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vendredi 28 octobre 2022

Mora Godoy célèbre les 20 ans de sa compagnie au Teatro Coliseo [à l’affiche]


La danseuse de tango et chorégraphe Mora Godoy fête à partir de ce soir les vingt ans de la compagnie dont elle est la fondatrice. La compagnie prend possession de la scène du Teatro Coliseo, Marcelo T. de Alvear, 1125, tous les soirs, les vendredi et samedi, à 20 h 30.

Les billets vont de 3 000 à 5 000 $ ARG.

Le spectacle calque sur le tango les modalités des revues de Broadway. C’est un tango de scène, très spectaculaire, à grand renfort de costumes, de lumières et d’effets clinquants comme l’affiche en fait foi. Il faut aimer. D’autant que, sans être tout à fait hors de prix, ce n’est pas non plus donné.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 5 novembre 2021

La UBA va fêter en beauté son bicentenaire [à l’affiche]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Pour le bicentenaire de sa fondation, l’Université de Buenos Aires proposera un grand concert symphonique sur les marches de la colonnade de la faculté de droit, à Recoleta, dans le nord de la ville.

Beaucoup de style de musique seront au programme : la musique classique côtoiera la variété (Jairo, Abel Pintos, Lito Vitale), le rock (Fito Páez) et le folklore (Víctor Heredia) sans oublier le tango, qui sera représenté par le grand chanteur Raúl Lavié, le guitariste Esteban Morgado et la danseuse Mora Godoy.

L’événement se tiendra en plein air, le 4 décembre 2021, à 18h30, et bien entendu, tout sera gratuit. Le concert sera retransmis en direct sur les chaînes Internet de la UBA (Youtube et Facebook).

Ce sera la dernière manifestation de ce bicentenaire qui aura été gâché par la pandémie comme tout depuis deux ans.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

samedi 25 octobre 2014

Une fête des bares notables au rabais cette année [à l'affiche]



Ce dimanche 26 octobre 2014, de 18h à 22h, un certain nombre de Bares Notables de la Ville de Buenos Aires participeront à l'opération culturo-promotionnelle du Día de los Cafés Notables, au cours de laquelle traditionnellement, si vous êtes quatre, vous pouvez prendre quatre cafés pour le prix de deux dans les établissements participants.

Cette année, la fête commence à 11h, sur une scène installée à Recoleta, devant le café La Biela (avenida Quintana 600), avec un spectacle de la danseuse-chorégraphe Mora Godoy, mais le reste du jour est maigre. Seulement cinq établissements participent alors qu'il y en avait au moins le double lors des précédentes éditions...

L'opération de promotion utilise l'un des symboles du tango,
le rythme 2 par 4...

Le parcours cafetier proprement dit démarrera à l'Esquina Homero Manzi, dans le quartier de Boedo, avec le quintette La Siniestra et se continuera d'heure en heure dans les cinq établissements et plusieurs quartiers. A chaque café, son genre musical (tango, rock, folclore, etc).

A 19h, au Café Monserrat, on remettra les brevets aux onze nouveaux établissements qui intègrent la classe des notables, laquelle semble se dévaloriser (il y a dans la liste des cafés dont on se demande comment ils ont obtenu cette distinction).

L'entrée est gratuite pour chaque spectacle.

Pour connaître le programme officiel, consulter l'agenda culturel du portail de la Ville.

dimanche 31 juillet 2011

Abrazos, documentaire musical, au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Dans le cadre du cycle cinématographique, organisé conjointement par le Museo del Cine Pablo Ducrós Hicken et le Museo Casa Carlos Gardel, on projettera demain, lundi 1er août 2011, à 18h30, le documentaire Abrazos, où apparaissent le bandonéoniste José (Pepe) Libertella et le Sexteto Mayor, les chanteuses Adriana Varela et María Graña, le chanteur Raúl Lavié, le guitariste Luis Borda, le bandonéoniste, compositeur et chanteur Rubén Juárez, la danseuse Mora Godoy entre autres artistes...

Le documentaire est de Daniel Rivas, il date de 2003 et il dure 85 minutes. Il sera projeté avec des sous-titres en anglais pour aider les étrangers de passage à Buenos Aires.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles. Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurès 735, dans le quartier de l'Abasto.

mardi 25 janvier 2011

Cours de tango pour bouts de chou avec Mora Godoy cet été [à l'affiche]

Il y a un peu plus d'un an, l'école de danse de Mora Godoy avait été choisie par le Ministère de la Culture du Gouvernement de la Ville de Buenos Aires pour abriter un ballet-école de tango (1), à l'image de la Orquesta-Escuela de Tango Emilio Balcarce, qui a été fondée par une initiative personnelle et privée de trois musiciens, Ignacio Varchausky, Ramiro Gallo et Emilio Balcarce, qui vient de nous quitter (voir mon article de dimanche sur ce deuil récent).

