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mardi 26 mai 2020

« Vous dansiez ? Eh bien, écoutez maintenant » Solange Bazely qui vous parle de Carlos Gardel [ici]


Le titre n’est pas de moi, il est de Solange Bazely (qui l’a emprunté à Jean de La Fontaine -remarque à l’intention de mes lecteurs argentins).
Il semblerait donc que Barrio de Tango se mette ces jours-ci à l’heure de Carlos Gardel un mois avant le premier des deux jours où il est fêté en Argentine (le 24 juin et le 10 décembre). Hier, je mettais moi-même en ligne sur Dailymotion un atelier littéraire sur Mano a mano, en hommage à cet artiste natif de Toulouse. Aujourd’hui, je vous parle d’une autre spécialiste, qui est devenue une amie.


Dans le cadre de son ambitieuse série Si le tango m’était conté, Solange Bazely vous propose quatre conférences sur ce Toulousain « né à Buenos Aires à l’âge de deux ans et demi » comme il répondit à un journaliste au cours de cette dernière tournée dans laquelle il trouva la mort.

Elles auront lieu en visioconférence, via Zoom, demain, mercredi 27 mai à 19h et dimanche 1er juin à 11h pour les deux premiers modules où Solange exposera les faits de 1890 à 1923, l’année qui précède le premier voyage de Gardel en Europe au cours duquel il fit la connaissance de sa grand-mère maternelle, de son oncle et de ses cousins à Toulouse (1), et jeudi 28 mai à 19h et dimanche 1er juin à 17h pour les deux autres modules, pour examiner les faits qui se déroulent entre 1923 (l’année de Mano a mano) et sa mort tragique à Medellín, en Colombie, le 24 juin 1935.

Il s’agit de conférences payantes : chaque module dure 1h et coûte 4 €, payables par carte bancaire sur le site Culture Tango et peut être réservé jusqu’à une heure avant le début de l’événement.

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Solange Bazely est l’une des rares expertes françaises du tango. Elle parle couramment espagnol, ce qui n’est pas le cas de tous les spécialistes français auto-proclamés quand il s’agit de tango et d’Argentine. Elle a même étudié dans une des universités populaires qui prospèrent à Buenos Aires. Elle est d’ailleurs aujourd’hui invitée à [grande] distance par Luis Tarantino dans son émission de La 2x4, la radio publique todo tango qui dépend de la Ville Autonome de Buenos Aires.

Solange Bazely, quand elle salue Carlos Gardel en compatriote toulousaine

Solange
connaît Toulouse comme sa poche et propose également une visite de la Ville Rose "sur les pas de Carlos Gardel". Cette promenade culturelle reprendra le jeudi 11 juin 2020 à 15h en petit groupe pour respecter toutes les consignes sanitaires (masques, gel hydroalcoolique, gestes barrières). La visite, en partenariat avec l’Institut Cervantes de Toulouse, dure deux heures et coûte 15 €, avec réservation obligatoire en ligne jusqu’à trois heures avant le départ sur le site.

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En prévision du festival Tangopostale qui ne pourra pas se tenir cette année puisque tous les festivals d’été ont été annulés, Solange avait achevé la traduction d’un ouvrage sur les parolières contemporaines de tango, Mirada de mujer, de Vanina Steiner, qui devait venir de Buenos Aires le présenter avec elle à Toulouse. Vous pouvez découvrir ce livre sur Culture Tango.



(1) Carlos Gardel n’a jamais connu sa famille paternelle qui fait l’objet en Argentine d’une quantité impressionnante de théories plus ou moins romanesques et de beaucoup de fantasmes.

vendredi 5 décembre 2014

La Gran Milonga Nacional 2014 - Article n° 4000 [à l'affiche]

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Comme tous les ans depuis 2007, le week-end avant ou après le Día Nacional del Tango, le 11 décembre, jour anniversaire de la naissance de Carlos Gardel et de Julio De Caro, à quelques années d'écart l'un de l'autre, la Academia Nacional del Tango de la République Argentine, la Fédération patronale du tourisme, de l'Hôtellerie et de la Gastronomie de la République Argentine et l'Union syndicale des travailleurs du Tourisme, de l'Hôtellerie et de la Gastronomie de la République Argentine s'associent, à l'initiative du Maestro Horacio Ferrer, pour organiser sur une large section de Avenida de Mayo la Gran Milonga Nacional, en plein air, sous les frondaisons et les illuminations de Noël.

Cette année, la manifestation se reproduit également à Bogotá, en Colombie, le pays où Carlos Gardel a trouvé la mort le 24 juin 1935.

La 2 x 4, radio publique portègne consacrée entièrement au tango, retransmettra l'événement en direct.

La Gran Milonga Nacional se tiendra donc ce samedi 6 décembre 2014, à partir de 20h et jusqu'à 3h du matin, entre la rue Perú et la Avenida 9 de Julio, sur Avenida de Mayo qui sera pour l'occasion piétonisée.

Trois scènes seront montées au long du parcours, pour un bal avec de la musique vivante.

Cinquante musiciens, chanteurs, formations diverses participeront à cette fête d'accès libre et gratuit.

Ajout du 7 décembre 2014 :
lire le reportage de La Nación paru ce dimanche matin.

mercredi 29 février 2012

Hommage à Horacio Salgán au Teatro Colón [à l'affiche]

Au moment où Barrio de Tango va pouvoir sortir de sa très longue hibernation puisque j'ai pu tenir mes délais, presque au jour près, en mettant en ce moment même la dernière main à deux manuscrits sur les trois livres que j'ai mis en chantier cet automne (parution prochaine aux Editions du Jasmin) et à l'heure de la rentrée pour tout le monde en Argentine, voilà que m'arrive l'information d'une soirée d'hommage au Maestro Horacio Salgán au Teatro Colón, l'Opéra de Buenos Aires.

La soirée commencera à 20h30 ce samedi 3 mars 2012 et la liste de participants a de quoi laisser rêveur comme toujours dans ce genre d'événement exceptionnel, organisé pour l'occasion par le Ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires, dirigé par l'indéboulonable Hernán Lombardi, et le directeur du Festival de Tango, le Maestro Gustavo Mozzi. Excellente initiative !

