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mercredi 15 juin 2016

Bon anniversaire, Maestro ! [Actu]


Aujourd'hui, le grand compositeur et pianiste Horacio Salgán a cent ans ! Un agenda très occupé ne me permettra pas de célébrer à sa juste mesure l'événement mais avant de partir, je ne voulais pas manquer de saluer le grand musicien comme le fait ce matin Página/12, à la une de ses pages culturelles...

Pour aller plus loin :
lire aussi l'article de La Nación sur l'hommage du chef d'orchestre argentino-israélo-paletinien Daniel Barenboim au musicien de tango (une interview accordée à La Nación depuis Berlin après un concert)

Ajout du 20 juin 2016 :
lire cet article de La Nación sur l'hommage en musique qui lui a été rendu par son fils César au CCK

lundi 6 juin 2016

Horacio Salgán à l'honneur au Palacio Carlos Gardel [à l'affiche]

Horacio Salgán, l'année dernière, entre son fils et Caroline Neal

Ce soir, lundi 6 juin 2016, à 19h30, neuf jours avant ses cent ans, le Maestro Horacio Salgán, né le 15 juin 1916, sera la vedette du Plenario traditionnel de la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, au premier étage.

Entrée libre et gratuite mais vu l'importance de l'événement, il est fort recommandé d'arriver avec beaucoup d'avance. Il y aura beaucoup de monde.

Horacio Salgán est considéré comme l'un des meilleurs pianistes de l'histoire du tango. C'est aussi un compositeur hors pair, l'un des tout premiers à avoir refusé, avant Astor Piazzolla, de consacrer son activité d'interprète et de chef d'orchestre, à la musique de danse. Avec Horacio Ferrer, il est aussi l'auteur d'un oratorio profane dédié au souvenir et au culte de Carlos Gardel (Oratorio Carlos Gardel), or il n'existe pas une grande quantité d'œuvres longues dans le genre populaire qu'est le tango...

L'invitation de la Academia Nacional del Tango se garde bien d'annoncer la présence du maître, qui se protège beaucoup dans son grand âge et sort de moins en moins, même s'il y a quelques années, il a accepté la présence de la caméra de la réalisatrice Caroline Neal, pour un documentaire sur le travail de musicien qu'il partage avec son fils César (voir mon article du 13 octobre 2015 sur ce film, mon article n° 4500).

C'est César Salgán qui sera là, pour raconter sur l'estrade, en compagnie de Néstor Scalone et Gabriel Soria, l'impressionnante trajectoire artistique de son père.

A cette occasion, le tango rituel sera bien entendu le plus célèbre du maître : A fuego lento (à feu doux), enregistré par le Quinteto Real.

Horacio Salgán recevra à cette occasion un Gobbi de Oro pour l'ensemble de son œuvre.

Pour écouter et découvrir l'artiste, vous pouvez consulter les nombreuses pages que le site argentin Todo Tango lui a consacrées : interviews, biographie, analyses musicologiques, enregistrements, partitions...

mardi 13 octobre 2015

Sortie d'un documentaire sur les Salgán père et fils – n° 4500 [à l'affiche]


Il y a dix jours, alors que je me trouvais à Saint-Dié des Vosges au Festival international de Géographique (FIG), la documentariste d'origine nord-américaine Caroline Neal, le Maestro Horacio Salgán et son fils, le désormais pianiste César Salgán, ont accepté de donner une interview à Página/12 à l'occasion de la sortie d'un nouveau film documentaire, Salgán & Salgán (85 minutes couleurs), autour de ce duo musical père-fils, un long métrage qu'ils ont tous les deux déclaré ne pas avoir vu et ne pas vouloir voir. Ils se reconnaissent très timides et réservés ! Il a d'ailleurs fallu à la cinéaste beaucoup de patience pour obtenir leur participation : “Mi trabajo de convencerlos para filmarlos fue de hormiguita” : "mon travail pour les convaincre de se laisser filmer a été un petit travail de fourmi", dit-elle dans cette interview à Página/12 au lendemain de la première projection, le 2 octobre dernier.

Le film est en effet sorti au Malba (le musée d'art moderne de Buenos Aires à Palermo), le 1er octobre, et il y est projeté tout le mois, chaque vendredi, ainsi que à des dates diverses dans d'autres salles un peu partout dans la capitale fédérale et les provinces.

Une des pages culturelles de Página/12 (édition du 2 octobre 2015)

Extraits d'une interview où les deux hommes ont beaucoup plaisanté comme font souvent les timides pour éviter de se livrer :

–¿Cómo surgió "Salgán & Salgán"?
Caroline Neal: –Yo iba a filmar el backstage de una entrevista, era algo muy chiquito. Pero enseguida vi que hay una relación muy interesante entre ellos, algo había ahí. Después sumamos a Alberto Muñoz, que trabajó en el guión. Sentimos que era un material muy rico, por lo que es cada uno y por la relación entre padre e hijo.
Página/12

- Comment est né Salgán & Salgán ?
Caroline Neal : J'allais filmer les coulisses d'une entrevue, un tout petit truc. Mais tout de suite, j'ai vu qu'il y avait une relation très intéressante entre eux, là il y avait quelque chose. Ensuite nous avons fait équipe avec Alberto Muñoz, qui a travaillé sur le scénario. Nous avons compris que c'était un matériel très riche, en ce qui concerne chacun d'eux et à cause de la relation entre père et fils.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Horacio Salgán: –Pero nadie sabe quién es el padre y quién el hijo (risas).
César Salgán: Hace poco fui a hacer un trámite. “¿Cómo se llama usted? Salgán. “¿Es algo del maestro?” Sí. “¡Ah, ya me parecía que era el hermano!” Y después me quedé pensando: ¡A lo mejor creía que era el hermano mayor! (risas).
Página/12

Horacio Salgán : Mais personne ne sait qui est le père et qui est le fils (rires).
César Salgán : Il y a peu je suis allé faire des démarches administratives. Comment vous appelez-vous ? Salgán. Vous êtes parent avec le musicien ? Oui. C'est donc ça, j'avais l'impression que vous étiez son frère ! Après, je me suis dit : Si ça se trouve, elle croyait que j'étais le frère aîné ! (rires).
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

[…]

C.S.: –Conociéndolo a mi papá, no sé cómo hizo Caroline para convencerlo, realmente. Porque él nunca fue de hablar y menos de cosas íntimas. De cosas musicales puede ser, pero de temas personales, jamás. ¡Si hasta logró filmarlo cuando yo le cortaba el pelo! A alguien que nunca fue afecto a dar entrevistas, por exceso de timidez, a alguien tan reservado... Si me lo cuentan, no les creo. Es que Caroline en un momento llegó a ser uno más. Sin darnos cuenta, se armó una linda relación entre los tres.
Página/12

César Salgán : Tel que je connais mon père (1), je ne sais pas comment Caroline s'y est prise pour le convaincre, je vous assure. Parce qu'il n'a jamais été homme à parler et encore moins d'affaires intimes. D'affaires musicales, je ne dis pas mais sur le plan personnel, jamais. Elle est même arrivée à le filmer pendant que je lui coupais les cheveux ! Quelqu'un qui n'a jamais couru après les interviews, par excès de timidité, quelqu'un de si réservé... Si on me le racontait, je ne le croirais pas. C'est que Caroline est arrivée à un moment à être l'une des nôtres. Sans que nous nous en rendions compte, c'est une belle relation qui s'est tissée entre nous trois.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

[...]