Photo Clarín

C'est à ce titre que la danseuse et chorégraphe conduit cet été en plein air, dans le quartier de La Boca, des cours à l'usage des enfants, et même des vraiment tout petits. L'opération, baptisée Milonguitas (les petites milongas), prend place dans le cadre du programme La Ciudad al Aire Libre (La ville en plein air), programme d'activités culturelles gratuites organisé tous les étés. Elle prendra la forme d'un cours gratuit tous les lundis, en début de soirée, à 18h30, sur une scène montée à l'angle de la Vuelta de Rocha et Caminito, au coeur du coin touristique de La Boca. Hier, le premier cours a eu lieu malgré les 39° de sensation thermique qui règnent en ce moment sur la capitale argentine, placée en alerte orange caniculaire.

La transmission aux enfants est aussi l'une des exigences que les tangueros, quelle que soit leur discipline (musique, danse, chant, poésie) se donnent à la suite de l'inscription du genre au Patrimoine culturel de l'Humanité, le 30 septembre 2009 (voir mes articles sur ce vote de l'Unesco et sa traduction en actions concrètes).

L'attendrissant apprentissage de ces bouts de chou des deux sexes à inspirer un entrefilet joliment illustré au quotidien Clarín dans son édition de ce matin. Je vous laisse aller jeter un coup d'oeil sur ce papier inattendu et de saison.

(1) Voir mon article du 30 octobre 2009 sur ce choix ministériel.

samedi 20 février 2010

Ce soir, 19h, à l'Obélisque [à l'affiche]

Une du supplément culturel de Página/12

Ce soir, la Ville de Buenos Aires clôt son cycle culturel d'été Aires Buenos Aires par un grand concert au pied de l'Obélisque. Pour l'occasion, Página/12 fait la une de son supplément Spectacles et Culture sur les trois vedettes du spectacle : la chanteuse Adriana Varela (premier plan), le chanteur et auteur-compositeur Guillermo Fernández et la danseuse Mora Godoy, qui dirige depuis la fin de l'année dernière le futur Baile Escuela de Tango de Buenos Aires (lire mon article sur le lancement de cette nouvelle école).

C'est la journaliste Karina Micheletto qui interviewe dans l'article principal du cahier culturel les trois artistes sur trois axes : l'état de santé du genre, le marché du tango et les problèmes de diffusion qu'il a toujours connu depuis les origines vers 1880, tant à travers les labels discographiques et les salles qu'à travers les médias auquel Internet s'est ajouté il y a quelques années (voir mon article Grandes dates du tango, dans la Colonne de droite, rubrique Petites Chronologies, dans la partie médiane).

Comme je l'ai dit dans l'article précédent de ce même jour (sur les murgas belges au Carnaval de Buenos Aires), le temps me manque ce soir pour m'attarder à traduire comme je l'aimerais cette longue interview (1). Je vous en livre donc deux extraits bilingues, dont la première sur leurs réactions à tous les trois au sujet de la déclaration du tango comme Patrimoine culturel de l'Humanité (voir mes articles sur cette déclaration y compris celui-ci). Entre autres passages, celui-ci vaut son pesant d'or...

Y la reciente declaración de patrimonio intangible de la humanidad, ¿qué implica para el género?
A. V.: –¡Yo quiero que el tango sea nuestro, y de nadie más! (risas).
M. G.: –Es un gran título, es como ganarse un premio, sirve para ser más mirados. Debería traer más sponsors, abrir más salas, acercar a empresas nacionales o de afuera que podrían ayudar a desarrollar muchos espectáculos. Y desde ya, debería ayudar a que se den cambios que para mí son prioritarios: el baile de tango debería ser obligatorio en las escuelas, por ejemplo.
G. F.: –No sé cómo es en el resto de Estados Unidos, pero en California hay una orquesta de jazz en cada escuela. Me encantaría que hubiera una orquesta de tango, al menos en cada escuela de la ciudad de Buenos Aires.
A. V.: –Sería genial. Me parece una propuesta no solamente divertida para los chicos, sino también una gran posibilidad de mostrarles una forma copada de encuentro entre varón y mujer. En estos tiempos tan complicados para el encuentro, tan agresivos, abrirles el camino que hace posible el baile del tango me parece alucinante.
Página/12

