lundi 20 juillet 2015

Hommage à Osvaldo Pugliese ce soir à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

L'affiche du concert légendaire donné au Teatro Colón, l'Opéra de Buenos Aires
le 18 décembre 1985
Il en existe un enregistrement qui est disponible sur le marché.

Ce soir, 20 juillet 2015, pour le second plenario de juillet, la Academia Nacional del Tango rendra hommage au Maestro Osvaldo Pugliese (1905-1995), grand pianiste, grand compositeur, référence culturelle et politique d'une grande majorité de la nouvelle génération du tango, ceux qui ont surgi à partir des années 1990, lorsque la démocratie a fini de s'implanter avec la première alternance paisible de l'ère constitutionnelle en 1990.

Osvaldo Pugliese est aussi l'un des tout premiers compositeurs à avoir introduit avec Julio de Caro, d'une dizaine d'années son aîné, la polyphonie dans l'univers du tango, faisant passer cette musique de l'amateurisme à la professionnalisation. Il secoua aussi l'univers de la musique populaire en fondant son orchestre en 1939 sous la forme d'une coopérative et ce fut là l'orchestre à la plus grande longévité jamais enregistrée pour une telle formation puisqu'il ne fut dissous qu'à la mort du Maestro, le 25 juillet 1995.

C'est à l'occasion de ces vingt ans de sa disparition que Beba Pugliese (Bébé Pugliese en français), la fille du maître, elle-même pianiste et compositrice, et Oscar del Priore, grand collectionneur devant l'Eternel, évoqueront cette belle figure artistique et humaine dans l'espace principal de la soirée, qui sera illustrée d'archives vidéos.

L'autre aspect du souvenir de Pugliese
sa canonisation populaire
Cliquez sur l'image pour lire le texte de l'oraison, ici en espagnol et en anglais.
Il ne s'agit pas d'une plaisanterie mais d'une véritable vénération,
non reconnue par l'Eglise cela va sans dire

Pour l'occasion, le Tango Ritual et le Tango Ferrer Eterno seront fusionnés en un seul morceau :
Chicharrita (petite cigale), texte de Horacio Ferrer, musique de Beba Pugliese (1), récité par Horacio Ferrer sur le piano de Beba Pugliese. Un portrait en musique et en vers du musicien après son décès.

En clôture de la soirée, trois des artistes plastiques qui ont participé à l'exposition de juin en hommage à Horacio Ferrer feront don de leur tableau respectif au Museo Mundial del Tango.


(1) Chicharrita fait partie des letras que j'ai traduites en 2010 dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, Tarabuste Editions (p 63).

Victoire serrée du PRO à Buenos Aires [Actu]

La fracture socio-politico-culturelle de la ville apparaît très nettement
sur cette carte des comunas (rassemblement administratifs des quartiers)
Le sud, populaire et classe moyenne, a voté ECO
Le nord, patricien et classe moyenne, a voté PRO
Schéma Clarín

Sans surprise ou presque, les élections d'hier ont placé à la tête du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires le néolibéral Horacio Rodríguez Larreta, actuel Premier ministre du Gouvernement sortant.

Gros titre : "d'un petit cheveu"

Si les équipes du PRO ont fait la fête hier, aucun commentateur n'est triomphaliste ce matin. Car il y a bien eu tout de même une surprise : l'impressionnante remontée en points du challenger, le socialiste Martín Lousteau qui n'est battu que de trois points.

Cette situation est très différente de la dernière élection similaire où le candidat kirchneriste, Daniel Filmus, était resté loin derrière Mauricio Macri, qui se représentait (voir mon article du 1er août 2011). Or ce deuxième tour de scrutin avait lieu dans les mêmes circonstances, le début des vacances scolaires d'hiver, où on avait vu, il y a quatre ans, une abstention record.

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L'article qui flanque la photo centrale, à droite, parle
d'un changement de cap dans la campagne nationale de Mauricio Macri

Cette fois-ci, il semblerait que la gauche, péroniste ou autre, ait voté utile, comme on dit en France, dans l'espoir de battre la droite, qui entamera tout de même en décembre prochain son troisième mandat consécutif dans la capitale fédérale.

Cette courte victoire est d'autant plus intéressante que c'est un phénomène encore très rare en Argentine et en Amérique du Sud en général où les divisions politiques sont très marquées et les majorités très nettes en cas de scrutin uninominal de l'exécutif. C'est un peu différent sur les scrutins de liste et les élections législatives. Il faut voir si ce phénomène se répète, auquel cas ce sera peut-être l'annonce que l'Argentine s'achemine vers un plus grand pluralisme démocratique, où les électeurs ont des avis moins tranchés que dans les jeunes démocraties sud-américaines et leurs sociétés encore très conflictuelles.

