Affichage des articles dont le libellé est Ramiro Gallo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ramiro Gallo. Afficher tous les articles

jeudi 28 octobre 2021

Cinq jours de musique à Bariloche : le festival andin est de retour [à l’affiche]


San Carlos de Bariloche est la station de sports d’hiver la plus connue et la plus fréquentée du sud de l’hémisphère sud. Alors que la saison du ski prend fin, la ville lance son festival international de musique, abandonné pendant les deux ans de la pandémie.

Au programme de ces cinq jours, d’hier à dimanche, du 27 au 31 octobre 2021, on trouve de tout, en version présentielle et distancielle : du tango avec les violonistes et compositeurs Ramiro Gallo et Pablo Agri, du folklore avec l’auteur-compositeur interprète Peteco Carabajal, qui a joué hier, ou le guitariste Juan Falú, de nombreux hommages à Astor Piazzolla (qui aurait eu 100 ans en mars), avec notamment du jazz grâce à la présence de son petit-fils, Pipi Piazzolla, avec son Ensamble Escalandrum, un spectacle pour les enfants, de la musique lyrique, de la musique classique, de la musique orchestrale avec plusieurs interventions de l’orchestre de la Province de Entre Ríos, un documentaire sur la vie et l’œuvre du docteur Milstein, prix Nobel de médecine argentin dont 2021 est l’année sur tout le pays.


Ce documentaire sera accompagné de musique vivante, grâce à l’orchestre philharmonique de la province et à plusieurs artistes invités.

La plupart des artistes participants sont originaires de la province et y vivent. Une belle vitrine pour eux en ce printemps d’après-vaccination.


Accès libre et gratuit à toutes les activités.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :


Ajout du 30 octobre 2021 :
lire cet article de Clarín


Ajout du 31 octobre 2021 :
lire cet article de Página/12

vendredi 8 octobre 2021

Ramiro Gallo revient à Hasta Trilce [à l’affiche]


Ce soir, vendredi 8 octobre 2021, à 20h puis à 22h, le violoniste et compositeur Ramiro Gallo sera sur la scène de Hasta Trilce, Maza 177, une des salles de spectacle du quartier de Almagro, au centre de Buenos Aires.

Dans un spectacle intitulé Musique pour les pannes d’électricité, il présentera des nouveaux morceaux, son travail pendant les confinements.

Le Quinteto Ramiro Gallo se compose, outre de son fondateur et directeur, du pianiste Adrián Enriquez, du guitariste Santiago Vera Candioti, du bandonéoniste Joaquín Benítez Kitegroski et du contrebassiste Lautaro Muñoz.

Prix des places : 1 000 $ ARG.

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

samedi 31 mars 2018

Ramiro Gallo ce soir à Pista Urbana [à l'affiche]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le violoniste et compositeur Ramiro Gallo, qui a reconstitué son quintette, présentera ce soir, samedi 31 mars 2018, à 21h30, un nouveau disque à Pista Urbana, Chacabuco 874, dans le quartier de Monserrat (limite San Telmo).

Ce disque de musique originale s'intitule Lo que muere renace (ce qui meurt renaît), un album de treize pistes, dont douze signée par Ramiro Gallo et une par son père, Enrique Gallo. Il n'est pas fréquent que ce compositeur se lance dans le tango-canción.


Le violoniste jouera avec le pianiste Adrián Enrique, le guitariste Santiago Vera Candioti, le bandonéoniste Federico Santisbeban et le contrebassiste Lautaro Muñoz. La chanteuse Roma Ramírez accompagnera le quintette ce soir.

Pour aller plus loin :
lire l'interview de Ramiro Gallo dans Página/12
écouter l'interview donnée à la fin février à Fractura Expuesta.

jeudi 28 septembre 2017

Place au tango expérimental au festival Nuevo Baires Tango [à l'affiche]

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

A l'initiative du compositeur et pianiste Marcelo Lodigiani, c'est un nouveau festival de tango qui commence ce soir à Buenos Aires. Un festival consacré aux nouvelles tendances musicales du genre et aux expériences dans un esprit d'ouverture et de liberté. Le mot d'ordre était le suivant : "venez et faites ce que vous voulez".

Le festival se déroulera dans trois quartiers, sur trois sites distincts, dont l'Alliance Française de Palermo (l'Alliance Française a plusieurs locaux à Buenos Aires).

Au programme, des concerts et une table ronde, avec remise de prix pour la clôture, lundi soir.

Entrée libre et gratuite avec réservation à l'avance obligatoire.

Página/12 a consacré un article-interview à l'événement dans son édition de ce matin.

Le festival dispose d'une page Facebook.

samedi 17 septembre 2016

La Patria Tanguera au CCK sous la direction de Andrés Linetsky [à l'affiche]


Ce soir, samedi 17 septembre 2016, début au CCK d'une série de concerts, intitulée La Patria Tanguera (la patrie qui vit du tango), organisée par le pianiste et compositeur Andrés Linetsky qui va présenter des musiciens de tout le pays et de toutes les obédiences stylistiques et esthétiques, depuis le plus classique jusqu'au plus rebelle ou au plus engagé politiquement (à gauche).


Ce soir, on commence à 19h avec un concert gratuit dans la Sala Sinfónica du CCK (entrée par Sarmiento 150). Ce samedi, participeront le groupe La Biaba (de Rosario, Santa Fe), la Orquesta Típica Ciriaco (de Córdoba), la Orquesta de Víctor Lavallen, établi à Buenos Aires mais né à Santa Fe, comme le Nuevo Quinteto Ramiro Gallo.


Les concerts suivants auront lieu les 12 et 13 novembre avec d'autres groupes.

Même Página/12, qui n'a pas eu de mots assez durs cette semaine pour stigmatiser l'installation au CCK (Centro Cultural Kirchner) du Forum économique international (dont il hait l'idée même), est bien obligé de convenir que cette programmation correspond à ses attentes politico-culturelles et à la vocation culturelle du lieu...


Pour en savoir plus sur la manifestation :
lire l'interview de Andrés Linetsky par l'agence Télam
lire l'article de Página/12, qui interviewe le violoniste Ramiro Gallo et le bandonéoniste Pablo Jaurena, qui anime l'orchestre Ciriaco
lire la présentation officielle sur le site Internet du CCK

vendredi 22 avril 2016

Week-end Tango Contempo au Café Vinilo [à l'affiche]


Le festival Tango Contempo est de retour aujourd'hui et dimanche, vendredi 22 et dimanche 24 avril 2016, au Café Vinilo, Gorriti 3780 à Palermo. Festival est un bien grand mot pour deux soirées en tout et pour tout mais la manifestation est de haut niveau. Elle rassemble des artistes de talent autour des recherches artistiques et esthétiques du tango d'aujourd'hui.

