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mardi 30 avril 2013

Emission philatélique conjointe Cité du Vatican-République Argentine [Actu]

Photo Communication du Saint Siège

Les deux Etats ont conclu un accord en vue d'émettre une série de timbres pour célébrer l'accession au Trône de saint Pierre du Pape François.

Au Vatican, l'émission prendra la forme de quatre timbres ayant des valeurs d'affranchissement pour l'Italie (0,70 €), pour l'Europe et les pays méditerranéens (0,85 €), pour l'Amérique, l'Afrique et l'Asie (2 €) et pour l'Océanie (2,50 €).

Le tirage de la planche sera limité à 250 000 exemplaires.


Cette émission a été présentée au Pape ce matin dans la Bibliothèque pontificale (photo en haut à gauche). Le timbre à 0,70 euros est déjà sorti dans la foulée de l'installation de la Saint-Joseph (19 mars 2013).

Par ailleurs, l'Office Philatélique et Numismatique du Vatican accompagnera cette émission conjointe d'une carte de présentation vendue avec une plaque de timbres et une médaille frappée spécialement à cet effet. La carte reproduira la première page de l'édition extraordinaire de l'Osservatore Romano du 13 mars 2013 au soir (ci-dessous).


Côté argentin, les quatre timbres auront seulement trois valeurs distinctes : 3,5 $, 10 $ et 14 $, soit une valeur faciale de la plaque de 31 $. Le tirage de la série sera limité à 120 000 exemplaires. Et il est prévu que la République italienne soit de l'opération. Les timbres seront en vente simultanément dans les bureaux des trois Postes étatiques jeudi 2 mai 2013. Correo Argentino devancera l'appel sur son stand de la Feria del Libro demain.


Je vous donne la reproduction des deux plaques, au cas où vous voudriez jouer au jeu des sept erreurs demain en effeuillant vos brins de muguet.

Pour en savoir plus :
lire l'article de News Va (en italien)
lire l'article de News Va (en espagnol)
lire la dépêche de la salle de presse du Gouvernement national argentin (en espagnol).

La version francophone de l'information sur News Va est très, très, très succincte.
Rien sur le site Internet de Correo Argentino mais il est partiellement en travaux. Ceci explique peut-être cela.

Extrait de l'édition d'aujourd'hui de l'Osservatore Romano

lundi 4 juillet 2011

Hommage à Edmundo Rivero à Correo Argentino et à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]


Ce soir, lundi 4 juillet 2011, à 19h30, le poète et essayiste Luis Alposta présidera et animera le Plenario de la Academia Nacional del Tango qui sera consascré au chanteur, compositeur et guitariste Edmundo Rivero, à l'occasion du centenaire de sa naissance, le 11 juin dernier (1).

Le tango rituel de cette séance académique sera Sur, de Aníbal Troilo et Homero Manzi (2), chanté par Edmundo Rivero, dans un enregistrement fait avec l'orchestre de Troilo.

L'espace artistique sera confié à une autre basse du tango, le chanteur Hernán Genovese, que les lecteurs de ce blog connaissent déjà depuis un bon moment...

Par ailleurs, depuis vendredi dernier, 1er juillet 2011, la Poste Argentine (Correo Argentino) a mis à la disposition de ses clients un sceau commémoratif, que tout un chacun peut faire apposer, en plus de l'oblitération et du timbre, sur sa correspondance, au bureau de poste situé Perón 300, à l'angle avec la rue 25 de mayo, dans le centre de Buenos Aires. Le portrait caricature de Rivero qui se trouve au centre du sceau est un dessin de Luis Alposta. Si vous vous souvenez bien, l'année dernière, le 24 juin 2010, c'est aussi un portrait de Luis Alposta que le Correo Argentino avait choisi pour illustrer l'oblitération commémorative des 75 ans de la mort de Carlos Gardel (voir mon article du 24 juin 2010 à ce sujet). Cette année, le Correo Argentino se sera montré un peu plus long à la détente mais pour finir, il existe bien, cet hommage officiel pour l'obtention duquel Luis se bat comme un beau diable depuis plus d'un an...

Un autre jour, où je serai en meilleure forme, je vous donnerai, dans sa version bilingue, le texte de Luis Alposta, qu'il m'a gentiment envoyé ce week-end, et qu'il a déjà prononcé à Rosario, le samedi 11 juin dernier (voir mon article du 10 juin 2011 à ce sujet), pour le centenaire de la naissance d'un chanteur qui était devenu son ami et qui lui a mis en musique un bon nombre de poèmes...