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Le gros titre parle d'un "avertissement pour Macri"

Autre fait qui m'interpelle : le choix des photos pour les unes des journaux. Pour Página/12, rien d'étonnant, l'élu est ridiculisé et le jeu de mots est de rigueur mais Página/12 n'a aucune affinité avec le PRO. En revanche, La Nación n'a pas choisi une photo qui valorise le vainqueur et La Prensa a fait pire : elle le ridiculise presque autant, sinon plus que Página/12, avec ce chapeau grotesque et le jeux des ombres qui lui fait presque un maquillage d'auguste ! Quant à Clarín, on ne peut pas dire qu'il affiche une image qui mette particulièrement en valeur le futur chef de Gouvernement...

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Tous les journaux publient de nombreux articles, analyses et éditoriaux. Plusieurs, à droite, annoncent un changement de discours chez Macri obligé de gauchiser ses propos dans sa campagne pour la présidence de la Nation pour récupérer l'électorat perdu.
Je ne vous donne ci-dessous que les articles correspondant à la une.

Pour aller plus loin :

samedi 18 juillet 2015

Dernière dédicace à Paris avant l'hiver argentin [ici]

Après le F.I.L.M, festival international du livre militaire organisé par les Ecoles Saint-Cyr Coëtquidan pour la sixième année consécutive les 24 et 25 juillet prochain, le mardi 4 août 2015, à partir de 14h, c'est à la librairie du musée du Quai Branly, à Paris, que je présenterai et dédicacerai mes ouvrages sur la culture argentine, avec en vedette Contes animaliers d'Argentine (Editions du Jasmin) dont ce sera la première sortie parisienne, après la présentation à la librairie Ombres Blanches de Toulouse, dans le cadre du festival Tangopostale (1).


Sauf canicule persistante, je compte bien vous y faire déguster le mate. Dans un lieu consacré aux cultures des peuples premiers, c'est bien le moindre hommage que l'on puisse rendre aux peuples originaires d'Argentine, puisque cette boisson considérée comme un emblème national dans ce pays comme au Paraguay, en Uruguay et au Chili, vient tout droit du peuple m'bya (guarani) qui l'a laissé transformer par les pères jésuites en une infusion à base d'eau chaude...

Pendant tout l'été et jusqu'à la fin septembre, le musée propose une intéressante exposition intitulée l'Inca et le Conquistador, ce qui nous envoie voyager du côté péruvien, un moment idéal donc pour vous proposer mes livres sur San Martín, qui défit le travail de conquête des conquistadors espagnols en rendant la liberté à ces pays, l'Argentine, le Chili et en tout dernier lieu, le plus difficile, le Pérou :
  • San Martín A rebours des conquistadors, Editions du Jasmin, décembre 2012
  • San Martín par lui-même et par ses contemporains, Editions du Jasmin, mai 2014
L'exposition s'intéresse à l'Empereur Atahualpa, le dernier Inca, assassiné par les Espagnols, et à Francisco Pizarro, dont San Martín eut la claire conscience de défaire l'œuvre asservissante. Lorsqu'il parvint à faire déclarer l'indépendance du Pérou à Lima, en signe de reconnaissance pour cette liberté, les libéraux péruviens lui offrirent la bannière de Pizarro (2) qui était restée au Cabildo de la Ville des Rois (Ciudad de los Reyes) (3).

Sur mon site Internet, vous pouvez écouter différentes interviews que j'ai données sur tous ces sujets en français et en espagnol ainsi que ma conférence du 2 septembre 2014, en espagnol, au CCC Floreal Gorini, à Buenos Aires, en compagnie de l'historienne argentine Fabiana Mastrangelo.

Le musée se trouve au n°37 du quai Branly, dans le 7ème arrondissement. Le mardi, il est ouvert de 11h à 19h. La librairie est située à la lisière entre musée et jardin. Dans cet espace, les plafonds ont été exécutés par des artistes aborigènes d'Australie.
La librairie propose des réductions aux abonnés du musée.
Le musée dispose d'un site Internet et d'une page Facebook.
Pour accéder directement à la page Web consacrée à la librairie, cliquez ici.

Et le 17 août, Día de San Martín en Argentine (4), j'entamerai une nouvelle chronique d'Argentine avec un programme déjà chargé de présentations à Buenos Aires puis un autre, tout aussi intense sinon plus, à Mendoza.
Dès que les dates et les lieux sont fixés, j'annonce tout cela, en espagnol en priorité, sur ce blog comme sur ma page Facebook et l'agenda de mon site Internet.


(1) La présentation parisienne en grande tenue (conférence-débat et tout et tout) aura lieu le mardi 1er décembre 2015 au Café de la Mairie, place Saint-Sulpice, à 20h. Entrée gratuite mais consommation obligatoire. Je vous en reparlerai à l'automne, ainsi que de la conférence sur San Martín que je donnerai à Gretz-Armainvilliers (77) le samedi précédent, à 11h (28 novembre).
(2) Dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, on peut lire en version bilingue deux des textes qui se rapportent à ce don honorifique : l'un est une proclamation de San Martín lui-même lorsqu'il quitta le Pérou en septembre 1822 après l'avoir gouverné pendant un an, et l'autre est la description qu'en fit le grand intellectuel argentin Juan Bautista Alberdi, qui put admirer cette bannière dans la maison de campagne de San Martín à Evry-sur-Seine (aujourd'hui préfecture de l'Essonne) en septembre 1843. La bannière a été rendue au Pérou par la famille de San Martín au moment de la seconde inhumation de celui-ci dans le caveau familial de Brunoy (91) dix ans après sa mort.
(3) Les rois en question sont les mages de l'Evangile selon saint Matthieu.
(4) Il se trouve que cette année, le Día de San Martín tombe un lundi et qu'il sera bien fêté ce jour-là, qui est férié en Argentine. Et comme ce sera aussi le troisième lundi du mois, ce sera un plenario de la Academia Nacional del Tango et nous y deviserons, avec Gabriel Soria et Vanina Steiner, de la revue Tinta Roja, sur le thème Francia y el Tango.

