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mardi 21 juin 2022

Festival de cinéma à Santiago del Estero [à l’affiche]

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Santiago del Estero est la capitale d’une province du grand nord argentin. En ce début d’hiver austral, il y fait plus chaud qu’ailleurs. C’est donc la saison que choisit la ville pour proposer son festival de cinéma qui se déroule tout au long de cette semaine…

En novembre, c’est Mar del Plata qui fête le grand écran au bord de la mer. En juin, c’est Santiago dans une des provinces les plus pauvres et les moins développées du pays. De quoi attirer des touristes cinéphiles.

Au programme : des ateliers destinés aux amateurs, des conférences et des tables-rondes, des films projetés en compétition en deux catégories, court-métrage et long métrage. Quelques uns sont présentés hors compétition.

Le festival investit une poignée d’adresses dans la ville. La plupart des activités se tiennent au siège de l’ordre des architectes.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 3 août 2020

Émission en ligne pour fêter la Pachamama [à l’affiche]

Capture d'écran (chaîne You Tube du Folklore Club)

Un nombre considérable de musiciens de tout le nord de l’Argentine, est et ouest confondus, se sont réunis pour enregistrer une émission de télévision, grâce au soutien de la Fundación Atahualpa Yupanqui (du nom d’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprète du folklore argentin), puis la mettre en ligne, gratuitement et pour le monde entier, sur la chaîne You Tube de Folklore Club.

Il s’agit d’une réalisation très professionnelle, un long-métrage d’un peu plus d’une heure et demie qui rassemble interviews et prestations musicales et permet de vivre la fête « comme si vous y étiez ». Les artistes y exposent leur vécu et ce que signifie pour eux cet intense rendez-vous de la vie culturelle et cultuelle de la grande région septentrionale, qui est aussi le berceau d’une bonne partie de la tradition rurale argentine.

La manifestation est aussi une prise de parole politique contre toutes les activités qui dégradent l’environnement de ces régions : mines à ciel ouvert ultra-polluantes, incendies volontaires de la forêt subtropicale sous prétexte de dégager du terrain agricole, utilisation massive de produits phytosanitaires chimiques qui font grimper en flèche le taux de cancer et autres maladies dans les populations humaines qui vivent à proximité des gigantesques champs de soja transgénique avec lequel les riches propriétaires terriens se font des fortunes insolentes en dollars US.

Página/12 ne pouvait pas manquer une telle initiative et lui consacre un bel article dans ses pages culturelles de ce jour.

Sur la page You Tube, les organisateurs ont publié les coordonnées du compte bancaire sur lequel les téléspectateurs peuvent faire un don en pesos argentins. Citer la devise nationale est une autre façon de resserrer les liens de la communauté culturelle qui se reconnaît dans cette démarche et dans cette fête populaire. Cela a tout de même meilleure allure que de quémander des dons en dollars ou en euros !

Pour aller plus loin :
visiter la chaîne You Tube du Folklore Club.

vendredi 27 juillet 2018

Musique de Santiago del Estero au Galpón B ce soir [à l'affiche]


La Pesada Santiagueña, un groupe de folklore du nord-ouest qui a choisi un nom qui sonne plutôt rock, arrive ce soir à Buenos Aires pour quelques jours dans la capitale fédérale et sa banlieue populaire.

"Prépare-toi, Capitale fédérale ! Prépare-toi, Morón !! L.P.S arrive avec tout ce qu'il faut,
elle apporte une tonne de chacareras, pour chanter notre amour pour la Pacha[mama]
et pour notre peuple"
Cette annonce fanfaronne au second degré sur la page Facebook du groupe
La Pachamama est la terre divinisée héritée des ethnies précolombiennes
encore très présentes dans le nord-ouest argentin

La province de Santiago est l'une des plus anciennes d'Argentine et l'une des plus défavorisées, des plus oubliées dans tous les circuits (politiques, économiques, touristiques).

Week-end bien occupé pour les artistes

Zamba et chacarera contemporaines ce soir au Galpón B, rue Cochabamba 2536, ce soir, vendredi 27 juillet 2018, à 21h30. Demain, ils seront à Morón, dans la petite ceinture, et ils reviendront dans la capitale dimanche.

