lundi 13 février 2023

Un livre fait la lumière sur le rôle joué par l’Église sous la Dictature [Disques & Livres]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Il y a plusieurs années, la Conférence Episcopale Argentine (CEA) a confié à une commission d’historiens un travail de recherche sur la conduite de l’Église catholique pendant les années les plus sombres du pays au 20e siècle : la période de 1966 à 1983, qui s’achève sur les sept années de la plus sanglante et la plus cruelle des dictatures militaires subies par le pays.

Ces historiens viennent de publier le premier volume de leur rapport aux Editions Planeta Argentina sous format ePub (14,99 € sur le site de l’éditeur).

Ils l’ont intitulé La Verdad los hará libres, une citation de l’Evangile selon saint Jean que le Pape François avait lui aussi choisi pour son adresse au monde de la communication, le 24 janvier 2018, mémoire de saint François de Sales, le saint patron des journalistes :

Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui :
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ;
alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres »
(traduction © AELF – version liturgique francophone)

Et en effet, dans ce domaine comma dans d’autres, il était urgent que l’Église catholique en Argentine fasse le ménage dans sa mémoire et affronte la réalité quant au rôle qu’elle a joué sous la succession des gouvernements plus ou moins anticonstitutionnels et surtout plus ou moins (plutôt plus que moins) antidémocratiques qui ont ravagé le pays pendant toutes ces années.

Première des deux pages de Clarín
consacrées hier à la sortie de cet ouvrage
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La commission qui s’est jetée dans les archives est présidée par un grand historien de la Universidad Católica Argentina (UCA), l’université apostolique qui est le premier institut d’enseignement superieur privé à Buenos Aires, le Père Juan Guillermo Durán, prêtre et chercheur de première valeur.

Mais ce n’est pas lui que Sergio Rubín, chroniqueur religieux et excellent journaliste de Clarín, a interviewé hier mais un commissaire plus jeune, le théologien Federico Tavelli (ci-dessus).

Il y a tant de matière à explorer dans les archives de l’épiscopat partout en Argentine que la commission devrait accoucher dans le futur d’un second volume.

L’interview de Tavelli donne déjà une première idée du travail déployé par cette commission. Ce premier volume est en vente depuis le 1er février 2023 sous format numérique sur le site de Planeta Argentina.

Lorsque ce travail aura été accompli, il faudra sans doute que la CEA lance le même genre d’enquête sur la pédocriminalité dans les rangs du clergé et parmi les laïcs en charge pastorale et pédagogique et comme partout ailleurs, cela fera très mal là-bas aussi. Plusieurs scandales ont été éclaté ici et là, mettant en cause des prêtres en apparence au-dessus de tout soupçon, et les instructions ont déjà débouché sur de lourdes condamnations individuelles mais l’étude systémique se fait encore attendre comme c’est le cas en Italie, en Espagne ou en Irlande...

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín
écouter la chronique de Radio María, la principale radio catholique très présente en Amérique et en Afrique
accéder à la fiche du livre sur le site Internet Planeta de Libros.

Ajout du 24 février 2023 :

lire l’article du 22 février sur l’ouverture des archives d’Église décidée par le président de la Conférence épiscopale argentine

Ajout du 26 février 2023 :

Ajout du 7 mars 2023 :
lire cet article très critique de Página/12 sur ce premier tome qui déçoit beaucoup diverses organisations de lutte pour les droits de l’Homme. Elles disent n’y apprendre pas grand-chose.

samedi 11 février 2023

Buenos Aires : les deux derniers week-end du carnaval [à l’affiche]

Photo Ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires


A Buenos Aires, depuis quelques années, le carnaval se tient tous les week-ends du mois de février jusqu’aux deux jours fériés que sont le Lundi et le Mardi Gras.

Le carnaval monte donc en intensité ce samedi et ce dimanche avant le bouquet final depuis samedi prochain jusqu’au 21 février.

Dans tous les quartiers, existe un programme de manifestations diverses et variées avec défilé festif, bal et concert, le tout animé par les nombreuses murgas locales qui passent toute l’année à préparer l’événement.