–¿Y por qué no vieron la película?
H. S.: –Porque yo no lo quiero ver a él, y él no me quiere ver a mí (risas).
–¿No me va a contestar nada en serio?
H. S.: –Yo podría haber hecho una gran cantidad de películas, aunque sean breves, pero podría haber hecho muchas cosas. Pero no, nunca me llamó la atención. No me gusta. No me interesa.
C. S.: –Inclusive, si le hacían una nota o estaba en un programa de televisión, él se quedaba con la imagen de lo que había hecho, pero no quería verlo después. Si yo le digo “van a pasar un programa tuyo por televisión”, él no lo mira.
Página/12

- Et pourquoi n'êtes-vous pas allés voir le film ?
Horacio Salgán : Parce que je ne veux pas aller le voir lui et lui il ne veut pas aller me voir, moi (rires)
- Vous ne voulez vraiment pas être sérieux et me répondre ?
Horacio Salgán : Moi, j'aurais pu faire des tas de films, fût-ce des films courts, mais j'aurais pu faire beaucoup de choses. Mais non, ça ne m'a jamais intéressé. Je n'aime pas ça. Ça ne m'intéresse pas.
César Salgán : Et même quant on l'interviewait ou qu'il participait à une émission de télévision, il restait sur l'impression de ce qu'il avait fait mais il ne voulait pas le voir après. Si je lui dis : on va diffuser une émission avec toi à la télévision, il ne la regarde pas.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

[...]

C. N.: –¡Es igual, en todo! (Risas.) César dice que no quiere ver una actuación suya filmada, porque él tiene un recuerdo lindo de cómo sonó y cuando lo ve filmado nunca es igual, saca esa gloria de la memoria.
C. S.: –Lo que creo es que a veces uno arriba del escenario, como en cosas de la vida, siente ciertas emociones. Entonces a veces después de una actuación, uno se queda con que fue una noche mágica, por el público, por la música. Se queda con esa imagen y después por ahí ve el video, y no fue tan así como uno lo sintió. Entonces tengo miedo de arruinar un recuerdo.
–También podría suceder al revés...
C. S.: –Sí, pero hay muchos momentos que prefiero guardar como los viví y no volver a verlos. A él (Horacio) le pasó cuando grabó “Boedo”: pensó que había salido mal y no lo quería escuchar.
H. S.: –Tengo la imagen mía tocando el piano, que actuando fue horrible.
Página/12

Caroline Neal : Et c'est pareil pour tout ! [rires]. César dit qu'il ne veut pas voir un de ses spectacles à l'écran parce qu'il a un bon souvenir de la manière dont ça sonnait et quand il le voit à l'écran, ce n'est jamais pareil. Cela lui vole ce que le souvenir a de beau.
César Salgán : Ce que je crois, c'est que parfois on monte sur la scène, comme dans la vie, on ressent telles ou telles émotions. Et alors parfois, après le spectacle, on reste sur l'impression d'une nuit de magie, grâce au public, grâce à la musique. On reste sur cette impression-là et après on voit la vidéo et ce n'est pas comme ce qu'on a ressenti. Du coup, j'ai peur d'abîmer le souvenir.
- Le contraire pourrait aussi se passer...
César Salgán : D'accord, mais il y a plein de moments que je préfère garder tels que je les ai vécus sans les revoir. Pour lui (Horacio), ça lui est arrivé quand il a enregistré Boedo : il a cru que le résultat était mauvais et il ne voulait pas l'écouter.
Horacio Salgán : J'ai toujours cette impression de moi au piano, que je jouais et que c'était horrible.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

C. S.: –Cuando él grabó “Boedo” con la orquesta, en ese momento no se podía escuchar la grabación, había que esperar a que saliera el disco. Y él se quedó con la idea de que había una parte que no había tocado bien. Y no lo quiso volver a escuchar. Hasta que un día lo escuchó en un taxi y se dio cuenta de que no lo había tocado tan mal. Entonces sí, pueden pasar las dos cosas. Pero no estoy acostumbrado a verme, ni siquiera en fotos. Por ahí veo una foto mía en Facebook y la saco del muro, porque no la quiero ver. Imagínense en una película que habla de mí...
–¿Y la directora qué opina?
C. N.: –Filmamos durante tanto tiempo, tantas cosas y tantas horas de material y charla, y resulta que elegí pedacitos de todo eso. Y verlo después así, digamos, destilado a su esencia, tal vez sería una experiencia muy fuerte. Tal vez sería shockeante para dos personas tan reservadas.
Página/12

César Salgán : Quand il a enregistré Boedo avec son orchestre, à ce moment-là il ne pouvait pas écouter l'enregistrement, il fallait attendre que le disque sorte. Et il est resté avec cette idée qu'il y avait un endroit où il n'avait pas bien joué. Et il n'a pas voulu le réécouter. Jusqu'à ce jour où il l'a entendu dans un taxi et il s'est rendu compte qu'il n'avait pas joué si mal. Alors c'est vrai, les deux choses peuvent arriver. Mais je ne m'habitue pas à me voir, même en photo. C'est pour ça que si je vois une photo de moi sur Facebook, je la retire du mur parce que je ne veux pas la voir. Alors imaginez un peu un film qui parle de moi...
- Et la réalisatrice, elle en pense quoi ?
Caroline Neal : Nous avons tourné si longtemps, tant de choses et tant d'heures de pellicule et de conversation, et du coup, j'ai choisi des tout petits bouts de tout ça. Et le voir comme ça, après, disons distillé dans son essence, ce serait sans doute une expérience très forte. Sans doute ce serait un choc pour deux personnes aussi réservés.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

