lundi 23 décembre 2013

Le Roman national argentin : mardi à Palermo [Human Trip]

Statue de Rosas en plein Palermo,
là où se trouvait autrefois le caserón (sa luxueuse et imposante résidence privée)

A Buenos Aires, Palermo, c'est LE quartier des espaces verts par excellence. Et pourtant, les espaces verts, ce n'est pas ce qui manque dans la capitale argentine.

Le quartier a été fondé dans la seconde partie du XIXème siècle, sous l'impulsion de Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888), qui voulait détruire le souvenir de son ennemi politique, Juan Manuel de Rosas (1793-1877). Cela n'a pas vraiment réussi, en tout cas sur le long terme ! Rosas est en plein retour en grâce depuis la restauration démocratique et constitutionnelle de décembre 1983. Récemment, une nouvelle station de métro a été baptisée de son nom (malheureusement pour le sens historique des Portègnes, cette station se trouve en plein quartier de Villa Urquiza, baptisé ainsi du nom de son vainqueur de 1852, le général Urquiza).


Une hymne historique à la gloire de Rosas en 1839

En effet, Palermo reste profondément lié à l'histoire du Restaurateur, comme Rosas se faisait appeler car il avait restauré les lois et l'ordre civil à sa façon, violente et sectaire, en mettant fin en 1829 puis à nouveau en 1835 à la guerre civile qui avait succédé à la révolution indépendantiste. 

Ou plutôt, il était parvenu à mettre sous le boisseau le conflit dans la Province de Buenos Aires en imposant l'ordre fédéral sur tout son territoire.

Ce qui est actuellement un quartier était autrefois la propriété privée immense où il vivait du temps où il était le très contesté et très despotique Gouverneur de la Province de Buenos Aires et le maître du port qui commandait l'entrée des marchandises étrangères dans le territoire de la Confédération Argentine. Ce vaste territoire qui longe la courbe du Río de la Plata au nord de la ville doit beaucoup à un architecte paysager de génie, français de naissance et qui se fit naturaliser argentin, Carlos Thays (1849-1934), l'un de ces savants naturalistes qui vinrent en Argentine mettre en valeur le patrimoine botanique (beaucoup d'entre eux étaient français, formés sous le règne de Louis XVI puis sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire). Directeur des espaces verts à Buenos Aires de 1881 à 1913, c'est lui qui dessina, sous l'impulsion de Sarmiento (1), le Parque 3 de Febrero, le plus important ensemble de jardins de Palermo, avec notamment le jardin botanique où se trouve toujours sa maison à deux pas de Plaza Italia. C'est lui aussi qui aménagea ou réaménagea la plupart des parcs et jardins du nord, du sud et de l'ouest de l'actuelle Buenos Aires, en pleine époque de la Grande Immigration qui devait aider à donner forme à ce que nous appelons aujourd'hui le tango...

Une vue du Jardin japonais, une des merveilles du Parque 3 de Febrero.
Ce jardin a été offert par la communauté japonaise
à la fin du 19e siècle pour remercier Buenos Aires de son accueil
Aujourd'hui, l'association concessionnaire fait payer l'entrée et ça énerve dans l'opposition municipale.


Notre journée commencera donc, après le petit-déjeuner buffet, avec un exposé de ma part sur les tenants et les aboutissants de cet épisode crucial de la formation de l'actuelle République Argentine. Nous nous mettrons ensuite en route pour le nord de la ville, vers le métro Plaza Italia, et nous visiterons le somptueux quartier des ambassades, qui jouxte la Plaza Grand-Bourg, découverte la veille lors de notre journée consacrée à San Martín (1778-1850).

Le candombe fédéral présidé par Rosas et dona Encarnación, son épouse
d'après Martín Boneo.
Ce tableau daté de 1845 est exposé au Museo Histórico Nacional de Buenos Aires

Palermo est un quartier riche en musées tous plus intéressants les uns que les autres. Chacun restera donc libre de privilégier un thème plutôt qu'un autre (une liste sera fournie pour aider au choix). C'est aussi à Palermo que l'on a retrouvé il y a peu les vestiges du célèbre Cafe de Hansen, un lieu où le tango a connu des heures fastes, sous le règne des musiciens de la Guardia Vieja (voir mon article du 27 décembre 2008) à ce propos.