(1) Depuis le début juin, il flotte comme une incertitude sur la date de naissance de Rivero, entre le 8 et le 11 juin 1911, les dates varient selon les sources et à l'intérieur des mêmes sources.
(2) Sur fait partie des 231 letras que je présente, dans le texte original et en traduction française, dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin, à la page 234.

jeudi 17 mars 2011

Hommage nord-américain et philatélique à Carlos Gardel [Troesma]


Les Etats-Unis viennent d'émettre une série de timbres intitulée Forever Stmaps qui ont été présentés hier à Austin au Texas. L'image de Carlos Gardel a été retenue dans la série comme celle d'un artiste majeur de l'Amérique Latine, lui qui vécut temporairement, à plusieurs reprises, à New York au début des années 30 et où il fit carrière notamment au cinéma, après la mort de Rudolf Valentino, qui avait laissé vide une place exceptionnelle de latin lover, que l'Argentin remplit à merveille.

C'est le quotidien Clarín qui rapporte cet hommage septentrional dans son édition de ce matin. Le journaliste a poussé la conscience professionnelle jusqu'à se rendre à la Academia Nacional del Tango pour s'entretenir avec Walter Piazza, le Secrétaire permanent de l'institution, au sujet de la carrière du Zorzal Criollo.

Pour en savoir plus :
lire mon article du 24 juin 2010 sur la sortie d'un timbre argentin en juin 2010 pour la commémoration des 75 ans de la mort de Gardel
lire mon article du 9 juillet 2010 sur la sortie d'une carte postale commémorative en Argentine
lire mon article du 26 septembre 2010 sur la présentation de cet ouvrage, en août 2010, à Buenos Aires, en présence de Luis Alposta, auteur de la préface du livre et du portrait figurant sur le timbre argentin de juin dernier.

vendredi 31 décembre 2010

Les 120 ans de la naissance de Gardel [Troesma]

Le 11 décembre dernier, l'Argentine fêtait les 120 ans de la naissance de Carlos Gardel. C'était la Fête Nationale du Tango, et il pleuvait. Dans le sud de la capitale argentine, la violence se déchaînait dans les alentours du Parce Indoamericano, dans le quartier de Villa Soldati, à tel point que j'ai reporté plusieurs articles liés à ce Día Nacional del Tango à des moments du calendrier un plus décents (je ne peux pas parler tango lorsque par ailleurs dans cette même ville, qui en est le berçeau, des gens se bataillent avec des armes à feu et des armes blanches).

J'ai donc reporté jusqu'à ce dernier jour de l'année la mention de ce dossier illustré paru sur le site du quotidien Clarín le 11 décembre dernier pour fêter, en photos et en documents, l'anniversaire du Troesma. Cela me permet de l'accompagner de cette très belle esquisse du visage de Carlos Gardel que l'on doit au poète Luis Alposta, qui a préfacé un album philathélique publié en août sur l'ensemble des timbres publiés en Argentine et dans le monde en hommage à l'artiste (voir mon article Retour sur images sur la présentation de ce catalogue). Ce visage dessiné en quelques traits par Luis est l'image qui a été retenue pour le timbre hommage sorti le 24 juin dernier, pour les 75 ans de la mort de Gardel (voir mon article consacré à cette sortie).

En juin-juillet, à l'occaion du 75ème anniversaire de cette disparition tragique sur l'aérodrome de Medellín en Colombie, Clarín avait aussi publié une collection de 11 fascicules sur la vie et l'oeuvre de l'artiste (voir mon article sur cette série commémorative).

dimanche 31 octobre 2010

Carlos Gardel y la filatelia, 1985-2010, au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]

Invitation lancée par le Musée (cliquez sur l'image pour lire le texte confortablement)

L'ouvrage de José Campoy Fernández dont je vous ai déjà parlé dans Barrio de Tango, ce blog, dans ma rubrique Chroniques de Buenos Aires, puisque j'ai assisté à sa toute première présentation le jour même de la sortie à Buenos Aires au mois d'août, était la vedette de la soirée que le Museo Casa Carlos Gardel (1) a maintenue vendredi soir à 19h, malgré le deuil national qui a supprimé un certain nombre d'activités culturelles dans tout le pays.