C. S.: –El hilo conductor de lo que ha sucedido, por ahí lo ha visto Caroline, pero nosotros no. Al contrario, nosotros nos preguntamos: ¿de dónde sacó una historia? Para mí somos dos tipos que viven encerrados, él escribiendo, yo tocando y otras cosas, pero no pasó más que eso. Si a mí me dicen que tengo que escribir un guión de todos esos años, lo escribo en dos renglones: yo en mi casa tocando y mi papá conmigo. Creo que la historia la ha visto Caroline. Por otro lado, recibo comentarios de gente que la ha visto y le ha gustado, y entonces me da mucha intriga de saber qué hizo Caroline con lo nuestro, para que resulte interesante para otros. Porque insisto, para nosotros es muy rutinario.
H. S.: –Y bueno, yo por ahí quiero verlo, pero con anteojos negros... (risas)
Página/12

César Salgán : Le fil conducteur de ce qui s'est produit, de ce côté-là, Caroline l'a vu, nous non. Au contraire, nous nous nous demandions : d'où est-ce qu'elle a sorti une histoire ? Pour moi, nous sommes deux types qui vivons enfermés, lui à écrire et moi à jouer et d'autres trucs, et il ne s'est rien passé de plus. Si on me dit à moi qu'il faut que j'écrive un scénario sur toutes ces années, je l'écris en deux lignes : moi à la maison en train de jouer et mon père à côté de moi. Je crois que l'histoire, c'est Caroline qui l'a vue. D'un autre côté, les gens qui ont vu le film me font des commentaires, il leur a plu et ça m'intrigue beaucoup de savoir ce qu'a bien pu faire Caroline avec nous pour que ça s'avère intéressant pour les autres. Mais en ce qui nous concerne, j'insiste, c'est vraiment de la routine.
Horacio Salgán : OK, moi, je veux bien aller le voir, mais alors les yeux bandés... (rires) (2)
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

–Les recomiendo la película. Vayan a verla.
H. S.: –¿Quién trabaja?
–Un tal Salgán.
H. S.: –Ah, sí... Me suena.
Página/12

- Je vous recommande ce film. Allez le voir.
Horacio Salgán : Il y a qui dedans ?
- Un certain Salgán.
Horacio Salgán : Ah oui... Ça me dit quelque chose.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)


Pour lire l'interview intégrale, cliquez ici.
Pour en savoir plus :
lire l'article de Clarín du 30 septembre 2015
lire l'article de La Nación du 30 septembre 2015 sur le documentaire
lire l'article de La Nación du 30 septembre 2015 sur Horacio Salgán et sa contribution dans le tango
lire la dépêche de Télam du 30 septembre 2015 avec bande-annonce du film
voir la fiche -encore embryonnaire- du film sur le site argentin Cine Nacional
Se connecter avec la page Facebook du film.



(1) Il est beaucoup plus fréquent en Argentine de parler en public de mi papá ou mi mamá dans des circonstances où l'usage francophone européen emploie père et mère. En Argentine, il ne s'agit pas d'un registre de langage enfantin ou réservé au cercle intime.
(2) Littéralement : avec des lunettes noires. En Argentine, anteojos negros, ce ne sont pas des lunettes de soleil (anteojos de sol) mais des lunettes aux verres obscurcis, pour priver de la vue celui qui les porte.

mercredi 17 avril 2013

Concert de l'Orchestre Horacio Salgan au Maipo [à l'affiche]



La Orquesta de Horacio Salgan, qui est dirigée par son fils le pianiste César Salgan (ci-dessus), se produira le mardi 23 avril, pour la seconde fois ce mois-ci, au Teatro Maipo (la première représentation a eu lieu hier).

L'orchestre se produit avec le Quinteto Real (fondé par Salgan), les bandonéonistes Julio Pane, Néstor Marconi et Ernesto Baffa, auxquels se joignent le chanteur Alberto Podesta et le danseur Juan Carlos Copes, des vieux de la vieille et des grands, tous autant qu'ils sont...

Ces concerts sont organisés par Gabriel Soria, journaliste, collectionneur et premier Vice Président de la Academia Nacional del Tango, comme vous le savez désormais.

Teatro Maipo, Esmeralda 443, 20h30 (il me manque le prix et le temps pour aller enquêter sur cette question).

mercredi 29 février 2012

Hommage à Horacio Salgán au Teatro Colón [à l'affiche]

Au moment où Barrio de Tango va pouvoir sortir de sa très longue hibernation puisque j'ai pu tenir mes délais, presque au jour près, en mettant en ce moment même la dernière main à deux manuscrits sur les trois livres que j'ai mis en chantier cet automne (parution prochaine aux Editions du Jasmin) et à l'heure de la rentrée pour tout le monde en Argentine, voilà que m'arrive l'information d'une soirée d'hommage au Maestro Horacio Salgán au Teatro Colón, l'Opéra de Buenos Aires.

La soirée commencera à 20h30 ce samedi 3 mars 2012 et la liste de participants a de quoi laisser rêveur comme toujours dans ce genre d'événement exceptionnel, organisé pour l'occasion par le Ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires, dirigé par l'indéboulonable Hernán Lombardi, et le directeur du Festival de Tango, le Maestro Gustavo Mozzi. Excellente initiative !

L'orchestre fondé par Horacio Salgán sera dirigé par son fils, César, pianiste lui aussi (et qui ressemble à son père comme deux gouttes d'eau), et rassemblera ses bandonéonistes historiques, les Maestros Leopoldo Federico, Ernesto Baffa, Julio Pane, Juan José Mosalini (qui aura quitté Paris pour l'occasion) et Néstor Marconi. Se joindront à la fête un certain nombre de musiciens plus jeunes comme Carlos Corrales, Esteban Falabella, Juan Pablo Navarro, Lautaro Greco ou Nicolás Enrich. Il est peu probable que Horacio Salgán lui-même se mette au piano, il est en fait retiré depuis plusieurs années et ne fait plus que des apparitions rares sur scène mais on ne sait jamais. A 95 ans, le grand Maître en étonne encore plus d'un.

Au programme du concert, on annonce tout un répertoire de -ou arrangé par- Horacio Salgán, dont bien entendu l'inévitable A fuego lento, son morceau le plus célèbre, Recuerdo, Canaro en París, Gallo ciego, Ojos negros, Responso et une version qu'il n'a jamais enregistrée de La pulpería de Santa Lucía...

Le concert sera retransmis intégralement et en direct par la 2x4. Vous avez la possibilité de l'écouter par le streaming disponible sur le site Internet de la station, voir en Colonne de droite, la rubrique Ecouter, et faites attention au décalage horaire : Buenos Aires a 4 heures de moins que l'Europe atlantique. En revanche, si vous vivez au Canada, c'est peut-être plus confortable pour vous. Buenos Aires est dans le même créneau horaire que la côte est.