Aujourd'hui, la soirée sera partagée entre le bandonéoniste et compositeur Julio Pane et plusieurs chanteurs qu'il a invités d'une part et le Nuevo Quinteto Ramiro Gallo d'autre part.

Dimanche, la soirée sera là encore partagée entre le duo Mainetti (bandonéon) et Angeleri (guitare) d'une part et l'orchestre El Arranque d'autre part, avec son chanteur attitré, Juan Pablo Villareal.

Entrée : 150 $ ARG chaque soirée.

Pour en savoir plus :
consulter le site Internet du Café Vinilo et sa page Facebook.

Ajout du 23 avril 2016 :
lire l'article de La Nación.

lundi 9 novembre 2015

Barone et González de nouveau à Buenos Aires entre amis [à l'affiche]


La chanteuse Patricia Barone et le guitariste et compositeur Javier González seront à nouveau à Buenos Aires ce samedi 14 novembre 2015, à 21h, au Teatro Hasta Trilce, dans le quartier de Balvanera.

De retour d'Espagne, le couple viendra clore une saison marquante dans son parcours avec son groupe et trois invités de choix : la chanteuse Amelita Baltar, le saxophoniste Bernardo Baraj et le violoniste Ramiro Gallo.

Entrée : 120 $ ARG. Et cela va bigrement valoir le coup !
La salle est aussi un bar. Prévoyez donc des consommations.

Barone et González ont sorti un nouveau disque cette année : Complicidad, pour fêter la longévité de leur partenariat artistique.

La salle, qui dispose d'un site Internet et d'une page Facebook, bénéficie du soutien du Ministère national de la Culture et soutient à fond tous les programmes culturels et sociétaux du gouvernement sortant.

vendredi 16 octobre 2015

Hommage à Emilio Balcarce lundi prochain à la Academia [à l'affiche]

Emilio Balcarce en 2000 sur la scène du Teatro Colón
une image tirée du film de Caroline Neal, Si sos brujo, sur la  naissance de l'OET
Photo Bodega Films

La Academia Nacional del Tango consacrera sa soirée académique du troisième lundi du mois, ce 19 octobre 2015 à 19h30, au Maestro Emilio Balcarce (1918-2011), compositeur, arrangeur, chef d'orchestre et bandonéoniste, qui a co-fondé la Orquesta Escuela de Tango qui porte désormais son nom.

La soirée est coordonnée par Roberto Martínez et Alejandro Molinari. Participeront le président Gabriel Soria et les deux autres co-fondateurs de la OET Emilio Balcarce, les compositeurs Ignacio Varchausky (contrebassiste) et Ramiro Gallo (violoniste).

Le tango rituel de la soirée sera Balada par un loco, de Astor Piazzolla et Horacio Ferrer, à l'occasion des 45 ans de la création de ce morceau révolutionnaire, qui a marqué une étape dans l'histoire du genre. L'enregistrement permettra d'entendre la voix de Horacio Ferrer, accompagné par le Bertero Big Band.

Entrée libre et gratuite, au 833 avenida de Mayo, 1er étage.

vendredi 4 novembre 2011

Ramiro Gallo et sa Orquesta Arquetípica à Ave Tango samedi [à l'affiche]

Affiche diffusée par Ramiro Gallo et son équipe

Le violoniste et compositeur Ramiro Gallo présentera demain, samedi 5 novembre 2011, à 22h, son nouveau disque, Arte popular, enregistré avec sa Orquesta Arquetípica, un grand orchestre de tango qu'il a constitué récemment.

Ce sera à Ave Tango, la récente tanguería fondée à La Boca par le guitariste Julián Hermida et sa femme, la danseuse Gachi Fernández, avenida Almirante Brown n° 1375.

Entrée : 60 $

vendredi 8 juillet 2011

Ramiro Gallo ce soir au Vinilo Café et ce matin sur Página/12 [à l'affiche]

Le violoniste, chef d'orchestre et compositeur Ramiro Gallo présente ce soir, vendredi 8 juillet 2011, à 21h30, son nouveau disque, Arte Popular, et sa Orquesta Arquetípica, au Café Vinilo, Gorriti 3780. Le concert se reproduira les deux prochains vendredis, les 15 et 22 juillet. Le bandonéoniste et compositeur Leopoldo Federico et la chanteuse Lidia Borda font partie des invités de ce soir.

C'est l'occasion pour Página/12 pour interviewer le musicien, qui s'est fait connaître comme le premier violon de l'orchestre El Arranque, qu'il a quitté il y a quelques années pour fonder son propre quintette et passer maintenant à la vitesse supérieure, avec ce grand orchestre, avec lequel il veut relever le défi des difficultés économiques qui entravent gravement le développement des formations musicales.

Il s'en explique d'ailleurs, avec le ton d'un musicien arrivé, avec de légers accents d'auto-satisfaction qui ne vous échapperont pas.

–¿Por qué sintió la necesidad de crear una orquesta típica, teniendo un quinteto? A priori, parecería más difícil trabajar, ensayar, moverse con una formación grande...
–Lo es, pero justamente ahí está el tema. El sonido emblemático del tango, el arquetípico, tiene que ver con lo orquestal, y creo que la mayoría de los músicos de tango lo saben. Y justamente, dejar de armar orquestas no tiene que ver tanto con una cuestión estética, sino laboral. Así que la decisión de armar la Arquetípica es un poco salir a ponerle el pecho a eso.
Ramiro Gallo, dans Página/12

- Pourquoi avez-vous ressenti le besoin de créer un orchestre typique, alors que vous aviez un quintette ? A priori, ça aurait l'air d'être plus difficile de travailler, de répéter, de bouger avec une grosse formation ?
- C'est le cas, mais justement la question est là. La sonorité emblématique du tango, la sonorité archétypale, ça a à voir avec la sonorité orchestrale et je crois que la majorité des musiciens de tango le savent.. Et justement, arrêter de monter des orchestres n'a rien à voir avec une question esthétique, mais avec les conditions de travail. C'est pour ça que la décision de monter la Arquetípica, c'est un peu aller s'exposer à ça.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–Sin embargo, hay una gran cantidad de orquestas típicas formadas por músicos muy jóvenes...
–Claro, hay muchos que se han sumado a ese tipo de esfuerzo, toda la movida de la Unión de Orquestas Típicas es muy valiosa. Lo que pasa es que para mí es más difícil, yo estoy en otro momento, no puedo ponerme a armar una cooperativa o decirles a los músicos “súmense a mi orquesta, vamos a remarla juntos”. No, si estoy planteándoles sumarse a mi proyecto, tengo que darles trabajo, darles algo armado, el riesgo no puede ser compartido. En cuanto a los músicos más jóvenes que se organizan y arman sus típicas, desde luego que es auspicioso. Lo que más me interesa por ahora es el movimiento que se generó, no sé si encuentro productos totalmente acabados, aunque algunos como Agustín Guerrero plantean búsquedas muy interesantes. Con el tiempo, de la cantidad tiene que salir la calidad.
Ramiro Gallo, dans Página/12