L'orchestre fondé par Horacio Salgán sera dirigé par son fils, César, pianiste lui aussi (et qui ressemble à son père comme deux gouttes d'eau), et rassemblera ses bandonéonistes historiques, les Maestros Leopoldo Federico, Ernesto Baffa, Julio Pane, Juan José Mosalini (qui aura quitté Paris pour l'occasion) et Néstor Marconi. Se joindront à la fête un certain nombre de musiciens plus jeunes comme Carlos Corrales, Esteban Falabella, Juan Pablo Navarro, Lautaro Greco ou Nicolás Enrich. Il est peu probable que Horacio Salgán lui-même se mette au piano, il est en fait retiré depuis plusieurs années et ne fait plus que des apparitions rares sur scène mais on ne sait jamais. A 95 ans, le grand Maître en étonne encore plus d'un.

Au programme du concert, on annonce tout un répertoire de -ou arrangé par- Horacio Salgán, dont bien entendu l'inévitable A fuego lento, son morceau le plus célèbre, Recuerdo, Canaro en París, Gallo ciego, Ojos negros, Responso et une version qu'il n'a jamais enregistrée de La pulpería de Santa Lucía...

Le concert sera retransmis intégralement et en direct par la 2x4. Vous avez la possibilité de l'écouter par le streaming disponible sur le site Internet de la station, voir en Colonne de droite, la rubrique Ecouter, et faites attention au décalage horaire : Buenos Aires a 4 heures de moins que l'Europe atlantique. En revanche, si vous vivez au Canada, c'est peut-être plus confortable pour vous. Buenos Aires est dans le même créneau horaire que la côte est.

Sur place, à Buenos Aires, les places sont en vente au guichet du théâtre et sur son site Internet et leurs prix s'étalent de 10 à 60 $, ce qui est vraiment bon marché, comparé aux tarifs pratiqués par des salles plus petites et moins prestigieuses comme Clásica y Moderna ou le CC Torcuato Tasso pour des artistes de même pointure...

Pour aller plus loin :

jeudi 1 septembre 2011

Mes passages à la radio et à la télévision... à Buenos Aires [à l'affiche]

Le dimanche 4 septembre, entre 20 et 22h, il est prévu que je passe à l'antenne de La 2 x 4, la radio publique de Buenos Aires consacrée entièrement au tango (et donc vous avez le lien dans la rubrique Ecouter de la Colonne de droite). L'émission, Tango en el Mundo, est celle de Diego Rivarola, Directeur de la Musique de la Ville Autonome de Buenos Aires...

Un grand merci à Jacqueline qui a pesé de tout son poids pour cette réalisation..

Le même jour, l'émission de Nolo Correa, Hablando de Arte, diffusera, cette fois-ci à la télévision par câble, l'interview que j'ai enregistré mardi dernier, dans le studio glacé installé à Ave Tango (La Boca). L'émission passera dimanche 4 septembre 2011 à 17h30, heure de Buenos Aires, sur Canal Metro (qui appartient au puissant groupe de presse Clarín) et sera disponible ensuite sur Internet pendant 7 jours, sur le site Internet de Hablando de Arte.

Ces interventions sur les ondes et le câble sont liées à la présentation de mes deux anthologies bilingues de tango argentin, publiée en France respectivement en mai 2010 pour Barrio de Tango (ed. du Jasmin) et en janvier 2011 pour Deux cents ans après (Tarabuste Editions, Revue Triages).

dimanche 13 décembre 2009

Re-Nelly Omar à la Esquina Homero Manzi [à l'affiche]

Photo Página/12 (avril 2009)

Après le grand concert en plein air de vendredi soir, sur Plaza de Mayo, à l'occasion de la Fête Nationale du Tango (voir mes articles sur el Día Nacional del Tango), la grande chanteuse Nelly Omar revient ce soir, dimanche 13 décembre 2009, à 20h, à la Esquina Homero Manzi, esquina San Juan y Boedo.
Elle sera accompagnée de ses guitaristes. La soirée sera présentée et commentée par Lionel Godoy, l'un des animateurs de la radio publique 100% de Buenos Aires, la 2 x 4 (voir le lien dans la Colonne de droite, rubrique Ecouter).

Pour aller plus loin :
accéder à l'ensemble des articles concernant Nelly Omar dans Barrio de Tango, en cliquant sur son nom, soit dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessous, ou dans la rubrique Vecinos del Barrio (habitants du quartier) dans la Colonne de droite.

jeudi 10 décembre 2009

Lucrecia Merico sur la 2 x 4 à 16h et Cucuza sur AMTango à 18h [Denière minute]

Sur la 2x4, la radio publique de Buenos Aires, Lucrecia Merico et Aida Stamponi parleront de Berretín (marotte), leur prochain spectacle prévu pour 2010, vers 16h (c'est-à-dire dans quelques minutes).

Quant à Cucuza, il sera lui sur AMTango dans Un encuentro con amigos de 18h à 19h. Il parlera des deux ans de son cycle El tango vuelve al Barrio qu'il anime au Café El Faro de Villa Pueyrredón presque tous les vendredis, comme le savent les fidèles lecteurs de Barrio de Tango.
Dans la même émission, qui célèbre avec quelques heures d'avance le Día Nacional del Tango, vous entendrez le Directeur de la Musique de la Ville de Buenos Aires, Diego Rivarola, qui parlera des projets du Gouvernement de la Ville de Buenos Aires en matière de politique de promotion de la musique.
Pour écouter : les deux radios sont accessibles à travers des liens placés dans la rubrique Ecouter, dans la partie basse de la Colonne de droite. Elle disposent toutes deux d'un streaming pour faire entendre leur programme jusqu'au bout du monde en direct.

samedi 11 juillet 2009

Día Nacional del Bandoneón [Coutumes]

Esquina Troilo y Corrientes à Buenos Aires

Ce mural n'a rien d'un chef-d'oeuvre au sens académique du terme. Mais quand vous marchez sur Corrientes et que vous tombez dessus, je vous mets au défi de ne pas sentir une immense émotion vous envahir devant l'expression d'admiration et de tendresse qu'il contient... Sur le côté, sur fond orange, un texte d'hommage en très mauvais état, malheureusement. Sur le côté, sur le mur gris, sous le nom de la rue (qui est la rue Troilo), une plaque fileteada signée du Maestro Luis Zorz...