Après une partie de programme libre, nous pourrons nous retrouver tous ensemble pour faire un tour dans cet ex-campus militaire qui est devenu un espace dédié aux Droits de l'Homme : l'ex-Esma, Ecole supérieure de mécanique de la Marine qui servit sous la Dictature militaire (1976-1983) de centre clandestin de détention et de torture. Aujourd'hui, chaque pavillon abrite un centre culturel avec expositions, concerts et conférences. Chaque ONG des droits de l'homme a le sien, le plus connu d'entre eux étant ECuNHi, Espacio Cultural Nuestros Hijos (espace culturel Nos Enfants) animé par Madres de Plaza de Mayo et dirigé par la folcloriste Teresa Parodi.

Le déjeuner de ce jour est compris dans le programme. Nous le partagerons dans un bistrot local au milieu des Portègnes qui travaillent dans le secteur.

La pizza argentine n'est jamais individuelle.
Elle se partage et elle vous nourrit convenablement !

En soirée, nous irons nous régaler d'un concert selon ce que l'affiche nous offrira ce soir-là : comme le savent mes fidèles lecteurs, les concerts de musique populaire (les shows comme on dit là-bas) se donnent dans des restaurants, des cafés ou des centres culturels de quartier qui proposent juste avant le spectacle une carte bon marché de spécialités traditionnelles (pizzas à partager - para compartir, empanadas ou chaussons à la viande, tostadas ou croque-monsieur, guisos ou ragoûts, grillades et salades...)

* * *

Le Roman national argentin, voyage culturel, solidaire et humain est un séjour à Buenos Aires, que vous propose l'agence de tourisme équitable et solidaire Human Trip du 24 avril au 8 mai 2014, pour 2740 € TTC par personne (inscriptions ouvertes jusqu'à la fin janvier).




Pendant tout le séjour, nous serons au Monserrat Apart Hotel (quatre étoiles) : nous y disposerons de chambres équipées d'une kitchenette des plus commodes. Ce mode d'hébergement permet d'équilibrer le budget et le régime alimentaire de chacun (c'est beaucoup moins cher et beaucoup plus sain que de prendre tous ses repas au restaurant dans les conditions aménagées par le secteur touristique local !)
Vous pouvez consulter les conditions d'hébergement sur le site Internet de cet hôtel situé en centre-ville. Le Monserrat Apart Hotel dispose aussi d'une page Facebook. Le site Internet comme le Facebook reflètent la réalité de l'établissement que j'ai pris la peine de visiter personnellement.

Le programme complet du séjour est disponible en format imprimable sur mon site Internet et en lecture en ligne sur le site de l'agence Human Trip (destination Argentine), laquelle est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions (conditions de vente, modalités de paiement et d'inscription et toutes les autres questions techniques).
Nous avons disposé tout au long du séjour plusieurs soirées libres pour qu'entre autres, les danseurs de tango puissent s'adonner librement à leur passion chorégraphique...

* * *

Grâce à son correspondant sur place, Human Trip peut vous offrir des extensions vers d'autres destinations, en Argentine ou dans les pays limitrophes, à votre guise, à l'intérieur des dates prévues (vous pouvez sauter des chapitres, comme font certains en lisant un bouquin), soit avant l'arrivée du groupe, le 25 avril, soit après son départ le 7 mai.

L'agence est à votre service pour vous construire un programme sur mesure.
Contactez-la par mail (info@humantrip.fr)
ou par téléphone (04 86 11 01 71).

Pour en savoir plus sur le quartier, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Vous pouvez faire de même pour retrouver dans ce blog tous les articles relatifs à la figure de Juan Manuel de Rosas, personnage historique de grande importance.
Il est particulièrement présent dans le manifeste de Juan Carlos Cáceres, dont j'ai fait l'adaptation aux Editions du Jasmin pour le public francophone : Tango Negro.
Il en sera aussi question dans la conférence que je donnerai le 7 janvier 2014 à la Maison de l'Argentine à Paris.

(1) Pendant le gouvernorat de Rosas (1835-1852), Sarmiento avait choisi l'exil politique. Cet ancien instituteur, théoricien et praticien de génie de l'école primaire, se fit alors nommer chargé de mission par le gouvernement chilien pour aller étudier les systèmes d'enseignement en vigueur aux Etats-Unis, en Angleterre et en France. C'est ainsi qu'il tomba en admiration devant Central Park à New York et les jardins dont Londres et Paris s'ornaient déjà dans les années 1840. Le Parrque 3 de Febrero doit donc beaucoup à New York et aux deux grandes capitales européennes. Rien d'étonnant par conséquent si c'est à un architecte botaniste français que ce savant autodidacte a donné la mission de doter la capitale argentine d'un parc digne de ce qu'il considérait être les plus belles villes de son temps.

dimanche 22 décembre 2013

Claudio Espector révoqué de son propre programme pédagogique [Actu]


Le Maestro Claudio Espector, fondateur du Programme des Orchestres d'enfants de la ville de Buenos Aires, vient de se voir remercier par le Ministère de l'Education de cette même ville, qui prépare depuis de nombreux mois un autre projet d'orchestres d'enfants, mais celui-là sans aucune dimension sociale, sans projet d'intégration culturelle pour les populations qui vivent dans les bidonvilles, les villas miserias de la capitale argentine.