Après la présentation du livre lui-même, le chanteur Esteban Riera, un familier des lieux, a donné un petit concert. Cela méritait bien cela, dans ce lieu-là...

Comme d'habitude lorsque survient un décès aussi conséquent que celui d'un ancien président constitutionnel, en Argentine comme en Uruguay, je n'ai pas fait écho à cette information vendredi pour laisser toute la place à l'événement historique que constituait cet adieu de la Nation à un homme politique d'importance (2).

(1) Le Museo Casa Carlos Gardel est installé dans la dernière maison du chanteur. Elle se situe en plein quartier de l'Abasto, le quartier de son enfance et de ses premiers succès, dans la rue Jean Jaurès au numéro 735.
(2) Qu'on apprécie la politique qu'il a menée ou non, qu'on apprécie l'homme ou non, Néstor Kirchner était une personnalité importante dans le paysage politique et social argentin et c'est une perte considérable pour le pays qui voit toute sa vie politique bousculée par cette disparition précoce auquel il n'était pas préparé, en dépit des alertes de santé récentes de l'intéressé.

dimanche 26 septembre 2010

Sortie en août d'un catalogue philatélique sur Gardel [Disques & Livres]


Luis Alposta (à gauche) lors de la présentation officielle de Carlos Gardel y la filatelía.
L'auteur, José Campoy Fernández, est de l'autre côté de la table, en train de rajuster sa cravate.

En août dernier, le vendredi 20 août 2010 à 19h, en son siège de Perón 1479, dans le quartier de San Nicolás, la FAEF, la Fédération Argentine des Entités Philatéliques, publiait un tout premier catalogue des timbres consacrés à Carlos Gardel dans le monde entier depuis 1974 jusqu'à cette année, un travail colossal de recension dû au talent d'un Espagnol, José Campoy Fernández, qui présentait l'ouvrage ce soir-là, avec le président de la FAEF, un représentant de Correo Argentino et Luis Alposta (1), qui en a rédigé la préface...


Luis Alposta a fait ce soir-là un laïus qui a beaucoup intéressé les philatélistes rassemblés dans la salle, sur toutes les originalités de Gardel, qui fut un pionnier dans de très nombreux domaines, artistiques, techniques et même symboliques : il est en effet le premier Argentin (2) à avoir connu une gloire internationale qui perdure bien au-delà de sa mort.

Ce catalogue, où la France, pourtant terre natale de Carlos Gardel comme l'attestent les documents de l'état-civil du département de la Garonne (3), n'est que peu représentée (4), commémore le 75ème anniversaire de la mort de l'artiste et accompagne la sortie presque conjointe d'un timbre commémoratif de Correo Argentino et d'une carte postale pré-timbrée émise elle aussi par cette institution, avec pour chacun d'entre eux une oblitération spécifique (matasello, "qui tue le timbre", en Argentine).



Au sujet du timbre, dont le motif est de la main de Luis Alposta, voir mon article du 24 juin 2010. Au sujet de la carte pré-timbrée, dont l'illustration est due au peintre et caricaturiste de presse uruguayen installé à Buenos Aires (5) Hermenegildo Sabát, voir mon article du 9 juillet 2010.

Le catalogue est en vente au siège de la FAEF, Perón 1479, 4ème étage, à Buenos Aires, au prix public de 40 pesos argentins (voir le site de la FAEF)

Ci-dessus : la première page du libre, dûment oblitéré avec les deux cachets et la dédicace de l'auteur à votre servante...