Depuis 2006, par une loi votée par le Sénat de la nation argentine, le 11 juillet est consacré fête nationale du Bandonéon. Parce que le 11 juillet 1914 est né dans le quartier de l'Abasto celui que le poète Julián Centeya a qualifié de Bandoneón Mayor de Buenos Aires, Aníbal Carmelo Troilo, dit Pichuco.
Aujourd'hui, beaucoup des manifestations qui étaient prévues pur cette occasion ont été annulées parce que la grippe A a fait fuir les spectateurs et que théâtres et salles de concert ont préféré fermer leurs portes pour une à trois semaines selon les établissements. D'habitude, il y a une floraison de concerts, de manifestations gratuites, de conférences, un peu partout et pas seulement à Buenos Aires mais dans tout le pays... C'est aujourd'hui le premier Día Nacional del Bandoneón pour Barrio de Tango, qui fêtera son premier anniversaire dans 8 jours, et au lieu du gros gâteau que j'espérais pouvoir vous offrir aujourd'hui, ce blog fait dans le régime minceur...
C'est comme ça (la vida es así, comme dit un célèbre tango de Juan D'Arienzo), ce sera mieux l'année prochaine, quand tout le monde aura fait le plein d'anticorps grâce à cette année ou grâce au vaccin, dont sans doute nous aurons, nous, les nordistes, la chance de bénéficier alors que le virus a pris de court l'industrie pharmaceutique pour l'hémisphère sud.
Le concert prévu aujourd'hui au Trastienda Club à San Telmo est maintenu (lire mon article d'il y a quelques jours sur ce spectacle). A Leopoldo Federico, Walter Ríos, Julio Pane et Juan José Mosalini qui étaient déjà annoncés depuis plusieurs semaines, se joindra aussi ce soir Néstor Marconi.
La 2x4, sur laquelle passent en boucle des messages de prévention pour la gripe humana AH1N1 (1), présente une programmation spéciale toute la journée mais tout particulièrement de 15h à 17h (heure de Buenos Aires), où la station passera essentiellement des enregistrements de grands bandonéonistes de l'histoire du tango, et Dieu sait s'il y en a eu...

Ce soir, à 21h (toujours heure locale), le Gran Concierto du samedi sera celui que Pichuco donna au Teatro Colón en 1972. C'est un peu tard pour les Européens (heure de Paris) ! Mais si vous aimez veiller ou si vous êtes insomniaque, vous auriez tort de vous priver.
Pour en profiter, dans la Colonne de droite, dans la rubrique Ecouter, en partie basse, celle consacrée aux liens externes, vous trouverez le site de la 2 x 4, la radio publique de Buenos Aires consacrée 100% au tango et au bon. Ouvrez le site et cliquez sur le cartouche En vivo. Le site vous basculera alors sur un streaming à écouter sur Windows Media Player. Pour calculer l'heure où il faut vous connecter, vous avez le décalage horaire actuel entre Paris (Bruxelles, Lausanne, Madrid...) et Buenos Aires, en partie médiane de la Colonne de droite, dans la rubrique Buenos Aires : infos pratiques.

Je vous fais travailler en vous renvoyant à cette rubrique au lieu de vous donner simplement le décalage parce que Buenos Aires est régie par une heure d'hiver et une heure d'été comme l'Europe et comme je sais d'expérience que cet article pourra être lu dans plusieurs mois...
Comme on est au jour du Bandonéon, voici, grâce à Todo Tango, comme d'habitude, Che Bandoneón, composé par Pichuco et écrit par son grand ami, son presque frère, Homero Manzi, un des plus grands poètes parmi les pères du genre.
Et comme c'est bien le bandonéon qu'on célèbre aujourd'hui, voici A Pedro Maffia, toujours de Aníbal Troilo, dans une interprétation de 1953, par le Cuarteto Troilo-Grela, avec le bandonéon du premier et la guitare du second.
Pedro Maffia était un des tout premiers bandonéonistes du tango, il vient juste après Eduardo Arolas sur lequel il prend le pas par sa technique beaucoup plus brillante. Il était un des musiciens préférés du père de Astor Piazzolla, celui qu'il lui montrait toujours en exemple, à New York, quand le gamin, lui, rêvait de jouer de la musique yankie à l'harmonica. Mais c'est le père qui l'a emporté tout de même, beaucoup plus tard, très loin de New York et de Buenos Aires et de Mar del Plata, un jour de 1955, à Paris, dans le secret d'une conversation entre le professeur de composition classique Nadia Boulanger et son élève, Astor Piazzolla, venu dans la capitale française avec une bourse pour étudier la composition pour... quatuor à cordes ! C'est Nadia Boulanger qui renvoya au tango un Piazzolla enfin réconcilié avec cette musique qu'il avait cru quitter pour toujours en 1949... Merci à elle.

Et comme c'est la fête et la première pour Barrio de Tango, ce tango-là, du tandem Troilo-Manzi : Barrio de Tango.
Enfin, bien sûr, comment ne pas faire une place à Astor Piazzolla, qui fut l'un des bandonéonistes de l'orchestre de Troilo, l'un de ses meilleurs arrangeurs et un ami très proche... On peut écouter Triunfal, ce tout premier tango qu'il avait composé du temps où il jouait dans l'orchestre de Pichuco et qu'il joua au piano à Nadia Boulanger, ce qui lui valu cette réponse lumineuse (en anglais) : "Mais pauvre malheureux, vous ne voyez donc pas que c'est ça, Astor Piazzolla !". Ici par l'ensemble de Fernando Suárez Paz, le dernier violoniste de Piazzolla, aujourd'hui l'un des meilleurs gardiens de son répertoire et de son style interprétatif.

Et puisque les fêtes c'est aussi fait pour être vécu entre amis, pour Carlos Carrizo, journaliste, photographe et grand connaisseur de l'oeuvre et de la carrière de Astor Piazzolla (voir mon article sur son livre sur le grand compositeur) : Fracanapa ! Carlos adore ce morceau...

