mercredi 7 septembre 2016

Salon du livre : je bats à nouveau la campagne le 25 septembre [ici]


Después de una gira importante en la Argentina en este año del Bicentenario de la Independencia, volveré el domingo 25 de septiembre en las ferias del libro en Francia. Esta vez, en el norte del pais, en la feria del pueblo de Merlieux-Fouquerolle, una feria al aire libre, en el stand de Editions du Jasmin, editorial de la mayoria de mis libros sobre la cultura popular argentina...

Après cette tournée intense en Argentine, d'est en ouest, je reprends les routes de France et de ses salons du livre avec une journée de dédicace traditionnelle dans mon agenda de la rentrée à la Fête du Livre de Merlieux dans l'Aisne, en pleine campagne picarde. Je présenterai sur le stand des Editions du Jasmin l'ensemble de mes livres sur la culture argentine, à l'exception de San Martin par lui-même et ses contemporains, qui sera alors en réimpression (mais nous en aurons un exemplaire et les lecteurs intéressés pourront passer commande et recevoir leur livre par la poste).

Comme sur chaque salon du livre, je proposerai une dégustation gratuite de mate, cette boisson nationale argentine (et sud-américaine), à la saveur amère et tannique, un coup de fouet dans ce début d'automne à ciel ouvert dans un joli village de campagne...

Pour en savoir plus, consulter le site Internet de la manifestation.

mardi 6 septembre 2016

Tous en piste vendredi au CETBA [à l'affiche]


Ce vendredi 9 septembre 2016 à 21h, c'est la milonga mensuelle du CETBA, le centre d'éducation au Tango de Buenos Aires, qui fait un travail de fourmi pour servir la culture du tango en approfondissant les choses et dans l'interdisciplinarité... Profitez-en ! En plus, les gens sont sympas.

La soirée commence comme d'habitude par des cours pour les débutants et les intermédiaires, ce qui veut dire pour tout le monde, de 21h à 22h puis de 22h à 23h. Les avancés, cela n'existe pas. On a toujours quelque chose à apprendre d'un professeur.

Toutes les infos sont sur l'affiche !

dimanche 4 septembre 2016

Mañana en la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]

Nota bilingüe



Mañana, el Plenario de la Academia Nacional del Tango sera también el cierre del segundo Congreso del Tango que se celebro los jueves, viernes y sabado pasados.

Ahi disertaré sobre el tango como herramienta de proyeccion cultural al mundo para la Argentina con un lema tomado a un bando de San Martin en este año del Bicentenario de la Independencia: Seamos tangueros y lo demas no importa nada!
Una frase famosa en un bando poco conocido que dispusé en mi antologia de documentos historicos, San Martin par lui-même et par ses contemporains, publicado alla en Francia (en forma multilingüe).

Entrada libre y gratuite.
Avenida de Mayo 833, primer piso, lunes 5 de septiembre del 2016, a las 19.


Demain, le traditionnel Plenario de la Academia Nacional del Tango servira de conclusion du Congrès que l'institution vient d'organiser jeudi, vendredi et hier, autour du thème du tango et de l'identité.J'y prendrai la parole pour un exposé en espagnol sur le tango comme vecteur de promotion de l'Argentine à travers le monde.

J'ai emprunté la formulation du titre de mon topo à un décret du général San Martin à Mendoza, en 1819, dont vous trouverez l'intégralité du texte et sa traduction en français dans mon ouvrage, San Martin par lui-même et par ses contemporains, aux Editions du Jasmin (2014).

jeudi 1 septembre 2016

Vendredi, Cucuza sera au CAFF [à l'affiche]


Alors que vient de s'achever le Festival de Tango de Buenos Aires, le chanteur Cucuza Castiello, que mes lecteurs connaissent bien, sera demain, vendredi 2 septembre 2016, à 21h30, au CAFF, Sanchez de Bustamente 772, dans le quartier de Carlos Gardel, el Abasto.

Tour de chant mêlant les classiques du rock argentin et du tango avec une pléiade d'invités comme d'habitude !

Entrée : 150 $ ARG.

L'affiche salue le souvenir de la grande chanteuse Nelly Omar, disparue plus de cent ans il y a quelques année.

Samedi à Palermo, chez Jacqueline Sigaut [à l'affiche]


Mes fidèles lecteurs connaissent bien désormais ce rendez-vous au domicile de la chanteuse argentine Jacqueline Sigaut, à deux cents mètres de Plaza Italia, dans le quartier de Palermo, dans le nord de Buenos Aires.