(1) Ce portrait succinct de Carlos Gardel réalisé par Luis Alposta l'a été dans le cadre d'un concours franco-argentin de caricature pour les 50 ans de la disparition du chanteur. Il a été à ce titre la première caricature argentine à franchir l'Atlantique par fax, ce qui est l'une des originalités, posthume celle-là, du Zorzal Criollo. Cette caricature, Luis m'a autorisée à la reproduire dans mon livre, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin, p. 98. Elle est aussi reproduite dans ce blog, dans l'un des articles sur Luis Alposta et les voeux de fin d'année (ou de début d'année). Je vous laisse fouiller dans les archives, à l'aide des raccourcis de la Colonne de droite et du moteur de recherche interne, en haut, à gauche.
(2) La nationalité de Gardel fait l'objet d'une polémique sans fin. Sur le plan strictement juridique, Carlos Gardel est resté français toute sa vie. Sur le plan psychologique, culturel et individuel, Carlos Gardel est incontestablement argentin. C'est en Argentine et précisément à Buenos Aires qu'il a passé toute son enfance, sauf les 28 premiers mois vécus à Toulouse. Politiquement et à titre posthume, il est revendiqué autant par l'Argentine, qui l'a donc vu grandir et vivre, que par l'Uruguay, pour des raisons que j'explique dans la note suivante. Le procès de naturalisation argentin achevé en 1924 par la remise d'un passeport argentin et d'un livret militaire (à un homme de 34 ans qui n'avait jamais porté les armes) est entaché de vices de forme, puisqu'il a été conduit à partir d'un certificat de naissance délivré par les autorités consulaires uruguayenne et lui-même invalidé pour vice de forme par la justice uruguayenne à la fin de 1935, après la mort de Gardel.
(3) La naissance de Carlos Gardel à Toulouse est une réalité historique abondamment documentée (11 décembre 1890, à l'hôpital Saint-Joseph des Grave, aujourd'hui hôpital des Graves) mais que de très nombreux Uruguayens contestent. Eux préfèrent croire que Gardel est bel et bien né à Tacuarembo, dans le nord de leur pays, suivant en cela les informations contenues dans les documents d'identité dont l'artiste était porteur au moment de sa mort. Carlos Gardel, né en France et donc indubitablement français de ce seul fait, n'a pas répondu à l'ordre de mobilisation générale d'août 1914. Il ne pouvait donc plus se faire faire de passeport par les services du Consultat de France à Buenos Aires. Il a donc eu recours, jusqu'à la fin de sa vie, à des papiers de complaisance qui le faisaient naître en Uruguay, un pays qui pratique comme la France et comme l'Argentine le droit du sol mais qui ne disposait pas (et ne dispose peut-être toujours pas) d'accord d'extradition avec la France. Ce pour quoi Jacques Médecin, ancien maire de Nice, avait fini par s'y réfugier lorsque la justice française commençait à s'intéresser d'un peu trop près à certains de ses agissements. Ce pour quoi il est possible qu'il ait été choisi, ainsi si Carlos Gardel était convaincu d'avoir fraudé dans son procès de naturalisation, il aurait encore pu être réclamé en tout point de la planète par l'Uruguay, comme l'un de ses ressortissants, et donc échapper ainsi au triste sort que la justice française réservait alors aux déserteurs de la Grande Guerre.
(4) Les deux seuls timbres qui rendent hommage à Carlos Gardel et qui aient été émis par la Poste Française l'ont été dans le cadre d'une opération conjointe avec Correo Argentino, le 24 juin 2006, pour les 71 ans de sa mort (date tordue s'il en est) et ont été confiés, côté français, au peintre argentin installé en France, Antonio Segui. L'un des timbres représente un bandonéoniste difforme et sinistre, et l'autre les jambes, tout aussi difformes, d'un couple de danseurs dans une posture où la sensualité subtile du tango brille par son absence et sur le plan technique comme sur le plan du style on ne peut plus fausse (les jambes sont fléchies et les fesses saillantes). A l'issue de la présentation officielle, avec des visages effarés et une tristesse incroyable dans les yeux, plusieurs Argentins sont venus vers moi pour me prendre à témoin de la laideur des timbres français (son los sellos más feos de todos) et de leur très lointain rapport avec le tango et avec Gardel... Que la France, ce pays qu'ils admirent tant, ne soit pas capable d'abandonner les clichés et la pensée unique artistico-bien pensante des salons parisiens pour rendre un hommage simple et digne à l'enfant du pays leur fait mal au coeur et cause un dommage inutile et durable à l'image de notre pays, déjà bien assez mise à mal par les comportements du Président de la République actuel qui font rigoler tout Buenos Aireds... Que vouliez-vous que je leur dise ! A moi aussi, une maison d'édition (qui n'est pas le Jasmin, bien entendu) avait voulu m'imposer Antonio Segui pour la couverture de Barrio de Tango. J'avais refusé (j'ai rudement bien fait, la couverture de Jorge Muscia a une autre authenticité, et ça s'est vu à Buenos Aires !) On m'avait répondu, comme si c'était un argument suffisant en soi : "Mais c'est un peintre très coté" Et alors ? On peut être argentin, et peintre très coté (ou un prof de tango très présent parmi les annonceurs des sites de tango), vendre très cher ses oeuvres (ou ses cours de danse) et ne rien connaître pour autant au tango des tangueros... Ces réactions de ces philatélistes portègnes découragés par cette page consacrée à la Poste française m'ont réconfortée face au souvenir déplaisant que j'avais conservé de ce bout d'une conversation par ailleurs fort agréable sur tout le reste. Dans ce catalogue philatélique, ni la Belgique ni la Suisse ne sont présentes. En font partie l'Argentine et l'Uruguay (ça, on s'en doutait), la Colombie (c'est normal, c'est dans ce pays qu'est mort Gardel le 24 juin 1935), le Salvador, le Niger, la République de Sao Tomé, l'Espagne et le Mexique, la demi-présence française n'étant elle-même nichée que dans cette émission bilatérale avec l'Argentine et donc dans les pages consacrées à ce pays.
(5) Hermenegildo Sabát travaille à la rédaction du quotidien Clarín.