Un précédent Mardi Gras sur Avenida de Mayo
Photo Ville Autonome de Buenos Aires

A Mardi Gras, le grand rendez-vous est donné traditionnellement sur Avenida de Mayo où la Ville met toute la gomme, avec estrade, DJ et autres animateurs…

Un événement coloré, joyeux et arrosé !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, qui donne la priorité de l’info culturelle à la disparition du réalisateur espagnol Carlos Saura
visiter les pages cosacrées au carnaval sur le portail Internet du ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires.

jeudi 9 février 2023

Festival d’électro-tango à Buenos Aires - Article n° 7200 [à l’affiche]

Affiche issue de la page Facebook


Ce soir, jeudi 9 février 2023, pour la deuxième année consécutive, s’ouvre un festival de trois jours dans des petites salles underground autour de l’électro-tango, une variante du tango qui reste contestée même si les groupes qui s’y consacrent se multiplient doucement.

Página/12, jamais en retard d’une innovation, lui consacre un article mais pas la une de son supplément culturel…

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Caras y Caretas consacre son numéro de février à Abuelas de Plaza de Mayo [Disques & Livres]


Le groupe médiatique Octubre a décidé de consacrer son nouveau numéro de Caras y Caretas, sa revue culturelle mensuelle, à l’association Abuelas de Plaza de Mayo qui cherche les enfants en bas-âge enlevés par la Junte militaire des années 1976-1983 ou ses sbires civils pour être la plupart du temps adoptés par des familles favorables à la dictature ou soumises.

A ce jour, l’association a permis l’identification de 132 personnes qui ont retrouvé la vérité de leur arbre généalogique. Une réussite juridique et scientifique qui fait école dans le monde.

On reste encore sans nouvelles d’environ 300 personnes. Aujourd’hui ce sont des quadragénaires.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de présentation sur le site de Caras y Caretas.

samedi 4 février 2023

Les nouveaux billets arrivent : deux médecins pour le 2000 pesos [Actu]

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Les nouveaux billets, qui doivent remplacer les horreurs zoologiques imposées par Mauricio Macri qui avait peur des querelles mémorielles à propos des personnages historiques (et qui en a profité pour faire disparaître San Martín et Belgrano, un crime de haute trahison envers l’histoire emblématique du pays), commencent à faire parler d’eux et pas toujours en bien !

En effet, leur valeur faciale démesurée a rempli davantage de lignes dans les journaux hier que les premières personnalités qu’ils affichent.

Le gros de la une est consacré au jugement d'une affaire sordide :
un petit garçon a été torturé et assassiné par sa mère et la compagne
de celle-ci (qui détestait les hommes et l'a donc fait payer au petit)
Les deux femmes ont été reconnues coupables
Leur peine sera prononcée la semaine prochaine
Elles encourent la perpétuité.
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Un billet de 2000 pesos va donc sortir prochainement. Il sera illustré par deux médecins argentins qui ont honoré leur profession : Cecilia Grierson, qui donne déjà son nom au futur vaccin argentin contre le covid-19 (en phase B d’expérimentation), et Ramón Carillo. Un homme, une femme, égalité parfaite, conforme aux projets originaux de l’actuel président.

Derrière, on annonce déjà l’apparition prochaine d’un billet de 5000 pesos…

Le fait divers est tout autant mis en valeur
Le futur billet est beaucoup plus discret !
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

En 2007, lors de mon premier voyage, les distributeurs de billets ne crachaient que rarement des coupures de 100 pesos. Et une seule d’entre elles, on pouvait déjà faire des courses de tous les jours pour un bon moment. Lors de mes deux derniers séjours avant la pandémie, ils crachaient beaucoup plus souvent des billets de 1000. Et lors de celui d’août dernier, ils ne donnaient plus que ces coupures-là…

La presse a réagi de manière variée à la nouvelle : Página/12 insiste surtout sur la carrière et l’œuvre des deux médecins. Les autres quotidiens titrent plus volontiers sur la valeur faciale de la coupure… Comme par hasard.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 30 janvier 2023

Carnaval à Corrientes [à l’affiche]

