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lundi 25 juillet 2016

Un Yo quiero al Tango pour les petits [à l'affiche]


En ce moment, Buenos Aires est en vacances scolaires d'hiver, jusqu'à la fin du mois.

Ce soir, lundi 25 juillet 2016, à 16h, la Academia Nacional del Tango invite les familles à une après-midi tango pour les enfants, grâce notamment à Graciela Pesce, auteur d'un remarquable travail de création d'un répertoire de tangos accessibles aux enfants. C'est charmant, drôle et pas bêtifiant pour deux sous.

Entrée libre et gratuite.
Avenida de Mayo 833, 1er étage.

Comme toujours avec ce collectif, le tango est présenté dans toutes ses dimensions : danse, chanson, musique, poésie, etc.

vendredi 24 juin 2016

Luis Filipelli à Quiero al Tango lundi [à l'affiche]


Le lundi 27 juin 2016, exceptionnellement à 18h (au lieu des 19h30 habituels), la soirée Quiero al Tango mettra le chanteur Luis Filipelli à l'honneur.

Comme d'habitude, la manifestation développera tous les aspects du tango et rassemblera des artistes nombreux et variés.

Entrée libre et gratuite, à la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833.

Quiero al Tango (J'aime le tango) est une campagne de sensibilisation du public au caractère essentiel du tango dans la culture argentine, pour obtenir qu'il ait plus de place dans les programmes scolaires ainsi que sur les antennes du service public de radio et de télévision. Et voilà sept ans que dure cette aventure à laquelle de nombreuses associations et institutions se sont jointes, dont celle des Danseurs, professeurs et chorégraphes de tango argentin ou la radio publique portègne La 2 x 4...

dimanche 29 novembre 2015

Quiero al Tango de novembre demain [à l'affiche]


La Academia Nacional del Tango ouvre ses portes, comme chaque mois, à une nouvelle soirée du collectif Quiero al Tango (j'aime le tango ou je veux du tango), qui milite pour l'introduction du genre dans les programmes scolaires et une meilleure place dans le paysage télévisuel de l'Argentine.

Demain, lundi 30 novembre 2015, la soirée rendra hommage au chanteur Guillermo Galvé. Comme toujours le programme rendra compte de tous les aspects du tango : musique instrumentale, chant, poésie, danse...

Le président de la Academia, Gabriel Soria, sera là, entouré de plusieurs membres de l'institution comme Pepe Kokubu, Fernando Finvarb, Oscar Fresedo, Alejandro Molinari et Roberto Martínez qui viennent tous les deux de présenter un nouvel ouvrage au catalogue de leur maison d'édition sur la culture urbaine.

Entrée libre et gratuite au Palacio Carlos Gardel, Avenida de Mayo 833, 1er étage.

samedi 24 octobre 2015

Nouvelle soirée Quiero al Tango lundi [à l'affiche]


Vous connaissez désormais cette soirée mensuelle qui présente d'une manière particulièrement festive dans les locaux de la Academia Nacional del Tango le genre dans tous ses aspects : musique instrumentale, chant, danse, arts plastiques, cinéma, poésie, etc.

Le rendez-vous d'octobre est fixé au lundi 26, à 19h30, avenida de Mayo 833, et l'entrée est libre et gratuite. La soirée tournera autour du chanteur Ricardo Pereyra.

Quiero al Tango est un collectif qui milite pour l'intégration du tango dans les programmes scolaires en Argentine et dans les programmes télévisuels où il est passablement absent.

La ANT accueille et soutient cette démarche essentielle à la reconnaissance du genre dans l'identité culturelle du pays. L'institution sera représentée par trois de ses membres : Alejandro Molinari, Fernando Finvarb et Roberto Martínez.

L'AMBCTA, l'association des professeurs, danseurs et chorégraphes, participera aussi que le Ballet de l'UNTREF, qui représentera le tango à l'université (voilà plusieurs articles presque successifs que j'ai l'occasion de vous parler de cette institution qui valorise les disciplines artistiques et notamment la musique et la danse).

Pour en savoir plus sur Quiero al Tango, cliquez sur le mot-clé QAT dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

vendredi 25 septembre 2015

Nouvelle soirée Quiero al Tango [à l'affiche]

Quiero al Tango vuelve en la Academia Nacional del Tango

Cliquez sur l'image pour lire le contenu

Ce sera lundi prochain, le 28 septembre 2015, à 19h30, à la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, 1er étage.

Quiero al Tango (J'aime le Tango) est un collectif militant qui veut développer l'enseignement du tango à l'école en Argentine et investir le paysage audiovisuel national, où le genre n'est pas représenté à la mesure de ce qu'il signifie dans le pays.

Pour l'occasion, la vedette sera Cucuza Castiello qui fête ces jours-ci ses 40 ans de chant, déjà ! À quarante-six ans seulement !

A côté de lui, un autre chanteur : Luis Filipelli. Et son Trio Inestable (trio non titulaire) : Sebastián Zasali, au bandonéon, Noelia Sinkunas au piano et Mateo Castiello, le fiston, à la guitare.

Lucrecia Merico, qui chante ce soir au Bar El Faro, sera l'invitée féminine et elle sera accompagnée de son côté par son guitariste attitré, Juan Iruzubieta.

Les académiciens Gabriel Soria, le président de l'institution, Fernando Finvarb, qui anime avec lui la future émission de radio sur le réseau des radios universitaires, et Alejandro Martino, très impliqué dans les programmes de formation de l'ANT, participeront à cette fête. Car c'est en une !

Des danseurs de l'AMCTA (association des professeurs, danseurs et chorégraphes de tango argentin) (1) seront également présents.

Entrée libre et gratuite.

Vous pouvez vous connecter à la page Facebook du mouvement et visiter son site Internet.


(1) Lien permanent avec le site Internet dans la rubrique Eh bien dansez maintenant dans la partie inférieure de la Colonne de droite.

jeudi 23 juillet 2015

Matinée enfantine à la Academia Nacional del Tango lundi – Article n° 4400 [à l'affiche]

Cliquez sur l'image pour obtenir une excellente résolution

C'est en ce moment les vacances scolaires d'hiver à Buenos Aires, quinze jours sans école pour les petites têtes blondes.

La Academia Nacional del Tango invite donc les enfants à un septacle de Graciela Pesce, une artiste qui travaille le tango avec les bambins en créant un répertoire originale à la hauteur de leur entendement et de leurs préoccupations et c'est vraiment formidable. Graciela Pesce est d'ailleurs une habituée des lieux, elle y a été régulièrement invitée, je l'y ai vue l'année dernière (d'où mon enthousiasme) mais c'est la première fois que je vois organiser une matinée réservée au jeune public dans ces lieux.

Lundi 27 juillet, à 16h30, le Salón de los Angelitos Horacio Ferrer accueillera donc un public familial pour une session exceptionnelle de Quiero al Tango, la série d'activité en faveur de l'intégration du genre à la télévision et à l'école, primaire et secondaire. L'entrée est libre et gratuite. Gabriel Soria, le président, sera là ainsi que les académiciens Oscar Fresedo et Walter Piazza.

Le tout au premier étage du Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo 833.

Ajout du 27.07.2015 :
lire l'article de Página/12 de ce jour sur ce spectacle

vendredi 19 juin 2015

Lundi prochain, grand hommage à Carlos Gardel et Alfredo Le Pera [à l'affiche]


Le 24 juin 2015, l'Argentine célébrera le quatre-vingtième anniversaire du passage à l'immortalité de Carlos Gardel, qui avait quarante-cinq ans, et de son partenaire de création, le poète et scénariste Alfredo Le Pera, de dix ans son cadet.

Lundi 22 juin, la soirée Quiero Al Tango sera consacrée à leur rendre un vibrant hommage au sein du Museo Mundial del Tango Horacio Ferrer, dans les locaux du Palacio Carlos Gardel, le siège de la Academia Nacional del Tango, comme l'avait baptisé le fondateur et poéte, Horacio Ferrer.