Et celui qui manquera à la réunion du Trastienda Club ce soir, un autre grand bandonéoniste et grand arrangeur de l'orchestre de Pichuco, entre 1963 et 1975 : Raúl Garello... Ici interprétant Soñar por la ciudad (rêver à travers la ville), de sa propre composition, sur un poème de son frère aîné, Rubén Garello (malheureusement décédé il y a quelques années)...

Cet article est dédié à Francisco, Juan Carlos et Edith Torné...

(1) Ils sont plutôt bien faits, d'ailleurs, ces messages. Mais il y a en dessous un machisme qui s'ignore et pourtant il se voit comme le nez au milieu de la figure. Vous remarquerez que dans tous les messages (et il y en a un bon paquet), c'est une femme qui pose les questions, qui sont les questions que tout le monde se pose, et c'est toujours un homme qui répond. Le savoir pourrait-il résider ailleurs que du côté de la barbe ? Quant à l'ignorance, elle est femme, c'est bien connu ! En espagnol aussi, el saber y la ignorancia...

samedi 28 mars 2009

Un nouveau lieu de partage du tango pour le chanter et pour le danser [à l'affiche]



La chanteuse Alicia Pometti a trouvé refuge au premier étage de la tanguería Taconeando, de la rue Balcarce 725 (cette rue se situe dans la zone limitrophe entre les quartiers de San Telmo et de Monserrat, et elle est du côté Monserrat). L'affaire se passe tout les vendredi de 22h à 3h du matin et ça a commencé hier. On y chante, on y danse, on partage sa passion pour le tango, dans ce qu'il a de plus surprenant sans doute pour nous, les Européens, cette dimension de communion culturelle comme un rite religieux authentique (on n'a rien de semblable chez nous).

Les organisatrices sont Alicia Pometti, Graciela Raffa et Mabel Simoncini. Ces deux dernières sont bien connues des radiophiles tangueros, puisqu'elles assurent la programmation musicale de plusieurs tranches horaires en semaine sur les ondes de la 2x4, la radio publique de Buenos Aires consacrée entièrement au tango et que vous pouvez découvrir grâce au lien qui y mène dans la rubrique Ecouter de la Colonne de droite).

Le guitariste Tony Gallo assure l'accompagnement musical pour Alicia Pometti et les autres personnes de l'assemblée qui veulent chanter (les Portègnes chantent beaucoup plus facilement que les Français, ils n'hésitent pas à monter sur la scène ou sur la petite estrade qui en tient lieu et à s'emparer du micro. Et alors ils chantent très bien. Ce n'est pas du karaoké ! C'est du vrai chant, avec le coeur et les tripes, de la part des hommes comme des femmes).

Alicia Pometti a sorti un disque chez Melopea, Tango Azul : 13 pistes de grands classiques pour la plupart; à part le dernier morceau, Candombe para Gardel, pas vraiment très connu. Le disque est actuellement disponible. La boutique en ligne de Zivals vous permet même d'en écouter 30 secondes de chaque piste avant de vous décider. Ce disque, comme tous ceux inscrits au catalogue de Melopea, sera aussi d'ici quelques mois facilement accessible directement via le site de la maison de disques. En effet, pour les 20 ans de Melopea, le site est en train de se refaire une beauté (voir l'article de décembre dernier). Donc un peu de patience, s'il vous plaît. C'est très coquet, un Portègne, même virtuel et dématérialisé (on ne se refait pas) et la pinta, c'est un must social (1).

Tony Gallo est guitariste et compositeur, il a assez souvent accompagné Las Minas del Tango Reo et l'une des deux chanteuses, Lucrecia Merico, désormais familière de ce blog depuis un premier article sur Tango sin Grupo, le spectacle qu'elle a montée avec Cucuza (voir l'article sous ce lien). En revanche, pour sa consoeur Alicia Pometti, c'est la première fois que Barrio de Tango mentionne son nom.
Et des premières, il y en aura encore un paquet cette année dans ces colonnes. Le puit de tango des artistes portègnes n'est pas près d'être épuisé...

(1) La pinta, c'est un mot de lunfardo qui veut dire l'élégance, le chic, la tenue qui en jette, l'allure qui éblouit (pas grand-chose donc à voir avec le mot presque argotique de dégaine ou celui de sappe, qui ne sont pas toujours très laudatifs). Et parce que la pinta fait partie des critères auxquels la culture portègne attache beaucoup d'importance (et la capacité de parler, d'avoir la langue bien pendue aussi), j'ai choisi ce mot et ces deux notions pour le titre de ma rubrique sur les spécificités des langages oraux ou populaires en Argentine et en zone francophone : Jactance & Pinta (comme ça, le &, vous le lisez "y" ou "et"). Voir l'article de juillet 2008 où j'explique ces deux termes.

mardi 3 mars 2009

Grilles de rentrée [radio]

Avec la rentrée des classes, la vie ordinaire reprend son cours à Buenos Aires. Les radios se mettent, elles aussi, en ordre de marche pour l’année.

Sur la 2x4, la radio publique 100% tango de la Ville de Buenos Aires, la nouvelle grille des programmes reprend quelques classiques de l’année dernière : El aperitivo de Luis Tarantino le soir en semaine (18h-20h) (1), La noche con amigos de Lionel Godoy juste derrière (20h à minuit), Historias en modo mayor de Diego Fischerman le samedi de 19h à 21h suivi du traditionnel Concierto de la 2x4 de Luis Tarantino (qui diffuse des grands concerts historiques de semaine en semaine, un régal peu accessible toute fois de ce côté-ci de l’Atlantique : c’est vraiment très, très, très tard pour nous !).
Le dimanche, l’émission interactive Ranking porteño (le hit-parade du tango de tous les temps) reprend du service de 14h à 18h et dans la nuit, on part guincher avec Sacando viruta al piso, de Zully Pinto ("arracher un copeau au parquet"... sous entendu à force de danser, c’est une expression toute faite qui décrit la passion que les Portègnes quand ils passent toute la nuit à danser). Le dimanche matin, mon émission préférée a disparu (Tangos y Libros, de Antonio Carrizo, un grand parmi les grands mais plus tout jeune et qui a eu de grosses alertes de santé l’année dernière). A la place de cette somptueuse émission hyper-culturelle au ton chaleureux et cordial, on trouvera quelque chose qui n’est pas mal non plus : Plumas, bikinis y Tango, de Rómulo Berruti, le dimanche matin de 10h à 13h.