Pour y participer et écoutez le duo invité du jour, samedi 3 septembre 2016, le chanteur Luis Filipelli et son guitariste, Leonardo Andersen, suivez les indications portées sur le visuel de la soirée.

Ce sera un hommage à l'auteur-compositeur interprète Eladia Blazquez, auteur d'un très beau répertoire qui mériterait d'être mieux connu en dehors de l'Argentine.

vendredi 26 août 2016

Septiembre en Buenos Aires [à l'affiche]

Nota bilingüe


Nuevas fechas en Buenos Aires:
Mas alla de la apertura del segundo Congreso de Tango en la Academia Nacional del Tango el 1 de septiembre 2016 a las 12:30 en el Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo, en la mesa de las autoridades, donde saludaré a los congresistas, se presentan dos nuevas exposiciones;


el 5 de septiembre a las 19:00, ponencia sobre el tango como herramienta de proyeccion cultural al Exterior para la Argentina en el Plenario de la Academia Nacional del Tango en su sede  - ver la pagina Facebook de la entidad)

el 6 de septiembre, a las 18:45, charla sobre Mercedes de San Martin y su familia en Europa en la Alianza Francesa de Martinez, Pedro Goyena 1926, Martinez (Pcia de Buenos Aires) - ver el sitio Web y la pagina Facebook de la entidad


el 7 de septiembre, a las 16:30, charla sobre los documentos en francés de Domingo Faustino Sarmiento en los archivos franceses (durante su exilio alla en tiempo de Rosas), en la Casa de la Provincia de San Juan - Casa de Sarmiento, Sarmiento 1251, CABA (cerca del Obelisco)

Todas actividades con entrada libre y gratuita, en CASTELLANO.


Trois nouvelles dates à Buenos Aires, après cette tournée chargé dans le Grand Ouest argentin :

1er septembre 2016, à 12h30, ouverture du congrès de tango de la ANT où je serai avec la direction pour saluer les participants

5 septembre 2016, à 19h30, plenario de la ANT en forme de conclusion du congrès où je prendrai la parole pour un topo sur ce que le tango, bien exploité, pourrait apporter à l'image de l'Argentine à l'étranger

6 septembre, à 18:45, conférence sur Mercedes de San Martin et sa famille en Europe, à l'Alliance Française de Martinez, dans le Gran Buenos Aires (près de Olivos)

7 septembre 2016, à 16h30, à la Casa de la Provincia de San Juan (représentation officielle de la province dans la capitale fédérale), installée dans la maison particulière qui fut celle de Domingo Sarmiento lorsqu'il résidait à Buenos Aires sur la fin de sa vie, conférence sur Sarmiento et ses écrits en français pendant son exil en Europe sous la dictature de Juan Manuel de Rosas.

jeudi 25 août 2016

Notas radiales y televisivas en San Luis [à l'affiche]

Nota bilingüe


Ayer, el 24 de agosto del 2016, a la mañana, me hicieron una nota en vivo en Canal 13, el canal publico de la Povincia de San Luis. Espero poder poner en linea proximamente la grabacion en mi Web (www.denise-anne-clavilier.fr).
Esta tarde, del 25 de agosto, a las 20 (hora argentina), paso en Radio Cultura, la radio de Villa Mercedes. Nota en vivo.


Deux interviews pendant ce séjour de travail dans la Province de San Luis, organisé par les Alliances Françaises du Grand Ouest argentin : hier, en direct, à l'antenne de la télévision locale Canal 13 (la chaîne publique de la Province), et ce soir, 25 août, à 20 (heure argentine), sur les ondes de Radio Cultura. Dans les deux cas, j'espère obtenir les enregistrements que je compte mettre en ligné sur mon site, une fois de retour en France.

dimanche 21 août 2016

Con destino a San Rafael (Mendoza) [à l'affiche]

Nota bilingüe


Sigue la gira por Cuyo.
Estos lunes y martes 22 y 23 de agosto del 2016, en el marco del Bicentenario de la Independencia, brindaré dos charlas en la ciudad de San Rafael (Mendoza), la primera sobre Mercedes de San Martín y su familia en Francia (en el bicentenario de su nacimiento en Mendoza), la segunda sobre la metodología histórica y unos aportes originales que hice en la documentación de la vida del prócer. Estas charlas-debates están organizadas por la Alianza Francesa de San Rafael.
Actividades en castellano, abiertas a toda la comunidad.
Entrada libre y gratuita.