Sur place, à Buenos Aires, les places sont en vente au guichet du théâtre et sur son site Internet et leurs prix s'étalent de 10 à 60 $, ce qui est vraiment bon marché, comparé aux tarifs pratiqués par des salles plus petites et moins prestigieuses comme Clásica y Moderna ou le CC Torcuato Tasso pour des artistes de même pointure...

Pour aller plus loin :

samedi 16 octobre 2010

Horacio Salgán et Leopoldo Federico fêtent les 50 ans du Quinteto Real au Tasso [à l'affiche]

Depuis hier et pour tous les vendredis et samedis soirs jusqu'à la fin du mois, à 22h, Horacio Salgán, pourtant retiré de la scène depuis plus de six ans, et Leopoldo Federico fêtent ensemble les 50 ans de la fondation du Quinteto Real au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo.

Aujourd'hui, César Salgán a repris dans le quintette la partie du piano tenue originellement par son père. Et il est lui aussi au Tasso pour la fête...


A cette occasion,le quotidien Página/12 a consacré la une de ses pages culturelles aux deux Maestrazos (maîtres des maîtres) et publié une interview croisée dont voici quelques passages en version bilingue comme toujours sur Barrio de Tango.

“Tengo los mejores recuerdos de mi vida al lado de Horacio –arranca–. Y ahora me ocurre esto, tan inesperado, cuando casi estoy en los finales de mi carrera. Volver a estar al lado de Horacio Salgán es un premio que no esperaba. Lo que menos me imaginé es que un día iba a subir a un escenario a tocar al lado de Salgán y de César, ¡a él lo conocí de pibito!”
Leopoldo Federico, Página/12

J'ai les meilleurs souvenirs de ma vie à côté de Horacio, commence [Leopoldo Federico]. Et maintenant qu'il m'arrive ça, qui est si inattendu, alors que je suis presque à la fin de ma carrière... Se retrouver à côté de Horacio Salgán, c'est un cadeau que je n'attendais pas. Et ce que j'avais imaginé le moins, c'est qu'un jour j'allais monter sur une scène pour jouer à côté de Salgán et de César... Lui, je l'ai connu tout moufflet !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Yo también me siento honrado con este reencuentro –devuelve gentilezas–. No todo el mundo puede interpretar: hay gente que toca muchas notas, pero es poco lo que interpreta. Leopoldo es uno de los pocos privilegiados capaces de ser intérpretes de las intenciones del autor de la obra, agregándole su personalidad, su arte. Hemos pasado hermosos momentos en mi orquesta y siempre se ha mantenido a través del tiempo una amistad basada en lo artístico, que continúa en lo personal.”
Horacio Salgán, Página/12

Moi aussi, je me sens honoré de ces retrouvailles, retourne [Horacio Salgán, en veine de gentillesses]. Ce n'est pas tout le monde qui peut interpréter : il y a des gens qui jouent beaucoup de notes mais il y en a peu qui interprètent. Leopoldo est un des rares privilégiés capables d'être des interprètes des intentions de l'auteur de l'oeuvre, en lui ajoutant sa personnalité, son art. Nous avons passé de beaux moments avec mon orchestre et une amitié, fondée sur l'art, s'est toujours maintenue au fil du temps et se prolonge sur le plan personnel.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Mi padre me dejó su lugar, ahora se lo voy a devolver, ¡y espero que sea para siempre! (risas). Vamos a darnos ese gusto, y va a ser un acontecimiento: lo que uno ha escuchado y aprendido durante años de la historia del tango podremos verlo en vivo. Arrancamos primero nosotros, el Quinteto de hoy, y después van a subir estos grandes para decir cómo se hace”
César Salgán, Página/12

Mon père m'a laissé sa place, maintenant je vais la lui rendre et j'espère que ce sera pour toujours (rires). Nous allons nous faire ce plaisir, et ça va être tout un événement : ce qu'on a écouté et appris durant des années au sujet de l'histoire du tango, nous pourrons le voir en direct. Nous démarrons les premiers, nous, le Quinteto d'aujourd'hui (1), et après, ce sont des vieux qui montent [sur scène] pour dire comme ça se fait.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Mi destino se empecinó en no dejarme parar [...]. Siempre aparece algo nuevo para comprometerme, y siempre está mi orquesta, once compañeros que son tan amigos que no quieren que desaparezca como institución. Y así van apareciendo compromisos de grabación, proyectos, que me tientan, me engolosino, y a pesar de mis problemas físicos, no quiero dejar de hacer algunas cosas. Eso sí: trataré de no pasar papelones. Ahora, al lado de Salgán, vamos a ver qué papelón hago...”
Leopoldo Federico, Página/12

Mon destin s'est entêté à ne jamais me laisser m'arrêter [...]. Toujours il arrivait quelque chose de nouveau da,ns quoi m'engager et il y avait toujours mon orchestre, onze collègues qui sont autant d'amis qui ne veulent pas qu'il disparaisse comme institution. Et c'est comme ça que viennent des engagements d'enregistrement, des projets qui me lient, je m'emballe, et malgré mes problèmes physiques (2), je ne veux pas arrêter de faire certaines choses. Alors oui, j'essayerai de ne pas tourner en ridicule sur scène. Maintenant, à côté de Salgán, on va voir quel crétin je fais...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Mi orquesta no era una orquesta fácil, es cierto. Pero no es que yo me proponga que mis tangos sean difíciles o fáciles, sino que he procurado ser absolutamente sincero en lo que hago, de manera de no estar pensando si voy a ganar mucha o poca plata [...] No he buscado ser popular o no popular: he querido ser honesto [...]. Todos los arreglos que hice a través del tiempo tienen algo en común: no son fáciles. Tampoco lo son las composiciones que tengo para piano, son tan difíciles que en el momento de ponerme a tocarlas yo mismo debo ponerme a estudiar. Si Dios me dio un talento para manejarme dentro de la música, el día que vaya a encontrarme con él, y me pregunte: ¿qué hiciste con el talento que te di? Creo que a Dios no le va a gustar que le diga: lo comercialicé.”
Horacio Salgán, Página/12

Mon orchestre n'était pas un orchestre facile, c'est sûr. Mais ce n'est pas mon propos que mes tangos soient difficiles ou faciles, c'est que j'ai tâché d'être absolument sincère dans ce que je fais, de sorte que je ne suis pas toujours là à penser si je vais gagner beaucoup d'argent ou pas beaucoup [...] Je n'ai pas cherché à être populaire ou non, j'ai voulu être honnête [...] Tous les arrangements que j'ai faits au fil du temps ont quelque chose en commun : ils ne sont pas faciles. Et pas plus les compositions que j'ai faites pour le piano. Elle sont tellement difficiles qu'au moment de me mettre à les jouer moi-même, il faut que je me mette à travailler. Si Dieu m'a donné un talent pour me débrouiller dans la musique, le jour où je vais le rencontrer, et qu'il me demandera qu'as-tu fais du talent que je t'ai donné ? Je crois que ça ne va pas lui plaire à Dieu ce que je vais lui dire : j'en ai fait du commerce.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

La suite est à lire sur Página/12, au besoin en vous aidant de la traduction en ligne de Reverso (lien dans la rubrique Cambalache casi ordenado, dans le bas de la Colonne de droite).