Quiero Al Tango est une campagne de promotion du tango argentine organisée conjointement par plusieurs institutions, dont l'AMBCTA (association des professionnels du tango danse) et la 2 x 4, la radio publique de Buenos Aires 100% tango (toutes les deux en lien permanent dans la partie basse de la Colonne de droite). La campagne a été déclarée d'intérêt culturel par la Legislatura de Buenos Aires, le parlement local de cette Ville Autonome (qui fonctionne comme une Province et non comme une municipalité). L'un des buts de la campagne est d'inscrire davantage le tango dans les programmes de télévision et les programmes scolaires, comme partie intégrante de la culture nationale. La campagne se tient tous les 4èmes lundis du mois à la Academia Nacional del Tango.

Ce sera aussi l'occasion de saluer la mémoire du poète qui nous a quittés le 21 décembre dernier alors que le 28 de ce mois, l'institution fêtera ses vingt-cinq ans d'existence.

Participeront à la soirée, entre autres, le chanteur El Negro Falotico, le journaliste et producteur de radio et de télévision qu'est Gabriel Soria, nouveau président de l'académie, les académiciens Oscar Fresedo, Walter Piazza et José María Kokubu (qui aime se faire appeler El Ponja Malevo). La soirée académique sera suivie d'un cours de tango danse, lui-même suivi d'une milonga...

Entrée libre et gratuite au n° 833 de Avenida de Mayo (juste à côté du Tortoni).

Quiero Al Tango est sur Facebook.

mercredi 3 juin 2015

Le mois Horacio Ferrer a commencé hier [à l'affiche]


Hier, mardi 2 juin 2015, pour l'anniversaire de la naissance du poète Horacio Ferrer, décédé le 21 décembre dernier, à l'âge de 81 ans, la Ville de Buenos Aires a inauguré une statue du maestro érigée au pied du Palacio Carlos Gardel, siège de la Academia Nacional del Tango qu'il a fondée en juin 1990. C'était à 17h30, devant l'entrée du célèbre Gran Café Tortoni, juste avant le vernissage de l'exposition, un étage plus haut, un travail collectif rassemblant divers témoignages d'artistes sur l'œuvre du disparu et sa personne : la manifestation s'intitule Vení, volá, vení, une citation ultra-célèbre du refrain de Balada para un loco (1). Elle comporte entre autres onze images illustrant la biographie du Maestro écrite par Gabriel Soria, son successeur à la tête de l'institution depuis la rentrée de mars, des croquis originaux que le Maestro avait réalisés pour illustrer ses propres textes, plusieurs de ses distinctions (dont la médaille de la Sorbonne et celle du Bicentenaire dont il était si particulièrement fier) et autres documents originaux... L'exposition est à visiter au siège de l'ANT, Avenida de Mayo 833.


Le 8 juin à 19h30, le Cuadro de Amigos, la réunion des Amis de l'ANT, verra la présentation du livre écrit par le vice-président de l'Académie, Gustavo Provitina, La Palabra Prendida – Conversaciones con Horacio Ferrer (La Parole allumée, conversations avec Horacio Ferrer), un livre que son auteur a déjà eu l'occasion de présenter à la Feria del Libro de La Plata.

Le 15 juin à 19h30 aura lieu le second Plenario du mois, entièrement consacré à l'œuvre du Maestro Ferrer avec la participation de dix poètes contemporains qui animent les Ateliers d'écriture Homero Expósito, dont Marcela Bublik, Raimundo Rosales, Héctor Negro et Alejandro Swarcman dont j'ai intégré une dizaine de textes, à côté de ceux de Horacio Ferrer, dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango (Tarabuste Editions) (2).

Le lendemain à la même heure, on projettera dans le Salón de los Angelitos du Museo Mundial del Tango Horacio Ferrer plusieurs documentaires tournés sur le poète.

Le 22 juin à 19h30, un autre hommage sera rendu, dans le cycle Quiero al Tango (j'aime le tango), par des jeunes artistes du genre.

Extrait du site Internet de Clarín

Le 24 juin, le quatre-vingtième anniversaire de la mort de Carlos Gardel donnera lieu à la projection d'un autre documentaire qui porte lui sur l'oratorio profane que Horacio Ferrer avait écrit et Horacio Salgán composé en souvenir du Zorzal, Oratorio Carlos Gardel. La projection sera tout à fait exclusive, elle n'a pas vocation à se répéter. Au générique du film, on trouve outre Horacio Salgán et Horacio Ferrer eux-mêmes les danseurs Milena Plebs, Osvaldo Zotto et son frère Miguel Angel Zotto, ainsi que l'épouse de Horacio Ferrer, l'artiste peintre Lulú Michelli.


Le lendemain, 25 juin, toujours à 19h30, présentation d'un nouvel ouvrage, cette fois-ci d'un auteur uruguayen, Ruberto Long, intitulé Piantao – Balada para Horacio Ferrer, paru chez Aguilar (3). Le site Internet Prisa Ediciones en donne les premières pages et la table des matières en format pdf... Régalez-vous !

Enfin, le 30 juin 2015, à 19h30, la chanteuse Patricia Barone, qui fut l'une des interprètes de María de Buenos Aires, la comédie musicale que Horacio Ferrer a signée avec Astor Piazzolla en 1968 et qui a lancé leur partenariat créatif, donnera une conférence intitulée Tango: un camino para seguir creando (Tango : un chemin pour continuer à créer).

Toutes ces activités sont en accès libre et gratuit au siège de la Academia Nacional del Tango.

A cela s'ajoutera une soirée différente pour saluer les cinquante ans de l'orchestre fondé par le bandonéoniste et compositeur Osvaldo Piro, père du chanteur Alfredo Piro et sa sœur la rockeuse et jazzwoman Ligia Piro (fils et fille de Susana Rinaldi, aujourd'hui attachée cultuelle à l'Ambassade d'Argentine à Paris). Ce sera le 11 juin 2015. Entrée libre et gratuite également.


Ici, en France, au Festival Tangopostale de Toulouse, il y aura aussi un hommage au Maestro. Ce sera le dimanche 28 juin 2015, où je consacrerai l'intégralité de mon second atelier littéraire de tango au grand poète qui révolutionna la tradition de la letra de tango en 1968, que j'ai eu l'honneur de connaître et pour qui je continue d'avoir une profonde affection... Ce jour sera aussi l'anniversaire exact de la fondation de la Academia Nacional del Tango, son premier quart de siècle...

Ce matin, Clarín a rendu compte de l'inauguration de la statue, qui ne semble pas être hélas le plus réussi de tous ces hommages... On verra sur place en août ce que cela donne.

Pour suivre les hommages, le mieux est de vous connecter à la page Facebook qu'animent avec affection et tendresse les ayant-droits du poète.


(1) Mes lecteurs trouveront une traduction de Balada para un loco dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié aux Editions du Jasmin, en mai 2010.
(2) Ces deux ouvrages que j'ai consacrés à la poésie du tango et où j'ai traduit une vingtaine de textes du Maestro Ferrer seront en vente au Marché de la Poésie à Paris où je dois faire deux séances de dédicace (voir mon article du 1erjuin sur le sujet).
(3) Le titre est aussi un clin d'œil à Balada para un loco. Piantao est l'un des mots-clés de cette chanson. Un peu comme si en français on disait "Ne me quitte pas" pour évoquer le souvenir de Jacques Brel.

jeudi 6 février 2014

Et les Malouines repointent leur nez à l'occasion d'une audience pontificale [Actu]

Il y a quelques jours, le Vatican et le Palais de Buckingham ont annoncé que le Pape François recevrait la Reine Elizabeth le 3 avril prochain, à l'occasion d'une visite officielle du couple royal à Rome, à l'invitation du Président Napolitano.

Or il se trouve que le 2 avril est aussi la date anniversaire de la guerre de Malouines, lorsqu'en 1982 la Grande-Bretagne voulut récupérer l'archipel qui venait d'être repris par l'armée argentine après 150 ans d'occupation anglaise. Pour les Argentins en effet, ces îles australes font partie intégrante du territoire national. Elles étaient déjà occupées par des forces armées argentines et des civils argentins, paysans et négociants, en 1833 lorsque la Royal Navy les a annexées à l'Empire naissant (ou plutôt renaissant). Huit ans seulement après que les Communes aient reconnu l'indépendance des Provinces-Unies de l'Amérique du Sud, comme on appelait encore ce pays d'Amérique du Sud.