Para saber más, hacer clic en los links siguientes:

Mon prochain passage à San Rafael s'annonce déjà dans la presse locale, Uno San Rafael a en effet publié l'annonce du programme dans un article du 18 août (à lire pendant qu'il est encore en ligne).
Dans cette ville du sud de la Province de Mendoza, je ferai deux interventions, l'une sur la vie de la fille du général José de San Martín dont le grand public, en Argentine comme ailleurs, sait peu de choses et sur laquelle très peu d'historiens se sont penchées (et pourtant quelle vie intéressante du point de vue historique), l'autre sur la méthodologie de lecture et de critique des documents et sur les contributions nouvelles que j'ai apportées à la connaissance de la vie du plus grand héros de l'indépendance argentine.

Voir également le communiqué de la faculté des sciences appliquées à l'industrie (Université nationale de Cuyo) et l'annonce parue dans Wherevent, le "pariscope" en ligne de San Rafael.

samedi 20 août 2016

Le tango en grand deuil : Horacio Salgan n'est plus [Actu]

Un des pages culturelles de Pagina/12 ce matin

Pendant cette tournée que j'effectue dans le Gran Guyo, le temps me manque pour lui rendre hommage comme il conviendrait à son immense talent de pianiste, de compositeur, d'arrangeur et de chef d'orchestre ! Le Maestro Horacio Salgan, dont nous avions salué le centenaire il y a quelques mois, vient de s'éteindre à Buenos Aires.


Les mots manquent pour saluer cette figure historique du tango, l'un des tout premiers créateurs à s'être affranchis des contraintes du bal pour élever le genre à une musique de très libre création, quelque temps avant que Piazzolla choisisse le même chemin.


On doit à Salgan des chefs d'oeuvre courts comme l'immortel A fuego lento (à petit feu) et les premières longues pièces, comme Oratorio Carlos Gardel, composé sur un livret de Horacio Ferrer, dont le souvenir continue à briller, lui aussi, au firmament tanguero.

Et pour une fois, c'est La Prensa qui fait le plus de place à l'événement dans sa une de ce matin.


Pour aller plus loin :
lire l'article principal de Pagina/12 (qui consacre au musicien une bonne partie de son supplément culturel de ce jour)
lire également (tant qu'il reste en ligne) l'article de Los Andes de ce matin (groupe Clarin, mais à Mendoza, où je me trouve actuellement et je n'ai même pas eu ce matin le temps de jeter un coup d'oeil sur la devanture des kiosques à journaux).

mercredi 17 août 2016

Nota radial en este Dia de San Martin [à l'affiche]


Esta mañana, hora argentina, a las 9:30, el 17 de agosto del 2016, Laura Puglia me hara una nota en Mdz Radio 105.5 FM (estudios en Guaymallen, Menodoza). Nota por telefono desde la sede de Alianza Francesa en vivo (castellano con ortografia rara debida al equipo de viaje de configuracion francesa)

Aujourd'hui, à 9h30, heure argentine, nouvelle interview téléphonique depuis l'Alliance Française de Mendoza, qui m'invite. L'interview en direct passe sur Mdz Radio, qui s'écoute aussi en ligne.

Mdz Radio dispose d'un site Internet et d'une page Facebook.

lundi 15 août 2016

Próxima nota en Radio Nacional Libertador en Mendoza [à l'affiche]

Nota bilingüe


Héctor Luna, de Radio Nacional Libertador en Mendoza, agendó hacerme una nota en su programa de la mañana, de las 11 a la 12, el 18 de agosto del 2016.

Se puede escuchar en linea a través de varios medios, en particular su página Facebook y el portal Radioarg.com.


Mon prochain rendez-vous à la radio pour une interview en espagnol :
ce sera à Mendoza, le 18 août 2016, dans le cadre de ma tournée de conférences organisée dans les cinq villes de Cuyo où l'Alliance Française, dont c'est l'initiative, est implantée. Je participerai à l'émission de fin de matinée, de 11h à 12h, celle de Héctor Luna, dans cette station locale de Radio Nacional qui a, de toute évidence, trouvé la signature pluraliste qui lui a manqué cruellement et jusqu'à la caricature sous les trois présidences Kirchner, de 2003 à 2015. Et l'Argentine s'en porte bien. Dans leur majorité, les Argentins apprécient cette ouverture et cette diversité. Ce matin, j'ai eu la surprise de voir s'exprimer au journal télévisé public du matin le très kirchneriste et très revisionista historiographe Pacho O'Donnel, au sujet de ce jour férié qui commémore la mort du Général José de San Martín, le Padre de la Patria.