A découvrir !

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook du groupe.

samedi 14 mai 2016

Contribution de la CEA au Bicentenaire [Actu]

La couverture du document reprend la silhouette très reconnaissable de la Casa Histórica
le musée du Congrès de Tucumán à San Miguel
avec, à gauche, celle de la Vierge de Luján

Après avoir été reçu par le Président Mauricio Macri où les prélats ont intercédé pour une politique sociale plus attentive aux pauvres, conforme aux promesses électorales de Pobreza Cero (0 pauvreté) (1), le bureau de la Conférence épiscopale argentine (CEA) a publié ses médiations pastorales pour le bicentenaire de l'indépendance du pays, répondant ainsi à celui publié en 2008 en préparation du bicentenaire de la Révolution de Mai (1810).

Le document de 2008 portait sur la justice et la solidarité, dont les évêques argentins souhaitaient qu'elles soient au centre des projets sociaux et politiques du pays.

Le document de cette année est intitulé Tiempo para el encuentro fraterno de los argentinos (temps pour la rencontre fraternelle des Argentins) et se compose de cinq chapitres sur la mémoire historique des événements de San Miguel de Tucumán, lorsque les députés constituants travaillaient ensemble, laïcs et clercs, à la construction d'un pays libre dans une simple maison qui leur avait été prêtée pour la durée des sessions, sur l'organisation de la maison commune (le pays lui-même), sur une sélection de problèmes dont souffre actuellement cette maison commune (corruption généralisée, trafic de drogue en plein développement et dégradation du milieu naturel), sur le lien entre indépendance et éducation (une problématique déjà soulevée dans les années révolutionnaires par des hommes comme Mariano Moreno, Manuel Belgrano et José de San Martín) et sur les Maisons de rencontre, autrement dits les différents sanctuaires d'importance nationale dans le pays, Luján et Villa Cura Brochero en premier lieu, l'un qui abrite la sainte patronne du pays, la Vierge de Luján, et l'autre, qui est le centre de la mémoire de José Gabriel del Rosario Brochero qui sera canonisé à Rome le 16 octobre prochain (2), sans oublier la figure de Mama Antula (3), María Antonia de la Paz y Figueroa (1730-1799) qui sera proclamée bienheureuse le 27 août prochain, dans son diocèse d'origine, l'un des plus anciens d'Argentine, Santiago del Estero.

La délégation de la CEA avec le président Macri (à droite), dans une salle de la résidence de Olivos
de face, au fond, de gauche à droite : Mgr Malfa, Mgr Poli, Mge Arancedo
Photo Casa Rosada

Par cette contribution, les évêques entendent apporter leur pierre aux manifestations du Bicentenaire et aux réflexions qu'elle suscite dans cette étape où l'Argentine connaît une alternance radicale qui marque probablement une étape forte de sa construction comme Nation.

Le document est disponible sur le site Internet de la CEA sous format pdf ainsi qu'un résumé de six pages et un guide de lecture très bien faits. Sa sortie a donné lieu à une conférence de presse en cette semaine qui précède la Pentecôte (la fête du Saint-Esprit). Y participaient le président de la CEA, Monseigneur Arancedo (Sante Fe), Monseigneur Poli (Buenos Aires ville) son vice-président, et son secrétaire, Monseigneur Malfa (Chascomús, Prov. de Buenos Aires).

Dans un deuxième temps, l'Eglise catholique argentine marquera le bicentenaire en tenant symboliquement à Tucumán son Congrès eucharistique, du 16 au 19 juin prochain. A Tucumán, la ville où a été proclamée l'indépendance du pays le 9 juillet 1816 dans une maison patricienne devenue un musée, dont la silhouette caractéristique se dessine sur la couverture du document publié avant-hier.