vendredi 9 juillet 2010

Carte postale pré-timbrée en hommage à Gardel [Troesma]

En plus du timbre commémoratif, sorti le 23 juin 2010 à Buenos Aires, à la veille du 75ème anniversaire de la mort de Carlos Gardel (et qui porte l’effigie de l’artiste croquée par Luis Alposta), la Poste Argentine (Correo Argentino) a sorti mardi 6 juillet une carte-postale prétimbrée (appelée en Argentine entero postal) illustrée par le caricaturiste uruguayen installé à Buenos Aires, Hermenegildo Sábat, qui travaille comme journaliste dans la rédaction du quotidien Clarín.

La carte est en vente au prix de 1,50 $ (peso argentin) au bureau de poste de la esquina Perón et 25 de Mayo, dans le centre de la capitale. Elle restera en vente jusqu’à épuisement des stocks.

Merci à Luis Alposta qui a largement diffusé les images de cette carte.

samedi 26 juin 2010

Pour philatélistes : la nouvelle chronique de Luis Alposta dans Noticia Buena [Troesma]

Comme vous avez pu le lire dans l'un des articles que j'ai publiés jeudi 24 juin, pour les 75 ans de la disparition de Carlos Gardel, Luis Alposta a fourni le motif du timbre que la Ville de Buenos Aires vient d'éditer à l'occasion de cet anniversaire.

Aujourd'hui, Luis publie une nouvelle chronique dans sa page Mosaicos Porteños qu'il tient tous les quinze jours sur le site du journaliste Marcelo Villegas, Noticia Buena : cette nouvelle chronique, il la consacre à la toute première série de timbres qui ait rendu hommage en Argentine à Carlos Gardel. Il s'agissait d'une initiative du tanguero japonais Joji Kanematzu et qu'avec le chanteur-compositeur Edmundo Rivero et le poète et compositeur Enrique Cadícamo, Luis appuya en Argentine à partir de juin 1984 lorsque le pays préparait les célébrations marquant les 50 ans de la mort du Zorzal Criollo. Une année 1985 qui vit aussi la pose du très beau mural fileteado que le Maestro León Untroib a peint pour la station de métro Carlos Gardel, au pied du bâtiment de l'Abasto.

Les trois tangueros Argentins et leur ami japonais présentèrent donc un dossier à la Commission Nationale d'expertise pour l'Emission de timbres commémoratifs, laquelle finit par accepter l'idée et émit en effet trois timbres, dont les motifs furent dessinés respectivement par les fileteadores Severi et Arce, qui exercent toujours, le caricaturiste de presse uruguayen Hermenegildo Sabát, qui vit à Buenos Aires depuis de nombreuses années et travaille à la rédaction de Clarín, et Alonso qui représenta un Gardel tel que le virent les Parisiens au début des années 20, déguisé en gaucho d'opérette (c'était la grande mode de l'exotisme facile et Gardel s'y prêta le temps de se faire connaître).

La chronique de Luis raconte donc cette histoire avec l'érudition discrète dont il fait preuve à chacune de ces petites vignettes que je vous invite à découvrir sur le site, dans une langue très simple, vraiment facile à lire dans le texte.