Luis Vernet (1784-1871) fut le dernier gouverneur
argentin des Malouines (jusqu'en 1833)
Il se trouve aussi que comme archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Bergoglio a affirmé à plusieurs reprises que ces îles appartenaient effectivement à l'Argentine et non pas à la Grande-Bretagne, à laquelle les puissances européennes l'ont concédées à une époque où la force faisait office de droit et où il n'existait aucune organisation politique internationale. Par la suite, et la SDN et l'ONU ont laissé les choses en l'état puisque ces deux organisations sont nées d'une volonté des vainqueurs après deux guerres mondiales, or l'Argentine avait été neutre. Elle fut donc priée de se taire. Depuis la guerre des Malouines, l'ONU a voté une résolution qui impose le dialogue entre les deux pays souverains, dialogue qui n'a jamais été entamé, pas même sous le gouvernement de Tony Blair. Il est bien évident qu'en tant que le Pape François doit nuancer ses positions s'il veut arriver à faire avancer le dossier diplomatique entre les deux pays, d'autant que David Cameron ne veut même pas aborder la question. Lors des réunions internationales, il lui est même arrivé de tourner le dos à Cristina Kirchner plutôt que d'avoir à la saluer lorsqu'ils se retrouvaient dans la même pièce...

L'annonce de l'audience papale a donc fait réapparaître dans la presse argentine et notamment dans les colonnes de Página/12 ce sujet délicat et douloureux, quelques jours après que le Pape ait reçu en audience l'un des leaders du mouvement des anciens combattants argentins des Malouines. Les anciens combattants se sont en effet organisés pour obtenir des reconnaissances politiques et matérielles de la part d'un Etat qui, sous la dictature militaire, en a fait de la chair à canon. C'était des jeunes gens de vingt ans qui effectuaient tranquillement leur service militaire sans penser à mal lorsqu'on les a envoyés au casse-pipe dans des îles déjà soumises aux rigueurs de l'hiver antartique.

Dans la torpeur estivale, il eût été étonnant que Página/12 laisse passer l'occasion de rappeler une nouvelle fois ses convictions concernant cet archipel du bout du monde qui fait partie de la carte du pays affichée dans toutes les salles de classe de la République.

Pour aller plus loin :

lundi 3 juin 2013

La Casa de la Argentina termine l'année scolaire en beauté à Paris [ici]

Archive de triste mémoire
Très riche programme ce mois-ci à la Maison de l'Argentine à la Cité Universitaire de Paris. On commence très fort demain soir, mardi 4 juin 2013, à 20h, entrée libre et gratuite, avec la présentation de cet opéra politique intitulé Aliados (Alliés) et mettant en scène deux amis aujourd'hui décédés, Agusto Pinochet et Margaret Thatcher. Les deux leaders politiques ont provoqué les mêmes condamnations jusqu'au delà de la tombe. Scandaleuse amitié d'une championne de la liberté, élue dans une aussi grande démocratie que le Royaume-Uni, pour un dictateur aux mains ensanglantées dans un pays des antipodes...

A travers la sensibilité d'artistes argentins, vous imaginez sans peine qu'il ne s'agit pas d'un panégyrique et que la musique n'adoucit pas nécessairement les positions idéologiques...

La musique est de Sebastian Rivas et le livret du musicologue Esteban Buch. Attention, la soirée se tiendra en espagnol, sans traduction.

Inspiré par cette image choc des deux politiciens se faisant des risettes dans une rue résidentielle de Londres, après une visite de la Dame de Fer à son sulfureux ami, astreint à résidence à Londres, à la demande du juge espagnol Baltazar Garzón, en 1999, cet opéra mêle des archives sonores avec les voix originales et des citations musicales tirées de différents chefs d'œuvre du répertoire lyrique (Don Giovanni, Paillasse, L'Histoire du Soldat, Didon et Enée) et du répertoire de musique populaire comme celle de The Clash ou Franck Sinatra...

Aliados sera créé et représenté au Théâtre de Gennevilliers (surnommé T2G), dans les Hauts-de-Seine (M° Gabriel Péri) du 14 au 19 juin 2013, dans le cadre du Festival de l'IRCAM, l'institut musical lié au Centre Georges Pompidou. Voir la présentation et les détails pratiques sur l'affiche ci-dessous.


Cliquez sur l'image pour résolution de lecture

La Maison de l'Argentine se trouve au 27 Bd Jourdan, dans le 14ème arrondissement, face à la statue de San Martín, dans le Parc Montsouris...

Il y aura encore d'autres rendez-vous plus passionnants les uns que les autres jusqu'à la clôture du mois. Barrio de Tango vous tiendra au courant.

mardi 2 avril 2013

La rentrée de Victor Heredia : un disque et un roman [Disques & Livres]


Victor Heredia est l'un des très grands artistes du folclore argentin. C'est en Argentine qu'il a traversé les années sombres de la dictature dont il est ressorti très affecté. Une grande partie de sa famille fait partie des 30 000 disparus. C'est un homme profondément impliqué dans la vie politique du pays, un partisan des droits de l'homme et un constructeur de la démocratie à travers la dimension culturelle de son travail.

Ces jours-ci, il sort un disque d'utopie révolutionnaire, où il espère en un monde qui progressera, Algún día (un beau jour). Il le présentera le vendredi 12 avril 2013, à 21h30, au Teatro Opera Citi, Avenida Corrientes 860, accompagné du groupe qui a assuré l'enregistrement avec lui : le guitariste Panchi Quesada, le bassiste Ricardo Zielinski, le batteur Gustavo López et les pianistes Gabino Fernández et Babú Cerviño jouant sur claviers électroniques. Ce nouvel album se compose de dix chansons, dont quelques unes sont déjà des classiques et d'autres constituent des nouveautés.
Par ailleurs, il publie en même temps un quatrième roman, Los Perros (les chiens, entendez les gens de rien, les gens de la rue), l'histoire d'une famille qui vit dans une villa miseria, près d'une décharge publique, et il le présentera à l'occasion du tout prochain Salon du Livre de Buenos Aires, le grand rendez-vous littéraire d'avril (Feria del Libro).

Página/12 lui consacre donc la première page de son supplément culturel avec une longue interview dont je vous livre ici quelques extrais qui m'ont interpelée...

–El álbum arranca con la melancolía de un bandoneón: en “Cenizas de ayer” usted admite que hoy, a sus 66, entiende lo que fue, un poco lo que es. ¿Qué fue y qué es?


–Soy parte de una generación que fue muy vapuleada, en todo sentido. Que fue feliz hasta los años setenta, diría. A partir de entonces recibió la cachetada del “enemigo”, del defensor de lo que se pretendía modificar. Un enemigo importante, serio y maligno, que utilizó todo el aparato a su alcance, incluso el del Estado, para derrotar a aquel que se le oponía, justamente el movimiento popular. ¿Qué fui? Un tipo esperanzado, con una mirada hacia el futuro muy especial: creía que podíamos cambiar lo que teníamos delante con sólo desearlo. Trabajamos muchos de la mano, con inocencia, pero también con fuerza, y nos pegamos un porrazo tremendo con la dictadura del ’76. La tortura, la desaparición, los exilios, la muerte de amigos y las traiciones... ¿Qué soy? Tengo la mirada más acotada, más limitada sobre lo que pueda llegar a ser futuro. No quiere decir que haya cambiado la expectativa de modificar cosas, pero sé que cuesta.
Victor Heredia, in Página/12

- L'album commence sur la mélancolie d'un bandonéon. Dans Cenizas de ayer (Cendres d'hier), vous admettez qu'aujourd'hui, à 66 ans, vous comprenez ce que vous avez été, un peu ce que vous êtes. Qu'avez-vous été et qu'êtes-vous ?