Le collectif des enseignants et des sympathisants du Programme appelle donc à une grande manifestation lundi 23 décembre à midi devant le ministère incriminé.

Ce qu'on reproche à Claudio Espector : avoir lutté depuis des mois et des mois pour retrouver des budgets dignes de ce nom pour faire vivre ce programme d'enseignement public et gratuit. Bref, un délit de sale gueule et d'opinion. Le Gouvernement de la Ville de Buenos Aires lui reproche surtout de ne pas voter pour lui. Il y a deux ans, Mauricio Macri avait aussi et pour les mêmes raisons mis fin aux fonctions de la Directrice du Patrimoine de la Ville.

Claudio Espector était vendredi au micro de Radio Nacional, dans l'émission du matin, et s'est étendu sur la nature de ce conflit inconcevable en démocratie qui l'oppose à ce gouvernement affairiste et ultra-libéral. Je vous invite à aller l'écouter (c'est en espagnol, bien entendu).

Rappelons que Claudio Espector a été déclaré il y a six mois Personnalité de la Culture par la Legislatura de cette même ville de Buenos Aires (j'y avais fait écho dans Barrio de Tango). Ce que fait son Parlement, Mauricio Macri le défait, comme d'habitude.



A la date d'aujourd'hui, la Sous-Secrétaire en charge de l'équité pédagogique, Madame Soledad Acuña, a fait connaître la révocation du Coordinateur Général des Orchestres d'enfants et de jeunes de la Ville de Buenos Aires, le Maestro Claudio Espector.
Le Maestro Claudio Espector a été celui qui a le plus impulsé le Programme depuis 16 ans et son travail pédagogique et artistique a été amplement reconnu, tant au niveau national qu'au niveau international. Récemment il s'est vu distingué par tous les groupes politiques de la Legislatura par le titre de Personnalité de la Culture. Avec la révocation du Maestro Espector, la haute qualité pédagogique et le caractère d'intégration qui caractérisent les Orchestres depuis le départ sont menacés.
Cette mesure met le comble à une série d'atteintes aux Orchestres d'enfants qui ont commencé il y a deux ans à partir de la prise de fonction de l'actuelle Sous-Secrétaire, Madame Soledad Acuña. Réduction des collations des enfants, retrait de la subvention avec laquelle on achetait les instruments et les consommables, retard et discrimination dans le transfert des enseignants au statut d'intérimaires, nominations en souffrance. C'est une attaque concertée contre les Orchestres d'enfants, les droits des travailleurs et des travailleuses et des 2000 enfants par an qui participent aux Orchestres en provenances des quartiers sud de la Ville.
Tous, professeurs, familles et amis des Orchestres d'enfants, nous dénonçons cette révocation, nous nous solidarisons et nous appuyons notre Coordinateur, Claudio Espector, et nous appelons l'ensemble de la collectivité pédagogique à se mobiliser contre ce nouvel affront, qui s'ajoute à la politique générale de réduction budgétaire que le Ministère de l'Education portègne et le PRO sont en train de faire dans l'enseignement public.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
* * *

La visite du Programa de Orquestas Infantiles faisait partie du voyage culturel que je vous propose à Buenos Aires du 24 avril au 8 mai 2014 (avec Human Trip). Cet aspect est maintenu pour le moment. Nous verrons comment les choses évoluent et si Mauricio Macri met place une politique de destruction du projet, ce qui est plus que probable, nous nous organiserons pour rencontrer les professeurs ou ex-professeurs et quelques uns des enfants : ils nous raconteront leur aventure, les bénéfices qu'ils ont tirés de ce programme (et ils sont grands) et nous aurons une belle rencontre, malgré ces tristes circonstances. D'autant que je vais tâcher de me mettre en contact avec les autres soutiens internationaux du programme, puisque j'ai rencontré, sur place, à Buenos Aires, plusieurs personnes venant notamment des Pays-Bas, lors de la visite que j'avais rendue le 31 août dernier aux enfants et à leurs enseignants.

Si vous voulez vous solidariser avec les enfants, leurs parents et leurs professeurs, vous pouvez rejoindre la communauté à travers sa page Facebook.