En illustration audio de cette vignette (vous savez qu'il y a toujours un document audio en bas de la page, un document que Luis tire de sa collection personnelle à la richesse et la variété inimaginables), vous entendrez Carlos Gardel chanter Anclao en París, un tango que lui écrivit Enrique Cadícamo à la demande du compositeur et guitariste Guillermo Barbieri qui a signé la partition. Bien entendu, Anclao en París fait partie de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, éd. du Jasmin, mai 2010 (page 284).

Un mot encore sur Joji Kamenatzu (en transcription argentine,Yoyi Kamenatz) : grand admirateur de la chanteuse et compositrice Rosita Quiroga, à qui il écrivit un jour son admiration dans un espagnol parfait, il fut, par l'intermédiaire de la chanteuse, qui fut une patiente et une amie de Luis, un ami personnel de ce dernier. Ils se sont connus au Japon lors du premier voyage que Luis fit dans l'archipel. Joji Kamenatzu vécut ses dernières années, en se partageant entre le Japon et Buenos Aires, où il est décédé, comme il l'avait souhaité, et où il est enterré. C'est en très grande partie grâce à son aide que Luis a écrit son passionnant essai historiographique, El Tango en Japón, qui reste aujourd'hui l'unique ouvrage sur l'histoire du genre dans l'archipel nippon (ed. Corregidor, Buenos Aires, 1987). La plaque commémorative qu'ils ont tous les quatre posée sur la tombe de Carlos Gardel, le 24 juin 1985, je l'ai prise en photo en août 2007 et elle illustre l'une des pages de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, déjà cité, tout comme l'autre photo, que vous trouverez sur la page de Noticia Buena de cette quinzaine, celle qui représente Joji Kamenatzu, Luis, Enrique Cadícamo et Edmundo Rivero, que Luis m'a gracieusement autorisée à reproduire dans mon ouvrage (1).



(1) la photo de groupe, qui en fait n'est pas exactement celle que Luis a choisie pour Noticia Buena mais une autre qui a été prise lors de la même séance de pose près de la tombe de Gardel, à quelques secondes d'intervalle, se trouve à la page 288 du bouquin (dans l'esquina intitulée La traversée du siècle et consacrée à la notice biographique d'un poète, je vous laisse deviner lequel. Franchement, ce n'est pas difficile).
La photo de la plaque commémorative, qui a été apposée sur le côté latéral de la tombe, sur le piédestal de la statue, se trouve à la page 297, dans une esquina qui s'intitule Simple escale technique et dont la clé du titre vous sera suggérée par l'article que j'ai consacré jeudi à la mort de Carlos Gardel, Alfredo Le Pera, son parolier et scénariste privilégié, Guillermo Barbieri et Angel Riverol, deux de ses guitaristes, dans un accident au sol sur un aérodrome colombien. La clé complète du titre est fournie par l'esquina elle-même dans le bouquin (vous ne croyez pas qu'en plus, je vais vous la livrer comme ça !).
Malheureusement, il y a sur cette page et celle qui lui fait face un petit défaut de fabrication. Allez savoir pourquoi, il manque les numéros de page. Mais la page d'avant et la page d'après sont, elles, numérotées. Aucun risque donc de vous perdre dans les 384 pages du livre ni dans le disque Melopea de 22 pistes qui l'accompagne et dont vous avez la description à la page 350 (la table des matières vous permettra d'ailleurs de la retrouver).

jeudi 24 juin 2010

Edition du timbre commémoratif du 75ème anniversaire de la mort de Gardel illustré par Luis Alposta [Actu]

C'est le poète (et dessinateur) Luis Alposta qui a signé le portrait très sobre de Carlos Gardel que les vieux lecteurs de Barrio de Tango (ce blog) connaissent bien (il illustre ses voeux de bonne année tous les ans) et que les récents lecteurs de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (ed. du Jasmin) ont découvert à la page 98, depuis le 3 mai 2010 : une dizaine de traits et Carlos Gardel est là, devant nous.

Le timbre est déjà en vente à Buenos Aires, au bureau de poste de la rue Perón au numéro 300, dans le quartier de Monserrat, aujourd'hui 24 juin 2010, jusqu'à 18h.

Demain, il sera disponible dans tous les bureaux de poste de la ville...