Pour aller plus loin :
accéder au documents et aux textes accompagnateurs sur le site Internet de la CEA
lire l'article de Página/12 sur la conférence de presse
lire la dépêche de AICA concernant l'audience accordée au bureau de la CEA par Mauricio Macri
lire le communiqué de presse de la CEA sur cette audience
accéder au site Internet du Congrès eucharistique national de Tucumán



(1) Ce qui est certes une belle formule particulièrement creuse puisque la pauvreté est et restera toujours une valeur relative, comme la richesse d'ailleurs. Quelque soit le niveau de développement d'une économie nationale, celle-ci comptera toujours des pauvres, mais si les pauvres de tel ou tel pays pourront apparaître comme riches à l'échelle du niveau de vie d'un autre pays, moins favorisé...
(2) Ce sera le premier saint argentin né et ayant vécu dans l'Argentine indépendante d'après 1816.
(3) Mama Antula avait été élevée dans la spiritualité ignacienne, celle de saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus. Lorsqu'en 1767, les jésuites furent chassés des terres du roi d'Espagne par décret de Carlos III, violemment hostile à la spiritualité ignacienne et à ses fruits socio-économique dans le monde, l'Amérique latine vécut une véritable catastrophe pastorale, sociale et culturelle. Une chrétienne née à Santiago del Estero, dans le nord-ouest fondateur de l'Argentine, aujourd'hui surnommée Mama Antula, prit alors son bâton de pèlerin et, avec un grand courage physique et politique, avec une foi qui soulève les montagnes, elle se mit à parcourir le pays d'alors pour diffuser les exercices spirituels de saint Ignace, un patrimoine de la plus haute importance pour les croyants jusqu'alors donné au peuple par les pères jésuites seuls, dont la compagnie ne tarda pas à être dissoute par le pape sous la pression du Roi Catholique (si peu catholique) – avant d'être restaurée en 1815. Cette femme est une des facettes de la sainteté féminine à laquelle l'actuel pape est si fort attachée et en l'absence de laquelle, notamment en temps de détresse spirituelle ou d'adversité anticatholique, l'Eglise disparaîtrait.

mardi 11 août 2015

A l'approche de l'Assomption [Actu]

Article de L'Osservatore Romano, du 10-11 août 2015 (extrait de la page 5)
Une reprise de l'interview en italien

A l'approche de l'Assomption, qui n'est pas férié en Argentine, voici des nouvelles du Pape François. Il est intervenu sur une radio associative catholique de Santiago del Estero il y a trois jours pour bénir les croyants locaux et le quotidien espagnol, ABC, journal catholique de l'Espagne conservatrice, a interviewé, sans en faire des tonnes, l'un des neveux du Saint Père qui se confie sur la personnalité de cet oncle un peu à part dans sa vie...

Rien de vraiment surprenant dans tout ça (le ton du neveu est plein d'affection et de tendresse) mais ça nous change de l'actualité argentine saturée de politique partisane et cela anime le calme estival qui semble régner au Vatican (en fait, le Pape continue à travailler mais il n'en paraît pas grand-chose pour le public).

Pour en savoir plus :
lire le résumé de l'intervention radiophonique en français (grâce à Radio Vatican)
lire l'article sur cette intervention en espagnol (toujours grâce à Radio Vatican).
Les services du Vatican propose sept minutes d'audio en espagnol.

samedi 9 août 2014

Première interview du Pape François à une radio argentine [Actu]

En gros titre :
"Ce qui fait le plus de mal, c'est de commérer les uns sur les autres"
Remarquez en bas à gauche
la manchette sur Estela de Carlotto et son petit-fils (enfin) retrouvé

Cela s'est produit hier, vers midi, au lendemain de la grande fête argentine de San Cayetano, sur une radio associative (radio comunitaria) paroissiale de Campo Gallo, petit village perdu dans la montagne de la Province de Santiago del Estero : Radio Parroquial Virgen del Carmen.
Campo Gallo se trouve dans le diocèse de Añatuya, ce même district où est, le 1er novembre 1907, né Homero Manzi, le poète qui a écrit ce magnifique tango qu'est Barrio de Tango (composé par Aníbal Troilo). L'interview intervient à un moment où le diocèse se mobilise pour la cause de canonisation de son premier évêque, un père rédemptoriste nommé Jorge Gotteau.