- Pourtant, il y a une grande quantité d'orchestres typiques formées par des musiciens très jeunes...
- Bien sûr, il y a beaucoup de gens qui se sont regroupés dans ce type d'effort, tout le mouvement de la Unión de Orquestas Típicas (1), ça a beaucoup de valeur. Ce qui se passe, c'est que pour moi, c'est plus difficile, je suis à un autre moment [de ma carrière], je ne peux pas me mettre à monter une coopérative ou à dire aux musiciens "Venez dans mon orchestre, on va ramer ensemble". Non, si je leur demande de se joindre à mon projet, il faut que je leur donne du travail, il faut que je leur donne quelque chose de constitué (2), le risque ne peut pas être partagé. Quant aux musiciens plus jeunes qui s'organisent et montent des orchestres typiques, c'est de très bon augure, ô combien. Ce qui m'intéresse le plus en ce moment, c'est le mouvement qui est né, je ne fais pas si je trouve les produits totalement aboutis, même si quelqu'un comme Agustín Guerrero (3) ouvrent des voies de recherche très intéressantes. Avec le temps, de la quantité, il faut que sorte de la qualité.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :

(2) C'est lui qui pense ça. Il y a bien des musiciens qui sont arrivés au même point que lui, et peut-être même qui sont montés plus haut, et qui n'ont pas cette mentalité patronale.
(3) qui fait l'objet d'un autre article ce même jour dans les pages culturelles de Página/12 et du même coup dans ce blog.

vendredi 3 juin 2011

Pablo Aslan réhabilite des enregistrements reniés par Piazzolla [à l'affiche]

Le contrebassiste argentin, installé à New-York, Pablo Aslan, joue ce soir, vendredi 3 juin 2011, à 21h30, au Notorious Bar, Callao 966, dans le sud du quartier de Recoleta, cette partie de la ville, qui chevauche plusieurs quartiers et qu'on appelle communément à Buenos Aires Barrio Norte.


Comme hier à la même heure, il présentera son nouveau disque, Tango Grill, alors qu'il est en plein enregistrement d'un autre album où il rend une forme d'hommage à Astor Piazzolla, dont il reprend des morceaux que le Maestro enregistra en 1959 à New-York, sous une forme commerciale qu'il renia ensuite (1). Il n'aimait pas ce disque, et il était loin d'avoir complètement tort.

Ces deux soirs, au Notorious, Pablo Aslan sera entouré de Abel Rogantini (piano), Gustavo Bergalli (trompette), Nicolás Enrich (bandonéon) et Daniel "Pipi" Piazzolla (batterie), le petit-fils du compositeur qui mène, quant à lui, une carrière de musicien de jazz... à Buenos Aires et en Argentine, à la tête du groupe Escalandrum. A coup sûr, il y aura bien ce soir dans la salle une bonne âme pour venir l'ennuyer comme toujours après le concert avec de pseudo-anecdotes sur Astor (voir mon article du 22 mai 2011 sur l'interview que Pipi Piazzolla a donnée récemment au quotidien Página/12 à l'occasion de la sortie de son propre disque, autre hommage au grand-père en question).

Tango Grill, traduction littérale en anglais de l'expression argentine Tango a la parilla (2), comporte un certain nombre de classiques du répertoire comme Viejo Smoking, El Amanecer, El Marne, La Trampera, Dandy et Divina. C'est cette sélection qu'on entend hier et ce soir au Notorious, dans des arrangements de Aslan lui-même. Pour ce disque, il a fait appel à quelques grands du tango actuel comme le bandonéoniste Néstor Marconi, le pianiste Nicolás Ledesma et le violonniste Ramiro Gallo, ex-Arranque.

A l'occasion de son passage à Buenos Aires, le contrebassiste a accordé une interview à Página/12 sur ce prochain album de reprises piazzolliennes et cet étrange sentiment de décalage que ressentent la plupart des musiciens argentins vivant à l'étranger dès qu'ils veulent jouer, dans leur pays d'adoption, la musique de leur pays.

“Por un lado es cierto que con ‘Oblivion’ o ‘Milonga del ángel’ es difícil hacer algo nuevo. Pero, hablando un poco más en serio, me resultaban sumamente atractivas esas grabaciones de las que Piazzolla renegó pero que son, sin duda, el eslabón inevitable antes del quinteto que forma en 1960, al regresar de Nueva York. Había, también, una especie de identificación. Me lo imaginaba en esa ciudad donde yo vivo, con mi mujer y mis hijos, a pocas cuadras, con los suyos, unos cincuenta años antes pero con las mismas sensaciones y, también, teniendo que tocar con músicos que no entendían los acentos, el gesto, de la música de acá”.
Pablo Aslan, dans Página/12

D'un côté, c'est sûr qu'avec Oblivión et Milonga del Ángel, c'est difficile de faire quelque chose de neuf. Mais, pour parler un peu plus sérieusement, je les ai trouvés extrêmement intéressants, ces enregistrements parmi ceux que Piazzolla a reniés mais qui sont, sans aucun doute, le maillon incontournable avant le quintette qu'il forme en 1960, à son retour de New York (3). Il y avait aussi une espèce d'identification. Je me l'imaginais dans cette ville où je vis moi aussi, avec ma femme et mes enfants, à quelques centaines de mètres, avec les siens, quelque cinquante années avant mais avec les mêmes sensations et devant lui aussi jouer avec des musiciens qui ne comprennaient pas les accents, le geste de la musique d'ici (4).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Cada género tiene sus protocolos; en el tango se escribe todo; los arreglos, generalmente, están pautados al detalle. En el jazz lo más importante es el individuo, que alguien, a través de su manera propia e intransferible de tocar algo, exprese su individualidad. No es que el músico de tango no tenga individualidad, desde ya, pero la expresa de una manera muy distinta. El arreglador de jazz trata de poner lo menos posible, para dejar la máxima posibilidad de expresión a los músicos. Y, en este caso, yo intenté hacer lo mismo. Hubo algo de revelación, en ese sentido, cuando tocamos con Paquito en el Lincoln Center. Hicimos ‘Verano porteño’ y lo tomamos como una gran zapada.”
Pablo Aslan, dans Página/12