On écoute ici, grâce au site argentin Todo Tango, la voix d'or, déclarée patrimoine de l'humanité, chantant Tiempos Viejos (1), qui a donné son nom au siège que Luis Alposta occupe à la Academia Nacional del Tango depuis 2000...

(1) p 128, dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, ed. du Jasmin, mai 2010. C'est Luis Alposta qui m'a fait l'amitié et l'honneur de rédiger la postface de l'ouvrage, qui y figure en version bilingue espagnol-français.

jeudi 21 août 2008

El día de Ceferino

Image pieuse mise à disposition des fidèles
sur l'autel du nouveau bienheureux
(Basilica Santa María Auxiliadora y San Carlos, Almagro).

Bien sûr, il s’agit d’une fête qui touche avant tout les catholiques pratiquants. Néanmoins de nombreux Argentins se sentent concernés, sinon par la dimension spirituelle du personnage, du moins par le fait qu’il ait été porté à des honneurs qui transcendent les frontières. Ceferino (Séraphin) est en effet le premier saint incontestablement argentin, les autres ayant vécu avant l’indépendance... Et c’est donc un peu de cette gloire qui retombe sur toute cette nation si avide de reconnaissance internationale.

La fête du bienheureux Ceferino Namuncurá a été exceptionnellement fixée au 26 août, date anniversaire de sa naissance, à Chimpay, dans la province de Río Negro, en 1886. Ce jeune Argentin indien Mapuche a passé une partie de sa courte vie (de 1897 à 1902) à Buenos Aires, dans le quartier d’Almagro et très précisément dans la barriada San Carlos, celle même où j’ai la chance de descendre lors de mes séjours à Buenos Aires. Ceferino est mort de tuberculose le 11 mai 1905, à Rome. Il y était allé faire des études, ayant conçu un édifiant projet de vie religieuse en 1902, pendant ses études dans un collège salésien dépendant de la Basilique San Carlos où il fit sa première communion le 8 septembre 1898 (la Basilique fête, quant à elle, cette année, les 130 ans de la fondation de la paroisse qu’elle dessert).

Dans cette école, Ceferino eut un condisciple, appellé lui aussi à une gloire d’au-delà des frontières, un gamin qu’on surnommait el francesito, élève du même établissement de 1901 à 1904, année de ses 14 ans, âge de la fin de l’école obligatoire. El Francesito avec lequel Ceferino a sans aucun doute shooté dans le ballon à la récréation, quand toutefois son état de santé le lui permettait, el Francesito qui faisait comme lui partie de la chorale du collège Pie X , el Francesito, je vous le donne en mille, c'était ?

Timbre, émis par la Poste Argentine,
à l'occasion de la béatification de Ceferino
le 11 novembre 2007
conçu d'après une photographie du jeune homme.
Hé oui, c’était Carlos Gardel.

Cette condisciplinarité entre les deux, incontestablement attestée par les archives du collège, devenu entretemps une école publique, a fait couler beaucoup d’encre. Beaucoup de croyants, sensibles eux aussi comme tous les Argentins au mythe de Carlos Gardel, se sont efforcés d’y voir un signe de Dieu. L’exégèse de la chose, telle que je l’ai entendu exposer dans un documentaire sur Carlos Gardel par le curateur de la cause en béatification d’il y a de nombreuses années, me paraît théologiquement pour le moins fumeuse et, pour tout dire, carrément tirée par les cheveux. Il n’empêche que la présence dans le même établissement et à la même époque des deux Argentins contemporains qui jouissent d’une forme d’universalité parle et parle fort au coeur des Portègnes. Qui plus est, pour des raisons différentes, l’argentinité de l’un comme de l’autre, est ambivalente. La nationalité de Gardel, né à Toulouse et pourtant doté d’un certificat de naissance le disant originaire de Tacuarembo, dans le nord de l’Uruguay, a suscité et suscite encore bien des polémiques, jusque sur son identité exacte. Quant à l’appartenance ethnique de Ceferino, incontestablement Mapuche, elle donne lieu à une hagiographie particulièrement complexe et dont la chapelle qui lui est consacrée dans la Basilique San Carlos (le saint patron de Gardel, par ailleurs) est un admirable exemple.