Karina Micheletto :
Et la récente déclaration comme patrimoine immatériel de l'Humanité, qu'implique-t-elle pour le genre ?
Adriana Varela :
Moi, je veux que le tango soit à nous et à personne d'autre ! (rire).
Mora Godoy :
C'est un titre prestigieux. C'est comme remporter un prix. Cela sert à gagner de la visibilité. Cela devrait rapporter plus de sponsors, ouvrir plus de salles, intéresser des entreprises nationales ou de l'étranger qui pourraient aider le développement de nombreux spectacles. Et à partir de là, ça devrait aider à ce qu'il y ait des changements qui selon moi son prioritaires : danser le tango devrait être obligatoire à l'école, par exemple.
Guillermo Fernández :
Je ne sais pas comme ça se passe dans le reste des Etats-Unis mais en Californie, il y a un orchestre de jazz dans chaque école. Cela m'enchanterait qu'il y ait un orchestre de tango, au moins dans chaque école de la ville de Buenos Aires.
Adriana Varela :
Ce serait génial ! Cela me paraît une proposition non seulement sympa pour les gamins mais aussi une grande possibilité de leur montrer une manière singulière de relation entre homme et femme. A notre époque où il est si difficile de se trouver, où il y a tant d'agressivité, leur ouvrir le chemin qui leur rende possible la danse de tango me paraît quelque chose de fantastique
.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Et en dessous, sur le rôle social du tango danse (il est très rare que des non-danseurs s'expriment sur ce que la danse représentent pour eux dans le tango) :

–¿Cuál sería esa forma de encuentro para un bailarín amateur?
G. F.: –Estoy totalmente convencido de que la danza del tango devuelve a la humanidad el rol de macho y hembra. Porque no hay hombre más interesante que un macho ni mujer más interesante que una hembra. Por eso son tantos los que eligen bailar tango, porque la gente está buscando volver a esa forma de encuentro primordial.
A. V.: –¡Totalmente! Y esto va más allá de la sexualidad, tiene que ver con el género (2) y con lo cultural. Es una invitación muy interesante para acercar las diferencias con los cuerpos. ¡Qué me van a hablar de Internet! (risas). (3)
Página/12

Karina Micheletto :
Quelle serait cette forme de relation pour un danseur amateur ?
Guillermo Fernández :
Je suis complètement convaincu que la danse du tango rend à l'humanité le rôle de la virilité et de la féminité. Parce qu'il n'y a pas d'homme plus intéressant que l'homme viril et de femme plus intéressante que la femme féminine. C'est pour ça qu'il y a autant de gens qui choisissent de danser le tango, parce que les gens recherchent en ce moment de retrouver cette forme primordiale de relation.
Adriana Varela :
Exactement ! Et ça va bien plus loin que la sexualité. Cela a à voir avec le genre (2) et la culture. C'est une invitation très intéressante à aborder les différences à travers le corps. Qu'est-ce que vous venez me parler d'Internet !
(3) (rires)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour le reste et entièrement en espagnol, sauf à utiliser les services de la traduction en ligne Reverso, dont vous trouverez le lien dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), dans le bas de la Colonne de droite, je vous invite à aller lire l'ensemble de l'article sur le site du journal...
Pour aller plus loin :
Lire l'article de Página/12

(1) Je consacre la majeure partie de mon week-end à relire les épreuves de Barrio de Tango, Recueil bilingues de tangos argentins, qui doit paraître début avril aux Editions du Jasmin.
(2) El género ou le genre dont il est question ici, c'est le genre masculin (mâle) ou féminin (femelle) et non pas un synonyme de tango (genre musical et artistique). Les violences de genre en espagnol sont ce que nous appelons en français d'Europe les violences domestiques, c'est-à-dire les violences exercées par des hommes sur des femmes.
(3) Citation de Homero Expósito (1918-1987) : ¡Que me van a hablar de amor! Un tango où un Don Juan, fat et intimement blessé dans son amour-propre, se vante de ses multiples conquêtes, sans doute toutes aussi imaginaires les unes que les autres, depuis que la femme qu'il aimait et qu'il feint de compter pour rien l'a abandonné.

vendredi 30 octobre 2009

Prochaine création d'un Ballet Escuela de Tango à Buenos Aires [Actu]

Photo tirée du Portail de la Ville de Buenos Aires

Hernán Lombardi, le Ministre de la Culture de la Ville autonome de Buenos Aires, a annoncé mercredi dernier la création d'un Ballet Ecole de tango à la manière de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce au cours du cocktail offert par Mora Godoy (photo ci-dessus) dans les locaux de son école dans le très chic quartier de la Recoleta, sur avenida Puyerredón 1090, pour fêter les 10 ans de sa fondation.