Chaque genre a son protocole. Dans le tango, on écrit tout. Les arrangements en général sont notés jusqu'au plus petit détail (5). Dans le jazz, le plus important, c'est l'individu, que quelqu'un, à travers sa façon personnelle et non transposable de jouer quelque chose, exprime son individualité. Non pas que le musicien de tango n'ait pas d'individualité, loin de là, mais il l'exprime d'une façon bien différente. L'arrangeur de jazz essaye d'être le plus discret possible, pour laisser la plus grande liberté d'expression aux musiciens. Et, dans ce cas, moi j'ai essayé de faire pareil. Il y a eu quelque chose d'une révélation dans ce sens, quand nous nous sommes produits avec Paquito (6) au Lincoln Center. Nous avons joué Verano Porteño (7) et nous l'avons traité en grand boeuf.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :

(1) Le disque, qui mélangeait tango et jazz, s'appellait Take me dancing (Fais-moi danser). Le titre, à lui tout seul, raccoleur au possible, devait passablement déplaire au musicien argentin. Ce disque mêle des tangos de Piazzolla, comme Triunfal, sa toute première composition reconnue, et des standards de jazz, comme April in Paris ou Laura, le tout interprété par un ensemble composé d'un bandonéon, d'un piano, d'un vibraphone, d'une contrebasse et d'une guitare électrique, plus d'autres instruments que Aslan lui-même trouve contestables et qui étaient censés, à cette époque-là, donner le son latino, nécessairement exotique aux oreilles de producteurs nord-américains très soucieux de la rentabilité de ce 33 tours (rappelons que dans les années 50 et 60, l'Amérique Latine était considérée par les Etats-Unis comme un sous-continent d'opérette, colonisé et culturellement insignifiant). Dans la version qu'en prépare Aslan, c'est Pipi Piazzolla qui tient la batterie à la place de tous ces hochets dont le contrebassiste a nettoyé les arrangements de Astor Piazzolla.
(2) Tango a la parilla : expression qui désigne en Argentine et singulièrement à Buenos Aires une manière d'improviser ou de jouer sans partition qui est la manière originelle du tango, lorsque des musiciens, qui parfois ne savaient pas lire la musique, inventaient le genre. On a joué traditionnellement a la parilla très longtemps à Buenos Aires, jusque dans les années 30, avant que cette manière de faire ne cède toute à fait la place à une musique aux arrangements totalement écrites (époque qui correspond à peu près à la fondation de la SADAIC (1936), qui reconnaît presque comme des oeuvres originales les arrangements effectués par les musiciens, d'où l'abondance et la variété des arrangements dans la tradition interprétative propre au tango). Puis le jeu a la parilla est revenu à la surface à partir des années 1990 et en particulier dans les années 2000, avec la réappropriation du tango par la jeune génération. La parilla, en langage courant, c'est le grill du barbecue. C'est aussi le nom du restaurant de grillades, notre grill en franglais traditionnel..
(3) Astor Piazzolla a vécu souvent aux Etats-Unis, à New-York, où ses parents ont émigrés en 1926 jusqu'en 1932 puis à nouveau en 1933 jusqu'à fin 1935. Il a donc passé son enfance et une grande partie de son adolescence dans Big Apple. Devenu adulte, il a fait à nouveau de nombreux séjours dans la ville de son enfance, dont il parlait parfaitement la langue et connaissait par coeur la culture, et en particulier le jazz. Le retour, dont il est question dans les propos de Aslan, est un retour vers l'Argentine. En 1975, Piazzolla a quitté durablement l'Argentine pour s'installer à Milan, dont il fit son port d'attache dans une vie de voyages incessants à travers toute la planète ou presque.
(4) Tango Grill a d'ailleurs été enregistré non pas à New-York mais à Buenos Aires. Parce que Aslan ne trouvait pas à New-York les musiciens capables de rendre le caractère argentin de cette musique. C'est d'ailleurs quelque chose que l'on déplore très souvent ici, en Europe, où de très nombreux musiciens se targuent de jouer du tango mais où il y en a très peu qui le fassent bien, avec authenticité et personnalité. La plupart, faute de rien connaître à la culture du tango, passe à côté de l'essentiel ou imitent servilement un modèle argentin, lui-même pas toujours très authentique. Or à ce jeu de l'imitation, les Japonais ont souvent bien plus sûr goût et sont bien plus efficaces que les Européens.
(5) C'est un des points que contestent aujourd'hui de nombreux musiciens de tango par rapport à une expérience comme celle que pouvait avoir Horacio Ferrer, par exemple, précisément en 1960, lorsqu'il écrit la première monographie véritablement historique sur le tango, El tango, su historia y evolución : dès le début il y affirme que l'une des caractéristiques du tango, dans l'univers musical américain, est d'être une musique intégralement écrite. Cette assertion révulse aujourd'hui certains musiciens. Et pourtant elle est vraie, surtout en 1960. Même si aujourd'hui, cinquante ans plus tard, quelques artistes ont retrouvé le chemin de l'improvisation et du boeuf qui montre si bien le lien fraternel que le tango entretient avec le jazz ou d'autres musiques américaines, comme la musique populaire cubaine.
(6) Il s'agit de Paquito D'Rivera, le clarinettiste et saxophoniste de jazz et de musique cubaine, avec lequel Aslan joue souvent aux Etats-Unis. Pipi Piazzolla l'a croisé lui aussi. Voir son interview récemment traitée dans Barrio de Tango.
(7) Verano Porteño est l'un des morceaux (courts) des Quatre Saisons de Astor Piazzolla. Le morceau que Troilo lui-même a enregistré dans cette série. Je vous le signale en passant parce que cette version, dans un arrangement de Piazzolla pensé pour Troilo, veut son pesant de vinyle... Il a d'ailleurs donné son nom à l'album, remasterisé depuis en CD et disponible sur le marché argentin (voir la boutique en ligne de Zivals, Tangostore, dans la rubrique Les commerçants du Barrio de Tango, dans la partie basse de la Colonne de droite de ce blog).

mercredi 25 mai 2011

Beaucoup de musique au Festival de Tarbes [ici]

Cet été, le festival de Tarbes offre une belle affiche en matière de musique, un avantage culturel pour cette manifestation qui se distingue de la majorité des festivals de France qui s'intéressent presque exclusivement à la danse.

A l'affiche à Tarbes, vous retrouverez l'harmoniciste Franco Luciani et son trio, le Quinteto Ramiro Gallo (l'ex-violoniste de l'orchestre El Arranque, qui est également compositeur), la Tubatango (une formation exclusive de tubas, de toutes les tessitures, qui s'adonne au tango) et l'orchestre international européen Orquesta Silencio, entre autres.

Du 20 au 28 août 2011.

Plus d'informations :
connectez-vous au site Internet de la ville de Tarbes et sur celui de l'association organisatrice, Tangueando Ibos.

samedi 23 janvier 2010

Interview de Ramiro Gallo hier sur Página/12 [Disques & Livres]

A l'occasion d'un nouveau concert de présentation de son disque, hier soir, au Café Vinilo, dans le quartier de Palermo, le journaliste et animateur de la 2 x 4, la radio publique 100 % tango de Buenos Aires (1), Diego Fischerman (2), consacre au violoniste et compositeur Ramiro Gallo un article-interview.

