais en France, en Belgique et dans certains cantons suisses, le lendemain est férié (pas en Argentine).

Voir mes autres articles sur l’événement tanguero de ce mois d’octobre, qui est aussi l’un des grands événements de l’année : mon article du samedi 16 octobre 2010 et celui publié le 18 octobre autour d’une revue de presse du week-end.

Et pour info, le numéro de novembre de la revue aura Amelita Baltar en couverture, Amelita Baltar qui vient à nouveau de faire le plein tous les samedis à Clásica y Moderna, avec Susana Rinaldi et Marikena Monti, et qui fut elle aussi une figure importante de cette année.

lundi 18 octobre 2010

Revue de presse sur les retrouvailles musicales ce week-end de Horacio Salgán et Leopoldo Federico au Tasso [à l’affiche]

L’événement était d’importance et il était fort attendu. Il était annoncé depuis le début du mois, ce qui est une anticipation considérable dans une ville aussi merveilleusement douée pour l’improvisation que Buenos Aires.

Pour fêter les 50 ans de la fondation du Quinteto Real, de Horacio Salgán et Ubaldo de Lío, Horacio Salgán et Leopoldo Federico devaient remonter ensemble sur scène au Centro Cultural Torcuato Tasso, à San Telmo, vendredi et samedi derniers. Et ils l’ont fait. Et ils doivent recommencer le week-end prochain et le suivant.

Photo Hernán Zenteno

La Nación avait annoncé ce grand rendez-vous des tangueros par un grand article paru le 9 octobre dernier où Mauro Apicella repassait la carrière de ces deux monstres sacrés en agrémentant son texte de quelques citations extraites d’une interview conjointe.

Clarín et Página/12 ont publié chacun leur article dans leur édition de vendredi (voir mon article du 16 octobre 2010 sur l’interview croisée des deux hommes dans Pagína/12), l’article digital de Clarín étant comme si souvent moins fouillé et moins nourri que celui de son concurrent pro-gouvernemental (c’est comme ça, j’observe).

Et La Nación est revenue sur les deux concerts, dans un article paru hier et à nouveau signé Mauro Apicella, un article qui raconte avec admiration et tendresse le rendez-vous de vendredi soir. A lire et à déguster à petites gorgées par tous les amoureux de leur musique, qui n’ont pas la chance de pouvoir aller les écouter là-bas, rue Defensa au numéro 1575… (Faites-vous aider par Reverso, le site de traduction en ligne dont vous avez le lien dans la rubrique Cambalache casi ordenado, dans la partie basse de la Colonne de droite. Un régal).

Et ce matin, à nouveau sous la plume de Karina Micheletto, Página/12 revient elle aussi sur ce retour en scène des deux troesmas, après un premier événement qui s’était produit cet automne, pendant les fêtes du Bicentenaire, au pied de l’Obélisque (voir mon article du 25 mai 2010 sur l’événement)… Extraits :

La celebración de los cincuenta años del Quinteto Real fue la excusa para que el pianista y el bandoneonista compartieran por un rato el escenario. “Shusheta”, “La llamó silbando” y el clásico “A fuego lento” marcaron un momento inolvidable para los amantes del tango.

Se habló de “momento histórico”, y la frase, que suele quedar grande, pretenciosa, soltada gratuitamente en tantas ocasiones, se ajustó esta vez a la realidad. Una pequeña multitud –tantas almas como lo permitió la capacidad del lugar– se reunió el viernes pasado para presenciar lo que iba a ser un acontecimiento, aquello que había corrido de boca en boca entre los amantes del tango: Horacio Salgán y Leopoldo Federico volvían a tocar juntos. Se reunían para celebrar los cincuenta años del Quinteto Real, otro hito del orden de lo extraordinario, por la dificultad de la continuidad en el género, por las características que Salgán imprimió a su conjunto, tan exquisitas como poco convocantes en un principio. Fue en el Centro Cultural Torquato Tasso, el local de San Telmo que suele ser escenario de las incursiones de Federico y del Quinteto Real. El fanatismo de los presentes, entre gritos, aplausos cerrados, entusiastas pedidos de bises y halagos tangueros al final, terminó de delinear lo que efectivamente quedará en el recuerdo como un momento histórico. La fiesta se repitió el sábado, y habrá más los próximos dos viernes y sábados de octubre. […]
Karina Micheletto, Página/12