- Je fais partie d'une génération sur laquelle on a beaucoup cogné, en tous sens. Qui a vécu heureuse, je dirais jusqu'aux années 70. A partir de ce moment-là, elle s'en est pris plein la tête de la part de l'ennemi, le champion de ce qu'on prétendait modifier. Un ennemi puissant, fort et malin, qui a utilisé tout l'appareil à sa portée, y compris celui de l'Etat, pour mettre en déroute quiconque s'opposait à lui, c'est-à-dire précisément le mouvement populaire. Ce que j'ai été ? Un type plein d'espoir, avec le regard particulièrement tourné vers le futur : je croyais que nous pouvions changer ce qui nous attendait et qu'il suffisait pour cela de le désirer. Nous avons été nombreux à travailler main dans la main, avec innocence mais aussi avec force, et ils nous ont retiré le pain blanc de la bouche avec la dictature de 1976. La torture, la disparition, les exils, la mort des amis et les trahisons... Ce que je suis ? Mon regard sur ce qui pourrait arriver dans le futur s'est restreint, s'est limité. Cela ne veut pas dire que l'espoir de changer les choses ait bougé mais c'est que j'en connais le prix.
(Traduction Denise Anne Clavilier)


–De hecho, el disco abreva de a ratos en cierto escepticismo.

–Sí. Pareciera que a una parte de la generación de los que hoy tienen 40 le gusta el escepticismo. No soy escéptico, igual. Yo siento que las luchas no han sido en vano. Le han puesto almohada, colchón y plumas al escéptico, que existe porque antes había utopías. Se han modificado cosas para que el escéptico pueda seguir usando su escepticismo, porque de otra manera todos estaríamos buscando comida en los tachos de basura. Hay una generación que reconozco escéptica. Y lo es con alguna razón. No obstante, en el disco no quise dejar solamente el escepticismo que reconozco sobre algunas cosas que no se han podido modificar en el planeta, como la mirada de la humanidad sobre el medioambiente y sobre sí misma, que es muy pobre. La demostración de que el continente funciona mejor cuando los gobiernos son democráticos y tienen ese punto de vista sobre sus economías parece no hacerle mella a nadie. La gente permite que se tergiverse la realidad. América mejoró muchísimo y, sin embargo, en referencia a algunos gobiernos se habla de dictaduras populares. Le ocurre a éste. ¿Cómo puede compararse con una dictadura como la del ’76, que fue aberrante [...]? ¿Cómo pueden compararse esas dictaduras con los gobiernos de Chávez, Correa o Lula? Me parece una estupidez. El disco y esa primera canción hablan de eso.
Victor Heredia, in Página/12

- De fait, le disque verse parfois dans un certain scepticisme.
- Oui, il paraîtrait qu'une partie de la génération de ceux qui ont aujourd'hui 40 ans aiment le scepticisme. Je ne suis pas sceptique, ceci dit. Moi, je vois bien que les luttes n'ont pas été vaines. On lui a donné un oreiller, un matelas et des plumes au sceptique et s'il existe, c'est parce qu'avant il y avait des utopies. Pour que le sceptique puisse continuer à baigner dans son scepticisme, c'est que les choses ont changé parce que sans ça nous chercherions tous à manger dans les poubelles. Il y a une génération dont je reconnais qu'elle est sceptique. Et elle a quelques raisons de l'être. Cependant, dans ce disque, je n'ai pas voulu mettre seulement le scepticisme dont je reconnais qu'il existe sur deux ou trois trucs qu'on n'a pas pu changer sur la planète comme le regard de l'humanité sur le milieu naturel et sur elle-même, qui est très pauvre. La démonstration que le continent va mieux quand les gouvernements sont démocratiques et ont ce point de vue sur leurs économies, il y en a qui s'en fichent comme de leur premier mouchoir. Les gens laissent déformer la réalité. L'Amérique va beaucoup, beaucoup, beaucoup mieux et, pourtant, quand on parle de quelques gouvernements, on parle de dictatures populaires. C'est ce qui ce passe pour le nôtre. Comme peut-on le comparer à une dictature comme celle de 1976, qui a été aberrante [...] ? Comme peut-on comparer ces dictatures [des années 70] aux gouvernements de Chávez, Correa ou Lula ? Cela me paraît une stupidité. Le disque et cette première chanson parlent de ça.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

–Los militares y los civiles detrás de la última dictadura le han hecho mal. En referencia a ésta, en la canción “Algún día” le pide a la patria que cierre la herida. ¿En qué sentido?

–“Cierra tu herida” habla de esta trinchera que se ha abierto entre un sector y el otro, que es tremenda. En lugar de aquietarse, se hace más profunda, más seria y angustiante. Hoy no hay un debate lógico y argumentado respecto de posturas ideológicas o de clase. Lo que hay es un insulto. Para cerrar esa herida hay que reconocer lo que ha pasado, quiénes son los culpables y quiénes sus defensores. Cuando la gente empiece a darse cuenta de eso, la herida empezará a cerrar. Cuando toda la Argentina, su común denominador, incluso quienes son de derecha, se den cuenta de que es inaceptable vivir en un país sin decir la verdad, sin esgrimir justicia cierta y verdadera, la herida se cerrará. Vaticino un futuro en esa canción con respecto a los nietos recuperados: tendrán una mirada distinta y serán los combatientes de la Argentina que soñamos.
Victor Heredia, in Página/12

Les militaires et les civils derrière la dernière dictature ont fait du mal à l'Argentine. C'est en parlant d'elle que dans la chanson Algún día (un beau jour), vous demandez à la patrie qu'elle referme sa blessure. Dans quel sens ?
Cierra tu herida (referme ta blessure) parle de cette tranchée qui s'est ouverte entre un secteur et l'autre et qui est terrible. Au lieu de se combler, elle s'est approfondie, elle est devenue plus grave et plus angoissante encore. Aujourd'hui, il n'y a pas de débat logique et argumenté au sujet des postures idéologiques ou de classe (1). Ce qu'il y a, c'est l'insulte. Pour refermer cette blessure, il faut reconnaître ce qui s'est passé, qui sont les méchants et qui sont les gentils. Quand les gens commenceront à s'en rendre compte, la blessure commencera à se refermer. Quand toute l'Argentine, qui est leur commun dénominateur, y compris à ceux qui sont de droite, on se rendra compte qu'il n'est pas acceptable de vivre dans un pays sans dire la vérité, sans se battre pour une justice sûre et vraie, la blessure se refermera (2). J'augure d'un certain futur dans cette chanson au sujet des petits-enfants retrouvés : ils auront un regard différent et ils seront les combattants de l'Argentine dont nous rêvons.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
[...]

–“Breve historia de las islas Malvinas” es un track pícaro: sortea rítmicamente la tristeza del abordaje usual del tema. ¿Por qué?

–Es que la escribí para Camilo, mi hijo de diez años. Con mucha inocencia, un día me preguntó: “Papá, ¿por qué todos dicen que las Malvinas son argentinas y allí viven ingleses?”. Le quise explicar y me di cuenta de que sabía muy poco. Entonces fui a indagar y refresqué algunas cuestiones que había olvidado. Recordé a Luis Vernet. Y fui aún más atrás, hasta Louis Antoine de Bouganville, que las colonizó para Francia. Luego aparece el reclamo de potestad de España, por la conquista de América, y el acuerdo por el que Francia vende las islas a 603 mil libras, una ganguita. Las recuperamos con la Revolución de Mayo. La participación de Vernet es muy importante. Mandado por Rosas, intenta establecer una cabecera de playa comercial en las islas. Más tarde, cuando una fragata de Estados Unidos ataca, en un acto medio alocado, los ingleses aprovechan, se meten y rompen todo. Cuento eso con una canción infantil, con un ritmo juguetón, lo cual no quiere decir que no mencione hechos dolorosos. De hecho, el final es un guiño a los ingleses.
Victor Heredia, in Página/12