Pabo Ucelli en concert payant chez Gardel [à l'affiche]


Sous la nouvelle direction, il se confirme que les concerts auparavant offerts au Museo Casa Carlos Gardel sont désormais payants.

Ainsi celui de cette après-midi, samedi 18 juillet 2015 à 18h, avec le guitariste Pablo Ucelli.

Entrée : 10 $ ARG.

Certes ce n'est pas très cher mais c'est payant... C'est la politique de ce gouvernement local néolibéral. Et si demain, c'est bien le Premier ministre sortant, Horacio Rodríguez Larreta, qui l'emporte, on continuera comme ça pendant encore quatre ans. Si c'est le socialiste Martín Lousteau, arrivé en seconde position avec beaucoup de retard au premier tour, il y a de fortes chances pour que ça change. Les Portègnes décident demain.

J'espère qu'au moins, les 10 $ servent intégralement à rémunérer l'artiste.

vendredi 17 juillet 2015

Le paysage industriel de Fray Bentos entre au patrimoine de l'Humanité [Actu]


Le dimanche 5 juillet 2015 (1), le comité du Patrimoine de l'UNESCO, réuni à Bonn, en Allemagne, a voté pour l'inscription au patrimoine matériel de l'Humanité d'un site industriel abandonné sur les rives du fleuve Uruguay, du côté oriental : des vieilles installations de salaisons de viande de bœuf destinées à l'exportation vers l'Europe. Le site existe depuis 1865. Il produisait alors des conserves, du jus de viande (type Viandox) et du corned-beef, ainsi que de la viande salée, une vieille tradition rioplatense pour conserver la viande qui ,à l'époque coloniale, était distribuée sur tout le sous-continent et envoyée aussi en Espagne (2).
A partir des années 1860, avec la découverte de la pasteurisation, le Río de la Plata put développer l'exploitation de la viande sous d'autres formes et compenser ainsi la décroissance des besoins en cuir du Vieux Continent où les déplacements à cheval étaient peu à peu remplacés par la traction à moteur (notamment avec les réseaux ferrés sur terre, tandis que la navigation à vapeur signait le déclin de la marine à voile).
Un peu plus tard, apparut la congélation industrielle à bord de navires frigorifiques qui partaient cap à l'est pour l'Europe avec des tonnes de carcasses qui n'arrivaient pas toujours à bon port (il arrivait souvent que les frigos tombent en panne en haute mer et il fallait alors jeter par dessus bord la viande avariée par la rupture de la chaîne du froid).

Souvenirs, souvenirs !

En 1865, c'est Liebig qui avait fondé cette manufacture. Déjà la mondialisation capitaliste ! On estime d'ailleurs qu'avec cet investissement, Liebig devint la toute première société internationale qui arrosa la planète entière avec ses produits.

En 1924, la compagnie Anglo-Meat Packing Plant racheta à Liebig les installations et développa encore le commerce de viande congelée, pour alimenter (déjà) les industries agro-alimentaires européennes avec la production bovine qui ne servait désormais plus beaucoup à l'industrie du cuir, devenu largement inutile, mis à part dans la chaussure et la maroquinerie, à cause de la motorisation complète de l'armée pendant la Première Guerre mondiale (les besoins en sellerie n'existent désormais plus que pour des pratiques de loisir, les sports équestres et la cavalerie militaire de fonction honorifique).

Carte du site classé extraite du site Web du projet
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Jusqu'en 1979, année de la fermeture définitive du site, on y produisit toute sorte de dérivés, y compris du suif, alimentaire ou non, et du savon à base de graisse animale... A partir de 1984 (c'est-à-dire à la fin de la dictature militaire qui s'acheva en 1986), les pouvoirs publics ont lancé des politiques de protection patrimoniale sans pouvoir redonner une affectation quelconque à ce vaste friche industrielle qui avait compté outre l'usine, des enclos pour le bétail, un abattoir, un stade de football pour tout le monde, surtout les ouvriers, un golf pour les ingénieurs et les directeurs, un village, des manoirs pour les classes dirigeantes, des infrastructures de santé et de petite enfance, etc.