Cliquez sur l'affiche pour une meilleure résolution


Le carnaval de Corrientes a commencé ce week-end. On est parti pour un petit mois festif à toute vapeur…

La ville de Corrientes porte le titre estimable et estimé de Capital del Carneval. Voilà qui en dit long sur la fête qui s’y déroule en ce moment.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Comme toujours avec le carnaval, il y a des défilés dans tous les quartiers et cela c’est gratuit et de grandes manifestations avec costumes et musique mais cette fois-ci, c’est payant. Le calendrier est disponible dans la presse locale, sur le portail de la municipalité et sur le site des Carnavals d’Argentine.

Ceci dit, le carnaval ne se limite pas à la capitale provinciale. Toutes les villes de la province en ont un.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Au programme : défilés, costumes démentiels, chars géants, chamamé, murga, bals et concerts un peu partout, le tout largement arrosé à la bière Brahma, qui sponsorise l’événement, et bien sûr au tereré, la version glacée et fruitée du maté typique de l’été !

C’est le retour de la tradition après les années de pandémie.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Prensa (quotidien national)

L’Institut Nacional de Musique rend hommage à un artiste patagonien [Disques & Livres]

Depuis la Patagonie
L'héritage de Marcelo Berbel
, dit le titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Depuis quelques semaines, l’INAMU, Instituto Nacional de Música, tient à la disposition de tous, sous format pdf, téléchargeable gratuitement, un livre-hommage à un compositeur et poète de Neuquén, une des provinces de Patagonie plus connue pour ses gisements de fossiles sauriens que pour sa musique. Et pourtant !

La présentation à Buenos Aires

Roberto Berbel était né à Plaza Huincul (l’un des centres les plus riches pour les fouilles paléontologiques), en 1925, d’un père venu d’Europe et travaillant là comme employé de l’entreprise pétrolière nationale YPF, et d’une mère mapuche. Le couple a eu dix enfants. Le musicien était le quatrième. Roberto Berbel a lui-même eu quatre enfants dont trois ont suivi son sillage artistique. Il est mort à Neuquén en 2003.

Sa fille, Marité Berbel, elle-même musicienne, a participé de très près à l’élaboration de ce ouvrage qui rassemble le répertoire créé par son père, textes et partitions.

De nombreuses très belles photos illustrent ce livre somptueux. Les deux langues du Maestro, l’espagnol argentin et le mapuche, y sont représentées. Un descendant de la famille Namuncurá, celle du dernier chef mapuche qui se soit opposé par les armes à la conquête euro-descendante de la Patagonie à la fin du 19e siècle, a veillé à la bonne tenue de cette langue amérindienne.


Le lancement du livre à Buenos Aires à la fin de l’année dernière a été suivi de près par la presse locale de Neuquén. Deux vidéos ont aussi été déposées à cette occasion sur Youtube pour donner à tout le monde une idée de ce trésor méconnu.

A découvrir !

L’Institut s’est donné pour mission de cataloguer et de préserver l’ensemble du répertoire de la musique argentine, tous styles et tous genres confondus. Un travail minutieux et patient véritablement fédéral, réalisé en collaboration avec les ministères de la culture des différentes provinces.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire le communiqué officiel sur le portail du gouvernement argentin
lire le communiqué officiel sur le site de l’INAMU
télécharger le document depuis le site de l’INAMU
lire le communiqué officiel sur le portail de la province de Neuquén
lire l’article de Página/12 (quotidien national)
lire l’article de El Sureño

L’Argentine restaure un vestige de son Centenaire [Actu]

Photo Commission nationale des Monuments,
Sites et Biens culturels (République argentine)
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Ce magnifique pavillon avait été construit dans le quartier de Palermo pour le Centenaire de l’Argentine, des fêtes gigantesques qi s’étaient déroulées tout au long de l’année 1910. Il avait été commandé à un architecte italien qui avait conçu l’un des ces somptueux bâtiments à coupole dont les expositions universelles avaient le secret depuis le Second Empire à Paris.