- Breve historia de las islas Malvinas (Brève histoire des Iles Malouines) est un morceau curieux : elle évite par son rythme la tristesse avec laquelle on aborde habituellement le sujet. Comment cela se fait-il ?
- C'est que je l'ai écrite pour Camilo, mon fils de dix ans. En toute innocence, un jour, il m'a demandé : Papa, pourquoi tout le monde dit que les Malouines sont argentines et c'est des Anglais qui y vivent ? J'ai voulu lui expliquer et je me suis rendu compte que je ne savais pas grand-chose. Alors j'ai fait mon enquête et j'ai révisé quelques questions que j'avais oubliées. Je me suis souvenu de Luis Vernet (3). Et je suis remonté plus loin encore, jusqu'à Louis Antoine de Bougainville, qui les a colonisées pour la France. Après est venu la réclamation de l'Espagne sur ces îles, du fait de la conquête de l'Amérique, et l'accord par lequel la France a vendu les îles pour 603 000 livres, quelle aubaine ! On les a récupérées sous la Révolution de Mai. La participation de Vernet a été très importante. Envoyé par Rosas, il cherche à établir une tête de pont commerciale dans les îles. Plus tard, quand une frégate des Etats-Unis attaque, dans un acte à moitié dingue, les Anglais en profitent, rentrent dedans et cassent tout. Je raconte ça dans une chanson enfantine, avec un rythme enjoué, ce qui ne veut pas dire que ça ne parle pas de faits douloureux. En fait, c'est un clin d'œil aux Anglais.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
[...]

–Descubrir en el discurso de determinados individuos la defensa de una simbología a la que nunca pertenecieron es hallar signos de hipocresía. Y la hipocresía está a la orden del día. Si la gente se pusiera a ver seriamente cuáles son las posturas ideológicas y qué se defiende detrás de cada una, sabría el camino a seguir. Esto no quiere decir que hay que estar a la derecha, a la izquierda o al centro. Quiere decir que hay que seguir lo posible. Los cambios tienen que ser auténticos. La gente tiene que recurrir a la realidad, no le pueden seguir contando el país. Tiene que enterarse de quiénes son los hombres y las mujeres que han hecho que nuestras vidas mejoren.
Victor Heredia, in Página/12

- Découvrir dans le discours de certains individus la défense d'un tas de symboles qui n'ont jamais été les leurs, c'est trouver des signes d'hypocrisie. Et l'hypocrisie est à l'ordre du jour. Si les gens pouvaient voir en vrai quelles sont les postures idéologiques et qui se cache derrière chacune d'elles, ils sauraient quel chemin prendre. Ceci ne veut pas dire qu'il faut être à droite, à gauche ou au centre. Cela veut dire qu'il faut continuer autant que faire se peut. Les changements doivent être authentiques. Les gens doivent revenir à la réalité, ils ne peuvent pas continuer à raconter des histoires sur le pays. Il faut qu'ils réalisent qui sont les hommes et les femmes qui ont vraiment amélioré notre vie.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
[...]

–En “La veleta de Armando” canta: “Yo conozco bien a esos tipitos y el sermón/ que preparan siempre que presienten, como hoy,/ que está cerca el tiempo de empezar a cosechar/ todo lo sembrado a fuerza de amar y sangrar”. Habla de la izquierda.

–Es el discurso de la supuesta izquierda purista, que siempre está reclamando lo que falta y niega lo hecho, en pos de su beneficio electoral. A veces es tan exagerada que pone en peligro situaciones democráticas que verdaderamente favorecen a la gente. Y pisan muy peligrosamente el terreno de la derecha, en contra de quienes intentan hacer cosas.
Victor Heredia, in Página/12

- Dans La veleta de Armando ( La girouette de Armando), vous chantez : Je connais très bien ces types à la noix et le sermon qu'ils préparent chaque fois qu'ils pressentent comme aujourd'hui que le temps est proche où la récolte va commencer, celle de tout ce qu'on a semé avec notre amour et notre sang. Cela parle de la gauche.
- C'est le discours de la soi-disant gauche puriste qui est toujours là à réclamer ce qui manque encore et qui nie ce qui a été réalisé, et tout ça par calcul électoral. Parfois, elle exagère tellement qu'elle met en danger des situations démocratiques qui bénéficient vraiment aux gens (4). Et ils piétinent allègrement le terrain de la droite, contre ceux-là qui cherchent à faire des choses.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

[...]

Declaración de principios

Llegó el punto en el que Heredia se pudrió de escuchar que “los artistas que apoyan este modelo lo hacen por dinero”. “Tienen razón: hicimos un ahorro de exilio, censura y persecución para cobrarlo ahora”, repite ahora una ironía que hizo carta de respuesta a la “infamia” hace año y medio. “No, estimados enemigos del progreso, no es por tan despreciable razón que acompañamos este modelo. Nuestra militancia tiene tantos años como cicatrices, tanta felicidad como lágrimas, tanto ayuno como renovada esperanza. Somos parte de un proyecto que comenzó hace mucho tiempo atrás y que fue encarcelado, desaparecido, torturado y asesinado tantas veces como las que resucitó”, subraya la misiva, que se reprodujo en sitios de noticias, blogs y redes sociales. Si bien en ella reivindica los “logros” del Gobierno –sobre todo los vinculados con los derechos humanos, tema clave en su trayectoria– no dice explícitamente si se autodenomina kirchnerista, etiqueta que le endilgan en varias notas que gustan de agrupar artistas por simpatía política. El cantautor de Paso del Rey, que se ha presentado en varios recitales oficiales y de colectivos sociales, dice que no. “Fui admirador de la propuesta política de Néstor, pero soy cristinista –se define–. La Presidenta está tratando de cumplir los sueños de los pibes que fuimos. Desde ese lugar, los que reconocemos su trabajo no somos ningunos boludos.”
Victor Heredia, in Página/12

Déclaration de principe
Heredia en a maintenant ras le bol d'entendre que "les artistes qui soutiennent ce modèle [la politique actuelle de Cristina] le font pour l'argent". "Ils ont raison : on a investi nos économies d'exil, de censure et de persécution et maintenant on touche les dividendes, répète-t-il maintenant avec une ironie qui lui a servi de carton-réponse contre l'ignominie il y a un an et demi. Non, chers ennemis du progrès, ce n'est pas pour une raison aussi méprisable que nous accompagnons ce gouvernement. Notre militance a autant d'années que de cicatrices, autant de bonheur que de pleurs, autant de jeûne que d'espoir renouvelé. Nous appartenons à un projet qui a commencé il y a longtemps et qui a été mis en prison, qui a disparu, qui a été torturé et assassiné aussi souvent qu'il a ressuscité, souligne la missive qui a été reproduite dans des sites d'information, des blogs et sur les réseaux sociaux. Mais bien qu'il revendique les réussites de ce Gouvernement, surtout celles liées aux droits de l'homme, un thème-clé dans son parcours, il ne dit pas explicitement s'il se définit comme kirchneriste, étiquette qu'on lui a collée dans plusieurs articles qui aiment classer les artistes par sympathie politique. L'auteur compositeur interprète de Paso del Rey, qui s'est produit dans plusieurs récitals de la majorité et de collectifs sociaux, dit que non. J'ai été un admirateur de la proposition politique de Néstor mais je suis cristiniste, se définit-il. La Présidente est en train d'exaucer les rêves des mômes que nous avons été. De ce point de vue-là, nous qui reconnaissons son travail nous ne sommes pas de couillons".
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :


(1) Voir à ce propos les articles classés sous le mot-clé dialogue dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Un thème qui a beaucoup hanté la presse et l'Argentine en général depuis l'élection du Pape François et le revirement auquel le gouvernement en place a dû se plier pour faire face à une situation toute nouvelle. Du coup, même la gauche athée écoute les appels au dialogue lancé par l'Eglise, qu'elle n'écoutait jamais avant. Et c'est très intéressant de retrouver cette thématique dans la bouche d'un artiste aussi engagé et aussi batailleur que Heredia... Comme quoi, les esprits sont en marche. Et c'est une excellente nouvelle pour ce pays.
(2) Il fait ici allusion aux disparus, les fils et les filles de Madres de Plaza de Mayo (les deux associations), et aux enfants volés, recherchés par Abuelas de Plaza de Mayo.
(3) Luis María Vernet, né à Hambourg en 1792 et mort à San Isidro, près de Buenos Aires, en 1871, fut le premier commandant argentin des Iles Malouines. Il a été destitué de sa fonction en 1832 pour avoir quitté les îles alors attaquées par les Etats-Unis (il allait chercher du secours auprès de la capitale). Il a été enterré au cimetière de La Recoleta, au début de l'épidémie de fièvre jaune qui a ravagé la capitale et sa région pendant tout l'été 1871.
(4) Je pense qu'il vise ici quelqu'un comme Pino Solanas qui est en train de négocier un accord électoral avec Elisa Carrió, une personnalité politique très instable qui se présente volontiers comme de centre-gauche, mais c'est un centre qui penche beaucoup vers la droite et qui rejoint la droite autant qu'elle le peut.

mardi 19 mars 2013

Hugh ! Moi venir boire mate avec Frère Blanc pour enterrer hache de guerre [Actu]

"Ce fut fructueux et important".
Une de Página/12 de ce matin
En manchette, Jorge Rafael Videla qui, depuis sa prison, a appelé hier
les "militaires jeunes et vigoureux" à renverser Cristina
par un nouveau coup d'Etat

Eh bien voilà, nous y sommes. Ce n'était pas plus compliqué que ça... Il fallait juste qu'il change de costume, le monsieur, et après on peut causer. Il n'a même pas eu besoin de changer de pendentif ni de lunettes !

La réconciliation spectaculaire entre la Présidente argentine et l'ancien archevêque de Buenos Aires fait les délices des chroniqueurs sur la RAI comme sur France-Inter, France-Télévision, LCI et d'autres encore et donne raison à Paz et Rudy qui, vendredi, retrouvant leurs esprits (avec leur causticité habituelle), nous racontaient que l'élection du Pape avait débarrassé Cristina d'un opposant redoutable (voir mon article du 15 mars 2013).

L'entretien informel a duré une vingtaine de minutes puis s'est prolongé avec un déjeuner partagé à la maison Sainte-Marthe où le Pape continue de résider sine die. Selon les déclarations de la Présidente, elle a sollicité l'intervention du Saint-Père pour que s'engage un dialogue qu'elle appelle de ses vœux depuis de nombreuses années et qu'elle cherche à faciliter à chaque réunion internationale (Assemblée générale des Nations Unies, G20...) entre l'Argentine et la Grande-Bretagne sur la souveraineté des Malouines, conformément à une résolution de l'ONU à laquelle le Royaume-Uni ne s'est jamais plié et qu'il a même piétinée délibérément, entre autres il y a quelques jours avec ce référendum désavoué par les Nations Unies où les habitants des îles ont dit qu'ils voulaient rester britanniques. Bien entendu, si Cristina de Kirchner veut mettre toutes les chances de son côté pour l'heureuse issue de cette médiation (avec un pays à majorité anglicane et protestante !), elle a intérêt à faire taire les rumeurs qu'elle est fortement soupçonnée, avec son mari, d'avoir montées en épingle pour jeter le soupçon sur le comportement du Pape sous la dictature. Il y a fort à parier qu'après quelques barouds d'honneur, Página/12 va battre en retraite sur ce point et que les ONG vont se rendre à l'évidence du peu de consistance des accusations qu'elles soutiennent et qui se résument, selon le contenu même des articles parus dimanche dans Página/12, au fait que le Pape n'a été ni arrêté ni torturé ni assassiné pendant cette sinistre période. Pour le reste, tout le monde reconnaît qu'il n'a jamais été le complice actif de la Dictature (ce qui veut dire qu'il n'a trahi personne) et qu'il a même payé sur sa propre cassette les billets d'avion des prêtres qu'il arrivait à faire sortir du pays quand ils avaient la chance d'être libérés par leurs geôliers (1). Vous avouerez que c'est mince pour continuer à accuser quelqu'un d'avoir un passé trouble...

Le mate, ici avec son pied (dans la main du Pape)
et sa bombilla traditionnelle en métal torsadé (dans les doigts de la Présidente),
est un symbole d'amitié, de cordialité et aussi de sobriété,
le vecteur d'un véritable rite de sociabilité en Argentine.
Le choix de ce cadeau en dit long sur le retournement de la Présidente.
Au cours de cet entretien d'hier, Cristina de Kirchner a fait au Pape deux cadeaux très jolis pour ce qu'ils représentent en Argentine : un ensemble à mate dû au travail d'une artisane de la Province de Buenos Aires et un poncho, artisanal lui aussi, en provenance du Nord-Ouest. Pour les journalistes, cela a donné des images très télégéniques, très belles et même émouvantes, comme ce baiser qu'ils ont échangé à la mode argentine (un seul baiser sur la joue droite et indifféremment, qu'on soit homme, femme, vieux, jeune...) . Les images témoignent d'une rencontre détendue et en apparence au moins tout à fait sereine des deux côtés. Ce matin, pendant la messe d'installation, j'ai été frappée par les plans de coupe que la RAI faisait sur elle pendant l'homélie. Elle a hoché la tête, d'un mouvement très naturel et très discret, en signe d'adhésion à des propos (en italien) qui n'étaient pas si plaisants pour elle à entendre au regard des relations épouvantables qu'ils ont entretenues depuis des années. Et pour que les sources vaticanes n'en cachent pas le caractère conflictuel, il faut que ça ait été très tendu. J'ai aussi été frappée par son émotion après son court entretien dans la Basilique alors qu'elle était la première dignitaire (ça doit jouer, ça aussi) à se présenter, dans un évènement à portée mondiale. Elle en a oublié de saluer le cardinal à la droite du Pape et il a fallu que le service du protocole la cornaque. Pour moi, c'est un signe qui ne trompe pas. Cette femme est une politique madrée, ce n'est pas une petite fille nunuche qui s'emballe pour un oui ou pour un non. Comme tous ceux qui exercent le pouvoir, elle tombe parfois dans la démagogie et elle sait se contrôler, en bonne avocate qu'elle est de métier. Pour qu'elle arrive à ne pas voir un cardinal ou un évêque à la droite de la personnalité qu'elle vient de saluer (ce n'est pas discret un cardinal en grande tenue, ça se voit de loin !), il faut que l'émotion la submerge. Que ce soit un calcul politique ou un changement intime, il s'est passé quelque chose pour elle cette semaine. Il suffit de comparer son attitude d'aujourd'hui et la froideur du message de mercredi soir, lorsque la nouvelle de l'élection, dont elle ne parvenait pas à cacher ni qu'elle lui déplaisait ni qu'elle la prenait au dépourvu, est tombée... Dilma Roussef aussi était très enthousiaste ce matin mais le plus étonnant demeure encore l'air rayonnant de Rafael Correa, qui n'a pas vraiment un profil public de bon catho confit dans l'eau bénite...

Pour en savoir plus :
Vous disposez du lien vers le site Internet de Página/12 dans la Colonne de droite, partie basse (rubrique Actu)
Lire les articles sur le Pape sur le site Internet de l'agence Télam
Lire l'article des médias du Vatican sur la rencontre entre le Pape et la Présidente hier (version française).