(1) César Salgán au piano, Carlos Corrales au bandonéon, Julio Peressini au violon, Juan Pablo Navarro à la contrebasse et Hugo Rivas, à la guitare.
(2) Le Maestro Leopoldo Federico, 83 ans, a des difficultés considérables pour marcher et pour se tenir debout. Des problèmes articulaires qui le font beaucoup souffrir. C'est connu parce que lorsqu'il est sur scène, on ne peut pas manquer de le remarquer.

jeudi 30 septembre 2010

Festival de Tango à Almagro [à l’affiche]

Festival est sans doute ici un terme quelque peu galvaudé. Toujours est-il que ConCiertos Atorrantes, le Sanata Bar et Red de Festivales (réseau de festivals) organisent dans le quartier de Almagro, au Sanata Bar, au Musetta Café, à l’Auditorium du SADEM (le syndicat des musiciens), au Boliche de Roberto et à la Casa del Tango, une série de concerts gratuits tout ce week-end, du 1er au 3 octobre 2010.

Sont programmés le Quinteto Viceversa, le trio Boero-Gallardo et Gomez, le Quasimodo Trio et Amores Tango qui font eux aussi partie des organisateurs, ainsi que le duo Cesar Salgán (piano) et Esteban Falabella (guitare), Esteban Riera (chant), Pablo Agri (violon) avec son quatuor et Guillermo Fernández (chant).

Pour en savoir plus, visitez la page Myspace du festival.

samedi 10 juillet 2010

Le numéro 189 de El Tanguata : un numéro exceptionnel pour les 15 ans de la revue [Disques & Livres]

Beaucoup de choses passionnantes dans ce numéro de juillet 2010 du mensuel gratuit El Tanguata (dont vous trouverez le site dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! dans la partie inférieure de la Colonne de droite).

Nous pouvons y lire une longue interview de Horacio Salgán et de son fils, César Salgán, qui a pris la place il y a quelques années de son père dans le Quinteto Real, grande formation de tango fondée il y a 50 ans comme un divertissement, comme le dit son fondateur-pianiste au cours de l'interview. Un article qui occupe quatre pages du magazine, les pages 20, 22, 24 et 26 (les pages impaires sont composées entièrement de publicité). Cette interview marque les 50 ans du Quinteto Real (entendez Quintette Royal ou Quintette Réel) et les 15 ans de la revue. Comme toujours dans ce magazine, l'interview est bilingue, en espagnol et en anglais.

Egalement dans ce numéro un hommage à Rubén Juárez qui nous a quittés le 31 mai 2010. L'article a été écrit par le poète Alejandro Szwarcman, qui a travaillé avec Rubén Juárez et que Rubén Juárez a interprété en sa qualité de chanteur... C'est en page 6. Le texte est exclusivement en espagnol. C'est écrit par un poète et pas pour les touristes qui ne connaissent de la ville de Buenos Aires que ses milongas, ses cours de danse et ses magasins de chaussures.

Pour le numéro de juillet 2010, ne pouvait pas passer à côté du 75ème anniversaire de la mort accidentelle et tragique de Carlos Gardel : un article est donc consacré aux hommages qui furent rendus à l'idole sud-américaine en Argentine, en Colombie (le pays où il a trouvé la mort le 24 juin 1935) et en Uruguay (page 4, en espagnol en haut, en anglais en-dessous).



Et aussi deux articles (en espagnol uniquement) sur la crise sociale que traverse la Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires, depuis l'arrivée à la tête de l'administration municipale de l'équipe de Mauricio Macri. El Tanguata présente d'une part une interview de Pablo Maglia, l'altiste de l'orchestre, qui est aussi délégué syndical. L'orchestre dépend du Ministère de la Culture du Gouvernement Portègne et s'estime maltraité par son autorité de tutelle : manque de musiciens (l'orchestre est prévu pour compter 45 musiciens, or il y a eu récemment des décès et des départs en retraite, en particulier ceux de Osvaldo Montes et Aníbal Arias qui n'ont pas été remplacés (1), si bien qu'actuellement il n'y plus que 28 instrumentistes pour 45 postes budgétés et  non payés), des locaux indignes, mal tenus et dépourvu de sanitaire en état de fonctionnement, avec moins de chaises et de pupitres que nécessaire, manque de communication pour faire connaître au public le programme des concerts (2). Les musiciens s'insurgent aussi sur la suppression de leurs concerts pédagogiques, une tradition de concerts aux écoles que l'orchestre a développée de nombreuses années durant pour initier les enfants au tango et aux instruments. Et enfin, cerise sur le gâteau, l'orchestre n'a pas été invité à participer aux festivités du Bicentenaire organisées par la Ville de Buenos Aires. Cela ne peut pas leur faire plaisir. Cette interview, qui fait suite à une protestation publique de l'orchestre à l'entrée du Teatro Presidente Alvear, dont il est la formation musicale résidente, le 18 mai dernier, avant le concert d'hommage à Aníbal Troilo (voir mon article du 11 mai 2010 sur cet hommage pour les 35 de la disparition du compositeur emblématique de Buenos Aires).

Capture d'écran à partir du numéro en pdf.
Cliquez sur l'image pour lire le texte en version originale

En complément de cette interview que vous pouvez lire à cheval sur les pages 10 et 11, vous pouvez lire à la page 55 la lettre ouverte (ci-dessus) que l'orchestre a adressée au public (uniquement en espagnol elle aussi) et dont voici la traduction en français :

Chers amis,
Au moment où le tango est déclaré Patrimoine intangible de l'Humanité par l'UNESCO (une initiative de Monsieur Hernán Lombardi...) (3) et que le tango est inclus aussi dans les programmes obligatoires des écoles, d'une manière contradictoire, ce même Ministre condamne notre institution à s'éteindre pour les motifs suivants :

- annulation des concerts pédagogiques alors que l'orchestre les pratiquait depuis 20 ans déjà en pionnier de l'enseignement du tango à l'école,
- le fait que les postes laissés vacants par les décès ou les départs en retraite ne sont pas pourvus et que les sommes correspondantes ne sont pas versées
lenteur et négligence dans la programmation, absence de promotion et de diffusion des concerts de l'orchestre. Par exemple : série de concerts à l'Alvear, résidence historique de l'orchestre, toujours 600 personnes, série au Teatro de la Ribera, programmée par le Ministère de la Culture, 20 personnes en moyenne par spectacle (4) avec la dilapidation de l'argent public que cela implique : location de piano, transport, personnel, consommables...,
- manque d'outils de travail : instruments, pupitres, étuis pour instruments, sièges, tenues de travail qui sont fournies à tous les autres salariés de la Ville. En conséquence de quoi, c'est nous qui sommes responsables de l'entretien et sommes exposés au risque de nous faire voler nos instruments, ce qui s'est déjà produit (5).