Ce projet de ballet escuela répond à une stratégie de promotion de la danse, dans le cadre de la promotion du tango en général, pour valoriser l'inscription du genre au Patrimoine mondial de l'UNESCO à le 30 septembre dernier (lire mon article à ce propos). Le ministre a parlé "d'élever le niveau de professionnalisation de la danse" (les Argentins rêvent que la danse du tango conquière le prestige international du ballet classique, tel qu'il existe au Bolchoï ou à l'Opéra de Paris !) et il annonce que ce projet de ballet école prolonge et complète la loi que la Députée portègne, Inés Urdapilleta, a fait voter pour permettre le développement de la danse (1).

Le recrutement des danseurs a été confié à la danse et chorégraphe Mora Godoy qui fêtait les 10 ans de son école de danse, par laquelle sont passés cette année 40 000 élèves (2). Actuellement, le recrutement se pratique dans les milongas des différents quartiers. Ces danseurs recevront une formation, qui sera donc confiée à Mora Godoy, qui prendra la direction du Ballet Escuela.

Mora Godoy est la danseuse vedette et la chorégraphe du spectacle Tango Emoción, qui a connu un grand succès, a fait le tour du monde et a donné lieu à un produit dérivé, un DVD distribué par Gativideo, un spectacle qui se distingue des shows habituels parce qu'il se dispense d'une intrigue et prend appui d'abord et essentiellement sur la musique et la danse dans leur propre consistance, comme le fait un ballet de Maurice Béjart ou de Georges Balanchine, qui n'avaient pas besoin de raconter une histoire pour s'exprimer à travers la danse. Ce n'est donc pas sans raison que Mora Godoy est respectée et connue à Buenos Aires comme danseuse professionnelle.
A noter qu'elle a lancé, il y a trois ans, dans son école, un cycle de cours gratuits destinés aux élèves à bas revenus. Le communiqué ministériel, que vous pouvez lire sur le Portail de la Ville de Buenos Aires, insiste sur cette initiative sociale, sans doute pour parer à l'avance les critiques que ne manquera pas de lui adresser les tangueros de gauche, celles de profiter de la déclaration de l'UNESCO pour promouvoir le tango for export, surnom local du tango commercial et sans authenticité, à destination des touristes qui n'y connaissent rien mais qui crachent au bassinet. Hélas, l'étroite liaison qui a été faite entre le 10ème anniversaire de l'école privée de Mora Godoy et l'annonce de cette création d'un ballet école qui fonctionnera sur des deniers publics, l'absence de tout appel public à candidatures pour le choix de la directrice, l'absence d'auditions pour un casting organisé, rien de tout cela n'est vraiment de nature à lever le soupçon, qui pèse toujours, a priori, dans l 'esprit et le discours de la grande majorité des artistes et des intellectuels à Buenos Aires, sur toutes les initiatives de ce gouvernement libéral qui ne jure, il est vrai, que par la gestion privée et la recherche de la rentabilité.

Seul l'avenir nous dira ce qu'il en est.
Pour aller plus loin : visiter le site de Mora Godoy.

(1) Voir mon article sur la présentation qu'a faite Inés Urdapellita de son livre sur la milonga à la Feria del Libro en mai dernier.
Inés Urdapilleta, rappelons-le, est une députée de la Legislatura, l'Assemblée législative de la Ville de Buenos Aires. Elle est la Présidente de la Commission culturelle et je peux témoigner personnellement que lorsqu'elle prend un dossier en main, elle le fait aboutir et qu'elle a une incroyable capacité de bousculer les lourdeurs bureaucratiques traditionnelles en Argentine. Elle siège dans le bloc péroniste, ce qui veut dire qu'elle appartient à l'opposition politique à l'actuel Gouvernement de la Ville de Buenos Aires (mais à la majorité au pouvoir au niveau national). On peut voir dans la petite incise du ministre Lombardi une main tenue à l'opposition (on peut toujours rêver) ou une réponse à l'avance aux arguments hostiles que la plus grosse partie de la gauche (constituée par les péronistes) et la majorité au niveau du pays seront très tentées de faire entendre.
(2) La colossale clientèle des écoles de tango à Buenos Aires est due à la présence dans tous les cours d'une écrasante majorité de touristes, qui viennent à Buenos Aires tout spécialement pour danser dans les milongas et progresser dans leur pratique. C'est tellement le but de leur séjour qu'un certain nombre d'entre eux ne connaissent de cette ville immense que les milongas et les cours. Je fréquente moi-même une école de très bonne réputation mais qui n'est pas la plus présente dans l'information délivrée aux touristes. Et je n'ai jamais vu que des touristes dans les cours, y compris le samedi matin. Les touristes sont donc très nombreux, dans tous les cours, à tous les niveaux, dans tous les styles, mais la majorité d'entre eux ne prennent en fait qu'une poignée de leçons, 5, 10 ou 15 en fonction de la durée de leur séjour, qui n'excède que rarement quelques semaines. Les vrais élèves réguliers, qui sont réellement formés par l'école, quelle qu'elle soit, représentent donc une infime minorité.