Dans Barrio de Tango, j'ai déjà parlé de ce nouveau disque, Azul ciudad, paru à la fin de l'année passée chez EPSA (lire mon article à ce propos).
L'article de Fischerman est à la fois une critique discographique de Azul ciudad et une analyse de la vision du tango défendue par le violoniste.

Verbatim :

Fue primer violinista de El Arranque, compositor para Wynton Marsalis, solista y profesor de la Orquesta Escuela de Tango. Junto a su quinteto, Gallo sostiene una idea en la que la tradición no es algo muerto sino el arranque de lo nuevo.
(Diego Fischerman)

Il a été premier violon de El Arranque (3), compositeur pour Wynton Marsalis, soliste et professeur à la Orquesta Escuela de Tango (3). Avec son quintette, Gallo soutient l'idée selon laquelle la tradition n'est pas quelque chose de mort mais le point de départ de ce qui est nouveau.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“La tradición tiene que ver con el traspaso de ciertos saberes de una generación a la otra, y en ese sentido lo tradicional no es antiguo, ni está muerto, sino que es la fuente de lo nuevo. Es la forma en que algo llega hasta el presente para que pueda transformarse”. Y lo que dice cobra sentido en un género en que, precisamente, ese traspaso se cortó durante varias décadas. “El tango clásico aporta los modelos, los moldes, incluso para que puedan ser cambiados”, asegura. “Es necesario conocer muy bien ese legado. Porque si todo es tango, entonces ya nada lo es.”
Entre guillemets, les propos de Ramiro Gallo rapportés par Diego Fischerman

"La tradition a quelque chose à voir avec la transmission de certains savoirs d'une génération à l'autre, et dans ce sens-là, ce qui est traditionnel n'est pas du passé et il n'est pas non plus mort. Au contraire, il est la source du neuf. C'est la manière dont quelque chose parvient jusqu'au présent pour que celui-ci puisse le transformer." Et ce qu'il dit là a beaucoup de sens dans un genre, où, précisément, cette transmission s'est interrompue pendant plusieurs décennies (4). "Le tango classique offre les modèles, les moules y compris pour qu'on puisse les modifier, assure-t-il. Il est nécessaire de connaître bien cet héritage. Parce que si tout est du tango, alors rien n'en est."
(Traduction Denise Anne Clavilier)

El disco [...] plantea un homenaje a los grandes modelos de interpretación del pasado, articulado en una suite de varios movimientos. Pero el resultado nada tiene que ver con el mero ejercicio de estilo. El grupo, conformado por Gallo, Adrián Enríquez en piano, Lucía Ramírez en bandoneón, Marcos Ruffo en contrabajo y Martín Vázquez en guitarra eléctrica, logra un sonido propio que refiere tanto a la herencia del tango como a la originalidad de las composiciones, la calidad de los arreglos y la personalidad de los ejecutantes. Y uno de sus rasgos llamativos es la naturalidad con la que se integra un instrumento, en principio ajeno a la primera tradición del género: la guitarra eléctrica.
Diego Fischerman

Le disque [Azul ciudad] rend hommage aux grands modèles d'interprétation du passé, articulée en une suite de mouvements variés. Mais le résultat n'a rien à voir avec le pur exercice de style. Le groupe, formé par Gallo, Adrián Enríquez au piano, Lucía Ramírez au bandonéon, Marcos Ruffo à la contrebasse et Martín Vázquez à la guitare électrique, obtient un son bien à lui qui doit autant à l'héritage du tango qu'à l'originalité des compositions, la qualité des arrangements et la personnalité des exécutants. Et l'un de ses traits qui retient le plus l'attention, c'est le naturel avec lequel un instrument s'intègre à l'ensemble, un instrument en principe étranger à la première tradition du genre : la guitare électrique. (5)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour lire l'intégralité de l'article, allez sur la page Web de Página/12 qui s'y rapporte.

Pour acquérir le disque, voyez les magasins en ligne que je présente dans la rubrique Les commerçants del Barrio de Tango. Comme c'est un disque EPSA, cherchez le de préférence chez Zivals (TangoStore). Chez Melopea (et chez Zivals), vous trouverez en revanche le tout nouveau disque du bandonéoniste et compositeur Ernesto Baffa Buen Amigo (voir mon article sur cet autre disque).

Pour suivre l'actualité du disque de tango, là-bas, en Argentine, consultez les articles de la rubrique Disques & Livres, accessibles par le mot-clé ad hoc dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search (en haut de l'article, sous le titre) ou dans le raccourci dans la Colonne de droite (partie haute).

Pour en savoir plus sur Ramiro Gallo, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher. Vous accéderez ainsi à l'ensemble des articles que je lui ai consacrés dans ce blog Barrio de Tango.

(1) Vous pouvez accéder depuis ce blog au site de La 2 x 4 et l'écouter par streaming en direct (En vivo), en cliquant sur le lien situé dans la rubrique Ecouter, dans la partie basse de la Colonne de droite. Vous pouvez également accéder aux sites des différents journaux et revues argentins et uruguayens dans la rubrique Actu, de cette même Colonne de droite, toujours dans la partie inférieure, celle qui est réservée aux liens vers les sites externes.
(2) Diego Fischerman est également le co-auteur d'une récente biographie de Astor Piazzolla, parue cette année à Buenos Aires (
lire mon article à ce sujet).
(3) Un orchestre de tango de grande qualité et de grand renom. Pour lire mes articles consacrés à El Arranque, cliquer sur leur nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, section Orchestres et Groupes, en partie haute de la Colonne de droite. De même pour la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce.
(4) Diego Fischerman fait ici allusion aux années qui vont approximativement de 1965 à 1985 environ et qui virent la pression politico-économico-culturelle des Etats-Unis mettre presque à mort le tango au profit de musiques rock et pop d'importation. Il n'y avait plus de jeunes pour apprendre le tango, les grands maîtres n'avaient pas de relève et les labels internationaux qui s'étaient rendus propriétaire des fonds des maisons indépendantes argentines en vinrent à détruire les matrices des années 1920, 1930 et 1940. Avec des personnalités comme Ignacio Varchausky, co-fondateur avec lui de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, ou Gabriel Soria, premier Vice-Président de la Academia Nacional del Tango, Ramiro Gallo fait partie de ces passionnés du tango qui travaillent d'arrache-pied à reconstituer ce qui a ainsi été perdu...
(5) La guitare électrique est à présent bien présente dans le tango et le plus authentique. Parmi les musiciens qui l'utilisent et dont j'ai déjà parlé dans Barrio de Tango, le compositeur Javier González, le quintette féminin China Cruel, l'interprète et arrangeur Alejandro Picciano. Vous pouvez tous les retrouver dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite.

lundi 7 décembre 2009

Ramiro Gallo au Café Vinilo les 11 et 12 décembre [à l’affiche]

C’est Solange Bazely, qui joue aussi de temps à autre les envoyées spéciales à Buenos Aires pour Barrio de Tango, qui m’envoie la nouvelle et je l’en remercie. Ainsi que de ses commentaires, qu'elle signe d'un pseudo carabiné, et des précisions qu'elle me donne sur ce qu'elle voit sur place. Bref, une vraie correspondante et que serais-je sans mes correspondants ? J’en ai deux sous le coude qui valent le détour... Il faut juste que je trouve un petit moment de répit et je publie les informations qu'ils ont pris la peine de me faire parvenir.