La célébration des cinquante ans du Quinteto Real fut l’excuse qu’ont trouvée le pianiste et le bandonéoniste pour partager un moment sur scène. Shusheta (1), La llamó silbando (il l’a appelée en sifflant) et le classique A fuego lento (à feu dou) (2) ont marqué un moment inoubliable pour les amateurs de tango.

On a parlé de moment historique et la phrase, qui d’ordinaire est grandiloquente, prétentieuse, lâchée gratuitement à tant et tant d’occasions, était bien adaptée à la réalité cette fois. Une petite foule -autant d’âmes que le permettait la capacité de la salle- s’est réunie vendredi dernier pour assister à ce qui allait être un événement, celui qui avait couru de bouche à oreille parmi les amateurs de tango : Horacio Salgán et Leopoldo Federico jouaient à nouveau ensemble. Ils se réunissaient pour fêter les cinquante ans du Quinteto Real, autre morceau de choix dans l’ordre de l’extraordinaire, à cause de la difficile continuité dans le genre, à cause des caractéristiques que Salgán avait imprimées à son ensemble, aussi exquises que peu appréciées au début. Cela s’est passé au Centro Cultural Torcuato Tasso, l’endroit de San Telmo qui est le décor habituel des incursions de Leopoldo Federico et du Quinteto Real. Le fanatisme des personnes présentes, entre les cris, les applaudissements à tout rompre, les demandes enthousiastes de bis et les compliments tangueros de la fin, a fini par dessiner ce qui restera effectivement dans notre mémoire comme un moment historique. La fête a recommencé samedi et il y en aura encore les deux prochains vendredis et samedis d’octobre. […]
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :
Lire l’article de La Nación du 9 octobre 2010
Lire l’article de Clarín du 15 octobre 2010
Lire l’article de La Nación du 17 octobre 2010
Lire l’article de Página/12 du 18 octobre 2010

(1) Shusheta est un tango de Juan Carlos Cobián pour la musique (qui date des années 20) et Enrique Cadícamo pour le texte (qui date du début des années 40) et qui fait partie du corpus de tangos, valses, candombes et milongas que j’ai rassemblés dans le texte original et traduits en français dans Barrio de Tango, publié aux Editions du Jasmin (mai 2010, France). Il se situe à la page 72.
(2) La llamó silbando et A fuego lento sont deux tangos composés par Horacio Salgán. A fuego lento est considéré, à tort ou à raison, comme son œuvre la plus emblématique. C’est en tout cas la plus connue et la plus facilement identifiée avec son auteur dans le monde entier.

samedi 16 octobre 2010

Horacio Salgán et Leopoldo Federico fêtent les 50 ans du Quinteto Real au Tasso [à l'affiche]

Depuis hier et pour tous les vendredis et samedis soirs jusqu'à la fin du mois, à 22h, Horacio Salgán, pourtant retiré de la scène depuis plus de six ans, et Leopoldo Federico fêtent ensemble les 50 ans de la fondation du Quinteto Real au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo.

Aujourd'hui, César Salgán a repris dans le quintette la partie du piano tenue originellement par son père. Et il est lui aussi au Tasso pour la fête...


A cette occasion,le quotidien Página/12 a consacré la une de ses pages culturelles aux deux Maestrazos (maîtres des maîtres) et publié une interview croisée dont voici quelques passages en version bilingue comme toujours sur Barrio de Tango.