(1) A cela s'ajoutent des récriminations fantaisistes et même farfelues auxquelles Página/12 tenait encore dimanche comme à la prunelle de ses yeux et dont voici un exemple très éclairant. On accuse Jorge Bergoglio de n'avoir pas retiré sa "licence sacerdotale" (jamais une telle licence n'a existé dans le droit canon, la capacité à célébrer les sacrements relevant d'une ordination par définition indissoluble et irrévocable, ce qui n'a rien à voir avec un permis de conduire qu'on vous confisque si vous avez pris l'autoroute en contresens et avec 4 gr d'alcool dans le sang), à un prêtre qui célèbre toujours la messe dans une prison au Chili (c'est son droit, le péché, pour grave qu'il soit, ne saurait être en soi un empêchement au sacerdoce, sinon il ne pourrait pas y avoir de prêtres puisque nous sommes tous pécheurs) où il est détenu après une condamnation lourde pour crimes contre l'humanité (en l'occurrence des enlèvements, des actes de torture et des homicides commis au bénéfice de la Dictature). Imaginer un seul instant que l'évêque de Buenos Aires (Argentine) ou de n'importe où ailleurs puisse intervenir dans les affaires d'un autre diocèse, pire encore, dans un diocèse d'un pays étranger, et quel pays étranger (le Chili), c'est ne vraiment rien comprendre au mode et à la logique presque deux fois millénaires de fonctionnement de l'Eglise...

samedi 31 mars 2012

Les 30 ans de la Guerre des Malouines toujours par Rep mais côté ennemi [Actu]

Miguel Rep continue de commémorer à sa façon, c'est à dire avec une solide dose d'humour, les 30 ans de la guerre des Malouines qui a abîmé sa propre jeunesse.

Mais ce matin, à la une de Página/12, il a regardé l'événement du côté du troufion britannique. Tout aussi victime du conflit que l'appelé argentin, à ceci près que le soldat britannique était déjà un professionnel des armes. Je découvre ce dessin fabuleux en revenant de Chevreuse et de son salon du livre fort dynamique et joyeux, comme il y avait longtemps que je n'en avais vu...


Légende de gauche : Canterbury, 31 mars 1982.
Le soldat anglais Vincent Q. (1) se marie à la fin avril de cette année. En guise de blague, on lui offre une séance de voyance pour connaître l'avenir de son couple.
La voyante : Je vois que tu devras retarder un engagement, que tu feras un long voyage, et je te vois très très couvert pendant un mois.
Vincent Q. : Bon, alors écoutez-moi bien ! Je ne vais rien retarder du tout, le voyage c'est ma lune de miel, dans un mois je serai sous le soleil, sur une plage, et vous, vous êtes une arnaqueuse.
Légende de droite : Vincent se souviendra de cette scène, en mai, en nettoyant son arme dans l'Atlantique Sud.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Remarquez que Rep n'a pas voulu ridiculer le simple soldat anglais. Il ne dit pas un mot de la participation du Prince Andrew dans cette aventure belliqueuse. Il n'est pas dit que ça ne viendra pas d'ici le mois de mai. Wait and see, comme dirait l'autre.

(1) Remarquez que le prénom choisi est fort peu anglais. Il est plutôt nord-américain et les Etats-Unis doivent la fréquence de ce prénom à l'immigration italienne, la même nationalité qui a constitué 50% de l'immigration européenne en Argentine entre 1880 et 1930...

lundi 9 février 2009

Humour rosarino et église maradonienne [Jactance & Pinta]

Le 11 février, donc après-demain mercredi, à Marseille, les Blancs et Ciel (Albicelestes) affrontent en match amical les Bleus, dans le cadre de la préparation aux éliminatoires de la Coupe du Monde de Football de 2010. Les Albicelestes, c’est la sélection nationale argentine, entraînée depuis le mois d'octobre dernier par Diego Maradona, et ça leur réussit plutôt bien ! Les Bleus, c’est la sélection nationale française, entraînée par Raymond Domenech (et les supporters français sont passablement critiques). Le match aura lieu au stade Vélodrome de Marseille, donc en France. Retransmission en direct sur TF1 pour la France, que je ne conseille pas à nos amis argentins : à trois jours du match, le site de TF1 annonce aujourd'hui un match France-Uruguay en direct du stade de France. Les commentaires éructants et au français hideux de Jean-Michel Larqué et consorts, ce n'est pas du Victor Hugo Morales. (Le journaliste et conteur uruguayen est d'ailleurs arrivé dans la cité phocéenne pour commenter le match en direct pour les Argentins, selon ce que m'annonce Carlos Carrizo, auteur d'un très beau livre de photos inédites sur Astor Piazzolla. Que je vous laisse chercher dans la rubrique Disques & Livres, dans le haut de la colonne de droite ?).


Et il se trouve qu'après-demain, si les Français jouent à domicile (ce qui devrait être un avantage), les Argentins auront Dieu lui-même assis sur le banc de touche...

Pour vous donner une idée de la taille du bonhomme qui a débarqué ce matin à Marseille à la tête de la délégation bicolore, voici, dans le texte original et en traduction française, l'essentiel du bréviaire de l’Eglise Maradonienne, née un jour d'anniversaire de Maradona en 1998 sur l'idée farfelue de deux supporters qui ont organisé des ressemblements patriotiques en honneur de Diego au pied du Monumento a la Bandera de leur ville, un impressionant monument au drapeaux de la cité fluviale de Rosario (un port au sud du Paraná, avant que la rivière se sépare en plusieurs bras, tout au nord de Buenos Aires, dans la Province de Santa Fe).

Cette Eglise a beau être une blague king-size, elle sert à dire quelques vérités sociales et politiques qui pour être énoncées sur un mode loufoque n’en sont pas moins bien senties...

L'Eglise Maradonienne s'intègre à une tradition d'humour politique très riche : la parodie carnavalesque des références catholiques. Dans cette tradition, à laquelle Horacio Ferrer sacrifie volontiers et avec maestria dans l'univers du tango (María de Buenos Aires avec Astor Piazzolla, Oratorio Carlos Gardel, avec Horacio Salgán, Yo payador avec Osvaldo Pugliese, et autres oeuvres, longues ou brèves), on s'empare des textes sacrés, on en conserve le rythme, la mélodie et les sonorités, que des années de récitation quotidienne ou dominicales ont enracinés dans toutes les oreilles (même celles de la petite minorité non-catholique, seulement 8% de la population argentine), et on s'en sert pour dire tout autre chose.

L'Eglise maradonienne professe sa foi en proclamant Diego (amen) et célèbre baptêmes (tout le monde, homme et femme, prend Diego en second prénom), professions de foi sur un autel où est exposé un ballon comme un Saint Sacrement, mariages (les deux époux doivent marquer un but de la main dans une cage sans gardien), Noël (l'anniversaire de Diego le 30 octobre) et Pâques depuis 2002 (le 22 juin, anniversaire du but que Maradona marqua de la main, "la mano de Dios", contre l'Angleterre, lors de la Coupe du Monde du Mexique en 1886, quatre ans après la défaite argentine aux Malouines).

Voici les 10 commandements de l'Eglise maradonienne.

Los 10 mandamientos (1)
1. La pelota no se mancha, como dijo D10S en su homenaje.
2. Amar al fútbol por sobre todas las cosas.
3. Declarar tu amor incondicional por Diego y el buen fútbol.
4. Defender la camiseta Argentina, respetando a la gente.
5. Difundir los milagros de Diego en todo el universo.
6. Honrar los templos donde predicó y sus mantos sagrados.
7. No proclamar a Diego en nombre de un único club.
8. Predicar los principios de la Iglesia Maradoniana.
9. Llevar Diego como segundo nombre y ponérselo a tu hijo.
10. No ser cabeza de termo y que no se te escape la tortuga.

1. Le ballon ne se salit pas, comme l’a dit D10S le jour où il lui fut rendu hommage (2)
2. Aimer le football par dessus toute chose.
3. Déclarer ton amour sans condition à Diego et au bon football.
4. Défendre le maillot argentin, en respectant les gens.
5. Faire connaître les miracles de Diego dans tout l’univers.
6. Honorer les temples où il a prêché et ses vêtements consacrés.
7. Ne pas proclamer Diego au nom d’un seul et unique club
(3)
8. Prêcher les principes de l’Eglise Maradonienne.
9. Porter en second prénom celui de Diego et le donner à ton enfant.
10. Ne pas perdre le nord et ne pas laisser échapper le gâteau...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

A ces commandements s’ajoutent une tripotée de prières.
Or, contrairement à ce qui se produit en Europe, ces parodies d'authentiques et vénérables prières catholiques ne cherchent jamais à énoncer le contraire de ce que disent les textes originaux et ne sont jamais tournées contre l'image de Dieu, ni contre la foi des fidèles, ni contre l’Eglise. Ces pastiches ne cherchent à ridiculiser personne dans le domaine de la religion (ce n'est pas le cas pour les pontes de la FIFA, qui, eux, s'en prennent plein la figure). Bref, il ne s’agit pas de blasphème comme c'est le cas en Europe (et singulièrement en France, où ce genre d’exercice passe pour une preuve de liberté d’esprit, au détriment des croyants que l’on compte alors pour rien tout en se posant soi-même en champion de la tolérance).