Le quartier d'habitations

Depuis 2008, l'Uruguay travaillait à l'inscription du site au Patrimoine industriel de l'Humanité. Le vote obtenu a été fêté de toutes les manières possibles tant à Fray Bentos, sur la côte fluviale, comme à Montevideo, et des programmes de tourisme culturel se mettent déjà en place pour redonner vie aux 275 hectares incluant les bâtiments de production, les installations portuaires, avec son quai dédié à l'usine, les logements des cadres et des ouvriers et les parcs de loisir qui forment une sorte de cité ouvrière, quasiment autarcique, comme il s'en construisait alors un peu partout en Europe en forme de rêve utopique d'un petit monde autosuffisant à l'origine des plus fortes cultures d'entreprise du vieux monde industrialisé...

Les pays d'Amérique du Sud ont peu de patrimoine industriel, cette déclaration est donc tout à fait exceptionnelle. Traditionnellement et culturellement, le capital local n'aime pas investir dans l'industrie qui est considérée comme peu prestigieuse. Seule la propriété agraire bénéficie de ce prestige. Aussi le peu d'installations industrielles qui existent correspond-il le plus souvent à des investissements étrangers qui prennent assez vite une tournure néocoloniale ou impérialiste. Et aujourd'hui ce lieu est connu comme Fray Bentos ou Liebig-Anglo. C'est tout dire !

Les bureaux d'administration, délicieusement désuets

Pour aller plus loin :
lire l'article de El Observador du 5 juillet
lire l'article de El Observador du 7 juillet
Dans El Observador, vous trouverez des courts-métrages documentaires sur l'histoire des lieux
lire l'article de El País du 6 juillet
lire l'article de El Espectador du 5 juillet
lire le communiqué de l'UNESCO (représentation à Montevideo)
consulter le site Internet consacré à ce patrimoine (beaucoup de photos, des cartes, de l'information institutionnelle en veux-tu en voilà)



(1) J'avais laissé de côté l'info pour une autre occasion eu égard à mon programme à Toulouse qui a été suivi immédiatement par la semaine de tournée pontificale en Amérique du Sud qui était aussi celle des festivités pour le 9 juillet en Argentine... Un article de Clarín ce matin me rappelle à l'ordre. Merci à ce quotidien. Je le critique bien assez pour le remercier quand il y a lieu de le faire !
(2) C'était le fameux charqui, qui a nourri l'Armée des Andes en 1817 pendant la campagne de libération du Chili, conduite par le général José de San Martín. Une préparation qui n'est pas sans rappeler la viandes de Grisons, qui est aujourd'hui un luxe de la tradition suisse.

Le saxo et le tango : un nouveau disque de Jorge Retamoza [Disques & Livres]


Jorge Retamoza est un saxophoniste, arrangeur et compositeur de tango. Il vient de sortir un nouveau disque, intitulé Colores de Otoño. Il le présentera prochainement à Notorious, avenida Callao, 966, les jeudis 23 et 30 juillet 2015, à 21h.

Entrée : 150 $ ARG (comptez le repas en plus, Notorious est aussi un restaurant, et plutôt pas mal si ça n'a pas changé depuis mon dernier passage... Ils proposaient en particulier une assiette de dégustation de fromages et charcuteries vraiment excellente, ce qui n'est pas si fréquent à Buenos Aires pour les palais européens, notamment de la zone francophone -France, Suisse, Belgique- pays où ces produits bénéficient d'une grande et très longue tradition).

Le 13 juillet dernier, le musicien a été reçu au micro de RAE, la station internationale de Radio Nacional, qui, soit dit entre parenthèse (1), attend toujours qu'on lui réaffecte un studio en bonne et due forme après la réfection de son studio historique, affecté à un autre service une fois modernisé ! Et c'est Leonardo Liberman qui l'a interviewé pour l'émission en espagnol. L'interview est en ligne sur le blog de RAE et sur celui du journaliste, où elle peut être téléchargée gratuitement pour une écoute à volonté...


Le disque a été produit par PAI Records et enregistré dans le grand studio portègne, Ion.
Participe à l'album outre Jorge Retamoza au saxophone baryton, les bandonéonistes Nicolás Enrich et Matias Rubino, les pianistes Gastón Harisquiry et Alejandro Kalinosky et le contrebassiste Roberto Seitz.

Le 23 juillet, Jorge Retamoza invite à se joindre à son quatuor le violoniste Javier Weintraub et le batteur Daniel Míguez. Le 30 juillet, l'invité sera le guitariste Julián Graciano.

Pour en savoir plus :
écouter l'interview et lire la présentation sur le blog de RAE ou El Mirador Nocturno (blog de Leonardo Liberman)
lire la présentation assurée par le blog Medios Habiles et sur le journal Cinco Días
lire également l'entrefilet paru dans l'hebdomadaire Veintitres.

Ajout du 29 juillet 2015 :
lire la critique de Página/12 sur la présentation de ce disque.


(1) A ce sujet, vous pouvez consulter la page Facebook que les travailleurs de Radio Nacional ont créée pour alerter le public sur l'absurdité de la situation de la chaîne.

Beau "finde" au Torquato Tasso [à l'affiche]


Ce soir, au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, le bandonéoniste et compositeur Rodolfo Mederos rendra hommage au poéte Juan Gelman, qui nous a quittés en janvier 2014 comme je vous l'avais annoncé en son temps dans ces colonnes.