L'émission est animée par deux prêtres, dont l'un a été ordonné par le cardinal Jorge Bergoglio, deux prêtres du diocèse de Buenos Aires, envoyés par le futur pape pour aider à désenclaver les communautés catholiques de cette zone rurale du nord aux infrastructures insuffisantes. Le Pape François profite de son emploi du temps un peu allégé de l'été pour cette opération marquée au sceau d'un travail pastoral innovant et imaginatif, qui fait souffler un courant d'air frais sur une Eglise qui, dans nos pays développés, en avait le plus grand besoin.

L'interview en direct par visioconférence satellitaire, sur appel de l'évêque de Rome depuis une salle de la Maison Sainte Marthe, a duré une bonne vingtaine de minutes. Elle s'est déroulée dans le tutoiement habituel entre ces trois hommes qui se connaissent depuis très longtemps, bien avant l'élection de mars 2013. Elle a été relayée en direct par plusieurs canaux à travers tout le pays, principalement la radio catholique pan-argentine Panorama et la télévision publique nationale, Canal 7 (dans une édition spéciale du journal télévisé). Tant et si bien que le petit village de montagne est devenu hier l'un des deux centres du pays, l'autre étant bien sûr, à Buenos Aires, rue du Vice-roi Cevallos, le siège de Abuelas où devait se tenir un peu plus tard dans la journée la conférence de presse du petit-fils n° 114, celui de Estela de Carlotto. Pour l'occasion, Campo Gallo avait pavoisé ses rudes rues montagnardes aux couleurs pontificales et plusieurs journaux locaux avaient annoncé la nouvelle depuis quelques jours.

La Nación reprend aujourd'hui, en vidéo, sur son site Internet une émission de plus de 2 heures sur l'événement.
Diario Panorama, organe catholique pan-argentin, reproduit lui aussi l'intégralité de l'interview avec la vidéo Canal 7 de 24 minutes, à la fin de laquelle on entend très nettement l'interruption un peu abrupte de la communication, côté Vatican.


Vidéo disponible à l'heure où je mets en ligne cet article.
Il est possible que Canal 7 ou Panorama la retire du Web sans préavis
Pour la regarder avec plus de confort, reportez-vous au lien vers Panorama (ci-dessous)

Pour en savoir plus :
lire l'article sur l'interview dans El Liberal, le journal provincial
lire l'article sur Campo Gallo dans El liberal
lire l'article de La Nación, dans lequel est intégrée la longue vidéo (un vrai bonheur si vous souhaitez découvrir l'Argentine au rythme et au son des Argentins – de l'anti-produit touristique comme on en fait peu, avec un peu de rock nacional pour assaisonner le tout : à déguster accompagné d'un bon mate, surtout si vous êtes actuellement sous un ciel gris de ce mois d'août quelque peu frais et pluvieux sur l'Europe atlantique)
lire également l'article de Diario Panorama, vidéo incluse (ci-dessus).
On peut y constater que l'interview a été longuement préparée puisque le Pape lit ses déclarations (très probablement pour limiter les risques de perte de temps et donc de dépense excessive – ça coûte cher, les visio-conférences). L'extrait audio de 10 mn (téléchargeable gratuitement) est de meilleure qualité que ce qu'a pu publier Radio Vatican (lien ci-dessous).

Pour quelque chose de plus concentré sur l'événement lui-même et toujours en espagnol d'Argentine, consultez cette page de Radio Vatican, en espagnol, avec un court extrait audio de l'interview (téléchargeable également) et une transcription écrite complète de l'entretien. Le son n'est pas d'une grande clarté, il est parfois un peu difficile de comprendre exactement ce que dit le Pape (mais vous pouvez vous appuyer sur la transcription).
Il est possible également de se reporter à l'article de Radio Vatican en français, beaucoup moins complet.

Il y a quelques jours, les services de communication pontificaux ont fait le minimum syndical sur l'interview accordée à Clarín, que ce quotidien a bizarrement sabotée en l'exploitant très peu et très mal (voir mon article du 29 juillet 2014). Aujourd'hui, on retrouve le traitement ordinaire d'une interview papale, avec reprise intégrale du contenu...