D10s te Salve. Le Salve (4)

Dios te salve pelota.
Llena eres de magia,
el Diego es contigo.
Bendita tú eres entre todas las demás
y bendito es el Diego que no te deja manchar.
Santa redonda, madre del gol
ruega por nosotros los jugadores
ahora y en la hora de nuestro encuentro...
Diego.

Je vous salue, ballon (5)
plein de grâce
le Diego est avec vous
Vous êtes béni entre tous les autres
et béni est le Diego qui ne te laisse pas salir
(2)
Saint ballon rond, père du but (6)
Priez pour nous pauvres joueurs
maintenant et à l'heure de notre rencontre...
(7)
Diego
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le Notre Père

Padre Nuestro (y es nuestro de verdad) (8)
Diego nuestro que estas en la tierra,
santificada sea tu zurda,
Venga a nosotros tu magia,
háganse tus goles recordar,
así en la tierra como en el cielo.
Danos hoy una alegría en este día,
y perdona aquellos periodistas
así como nosotros perdonamos
a la mafia napolitana.
No nos dejes manchar la pelota
y líbranos de Havelange..
Diego.

Notre Père (et pour le coup, c'est bien le nôtre)
Notre Diego qui est sur la terre
que ta jambe gauche soit sanctifiée
que ta magie vienne
que tes buts se gravent dans les mémoires
sur la terre comme au ciel
Donne-nous aujourd'hui une joie en ce jour
et pardonne tous ces journalistes
(9)
comme nous-mêmes nous pardonnons
à la mafia napolitaine
(10)
Ne nous soumets pas au déshonneur du ballon
mais délivre-nous d'Havelange...
(11)
Diego
(Traduction Denise Anne Clavilier)

L'Eglise Maradonienne dispose bien sûr d'un site (les images qui illustrent cet article en sont extraites). Cliquez sur ce lien pour y accéder.
La Fédération de Football argentine a aussi son site : la AFA.
Et si vous ne l'avez déjà fait en lisant les précédents articles où j'ai déjà parlé de lui, vous pouvez découvrir le journaliste uruguayen Victor Hugo Morales sur son site (colonne de droite, partie basse, rubrique Actu).

(1) Les jeux de mots commencent là. Comment ? A vous de voir en allant un tout petit peu plus loin...
(2) D10S : écrit en capitales comme ça, vous avez reconnu le mot Dios, Dieu. 10, c’était le numéro du maillot de Maradona dans l’équipe nationale. C’est aussi l’un de ses surnoms : El Diez. On dit aussi Diego ou El Diego, el Pibe de Oro (le môme en or), etc... "La pelota no se mancha" : au cours d’un hommage qui lui fut rendu au stade de La Boca, au moment où il quittait la carrière active de joueur sur le terrain, Maradona fit un discours très émouvant. Il y reconnut notamment avoir commis plusieurs fautes au cours de sa carrière (différents scandales auquel il avait été mêlé, notamment la naissance d’un enfant illégitime à Naples et son addiction à la cocaïne) mais conclut-il, la pelota no se mancha (le ballon ne se salit pas, ce qui est à la fois une constatation et une profession de foi envers la noblesse du foot qu'aucune contingence humaine ne peut atteindre). Cette phrase est restée dans toutes les mémoires argentines et au-delà. Elle a profondément ému tous ceux qui l’ont entendue et, de nombreuses années plus tard, elle reste effectivement très touchante (elle figure d’ailleurs dans le film que Kustorica a consacré à Diego et qui fut présenté au Festival de Cannes 2008). Maradona entendait alors aussi se laver des soupçons de dopage que la FIFA avait fait peser sur lui en 1994 en l’expulsant de la Coupe du Monde de Football aux Etats-Unis. Maradona a toujours clamé son innocence dans cette affaire et la plupart des Argentins le croient. Ils voient dans cette mesure la énième tentative des Etats-Unis (par FIFA interposée) pour humilier l’Argentine en salissant un joueur qui ne fait pas mystère de son admiration pour Fidel Castro et fédèrent ainsi de très nombreux latino-américains bien au-delà de la seule Argentine.
(3) Diego Maradona a joué dans plusieurs clubs, les plus importants étant Paternal (le club de ses tout débuts à Buenos Aires), Boca Juniors (celui du quartier de La Boca, son club préféré), le Barça (un club de Barcelone assez aristocratique et très riche, où il a été très malheureux), le SSC Napoli, le club de Naples, une ville pauvre rongée par la maffia, dont l'équipe ressemble beaucoup à Boca Juniors et que Maradona a emmené à des sommets internationaux, avant de retourner, fortune faite et gloire mondiale acquise, à La Boca, "heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage..." Diego Maradona est immensément fier de ce parcours et les Argentins derrière lui.
(4) Je vais faire ici non pas une traduction littérale du texte argentin mais m'appuyer sur la version liturgique française actuelle... Pour ceux qui ne connaissent pas le texte original en espagnol : Dios te salve María, llena eres de gracia, el Señor está contigo, bendita eres entre todas las mujeres y bendito el fruto de tu vientre, Jesús. Santa María, Madre de Dios, ruega por nosotros pecadores, ahora y en la hora de nuestra muerte. Amen. En français, la traduction liturgique s'exprime un peu différemment : Je vous salue, Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Même dans le rythme et les sonorités, les différences entre les deux versions sont infimes.
(5) Manque de bol ! Pelota est du féminin en espagnol et c'est un trisyllabique comme María. Or notre ballon est du masculin (la balle, c'est pour le tennis ou le ping-pong !).
(6) El gol : c'est à la fois le but et le gardien de but (que nous appelons le goal en bon franglish). Et évidemment avec ce changement de genre, la traduction française perd le sel du texte original !
(7) Enième jeu de mot du bréviaire. El encuentro, c'est la rencontre sportive mais c'est aussi une métaphore et un euphémisme qui désigne la mort (la rencontre avec Dieu).
(8) Voici le texte liturgique hispanophone : Padre nuestro que estas en el cielo, santificado sea tu nombre, venga a nosotros tu reino, hagase tu voluntad así en la tierra como en el cielo. El pan nuestro de cada día danosle hoy y perdonános nuestras ofensas así como nosotros perdonamos a los que nos ofenden. Y no nos dejes caer en la tentación mas libranos del mal.
En français : Notre Père qui es au ciel, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour et pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du mal.
(9) les journalistes qui ont nourri des canards à scandale avec la relation de Maradona avec la cocaïne, ceux qui ont fait de l'argent avec son adultère à Naples, ceux qui l'ont poursuivi de leurs objectifs pendant ses cures de sevrage à Cuba et en Argentine, etc.
(10) Allusion aux ennuis que la mafia a causés à Maradona à Naples (notamment l'addiction à la cocaïne et cette histoire d'adultère d'une vulgarité sans fond).
(11) pour les passionnés de tango qui ne connaissent rien au foot, João Havelange, né en 1916 au Brésil mais élevé en Belgique, fut de 1974 à 1998 président de la FIFA (la fédération internationale du foot professionnel) et il siège depuis 1963 au Comité Olympique International. C'est lui qui présidait la FIFA pendant la carrière de joueur de Maradona, lui qui a donc avalisé son exclusion du Mundial de 1994. Les amateurs de foot argentins l'accusent d'être vendu au business et affidé aux intérêts des grandes puissances politico-économiques (chaînes de télé, multinationales assurant le sponsoring des matchs de foot, Grande-Bretagne tatchérienne et Etats-Unis, tous confondus). En plus, il est né au Brésil, qui est l'ennemi héréditaire sur les terrains de foot (et pas seulement sur le terrain).