“Tengo los mejores recuerdos de mi vida al lado de Horacio –arranca–. Y ahora me ocurre esto, tan inesperado, cuando casi estoy en los finales de mi carrera. Volver a estar al lado de Horacio Salgán es un premio que no esperaba. Lo que menos me imaginé es que un día iba a subir a un escenario a tocar al lado de Salgán y de César, ¡a él lo conocí de pibito!”
Leopoldo Federico, Página/12

J'ai les meilleurs souvenirs de ma vie à côté de Horacio, commence [Leopoldo Federico]. Et maintenant qu'il m'arrive ça, qui est si inattendu, alors que je suis presque à la fin de ma carrière... Se retrouver à côté de Horacio Salgán, c'est un cadeau que je n'attendais pas. Et ce que j'avais imaginé le moins, c'est qu'un jour j'allais monter sur une scène pour jouer à côté de Salgán et de César... Lui, je l'ai connu tout moufflet !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Yo también me siento honrado con este reencuentro –devuelve gentilezas–. No todo el mundo puede interpretar: hay gente que toca muchas notas, pero es poco lo que interpreta. Leopoldo es uno de los pocos privilegiados capaces de ser intérpretes de las intenciones del autor de la obra, agregándole su personalidad, su arte. Hemos pasado hermosos momentos en mi orquesta y siempre se ha mantenido a través del tiempo una amistad basada en lo artístico, que continúa en lo personal.”
Horacio Salgán, Página/12

Moi aussi, je me sens honoré de ces retrouvailles, retourne [Horacio Salgán, en veine de gentillesses]. Ce n'est pas tout le monde qui peut interpréter : il y a des gens qui jouent beaucoup de notes mais il y en a peu qui interprètent. Leopoldo est un des rares privilégiés capables d'être des interprètes des intentions de l'auteur de l'oeuvre, en lui ajoutant sa personnalité, son art. Nous avons passé de beaux moments avec mon orchestre et une amitié, fondée sur l'art, s'est toujours maintenue au fil du temps et se prolonge sur le plan personnel.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Mi padre me dejó su lugar, ahora se lo voy a devolver, ¡y espero que sea para siempre! (risas). Vamos a darnos ese gusto, y va a ser un acontecimiento: lo que uno ha escuchado y aprendido durante años de la historia del tango podremos verlo en vivo. Arrancamos primero nosotros, el Quinteto de hoy, y después van a subir estos grandes para decir cómo se hace”
César Salgán, Página/12

Mon père m'a laissé sa place, maintenant je vais la lui rendre et j'espère que ce sera pour toujours (rires). Nous allons nous faire ce plaisir, et ça va être tout un événement : ce qu'on a écouté et appris durant des années au sujet de l'histoire du tango, nous pourrons le voir en direct. Nous démarrons les premiers, nous, le Quinteto d'aujourd'hui (1), et après, ce sont des vieux qui montent [sur scène] pour dire comme ça se fait.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Mi destino se empecinó en no dejarme parar [...]. Siempre aparece algo nuevo para comprometerme, y siempre está mi orquesta, once compañeros que son tan amigos que no quieren que desaparezca como institución. Y así van apareciendo compromisos de grabación, proyectos, que me tientan, me engolosino, y a pesar de mis problemas físicos, no quiero dejar de hacer algunas cosas. Eso sí: trataré de no pasar papelones. Ahora, al lado de Salgán, vamos a ver qué papelón hago...”
Leopoldo Federico, Página/12