Sur cette grille 2009, quelques titres nouveaux sont apparus qu’il faudra tester : A la luz del día de Edgardo Aronín, le matin en semaine (6h à 9h), Chamuyando (tailler une bavette) de Raúl Urtizberea et Mario Sapag juste après (jusqu’à midi) et Desde el alma (titre d’une très belle et très célèbre valse de Rosita Melo), animé par Anselmo Marini à l’heure du déjeuner (midi-2h de l’après-midi). Le samedi, à des heures accessibles pour nous, en Europe occidentale, il faudra écouter Talento con T de Tango de Oscar Lemos de 10h à 13h et Milonga solidaria par Mario Burgos (de 14h à 15h) dont je me demande ce qui se cache sur ce titre inattendu... "A ver", comme on dit là-bas (voyons voir !).

Le site de la 2x4, toujours en construction depuis le changement de majorité politique à Buenos Aires, en décembre 2007, s’apprête, semble-t-il, à proposer des podcasts et des documents audio à télécharger. On attend avec impatience, surtout nous, les auditeurs du bout du monde, handicapés par le décalage horaire.

Radio Sentidos, radio culturelle patchwork par Web, a elle aussi modifié sa grille.

ADN Tango de Claudio Tagini (produit par Marta Iglesias) reste le jeudi mais change d’heure (19h et non plus 18h). Mais ce n’est pas très grave : sur Radio Sentidos, toutes les émissions sont disponibles 24h sur 24 pendant une semaine après leur diffusion en direct. A souligner la disparition (hélas) de l’autre émission de Claudio (Protagonistas de la cultura barrial) et l’apparition de Nuestro Mundo Tango de Romina Verón et Carlos Sosto (un talkshow de tout ce qui gravite autour du tango dans la capitale argentine : artistes, producteurs, éditeurs, libraires, disquaires, directeurs de salles de spectacles, patrons de milongas, artisans chausseurs ou marchands de vêtements pour le bal) et Araca Tango (22 v’là le tango qui rapplique !) de Juan Ronchi (je n’ai pas encore pu écouter cette émission, je ne peux pas encore vous en dire grand-chose...) et enfin Dos por cuatro (du tango non stop).

Nuestro Mundo Tango a sa première diffusion le vendredi à 18h, Araca Tango juste après (vendredi 19h) et Dos por Cuatro le dimanche à 10h.

Sur le même site, le jeudi à 18h (l’ancien créneau de ADN Tango) c’est le nouvel horaire de Ecos de la voz, l’émission animée par Marta Iglesias.

Emissions connexes qui peuvent intéresser les lecteurs de Barrio de Tango : Rock nacional, du lundi au vendredi à 8h (émission écoutable pendant 24h), Clásica (du lundi au vendredi à 6h), Uruguayos (les Uruguayens) le mercredi à 18h (l’image de tambour que l’on chauffe au feu pour les accorder avec le début du défilé de candombe), Folklore, le mercredi à 19h, Guitarras le samedi à 20h...

Vous n’allez plus savoir où donner de l’oreille...

*~*~*~*~*

Pour les internautes qui cherchent "comment écouter du tango", "de la musique de tango", "du tango moderne", "du tango contemporain", "du tango d’aujourd’hui", du "tango authentique", du "tango pas trop touristique", "gratuitement", "à l’oeil", "sans payer" (pour ne citer que quelques unes des formules que je vois défiler sur les moteurs de recherche), Barrio de Tango offre dans ses articles (rubriques Radio et Disques & Livres) plein d’informations en français sur les bons sites à enregistrer dans vos favoris.

De plus, sur la droite de votre écran, vous trouverez une liste de liens, classés thématiquement.
Les sites de radios se trouvent dans la rubrique Ecouter. Ces sites diffusent tous du tango argentin gratuitement, soit sous forme de streaming, soit sous forme de podcast.
Le streaming diffuse une musique non reproductible : vous êtes donc obligés de rester à portée d’oreille de votre ordinateur, avec ou sans Wi Fi. Les podcasts sont, quant à eux, téléchargeables et transposables sur votre lecteur Mp3 et vous permettent d’aller faire un footing ou une balade "al compás del 2x4" (au rythme du 2x4).
Les radios gratuites diffusant en continu s’appellent : la 2x4, FM Tango, les radios de 10tango (voir plus bas).
Todo Tango n’est pas une radio mais un site encyclopédique doté d’une audiothèque extraordinairement riche (met à disposition de la musique non téléchargeable, garantie 100% qualité extra). Vous trouvez aussi Todo Tango, un peu plus haut dans la Colonne de droite, dans la rubrique Les institutions, car c’en est une.

Dans cette même rubrique, Les institutions, vous avez libre accès à quelques morceaux d’anthologie de Carlos Gardel en cliquant sur le lien du Museo Casa Carlos Gardel (le musée installé dans la dernière maison habitée par Carlos Gardel et sa mère à Buenos Aires, rue Jean Jaurés 735).

Dans la rubrique Ecouter, à l’intention des internautes avides de musique de tango argentin à se mettre dans l’oreille, j’ai récemment ajouté la page rassemblant les 4 radios en streaming continu de 10tango. Sur cette page (le lien est direct et vous évite de chercher vous-même), 10tango propose une radio consacré à l'ensemble du répertoire de tango argentin, tous musiciens, toutes époques, une autre consacrée exclusivement à la musique d’Astor Piazzolla, une autre qui ne diffuse que Carlos Gardel. Les trois radios vous indiquent quel morceau est à l’écoute dans la fenêtre du lecteur audio. Tout cela est actuellement (3 mars 2009) gratuit d’accès avec n’importe quelle connexion haut-débit.

Deux autres sites proposent quelque chose qui se situe entre le streaming en continu et le podcast : des émissions non téléchargeables mais ré-écoutables à volonté dans un délai limité mais raisonnable. Il s’agit de Radio Sentidos, dont je viens de vous donner la grille (rubrique Ecouter), et de Noticia Buena, dans la rubrique Cambalache (casi ordenado).
Pour en savoir plus, se reporter aux articles de Barrio de Tango rassemblés sous le mot-clé radio (dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, en dessous du titre).