jeudi 7 août 2008

Tanguera, au Théâtre du Châtelet, à Paris, pour la rentrée [ici]

Cette comédie musicale du compositeur et arrangeur Gerardo Gardelin, sur des chansons écrites par Eladia Blázquez, se donnera à Paris, au Théâtre du Châtelet, du 2 au 21 septembre prochain. La chorégraphie du spectacle est de Mora Godoy, une chorégraphie réputée du tango escenario (sans doute la meilleure derrière Juan Carlos Copes), et la mise en scène est de Omar Pacheco. Le spectacle est parrainé par le chef d’orchestre classique argentino-israëlien (et même palestinien depuis quelques mois) Daniel Barenboïm, ce qui est un gage de qualité.

Le texte de présentation du spectacle pourrait néanmoins faire craindre le pire, tant il accumule les clichés racoleurs et creux, dignes des pires slogans publicitaires du tango à touristes :

"Une comédie musicale où la passion et la sensualité s'incarnent dans la danse et le chant : Tanguera offre un retour aux racines du tango et nous plonge dans l'ambiance électrique des quartiers populaires de Buenos Aires. Un spectacle argentin incandescent !"

L’argument, annoncé par le théâtre, dit :

"Une jeune française, Giselle, débarque à Buenos Aires avec la première vague d'immigration du début du 20e siècle. Appâtée par les belles promesses de Gaudencio, tenancier d'un cloaque de bas étage, elle devient danseuse et se retrouve entraînée dans la prostitution. Elle est maintenant une "Tanguera", dépendante du tango, vivant sous la menace des hommes de main de Gaudencio. Très vite, son talent en fait la meilleure danseuse du cabaret. Lorenzo, docker rencontré sur le port lors de son arrivée, s'est épris d'elle. Il va tout faire pour conquérir son amour et la sortir de cet endroit sordide, au risque d'y laisser sa vie.

Vu les costumes portés sur l’affiche, si Giselle est venue avec la première vague d’immigration au début du 20e siècle, elle est sérieusement en avance sur son temps, point de vue vestimentaire. Quant au vocabulaire de cette présentation, il est aussi anachronique que les calembours dans Astérix : les demi-mondaines qui dansaient avec la clientèle masculine riche des cabarets s’appelaient des milongueras, abrégé parfois en milongas (et non pas tangueras). Qui plus est, les cabarets étaient certes des lieux de mauvaise vie mais en aucun cas des bouges sordides. Bien au contraire, c'était des endroits très chics, façon One Two Two ou Chabanais. Les bouges existaient mais les filles n'y dansaient guère... Quant à l'histoire, elle semble réduire ici à un schéma mélodramatique vaguement populiste et hyper-sentimental le sacro-saint trio milonguera-protecteur-amant. Or ce trio est en fait dans le répertoire du tango un archétype qui sert de support à une contestation sociale et politique particulièrement riche bien plus qu'à un quelconque érotisme, qu'il soit langoureux ou enflammé...

Une fois exprimées ces réserves sur la présentation officielle du spectacle, tous ceux qui aiment les chapeaux portés de guingois par des rouleurs de mécaniques, les longues cuisses dénudées de filles sculpturales, lees morceaux de bravoure chorégraphiques, les ganchos ébouissants à la hauteur de la taille et les concours de vitesse dans l’exécution des tours en auront pour leur argent... Qu'ils ne se privent donc pas...

5 catégories de places, de 17,50 € (au poulailler, comme on dit dans les Enfants du Paradis, ici le 5ème étage biais) à 80,50 € à l’orchestre, au 1er étage face et biais et au 2ème étage (2 premiers rangs face et premier rang biais).

On peut réserver ses places en ligne sur le site du théâtre du Châtelet :
http://www.chatelet-theatre.com/2008-2009/index.php#/tanguera-267-fr/