Rome-Valence aller simple en classe carton jaune-rouge pour Judas [Actu]

Pizzi dans son ancien club

En voilà des manières !
A peine rentré d'un pèlerinage tonitruant à la Cité du Vatican, Môsieur Juan Antonio Pizzi, triomphant entraîneur du CA San Lorenzo, juste après le gain d'une belle coupe, annonce qu'il a été recruté par le Club de Valencia et Chao, il se barre en Espagne, comme ça au début de l'été, juste avant Noël...
Les cuervos (les corbeaux) en avalent leurs crampons : voilà que leur entraîneur leur préfère les chauve-souris !

Et toute la presse lui saute dessus, quelques commentateurs nous affirmant que le président Matías Lammens, réélu de fraîche date, s'étrangle de rage, tandis que d'autres croient savoir que les deux hommes s'étaient entendus depuis plusieurs semaines sur ce débauchage par les anciens colonisateurs...

Si ça vous amuse, allez jeter un coup d'œil sur les articles sur-vitaminés et très très très passionnés que déclenche cette information que personne n'aurait vu venir (1)...

Echanger l'écusson azulgrana du CASLA pour celui-là,
vous l'auriez fait, vous ?

L'information a d'autant plus défrisé les supporters que l'équipe a une précampagne à assurer avant la reprise officielle de la saison footballistique et doit trouver un entraîneur dare-dare. Et un bon ! C'est qu'une coupe comme celle-là, il faut la garder. Et le capitaine qui disait pas plus tard qu'avant-hier qu'il visait plus haut encore pour l'année prochaine...

Ceci dit, Pizzi recevra le prix de sa trahison : finis les petits voyages à Rome avec audience papale personnalisée passée à rire comme des bossus tous ensemble en lunfardo avec l'évêque en blanc.
Qu'il aille se faire pendre !

Pour aller plus loin :


(1) En fait si, il y avait des rumeurs depuis longtemps mais Pizzi démentait avec aplomb. En toute honnêteté, aurait-il pu faire autrement tant que le tournoi se déroulait ?

samedi 21 décembre 2013

Pour toujours Malena : Nelly Omar chantait le tango comme personne [Actu]


Que dire de Nelly Omar qui vient de nous quitter à l'âge vénérable de 102 ans ? Qu'elle était la cantora nacional, la Gardel en Pollera (la Gardel en jupons), qu'elle a traversé des tempêtes politiques en gardant toujours le cap de ses convictions, qu'elle était profondément patriote et généreuse, qu'elle avait un talent fou, qu'elle a chanté sur scène jusqu'à ses 101 ans (une fois par an seulement les dernières années, mais au Luna Park!), qu'elle a inspiré le poète Homero Manzi, dont elle a été la maîtresse cachée, et qui lui a dédié en secret Fuimos et Malena ?

Hier matin, c'est une légende qui a quitté ce monde, une légende en poncho rouge de Salta, elle qui était née au fin fond de la Province de Buenos Aires, en pleine pampa.

Nelly Omar, au Luna Park, le jour de ses cent ans
Elle chante La Descamisada, une hymne folclorique péroniste

Son corps a été veillé de 19h à minuit dans les locaux de la Sadaic, la société des auteurs et compositeurs argentins. Et c'est dans le caveau de cette institution, au cimetière de la Chacarita, qu'elle sera mise en terre aujourd'hui, entre 9h et 10h, heure de Buenos Aires. Elle y reposera avec Homero Manzi et Enrique Santos Discépolo et tant d'autres qu'elle a connus et dont elle a partagé la militance, les espoirs, les triomphes et les revers.

Péroniste, elle l'était "jusqu'à la moelle", disait-elle, et "le jour où il y aura des gens mieux que Perón et Evita, on en reparlera". Après la chute de Perón, dont elle admirait la politique souverainiste (anti-impérialiste) et sociale, elle a connu une traversée du désert de dix-sept ans. Interdite d'antenne, de scène, de disque, de cinéma, proscrite, surveillée par la police qui lui a dérobé jusqu'à ses souvenirs personnels d'Evita. Et puis à nouveau pendant la Dictature militaire. Mais jamais elle n'a voulu quitté le sol argentin. Elle aimait trop son pays.

La voix de Nelly Omar dans Barrio de Tango, de Homero Manzi et Aníbal Troilo

Ces dernières années, elle avait connu des problèmes de santé dus au grand âge et plusieurs hospitalisations. Ces derniers mois, elle ne pouvait plus jouer de la guitare. Pour chanter, elle avait besoin que des musiciens viennent, chez elle, dans son appartement de Palermo, pour l'accompagner. Quand cela ne tienne, elle avait toute sa tête et toute sa voix.