Nous vous sommes très obligés de votre soutien et le restons toujours. Merci beaucoup.
(Traduction Denise Anne Clavilier)



L'autre article particulièrement intéressant est celui qui porte sur le vote récent (en mai) à la Legislatura d'une déclaration qui réclame au Gouvernement de la Ville de Buenos Aires qu'il intègre le tango dans les programmes de l'école primaire. Cette déclaration, qui, pour l'instant, reste lettre morte, a été votée suite à une initiative de Claudio Tagini (que les fidèles lecteurs de Barrio de Tango connaissent comme l'animateur d'une ancienne émission de radio par internet, ADN Tango, et son association, qui porte le même nom et milite pour que le tango touche à nouveau un très large public, matraqué à la radio et à la télévision par les productions commerciales étrangères ou locales d'inspiration européenne ou nord-américaine).
El Tanguata a soutenu l'initiative législative et politique et revient donc (en espagnol uniquement) sur la déclaration elle-même, sur les mobiles de ses promoteurs et sur la manifestation artistique qui a eu lieu au Palais de la Legislatura pour en fêter le vote avec la participation de très grands artistes, dont Susana Rinaldi (en haut), les danseurs Paola Parrondo et Victor Nieva (au milieu de la page) et le Maestro Raúl Garello à la tête de la Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires (en bas). C'était le premier d'une série d'événements qui doivent être organisés par les artistes et les responsables culturels de Buenos Aires pour faire pression sur le Gouvernement de Mauricio Macri pour qu'il mette en oeuvre la mesure soutenue par les députés municipaux.

Et en plus de tout ça, ce numéro de El Tangauta comporte un article de deux pages, en espagnol et en anglais, sur Juan Carlos Cáceres, ses concerts récents à Buenos Aires, la sortie de son premier livre et celle d'un nouveau disque pour ses 40 ans de carrière. Deux pages bilingues dont j'ai déjà parlé dans un autre article paru aujourd'hui dans Barrio de Tango.

Pour lire les articles de ce numéro exceptionnel de El Tanguata, il faut consulter son site, dont vous trouverez le lien dans la rubrique Eh bien dansez maintenant !, dans la partie inférieure de la Colonne de droite. Pour accéder aux articles, vous devrez d'abord vous enregistrer sur le site et vous créer un mot de passe. Ensuite il vous suffira de vous identifier avec votre identifiant et votre mot de passe pour télécharger gratuitement tout ce que vous voudrez, y compris le numéro entier de toute la collection en format pdf.

(1) Ce départ à la retraite du grand bandonéoniste et du grand guitariste fut annoncé officiellement à l'issue du concert du 40ème anniversaire de la création de Balada para un loco, cet été. Voir l'article du 11 décembre 2009, rédigé depuis Buenos Aires par Solange Bazely qui avait assisté au spectacle et que j'ai publié dans Barrio de Tango.
(2) Pour les chaises et les pupitres qui manquent dans la salle de répétition, je ne sais pas ce qu'il en est mais pour la discrétion de la publicité sur les concerts, je suis entièrement d'accord avec Pablo Maglia : en 2008, j'ai fait plusieurs articles sur les prestations de l'orchestre mais depuis plus d'un an, c'est nettement plus compliqué pour moi d'accéder à l'info. Elle que l'on trouvait très facilement sur le site de la Ville de Buenos Aires, il faut maintenant la chercher longuement et parfois en vain. Une fois sur place, je ne peux savoir où et quand aller écouter l'orchestre que grâce aux contacts personnels que j'ai à la Academia Nacional del Tango et à la Direction de la Musique. Pour le public lambda, ce n'est donc plus très simple de savoir où se produit l'orchestre.
(3) Voir mes articles sur cette inscription du tango au patrimoine culturel de l'humanité et les diverses réactions qu'elle a suscitées et continue de provoquer chez les professionnels du tango et les acteurs de la culture populaire à Buenos Aires.
(4) Au tout début de l'année, Hernán Lombardi, ministre de la culture du gouvernement portègne, avait pourtant fait du Teatro de la Ribera, dans le quartier de la Boca, face au port du Riachuelo, la salle consacrée au tango parmi toutes les salles publiques dépendant de la Ville de Buenos Aires. Voir mon article du 3 janvier 2010 sur ce sujet. Il était déjà assez clair à ce moment-là que le choix, particulièrement excentré et peu aisé d'accès (il faut y aller en voiture, surtout le soir) était assez peu pertinent. Cet échec n'a donc rien de très étonnant... Quant à l'Alvear, c'est une très belle salle qui doit pouvoir contenir largement plus que 600 personnes. Surtout si les concerts sont gratuits.
(5) C'est vrai. Un musicien au moins s'est fait voler un bandonéon. Un instrument très difficile à se procurer car les bandonéons sont hors de prix, puisque leur fabrication est pratiquement interrompue depuis 1949, année où les fabricants traditionnels de Saxe ont été expropriés par la nationalisation générale de toutes les entreprises en RDA. Depuis une dizaine d'années, les ateliers ont été rendus à leurs légitimes propriétaires mais le savoir-faire est loin d'avoir été parfaitement récupéré par les petits-enfants ou arrière-petits-enfants après 40 ans de rupture de la transmission artisanale, traditionnelle de père en fils. Voir mon article du 3 novembre 2009 sur le vote d'une loi qui protège désormais les bandonéons en en limitant les possibilités d'exportation depuis le sol argentin.

vendredi 11 décembre 2009

Día Nacional del Tango 2009 [coutumes]

Une du complément culturel de Página/12 de ce jour

C’est donc aujourd’hui la Fête nationale du Tango en Argentine. Grand déploiement de concerts et de spectacles gratuits dans toute la ville mais bien au-delà dans tout le pays : Mendoza, Córdoba, Rosario et même tout au sud à Ushuaia...