Or donc Ramiro Gallo, natif de Sante Fe (ci-contre avec une photo extraite du site du musicien), violoniste et compositeur, présentera ce week-end le nouveau (et 5ème) disque de son quintette : Azul ciudad (bleue cité ou bleu ville, comme vous préférez), sorti chez EPSA.

Ce sera au Café Vinilo, rue Gorriti 3780, à 21h, les 11 et 12 décembre 2009. Entrée : 25 $.
Le quinteto Ramiro Gallo se compose donc de ce dernier au violon (il assure aussi la direction et les arrangements), de Adrián Enríquez au piano, Lucío Ramírez au bandonéon, Marcos Ruffo à la contrebasse et Martín Vázquez à la guitare électrique. Le Quinteto a été fondé par Ramiro Gallo en 2000 alors qu’il était encore le premier violon de l’orchestre El Arranque, qu’il a quitté en 2005. La même année 2000, il fondait aussi, avec Ignacio Varchauscky et Emilio Balcarce, la Orquesta Escuela de Tango, qui porte aujourd’hui le nom de son fondateur le plus éminent. Il a quitté récemment ses fonctions d’animateur du pupitre des violons de la OET Emilio Balcarce tout en restant néanmoins un enseignant passionné par la transmission artistique.

Vous pouvez le découvrir si ce n’est déjà fait sur son propre site.
En début d'année prochaine, il doit sortir le premier disque d’une autre formation, qu’il a fondée en 2008, la Orquesta Arquetípica à la tête de laquelle il interprète sa propre musique exclusivement, puisqu’il est aussi auteur de musique de chambre et de musique symphonique.

mardi 10 mars 2009

Buenos Aires Tango aux Beaux-Arts de Bruxelles [ici]

Extrait du site de Bozar Music


El Arranque + Noelia Moncada + le mythique duo Aníbal Arias y Osvaldo Montes + le couple, tout aussi mythique, de tango salón Eduardo y Gloria + le Ballet Tangovía Buenos Aires = une très grande et très belle affiche pour une soirée qui se déroulera le 17 mars prochain à 20h, au Palais des Beaux Arts de Bruxelles (Bozar pour les initiés), rue Ravenstein 23 (salle Henry Le Boeuf).

Le prix de la place va de 20 à 38 €.

Après le départ de membres historiques comme le pianiste Andrés Linetsky, parti se consacrer à sa propre formation, et le chanteur Ariel Ardit, qui a entamé il y a peu une carrière de chanteur soliste, l’orchestre portègne el Arranque a dû se recomposer.

Ramiro Gallo, le violoniste fondateur, 1er violon et co-fondateur de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, ne sera pas présent non plus à Bruxelles. Il se consacre désormais beaucoup à son propre groupe, le sextuor Vale Tango.

Des fondateurs, c’est Ignacio Varchausky, le contrebassiste et lui aussi co-fondateur de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, qui sera là.

Linetzy, Gallo et Varchausky, tous trois passionnés du patrimoine musical construit par les grands anciens, sont aussi des compositeurs pour un tango d’aujourd’hui (l’un n’empêche pas l’autre en général à Buenos Aires). Aussi le répertoire qu’interprète El Arranque est-il un mélange de grands classiques et de pièces beaucoup plus récentes, composées par les membres du groupe.

A Bruxelles, El Arranque se produira dans la configuration suivante : aux bandonéons Camillo Ferrero et Eva Wolff (1), aux violons Guillermo Rubino et Osiris Rodríguez, au piano Ariel Rodríguez, à la guitare Martín Vázquez et à la contrebasse Ignacio Varchausky. Enfin au chant, Noelia Moncadia, qui mène aussi parallèlement une carrière de chanteuse soliste (cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder aux autres articles la concernant dans Barrio de Tango, idem pour Ignacio Varchausky, Ramiro Gallo).

Le duo Arias y Montes se compose d’un guitariste, dont j’ai déjà pu parler dans Barrio de Tango, Aníbal Arias (son nom figure aussi dans le bloc Pour chercher) et du bandonéoniste Osvaldo Montes. En plus de leur carrière de duettistes, tous deux sont aussi membres de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, fondée et toujours dirigée par le Maestro Raúl Garello. Ils se sont produits à Paris en juin 2008 avec la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, passée depuis janvier 2008 sous la direction du Maestro Néstor Marconi.

Gloria et Eduardo Arquimbau (plus connus sous leurs deux prénoms, sans patronyme) sont deux danseurs désormais d’un certain âge. Ils ont parcouru au moins la moitié du monde pour montrer à tous les publics un tango salón authentique, subtil et très technique mais loin du sensationnel qui esbaudit le spectateur sans rien exprimer d’autre que sa propre virtuosité acrobatique (2). Ces deux-là vivent et sentent avant tout la musique, dans toutes les dimensions de la danse, complicité et intimité du couple comprises, ce qui est co-substantiel à la danse en tango argentin. Tous les deux ont fait en août dernier l’ouverture du Mundial del Tango pour la catégorie tango salón (voir mon article sur le 6ème Mundial del Tango).

Dans un récent mail à leurs élèves, Marisa Van Andel et Oliver Koch, professeurs de tango argentin à Bruxelles, leur disent (en anglais) : "votre passion, c’est à eux que vous la devez".
(Le lien au site de Marisa et Oliver se trouve dans la rubrique Eh bien dansez maintenant, dans la partie basse de la Colonne de droite).

En juin 2008, Eduardo et Gloria étaient eux aussi à Paris, eux aussi dans ce même spectacle de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce auquel participaient Aníbal Arias et Osvaldo Montes, et toute la salle du Théâtre National de Chaillot leur a réservé la plus belle ovation qu’elle a adressée aux danseurs tout au long de la soirée.