Les podcasts, gratuits eux aussi, sont aussi dans la rubrique Ecouter : il s’agit de l’émission Fractura Expuesta (les émissions hebdomadaires sont à écouter en direct le lundi à 22h, heure locale ! puis à télécharger sans limite de temps manuellement) et de l’émission de Tango City Tour (les numéros hebdomadaires sont téléchargeables manuellement sans limite de temps sur le site et disponibles aussi par voie d’abonnement via iTunes ou autre système d’abonnement podcast).

N’oubliez pas non plus les sites des artistes eux-mêmes : la plupart d’entre eux disposent de plusieurs morceaux en écoute intégrale et certains mêmes ont mis de la musique téléchargeable par morceaux entiers. Les liens avec les sites des artistes, musiciens, chanteurs, groupes, auteurs-compositeurs et poètes sont rassemblés dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales (cliquez sur ce lien pour comprendre le sens de cet intitulé... C’est un jeu de mot avec des manières de parler typiquement argentines). Même les poètes ont mis de la musique sur leur page My space ou leur site !

Pour en savoir plus en français sur ces artistes argentins ou uruguayens, voyez leur actualité à travers les articles de Barrio de Tango par le mot-clé Affiche (le raccourci A l’affiche dans la Colonne de droite) ou les raccourcis Les musiciens et Les chanteurs. Vous pouvez aussi taper le nom qui vous intéresse dans le moteur de recherche interne (tout en haut à gauche).

La Colonne de droite s’enrichit au fur et à mesure que mes contacts en Argentine me signalent des émissions, des radios, des sites d’artistes intéressants. Il peut donc être utile de jeter de temps en temps un coup d’oeil sur le contenu évolutif de cette colonne et/ou de s’abonner à la Gazette (en français) ou à la Gacetilla pour ceux qui préfèrent la langue de Cervantes à celle de Molière. Gazette et Gacetilla sont des newsletters envoyées par mail mensuellement et dans lesquelles je tiens mes lecteurs au courant des nouveautés de mon site et des points forts du mois.

Voilà ! Maintenant je crois que vous disposez de tout ce qu’il faut pour passer une bonne année 2009 toute en tango argentin.

(1) Dans cet article, toutes les heures sont données en horaire local. Voir le décalage horaire entre Buenos Aires et l’Europe occidentale dans la Colonne de droite, Buenos Aires : Infos pratiques.

samedi 29 novembre 2008

La Gran Milonga Nacional [à l'affiche]




La Gran Milonga Nacional sera retransmise en direct sur la 2x4 (site).

Pour accompagner la fête nationale du tango (Día Nacional del Tango, on y reviendra), qui a lieu tous les 11 décembre, la Academia Nacional del Tango, sur une initiative de son président, Horacio Ferrer, fait organiser, pour la deuxième fois cette année, la Gran Milonga Nacional, un grand bal gratuit, à l'air libre et en pleine rue mais pas n'importe laquelle : la avenida de Mayo, celle qui relie le Congrès, le palais des Parlementaires, et la Casa Rosada, le siège de la Présidence de la République et du Gouvernement fédéral. La Gran Milonga occupera la Avenida de Mayo depuis le Cabildo (l'ancien siège du pouvoir colonial qui marque l'entrée sur la Plaza de Mayo et fait face à la Casa Rosada) jusqu'à la avenida 9 de Julio, soit 7 cuadras (ça fait combien de mètres pour un Européen converti au système métrique depuis la Révolution Française ? Réponse dans la Trousse lexicale d'urgence de la colonne de droite, faut bien qu'elle serve à quelque chose !) C'est sur cette partie de l'avenue que se trouve le Gran Café Tortoni (1).

La Gran Milonga Nacional est une opération conjointe de l'Academia Nacional del Tango, la Fédération de l'Hôtelerie et de la Gastronomie de la République Argentine et l'Association des Amis de la Avenida de Mayo. Horacio Ferrer, dont c'est un des très nombreux talents, a fait asseoir tout ce joli monde autour d'une même table durant l'hiver de 2007 (a mediados del 2007, dit le communiqué de Walter Piazza, le Secrétaire de la Academia) pour mettre au point l'événement qui a eu lieu l'année dernière le 8 décembre, un jour férié en Argentine (c'est la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie). La Ville de Buenos Aires y est aussi associée.

Et ça va être un drôle de chantier : il faut couper la circulation sur toute cette partie de l'avenue, dans une ville où la bagnole et le bus font la loi, couper la circulation dans les rues adjacentes pas moins fréquentées puisqu'aucun engin motorisé ne devra traverser l'avenue (il y en a 14 des rues transversales, sept de chaque côté. Gloups !) et tout au long des 700 mètres d'avenue neutralisée monter trois scènes pour les orchestres qui joueront entre 20h et jusqu'à pas d'heure...

Cette année, les danseurs entendront la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto, la Orquesta de la Armada (l'orchestre de la Marine nationale), la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, Los Reyes del Tango (des imitateurs du style D'Arienzo), le Sexteto Milonguero, la Orquesta Típica Esteban Cardaccio, Gente de Tango, le trio Las Rositas, la Orquesta Alberto Di Paulo, la Orquesta Típica La Otra Vereda, la Orquesta Roberto Siri ;
les chanteurs Hugo Marcel, Lidia Borda, Javier Di Ciriaco, Héctor Morano, Mario Arias...
Et par Verónica Bellini, la pianiste et chef de China Cruel, j'ai appris récemment que cet orquesta típica et féminin fera partie des très nombreuses formations qui se produiront. Le communiqué officiel de la Academia se contente de nommer les formations et les chanteurs les plus établis, sinon ce ne serait pas un communiqué mais un roman-fleuve...
Pour ceux qui partent ces jours-ci se faire cuire au four estival de Buenos Aires, notez la date et l'heure sur l'agenda, la Gran Milonga Nacional n'est pas un spectacle, mais un vrai bal où l'on attend des danseurs... qu'ils viennent danser. Et mettez-vous à l'ombre de la magnifique arbolada qui borde cette avenue de part et d'autre, une des plus belles de tout Buenos Aires, qui en compte beaucoup (des longues files de grands et très vieux arbres dont les frondaisons larges se rejoingnent presque au-dessus du centre de la chaussée).