Mon destin s'est entêté à ne jamais me laisser m'arrêter [...]. Toujours il arrivait quelque chose de nouveau da,ns quoi m'engager et il y avait toujours mon orchestre, onze collègues qui sont autant d'amis qui ne veulent pas qu'il disparaisse comme institution. Et c'est comme ça que viennent des engagements d'enregistrement, des projets qui me lient, je m'emballe, et malgré mes problèmes physiques (2), je ne veux pas arrêter de faire certaines choses. Alors oui, j'essayerai de ne pas tourner en ridicule sur scène. Maintenant, à côté de Salgán, on va voir quel crétin je fais...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Mi orquesta no era una orquesta fácil, es cierto. Pero no es que yo me proponga que mis tangos sean difíciles o fáciles, sino que he procurado ser absolutamente sincero en lo que hago, de manera de no estar pensando si voy a ganar mucha o poca plata [...] No he buscado ser popular o no popular: he querido ser honesto [...]. Todos los arreglos que hice a través del tiempo tienen algo en común: no son fáciles. Tampoco lo son las composiciones que tengo para piano, son tan difíciles que en el momento de ponerme a tocarlas yo mismo debo ponerme a estudiar. Si Dios me dio un talento para manejarme dentro de la música, el día que vaya a encontrarme con él, y me pregunte: ¿qué hiciste con el talento que te di? Creo que a Dios no le va a gustar que le diga: lo comercialicé.”
Horacio Salgán, Página/12

Mon orchestre n'était pas un orchestre facile, c'est sûr. Mais ce n'est pas mon propos que mes tangos soient difficiles ou faciles, c'est que j'ai tâché d'être absolument sincère dans ce que je fais, de sorte que je ne suis pas toujours là à penser si je vais gagner beaucoup d'argent ou pas beaucoup [...] Je n'ai pas cherché à être populaire ou non, j'ai voulu être honnête [...] Tous les arrangements que j'ai faits au fil du temps ont quelque chose en commun : ils ne sont pas faciles. Et pas plus les compositions que j'ai faites pour le piano. Elle sont tellement difficiles qu'au moment de me mettre à les jouer moi-même, il faut que je me mette à travailler. Si Dieu m'a donné un talent pour me débrouiller dans la musique, le jour où je vais le rencontrer, et qu'il me demandera qu'as-tu fais du talent que je t'ai donné ? Je crois que ça ne va pas lui plaire à Dieu ce que je vais lui dire : j'en ai fait du commerce.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

La suite est à lire sur Página/12, au besoin en vous aidant de la traduction en ligne de Reverso (lien dans la rubrique Cambalache casi ordenado, dans le bas de la Colonne de droite).

(1) César Salgán au piano, Carlos Corrales au bandonéon, Julio Peressini au violon, Juan Pablo Navarro à la contrebasse et Hugo Rivas, à la guitare.
(2) Le Maestro Leopoldo Federico, 83 ans, a des difficultés considérables pour marcher et pour se tenir debout. Des problèmes articulaires qui le font beaucoup souffrir. C'est connu parce que lorsqu'il est sur scène, on ne peut pas manquer de le remarquer.

mardi 10 août 2010

Interview vidéo du Maestro Horacio Salgán par El Tanguata [Troesma]

A voir et à écouter : huit minutes d’une interview du Maestro Horacio Salgán en espagnol, avec sous-titres en anglais (ah oui ! la passion du tango conduit à apprendre les langues !), postée sur You Tube par la revue argentine El Tanguata, pour faire suite à son numéro anniversaire de juillet 2010 (n° 189).

Le titre de la vidéo vous indique la présence de César Salgán, le fils du Maestro, interviewé avec son père dans l’édition papier. Mais sur la vidéo, vous ne verrez guère que son bras et vous saurez dès lors vers qui, de temps à autre, Horacio Salgán se tourne lorsqu’il cherche un mot ou une approbation…

Pour voir l’interview exclusive de Tanguata, cliquez sur le lien.
Pour lire mon article du 10 juillet 2010 sur ce numéro collector, n°189, de El Tanguata, cliquez sur le lien.

Dans la même série de vidéos postées par la revue portègne sur You Tube, vous retrouverez des clips tournés pendant les spectacles donnés pendant les célébrations du Bicentenaire, au pied de l’Obélisque à Buenos Aires, en mai 2010 (voir mes articles sur les célébrations du Bicentenaire argentin).

Vous pouvez accéder au site de la revue en cliquant sur son lien dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! en partie inférieure de la Colonne de droite de ce blog.