On peut écouter Radio Libertador (qui tient son nom d'un des titres de San Martín) sur son site Internet (par streaming), sur sa page Facebook et sur un portail où l'on trouve toutes les radios argentines (radioarg.com).

Se larga la gira de charlas por Cuyo en la ciudad de San Juan [à l'affiche]

Nota bilingüe

El lunes 15 de agosto, feriado por el fallecimiento del General San Martin, en la hermosa ciudad de San Juan, brindaré mi primera charla de esta gira 2016 (este año en todo Cuyo, gracias a las Alianzas Francesas de cinco ciudades, San Juan, Mendoza, San Rafael, San Luis y Villa Mercedes, que me invitaron).


Disertaré en la Celda Historica del Convento de los Dominicos, Laprida 57, a las 18.
Entrada libre y gratuita, actividad para la comunidad.
Les esperamos a los sanjuaninos.

La charla tendra como eje al propio San Martin como a Sarmiento, quien escribio un texto famoso sobre los dos libertadores de America del Sur, del cual hallé el original, una exposicion en francés y publicada en Francia en 1847, entre otros aportes interesantes del sanjuanino a la documentacion francesa del siglo XIX (el documento aparece en mi libro San Martin par lui-même et par ses contemporains, cuya tapa se puede ver en el afiche de Alianza Francesa de San Juan).


Al dia siguiente, después de visitar el Archivo General de la Provincia, viajo con destino al Sur, a Mendoza, donde podré hablar sobre Mercedes de San Martin en el bicentenario de su nacimiento en aquella ciudad (exactamente el 24 de agosto del 1816).

Programa completo de la gira haciendo clic en el link.

* * *

Lundi 15 août, jour férié dans toute l'Argentine pour marquer l'anniversaire de la mort de San Martin, le 17 août 1850 en France, à Boulogne-sur-Mer, je donnerai une conférence sur le Libertador et sur l'un de ses premiers analystes argentins, Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888), l'une des plus grandes figures de cette belle de San Juan par laquelle je commence la tournée 2016 de conférences en Argentine. En effet, Sarmiento, natif de cette ville, a publié en France un texte dont la version en espagnole est une véritable légende en Argentine. Mais le texte original, que j'ai eu l'occasion de retrouver dans les archives de la BNF, a été rédigé en français et dans un niveau de langue littéraire d'autant plus appréciable que l'auteur était un autodidacte. De génie, cela va sans dire. Le mémoire original est cité dans les annexes de mon livre, San Martin par lui-même et par ses contemporains, sorti aux Editions du Jasmin, en France.

La conférence se tient au couvent des dominicains, rue Laprida 57, où San Martin avait l'habitude de s'arrêter lorsqu'il visitait ce village à l'époque de son gouvernorat (1814-1816) lorsqu'il préparait la libération du Chili dont on fêtera l'année prochaine le bicentenaire. Dans ce bourg de San Juan, San Martin disposait d'un collaborateur exceptionnel, qui menait de dangereuses opérations d'espionnage dans le camp absolutiste au Chili. Ce précieux soldat n'était autre que le propre père de Sarmiento...

Après cette conférence et une visite supplémentaire aux Archives provinciales, pour mieux découvrir cette ville d'une grande importance historique et d'une belle dynamique culturelle, en route, au propre et au figuré, pour Mendoza, la deuxième étape de mon "Tour de Cuyo" en bus (non, je ne le fais pas à vélo !)

vendredi 12 août 2016

Aujourd'hui, 210ème anniversaire de la Reconquista [Coutumes]

La capitulation britannique, par un peintre largement postérieur
En ce 12 août, Buenos Aires fête le deux-cent dixième anniversaire de la Reconquista, la victoire des Portègnes contre le corps expéditionnaire britannique, commandé par le général Beresford, sous l'impulsion de Francisco de Miranda, qui fut très surpris et blessé de constater que les Britanniques avaient tenté de s'emparer d'un morceau de l'Empire colonial espagnol alors que dans sa stratégie, ces corps expéditionnaires envoyés à Buenos Aires au sud et à Caracas au nord devaient aider à libérer le sous-continent du joug espagnol.

Les troupes régulières ayant quitté la ville pour accompagner le vice-roi parti mettre le trésor royal à l'abri à Cordoba, les civils portègnes s'étaient rangés sous les ordres du capitaine du port de Buenos Aires, un certain Jacques de Liniers, natif de Niort, en France, dont l'exploit allait lui valoir d'être nommé vice-roi par le tribunal de Buenos Aires (audiencia). Le premier et le seul vice-roi d'Espagne à avoir été nommé sous la pression des habitants de la colonie plutôt que par le Roi à Madrid. Le héros de la résistance a laissé son nom à un quartier de Buenos Aires.

Une messe sera célébrée ce matin à la Basilique du Rosaire (Santo Rosario), au couvent dominicain de la ville, à 10h30, en présence de représentants des corps constitués et d'un important détachement du régiment des Patricios, créé à cette occasion par Liniers et commandé un temps par Manuel Belgrano en second, le tout premier régiment de la future Argentine. Ces fantassins seront présents dans leur bel uniforme de parade qui date de la création ; vareuse azur, pantalon blanc et ceinture rouge, plus le haut de forme à aigrette. Les régiments britanniques n'ont qu'à bien se tenir. Au rayon de l'allure, ce n'est pas toujours eux qui gagnent.

Jacqueline Sigaut continue son cinéma [à l'affiche]


La chanteuse Jacqueline Sigaut reprend chez elle deux films qu'elle a déjà projetés dans le cadre de ses invitations à domicile... Mes fidèles lecteurs, que j'abandonne un peu trop ces jours-ci (pour cause d'agenda ultra-chargé à Buenos Aires et bientôt dans trois provinces du Far-West argentin), connaissent la formule. Il faut s'inscrire d'avance (tout est écrit sur l'affiche ci-dessus).

dimanche 7 août 2016

Premières impressions dans l'"Argentine nouvelle" [Chronique d'Argentine]

Le premier choc se produit à l'aéroport d'Ezeiza où, sur les grands écrans qui diffusent de l'information dans les zones d'attente, comme la police aux frontières (migraciones) ou les salles d'embarquements que surplombe le voyageur en sortant de l'avion, on voit défiler une publicité pour Total (la même que partout ailleurs, avec la même dose de mauvaise foi sur le souci de l'écologie et du développement durable) là où l'ancien gouvernement balançait une publicité YPF (et la réussite de la récupération par l'Etat du pétrolier local) ou vantait ses investissements faramineux dans les infrastructures, à commencer par cet aéroport international... Ont disparu aussi les avertissements concernant les produits dont l'entrée sur le territoire était interdit : fromages, charcuteries (tout ça, c'est des microbes potentiels, comme pour l'administration des Etats-Unis), graines de toutes sortes, plantes vivantes, fruits et légumes, etc. Toute une liste, un peu trop détaillée, qui semblait manifester l'intérêt du gouvernement pour la préservation de l'éco-système du pays. J'entends dire aujourd'hui qu'il n'en était rien et qu'il s'agissait d'abord et avant tout de mettre la main sur ces échanges (au demeurant très lucratifs) pour y prélever une dîme, les entreprises auxquelles étaient confiées ces commerces ayant partie liée avec les membres du Gouvernement. J'avais déjà entendu parler de ce type de dispositions mais c'était en France, dans le secteur de la défense et de l'industrie lourde, et à propos d'équipements des forces armées (armement, logistique et même, c'était plus difficile à croire mais bien réel cependant, consommables de bureau). Je n'avais encore jamais entendu tenir ce type de propos ici, à Buenos Aires, même si j'avais pu en lire quelque chose dans la presse d'opposition (La Nación, notamment).

Deuxième surprise : les abords de l'autoroute qui conduit à la capitale ont été nettoyés et présentent une apparence proprette. Ont pratiquement disparu des parois tous les affichages politiques sauvages et les graffitis nombreux, tant kirchneristes que macristes. Tout ce qui pouvait supporter affiche ou tag était autrefois bon pour le service : piliers de pont, murets de sécurité, murs d'enceinte de tout et n'importe quoi qui se trouvait à portée de lecture des automobilistes. Cette année, je n'ai plus vu qu'un mur, sans doute privé, qui porte encore, en caractères gigantesques et multicolores, le nom de la gouverneure de la Province, Maria Eugenia Vidal.

Autre constatation : les prix des produits de consommation courante sont restés très raisonnbles, contrairement aux cris alarmistes qu'on peut lire dans la presse. Les fruits et légumes, la viande au marché (je n'ai pas vérifié dans les rayons des supermarchés où il ne m'arrive presque plus jamais d'acheter mon steak), les yaourts (un produit cher, pourtant), le fromage industriel, la sacro-sainte yerba mate sont restés à peu près au même niveau que l'année dernière. Chez mon boucher préféré du marché de San Telmo, le bife ancho (une découpe proche de notre entrecôte) est à 120 $ ARG le kilo, il devait être à 110 ou 115 l'année passée. Le sachet de 500 gr de yerba mate qui se vendait 56 $ l'année dernière est aujourd'hui à 60 $, et je parle là de commerces en plein centre-ville de la capitale, donc parmi les prix les plus élevés du pays. Les yaourts se vendent toujours par deux, au prix d'environ 17 ou 18 $ le pack ou 32, quand on trouve un pack de 4. Et ils continuent à se vendre à l'unité. Si l'on ne trouve toujours pas de yaourt nature, le choix des parfums s'est enrichi : on trouve maintenant six à sept goûts différents (tous artificiels, rassurez-vous !), dont l'éternelle fraise (frutilla) et le non moins éternel dulce de leche. L'Argentine ne connaît toujours pas le yaourt au chocolat ou au café. Petite nouveauté gustative : j'ai trouvé ce matin le yaourt firme sabor frutilla vraiment très ferme. Il avait la consistance d'un flan. Inhabituel. Un coup d'œil sur la composition m'a tout révélé. La Serenisima, la marque que j'avais achetée (il n'en existe pas plus de trois, dans les grandes et moyennes surfaces), est passée récemment entre de nouvelles mains et la recette a changé : l'usine ajoute maintenant de l'amidon modifié dans sa mixture !

Chez le boulanger-pâtissier, pas de grosse surprise non plus : la viennoiserie (factura) est à la même hauteur que l'année dernière, dans les deux boutiques que j'ai déjà pu visiter, le pain aussi et les empanadas (chaussons fourrés salés) sont aux alentours de 15 $ l'unité (elles étaient entre 14 et 18 en fonction des commerçants il y a un an).

Dans le centre historique de Buenos Aires où j'ai la chance de loger, la propreté a fait quelques progrès. Le Portègne ramasse désormais les déjections de son toutou adoré (il semblerait qu'on ait durci les poursuites contre les incivilités), les gardiens d'immeuble balayent leur bout de trottoir. Il reste toutefois des zones où les sacs plastiques et de peu ragoûtants détritus tapissent le trottoir, où le dallage est éventré mais la signalisation des rues s'est nettement améliorée : presque toutes les voies ont désormais leur plaque indicative, pour ce que j'ai déjà vu à Monserrat et à San Telmo, et sans sponsor au-dessus (c'est donc la ville qui fait seule sa propre signalétique sur son propre budget et il n'est pas interdit de penser que la guéguerre entre Mauricio Macri à la tête de Buenos Aires et Cristina Kirchner à celle de l'Etat national empêchait la ville de déployer sa politique comme elle l'entendait, d'où cette signalétique déglinguée qui causait un tort considérable, notamment au tourisme individuel ou en petits groupes).

Pour la première fois, je me trouve en Argentine pour la San Cayetano, la fête du saint patron du pain et du travail qui se célébre tous les 7 août (San Cayetano n'est autre que notre saint Gaétan de Thienne)... mais San Cayetano de Liniers se trouvant de l'autre côté de la ville et mon programme du jour étant chargé, je suis allée à la messe au très central et très historique Santo Rosario, où les pères dominicains fêtent de leur côté les jours culminants du jubilé de leur fondateur (comme partourt ailleurs dans le monde). En sortant de l'église, pour faire une course, j'ai dû monter jusqu'à Plaza de Mayo, ce qui n'est pas ma promenade favorie le dimanche midi et là, je suis tombée sur la San Cayetano syndicale et politique. A gauche toute ! Beaucoup de bruit et de fumée, celle des barbecues installés à même la rue, la grille à 15 cm au-dessus du bitume et les saucisses crues de porc (chorizo) pendues dans des sacs en plastique sur un pan de mur que venait frapper un rayon de soleil. Pour la sécurité alimentaire, nos militants de gauche ont encore des progrès à faire ! Le pain lui non plus n'avait pas fraîche allure, lui qui devrait être le roi de la fête et est l'indispensable ingrédient du casse-croûte populaire par excellence, le choripan (chorizo y pan). Délicieux quand c'est bien fait !
Les amplis, poussés à fond, diffusaient de la musique pop. Les banderoles attendaient leur heure, sagement couchées sur le pavé. Les tentes affichaient les sigles des syndicats, j'ai vu beaucoup de CTA (le syndicat jusqu'auboutiste, l'équivalent de Sud en France qui veut instituer partout le rapport de force entre les salariés et le patronat) et de CGT, laquelle reste très divisée depuis la rupture, il y a quatre ans et des poussières, entre Cristina Kichner et Moyano, le leader syndicaliste qui a, depuis, rallié Cambiemos. Le tout sous le regard de forces de l'ordre plutôt placides et bien moins inquiétantes que sous Cristina où les flics faisaient vraiment peur, par leur allure et la disposition des effectifs sur la place mais il n'était tout juste que midi à peine passé. Il restait encore du temps avant que la manifestation prévue cette après-midi s'ébranle sur Avenida de Mayo. Une chose m'a frappée : beaucoup de visages métissés, beaucoup plus qu'autrefois dans les manifestations de gauche, les fameuses caras sucias (on aurait dit les "gueules noires" en pays minier, à ceci près que l'expression argentine revêt une connotation raciste, anti-amérindienne que nous ne connaissons pas en Europe). Cette présence soutenue (parce que proportionnelle sans doute) signifie sans doute deux choses : parmi les plus mécontents, il y a sans doute beaucoup d'immigrés boliviens et péruviens qui, de toute manière, n'ont pas le droit de vote (ce sont eux qui occupent les pires situations de travail dans le pays, hier comme aujourd'hui) et sous la fracture sociale existe bel et bien une fracture raciale, qui est un mauvais présage parce qu'il sera difficile de vaincre le racisme et la xénophobie si le Gouvernement ne les fait pas régresser tout de suite.

Ce matin, sur le tournant pris par le pays, j'ai pu avoir une conversation très intéressante avec une personne appartenant aux classes laborieuses. Rien à voir avec les universitaires sanmartiniens ou belgraniens ou les responsables proches des institutions de la défense qui sont mes premiers interlocuteurs à dire du bien de l'alternance récente. J'ai trouvé cette jeune femme beaucoup plus épanouie que l'an passé. Elle a minci (ce qui est sans doute le signe qu'elle peut s'occuper un peu plus d'elle-même et qu'elle subit moins de stress) et elle a gagné en sérénité. Elle m'a raconté qu'elle gagnait mieux sa vie qu'auparavant, qu'il lui suffisait désormais de travailler 8 heures par jour, six jours sur sept, pour faire face à ses modestes encours : loyer, nourriture, vêtements, transport et un peu de loisirs. Alors qu'elle enchaînait deux postes et demi de travail tout au long de l'année jusqu'en décembre dernier. Mais maintenant elle travaille légalement, elle est déclarée par ses patrons et elle attribue (à tort ou à raison) cette amélioration à la plus grande exigence de l'administration qui veille au respect de la loi (ce qui coïnciderait avec des formules souvent répétées par Mauricio Macri).

Au cours de ce séjour qui me conduira à voir un peu l'Intérieur du pays (pour autant que mon agenda chargé m'en laissera le loisir sur place), j'espère avoir la possibilité de me rendre compte un peu mieux par moi-même si l'impression de respiration plus large que me laissent ces deux premières journées à Buenos Aires se confirme et correspond ou non à une réalité majoritaire.

En tout cas, pour Página/12, cette San Cayetano est le signe de l'échec du gouvernement et de la malignité de son programme économico-politique et Hebe de Bonafini est son héroïne, elle qui vient d'obliger un juge à se déplacer jusqu'au siège social de Madres de Plaza de Mayo pour l'entendre en audition car la dame refuse de se rendre aux convocations qui lui sont adressées dans le cadre de l'instruction en cours pour l'emploi frauduleux des subventions publiques dans un programme de construction de logements sociaux qui s'est effondré dans le scandale il y a déjà quelques années sans qu'elle ait jamais été inquiétée (sous Cristina) alors qu'elle est à la tête de l'association commanditaire. Il est pour le moins suspect de voir ce quotidien réclamer ainsi un traitement de faveur pour une dame que son grand âge n'autorise pas à faire fi des règles de la démocratie...