Qu’y voit-on ?
Deux représentations du jeune bienheureux.
Un tableau où il figure, censément à Rome (où il se mourait), en jeune étudiant plein de santé, insouciant et paisible, le teint blanc et frais comme il convenait à son époque à un garçon de bonne famille, en pantalon gris et chemise blanche, la veste négligeamment jetée sur l’épaule, avec, en arrière-plan, un bâtiment de style classique, d’un rose saumon pas très heureux à mon goût, et à ses côtés une charmante jeune fille souriante en jupe large et grise, blouse blanche dissimulant toutes ses formes féminines, chaussures plates et chaussettes gondolantes de laine grise... Deux étudiants d’Oxford à une époque.... indéterminée.
Dans la même chapelle, une statuette le représente seul, dans les montagnes de la Patagonie argentine, le teint olivâtre, le nez un peu écrasé (comme sur ses photos), lippu, enveloppé dans un poncho aux couleurs vives... Un paysan mapuche, malgré le drapé incontestablement sacerdotal...

Et cette statue, c'est la statue officielle, celle qu'à la messe solennisée du 26, viendra bénir l´êvèque auxiliaire de Buenos Aires en charge de ce secteur de la capitale.

Comme partout dans le monde, la relation des Argentins à leur histoire est bien complexe... Quelle place donner, dans la saga nationale, au trafic des esclaves dont la région du Río de La Plata a vécu pendant 300 ans ? Que faire, dans la construction de l’image de la patrie, des guerres sanglantes, impitoyables et répétées contre les Indiens, dont Ceferino descend ? Que signifie, pour un catholique argentin d’aujourd´hui, prendre modèle sur un Indien pour sa vie spirituelle ? Qu’est-ce qui fait que Ceferino est un saint : la grâce de Dieu, qui, comme le veut une saine théologie catholique, a agi en lui et l’a configuré au Seigneur ? Ou bien la négation de sa culture mapuche qui irait de pair avec son adhésion à l’Evangile ? En d’autres termes, peut-on être à la fois Indien et Argentin, à la fois Indien et saint ?

A elle toute seule, cette chapelle latérale résume 5 siècles de tension entre aculturation du christianisme, telle que l´ont pratiquée les Jésuites dans les missions, appelées aussi réductions, du nord de l’Argentine et du sud du Paraguay, et conversion forcée, avec répudiation ipso facto de la culture indienne, lot commun de tant et tant de gens un peu partout dans toute l’Amérique latine... Et Dieu sait si cette tension est forte en Argentine, d'autant plus forte qu'elle fait l'objet d'un refoulement collectif, plus forte donc que dans d’autres pays où les populations autochtones sont demeurées plus visibles (Pérou, Colombie, Bolivie par exemple).

Cette année, c’est la première fois que Ceferino sera fêté dans le cadre d'un culte public, puisque celui-ci n’a été rendu liturgiquement licite que le 11 novembre dernier, date de sa béatification à Chimpay... Son portrait a été hissé sur les grilles de la Basilique sous le thème Ceferino nous attend, Ceferonio enfant de Dieu et frère de tous. Il est présent sur bon nombre de vitrines de magasins, aux caisses de certains commerces et même à côté du guichet nord de la station de métro Castro Barros, la plus proche de San Carlos.

Et San Carlos, c’est aussi la paroisse du payador de légende, José Betinotti (1878-1915), qui a vécu toute sa vie dans ce quartier. C’est sans doute dans ces rues et peut-être même dans cette église qu’il a connu Carlos Gardel, dont ont dit qu’il en avait fait son assistant, peut-être dans ce coin de la ville qu’il lui a enseigné les fondements de la guitare et un peu de chant... Et si c’est bien Ceferino qui remporta le 1er prix de chant du collège Pie X en 1901, c’est le nom de Carlos Gardel qui figure sur la plaque fileteada commémorant, sur la façade de l’église, le fait qu’il soit venu y chanter au sein de la chorale un jour de 1902. Et tous les trois restent présents dans ces rues, qui ont dû changer depuis : le saint en attente de canonisation, el Zorzal criollo (1) et el Último Payador comme le poète Homero Manzi (1907-1951) aimait à appeller Betinotti. Sans oublier Pichuco (1914-1975) (2) qui venait volontiers à la messe de minuit dans cette très belle église, une des plus belles de la ville...

Pour en savoir plus sur Ceferino, bienheureux de l’Eglise catholique, le site de sa cause

En Buenos Aires son las 18.15

(1) Carlos Gardel
(2) Aníbal Troilo