Vue de l'extérieur du pavillon
Photo Commission nationale des monuments, sites et biens culturels
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Hélas depuis une trentaine d’années, le pavillon avait été laissé à l’abandon par son propriétaire, le ministère de la Défense qui a accordé en 1994 une concession d’exploitation à Censosud SA, un groupe de la grande distribution qui n’a prêté aucune attention à cette « chose », déployant sur ce vaste terrain un supermarché Jumbo dont les locaux sont presque collés au pavillon, dissimulant ainsi la plus grande partie de son architecture. La plupart des gens avaient donc oublié son existence.

La Commission nationale des Monuments, Sites et Biens culturels du ministère national de la Culture vient toutefois de prendre le taureau par les cornes et a annoncé le début de très longs travaux de restauration. S’ils font ce qu’ils ont réussi à faire à la Confitería del Molino, autre chef d’œuvre Belle Epoque longtemps abandonné (à deux pas du Congrès), on peut respirer. Le pavillon est sauvé mais les travaux vont durer des années.

Extrait de Clarín, 10 décembre 2022
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Censosud SA et le ministère de la Défense prennent part aux frais de restauration.

A la mi-décembre, Clarín avait consacré un article presque pleine page à l’histoire de cet unique joyau qu’il nous reste du Centenaire.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 d’il y a quelques jours
lire l’article de Clarín ce matin sur le début des travaux
lire le communiqué officiel sur le portail du gouvernement argentin 

mercredi 25 janvier 2023

Cette fois-ci, les indices de pauvreté et d’indigence n’ont pas fait les gros titres et pourtant ! [Actu]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le 17 janvier dernier, au surlendemain de son rapport mensuel sur l’inflation, qui montrait que celle-ci se montait à 94,8 % pour l’année 2022, l’INDEC a publié son rapport mensuel sur l’évolution des seuils de pauvreté et d’indigence, mesurés à travers deux paniers, l’un composé de produits et de services de base, l’autre uniquement de produits alimentaires de première nécessité.

Sur l’ensemble des douze derniers mois, les deux sélections ont subi une augmentation supérieure à celle de l’inflation puisqu’ils présentent respectivement un cumul sur 12 mois de 100,3 % pour le premier et de 103,8 pour le second. Comme toujours, ce sont les plus vulnérables qui ont le plus souffert de la crise économique qui s’est brutalement aggravée en Argentine depuis juin 2018.

Curieusement, les journaux, même de droite, pour lesquels c’était du pain bénit, se sont contentés de répercuter la nouvelle sur leurs sites Internet le 17 janvier, quelques minutes ou quelques heures après la publication du rapport, et peu d’entre eux sont allés jusqu’à en parler dans leur édition imprimée du lendemain, ce qu’a fait le journal de gauche (progouvernemental) Página/12, bien que de manière très discrète (1). Il est vrai que pour la plupart des journaux, ce jour-là, les gros titres étaient consacrés à l’avertissement que les Etats-Unis ont lancé à l’Argentine parce que son exécutif a déclaré la guerre à la Cour Suprême (2), la mise en place d’une amende salée pour usage du téléphone au volant (3), les statistiques démographiques de la Chine, le procès (en cours) de quelques joueurs de rugby bas de plafond qui ont lynché un jeune homme qui passait dans la rue et qui ne demandait rien à personne, sans oublier le huitième anniversaire de la disparition du procureur Alberto Nismann dont on ignore toujours comment et pourquoi il a trouvé la mort, par arme à feu, dans sa salle de bain, un dimanche matin, à la veille de faire au Congrès des révélations à répercutions politiques graves qui s’annonçaient aussi fracassantes que bizarres.

Du coup, le seuil de pauvreté est passé par pertes et profits.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article du 18 janvier dans Página/12
lire l’article du 17 janvier dans La Prensa
lire l’article du 17 janvier dans Clarín
lire l’article du 17 janvier dans La Nación
lire le rapport intégral de l’INDEC (téléchargeable gratuitement en format pdf)



(1) Pour ma part, j’ai dû moi aussi décaler le traitement du sujet : cette semaine-là, j’étais très occupée à définir avec l’Ambassade d’Argentine à Paris les contours et le contenu de la conférence que je donnerai le 22 février pour marquer l’anniversaire de naissance de José de San Martín, considéré là-bas comme le « père de la patrie ».