(1) donc l'Academia aussi. Elle est installée au dessus...

samedi 15 novembre 2008

Le décès de Gogo Safigueroa [actu]

Gogo Safigueroa, l'animateur de Los Tres Berretines, l'émission de tango de l'après-midi sur les ondes de la 2x4 du lundi au vendredi, est décédé la semaine dernière, le 7 novembre, à Mar del Plata, où il était pour assister au Festival international de Cinéma. C'est une grande perte pour le monde du tango et pour de nombreux artistes jeunes auxquels il a donné la parole sur cette antenne de référence. Il avait 70 ans. Il a été enterré le 8 au cimetière de La Chacarita à Buenos Aires.

J'avais eu l'occasion déjà, au cours des 4 mois de vie de ce blog, de faire référence plusieurs fois à son émission où étaient passés quelques artistes dont je vous parle ici...

Il avait commencé son travail de journaliste à l'âge de 19 ans et travaillait à la 2x4 depuis 2000. Moi même ce jour-là, prise dans ce moment délicat qui sépare l'annonce d'un décès et la célébration des obsèques, celles d'une dame qui a beaucoup marqué les 10 dernières années de ma vie, et en voyage à Bruxelles où je voulais retrouver Néstor Tomassini et Hernán Reinaudo et faire connaissance avec la violoniste Ananta Roosens, j'étais passée à côté de l'événement....

mardi 14 octobre 2008

Gabriela Novaro présente son nouveau disque [à l'affiche]

Photo envoyée par Gabriela Novaro

La chanteuse Gabriela Novaro participera au cycle Tango 08 au Centro Cultural San Martín, le centre culturel couplé au Teatro San Martín de la avenida Corrientes.
Ce sera le jeudi 16 octobre à 20h30 dans la Salle Enrique Muñio, au 4ème étage (on y accède par l'arrière, la rue Sarmiento, à la hauteur 1551).
L'entrée est gratuite dans la limite des places disponibles.
Gabriela Novaro y présentera son premier disque, Otra historia, sorti en 2005, et son nouveau répertoire composé de tangos contemporains, dont beaucoup d'inédits, et de classiques assez peu fréquemment interprétés.

Elle sera entourée d'un trio de musiciens : Norberto Vogel, au bandonéon, Carlos Filipo à la guitare et Roberto Amerise à la contrebasse.

La veille, le mercredi 15 octobre, elle passe en direct sur les ondes de la 2x4, dans Los Tres Berretines, l'émission de Gogo Safigueroa, vers 16h (heure locale). Jusqu'à dimanche prochain, nous avons toujours 5 heures de décalage horaire. Il faut donc vous connecter au streaming du site de la radio vers 21h, si vous vivez en Europe occidentale.

En décembre 2004, elle a obtenu une mention d'honneur dans un concours co-organisé par la 2x4, la Academia Porteña del Lunfardo, la ville de Buenos Aires et l'association Proyecto Tango, qui s'appelle : Andá a cantarle a Gardel (Va donc chanter ça à Gardel, une expression familière qui correspond au français "c'est ça ! Et moi je suis le Pape !").

vendredi 3 octobre 2008

Cucuza et Moscato sur les ondes de la 2x4 [radio]


L’information m’est hélas arrivée trop tard pour que je puisse en faire bénéficier qui que ce soit à temps. Même moi, j’ai raté l’événement !

Il n’en reste pas moins que Cucuza (Hernán Castiello) et Moscato (Maximiliano Luna) sont passés hier soir pour nous (après-midi pour eux) un peu à l’improviste comme si souvent à Buenos Aires, à l’émission Los Tres Berretines, qu’animent sur les ondes de la 2x4 (que l’on peut écouter sur Internet, en vivo, c'est à dire toujours en direct) Gogo Safigueroa et Graciela Raffa, de 15h à 18h heure locale. Même en tenant compte du décalage horaire, cela reste pour l’Europe une émission qui passent à des heures chrétiennes...

Los Tres Berretines est une émission qui alternent disques, infos et interviews dans une atmosphère conviviale comme la plupart de ce qui passe sur cette antenne entièrement consacrée au tango et subventionnée par le Gouvernement de la Ville de Buenos Aires. Le titre reprend celui d’un tango qui appartient au 2ème film sonore argentin (homonyme) et qui parle des trois folies (berretín) des Argentins que sont (je vous le donne en mille !) le tango, les courses de chevaux et le foot, dont soit dit en passant, Cucuza est un fan carabiné (il n’est pas le seul. Le Maestro Néstor Marconi n’est pas mal non plus dans le même genre...).

Cucuza et Moscato étaient donc invités à l’occasion de la fête du quartier de Villa Urquiza (el Día de Villa Urquiza), fondé le 2 octobre 1887 sous le nom de Villa de las Catalinas. Ce quartier porte désormais le nom de Justo José de Urquiza (1801-1870), Gouverneur de la Province de Entre Ríos, un libéral fort peu populaire dans l’imaginaire portègne, qui défit, le 3 février 1852, le Gouverneur de la Province de Buenos Aires, Juan Manuel de Rosas, resté aussi populaire dans la mémoire collective du peuple qu’il fut sanguinaire dans l’exercice du pouvoir, renversement de gouvernement qui fit rétablir la liberté de commerce fluvial international sur l’ensemble des voies navigables argentines. On doit à Urquiza d’avoir mis en place un gouvernement qui put rassembler l’ensemble des provinces argentines, restées sans gouvernement central pendant plus de 20 ans, et fit adopter la première constitution du pays, en 1853.