Gloria et Eduardo seront accompagnés des trois couples du Ballet Tangovía Buenos Aires, la troupe de tango fondée par les musiciens de El Arranque dans le cadre de leur initiative, Tangovía, qui est tout à la fois un conservatoire, un laboratoire et une fondation de l’authenticité tanguera.

Ces danseurs sont Martín Borteiro et Regina Chiappara, Bruno Tombari et Mariángeles Caamaño, Gastón Torelli et Moira Castellano.

"Conclusion des courses", comme on dit en français familier (3) : si vous habitez Bruxelles ou n’importe où ailleurs en Belgique ou une région frontalière ou que vous êtes de passage dans cette capitale européenne, cochez votre soirée du 17 mars et dépêchez-vous de retenir votre place... Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de Bozar.

En cliquant sur ce lien, vous tomberez directement sur la page francophone consacrée à Buenos Aires Tango.
En cliquant sur ce second lien, vous arriverez sur l’ensemble du site (site trilingue, français, néerlandais, anglais).

Sous la mention Ici, dans la rubrique Les avenues-Las avenidas (à droite de l’écran), vous trouverez tous mes articles portant sur des activités tango (spectacles, cours, stages, concerts...) qui ont lieu de ce côté-ci de l’Atlantique (Vieux Monde). Voir également les mentions La danse (rubrique Les artistes) ou Ville de Bruxelles (rubrique Quelques quartiers, villes et lieux).

(1) Eva Wolff n’est autre que cette jeune musicienne belge originaire de Gand (Gent) que vous voyez, dévorée de trac, faire sa toute première audition devant Varchausky, Gallo et Balcarce, dans un hôtel de Paris, en 2001, dans le film de Caroline Neal, Si sos brujo una historia de tango, qui raconte la naissance de la Orquesta Escuela de Tango (voir mon article sur ce film sous le lien)
(2) Cela fait quelques mois déjà que les lecteurs fidèles de Barrio de Tango ont deviné que ce tango-là me casse sérieusement les pieds, me barbe au-delà du possible, bref en français ordinaire, m’ennuie considérablement... J’aime beaucoup ce qu’en dit Alorsa (voir ici mes articles consacrés à cet auteur-compositeur-interprète de La Plata), dans l’un de ses savoureux textes, Vuelve el Tango (le tango revient) :
[el tango] "lo pisotearon atléticos bailarines que saltaban demasiado" (Alorsa)
[le tango] "Des danseurs athlétiques qui sautaient trop haut lui ont marché sur la tête".
(traduction Denise Anne Clavilier)
(3) Conclusion des courses (literalmente: conclusión de las carreras) se dice en francés popular para señalar el final de un razonamiento más o menos lógico.

lundi 6 octobre 2008

Pour une gestion durable des bandonéons [actu]

Logo de la fabrique Arnold à Carlsfeld

Le 24 septembre, au Teatro 25 de Mayo, pendant un concert de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, un voleur a pu s’emparer, sur la scène, du bandonéon d’un des musiciens, Carlos Corrales, et quitter le théâtre avec son trésor dans les mains sans être inquiété ni repéré. L’instrument volé est un AA (prononcez Doble A), de couleur noire et ornée d’une marqueterie de nacre (autrement dit, c’est le plus beau modèle vendu en série faites à la main par Alfred Arnold en son temps). Celui-ci est facilement repérable car son propriétaire avait pris la précaution d’inscrire son nom et son numéro de carte d’identité à plusieurs endroits à l’intérieur de la caisse de résonance (il suffit donc de démonter le boîtier noir et marqueté pour le voir). En outre, le fermoir gauche est rembourré ainsi que le cuir des poignées. Le musicien a fait aussitôt diffuser un signalement et promet une récompense financière à qui pourra lui donner des informations valides sur le sort de son instrument (1).


A nous, de loin, ceci peut nous paraître une bonne plaisanterie à ponctuer d’un "Ils sont fous, ces Argentins !" dans les dîners en ville. Mais à Buenos Aires, il n’en est rien. Depuis la disparition du dernier fabricant de bandonéons, en Allemagne de l’ouest, en 1971, et malgré la résurrection, il y a peu, à Carlsfeld, en Saxe, de l’ancienne fabrique de la famille Arnold dans les ateliers restitués après la réunification de l’Allemagne, où les descendants d’Alfred Arnold s’efforcent de reconstituer les secrets de fabrication de leur aïeul, ces instruments se font très rares sur le marché, surtout les plus solides et les plus appréciés, les Doble A, qui furent fabriqués de 1910 à 1933 et peuvent, semble-t-il, durer 100 ans. Or tout ce qui est rare est cher. Et la vie est donc dure pour les musiciens quand il leur faut acquérir un instrument. Sans parler de la dimension affective qui s’attache à ce compagnon de musique...


Mi viejo fueye querido,
Yo voy coriendo tu suerte
Cuando tallan los recuerdos, Enrique Cadícamo


Mon vieux soufflet bien aimé
Je m’en vais subir le même destin que t
oi
Traduction Denise Anne Clavilier


La situation est si dramatique que la bonne centaine d’artistes réunis au sein de la Unión de las Orquestas Típicas (UOT) ont instamment prié, à travers une campagne de tracts en août dernier, les touristes présents au Festival du Tango à Buenos Aires de s’abstenir désormais d’acheter des bandonéons. Et, depuis son stand du Festival, la UOT a même lancé une pétition pour que le bandonéon soit déclaré Patrimoine national en Argentine. Le Maestro Raúl Garello, la bandonéoniste et compositeur de El Arranque et premier bandonéon de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, Ramiro Gallo, et le Vice Président de la Academia Nacional del Tango, Gabriel Soria, ont soutenu publiquement cette initiative dans les murs du QG du Festival qu’était le grand magasin abandonné de Harrods.


Les bandonéons ne sont pas de jolis souvenirs de vacances mais bel et bien des outils de travail pour des centaines de musiciens. Par raison et non pas par pitié, si vous voulez rapporter un bandonéon en souvenir, achetez-vous un pin’s, un bibelot, un mate pyrogravé, une boîte de sujets moulés à la chocolaterie de la rue Florida, un tableau, un t-shirt, bref un bando en effigie mais pas un bando qui fasse de la musique. Ceux-là, laissez-les aux gens dont c’est le métier... Qu’on ne voie jamais sur une scène de tango ce qu’on voit désormais partout dans les orchestres symphoniques : ces interprètes crispés et à l’allure paranoïaque qui ne lâchent jamais leur stradivarius, même pas pour accepter un bouquet de fleurs, d’autant que ce n’est pas leur violon ou leur violoncelle mais celui qu’une banque a bien voulu leur prêter !