Je vus invite donc à lire l’article d’ensemble de Cristián Vitale qui passe tout en revue dans Página/12 sous le titre Du tango pour tout le monde.
Ce soir, au Centro Cultural Torcuato Tasso, comme je l’avais déjà annoncé dans un article consacré à la deuxième semaine du Festival de Tango en el Tasso, seront remis les prix Horacio Salgán et aura lieu un concert du Quinteto Real, dirigé aujourd’hui par le fils du Maestro, César Salgán. A cette occasion, Página/12 publie une nouvelle interview du grand compositeur et pianiste. Ce quotidien avait déjà fait une interview en septembre, mais des deux Salgán, le père et le fils (voir mon article à ce sujet).

La Nación publie comme presque tous les ans à la même date un nouvel article sur Carlos Gardel, avec plusieurs clips vidéos de quelques uns des grands succès du grand chanteur.
Allez y voir, c’est son anniversaire, tout de même !

Enfin, j’apporte à quelques articles précédents diverses corrections et addenda :
Au grand concert gratuit de ce soir su Plaza de Mayo, la chanteuse Amelita Baltar et Juan Carlos Baglietto viennent enrichir le programme. Le grand danseur Juan Carlos Copes, qui avait reçu déjà un hommage lors de la Gran Milonga Nacional de samedi, sera là lui aussi. Tout comme la Orquesta Nacional Juan de Dios Filiberto et le Maestro Leopoldo Federico, qui dirigera la Selección nacional de tango.

Au Museo Casa Carlos Gardel, dont je vous ai déjà annoncé dans un article précédent, que s’y produiraient Las minas del Tango reo, viendra aussi chanter très tôt, à 18h30, Antonio Seoane. Le musée se situe rue Jean Jaurés 735.

Enfin au pied de l’Obélisque ou presque, jouera ce soir en plein air la Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires, dans le Paseo Astor Piazzolla, au débouché des rues Roque Sáenz Peña et Cerrito.

vendredi 27 novembre 2009

Le Sexteto Mayor et le Quinteto Real ensemble au Torcuato Tasso ce soir [à l’affiche]

Visuel extrait du site du CC Torcuato Tasso

Tous les vendredis et samedis soir de ce mois de novembre, ces deux formations mythiques partagent la scène du Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575 dans le quartier de San Telmo, à 22h. Il en coûte 80$ par personne pour voir le spectacle (à quoi il faut ajouter la consommation ou le plat qu'il vous sera proposé de commander, le Torcuato étant un café-concert comme beaucoup de centres culturels et de salles de spectacle à Buenos Aires). Et n’arrivez pas en retard : vous ne pourrez pas entrer. La salle est plutôt petite et elle affiche complet tous les soirs.
Avec une telle affiche, c’est très normal.

D’autant que ce soir et demain, pour les deux derniers concerts, il y aura le guitariste Ubaldo De Lío, le partenaire de Horacio Salgán, lui-même fondateur, désormais retiré de la scène, du Quinteto Real, où son fils César a pris sa place au piano tandis que Esteban Falabella a pris la place de Ubaldo De Lío à la guitarre.

Exceptionnellement, ce soir, le Quinteto Real laissera sa place au Trio Carlos Corrales auquel se joindra Ubaldo De Lío.

Aujourd’hui, le Sexteto Mayor rassemble Horacio Romo, qui dirige l’ensemble tout en assurant la partie du bandonéon avec un instrument qui a appartenu au fondateur, Pepe Libertella. Lautaro Greco tient le second bandonéon. Fulvio Giraudo est au piano, Enrique Guerra à la contrebasse et, de l’ensemble historique, demeurent les deux violonistes : Mario Abramovich et Eduardo Walczak.
Le Quinteto Real de son côté est dirigé par César Salgán, au piano, et rassemble Esteban Falabella à la guitare, Carlos Corrales au bandonéon (celui du trio), Julio Peressini au violon et Juan Pablo Navarro à la contrebasse.

L’événement se conclut demain soir, avant un retour ponctuel et exceptionnel en décembre pour le 6ème Festival de Tango en el Tasso. C’est l’occasion pour Página/12 de consacrer à cette rencontre tanguera tout un article du supplément Culture et Spectacles dans son édition d’aujourd’hui.

Pour aller plus loin :
Lire l’article de Página/12.

Pour en savoir plus : les mots-clés dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, vous permettent d’accéder aux autres articles consacrés dans ce blog à ces artistes, à ce quartier et à ses propositions culturelles, à tous les articles où ce quotidien, Página/12, nous apportent une information éclairante (mais en espagnol). Vous pouvez aussi vous orienter, dans le fouillis de ce millier d’articles déjà parus, grâce aux raccourcis installés dans la Colonne de droite, en partie supérieure.
Je me permets d’attirer votre attention sur certains articles que j’ai récemment mis en ligne, notamment sur une longue interview donnée par Horacio et César Salgán à Página/12, la sortie chez Melopea au milieu de cette année du dernier concert de Horacio Salgán et Ubaldo De Lío (c’était en public au Club del Vino, à Palermo, il y a quelques années), l’article consacré à la sortie tuote récente du double album posthume de Pepe Libertella et celui portant sur la soirée que la Academia Nacional del Tango lui a consacrée il y a quelques semaines à peine. Dernière information à retenir : je publierai prochainement un article complet sur le festival qui s’ouvre au Torcuato Tasso la semaine prochaine... Beau programme en perspective !

vendredi 23 octobre 2009

Salgán père et fils : interview dans Página/12 [Actu]

Une du complément Cultura y Espectaculos de l'édition d'aujourd'hui

Sous le titre, En el tango, la base del asunto es la inspiración (dans le tango, le fonds de l’affaire, c’est l’inspiration), le journaliste Carlos Bevilacqua signe aujourd’hui dans le supplément culturel de Página/12 une longue, passionnante et rare interview de deux musiciens de grand talent peu présents dans les médias, le Maestro Horacio Salgán, une légende vivante à lui tout seul, et son fils, le bassiste et désormais aussi pianiste César Salgán, qui a pris la place de son père au sein du Quinteto Real, depuis que le Maître a décidé, en 2003, il y a déjà 6 ans, de ne plus se produire en public.
Il serait difficile et, pour tout dire, il serait même vain de tenter de faire un résumé d’une conversation à bâtons rompu, où qui plus est, les blagues, n’ont pas manqué. Il y a des occasions où il n’y a pas à barguigner : il faut oser s’aventurer dans une langue étrangère. Cette interview offre l’une de ces occasions : allez-y sans crainte. L’espagnol du quotidien n’est pas une langue si éloignée de la nôtre qu’il ne soit pas possible de la comprendre en la lisant à tête reposée...

Pour lire l’interview, cliquez sur ce lien direct vers l’article de Página/12.