Cucuza et Moscato, le chanteur et le guitariste, sont les créateurs et les animateurs du cycle El Tango vuelve al Barrio, soirées tango toutes simples tous les vendredis soirs dans une ambiance bon enfant et familiale dans une bonne vieille pizzeria de quartier, el Faro, fondé en 1931, esquina Constituyentes y La Pampa, à Villa Urquiza. Je garderai longtemps le souvenir heureux d’y avoir mis les pieds, pas très longtemps pourtant, en compagnie d’Alorsa, alors en train de mettre au point les derniers détails de son contrat avec le patron du Conventillo de Teodoro à Almagro où il vient de La Plata chanter tous les samedis soirs depuis le début septembre (et Almagro, c’est de l’autre côté de cette ville qui n’en finit pas). Et si je me permets de citer Alorsa dans un article consacré à Cucuza et Moscato, c’est parce que je sais qu’ils sont tous les trois les meilleurs copains de la terre. Au cours de cette soirée, qui était le premier anniversaire du cycle El Tango vuelve al Barrio (le tango revient dans le quartier), j’avais pris la précaution (à toutes fins utiles - c’était un anniversaire !) de me munir d’un paquet d’authentiques bergamotes de Nancy que la tante de Cucuza a distribuées un peu partout aux différentes tables de ce resto archi-bondé. Il fallait voir les têtes des gamins (et pas seulement des gamins) à qui elle annonçait que c’était des bonbons qui venaient de France. A voir leurs yeux ronds comme des billes, j’aurais pu croire que la France, c’était le Pays des Merveilles. Un petit bonhomme dans les huit ans, retournant réclamer un autre bonbon, est passé près de moi pour me dire, avec tout plein d'étincelles dans les mirettes : "son muy riiiiiiicos" (1)

Je rêve du jour où nous pourrons, nous, le public européen, accueillir Cucuza et Moscato dans un bouchon, une brasserie, un bar à vin sans façon, un bouillon, un petit bistrot, une crêperie de quartier sans prétention, ici, chez nous, en Europe, pour une soirée du même acabit. J’y travaille du mieux que je peux, d’ailleurs. Je vous tiendrai au courant... D’ici à la réalisation de ce rêve, il va couler pas mal d’eau sous les ponts mais félicitations à tous les deux pour ce passage sur l’antenne de la plus célèbre radio 100% tango au monde...

(1) ils sont super bons....

dimanche 14 septembre 2008

Angel Pulice et Ruth de Vicenzo en format podcast [radio]

Ils sont du podcast n° 123 de Tango City Tour, le premier podcast consacré au tango, lancé par Juan Carlos Espósito dès juin 2005.

Juan Espósito et Mabel Pramparo, avec qui il partage le micro depuis la cinquième émission, proposent dans ce numéro une interview des champions du monde de tango de scène (tango escenario), couronnés le 1er septembre 2008 à Buenos Aires à l'issue des compétitions du Mundial (dont je n'ai rien vu).
L'autre partie de l'émission, d'un peu plus de 57 minutes en tout, est consacrée au chanteur-guitariste et compositeur Angel Pulice et sa compagne Ruth de Vicenzo, qui chante avec lui et s'accompagne à... l'accordéon, moins fréquent que le bandonéon dans l'univers du tango d'aujourd'hui depuis 80 ans. Je vous avais déjà présenté Angel et Ruth lorsqu'ils sont allés en juillet chanter à La Plata avec Alorsa au Tango Criollo Club. Ils ont deux CD dans le commerce : La Carnada (l'hameçon) et Tangos nuevos y usados (Tangos neufs et d'occasion). Ils y ont enregistré des classiques et des morceaux de leur propre composition. A découvrir si ce n'est déjà fait en visitant tout d'abord leur site.

Dans l'émission précédente, le podcast 122, Juan et Mabel traversent l'Atlantique en parlant tango directement avec... Bruxelles ! Côté musical : l'émission est centrée autour des tangos de Piazzolla et Borges, créés par le chanteur (et compositeur) Edmundo Rivero en 1965... Rien que du bon.

Et en plus, ces podcasts par abonnement et téléchargement direct sont une agréable façon de courir deux lièvres à la fois : enrichir sa culture tanguera et se familiariser avec l'espagnol (eux disent el castillano) de Buenos Aires (assez différent de la langue parlée au-delà des Pyrénées). Toutes les émissions sont accessibles directement sur le site de Tango City Tour. Vous pouvez aussi vous abonner depuis i-Tunes, qui vous remontera lors de votre abonnement le dernier numéro posté sur le site.

Et si la radio en portègne vous intéresse, vous avez aussi une passionnante émission tous les dimanches de 10h à 13h (heure de Buenos Aires) sur la 2x4 (pensez au décalage horaire, de 5h en été, de 3 en hiver, saisons de l'hémisphère nord) : cette émission s'appelle Tangos y libros, elle est animée par un pionnier de l'audio-visuel argentin, Antonio Carrizo, LA référence radiophonique nationale en matière de tango dotée d'une diction claire comme de l'eau de source, un régal pour bien comprendre surtout si vous faites vos premiers pas en portègne... La 2x4 s'écoute en direct (pas de podcast), à travers le streaming mis en place sur son site internet (il vous suffit d'installer Windows Media Player et de cliquer sur la mention En vivo qui apparaît dès l'ouverture du site).

Vous pouvez aussi vous brancher sur Fractura Expuesta (Fracture ouverte) pour suivre l'actualité du tango contemporain, les jeunes artistes qui montent, les chanteurs, orchestres, groupes, compositeurs, poètes d'aujourd'hui (ce n'est pas une fréquence sur laquelle vous pourrez entendre les grands classiques des années 40).
Difficile, pour ne pas dire impossible de les écouter en direct depuis l'Europe, à moins d'être travailleur de nuit et autorisé à écouter pendant le temps de travail la radio via une connexion internet (cela fait beaucoup de si) : leur émission est diffusée tous les lundis de 22h30 à minuit sur la Radio des Mères de la Place de Mai (la AM 530), une station militante de gauche, très accueillante à la culture populaire en général.
Les deux animateurs ont interviewé Angel Pulice le 30 juin dernier et l'interview est toujours accessible (en écoute simple). Depuis quelques temps, chaque semaine, les deux producteurs déposent l'émission de la semaine sur leur site internet, en téléchargement gratuit depuis 3 semaines (2 Mp3 par semaine) et en écoute simple et gratuite (sans téléchargement) depuis le 21 avril dernier.
Pour l'heure, le podcast n'offre pas de possibilité d'abonnement. Les auditeurs intéressés doivent aller chercher régulièrement l'émission de la semaine.