Dans un très beau tango intitulé Te llamaremos Bandoneón (nous t’appellerons Bandonéon), le poète Alejandro Szwarcman dit de ce symbole musical de Buenos Aires :


Al hombre gris de la ciudad
Lo fue metiendo en su pulmón
Y Dios le dijo al despertar:
"- te llamaremos bandoneón -".
(Alejandro Szwarcman)


L’homme sans couleur de la ville
Il se l’est fourré dans le poumon
Et Dieu lui a dit, en se réveillant :
"Nous t’appellerons Bandonéon."

Traduction Denise Anne Clavilier





(1) à toutes fins utiles, si un internaute qui lirait cet article avait des informations éclairantes sur ce vol, qu’il veuille bien contacter Carlos Corrales par téléphone (depuis l’international, c’est le 00 54 11 4278 2216). L’information a été en autre relayée par Fractura Expuesta.

mercredi 23 juillet 2008

Quelques disques de l’année (07-08) [Livres ~ DVD ~ CD]

Barajando, Hernán Genovese, Ed. Unión de músicos independientes

Hernán Genovese est un chanteur et compositeur de la jeune génération. C’est le premier disque qu’il enregistre et qui porte son nom. Magnifique voix de basse, un lyrisme et un coffre qui en fera le digne successeur des grands de grands, les Goyeneche, Rivero et Sosa...
Son disque est un subtil mélange de grands classiques comme Sur, Afiches (accompagné par le compositeur lui-même, Atilio Stampone), Nieblas del Riachuelo, Palomita blanca et Arrabal amargo, de morceaux beaucoup moins connus comme Misterio, Barajando, Gota de lluvía o Este bandoneón (des frères Garello, musique de Raúl qui tient le bando, et paroles de Rubén) et deux tangos de sa composition (Habla Gardel et Lanús).
Il partage ce premier album avec 5 autres artistes invités, en plus des deux prestigieux aînés déjà cités (Atilio Stampone et Raúl Garello).

Ce disque est sorti à l’automne 2007 (le printemps là-bas).


Presente, Nora Bilous, Ed. Unión de músicos independientes (2007)

Nora Bilous est une chanteuse et letrista de tango qui écrit sur des musiques de Juan Rivero, qui est aussi l’arrangeur et le chef d’orchestre de l’album. Comme beaucoup de chanteuses d’aujourd’hui, elle chante dans une tessiture grave.

La pochette intérieure s’orne de 3 préambules, signés Raúl Garello, Juanjo Domínguez et Armando Rolón en guise de parrainage pour ce disque qui mélange grands classiques et inédits. Parmi les classiques, Rondando tu esquina, Cristal, Toda mi vida, Baldosa floja, Nostalgias, trois inédits Bilous-Rivero et Lo tengo que pensar de Juanjo Domínguez. Ramiro Gallo a participé à l’aventure gracieusement en accompagnant la chanteuse au violon dans les deux derniers morceaux.
Un seul défaut : il y a une erreur d’intitulé dans la liste des pistes en quatrième de couverture.

Ces deux disques sont à écouter. Ils ne sont pas fait pour le bal...


Dinastia Pugliese, Beba Pugliese, Ed. Fonocal (2007)

La pianiste et compositrice, fille, petite-fille, nièce et mère de musiciens, rassemble toute sa famille dans cet album dont elle assure la direction et les arrangements pour un ensemble de 2 bandonéons, 3 violons, un alto, un contrebasse et un piano. 3 morceaux de son père, Osvaldo Pugliese, 3 d’elle-même (dont une milonga dédiée à son grand-père paternel : Para mi abuelo), deux de son oncle (un tango et une milonga d’Alberto Pugliese, violoniste, chef d’orchestre et compositeur moins connu que son cadet mais néanmoins intéressant) et deux de sa fille, Carla Pugliese, qui a elle-même déjà plusieurs disques à son actif.
Le chanteur Dario Vitale, qui chante souvent avec elle, interprète ici Recién (de Osvaldo Pugliese et Homero Manzi). Et sur accompagnement de Beba Pugliese, Horacio Ferrer récite en deuxième titre leur hommage commun au Maestro, le tango Chicharrita, dont elle donne en bonus une version instrumentale.

Milonga del Centenario, Osvaldo Requena y su orquesta, ed. RGS Music (2008)

Là, ce n’est pas du bal, c’est du foot.
Toute une brochette d’artistes éminents dont Leopoldo Federico et José Angel Trelles (comme chanteur et comme compositeur) fêtent ensemble le centenaire du Club San Lorenzo d’Almagro, celui d’une excellente équipe de foot professionnelle de la ville de Buenos Aires, qui n’en est pas dépourvue. Le poète Héctor Negro, grand amateur de foot devant l’Eternel, est de la partie, qui a écrit Cuando Boedo era Almagro (quand le quartier de Boedo était Almagro), Elegía a la vieja cancha de San Lorenzo (Elégie à ce bon vieux stade du San Lorenzo), tous les deux sur des musiques d’Osvaldo Requena. Le reste du disque est composé de réjouissants pot-pourris de grands standards tangueros et de 3 versions de Boedo (Julio De Caro), d’une d’Almagro (Vicente San Lorenzo) et de créations ad hoc (El Azulgrana, les couleurs du club, bleu et grenat), Alejandro de Almagro (dédié au commentateur sportif Alejandro Apo), De Boedo soy, Milonga del Centenario... et deux versions, une pour ouvrir, une pour fermer de When The Saints Are Marching In (The Saints en question, ce sont les joueurs azulgrana entrant sur le terrain).

Bref, un bon gros gâteau d’anniversaire façon pièce montée pour conclure un vrai asado des familles, de préférence bien arrosé (je parle du vin, pas de la pluie, naturellement).

Tocata para Sexteto, Raúl Garello (et son sextuor), Pichuco Records 2008

Un disque todo Garello, mêlant inédits et reprises.
Côté inédits, Tocata para sexteto ou José (dédié à son petit-fils).
Dans les reprises, les trois morceaux co-signés avec Horacio Ferrer : ¡Viva el tango!, déjà enregistré par Roberto Goyeneche et Gustavo Nocetti, ici interprété par Noelia Moncada (qui chante aussi dans Barajando de Genovese), Homero en flor dédié à Homero Expósito et enregistré avec Horacio Ferrer dans un CD avec version DVD en 2004 (Diálogo de Poeta y Bandoneón, Pichuco Records en CD, Aguila Taura en DVD), La Guita (déjà enregistré par Gustavo Nocetti et repris ici par Jesús Hidalgo) comme Buenos Aires conoce (sur un poème de son frère Rubén) qu’avait créé en son temps Roberto Goyeneche. Six instrumentaux, tous assez longs (pas pour la milonga, donc DJ s’abstenir) et en guise de bonus, deux morceaux enregistrés en 1997 et 2001 avec Hernán Salinas, un chanteur trop tôt disparu (comme Gustavo Nocetti).
A écouter au calme...