Vous pouvez aussi lire, avant ou après, l’entrefilet biographique qui repasse le parcours artistique (73 ans sur scène) d’un Maître qui, à 93 ans, continue à jouer, à étudier le piano ("pour jouer mieux") et à composer ou à faire des arrangements de morceaux à lui ou d’autres compositeurs (en ce moment, Estudiante, de Carlos Gardel) mais chez lui, sans public ni micro et dans l’intimité de son logis. Le dernier disque en public d’Horacio Salgán (avec le guitariste Ubaldo De Lío, avec lequel il forma un duo de légende) est sorti en mai dernier chez Melopea (voir mon article à ce sujet).

dimanche 12 avril 2009

Des nouvelles de El Arranque

La salle de No Avestruz (extraite du site)

La Orquesta Típica El Arranque, de retour d'Europe (ils jouaient au Musée des Beaux Arts à Bruxelles, il y a quelques semaines), se produisait vendredi dernier au No Avestruz (Autruches interdites), rue Humboldt 1857 dans le quartier de Palermo. Ils y entament un cycle hebdomadaire, tous les vendredis, à 21h, ce qu'ils n'avaient plus fait depuis deux ans, depuis la fermeture du Club del Vino qui fonctionnait aussi à Palermo. Du fait du récent départ du chanteur Ariel Ardit, parti continuer sa carrière en soliste et qui vient de sortir son second disque en tant que tel, c'est Noelia Moncada qui sera la voix de el Arranque, comme elle le fut à Bruxelles dernièrement...
Vendredi 10, El Arranque avait pour invité d'honneur Andrés Linetsky, pianiste et compositeur, qui a quitté récemment le groupe pour en monter un autre qui porte son nom.

Vendredi 17, ils recevront César Salgan et Esteban Falabella, respectivement pianiste et guitariste, à l'image du duo légendaire formée il y a plusieurs décennies par Horacio Salgan et Ubaldo de Lio.

Au cours de cette série de concerts, ils présentent le dernier de leurs disques, Nuevos, que je vous avais déjà annoncé en juillet dernier. Ce disque qui est accompagné dans sa version collector par un jeu de l'oie conçu par Ignacio Varchausky, l'un des fondateurs et compositeurs du groupe, et son contrebassiste. Le but du jeu : apprendre la culture du tango en s'amusant (des fois qu'il y aurait d'autres manières d'approcher le sujet ?).

A l'occasion de ce retour aux sources du contact hebdomadaire avec le public local en petit comité, Ignacio Varchausky a répondu à une interview par Cristian Vitale de Página/12 (édition du 10 avril) où il revient sur son parcours musical, depuis le rock dont il est issu jusqu'à cette position de tenant de la tradition tanguera qu'il a acquise avec El Arranque, la OET Emilio Balcarce qu'il a co-fondée avec Ramiro Gallo et le Maestro Balcarce bien sûr et dont il est l'un des directeurs artistiques et l'Association TangoVia qui soutient les projets de conservation et de promotion du patrimoine musical et culturel du tango, dont il est l'un des principaux responsables. A son actif aussi, le film tourné par sa femme, Caroline Neal, sur la naissance de la OET Si sos brujo (voir le raccourci Cinéma, dans la rubrique Tangoscope de la Colonne de droite).

mercredi 25 mars 2009

El Quinteto Real au Club Lounge ce soir [à l’affiche]

César Salgán et Ubaldo de Lío

Le Quinteto Real a été fondé par le guitariste Ubaldo de Lío et le pianiste Horacio Salgán, tous les deux compositeurs. Horacio Salgán s’est aujourd’hui totalement retiré de la scène, non sans avoir auparavant laissé à Litto Nebbia le soin d’éditer son tout dernier disque, un concert donné avec Ubaldo de Lío et donc disponible depuis quelques mois chez Melopea.

C’est César Salgán, le fils aujourd’hui quinquagénaire du grand Maestro, qui tient le piano à sa place et assure aujourd’hui la direction générale et est l’arrangeur attitré de cette formation. A la guitare, c’est Esteban Falabella. Tous deux étaient d’ailleurs venus à Paris en juin dernier avec la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce qui s’est produite au défunt Festival Buenos Aires Tango du Théâtre National de Chaillot...

Au bandonéon, nous avons Carlos Corrales (à qui on avait volé son instrument en octobre, voir mon article à ce sujet, il a récupéré son précieux compagnon, dûment tatoué quelques semaines plus tard). Au violon, c’est Julio Peresisni et à la contrebasse, Juan Pablo Navarro. Le Quinteto Real a invité pour l’occasion (mais ce n’est pas la première fois), le chanteur Marcelo Tomassi, qui est aussi celui de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires. (Un chanteur à découvrir sur son site).

Ubaldo de Lío participera au concert en qualité d’invité d’honneur.

Cela se passera au Club Lounge, un établissement sélect de la rue Reconquista 974 (à Buenos Aires, on dit que c’est un "bar exclusivo") du quartier désormais chic (mais qui ne l’a pas toujours été) du Retiro. La place est à 40 $.

Attention en ouvrant le site du Club Lounge : il libère au bout d’un certain temps (dont la durée varie selon la qualité de votre connexion) un flot ininterrompu de Libertango (Astor Piazzolla), bien sonore et en boucle. C’est parfait si vous êtes à la maison. Régalez-vous. Mais si vous êtes au bureau, assurez-vous que vos collègues sont tous mélomanes.

Le Quinteto Real n’a pas à ma connaissance de site. En revanche, voici sur You Tube César Salgan et Esteban Falabella répétant Te vas milonga à la Casa del Tango (rue Guardia Vieja dans Almagro), et ici répétant, au même endroit, El Entreriano (un classique de la Guardia Vieja, justement). La Casa del Tango a été fondée par Osvaldo Pugliese en 1967 pour que la communauté tanguera ait un lieu à elle dans Buenos Aires. C’était une vieille idée. Homero Manzi avait déjà essayé de monter quelque chose de ce genre sans y arriver. Pugliese a pu fonder ce modeste centre, qui est vraiment la maison, le foyer du tango. Puis Horacio Ferrer a pu transformer l’essai de Pugliese en fondant une institution officielle celle-là, la Academia Nacional del Tango (voir les grandes dates du tango, article publié ce jour, en lien dans la Colonne de droite, en partie centrale, dans la rubriques Petites chronologies.).
Sur You tube encore, le Nuevo Quinteto Real (donc celui qui se produira ce soir au Club Lounge) sur scène, à La Viruta, à Buenos Aires, en mai 2008.

Et puis pour rendre hommage au fondateur, voici toujours sur You Tube, el Nuevo Quinteto Real, interprétant A fuego lento, du Maestro Horacio Salgán, dans un extrait du film de Carlos Saura (Tango), d’où la prise de vue excellente (Pensez donc, un film de Saura !).