(2) alors qu’ils ont eux aussi un problème du même ordre : des magistrats suprêmes qui placent leurs convictions partisanes et idéologiques au-dessus de l’interprétation impartiale des textes constitutionnels, sans tenir compte de l'évolution de la société.
(3) Il était temps ! Je n’ai pas pris souvent le taxi à Buenos Aires en août dernier mais plus d’une fois, j’ai eu peur en voyant le chauffeur lâcher le volant pour utiliser son téléphone (sans aucun dispositif mains libres, bien entendu !

lundi 23 janvier 2023

A Cosquín, le festival bat son plein [à l’affiche]

Affiche-bandeau du compte Facebook de Cosquín
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Samedi dernier, avec une communication moins active (ou à tout le moins moins efficace) que les années passées (pré-covid), le Festival Nacional del Folklore a démarré comme tous les ans à Cosquín, ville qui accueillait autrefois dans la province de Córdoba de nombreux sanatoriums où des tuberculeux venaient se soigner au bon air de la moyenne montagne et a réussi sa reconversion avec cette grande manifestation estivale.

Programme des trois premiers jours
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pendant une semaine et demie, les concerts vont se succéder au cours de très longues soirées retransmises en direct par les médias audiovisuels, et tous les acteurs de la musique rurale vont mêler leurs talents sur cette grande scène de plein air.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

En ouverture, le festival a tenu à rendre hommage à deux grands artistes défunts dont 2023 marque le centenaire de la naissance : le guitariste, chanteur et compositeur Juan Falú et le poète et parolier Hamlet Lima Quintana.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Des musiciens de tous les horizons se dont donné rendez-vous dans ce qui reste le plus important et qui est (historiquement parlant le premier festival argentin consacré aux musiques de toutes les régions rurales du pays.

Une de La Voz del Interior samedi dernier
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le festival se définit en lunes, il en compte traditionnellement neuf.

Rideau au soir du 29 janvier puis rendez-vous à l’année prochaine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Voz del Interior, le quotidien local de la province
visiter le site Internet de la ville de Cosquín

vendredi 20 janvier 2023

C’est déjà carnaval à Montevideo [à l’affiche]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Dans toute la capitale uruguayenne, c’est parti pour le candombe et la murga, les costumes excentriques et les explosions de couleurs dans l’atmosphère torride de l’été austral ! Au programme : défilés, musique, chansons… Et ça donne soif !

L'un des programmes de ce soir
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

La fête de l’été a pris son départ hier avec un premier défilé à Montevideo dans Avenida 18 de Julio (date de l’indépendance, en 1830).


Hier à Montevideo : des joueurs de bombos (tambours traditionnels)
accordent leurs instruments en les chauffant à la flamme
Photo Diario La R Grupo Multimedio
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pour ce premier week-end, la météo prévoit un ciel gris avec des éclaircies ensoleillées et des températures élevées. Le thermomètre devrait monter jusqu’à 32° aujourd’hui et demain.


Une participante hier Avenida 18 de Julio
Photo Diario La R Grupo Multimedio
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La presse et les services publics publient les horaires et tous les rendez-vous de cet important et très traditionnel événement populaire en Uruguay qui va durer une grande partie de l’été et des vacances.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 19 janvier 2023

Conférence à l’Ambassade argentine à Paris pour l’anniversaire de San Martín [ici]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le mercredi 22 février 2023, à 18 h 30, à l’Ambassade argentine à Paris, 6 rue Cimarosa (M° Boissière), je donnerai une conférence intitulée San Martín et la France.

J'y montrerai quelques pépites encore inconnues
découvertes dans les archives qui existent en France
et qui sont longtemps restées inconnues.