Le lendemain, la tanguería de San Telmo accueillera comme tous les samedis le Sexteto Mayor, cette fois-ci, avec la chanteuse Jacqueline Sigaut, et hier soir, la scène était occupée par un trio décoiffant : le pianiste folkloriste Ignacio Montoya Carlotto qui continue sa carrière musicale avec son nom de naissance récupéré il y a près d'un an (il s'agit du petit-fils de la présidente de Abuelas de Plaza de Mayo) et des chanteurs de tango Lidia Borda et Guillermo Fernández.

Un beau week-end (fin de semana en Argentine) pour le tango face au Parque Lezama.

Le trio Pereido, Reinaudo, Enrich à La Trama ce soir [à l'affiche]

Ce vendredi 17 juillet 2015, à 23h30, à La Trama, México 1500, à Monserrat, première soirée pour un nouveau trio composé de Miguel Pereiro au piano, Nicolás Enrich au bandonéon et Hernán Reinaudo, à la guitare.

Au répertoire tangos classiques, tirés du répertoire, et morceaux originaux.


Nicolás Enrich est un bandonéoniste que l'on commence à repérer un peu partout et Hernán Reinaudo est réputé pour être l'un des meilleurs guitaristes de la musique urbaine actuelle à Buenos Aires. Je n'ai encore jamais entendu Miguel Pereiro sur scène mais vu l'heure et le lieu, il doit s'agir d'un très bon pour que les deux autres aient voulu qu'il les rejoigne. A cette heure-là et dans un lieu aussi confidentiel que La Trama, ce n'est pas de la musique à touristes ! A découvrir donc, à n'en pas douter.

Encore un juge désavoué par ses pairs dans un dossier contre Cristina [Actu]

En haut, à droite, manchette sur les ennuis judiciaires de Victor Hugo Morales

Depuis des années, le juge Claudio Bonadio instruisait, à Santa Cruz, un dossier ouvert contre Cristina Kirchner et ses deux enfants, héritiers de leur père, mort en octobre 2010.
Il vient d'être dessaisi par la première Chambre fédérale qui critique durement son enquête et son attitude partiale ainsi que son récent et aberrant recours à la police locale de la Ville Autonome de Buenos Aires pour effectuer une perquisition dans une installation appartenant à Hotesur, le groupe hôtelier familial, fondé par le couple Kirchner dans la Province de Santa Cruz, pour développer le tourisme en Patagonie, terre natale de Néstor Kirchner. La Chambre fédérale constate que le juge d'instruction a violé les droits de la défense dans les actes qu'il a conduits.

Envoyer dans une Province X une police répondant aux ordres du gouverneur d'une Province Y est une manœuvre surprenante et pour le moins irrégulière dans un Etat de droit. Qui plus est, cela a coûté une coquette somme aux contribuables portègnes, qui n'ont rien demandé de semblable (450 000 pesos pour transporter les policiers dans le sud dans l'un de ces luxueux cars qui assurent couramment les liaisons routières nationales et internationales) (1).


Tout en haut : le face à face électoral à Buenos Aires
les deux candidats encadrent le titre du quotidien
En gros titre sans photo : l'article sur Claudio Bonadio
en dessous, une députée qui allaite en session
En haut à droite : l'ouverture de la cinquième saison de Tecnópolis
le parc d'attraction consacré aux sciences et aux technologies dans la banlieue de Buenos Aires

La Chambre fédérale a listé une série d'erreurs de procédure et d'arguments tirés par les cheveux, uniquement motivés par la volonté politique de nuire au Gouvernement et à l'image du chef de l'Etat. Cela faisait des mois que la majorité réclamait le dessaisissement de ce juge, accumulant les arguments juridiques et procéduraux et prenant l'opinion à témoin.


Le schéma du scandale Hotesur supposé
tel que La Nación l'a publié en illustration de son article ce matin
Cliquez sur l'image pour lire le schéma

Toutefois, la révocation du juge n'emporte pas la fermeture du dossier. La Justice devait tirer au sort dans la matinée le nom du nouveau juge d'instruction et le sort a parlé : c'est Daniel Rafecas qui reprend l'affaire. Inutile de vous dire que l'opposition ne décolère pas. Daniel Rafecas, c'est ce juge fédéral qui a prononcé le premier non-lieu en faveur de Cristina, de son ministre des Affaires Etrangères, Héctor Timerman, et de plusieurs autres personnalités politiques, à la suite du réquisitoire fantaisiste du défunt procureur Alberto Nisman, repris à son compte par son confrère, Germán Moldes, non-lieu qui a été confirmé à deux reprises, en appel puis devant la Cour de Cassation.



Voilà donc coup sur coup, je vous en parlais encore avant-hier, trois procès pour des faits supposés de corruption, de concussion, voire de haute trahison, conduits contre la personne de la présidente et par une magistrature dont on sait la majorité inscrite depuis longtemps dans une droite oligarchique (2) à la tradition démocratique encore très précaire, trois procès qui volent en éclats. Rien ne tient bien longtemps la route. L'avenir nous dira ce qu'il en est des accusations de blanchiment de pots-de-vin qui serait la vraie raison d'être du groupe Hotesur et de son hôtel situé à El Calafate, la très belle station d'altitude de Santa Cruz que Néstor Kirchner aimait tant.


Une dominante fait divers pour la une de Clarín

Au même moment, le groupe Clarín obtenait de la justice une très spectaculaire perquisition matinale chez un très grand journaliste, Victor Hugo Morales, qui ne cache pas son soutien au présent gouvernement et vient de publier un brulôt contre Clarín et La Nación, où il accuse les deux quotidiens de droite de mentir délibérément dans leurs colonnes pour discréditer un gouvernement démocratiquement élu, ce qu'il assimile à un coup d'Etat par voie de presse et une opération d'abrutissement des citoyens argentins.
Voilà plusieurs années que Clarín poursuit ce journaliste de sa vindicte et cherche à le faire condamner pour avoir commenté en 2001 un match de foot international (entre un club argentin et un club espagnol) sur un média concurrent de Clarín alors que le groupe médiatique en avait acheté l'exclusivité des droits de retransmission. Ils ont la rancune tenace, à la direction de la holding, non ?

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur le dessaisissement du juge, qui fait sa une
lire l'article de Página/12 hier sur le recours à la Police Métropolitaine dans les actes d'instruction à Santa Cruz (dont le Gouverneur est un kirchnériste fidèle, ce qui rendait sans doute la police provinciale suspecte aux yeux du juge)
lire les déclarations, très colorées, du Permier ministre, Aníbal Fernndez, sur cette entorse à la procédure : elles visent Mauricio Macri et le ridiculisent en bonne et due forme
lire l'article de La Nación sur l'arrêt de dessaisissement
lire l'article de La Nación sur l'analyse technique du document qui rend très difficile sa cassation en droit pénal
lire l'article de La Prensa sur le dessaisissement du juge
lire l'article de Clarín sur la nomination dans la matinée du juge Rafecas.

Sur l'affaire connexe du match de foot commenté par Victor Hugo Morales :
lire l'article de Clarín (vous imaginez que ce n'est pas tout à fait le même son de cloche).
La Nación a pris la chose sur un tout autre plan, en s'en prenant à une émission de télévision de la chaîne publique où un hommage a été rendu au journaliste ainsi poursuivi par la Justice portègne
Notez que Clarín revendique des "droits de propriété intellectuelle" dans cette affaire alors que le match a opposé Boca Juniors et le Real de Madrid et que le groupe n'a acheté que des droits de retransmission... Depuis quand des droits de retransmission correspondent à de la propriété intellectuelle ? Des arguments ahurissants !

Ajout du 18 juillet 2015 :
lire l'article de Página/12 sur la nomination du juge Daniel Rafecas sur le dossier Hotesur.

Ajout du 19 juillet 2015 :
lire l'article de Página/12 qui analyse les comportements du juge Claudio Bonadio, dont le cabinet d'instruction est surnommé "La Embajada" au palais de Justice parce que ce n'est pas la loi argentine qui s'y appliquerait.


(1) C'est le Premier ministre portègne sortant, Horacio Rodríguez Larreta, actuel candidat néolibéral au poste de Chef du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, qui a reconnu avoir mis gracieusement à la disposition du juge les forces de police de la Ville et le montant de la dépense imputée au budget municipal. Le second tour de l'élection est pour dimanche prochain... Cela aura-t-il un impact sur le scrutin ? Ce n'est pas sûr, vu la manière dont la presse de droite présente les choses.
(2) C'est le terme consacré pour désigner la classe possédante, très majoritairement agraire, en Amérique du Sud. Une classe sociale qui n'a jamais adoptée la modernité de la classe capitaliste européenne, qui a puisé ses traditions dans la révolution industrielle, et qui continue à penser en termes de production de matière première à livrer à l'exportation au plus offrant, sans aucun investissement dans l'industrie de transformation qui continue à faire terriblement défaut à ces pays pour équilibrer leur balance commerciale, aménager les territoires nationaux (les usines urbanisent leur voisinage, ce qui fait construire des dispensaires, voire un hôpital, une école, des infrastructures sportives et culturelles, des routes et des commerces de proximité) et contribuer à répartir les richesses sur les différentes classes sociales. Or ces points constituent l'un des axes de la politique conduite depuis décembre 2003 par les Kirchner mari et femme qui ont fait grossir la classe moyenne, malgré les nombreux obstacles dont cette droite patronale parsème leur route.

mercredi 15 juillet 2015

Deux nouveaux documents audio sur mon site [ici]

Depuis hier, l'internaute dispose de deux nouveaux documents audio en ligne sur mon site, dans les pages consacrées à mes livres.


Il s'agit d'une part d'une présentation d'une vingtaine de minutes que j'ai faite de mes six livres sur la culture argentine à la librairie Ombres Blanches de Toulouse, le 4 juillet dernier, dans le cadre du festival Tangopostale, et d'autre part d'un hommage que nous avons rendu, Vanina Steiner et moi-même, à un ami commun, l'auteur-compositeur interpréte Alorsa (1970-2009), dont Vanina est en train de rédiger une biographie critique et dont j'ai traduit un certain nombre de textes, l'un dans Barrio de Tango (Editions du Jasmin), les autres dans Deux cents ans après (Tarabuste Editions).

Vanina Steiner est la directrice de la revue Tinta Roja, un magazine autogéré du tango contemporain, rédigé par des artistes et des chercheurs et à la parution irrégulière, due aux difficultés économiques dans lequel le secteur culturel argentin se débat comme il peut.

L'hommage est rendu dans les deux langues, Solange Bazely et moi-même alternant dans la fonction de traductrice.


Au fur et à mesure que je pourrai réaliser le découpage des enregistrements effectués pendant mes différentes interventions au cours de cette très belle et très riche édition de Tangopostale que même la canicule n'a pas réussi à mettre à mal. Il faut dire que c'est la septième année que l'événement se produit et il commence à être connu et reconnu sur Toulouse et au-delà de la Ville Rose.

Lucrecia Merico au bar Ocho Esquinas [à l'affiche]


La chanteuse Lucrecia Merico, très investie dans l'enseignement populaire de la musique et dans la gestion du centre culturel de Madres de Plaza de Mayo, se produira demain, jeudi 16 juillet 2015, à 21h, au bar Ocho Esquina, avenida Forest, dans le quartier nord de Colegiales.

L'entrée est libre, sans droit au spectacle, mais le dîner est obligatoire pour découvrir les vins Uxmal... La Cave homonyme (Bodega Uxmal) joue en effet les amphitryons et le spectacle prend place dans un programme promotionnel.

Lucrecia Merico sera accompagnée de son guitariste attitré, Juan Iruzubieta.

Le conte argentin se porte comme un charme [Disques & Livres]


Il y a quelques temps, le CCC Floreal Gorini a lancé un concours de contes d'auteurs dont le jury devait publier sa décision le 18 juillet prochain. Mais les organisateurs ont été débordés par la quantité de propositions qui leur ont été envoyées. Tant et si bien qu'il vient d'être annoncé que la décision du jury était reportée au 25 août. C'est pas beau, ça ?

Bien entendu, le conte d'auteur n'est pas tout à fait la même chose que le conte oral tel que l'a recueilli et étudié Elena Berta Vida de Battini dans les années 50 à 70 et qu'elle a rassemblé dans une somme dont je me suis inspirée pour composer mon nouveau livre, Contes animaliers d'Argentine, en effectuant un choix draconien dans cette masse qui occupe les dix volumes annotés et commentés de Cuentos y leyendas de la Argentina, publiés en 1980 par le ministère de l'Education argentin, qui avait alors en son sein un embryon de département des affaires culturelles, lequel a fini par donner naissance l'année dernière à un Ministère de plein droit, placé sous la direction de la musicienne Teresa Parodi.

C'est aussi au CCC Floreal Gorini que je présenterai ce livre le 20 août prochain à 19h dans la salle Garibaldi...

Et à Villa Saavedra, le musée Cornelio de Saavedra, le musée historique de la Ville de Buenos Aires, proposera deux matinées de contes aux enfants en vacances d'hiver : les jeudis 23 et 30 juillet 2015, à 14h, avec le groupe Quetecuento, Humberto Meoli et des invités. Les conteurs ont choisi des auteurs argentins et latino-américains...

Pour en savoir plus sur le concours Cuentos Gorini :
consulter le règlement sur le site littéraire de l'Amérique du Sud hispanophone Letralia et se connecter à la page Facebook de la communauté Desde la Gente.

D'autres soupçons contre les Kirchner qui volent en éclats [Actu]

Affiche électorale de 2003
Kirchner avait une petite coquetterie dans le regard
mais il se fichait comme d'une guigne de son apparence
contrairement à sa femme qui, elle, a un sens inné de la communication visuelle...
Son slogan : "L'Argentine, un pays digne"

Il y a deux ans, lors d'une émission de télévision animée par Jorge Lanata, l'une des vedettes les plus vulgaires du groupe Clarín, qui cherche toujours le sensationnel et le scandaleux, voire le crapuleux, une femme s'est présentée comme secrétaire du président Néstor Kirchner, déjà mort depuis des années. A ce titre, elle a déclaré à l'antenne qu'elle avait connaissance de plusieurs livraisons de sacs de billets de la Casa Rosada, siège du gouvernement fédéral, jusque chez le Gouverneur de la Province de Santa Cruz, dont était originaire Néstor Kirchner et où il repose depuis son décès en octobre 2010. De l'argent fédéral aurait donc permis à ce gouverneur de s'enrichir personnellement ou aurait fait de cet élu un homme de paille pour les époux Kirchner.

La couverture bien grasse d'un journal de caniveau, un machin people
qui mit en une cette photo faussement volée
de Quiroga présentée comme "l'autre veuve de Kirchner"
Elle avait donc la couverture marketing dont elle rêvait pour vendre son bouquin

La machine judiciaire s'était donc mise en branle contre le Gouverneur et son épouse et plusieurs autres personnes mises en cause par la dame en question.

Or il se trouve que cette personne, Miriam Quiroga, n'a jamais été la secrétaire de Kirchner, que son bureau n'était pas situé en face du sien comme elle le prétendait (elle aurait tout vu grâce à cette localisation dans la Casa Rosada), qu'enfin les sacs de billets n'ont jamais existé que dans son imagination... et le plan marketing d'un livre de fausses confidences sur les droits d'auteur duquel elle comptait pour vivre : Mis años con Kirchner – lo que ví (le titre à lui seul, "mes années avec Kirchner, ce que j'ai vu" laisse supposer qu'elle était la maîtresse du président, lequel était, de notoriété commune, un époux très épris de sa femme et réciproquement, ce qui insupporte particulièrement l'opposition qui préférerait une relation bien scabreuse et ignoble, mais non !)

L'une des promesses de Kirchner le jour de sa prestation de serment
"Je viens vous proposer un rêve : reconstruire notre propre identité comme peuple et comme Nation.
Je viens vous proposer un rêve, celui d construire la vérité et la Justice (1)
Je viens vous proposer un rêve, celui de retrouver une Argentine avec tous et pour tous
Je suis convaincu que dans cette symbiose historique, nous allons trouver le pays que nous méritons, nous autres, les Argentins"
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le juge en charge de l'instruction vient de signer un non-lieu général en insistant bien pour faire savoir qu'il ne levait pas la main de la justice de dessus les inculpés au bénéfice du doute ou pour insuffisance de preuves mais parce que les faits qui avaient déclenché l'enquête n'existaient pas et n'avaient jamais existé.

Cette employée de bureau subalterne, attachée à la correspondance publique du Président (elle triait et traitait les lettres envoyées par les citoyens à l'occasion des manifestations auxquelles participait le chef de l'Etat), n'a jamais vu qu'un seul sac passer du bureau présidentiel à un autre situé près du sien et encore ce sac ne contenait-il que du courrier, comme elle a fini par le reconnaître devant le magistrat instructeur, qui avait toutefois poussé la conscience professionnelle jusqu'à effectuer une perquisition à la Casa Rosada (avec le bruit que vous imaginez dans la presse d'opposition), ordonner une reconstitution des faits qui a montré l'incompatibilité entre la topographie réelle du bâtiment et les faits inventés par la dénonciatrice, vérifier le patrimoine des époux santacrucègnes, etc. sans jamais rien trouver qui soit répréhensible. Pour le moment, on n'entend pas parler de poursuite ni contre Quiroga ni contre Lanata pour dénonciation de faits inexistants ou dénonciation calomnieuse comme ce serait le cas dans de nombreux pays européens.

Tout s'est donc passé comme avec l'invraisemblable réquisitoire du procureur Nisman contre Cristina, qui a volé en éclat lui aussi par trois fois, devant trois juridictions différentes (voir mes articles du 27 février, du 24 mars et du 21 avril derniers).

Un timbre émis pour rendre hommage au président décédé
La photo est meilleure que sur son affiche de campagne.
Elle a probablement été choisie par Cristina elle-même
qui a un goût très sûr en la matière.

En revanche, Mauricio Macri, qui se présente comme candidat néolibéral à la Présidence de la Nation après huit ans à la tête de la Ville Autonome de Buenos Aires, a vu maintenir son inculpation pour les écoutes illégales qu'il a ordonnées et dont il s'est servi au détriment de deux victimes de l'attentat contre l'AMIA, deux hommes qui penchent à gauche et ont monté une association de victimes distincte de l'AMIA du fait d'un désaccord profond avec l'instrumentalisation politique de la cause dont l'AMIA joue en permanence depuis vingt ans. Mauricio Macri est poursuivi par la justice portègne depuis 2010 dans cette affaire et on ne compte plus les démarches de ses avocats pour délayer la procédure et l'aider à se dérober aux enquêteurs par tous les motifs possibles et imaginables.

Pour aller plus loin :
sur le non-lieu pour les transferts financiers imaginaires, vous ne pourrez lire qu'un article de Página/12. Les autres quotidiens, qui ont fait beaucoup de bruit autour des fausses révélations de cette émission stupide, restent muets ce matin. Ben voyons !
En revanche, et c'est assez étonnant, on trouve quelque chose sur le site Internet de Ambito Financiero, un journal fort peu suspect de pencher à gauche et d'ailleurs les réactions survoltées de ses lecteurs indiquent leur surprise.

Sur le maintien de l'inculpation de Macri, on peut lire un article détaillé dans Página/12 et quelque chose de plus rapide dans Clarín, mais rien dans La Nación ni La Prensa.


(1) Une allusion à la reprise des procès contre les bourreaux de la dictature de 1976-1983, alors protégés par les lois d'amnistie que Kirchner a fait révoquer en 2005.