Au-delà de la chanteuse fabuleuse qu'elle a été, Nelly Omar a aussi été compositrice et auteur. On lui doit de très jolies choses...

Elle avait dit qu'elle était née pour chanter. Et elle voulait un enterrement en chanson et en musique. Espérons que la Sadaic saura lui offrir ce dernier hommage.

Desde el alma, sans doute un texte inspiré à Homero Manzi
par leur passion tumultueuse.
Le bandeau violet fait allusion à Carlos Gardel auquel on la comparait.
Cada día canta mejor est un proverbe dédié à Gardel
après sa mort tragique en 1935
("il chante mieux de jour en jour")

Pour en savoir plus en français :
cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Pour aller plus loin en parcourant la presse argentine de ce matin :
lire l'article de Página/12 qui lui a dédié la première de ses pages culturelles
lire l'article de Clarín, qui renvoie lui-même à sa dernière interview, en mars de cette année, quand elle envisageait de donner un nouveau récital en septembre, le jour de ses 102 ans
La Nación n'a pas daigné traiter l'événement.

Le journaliste de Radio Nacional, Leonardo Liberman, grand spécialiste de la musique en tout genre, rend hommage à la grande artiste sur son blog, El mirador nocturno.
Il est plus que probable que pour l'occasion Radio Nacional et Canal 7 ou Canal Encuentro (pour la télévision) vont ressortir les archives à l'antenne si ce n'est déjà fait et il est possible qu'ils en mettent plusieurs à disposition sur leurs sites respectifs.

jeudi 19 décembre 2013

Un jouet pour un Festival de Tango [à l'affiche]


Samedi 21 décembre 2013, à partir de 18h, clôture festive de la campagne Quiero al Tango, organisée par Gabriela Goñi Miguel, pour promouvoir le tango à l'école et à la télévision. Ce sera une grande soirée en plein air, Anfiteatro Eva Perón, dans le Parque Centenario, avec 80 artistes qui se succéderont sur scène, dont Horacio Ferrer, qui recevra un hommage bien mérité à l'occasion de ses quatre-vingts ans qu'il a fêtés en juin dernier.

En guise de prix d'entrée, apportez un jouet en parfait état qui sera remis à une institution caritative qui gère un foyer d'enfants qui elle-même remettra la récolte aux Rois Mages pour la distribution de l'Epiphanie le lundi 6 janvier prochain...

Pour en savoir plus :
connectez-vous à sa page Facebook

Réveillon, tango et soupe à l'oignon à Metz [ici]


L'association Tierra del Tango à Metz vous propose pour la quatrième année consécutive un Réveillon tango avec nuit blanche incluse et soupe à l'oignon pour les plus endurants au petit matin et on remet ça à 11h le jour de l'An... avec un brunch... Prévoyez estomac et chaussures de rechange et amusez-vous bien !

Cliquez sur l'image pour lire le contenu

Pour connaître l'association, consultez son site Internet.

Lucio Arce et Facundo Radice reprennent le joug au Faro [à l'affiche]

Ce sera dans une semaine, le 27 décembre 2013, 21h30 : récital de Lucio Arce et Facundo Radice dans ce lieu privilégié du tango authentique qu'est devenu le Bar El Faro, pizzeria et café tout à la fois, esquina La Pampa y Constituyentes, tout à l'ouest de Buenos Aires.


Droit au spectacle : 50 $ comme d'habitude (en peso argentin) et les consommations en plus (carte spéciale et économique les soirs de musique).

Le Pape à Tucumán en 2016 ou la Coupe à Rome en 2013, c'est selon [Actu]

La délégation au grand complet et sur son 31 hier matin dans l'aube romaine
Comme on pouvait s'y attendre, toute la presse s'y est mise ce matin : San Lorenzo à toutes les sauces sur toutes les unes - sauf celle de Página/12 qui, en ces derniers jours avant Noël et sous la canicule, préfère mettre le paquet sur un projet de loi que le Gouvernement vient de déposer devant le Congrès pour une session extraordinaire cet été sur la pénalisation de la grève par les forces de l'ordre (voir mon article du 12 décembre 2013 sur les récents désordres entraînés par des mutineries policières dans plusieurs provinces).

Les Fiestas Negras (fêtes noires), c'est pour les coupures de courant.
La canicule provoque trop de pression sur le réseau électrique
et de nombreux foyers sont sans électricité.

Les trois autres titres nationaux, La Prensa, La Nación et Clarín, font sur leur première page une large place, en gros titres et en images, à l'audience accordée hier matin, avant et après l'audience générale place Saint-Pierre, par le Pape François à la délégation du Club Sportif San Lorenzo de Almagro qui a remporté un tournoi argentino-argentin et qui est venu offrir au Saint Père l'original de la coupe (eux en gardent une copie), trophée qui sera exposé dans un recoin des musées du Vatican avec tous les cadeaux offerts au Souverain Pontife. En plus de la coupe, les footeux ont offert à leur supporter favori les gants du gardien de but et un maillot, re-relooké. Le maillot avait déjà subi un relookage papal après le Conclave. Cette fois-ci, sous le nom du Pape, ils ont fait flocker un Campeon Torneo Inicial... Ils sont fous, ces saints ! (1). C'est d'ailleurs ce que, en les recevant hier matin et dans son habituel et savoureux lunfardo de gamin grandi à Flores, l'Evêque de Rome leur aurait dit : Ustedes están chiflados (vous êtes complètement cinglés, vous !).
En gros titre, la pénurie énergétique...

Il faut dire que, non contents de rappliquer à Rome au surlendemain de leur victoire au lieu de partir en vacances ou de se contenter d'aller, à 70 km à l'ouest de Buenos Aires, rendre grâce à la Vierge de Luján, selon une habitude séculaire de leur club après chaque titre, nos amis les Cuervos ont fait fort avec la conférence de presse qu'ils ont tenue après l'audience générale, dans les locaux de l'Académie Pontificale des Sciences. Ils ont en effet annoncé que le Pape se rendrait en Argentine en 2016. Il ira présider le Congrès Eucharistique national à l'invitation de l'archevêque de Tucumán, Monseigneur Alfredo Zecca... Cela ne vous dit rien, le Congrès de Tucumán ?

On est nul en histoire de l'Argentine, nous, en Europe !

Je vous explique : le 9 juillet 1816, le Congrès de Tucumán (Congreso de Tucumán) a déclaré -rien que ça!- l'indépendance des Provinces Unies du Sud, qui allaient, plus de trente ans après, prendre le nom de République argentine qu'on leur connaît aujourd'hui... Après les grandes festivités de 2010, le Bicentenaire se clôturera donc en 2016 sur une autre grande programmation festive et patriotique autour du 9 de Julio (comme l'avenue, oui, oui, et à Buenos Aires en plus ce sera sur l'avenue !).
Regardez toutes ces unes de quotidien : les journalistes s'amusent comme des petits fous et s'excitent tous seuls comme des grands...

Le photo du Pape est encadré par deux titres.
En haut un scandale de corruption autour des Kirchner
En bas, les problèmes d'électricité dus à la vague de chaleur sur le pays

Pour le moment, l'annonce n'a en effet pas été réellement confirmée par le Vatican. Elle l'a été en revanche par un message Twitter de l'Académie Pontificale qui est elle-même dirigée par un évêque de nationalité argentine. Toutefois cette date de 2016 a bien été prononcée, il y a déjà plusieurs mois, par le Pape lui-même comme la plus vraisemblable pour un second voyage en Amérique du Sud, après Rio. La référence historique est trop belle pour que les journaux n'en fassent pas leurs choux gras, d'autant qu'il est vraiment peu probable qu'un prélat romain en parle à la légère et que Marcelo Tinelli, qui a pris en main la relation avec ses confrères de la presse pendant tout ce déplacement (qui n'a pas l'air trop improvisé), y soit allé de sa fantaisie sur le sujet. On voit mal comment ce bonhomme-là, avec son profil de Vice-président du San Lorenzo et de vedette du petit écran (façon "gendre idéal"), s'amuserait à raconter des bobards de cet acabit (il risque sa crédibilité et sa popularité personnelles et celles du Club dont il est le dirigeant le plus en vue). Donc la presse peut tenir l'info pour officielle... Página/12 va plus loin dans l'exploitation du filon en insinuant que Monseigneur Zecca lui-même aurait appris la nouvelle à travers la fuite organisée à l'occasion de la conférence de presse lorenziste romaine.

Pour aller plus loin :
sur le voyage du Pape en Argentine en 2016
sur l'audience avec la délégation du CASLA (Club Atlético San Lorenzo de Almagro)
Les deux titres continuent donc leur lutte confraternelle, avec croche-patte et marquage à la culotte.

Dans les deux autres titres, les deux informations sont traitées dans un seul article.


(1) Les membres du Club Sportif San Lorenzo ont de nombreux surnoms : los santos, los cuervos sont ceux que j'utilise aujourd'hui. Cette abondance est bien utile pour un rédacteur francophone qui soit éviter les répétitions (dont la rhétorique hispanophone s'accommode très bien).

La vie de château en Suisse [ici]


Demain 20 décembre 2013, la communauté des danseurs valaisans se retrouvent au Château de Loèche pour une milonga festive à 21h.

Entrée : 10 Francs suisses

Les amis des Trottoirs de Buenos Sierre ont illustré cette proposition d'une jolie citation d'un grand danseur, Carlos Gavito : "Le secret du tango se trouve dans cet instant d'improvisation qui se produit entre un pas et l'autre. C'est rendre possible l'impossible, danser le silence."

J'ignore le texte original et le nom du traducteur, qu'il veuille bien m'excuser de ne pas le citer...

mercredi 18 décembre 2013

EtvaB : la dernière de la saison à El Faro [à l'affiche]


Vendredi 20 décembre 2013, à 21h30, Cucuza et Moscato donneront la dernière soirée 2013 de leur cycle de concerts El Tango vuelve al Barrio (ETvaB), dont ils régalent leur public depuis plus de six ans au Bar El Faro, esquina Constituyentes y La Pampa, dans cette zone qui délimite précisément les trois quartiers que sont Villa Urquiza, Villa Pueyrredón et Parque Chas.

Vu l'affluence, il est hautement recommandé de réserver (15 6298 3206 ou eltangovuelvealbarrio@gmail.com).

Droit au spectacle : 50 $ (comptez les consommations en plus et calculez-les en pesos argentins bien entendu et non pas en dollars US même si le sigle est semblable!)

Le Museo Casa Carlos Gardel bascule en mode été [à l'affiche]


Pendant tout l'été et jusqu'à la rentrée à la toute fin février, le Museo Casa Carlos Gardel propose des cours de tango danse dans le patio, protégé par un toit transparent...

Ce sera tous les samedis de janvier et février, de 15h30 à 17h, avec Cacho et Patricia, en classes ouvertes gratuites.

Ariel Ardit au Festival de Tango du Tasso [à l'affiche]


Samedi 21 décembre 2013, à 21h, le chanteur Ariel Ardit et son orchestre se présenteront dans le cadre du Festival de Tango du Tasso (le Centre Culturel Torquato Tasso, ruer Defensa 1575, à San Telmo) avec le répertoire de son nouveau disque, Yo lo canto hoy.

Entrée : 120 $ (prix réduit à 100 $ si vous allez retirer vos places la veille au Centre).

C'est la neuvième année que le CC Torquato Tasso fait son festival pour clôturer la saison en beauté comme l'année dernière... Il consacre au tango toute sa programmation de décembre. Une programmation de rêve avec quelques énormes pointures abonnées à ce lieu, comme la bandonéoniste et compositeur Leopoldo Federico par exemple !

Pour en savoir plus sur ce festival :
reportez-vous à l'agenda du Torquato sur son site Internet.

Ils lui ont fêté son anniversaire par Twitter interposé [ici]

La totale : écusson officiel et deux des surnoms
le collectif (el ciclón, pour l'équipe) et l'individuel (el cuervo,  le corbeau) pour les joueurs ET les supporters
Le Club Sportif de San Lorenzo, dont les dirigeants, nouvellement réélus, et une partie des joueurs ont atterri hier à Rome, a souhaité par Twitter un bon anniversaire à l'un de ses supporters.

Cela donne le message suivant :
Hoy es el cumpleaños del hincha de #SanLorenzo más reconocido a nivel mundial. ¡Feliz cumpleaños, Francisco! Y que gane San Lorenzo...
CA San Lorenzo, sur son compte Twitter

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire du supporter de San Lorenzo le plus reconnu au niveau mondial. Joyeux anniversaire, François ! Et que San Lorenzo gagne...
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le hincha en question a reçu la délégation ce matin à 9h, avant de se rendre sur une place Saint-Pierre noire de monde comme d'habitude le mercredi matin depuis le mois de mars, où ces messieurs du football portègne ont eu droit à quelques remerciements très publics, à la fin de l'audience générale officielle, au moment où LE supporter a salué en espagnol ses compatriotes linguistiques...

Communiqué officiel du Club le 13 mars 2013 :
"San Lorenzo de Almagro félicite son sympathisant et sociétaire, Jorge Bergoglio,
désigné cet après-midi comme nouveau Pape.
Sa personne simple et humble, sa profonde affection pour le Club
et sa proximité envers le peuple argentin remplissent de fierté notre institution".
(Traduction Denise Anne Clavilier)
Pour aller un peu plus loin :
voir l'article du Service d'Information du Vatican en espagnol
voir l'article de Service d'Information du Vatican en français (nettement plus court et qui situe Almagro en banlieue. Z'ont jamais les pieds à Buenos Aires, eux !)

lundi 16 décembre 2013

C'est eux les champions ! C'est eux les champions ! [Actu]


C'est fait ! Comme tout le laissait espérer depuis plusieurs semaines, le CA San Lorenzo de Almagro, le club des quartiers Boedo et Almagro, celui qui compte un pape parmi ses sociétaires (socios), est champion des clubs argentins malgré un nouveau match nul, 0 à 0, hier, contre le club de Vélez Sarsfield, mais avec un total de 33 points, soit deux de plus que ses suiveurs, Vélez Sarsfield et Lanús...

Une année en or pour cette équipe avec cette élection (exceptionnelle) d'un des socios à Rome (ça alors!) -voir mon article du 19 mars 2013 à ce propos, la réélection, vendredi, de l'actuel Bureau d'Administration qui a rempilé pour trois nouvelles années avec un résultat digne d'une république bananière (82%, malgré la présence de deux autres listes concurrentes aux titres ronflants) et, pour finir, hier, ce titre de champion, obtenu, qui plus est, avec le meilleur score jamais acquis en nombre de points par un club argentin dans ce type de tournoi...



Du coup, le président Lammens, avec le ban et l'arrière-ban du club, s'en va en pèlerinage à Rome d'ici quelques jours pour rencontrer François ! Une sorte de cadeau d'anniversaire pour le Souverain Pontife qui aura 77 ans demain, loin, très loin de sa chère cité natale...

Grande fête populaire hier soir, à San Juan y Boedo, le carrefour mythique du quartier, envahi par une foule en liesse et en azulgrana (bleu et grenat). La hinchada (l'ensemble des supporters) a acclamé les joueurs arrivés du stade de Liniers dans un car découvert, comme il se doit en ce début d'été.


Seul Página/12 boude (ou presque) la bonne nouvelle pour le moment !

Par ailleurs, l'actualité étant très riche aujourd'hui, entre les élections chiliennes et la victoire de la candidate de la gauche, Michelle Bachelet, les adieux à Nelson Mandela, l'interview du Pape dans La Stampa et la mort de Peter O'Toole, vous aurez fort à faire en regardant la composition de toutes ces unes nationales...



Pour aller plus loin :
lire le reportage sur le match sur le site Internet du CA San Lorenzo (avec vidéo des moments clés du parcours de l'équipe)
lire et voir le reportage sur la fête d'hier sur le site du Club
consulter le résultat officiel des élections (ça se présente comme un scrutin politique, avec le dépouillement des 34 bureaux de vote, le total de bulletins nuls ou blancs, et tutti quanti)

Le dernier Plenario 2013 : un hommage à Antonio Agri [à l'affiche]


Ce soir, lundi 16 décembre 2013, à 19h30, se tiendra à la Academia Nacional del Tango la dernière séance académique ouverte au public comme tous les troisièmes lundis du mois, avant la reprise du cycle en avril 2014.

Ce sera aussi le dixième anniversaire de l'ouverture du Museo Mundial del Tango, qui occupe toute une aile du premier étage du Palacio Carlos Gardel, siège de l'ANT, Avenida de Mayo 835, un musée naturellement inscrit au programme du voyage culturel et solidaire que je vous propose avec Human Trip du 24 avril au 8 mai prochain (inscriptions : www.humantrip.fr).

Le tango rituel de cette soirée sera Sin vuelta de hoja, de Alberto Garralda, par Alfredo Gobbi et son Orquesta Típica, enregisté en 1956.

Le Plenario sera lui-même un hommage au violoniste Antonio Agri (1932-1998), en présence de la Orquesta de Cámara de Almirante Brown (1), que dirige Pablo Agri, fils du précédent et excellent violoniste comme son père. Entre autres, Antonio a été, à l'égal de Fernando Suárez Paz, l'un des grands archets de Astor Piazzolla.

Antonio Agri : Nostalgías, en solo de violon...

En plus du concert, on visionnera des documents vidéos et on écoutera quelques enregistrements inédits en rappelant la figure du grand musicien. La soirée sera animée par Gabriel Soria, le premier Vice-Président de l'Académie.

Des brevets d'honneur seront également remis à Pablo Agri, comme membre de la génération intermédiaire, à Alberto Garralda, comme membre d'honneur et à Dante Camaño comme Académicien honoris causa, trois des nombreuses catégories d'appartenance à cette institution multi-facettes.

Entrée libre et gratuite comme d'ordinaire.


(1) Almirante Brown est une ville de la banlieue de Buenos Aires.