Le général José de San Martín, né en Argentine, le 25 février 1778, a en effet vécu une vingtaine d’années en France où il est mort, sous la Seconde République, à Boulogne-sur-Mer. Tous les ans, à la date de son décès, chaque 17 août, un hommage lui est rendu. Qui passe inaperçu puisque on est encore à ce moment-là dans les vacances d’été. Le héros de l’indépendance de l’Amérique du Sud s’était en effet exilé volontairement pour ne pas participer aux guerres civiles qui ont ravagé les pays qu’il avait libérés, l’Argentine, le Chili et le Pérou, de 1812 à 1822 et pour ne pas risquer non plus de devenir l’otage d’une des factions en conflit.

Son nom a commencé à être connu en Europe à partir de mai-juin 1817 lorsque la presse, d’abord anglaise puis très rapidement continentale, a parlé d’une campagne qui a rempli les contemporains de stupeur : ce général, jusque là traité comme un « seigneur de la guerre » parmi tant d’autres dans de lointaines contrées, avait, à la tête d’une armée, traversé les Andes, la chaîne de montagne connue alors comme la plus élevée de la planète, et, grâce à une bataille au nom imprononçable, il avait libéré le Chili, retombé deux ans auparavant sous le pouvoir des autorités coloniales espagnoles.

Son épopée inspira à Théodore Géricault deux lithographies, qui ont intégré les collections du duc d'Aumale et se trouvent donc à Chantilly.

En France, au cours de ce printemps-là, Louis XVIII régnait dans un contexte difficile puisque les Cent-Jours avaient déchaîné la soif de vengeance des ultra-royalistes. San Martín et les autres généraux des « insurgens » « espagnols » en Amérique méridionale n’y étaient donc pas en odeur de sainteté. Pourtant, une certaine information circulait dans des gazettes qui jouissaient d’une liberté relative mais s’autocensuraient de manière visible.

Après avoir renoncé à la vie publique à Lima en septembre 1822, San Martín débarqua en Europe pour que sa fille de huit ans puisse y recevoir l’éducation soignée qui n’existait presque pas alors en Amérique du Sud. Arrivé par Le Havre, le généralissime et ancien chef d'Etat s’installa d’abord à Londres puis gagna Bruxelles et enfin Paris lorsque le roi Louis-Philippe, qui ne cachait pas son admiration pour lui, lui accorda un droit de séjour dans notre pays.

L’homme parlait et écrivait un français distingué, presque sans faute et les témoins français nous disent que sa prononciation, presque dénuée d'accent hispanique, les impressionnait. Une partie de sa bibliothèque, qui constitue aujourd’hui le fonds historique de la Bibliothèque provinciale qui porte son nom à Mendoza, témoigne de cet intérêt pour notre langue.

En guise d’hommage pour un nouvel anniversaire de naissance qui tombera le samedi suivant, cette conférence nous permettra de faire un grand tour dans les traces très variées que San Martín a laissées dans la documentation française et francophone.

L’entrée est libre et gratuite, l’activité ouverte à tous.

Pour la bonne organisation de la soirée, l’ambassade vous demande de signaler par avance votre venue en envoyant un mail à l'adresse indiquée sur l’affiche.

A Boulogne-sur-Mer, la maison où il a rendu son dernier souffle est devenue un musée argentin sur la terre de France. La visite est gratuite et elle vaut la peine, dès lors que vous connaîtrez déjà un peu ce personnage hors normes. La maison se situe dans la Grande-rue, à mi-pente, presque en face de l'église Saint-Nicolas. Vous ne pouvez pas la manquer : un gigantesque drapeau argentin flotte au-dessus de la porte.

En bas, le long de la plage, sur le boulevard Sainte-Beuve, devant les "Buildings", à un jet de pierre de Nausicaa, le centre culturel consacré à la mer, s'élève depuis 1909 une statue équestre commandée pour le centenaire de l'Argentine à un sculpteur français (qui en a donc fait une sorte de Jeanne d'Arc, béatifiée cette année-là). Pendant la guerre, l'endroit a été méchamment bombardé, les habitations ont été entièrement détruites mais le monument a échappé comme par miracle à tous les projectiles.

© Denise Anne Clavilier


Sur place, mes livres qui portent sur l’Argentine, son histoire, sa mémoire et sa culture populaire seront disponibles à la vente.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution